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Couverture de la série Caca rente
Caca rente

Le titre en forme de calembour est énigmatique et reste inexpliqué. Je n'avais pas lu ce récit lors de sa publication dans l'Echo des Savanes en 2000, j'ai bien fait de le redécouvrir. Veyron s'intéresse à 4 personnages principaux en insistant surtout sur celui de Lenoir ; il imagine le destin tragi-comique de ce type peu sociable dans une fable scatologico-philosophique où il se retrouve confronté à une partie de son passé qu'il n'aime guère évoquer, en fait il n'aime pas grand chose et pas grand monde. En tout cas, c'est sans doute le personnage le plus intéressant de cette histoire, son caractère est bien défini par rapport aux 2 autres plus flous, c'est un être cynique, froid, profiteur et qui se fout des gens. D'emblée, on se demande où Veyron va nous emmener, il teste encore la nature humaine avec différents caractères, c'est une sorte d'étude sociologique où il tente de retrouver les réparties cinglantes et le ton cynique et décapant de L'Amour Propre (Ne le reste ...), mais ça fonctionne moins bien tout en restant assez amusant par certaines situations (le début avec la rencontre entre Leroux et Lenoir sur les marches de l'église par exemple). C'est plutôt plaisant à lire, malgré un côté superficiel, et comme souvent chez Veyron, le saugrenu flirte avec l'absurde, c'est une parabole sur l'argent sale, mais un argent qui n'a pas d'odeur ; ça reste quand même dans un ton proche de ses précédentes Bd, malgré une narration un peu décousue, nourrie par de nombreuses ellipses, faut capter où l'on est très vite car ça change de lieux et de situations sans transition. Et puis cette idée de nommer ces 3 personnages, Lenoir, Leroux, Leblanc, vraiment c'est pas très malin, parfois on s'y perd... bref pas du grand Veyron, mais ça se laisse lire. Son dessin est égal à lui-même, un peu moins maladroit, ses femmes autrefois étaient parfois difformes dans leur anatomie, là c'est plus réussi.

20/05/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
Couverture de la série E.V.A  Chroniques de l'inframonde
E.V.A Chroniques de l'inframonde

Petite déception au sortir de cette lecture, pour un album que j'avais choppé à Angoulême... Si le graphisme très inspiré par Juan Gimenez de Marco Turini est intéressant et sa palette de couleurs froides adéquate pour l'univers futuriste qu'il propose, c'est la confusion permanente du récit qui m'a profondément gêné. Tout est trop survolé et manque cruellement de développement, ce qui fait qu'on est rapidement perdu pour savoir qui est qui et qui veut quoi. Le trop plein d'idées (lutte des classes, pollution, main mise du pouvoir, évolution de l'espèce, etc.) qui ne sont pas approfondies donnent lieu à un grand flou général qui fait que le scénario fait plus "flop" qu'autre chose et l'ennui guette au fil des pages. Dommage, car l'auteur a du talent au niveau graphisme, mais s'adjoindre celui d'un scénariste ne serait pas mal venu...

19/05/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Les Terres creuses - Carapaces
Les Terres creuses - Carapaces

Bon ben je fais partie du club de ceux qui pensent que le point fort de l'album est le dessin de François Schuiten, et que c'est le seul point positif d'ailleurs ! Les scénarios mélangent la science-fiction, le fantastique et un peu d'érotisme (Schuiten sait bien dessiner les femmes à poil !), mais l’intérêt de ces récits est vraiment limité selon moi. Il y a quelques bonnes idées, mais globalement je me suis ennuyé et la majorité de l'album m'a semblé oubliable. Aucun des récits n'a un scénario qui le rendrait mémorable, les personnages m'ont laissé indifférent et le seul truc sympa est de regarder le dessin, mais à ce niveau là autant acheter un art book. Moi lorsque je lis une bande dessinée, c'est pour le dessin et le scénario. Un premier album vraiment creux.

