La colorisation très froide est assez originale, intéressante, avec un grain comme adouci par un frottage, cela donne un ton métallique ou poussiéreux à l’ensemble – j’ai plutôt apprécié cet aspect du travail de Foxer. Le dessin est correct, mais les visages sont parfois « bizarres », figés et comme un peu trop petit par rapport au reste des corps, que je trouve souvent trop raides.
C’est surtout « l’intrigue » qui fait défaut ici. En effet, ce n’est qu’une simple suite de sauteries auxquelles se livre Stella (la nuit donc), avec des hommes, des femmes ou les deux.
Et surtout, les dialogues et les textes off (les pensées de Stella), ne font que commenter de façon plate, redondante et creuse « l’action », donnant un air assez ridicule et involontairement comique à l’ensemble.
L’action (essentiellement des scènes de cul donc), montre quand même certaines qualités du dessin de Foxer. Certes c’est répétitif, mais il maîtrise bien l’anatomie et multiplie les positions et autres Tétris amoureux, avec une multitude de partenaires, prêts à satisfaire les gros besoins sexuels de Stella (qui semble prendre son plaisir sans le montrer, tant ses traits sont inexpressifs – ce qui accentue l’aspect figé des visages, déjà évoqué).
Les tenues de cuir ou latex de Stella et sa propension à soumettre volontairement son corps au « tout-venant » font pencher cette série vers du BDSM soft.
Je n’ai lu que l’album « Les nuits blanches de Stella », et ça me suffira pour cette série. A la fin de ce premier album, elle épouse un riche bonhomme, ce qui va sans doute lui permettre par la suite d’assouvir ses fantasmes dans des cadres sans doute moins glauques, mais je n’irai probablement pas le vérifier.
Probablement le moins bon Corben que j'ai lu jusqu'à présent. Je précise que j'ai lu l'album paru chez Delirium.
On retrouve donc le style si typique de Corben que plusieurs aiment pour des raisons qui restent obscures pour moi, parce que son dessin ne m'attire pas trop, surtout avec des couleurs. Au moins, il sait comment donner des gueules mémorables à ses personnages, quoiqu'il ne sait pas dessiner les filles de manière sexy. En tout cas, s'il voulait m'émoustiller avec son personnage féminin à gros seins qui s'habille de manière sexy, c'est raté !
Quant au scénario, c'est encore une fois un monde post-apocalypse où 90 ?s personnages sont des gros connards sadiques. J'ai vite trouvé que le scénario manquait d’intérêt et le héros qui parle de lui-même à la troisième personne devient vite chiant. J'avais bien envie qu'un méchant le tue ! Arriver au deuxième récit, j'ai fini par passer les pages et regarder un peu le dessin.
En gros, pour les fans de Corben uniquement.
Lire cette version de Dracula après celle de Fernando Fernandez peut constituer une déception au niveau graphique, et pourtant il fut un temps où j'appréciais nettement le dessin de Crepax, mais là je sais pas, ça n'est pas bien passé, sans doute parce qu'il opte pour une approche ouvertement érotique, et je crois que ça ne colle pas vraiment. Il y a certes un érotisme latent dans le mythe de Dracula, de même que la plupart des symboles érotiques se retrouvent dans les canines qui mordent le cou des vierges et qui correspondent à la pénétration, le baiser du vampire qui est assimilé à un orgasme, le sang bien rouge etc... Mais ici, ça ne m'a pas semblé approprié parce que Crepax en fait sans doute un peu trop, ça reste sage, mais voir des filles nues comme les autres héroïnes de Crepax, Valentina, Anita ou Bianca dans un tel récit aussi maléfique, je trouve que c'est incongru.
D'autre part, la progression narrative m'a semblé plus simple, plus directe, l'adaptation est plus tronquée que chez Fernandez, l'ensemble de l'oeuvre de Bram Stoker est à peu près respectée, mais il y a des variantes et des scènes bizarres que je trouve peu utiles.
Quant à l'adaptation de Frankenstein ajoutée à cet album, elle semble se rapprocher plus du bouquin de Mary Shelley que ne l'ont fait les adaptations cinématographiques (sauf celle de Kenneth Branagh qui est assez fidèle), mais graphiquement, on sent que c'est beaucoup plus fébrile, puisque réalisée peu avant la mort de Crepax, ce n'est donc pas une version qui m'a séduit aussi. Là encore, je serais tenté de dire que pour moi, la seule adaptation la plus fabuleuse, c'est le Frankenstein - Le monstre est vivant de Berni Wrightson qui est un sommet dans l'art graphique et une sorte de suite insolite du bouquin, je crois que passer derrière Wrightson, c'était peine perdue.
