Je suis annecienne et je connaissais France Vu Dhin comme connaissance, et non comme amie, nous evoluions dans un milieu commun. Personne ne sait la fin de France. Ce qui me choque est ce titre : coupable d'être schizophrène, ce qui revient pour moi, à rendre victime Roberto Succo ; bien sûr, qu'il était schizo, mais surtout hyper dangereux. Et c'est bien le système hospitalier Italien qui l'a laissé sortir après le meurtre de ses parents ; c'est donc ce système qui est à charge. Car l'hôpital psychiatrique était en mutation à cette époque, plus de libertés etc.. mais aussi probablement en régression financière, Et la France, a emboîté ce pas. Terrible. Et je pense que depuis, ça ne s'est pas arrangé.
Ouais, gros bof pour cet album, qui ne fait que confirmer la déception globale ressentie après la lecture de beaucoup d’albums de cette série concept, rare étant les auteurs à tirer leur épingle du jeu. Ici, c’est très décevant.
Je n’ai déjà pas accroché au dessin, que j’ai souvent trouvé laid, et qui manque clairement de finesse (la colorisation accentue cet aspect) et de dynamisme.
Je n’ai surtout pas été captivé par l’intrigue, mollassonne, pas originale, et qui se contente pour la dynamiser de clins d’œil à l’histoire de « L’île au trésor ». La narration manque de surprise, certains personnages sont lourds (les allusions récurrentes à l’alcool du docteur Livesey, les jurons de Gunn, etc.).
Quant au dénouement, il est improbable sur le fond et la forme, facile et peu intéressant.
Note réelle 1,5/5.
Oulà ! Voilà longtemps qu'une BD ne m'avait laissé une si mauvaise impression !
Entre un dessin souvent passable de par la vacuité des décors, un trait proche de l'esquisse et une narration mal gérée, difficile d'accrocher à cette histoire prenant pour cadre la Révolution française. Les invraisemblances s'accumulent également, ce qui fait qu'on est rapidement déconnecté du récit. Seul point positif, la colorisation qui permet de mettre en valeur des ambiances de façon convaincante, pour le reste je ne pense pas aller plus loin.
Si vous voulez vous immerger dans ce grand moment de l'histoire de France, je vous conseille plutôt le Révolution (Locard/Grouazel), Fauve d'Or d'Angoulême de cette année.
*** tome 2 ***
Et bien ce n'est pas ce second tome qui me réconciliera avec cette série...
D'une part le dessin reste faible et les scènes de foule parisienne assez peu crédibles avec aussi peu de monde (C'est quand même LA Révolution française !), et je ne vous parle pas de la prise de la Bastille revue et corrigée par "la petite histoire au sein de la Grande" qui est assez risible...
La narration reste tout aussi flottante que dans le premier, et la volonté des auteurs de nous montrer le rôle des femmes par le biais d’Églantine (la sœur de notre héros) durant cette période fait malheureusement très artificielle.
Bref, un second tome tout aussi laborieux et peu convaincant que le premier. Dommage.
*** tome 3 ***
Hébé ! On ne peux pas dire que ce troisième et dernier tome relève l'ensemble bien au contraire...
Tout ça semble toujours aussi brouillon dans la narration, le dessin reste à mon goût en dessous de ce que mériterait une telle histoire. D'autant que cette volonté de montrer le féminisme naissant à cette période de l'histoire est très mal amené à mon sens, conduisant de surcroit à une revisite de l'histoire assez hallucinante... Pour le coup on se demande si on vient de lire une uchronie ou une BD historique...
Une série complètement dispensable si vous chercher une BD collant à la réalité de la Révolution française.
Dino Park est en quelque sorte une série dérivée de Les Dinosaures en bande dessinée des mêmes auteurs. Là où la première insistait un peu plus sur le côté documentaire en laissant les dinosaures dans leur époque et leur environnement naturel, Dino Park reprend le concept de la série Le Zoo des animaux disparus pour faire découvrir aux lecteurs ces fameux animaux dans un contexte plus actuel et humoristique, avec la possibilité d'inclure au passage des personnages récurrents pour éviter l'aspect trop documentaire.
