Mansfield est un immortel et à l'époque du Reich il a maille à partir avec les nazis qui sont très cruels. On ajoute une mystérieuse organisation secrète, le VRIL, des psychiques féminines façon Minority report en combinaison moulante et on obtient un cocktail mélangeant historique et fantastique. Sauf que la centaine de pages ne m'a pas convaincue, et le dessin sepia, un peu gribouillé, non plus. Il n'y a rien qui crée vraiment la surprise dans cette histoire qui a le mérite de tenir sur un seul tome.
L'humour est un peu répétitif, les hommes mènent la danse et la femme est en cuisine. Et notre héros se prend pour le douzième imam. Une bonne partie de l'album est consacrée à la révolution iranienne de 1979 qui mit les religieux au pouvoir. Cela a ensuite été le terrain pour plus tard l'arrivée comme président de Mahmoud Ahmadinejad après avoir été maire de Téhéran. Son parcours, ses études, son réseau pour arriver là sont assez peu expliqués, à part sa volonté de relancer le programme nucléaire qui a pesé dans ses soutiens.
Pourtant l'ouvrage est assez documenté et le scénariste Mohamed Sifaoui, journaliste et réalisateur parfois controversé, a une foule d'anecdoctes. Par exemple une des premières mesures une fois arrivé en tant que maire a été de faire un second ascenseur pour séparer les hommes et les femmes, cela montre la mentalité rigoriste et rétrograde du personnage. J'ai trouvé la première moitié pas mal, la suite m'a moins plu.
Je ne peux pas dire avoir été convaincu par ce diptyque.
La mise en page de Pedrosa est vraiment remarquable, en particulier avec ces pleines doubles pages représentant une seule scène dans laquelle les personnages évoluent en différents endroits, et son dessin se fait souvent lui aussi remarquable, avec un usage des couleurs assez extraordinaire. Cela étant, j'ai plutôt eu une sensation de "trop", parfois à la limite du délire graphique, et je n'ai pas vraiment aimé ses dessins de personnages, et même vraiment pas aimé la tête de Tankred, ce qui est un peu dommage pour un personnage supposé être sympathique sur une bonne partie de l'histoire.
L'histoire, quant à elle, m'a carrément ennuyé. Le tome 1 n'est pas désagréable, mais j'ai eu une forte sensation de déjà vu avec la communauté des femmes, qu'on retrouve presqu'à l'identique dans Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté, et dans l'ensemble cette histoire d'âge d'or, sorte de fable pseudo communiste, n'a absolument pas réussi à me passionner, a fortiori à me convaincre. Dans tout cela les personnages qui m'ont le plus parlé ont été les compères paysans qu'on voit de façon récurrente et qui sont plutôt secondaires. Je n'ai malheureusement pas trouvé de charisme ou d'intérêt aux personnages principaux.
Pour finir sur le détail qui tue, le tome 1 pèse 1,6 kg, on a connu plus maniable.
Donc voilà, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, mais cette histoire s'est voulue trop sérieuse pour être une fable, trop communiste et pas assez épique pour faire un univers médiéval convaincant, et le côté politique ne m'a franchement pas passionné.
C’est plutôt hétéroclite, voire fourre-tout.
Le style est un peu trash, histoire de rester dans la ligne éditoriale, avec un dessin minimaliste mais incisif qui se rapproche de celui de Larcenet (je trouve). Quelques bons gags sont à relever mais, dans l’ensemble, ces 3 cases ne cassent pas 3 pattes à un canard. La faute sans doute à l’absence de fil rouge. Ça part trop dans tous les sens et ça me perd.
J'ai hésité entre 2 ou 3 étoiles. Finalement, 2 étoiles pour 3 cases pour 1 chute, c'est un beau tiercé dans le désordre. Je m'y retrouve.
Enfin, on sait ce qu’il est advenu à Obélix après être tombé dans la potion quand il était petit … :)
Cet album s’adresse avant tout aux amateurs de polar classique qui ne cherchent pas la surprise. En effet, on reste là dans du déjà vu : dans les Etats-Unis de la prohibition, un détective mystérieux s’immisce dans les affaires de truands concurrents, de policiers ripoux, enquêtant officiellement sur la mort d’un juge corrompu, à la demande de sa veuve pas très claire.