Au final, cet album se révèle moyen et dispensable, mieux vaut encore lire des ouvrages plus ouvertement érotiques du grand auteur italien, comme Emmanuelle où il a une maîtrise totale sur tous les stades de la création artistique.
Je découvre cet auteur avec cet album, et ce n’est pas une bonne pioche !
Déjà, si le dessin minimaliste peut passer, j’ai trouvé plutôt horrible la bichromie rougeâtre : l’aspect graphique ne m’a pas permis une entrée facile dans cette histoire.
Mais c’est aussi l’entame quelque peu déstructurée et introspective de l’histoire qui m’a rebuté. Les premières pages sont un peu absconses.
Pour le reste, j’ai trouvé l’intrigue sans réel intérêt, et le style narratif (mais le dessin et la colorisation accentuent franchement ce défaut) m’est apparu très, beaucoup trop froid. Je suis resté « à côté » de cette histoire et des personnages (cette femme venant voir sa mère à l’hôpital).
Quant aux nombreuses digressions qui parsèment l’album, eh bien là aussi je suis resté sur ma faim, n’y trouvant ni explication intéressante, ni intérêt global (alors que je suis pourtant ouvert aux œuvres marginales, poétiques et/ou underground). J’ai fini cet album sans enthousiasme, c’est clair, et je n’y retournerai pas c’est certain.
Mouais.
Après lecture du seul premier tome, je ne sais pas comment il faut prendre le titre de Morgan Navarro, pour savoir s’il est un vrai réac ou pas. Je ne sais même pas ce qu’il entend exactement par réac, puisqu’ici, c’est un fourre-tout qui peut aussi parfois inclure neuneu, beauf, etc. Mais en fait je m’en fiche un peu.
C’est surtout que, quel que soit son angle d’attaque, je n’ai pas trouvé très drôles ces petites histoires (du simple dessin à l’histoire courte de 4 pages), ces dialogues où la chute manquait de percussion. Quelques sourires certes, mais un gros bof pour l’ensemble, trop convenu à mon goût. Je m'attendais à quelque chose de plus cynique, de plus vachard.
Bon, ça a été publié sur un blog du journal Le Monde, donc ça devait rester dans certaines limites j'imagine, et ça flattait peut-être une partie du lectorat bobo du journal, je ne sais pas. Mais ça ne m’a pas fait rire en tout cas !
Contrairement à mes habitudes d'ancien fan de Star Wars, je n'ai pas revu l'Episode VIII depuis sa sortie au cinéma. Même si certains de ses aspects m'avaient séduit, notamment de très belles images, de grands pans du scénario m'avaient tellement déçu que j'ai inconsciemment occulté ce film là, comme j'occulte aussi l'épisode IX.
Avec cette adaptation en comics, j'étais pourtant prêt à lui donner une seconde chance.
Sur le fond, ce comics n'apporte quasiment rien de plus que le contenu du film. Sur le plan du récit, il ne comporte aucune scène ajoutée hormis les quatre premières pages qui introduisent le récit de manière un tout petit peu différente de la mise en scène du film. Pour le reste, on suit le déroulement du film quasiment à l'identique, avec une narration néanmoins plus rapide, avec plus d'ellipses et aucun temps mort.
La seule autre différence entre comics et films, est que nous avons ici le droit de partager les pensées de Luke Skywalker. C'est un point intéressant car cela permet de clarifier en partie le comportement radical dont il fait preuve dans le film.
Sur la forme, ce n'est pas terrible du tout. Le dessin est très approximatif, avec des visages changeants et souvent très laids. Pour l'adaptation officielle d'un tel film, on dirait que les studios Disney/Marvel n'ont pas vraiment mis les moyens pour mettre un bon dessinateur sur le coup.
Quant à l'histoire... Je constate que j'apprécie tout ce qui se déroule autour de Luke Skywalker et de la relation entre Rey et Kylo Ren. Mais mon opinion est confirmée par rapport à ce que j'avais ressenti dans le film : toute l'intrigue autour de Finn et Rose, et aussi en grande partie Poe Dameron, est vraiment nulle, factice et inutile. Quant à la fin, sans les belles images du film, le combat avec les speeders sur la planète Crait est sans aucun intérêt, et seul celui entre Kylo Ren et Luke relève un peu le niveau. Mais ça reste très décevant.