Dino Park, c'est bien évidemment une autre version du fameux Jurassic Park, avec son savant capable de cloner n'importe quel dinosaure en combinant des restes d'ADN et ceux de reptiles et d'oiseaux actuels, ses gardiens bienveillants, ses soigneurs, son responsable de la sécurité aux allures de chasseur de safari, et évidemment ses visiteurs ravis d'être là. Les dialogues font d'ailleurs souvent référence au film Jurassic Park pour corriger les erreurs qu'il contenait notamment l'aspect et la taille des vélociraptors ou encore des dilophosaurus, les petits dinosaures à crêtes sensés cracher du venin.
Le graphisme est plutôt bon. Bloz a un bon coup de crayon et son style est agréable à lire.
L'humour n'est pas terrible du tout, trop souvent prévisible ou tombant à plat. Je n'ai retenu qu'un gag qui m'a amusé, celui où on apprend que le stagiaire se fait appeler 327 par les gardiens du zoo, mais c'est probablement le seul gag qui m'a fait rire et il semble avoir aussi beaucoup plu aux auteurs qui y font des références trop régulières dans les pages suivantes, au point d'en devenir lourdingues.
Si l'on ne peut pas apprécier l'humour de cette BD, j'imagine qu'il vaut mieux se rabattre sur son intérêt documentaire.
Mais c'est là que je suis un peu circonspect car l'ouvrage semble affirmer la véridicité de ses informations et de la représentation de ses dinosaures, avec quelques pages documentaires à l'appui, plutôt intéressantes d'ailleurs. Mais en même temps il aligne de nombreuses visions fantaisistes ou carrément fausses de certains dinosaures. Il leur invente des psychologies ou des couleurs (avec d'ailleurs un passage curieux où le texte documentaire indique qu'on sait que ces dinosaures là sont noirs alors que le dessin juste à côté les représente en rouge et blanc) pour les rendre plus mignons ou amusants. Et j'ai pu vérifier notamment que ce qui est affirmé dans un gag concernant le comportement étonnant des oviraptors était simplement faux, basé sur une hypothèse qui a été contredite par les scientifiques. Du coup, il est difficile de faire la part du vrai et du faux et donc de pouvoir faire pleinement confiance à l'aspect documentaire de l'album.
Et comme à côté de cela, l'humour n'est simplement pas drôle, je me suis ennuyé.
Très décevant.
Pour le dessin : de beaux décors, sans doute, mais des couleurs ternes, des personnages froids et fort peu expressifs, auxquels il est difficile de s'attacher.
Pire : le scénario ! Qu'est devenu le grand Van Hamme? On a l'impression de lire un résumé. Dans cette histoire qui s'étale sur des décennies, tout est survolé, c'est une suite de scènes éparses auxquelles on aimerait s'intéresser davantage, mais on tourne la page et on est ailleurs, parfois des années plus tard... Le personnage qui donne son titre à l'album disparaît à la planche 31, et sa réapparition brutale à la fin est une grosse ficelle. Plus gênant encore: le "recyclage" de péripéties lues dans XIII et dans Les Maîtres de l'Orge, le médecin ivre qui rate une opération, la vengeance atroce, l'engagement hypocrite d'un détective pour détourner les soupçons...
Je découvre avec cette œuvre de jeunesse que Frank Pé a toujours été un dessinateur lent !
Œuvre de jeunesse veut dire que le dessin est moins maitrisé que ce que l'auteur nous a habitué par la suite. Certaines expressions et gestes des personnages sont un peu étranges par moment, mais j'ai connu pire. Le vrai problème selon moi est le scénario rempli d'action virile à la Archie Cash qui ne m'attire pas trop et qui ne réussit pas à Pé, il y a comme un décalage entre son dessin et le scénario. Il reste quelques scènes fortes et la prise de conscience du personnage de Vincent Murat est bien amenée, mais globalement l'album ne m'a pas passionné et je me suis ennuyé la plupart du temps.
Une curiosité pour les fans du dessinateur.
Il y a plusieurs points que je n’aime pas dans cette bd :
1/ le graphisme et les couleurs très lisses, très dessin animé, alors qu’il aurait mieux valu un dessin plus réaliste pour une histoire de marins.
2/ le personnage de la Mort, représenté façon sorcière dans Blanche Neige, que je trouve très déplacé et horripilant dans cette série. Il me semble que faire intervenir la Mort déséquilibre l'histoire ; un simple démon, un simple ennemi aurait suffi pour que le tout soit plus cohérent et harmonieux.