19/05/2020 (modifier)
Par pol
Note: 2/5
Couverture de la série L'Homme qui tua Chris Kyle
L'Homme qui tua Chris Kyle

Ce pavé d'un peu plus de 160 pages raconte la vie et la mort de Chris Kyle, un soldat américain, dont je n'avais jamais entendu parler avant de lire cette BD. Chris est une célébrité aux USA : il est connu pour être le sniper ayant tué le plus de cibles. Son surnom est la légende, rien que ça. Cet album n'est donc pas une fiction mais un vrai biopic bien documenté. Découpé en différents chapitres qui se succèdent pour nous conter tour à tour, qui il était, comment il est devenu cette légende, le jour de son assassinat, la vie de sa veuve ensuite, le film réalisé sur lui, ... Je n'ai pas eu l'impression de lire une biographie romancée, ou une contre enquête de la part des auteurs, ni un plaidoyer contre l'usage des armes aux USA. On a droit à entrée, plat, dessert dans l'ordre chronologique : sa vie, sa mort, les conséquences. Tout ça est livré de manière linéaire au fil des chapitres. Et autant dire que tous les chapitres n'ont pas le même intérêt. Loin de là. Par exemple, celui du récit du jour de sa mort à un coté polar noir assez agréable à lire avec un suspens sur ce qu'il lui est arrivé. Mais la plupart des autres, ceux qui racontent le procès en diffamation de sa veuve ou la promo qu'elle vient faire à la télé sur le livre sur son mari, sont peu interessants. Pourtant le dessin de Brüno est fidèle a son style habituel, c'est à dire si fun et si agréable visuellement, pourtant l'association avec Nury fait d'habitude des étincelles. Mais cette fois, cette succession de faits sur l'existence de ce soldat américain manque cruellement de romance et de palpitant. Une lecture qui n'est pas ennuyeuse, mais ce n'est pas le genre d'album qui se relit plusieurs fois. Les amateurs de polars préféreront largement relire un excellent Tyler Cross des mêmes auteurs.

18/05/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Phagocytose
Phagocytose

Cet album est un ensemble d'histoires courtes dont certaines s'articulent les unes avec les autres, chacune avec un style narratif un peu différent, une mise en scène parfois surprenante et d'autres fois plus classique. Toutes font la satire de la société de consommation et de l'ultra-libéralisme. Elles sont l'oeuvre d'auteurs catalans et on retrouve souvent Barcelone en toile de fond de ces saynètes. Le dessin de Danide n'est pas mauvais du tout. Il alterne les styles graphiques au fil des différentes histoires, parfois en noir et blanc et parfois très colorés, parfois réalistes et parfois caricaturaux. Globalement, c'est plutôt joli et certaines histoires sont originales dans la mise en scène. Il en ressort régulièrement une inspiration ou du moins une utilisation de l'iconographie du web, comme cette histoire reprenant une page Youtube dont la vidéo défilerait d'une planche à la suivante, cette autre histoire intégrant une case sur deux une navigation GPS visiblement issue de Google Maps, ou encore une autre cette fois avec Google Street View. Un autre chapitre, lui, imite une vieille publication BD en kiosque, avec fac-similé de couverture, pages intérieures et 4e de couverture. Cette assez belle recherche graphique sert des histoires aux tons variés, parfois très incisifs, parfois plus indirects. Toutes critiquent le monde capitaliste soit par la raillerie sans fard, soit par la parodie plus insidieuse, soit par des messages informatifs, et d'autres fois par des métaphores un peu moins évidentes. La grande majorité semble viser un caractère humoristique... et c'est là que le bât blesse car je les ai trouvées globalement ennuyeuses et pas drôles. Plusieurs fois, je suis arrivé à la fin d'une histoire en restant perplexe, en me demandant quand j'étais sensé rire, ou encore pourquoi ça s'arrêtait sur une conclusion aussi abrupte. Le ton me parait si décalé qu'il m'a de nombreuses fois échappé et plusieurs histoires me sont passées complètement à côté. Je n'en retiendrais que deux en réalité, celle très cynique sur l'utilisation des bébés des familles pauvres comme nourriture pour relancer l'économie, et celle très instructive sur la réalité de ce qu'on appelle le Prix Nobel d'Economie, même si, après m'être un peu renseigné, l'accusation que portent les auteurs me semble un peu exagérée puisqu'on dirait bien que ce n'est pas une institution financière mais bien l'Académie royale des sciences de Suède, comme pour les "vrais" prix Nobel, qui décide du lauréat de ce prix dont en réalité je me fous totalement. Mais les autres histoires m'ont pour la plupart franchement ennuyé, malgré un attrait pour leur aspect graphique et une certaine curiosité sur où voulaient en venir les auteurs.