Une adaptation dont on peut parfaitement se passer donc.
Avec le confinement, les nouveautés BD ont été très ralenties. Quelle belle surprise donc de découvrir chez mon libraire préféré, un nouvel album chez le lombard dans la fantastique série troisième vague. Je me suis donc procuré ce Babylone un peu les yeux fermés.
En étudiant d’un peu plus prêt, je suis stupéfait de voir apparaitre Frank Giroud au scénario avec Laurent Galandon. Franck est décédé en 2018 … Au-delà de cette petite surprise, sachez que Frank et Laurent avaient déjà collaboré sur les albums L'Avocat en 2015.
Quel est le pitch de cette nouvelle série ? Assez simple à développer à vrai dire ! Max Ferlance est un ancien militaire aguerri et un ancien homme de main de la société de sécurité Babylone. Il est aujourd’hui à son compte et il souhaite défendre la veuve et l’orphelin ! Pas si simple quand sur le terrain se mêlent argent, pouvoir, trahison et pour que tout ça soit plus drôle, un retour dans le passé que notre héros aurait préféré oublier.
Scénario ultra classique. Cela ne m’a pas du tout emballé. Le dessin ne m’a pas enthousiasmé. Trop fade. Pas assez en mouvement. Pas assez détaillé.
Le premier tome est là pour assoir l’histoire, et nous présenter les personnages. Le rebondissement sur la dernière page arrive comme un cheveu sur la soupe. Bien nul et pas envie du tout de replonger dans cet univers. Un one shot aurait été suffisant tellement l’histoire s’essouffle.
Un achat que je regrette. Ma note est de 1,5.
Cette BD m'a mis mal à l'aise pour deux raisons.
La première est qu'elle fait la lumière sur un vrai drame de la France Coloniale, un massacre inacceptable de tirailleurs sénégalais par l'armée française elle-même alors qu'ils devaient être démobilisés après la fin de la seconde Guerre Mondiale. Ça me fait toujours mal de voir les erreurs et crimes que les autorités de mon pays ont pu réaliser par le passé. Et je me sens d'autant plus concerné que j'ai moi-même un long passé africain même si je n'ai jamais vécu au Sénégal. Faire la lumière sur de tels actes est certes instructif et louable mais en même temps, j'aimerais tellement que ça n'ait pas eu lieu que ça me plombe le moral de parcourir une oeuvre qui dévoile et détaille de telles choses, même quand c'est fait avec un dessin de belle qualité et une narration fluide et agréable.
Mais j'ai aussi été mis mal à l'aise par le parti-pris des auteurs de cet album.
Le Massacre de Thiaroye est un fait acté, une tragédie assumée par l'état français et pour laquelle François Hollande est notamment allé s'excuser personnellement à Dakar. Mais il existe une vraie controverse sur le détail de son déroulement, les causes du massacre et sur le nombre de victimes.
La version officielle, soutenue par les gouvernements français et sénégalais eux-mêmes mais aussi par des historiens, est que le massacre a découlé d'une manifestation de dizaines de tirailleurs mécontents du paiement en retard de sommes d'argent qui leur étaient dues et d'une tentative musclée de l'armée de remettre ses soldats au pas qui aurait tourné à l'escalade de la violence. Les tirs auraient entraîné la mort de 70 tirailleurs "au moins".
A cette version officielle s'oppose celle de l'historienne Armelle Mabon qui, sur la base de témoignages de descendants de victimes ou de survivants du massacre, et sur la base de documents du navire anglais ayant amené les tirailleurs jusqu'au camp de Thiaroye, affirme que non seulement ce sont des centaines de soldats qui ont été tués ce jour là mais aussi que ce sont les officiers français qui ont ordonné délibérément le massacre sans aucune offense physique de la part des tirailleurs, et qu'en plus les militaires français, et peut-être l'état lui-même, ont tout fait pour faire disparaître les preuves et cacher l'ampleur de ce massacre et continuent à le faire aujourd'hui.