Les règlements de compte et retournements de situation s’enchaînent, mais le rythme est trop lent, nonchalant, et le héros, ambigu, presque bogartien (mais sans son aura) peine à captiver le lecteur. D’autant plus qu’il est trop parfait, échappe à tout, se trouve toujours au bon moment au bon endroit. C’est peu crédible et lassant, les péripéties usent de trop de facilités. Quant à la chute, si elle surprend, ; elle est là aussi trop fantaisiste.
Le dessin de Rotundo est lui vraiment chouette, il use très bien du Noir et Blanc (c’est le point fort de ce récit je trouve). Je suis d’ailleurs surpris, connaissant le bonhomme, qu’il n’y ait pas eu davantage de pépés dénudées dans ces pages.
Je découvre avec cette réédition par Tabou (son éditeur quasi attitré depuis très longtemps) cet album, qui est tout sauf une surprise pour ceux qui connaissent l’œuvre de Xavier Duvet. En effet, comme la plupart du temps – mais ici peut-être encore plus qu’ailleurs, Duvet- développe un univers où le BDSM, le fétichisme dominent.
Duvet possède un sacré coup de crayon (ce que confirment les 16 pages de bonus ajoutées à cette nouvelle édition, avec les croquis préparatoires), et c’est évidemment le point fort de cet album (et de la quasi-totalité de ses productions). C’est ainsi que nous avons de superbes femmes, dans des poses très suggestives, le Noir et Blanc allant comme un gant (de cuir ou de latex !) à l’érotisme violent mais non dénué de sensualité des histoires concoctées par Duvet. Comme d’habitude, les bas sont traités différemment (au rayographe ?, ce qui ajoute aux aspects cités plus hauts). Mais, comme d’habitude aussi, hélas, je ne suis pas fan de certains de ses tics, comme laisser presque apparents les traits de crayons préparatoires pour les visages, cela leur donne un aspect ridé que je ne trouve pas très heureux.
Pour le reste, je pense que tout est affaire de goût. En effet, seuls peuvent y trouver totalement leur compte ceux que ce type de bondage (donjons, Shibari – c’est-à-dire des corps ligotés, voire saucissonnés, thèmes et imagerie qui dominent, voire saturent deux des trois histoires) attire particulièrement. Ce n’est pas forcément mon cas, donc ma notation s’en ressent. D’autant plus que « l’intrigue » elle-même est quand même assez faible. On regarde davantage cet album qu’on ne le lit je pense.
La première histoire est la plus soft, avec un trio de lesbiennes et du BDSM plutôt soft, mais dans les deux histoires suivantes, c’est clairement plus outrancier – beaucoup trop à mon goût.
Ma note est donc avant tout lié au fait que je ne sois pas réceptif à ce trop plein de bondage. Mais, pour les amateurs, j’imagine que cet album est un must. On ne peut en tout cas pas nier la grande qualité du dessin de Xavier Duvet !
Note réelle 2,5/5.
J’ai découvert Laïyna (j’avoue je n’arrive à prononcer ce prénom) il y a très très longtemps. Cela ne m’avait pas particulièrement marqué. C’est donc un peu par hasard que je me suis enhardi à me procurer les éditions originales de cette série pour replonger dans mon enfance.
C’est quoi le pitch ? Laïyna est une fille de serfs qui devient orpheline à la suite d'une guerre. Elle est sauvée des soudards de Vurthe par la bête, maître de la forteresse de pierre, qui l'a confiée au petit peuple.
Faut suivre car je ne répèterais pas ! Je continue…
Elle est alors élevée au milieu de rituels magiques enseignés par les elfes, les trolls et les gobelins, et la bête veille sur cette jeune fille qui devient une sauvageonne. Jusqu'au jour où la bête vient à mourir et où la magie se met à disparaître tandis que les guerres des hommes bouleversent le royaume elfique et que le petit peuple se voit contraint de quitter son royaume. Les elfes et les lutins voyagent alors dans des contrées arides à la recherche d'une riche vallée pour replanter les racines de son arbre de vie, mais le prince Lowethme fomente une révolte, et bientôt naît une guerre au sein du petit peuple. L'Ancien se sacrifie en provoquant Lowethme en duel, et met fin aux dissensions internes. Laïyna perd alors son paradis et appelle l'esprit des trolls et des gobelins à son secours.