17/05/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 2/5
Couverture de la série Préférence système
Préférence système

Quelqu'un aurait-il imaginer un jour associer un récit d'anticipation avec une chanson de Céline Dion ? Et bien il est temps ou non de s'en réjouir car Ugo Bienvenu l'a fait avec son dernier roman graphique. Préférence Système est un gros pavé de plus de 150 pages rappelant à bien des égards ce que Bradbury dénonçait dans Fahrenheit 451 : la mémoire et la sauvegarde du passé et ses limites. Ici ce ne sont plus des pompiers qui doivent brûler les livres mais des fonctionnaires administratifs dans un futur proche soumettant des œuvres numériques au même sort. Il sera question ici de la sauvegarde ou pas d'un célèbre film de Stanley Kubrick "2001, l'Odyssée de l'espace" qui mettait en scène une intelligence artificielle déviante : Hal 9000. Hal 9000 est devenu ici un robot ménager multitâche prenant même à son compte la gestation d'un fœtus en remplacement du travail maternel au sein d'un couple en dérive. Son propriétaire, Yves, transgresse la loi pour sauvegarder le patrimoine culturel promu à une destruction définitive et va devoir prendre les devants pour sa famille. Inutile d'en dire davantage, si le sujet pouvait sembler passionnant malgré une certaine redite dans les œuvres citées, il n'y a pas grand chose d'intéressant dans le travail d'Ugo Bienvenu à mes yeux. Le graphisme a beau être travaillé et volontairement froid et distant, le style graphique fait l'objet d'un repoussoir. Dans un style réaliste proche des romans photos et accompagné d'une palette de couleurs atroce, l'histoire se laisse volontairement suivre dans ce quotidien bobo parisien futuriste puis bascule dans une seconde partie bien moins bavarde et un poil plus champêtre. Au final on se dit "tout ça pour ça" et ce ne sont pas les récompenses que je ne conteste en aucun point qui me feront changer d'avis. Il y avait matière à développer et en dire davantage selon moi mais Ugo Bienvenu a préféré jouer sur l'ambiance anxiogène. C'est son choix et comme le récit se laisse malgré tout bien lire, je peux comprendre l'engouement d'autres lecteurs et retourner lire S.O.S. Bonheur en tous points bien plus réussi.

15/05/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Batman - Damned
Batman - Damned

J'avais bien aimé le one-shot Joker du même duo (d'ailleurs plusieurs sur le net se demande si cet album est une suite ou non) et c'est donc avec positivisme que j'ai commencé la lecture de cette histoire. J'ai eu l'impression d'un gâchis: qu'est-ce qui se passerait si Joker meurt à cause de Batman ? J'aurais bien aimé voir les conséquences sur l'univers de Batman, mais malheureusement, on voit surtout Batman douter de lui-même et se faire juger par d'autres super-héros parce ce qu'il a fait c'est pas bien. Si je comprends bien, c'est le premier titre d'un label adulte de DC Comics et parfois le scénariste traite de sujet très adultes en tombant dans l'immaturité d'un ado qui veut absolument choquer. Ainsi, Harley Quinn est tellement furieux que son Joker est mort qu'elle va essayer de violer Batman. Ou peut-être qu'elle l'a vraiment violé, parfois c'est un peu dur de savoir si quelque chose est vraiment arrivé ou non. Si les flashbacks entre le présent et l'enfance Batman ont été facile à suivre pour moi, l'apport du fantastique a fait que parfois je ne comprenais pas trop ce qui se passait. En plus, l'intrigue est un peu ennuyeuse par moment et la fin m'a semblé être un peu n'importe quoi. Enfin, je veux dire la manière dont j'ai compris la fin est n'importe quoi pour moi et en plus j'ai deux interprétations différentes pour la dernière scène. Un autre one-shot de Batman sans grand intérêt. Le dessin est pas mal.