C'est cette version là que les auteurs ont adopté sans aucune réserve dans cette BD. Outre cette absence de réserves alors que le sujet est nettement matière à controverse auprès des historiens, c'est la manière manichéenne de le faire qui m'a heurté, notamment dans la partie romancée mettant en scène des tirailleurs braves et souriants d'un côté et des officiers français lâches, racistes et sans pitié de l'autre. Ce même biais narratif manichéen se retrouve aussi dans les personnages secondaires : l'ex-compagnon de l'historienne qui est égoïste et borné, l'ami sénégalais qui est doux et compréhensif, l'autre historien qui est arriviste et catégorique dans ses affirmations, le vieux Sénégalais fils d'une victime qui est sage, compréhensif et accueillant envers l'héroïne, etc... Ça ressemble à du militantisme politique et à un réquisitoire d'accusation péremptoire et sans finesse. Que ce type de récit intervienne une fois la lumière totalement faite sur le sujet et que la partie romancée soit réduite au strict minimum, pourquoi pas, mais tant que la controverse est aussi ouverte et quand la partie romancée est si présente et si unilatérale, je me sens mal à l'aise car je ne sais pas du tout sur quel pied danser et qui croire.
Je serais tenté de dire bof, bof, c'est pas une histoire très passionnante, pourtant au départ, ça augurait un récit prometteur avec ce rayon vert qui d'après une vieille légende popularisée par Jules Verne, serait un phénomène optique très rare observable seulement par temps très clair. Boilet fait courir son héros de sommets en sommets, de la cathédrale de Strasbourg à l'observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées... tout ceci est assez mouvementé et pimenté d'une dose de mystère, mais ça n'est guère folichon aussi bien par le déroulement du récit que par la narration.
Le dessin de Boilet, je ne le connaissais que par les 2 Bd que j'ai lues de lui : Les Veines de l'Occident dans Vécu, et Demi-tour ; il a peu changé depuis Les Veines de l'Occident qui était sa première grande Bd importante, mais il est quand même d'un meilleur niveau et un peu plus maîtrisé. Malgré ça, ce n'est pas un dessin qui me renverse quand même, bien qu'il ne se réclame d'aucune influence, c'est peut-être pour ça que cet album reste très méconnu et qu'il ait passé si inaperçu à sa sortie. De plus, à ma connaissance, ce récit n'a fait l'objet d'une pré-publication dans aucun journal de BD, ça n'aide pas non plus...
J'ai toujours adoré Blake et Mortimer, qui figure sans nul doute au panthéon de mes sagas les plus cultes. En outre, cette saga a le mérite d'être sans doute celle qui a le mieux survécu à la mort de son auteur, puisque les successeurs de ce dernier n'ont jamais trahi le riche héritage dont ils bénéficient, et continuent encore aujourd'hui à nous offrir régulièrement de nouveaux tomes de grande qualité.
Mais ce qui fait la qualité des tomes officiels contemporains, c'est précisément leur fidélité sans bornes à l'oeuvre originelle. Pour moi, un auteur a vraiment réussi son boulot lorsqu'il réussit à s'effacer tout entier derrière son oeuvre. C'est donc le principal problème de ce tome hors-série qui, sur le modèle de Spirou et Fantasio, nous propose une aventure hors du contexte de la saga officielle, où carte blanche est laissée à François Schuiten pour s'approprier les personnages et les faire coller à son univers.
Cette BD s'adresse donc surtout aux fans de François Schuiten (auxquels je n'appartiens pas, ne connaissant pas assez cet auteur), tandis que les fans de Blake et Mortimer resteront sur leur faim. En effet, si le dessin est très beau pour les bâtiments, il est en revanche difficile de trouver la moindre vie dans ces personnages statiques, aux expressions terriblement figées.
Surtout, il me semble assez difficile de trouver le moindre intérêt à un scénario qui ne sait pas où il va, car précisément, il ne va nulle part. D'une étonnante indigence, passablement lacunaire, on sent que le récit n'est qu'un prétexte pour laisser le terrain libre à Schuiten. Si Bruxelles est bien mise à l'honneur, on aurait tout de même aimé que le scénario ne se révèle un peu plus étoffé et moins fragile...
Donc clairement, je n'adhère pas à cette proposition car elle n'a à peu près rien à voir avec Blake et Mortimer. Il s'agit juste d'une aventure de SF très lambda, sur laquelle on a greffé des personnages connus et appréciés du grand public, mais c'est tout. Pour le reste, mieux vaut rouvrir les tomes de la saga officielle, c'est mille fois mieux !