3/ si le texte est très bien écrit, il devient parfois verbeux à la longue et rend la bd ennuyeuse à cause du faux rythme qu’il génère notamment au début du tome 2 ou j’ai fini par lâcher la lecture.
J’ai quand même terminé le tome 1 que j’ai trouvé plaisant excepté le dessin.
En effet, comme l’a signalé Paco, cette histoire mélange pas mal de choses, que ce soit dans les thèmes abordés ou dans la façon de les aborder, les différents tons employés.
L’histoire se laisse lire sans trop de problème, mais je suis quand même resté sur ma faim. D’abord parce que Théo Grosjean ne me semble pas avoir choisi un angle d’attaque clair, et que son intrigue donne l’impression de se développer au fil de l’eau, sans trame évidente, les péripéties s’enchainant, s’empilant sans plan clair, sans explication : qu’en est-il de cette tache sur le bras du héros, qu’est devenu son père évoqué en début d’album, ou la jeune orc combattant avec les Gobelins – tous deux aussi affublés de cette tache ? Qu’advient-il tout simplement de nos héros (un jeune orc fuyant les massacres de ses congénères sauvages et une princesse orc survivante d’un massacre) ? En effet, cela s’arrête de façon abrupte, comme si l’auteur, lassé d’inventer une suite éperdue à son histoire, avait décidé de s’en débarrasser.
L'auteur semblait à un moment développer une métaphore des problèmes rencontrés par les migrants (c'était, à tout prendre, un bon angle d'attaque), mais finalement cette piste est elle aussi abandonnée.
Dans le détail, il y a des passages dynamiques qui peuvent plaire (j’ai trouvé dans le dessin – très simple – et certains passages des points ont des communs avec la série Etoile du Chagrin). Mais l’humour, plus ou moins épais, certaines situations un peu absurdes, alternent avec des passages très plats, un peu trop gentils. Ces sautes de tension surprennent et ne rendent pas forcément service à la narration.
A réserver à un lectorat adolescent je pense, qui sera sans doute plus réceptif que moi à cette histoire.
Note réelle 2,5/5.
Après avoir adapté La Pharmacienne, le roman d'Esparbec, Igor nous propose un album plus léger, toujours chez Dynamite.
Ici, nous sommes beaucoup plus dans une succession de scènes drôles en suivant une journée de Clémentine à la plage, que dans une histoire scénarisée.
Si le dessin est assez sage voire sommaire, pour une bd pour adulte, les dialogues eux, sont assez crus. Par contre, les dessins beaucoup moins aboutis qu'à l'accoutumée.
Hasard des parutions, le final de cet opus fait écho avec celui d'Une journée bien remplie, édité chez Tabou le mois dernier.
Igor a signé de meilleurs albums auparavant.
J'ai mis tellement de temps à terminer cet album en m'y reprenant à plusieurs reprises que je ne peux mettre que 2/5. C'est sûr le dessin n'est pas son point fort et ses cases toutes carrées et de taille identique tracées fébrilement à main levée, mais passons. C'est surtout l'histoire qui si elle est sympa au début s'étire sur 500 pages, contrainte oblige, et du coup on rajoute des personnages petit à petit, on s'y perd un peu. Scanlan, Ghoran, Mister Weird, KuiKui, le Maire, le Macheur, Baker, l'archéologue ... n'en sont que quelques-uns. Lapinot voudrait bien manger quelques carottes de Patagonie, un mets de luxe, et c'est le point de départ d'une aventure rocambolesque qui ne pouvait paraitre qu'à L'Association. Avec tout ça on se dit comment Lewis Trondheim va terminer cela, bah en 3 ou 4 pages où il boucle la boucle remettant Lapinot sur le chemin de la Patagonie et laissant tous les autres en plan.
On ne peut pas dire que l'auteur manque d'imagination et même si l'histoire a l'air de s'inventer page après page, le tout reste assez cohérent. Question philosophie, il faut pas pousser non plus, quelques pensées, quelques bons mots, ça en reste là.
Bref une lecture que je voulais faire depuis longtemps mais qui s'est avérée décevante pour ma part.