15/05/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Mars !
Mars !

Bon, je crois que je ne suis pas le bon client pour les collaborations de Fabcaro et Fabrice Erre. Ni Z comme don Diego ni Walter Appleduck ne m'avaient tellement amusé. Et avec Mars !, c'est encore pire : je me suis ennuyé. Je ne suis clairement pas amateur d'humour crétin et là on est en plein dedans. Tous les gags de cette série de strips sont basés sur le fait que l'ensemble de ses personnages sont des couillons finis. Et moi, des chutes fondées en permanence sur le fait qu'on se moque des protagonistes en se disant "ah, ils sont trop trop bêtes, ils n'ont rien compris du tout !", ça ne me fait pas rire. Non pas que je trouve ça trop facile comme humour, mais ça me laisse totalement indifférent sur un strip ou deux, puis ça me lasse ensuite très vite sur davantage de pages et forcément sur un album entier. Concrètement, il y a deux ensembles de gags qui m'ont un peu amusé dans Mars ! Il y a ceux sur les échanges épistolaires entre le gars de la base et l'autre dans la fusée, et il y a la romance débile entre l'alien Casimir et l'astronaute en slip. La femme de ménache m'a un petit peu fait sourire aussi. Mais à côté de cela, suivre des idiots qui croient dur comme fer que leur fusée a décollé et suivre d'autres idiots coincés dans leur base de lancement qui n'arrivent à rien, ça ne m'a pas passionné du tout.

13/05/2020 (modifier)
Couverture de la série La Bombe (Now future)
La Bombe (Now future)

Après L'Imploseur (Now future), Delepine retrouve Stan et Vince dans l'Echo des Savanes en 2000, en replongeant dans un univers futuriste proche avec un récit assez semblable, un peu déjanté et en utilisant des éléments identiques (violence, gore, cyberpunk, visions holographiques, sexe) mais en beaucoup moins intéressant. C'est une histoire qui part dans plusieurs directions sans grande cohérence, en balançant des filles à poil ou des mecs qui se font fracasser, mais sans que ça soit bien expliqué, l'ensemble est mal exploité, c'est bordélique, bourré d'invraisemblances (la fille qui se fait choper par un crocodile et qui s'en sort avec une petite morsure), et pas du tout captivant, ni rigolo. Le dessin me plait bien, j'aime le style graphique de Stan et Vince qui encore une fois utilisent l'ordinateur, ça me gêne pas des masses car le visuel aurait pu me plaire, mais tout ceci est peu consistant et assez oubliable, et question érotisme, y'a bien mieux ailleurs.

12/05/2020 (modifier)
Couverture de la série Moses Rose
Moses Rose

Malgré quelques facilités scénaristiques (une gentille institutrice qui se transforme brusquement en pétroleuse, une foule d’anciens grognards de Napoléon qui se retrouvent au même moment dans le même coin paumé des États-Unis au milieu du XIXème siècle !, etc.), et une intrigue assez linéaire et sans trop de surprise, ça se laisse lire, mais sans enthousiasme. C’est une sorte de chasse au trésor, avec les inévitables méchants qui poursuivent de leur haine et de leurs coups tordus le groupe hétéroclite qui retourne vers les ruines du fort d’Alamo, dans lesquelles seraient conservés des documents précieux. Les fusillades font souvent office d’intrigue (comme certains flash-back sur la bataille d’Alamo), masquent un certain creux, et un rythme assez lent. Le passage avec les Indiens était peu crédible, et l’est d’autant moins que tout cet aspect est brusquement évacué sans explication. Je n’ai pas vraiment été convaincu par ce triptyque. Sinon, à la fin du tome 1 : « suite et fin dans le tome 2 ». A la fin du tome 2 : « suite et fin dans le tome 3 ». Ceux qui ont acheté les albums au fur et à mesure de leur sortie ont dû craindre de ce faire enfler, avec une série à rallonges artificielles.

11/05/2020 (modifier)