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Stella
La colorisation très froide est assez originale, intéressante, avec un grain comme adouci par un frottage, cela donne un ton métallique ou poussiéreux à l’ensemble – j’ai plutôt apprécié cet aspect du travail de Foxer. Le dessin est correct, mais les visages sont parfois « bizarres », figés et comme un peu trop petit par rapport au reste des corps, que je trouve souvent trop raides. C’est surtout « l’intrigue » qui fait défaut ici. En effet, ce n’est qu’une simple suite de sauteries auxquelles se livre Stella (la nuit donc), avec des hommes, des femmes ou les deux. Et surtout, les dialogues et les textes off (les pensées de Stella), ne font que commenter de façon plate, redondante et creuse « l’action », donnant un air assez ridicule et involontairement comique à l’ensemble. L’action (essentiellement des scènes de cul donc), montre quand même certaines qualités du dessin de Foxer. Certes c’est répétitif, mais il maîtrise bien l’anatomie et multiplie les positions et autres Tétris amoureux, avec une multitude de partenaires, prêts à satisfaire les gros besoins sexuels de Stella (qui semble prendre son plaisir sans le montrer, tant ses traits sont inexpressifs – ce qui accentue l’aspect figé des visages, déjà évoqué). Les tenues de cuir ou latex de Stella et sa propension à soumettre volontairement son corps au « tout-venant » font pencher cette série vers du BDSM soft. Je n’ai lu que l’album « Les nuits blanches de Stella », et ça me suffira pour cette série. A la fin de ce premier album, elle épouse un riche bonhomme, ce qui va sans doute lui permettre par la suite d’assouvir ses fantasmes dans des cadres sans doute moins glauques, mais je n’irai probablement pas le vérifier.
Monde mutant
Probablement le moins bon Corben que j'ai lu jusqu'à présent. Je précise que j'ai lu l'album paru chez Delirium. On retrouve donc le style si typique de Corben que plusieurs aiment pour des raisons qui restent obscures pour moi, parce que son dessin ne m'attire pas trop, surtout avec des couleurs. Au moins, il sait comment donner des gueules mémorables à ses personnages, quoiqu'il ne sait pas dessiner les filles de manière sexy. En tout cas, s'il voulait m'émoustiller avec son personnage féminin à gros seins qui s'habille de manière sexy, c'est raté ! Quant au scénario, c'est encore une fois un monde post-apocalypse où 90 ?s personnages sont des gros connards sadiques. J'ai vite trouvé que le scénario manquait d’intérêt et le héros qui parle de lui-même à la troisième personne devient vite chiant. J'avais bien envie qu'un méchant le tue ! Arriver au deuxième récit, j'ai fini par passer les pages et regarder un peu le dessin. En gros, pour les fans de Corben uniquement.
Comte Dracula suivi de Frankenstein
Lire cette version de Dracula après celle de Fernando Fernandez peut constituer une déception au niveau graphique, et pourtant il fut un temps où j'appréciais nettement le dessin de Crepax, mais là je sais pas, ça n'est pas bien passé, sans doute parce qu'il opte pour une approche ouvertement érotique, et je crois que ça ne colle pas vraiment. Il y a certes un érotisme latent dans le mythe de Dracula, de même que la plupart des symboles érotiques se retrouvent dans les canines qui mordent le cou des vierges et qui correspondent à la pénétration, le baiser du vampire qui est assimilé à un orgasme, le sang bien rouge etc... Mais ici, ça ne m'a pas semblé approprié parce que Crepax en fait sans doute un peu trop, ça reste sage, mais voir des filles nues comme les autres héroïnes de Crepax, Valentina, Anita ou Bianca dans un tel récit aussi maléfique, je trouve que c'est incongru. D'autre part, la progression narrative m'a semblé plus simple, plus directe, l'adaptation est plus tronquée que chez Fernandez, l'ensemble de l'oeuvre de Bram Stoker est à peu près respectée, mais il y a des variantes et des scènes bizarres que je trouve peu utiles. Quant à l'adaptation de Frankenstein ajoutée à cet album, elle semble se rapprocher plus du bouquin de Mary Shelley que ne l'ont fait les adaptations cinématographiques (sauf celle de Kenneth Branagh qui est assez fidèle), mais graphiquement, on sent que c'est beaucoup plus fébrile, puisque réalisée peu avant la mort de Crepax, ce n'est donc pas une version qui m'a séduit aussi. Là encore, je serais tenté de dire que pour moi, la seule adaptation la plus fabuleuse, c'est le Frankenstein - Le monstre est vivant de Berni Wrightson qui est un sommet dans l'art graphique et une sorte de suite insolite du bouquin, je crois que passer derrière Wrightson, c'était peine perdue. Au final, cet album se révèle moyen et dispensable, mieux vaut encore lire des ouvrages plus ouvertement érotiques du grand auteur italien, comme Emmanuelle où il a une maîtrise totale sur tous les stades de la création artistique.