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Roberto Succo - Coupable d'être schizophrène
Je suis annecienne et je connaissais France Vu Dhin comme connaissance, et non comme amie, nous evoluions dans un milieu commun. Personne ne sait la fin de France. Ce qui me choque est ce titre : coupable d'être schizophrène, ce qui revient pour moi, à rendre victime Roberto Succo ; bien sûr, qu'il était schizo, mais surtout hyper dangereux. Et c'est bien le système hospitalier Italien qui l'a laissé sortir après le meurtre de ses parents ; c'est donc ce système qui est à charge. Car l'hôpital psychiatrique était en mutation à cette époque, plus de libertés etc.. mais aussi probablement en régression financière, Et la France, a emboîté ce pas. Terrible. Et je pense que depuis, ça ne s'est pas arrangé.
Sept pirates
Ouais, gros bof pour cet album, qui ne fait que confirmer la déception globale ressentie après la lecture de beaucoup d’albums de cette série concept, rare étant les auteurs à tirer leur épingle du jeu. Ici, c’est très décevant. Je n’ai déjà pas accroché au dessin, que j’ai souvent trouvé laid, et qui manque clairement de finesse (la colorisation accentue cet aspect) et de dynamisme. Je n’ai surtout pas été captivé par l’intrigue, mollassonne, pas originale, et qui se contente pour la dynamiser de clins d’œil à l’histoire de « L’île au trésor ». La narration manque de surprise, certains personnages sont lourds (les allusions récurrentes à l’alcool du docteur Livesey, les jurons de Gunn, etc.). Quant au dénouement, il est improbable sur le fond et la forme, facile et peu intéressant. Note réelle 1,5/5.
Ah, ça ira !
Oulà ! Voilà longtemps qu'une BD ne m'avait laissé une si mauvaise impression ! Entre un dessin souvent passable de par la vacuité des décors, un trait proche de l'esquisse et une narration mal gérée, difficile d'accrocher à cette histoire prenant pour cadre la Révolution française. Les invraisemblances s'accumulent également, ce qui fait qu'on est rapidement déconnecté du récit. Seul point positif, la colorisation qui permet de mettre en valeur des ambiances de façon convaincante, pour le reste je ne pense pas aller plus loin. Si vous voulez vous immerger dans ce grand moment de l'histoire de France, je vous conseille plutôt le Révolution (Locard/Grouazel), Fauve d'Or d'Angoulême de cette année. *** tome 2 *** Et bien ce n'est pas ce second tome qui me réconciliera avec cette série... D'une part le dessin reste faible et les scènes de foule parisienne assez peu crédibles avec aussi peu de monde (C'est quand même LA Révolution française !), et je ne vous parle pas de la prise de la Bastille revue et corrigée par "la petite histoire au sein de la Grande" qui est assez risible... La narration reste tout aussi flottante que dans le premier, et la volonté des auteurs de nous montrer le rôle des femmes par le biais d’Églantine (la sœur de notre héros) durant cette période fait malheureusement très artificielle. Bref, un second tome tout aussi laborieux et peu convaincant que le premier. Dommage. *** tome 3 *** Hébé ! On ne peux pas dire que ce troisième et dernier tome relève l'ensemble bien au contraire... Tout ça semble toujours aussi brouillon dans la narration, le dessin reste à mon goût en dessous de ce que mériterait une telle histoire. D'autant que cette volonté de montrer le féminisme naissant à cette période de l'histoire est très mal amené à mon sens, conduisant de surcroit à une revisite de l'histoire assez hallucinante... Pour le coup on se demande si on vient de lire une uchronie ou une BD historique... Une série complètement dispensable si vous chercher une BD collant à la réalité de la Révolution française.