C’est clair pour vous tous ? j’ai fait de mon mieux pour résumer l’histoire car vous l’avez compris, côté scénario il faut s’accrocher à la rambarde pour ne pas perdre le fil.
Avec presque trente ans entre une lecture découverte et une relecture, je reste sur les mêmes impressions. Je ne suis pas galvanisé par ces histoires fantasy avec des elfes, des lutins et des feux follets. La magie n’opère pas. Je suis sans doute trop terre à terre pour de telles histoires. Le graphisme ne m’a pas emballé non plus. Rien de bien folichon. Et les couleurs sont trop fades à mon goût.
Une BD décevante qui ne ravira que les fans du genre.
Poursuite de mes lectures dans la collection fantaisiste Drakoo avec ce Dragon & Poisons (ou How I Met Your Mother chez Arleston) réalisé par un duo féminin Isabelle Bauthian et Rebecca Morse.
J’entends parfois parler de « fantasy au féminin » concernant certaines œuvres, comme s’il existait une fantasy virile écrite par les hommes et une fantasy plus cul-cul écrite par les femmes, ce dont je ne crois pas du tout. Pour il y a juste de bonnes ou de mauvaises histoires ; des histoires divertissantes ou chiantes. Bon… force est de reconnaître que ce n’est pas avec cette série que je vais accrocher avec Drakoo qui décidément a bien du mal à se détacher de son leader Arleston et ses lanfeusteries.
Dragon & Poisons c’est beaucoup de blabla autour du trou de balle, hein, entre le personnage principal féminin partouzeuse, et son pendant masculin qui l’aime mais sans le savoir parce qu’il faudra attendre que son meilleur pote lui dise que ça saute aux yeux parce qu’à l’époque où ils étaient jeune… mais ! Ah oui pardon, on s’en fout ! J’ai rien contre un peu de fesses mais quand ça devient un élément moteur je me demande ce que ça fait en fantasy. C’est… c’est pas très intéressant en résumé. L’intrigue manque d’envergure, c’est digne d’une novella et ça manque de solidité même au niveau de la réalisation. Il y a à redire. Pourquoi Greyson est-il resté 19 ans au fond de ce trou finalement ? Tout semble si facile pour ces 2 abrutis qui servent de héros, alors qu’ils sont nuls de chez nuls. Quand ils courent comme des dératés en beuglant « purge ! » en zigouillant de la bestiole, c’est à se frapper la tête contre un mur. Bon, on le comprend vite, on est dans de la fantasy pour de rire, un sous-genre qui n’est pas dans mes préférés, mais si en plus on dépouille le récit du moindre truc épique ou héroïque, moi je m’ennuie ferme. Je lui trouve bien un côté Comte de Monte Cristo gentillet dans le côté innocence perdue et vengeance mais ça s’arrête là. D’autant que le récit souffre d’un problème de lenteur, ce qui est surprenant car Bauthian n’en est pas à son coup d’essai dans la bd.
Les graphismes sont raccords avec le propos. Les autrices ont recours à un décors type Renaissance italienne mélangé à tout un tas de trucs merveilleux. Les personnages ont de grosses têtes et des pifs proportionnés, des tronches rigolotes, quoi. Les couleurs sont chatoyantes et agréables. Ça fait sont taf mais rien qui ne décroche la mâchoire.
Je sais qu’Isabelle Bauthian a écrit sur Wakfu, une série que j’aime bien parce que je vois tout de suite à quel public elle s’adresse, donc je sais à quoi m’attendre avant d’y mettre les pieds. Le problème avec une bd c’est qu’il n’y a pas de bande annonce. Et si on ne veut pas se faire spoiler en feuilletant l’album, on est bien obligé de la lire. Une série clairement pas faite pour moi mais pour un public jeune, peu exigent et qui veut se faire un fast-food.
Le sujet de cet album est bon et même si je n'ai pas besoin d'être convaincu par le droit à l'avortement, j'ai été intéressé d'avoir une vision assez directe des raisons imposant un avortement dans l'esprit d'une femme, de la manière dramatique dont certaines devaient le faire avant la légalisation, comment des personnes se sont organisées pour les soutenir et permettre d'opérer dans des conditions acceptables et réduisant les risques, et aussi de comment la loi pour l'avortement a été votée en France et mise en place, notamment la manière dont l'ordre des médecins a pris le dessus sur ceux qui aidaient les femmes jusqu'à présent. Et j'ai aussi eu une vision assez directe de l'impact que pouvait avoir une grossesse non désirée sur une famille et sur les enfants en question.