Virginia
Je découvre cet auteur avec cet album, et ce n’est pas une bonne pioche ! Déjà, si le dessin minimaliste peut passer, j’ai trouvé plutôt horrible la bichromie rougeâtre : l’aspect graphique ne m’a pas permis une entrée facile dans cette histoire. Mais c’est aussi l’entame quelque peu déstructurée et introspective de l’histoire qui m’a rebuté. Les premières pages sont un peu absconses. Pour le reste, j’ai trouvé l’intrigue sans réel intérêt, et le style narratif (mais le dessin et la colorisation accentuent franchement ce défaut) m’est apparu très, beaucoup trop froid. Je suis resté « à côté » de cette histoire et des personnages (cette femme venant voir sa mère à l’hôpital). Quant aux nombreuses digressions qui parsèment l’album, eh bien là aussi je suis resté sur ma faim, n’y trouvant ni explication intéressante, ni intérêt global (alors que je suis pourtant ouvert aux œuvres marginales, poétiques et/ou underground). J’ai fini cet album sans enthousiasme, c’est clair, et je n’y retournerai pas c’est certain.
Ma vie de réac
Mouais. Après lecture du seul premier tome, je ne sais pas comment il faut prendre le titre de Morgan Navarro, pour savoir s’il est un vrai réac ou pas. Je ne sais même pas ce qu’il entend exactement par réac, puisqu’ici, c’est un fourre-tout qui peut aussi parfois inclure neuneu, beauf, etc. Mais en fait je m’en fiche un peu. C’est surtout que, quel que soit son angle d’attaque, je n’ai pas trouvé très drôles ces petites histoires (du simple dessin à l’histoire courte de 4 pages), ces dialogues où la chute manquait de percussion. Quelques sourires certes, mais un gros bof pour l’ensemble, trop convenu à mon goût. Je m'attendais à quelque chose de plus cynique, de plus vachard. Bon, ça a été publié sur un blog du journal Le Monde, donc ça devait rester dans certaines limites j'imagine, et ça flattait peut-être une partie du lectorat bobo du journal, je ne sais pas. Mais ça ne m’a pas fait rire en tout cas !
Star Wars - Les derniers Jedi
Contrairement à mes habitudes d'ancien fan de Star Wars, je n'ai pas revu l'Episode VIII depuis sa sortie au cinéma. Même si certains de ses aspects m'avaient séduit, notamment de très belles images, de grands pans du scénario m'avaient tellement déçu que j'ai inconsciemment occulté ce film là, comme j'occulte aussi l'épisode IX. Avec cette adaptation en comics, j'étais pourtant prêt à lui donner une seconde chance. Sur le fond, ce comics n'apporte quasiment rien de plus que le contenu du film. Sur le plan du récit, il ne comporte aucune scène ajoutée hormis les quatre premières pages qui introduisent le récit de manière un tout petit peu différente de la mise en scène du film. Pour le reste, on suit le déroulement du film quasiment à l'identique, avec une narration néanmoins plus rapide, avec plus d'ellipses et aucun temps mort. La seule autre différence entre comics et films, est que nous avons ici le droit de partager les pensées de Luke Skywalker. C'est un point intéressant car cela permet de clarifier en partie le comportement radical dont il fait preuve dans le film. Sur la forme, ce n'est pas terrible du tout. Le dessin est très approximatif, avec des visages changeants et souvent très laids. Pour l'adaptation officielle d'un tel film, on dirait que les studios Disney/Marvel n'ont pas vraiment mis les moyens pour mettre un bon dessinateur sur le coup. Quant à l'histoire... Je constate que j'apprécie tout ce qui se déroule autour de Luke Skywalker et de la relation entre Rey et Kylo Ren. Mais mon opinion est confirmée par rapport à ce que j'avais ressenti dans le film : toute l'intrigue autour de Finn et Rose, et aussi en grande partie Poe Dameron, est vraiment nulle, factice et inutile. Quant à la fin, sans les belles images du film, le combat avec les speeders sur la planète Crait est sans aucun intérêt, et seul celui entre Kylo Ren et Luke relève un peu le niveau. Mais ça reste très décevant. Une adaptation dont on peut parfaitement se passer donc.