Dino Park
Dino Park est en quelque sorte une série dérivée de Les Dinosaures en bande dessinée des mêmes auteurs. Là où la première insistait un peu plus sur le côté documentaire en laissant les dinosaures dans leur époque et leur environnement naturel, Dino Park reprend le concept de la série Le Zoo des animaux disparus pour faire découvrir aux lecteurs ces fameux animaux dans un contexte plus actuel et humoristique, avec la possibilité d'inclure au passage des personnages récurrents pour éviter l'aspect trop documentaire. Dino Park, c'est bien évidemment une autre version du fameux Jurassic Park, avec son savant capable de cloner n'importe quel dinosaure en combinant des restes d'ADN et ceux de reptiles et d'oiseaux actuels, ses gardiens bienveillants, ses soigneurs, son responsable de la sécurité aux allures de chasseur de safari, et évidemment ses visiteurs ravis d'être là. Les dialogues font d'ailleurs souvent référence au film Jurassic Park pour corriger les erreurs qu'il contenait notamment l'aspect et la taille des vélociraptors ou encore des dilophosaurus, les petits dinosaures à crêtes sensés cracher du venin. Le graphisme est plutôt bon. Bloz a un bon coup de crayon et son style est agréable à lire. L'humour n'est pas terrible du tout, trop souvent prévisible ou tombant à plat. Je n'ai retenu qu'un gag qui m'a amusé, celui où on apprend que le stagiaire se fait appeler 327 par les gardiens du zoo, mais c'est probablement le seul gag qui m'a fait rire et il semble avoir aussi beaucoup plu aux auteurs qui y font des références trop régulières dans les pages suivantes, au point d'en devenir lourdingues. Si l'on ne peut pas apprécier l'humour de cette BD, j'imagine qu'il vaut mieux se rabattre sur son intérêt documentaire. Mais c'est là que je suis un peu circonspect car l'ouvrage semble affirmer la véridicité de ses informations et de la représentation de ses dinosaures, avec quelques pages documentaires à l'appui, plutôt intéressantes d'ailleurs. Mais en même temps il aligne de nombreuses visions fantaisistes ou carrément fausses de certains dinosaures. Il leur invente des psychologies ou des couleurs (avec d'ailleurs un passage curieux où le texte documentaire indique qu'on sait que ces dinosaures là sont noirs alors que le dessin juste à côté les représente en rouge et blanc) pour les rendre plus mignons ou amusants. Et j'ai pu vérifier notamment que ce qui est affirmé dans un gag concernant le comportement étonnant des oviraptors était simplement faux, basé sur une hypothèse qui a été contredite par les scientifiques. Du coup, il est difficile de faire la part du vrai et du faux et donc de pouvoir faire pleinement confiance à l'aspect documentaire de l'album. Et comme à côté de cela, l'humour n'est simplement pas drôle, je me suis ennuyé.
La Fortune des Winczlav
Très décevant. Pour le dessin : de beaux décors, sans doute, mais des couleurs ternes, des personnages froids et fort peu expressifs, auxquels il est difficile de s'attacher. Pire : le scénario ! Qu'est devenu le grand Van Hamme? On a l'impression de lire un résumé. Dans cette histoire qui s'étale sur des décennies, tout est survolé, c'est une suite de scènes éparses auxquelles on aimerait s'intéresser davantage, mais on tourne la page et on est ailleurs, parfois des années plus tard... Le personnage qui donne son titre à l'album disparaît à la planche 31, et sa réapparition brutale à la fin est une grosse ficelle. Plus gênant encore: le "recyclage" de péripéties lues dans XIII et dans Les Maîtres de l'Orge, le médecin ivre qui rate une opération, la vengeance atroce, l'engagement hypocrite d'un détective pour détourner les soupçons...
Vincent Murat
Je découvre avec cette œuvre de jeunesse que Frank Pé a toujours été un dessinateur lent ! Œuvre de jeunesse veut dire que le dessin est moins maitrisé que ce que l'auteur nous a habitué par la suite. Certaines expressions et gestes des personnages sont un peu étranges par moment, mais j'ai connu pire. Le vrai problème selon moi est le scénario rempli d'action virile à la Archie Cash qui ne m'attire pas trop et qui ne réussit pas à Pé, il y a comme un décalage entre son dessin et le scénario. Il reste quelques scènes fortes et la prise de conscience du personnage de Vincent Murat est bien amenée, mais globalement l'album ne m'a pas passionné et je me suis ennuyé la plupart du temps. Une curiosité pour les fans du dessinateur.
Nelson Lobster
Il y a plusieurs points que je n’aime pas dans cette bd : 1/ le graphisme et les couleurs très lisses, très dessin animé, alors qu’il aurait mieux valu un dessin plus réaliste pour une histoire de marins. 2/ le personnage de la Mort, représenté façon sorcière dans Blanche Neige, que je trouve très déplacé et horripilant dans cette série. Il me semble que faire intervenir la Mort déséquilibre l'histoire ; un simple démon, un simple ennemi aurait suffi pour que le tout soit plus cohérent et harmonieux. 3/ si le texte est très bien écrit, il devient parfois verbeux à la longue et rend la bd ennuyeuse à cause du faux rythme qu’il génère notamment au début du tome 2 ou j’ai fini par lâcher la lecture. J’ai quand même terminé le tome 1 que j’ai trouvé plaisant excepté le dessin.