Donc je ne conteste pas que cet album contienne un grand nombre d'informations instructives.
Mais je n'ai pas du tout apprécié la manière de les raconter.
Déjà sur la forme, l'album tient presque plus du roman illustré que de la BD. Le texte narratif est beaucoup trop présent, et les images ne servent pas à grand chose. Et ce texte est ici parfois assez hermétique, trop littéraire à mon goût, empli de de non-dits et de sous-entendus.
Concrètement, je n'ai pas compris grand chose au contexte de tout le début de l'album. Je ne comprenais pas pourquoi cette jeune fille était exilée loin de sa famille et pourquoi elle avait un parcours aussi chaotique. L'explication de la chose est venue trop tard à mon goût, résultant en un réel ennui à la lecture d'au moins un bon tiers de l'album.
Quand les choses sont devenues plus claires, j'ai pu mieux comprendre et apprécier certains passages, mais j'ai continué à être rebuté par cette abondance de texte ainsi que par l'aspect décousu de la narration, sautant parfois d'un narrateur à un autre sans prévenir, d'un témoignage à un autre, ou encore d'une pensée à une autre. Ca manque beaucoup trop de liant et de continuité à mon goût, je m'y perds, ça m'agace et m'empêche d'assimiler correctement les informations transmises.
Au final, je retiens essentiellement une meilleure compréhension de la situation des femmes forcées à l'avortement et de leurs familles, et j'ai apprécié ces pages amenant des arguments clairs, médicaux et éthiques pour contrer ceux des anti-avortements, mais dans l'ensemble j'ai été rebuté par cette lecture que j'ai trouvée un peu pénible dans la forme et la narration.
Je suis annecienne et je connaissais France Vu Dhin comme connaissance, et non comme amie, nous evoluions dans un milieu commun. Personne ne sait la fin de France. Ce qui me choque est ce titre : coupable d'être schizophrène, ce qui revient pour moi, à rendre victime Roberto Succo ; bien sûr, qu'il était schizo, mais surtout hyper dangereux. Et c'est bien le système hospitalier Italien qui l'a laissé sortir après le meurtre de ses parents ; c'est donc ce système qui est à charge. Car l'hôpital psychiatrique était en mutation à cette époque, plus de libertés etc.. mais aussi probablement en régression financière, Et la France, a emboîté ce pas. Terrible. Et je pense que depuis, ça ne s'est pas arrangé.
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La Malédiction de l'Immortel
Mansfield est un immortel et à l'époque du Reich il a maille à partir avec les nazis qui sont très cruels. On ajoute une mystérieuse organisation secrète, le VRIL, des psychiques féminines façon Minority report en combinaison moulante et on obtient un cocktail mélangeant historique et fantastique. Sauf que la centaine de pages ne m'a pas convaincue, et le dessin sepia, un peu gribouillé, non plus. Il n'y a rien qui crée vraiment la surprise dans cette histoire qui a le mérite de tenir sur un seul tome.
Ahmadinejad atomisé
L'humour est un peu répétitif, les hommes mènent la danse et la femme est en cuisine. Et notre héros se prend pour le douzième imam. Une bonne partie de l'album est consacrée à la révolution iranienne de 1979 qui mit les religieux au pouvoir. Cela a ensuite été le terrain pour plus tard l'arrivée comme président de Mahmoud Ahmadinejad après avoir été maire de Téhéran. Son parcours, ses études, son réseau pour arriver là sont assez peu expliqués, à part sa volonté de relancer le programme nucléaire qui a pesé dans ses soutiens. Pourtant l'ouvrage est assez documenté et le scénariste Mohamed Sifaoui, journaliste et réalisateur parfois controversé, a une foule d'anecdoctes. Par exemple une des premières mesures une fois arrivé en tant que maire a été de faire un second ascenseur pour séparer les hommes et les femmes, cela montre la mentalité rigoriste et rétrograde du personnage. J'ai trouvé la première moitié pas mal, la suite m'a moins plu.