Babylone
Avec le confinement, les nouveautés BD ont été très ralenties. Quelle belle surprise donc de découvrir chez mon libraire préféré, un nouvel album chez le lombard dans la fantastique série troisième vague. Je me suis donc procuré ce Babylone un peu les yeux fermés. En étudiant d’un peu plus prêt, je suis stupéfait de voir apparaitre Frank Giroud au scénario avec Laurent Galandon. Franck est décédé en 2018 … Au-delà de cette petite surprise, sachez que Frank et Laurent avaient déjà collaboré sur les albums L'Avocat en 2015. Quel est le pitch de cette nouvelle série ? Assez simple à développer à vrai dire ! Max Ferlance est un ancien militaire aguerri et un ancien homme de main de la société de sécurité Babylone. Il est aujourd’hui à son compte et il souhaite défendre la veuve et l’orphelin ! Pas si simple quand sur le terrain se mêlent argent, pouvoir, trahison et pour que tout ça soit plus drôle, un retour dans le passé que notre héros aurait préféré oublier. Scénario ultra classique. Cela ne m’a pas du tout emballé. Le dessin ne m’a pas enthousiasmé. Trop fade. Pas assez en mouvement. Pas assez détaillé. Le premier tome est là pour assoir l’histoire, et nous présenter les personnages. Le rebondissement sur la dernière page arrive comme un cheveu sur la soupe. Bien nul et pas envie du tout de replonger dans cet univers. Un one shot aurait été suffisant tellement l’histoire s’essouffle. Un achat que je regrette. Ma note est de 1,5.
Morts par la France
Cette BD m'a mis mal à l'aise pour deux raisons. La première est qu'elle fait la lumière sur un vrai drame de la France Coloniale, un massacre inacceptable de tirailleurs sénégalais par l'armée française elle-même alors qu'ils devaient être démobilisés après la fin de la seconde Guerre Mondiale. Ça me fait toujours mal de voir les erreurs et crimes que les autorités de mon pays ont pu réaliser par le passé. Et je me sens d'autant plus concerné que j'ai moi-même un long passé africain même si je n'ai jamais vécu au Sénégal. Faire la lumière sur de tels actes est certes instructif et louable mais en même temps, j'aimerais tellement que ça n'ait pas eu lieu que ça me plombe le moral de parcourir une oeuvre qui dévoile et détaille de telles choses, même quand c'est fait avec un dessin de belle qualité et une narration fluide et agréable. Mais j'ai aussi été mis mal à l'aise par le parti-pris des auteurs de cet album. Le Massacre de Thiaroye est un fait acté, une tragédie assumée par l'état français et pour laquelle François Hollande est notamment allé s'excuser personnellement à Dakar. Mais il existe une vraie controverse sur le détail de son déroulement, les causes du massacre et sur le nombre de victimes. La version officielle, soutenue par les gouvernements français et sénégalais eux-mêmes mais aussi par des historiens, est que le massacre a découlé d'une manifestation de dizaines de tirailleurs mécontents du paiement en retard de sommes d'argent qui leur étaient dues et d'une tentative musclée de l'armée de remettre ses soldats au pas qui aurait tourné à l'escalade de la violence. Les tirs auraient entraîné la mort de 70 tirailleurs "au moins". A cette version officielle s'oppose celle de l'historienne Armelle Mabon qui, sur la base de témoignages de descendants de victimes ou de survivants du massacre, et sur la base de documents du navire anglais ayant amené les tirailleurs jusqu'au camp de Thiaroye, affirme que non seulement ce sont des centaines de soldats qui ont été tués ce jour là mais aussi que ce sont les officiers français qui ont ordonné délibérément le massacre sans aucune offense physique de la part des tirailleurs, et qu'en plus les militaires français, et peut-être l'état lui-même, ont tout fait pour faire disparaître les preuves et cacher l'ampleur de ce massacre et continuent à le faire aujourd'hui. C'est cette version là que les auteurs ont adopté sans aucune réserve dans cette BD. Outre cette absence de réserves alors que le sujet est nettement matière à controverse auprès des historiens, c'est la manière manichéenne de le faire qui m'a heurté, notamment dans la partie romancée mettant en scène des tirailleurs braves et souriants d'un côté et des officiers français lâches, racistes et sans pitié de l'autre. Ce même biais narratif manichéen se retrouve aussi dans les personnages secondaires : l'ex-compagnon de l'historienne qui est égoïste et borné, l'ami sénégalais qui est doux et compréhensif, l'autre historien qui est arriviste et catégorique dans ses affirmations, le vieux Sénégalais fils d'une victime qui est sage, compréhensif et accueillant envers l'héroïne, etc... Ça ressemble à du militantisme politique et à un réquisitoire d'accusation péremptoire et sans finesse. Que ce type de récit intervienne une fois la lumière totalement faite sur le sujet et que la partie romancée soit réduite au strict minimum, pourquoi pas, mais tant que la controverse est aussi ouverte et quand la partie romancée est si présente et si unilatérale, je me sens mal à l'aise car je ne sais pas du tout sur quel pied danser et qui croire.