Un gentil orc sauvage
En effet, comme l’a signalé Paco, cette histoire mélange pas mal de choses, que ce soit dans les thèmes abordés ou dans la façon de les aborder, les différents tons employés. L’histoire se laisse lire sans trop de problème, mais je suis quand même resté sur ma faim. D’abord parce que Théo Grosjean ne me semble pas avoir choisi un angle d’attaque clair, et que son intrigue donne l’impression de se développer au fil de l’eau, sans trame évidente, les péripéties s’enchainant, s’empilant sans plan clair, sans explication : qu’en est-il de cette tache sur le bras du héros, qu’est devenu son père évoqué en début d’album, ou la jeune orc combattant avec les Gobelins – tous deux aussi affublés de cette tache ? Qu’advient-il tout simplement de nos héros (un jeune orc fuyant les massacres de ses congénères sauvages et une princesse orc survivante d’un massacre) ? En effet, cela s’arrête de façon abrupte, comme si l’auteur, lassé d’inventer une suite éperdue à son histoire, avait décidé de s’en débarrasser. L'auteur semblait à un moment développer une métaphore des problèmes rencontrés par les migrants (c'était, à tout prendre, un bon angle d'attaque), mais finalement cette piste est elle aussi abandonnée. Dans le détail, il y a des passages dynamiques qui peuvent plaire (j’ai trouvé dans le dessin – très simple – et certains passages des points ont des communs avec la série Etoile du Chagrin). Mais l’humour, plus ou moins épais, certaines situations un peu absurdes, alternent avec des passages très plats, un peu trop gentils. Ces sautes de tension surprennent et ne rendent pas forcément service à la narration. A réserver à un lectorat adolescent je pense, qui sera sans doute plus réceptif que moi à cette histoire. Note réelle 2,5/5.
Clémentine à la plage
Après avoir adapté La Pharmacienne, le roman d'Esparbec, Igor nous propose un album plus léger, toujours chez Dynamite. Ici, nous sommes beaucoup plus dans une succession de scènes drôles en suivant une journée de Clémentine à la plage, que dans une histoire scénarisée. Si le dessin est assez sage voire sommaire, pour une bd pour adulte, les dialogues eux, sont assez crus. Par contre, les dessins beaucoup moins aboutis qu'à l'accoutumée. Hasard des parutions, le final de cet opus fait écho avec celui d'Une journée bien remplie, édité chez Tabou le mois dernier. Igor a signé de meilleurs albums auparavant.
Lapinot et les Carottes de Patagonie
J'ai mis tellement de temps à terminer cet album en m'y reprenant à plusieurs reprises que je ne peux mettre que 2/5. C'est sûr le dessin n'est pas son point fort et ses cases toutes carrées et de taille identique tracées fébrilement à main levée, mais passons. C'est surtout l'histoire qui si elle est sympa au début s'étire sur 500 pages, contrainte oblige, et du coup on rajoute des personnages petit à petit, on s'y perd un peu. Scanlan, Ghoran, Mister Weird, KuiKui, le Maire, le Macheur, Baker, l'archéologue ... n'en sont que quelques-uns. Lapinot voudrait bien manger quelques carottes de Patagonie, un mets de luxe, et c'est le point de départ d'une aventure rocambolesque qui ne pouvait paraitre qu'à L'Association. Avec tout ça on se dit comment Lewis Trondheim va terminer cela, bah en 3 ou 4 pages où il boucle la boucle remettant Lapinot sur le chemin de la Patagonie et laissant tous les autres en plan. On ne peut pas dire que l'auteur manque d'imagination et même si l'histoire a l'air de s'inventer page après page, le tout reste assez cohérent. Question philosophie, il faut pas pousser non plus, quelques pensées, quelques bons mots, ça en reste là. Bref une lecture que je voulais faire depuis longtemps mais qui s'est avérée décevante pour ma part.