Le Rayon vert
Je serais tenté de dire bof, bof, c'est pas une histoire très passionnante, pourtant au départ, ça augurait un récit prometteur avec ce rayon vert qui d'après une vieille légende popularisée par Jules Verne, serait un phénomène optique très rare observable seulement par temps très clair. Boilet fait courir son héros de sommets en sommets, de la cathédrale de Strasbourg à l'observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées... tout ceci est assez mouvementé et pimenté d'une dose de mystère, mais ça n'est guère folichon aussi bien par le déroulement du récit que par la narration. Le dessin de Boilet, je ne le connaissais que par les 2 Bd que j'ai lues de lui : Les Veines de l'Occident dans Vécu, et Demi-tour ; il a peu changé depuis Les Veines de l'Occident qui était sa première grande Bd importante, mais il est quand même d'un meilleur niveau et un peu plus maîtrisé. Malgré ça, ce n'est pas un dessin qui me renverse quand même, bien qu'il ne se réclame d'aucune influence, c'est peut-être pour ça que cet album reste très méconnu et qu'il ait passé si inaperçu à sa sortie. De plus, à ma connaissance, ce récit n'a fait l'objet d'une pré-publication dans aucun journal de BD, ça n'aide pas non plus...
Blake et Mortimer - Le Dernier Pharaon
J'ai toujours adoré Blake et Mortimer, qui figure sans nul doute au panthéon de mes sagas les plus cultes. En outre, cette saga a le mérite d'être sans doute celle qui a le mieux survécu à la mort de son auteur, puisque les successeurs de ce dernier n'ont jamais trahi le riche héritage dont ils bénéficient, et continuent encore aujourd'hui à nous offrir régulièrement de nouveaux tomes de grande qualité. Mais ce qui fait la qualité des tomes officiels contemporains, c'est précisément leur fidélité sans bornes à l'oeuvre originelle. Pour moi, un auteur a vraiment réussi son boulot lorsqu'il réussit à s'effacer tout entier derrière son oeuvre. C'est donc le principal problème de ce tome hors-série qui, sur le modèle de Spirou et Fantasio, nous propose une aventure hors du contexte de la saga officielle, où carte blanche est laissée à François Schuiten pour s'approprier les personnages et les faire coller à son univers. Cette BD s'adresse donc surtout aux fans de François Schuiten (auxquels je n'appartiens pas, ne connaissant pas assez cet auteur), tandis que les fans de Blake et Mortimer resteront sur leur faim. En effet, si le dessin est très beau pour les bâtiments, il est en revanche difficile de trouver la moindre vie dans ces personnages statiques, aux expressions terriblement figées. Surtout, il me semble assez difficile de trouver le moindre intérêt à un scénario qui ne sait pas où il va, car précisément, il ne va nulle part. D'une étonnante indigence, passablement lacunaire, on sent que le récit n'est qu'un prétexte pour laisser le terrain libre à Schuiten. Si Bruxelles est bien mise à l'honneur, on aurait tout de même aimé que le scénario ne se révèle un peu plus étoffé et moins fragile... Donc clairement, je n'adhère pas à cette proposition car elle n'a à peu près rien à voir avec Blake et Mortimer. Il s'agit juste d'une aventure de SF très lambda, sur laquelle on a greffé des personnages connus et appréciés du grand public, mais c'est tout. Pour le reste, mieux vaut rouvrir les tomes de la saga officielle, c'est mille fois mieux !