L'Âge d'or
Je ne peux pas dire avoir été convaincu par ce diptyque. La mise en page de Pedrosa est vraiment remarquable, en particulier avec ces pleines doubles pages représentant une seule scène dans laquelle les personnages évoluent en différents endroits, et son dessin se fait souvent lui aussi remarquable, avec un usage des couleurs assez extraordinaire. Cela étant, j'ai plutôt eu une sensation de "trop", parfois à la limite du délire graphique, et je n'ai pas vraiment aimé ses dessins de personnages, et même vraiment pas aimé la tête de Tankred, ce qui est un peu dommage pour un personnage supposé être sympathique sur une bonne partie de l'histoire. L'histoire, quant à elle, m'a carrément ennuyé. Le tome 1 n'est pas désagréable, mais j'ai eu une forte sensation de déjà vu avec la communauté des femmes, qu'on retrouve presqu'à l'identique dans Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté, et dans l'ensemble cette histoire d'âge d'or, sorte de fable pseudo communiste, n'a absolument pas réussi à me passionner, a fortiori à me convaincre. Dans tout cela les personnages qui m'ont le plus parlé ont été les compères paysans qu'on voit de façon récurrente et qui sont plutôt secondaires. Je n'ai malheureusement pas trouvé de charisme ou d'intérêt aux personnages principaux. Pour finir sur le détail qui tue, le tome 1 pèse 1,6 kg, on a connu plus maniable. Donc voilà, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, mais cette histoire s'est voulue trop sérieuse pour être une fable, trop communiste et pas assez épique pour faire un univers médiéval convaincant, et le côté politique ne m'a franchement pas passionné.
3 cases pour 1 chute
C’est plutôt hétéroclite, voire fourre-tout. Le style est un peu trash, histoire de rester dans la ligne éditoriale, avec un dessin minimaliste mais incisif qui se rapproche de celui de Larcenet (je trouve). Quelques bons gags sont à relever mais, dans l’ensemble, ces 3 cases ne cassent pas 3 pattes à un canard. La faute sans doute à l’absence de fil rouge. Ça part trop dans tous les sens et ça me perd. J'ai hésité entre 2 ou 3 étoiles. Finalement, 2 étoiles pour 3 cases pour 1 chute, c'est un beau tiercé dans le désordre. Je m'y retrouve. Enfin, on sait ce qu’il est advenu à Obélix après être tombé dans la potion quand il était petit … :)
Pas de pitié pour le privé
Cet album s’adresse avant tout aux amateurs de polar classique qui ne cherchent pas la surprise. En effet, on reste là dans du déjà vu : dans les Etats-Unis de la prohibition, un détective mystérieux s’immisce dans les affaires de truands concurrents, de policiers ripoux, enquêtant officiellement sur la mort d’un juge corrompu, à la demande de sa veuve pas très claire. Les règlements de compte et retournements de situation s’enchaînent, mais le rythme est trop lent, nonchalant, et le héros, ambigu, presque bogartien (mais sans son aura) peine à captiver le lecteur. D’autant plus qu’il est trop parfait, échappe à tout, se trouve toujours au bon moment au bon endroit. C’est peu crédible et lassant, les péripéties usent de trop de facilités. Quant à la chute, si elle surprend, ; elle est là aussi trop fantaisiste. Le dessin de Rotundo est lui vraiment chouette, il use très bien du Noir et Blanc (c’est le point fort de ce récit je trouve). Je suis d’ailleurs surpris, connaissant le bonhomme, qu’il n’y ait pas eu davantage de pépés dénudées dans ces pages.
Les Maîtresses - Leçons de prédatrices
Je découvre avec cette réédition par Tabou (son éditeur quasi attitré depuis très longtemps) cet album, qui est tout sauf une surprise pour ceux qui connaissent l’œuvre de Xavier Duvet. En effet, comme la plupart du temps – mais ici peut-être encore plus qu’ailleurs, Duvet- développe un univers où le BDSM, le fétichisme dominent. Duvet possède un sacré coup de crayon (ce que confirment les 16 pages de bonus ajoutées à cette nouvelle édition, avec les croquis préparatoires), et c’est évidemment le point fort de cet album (et de la quasi-totalité de ses productions). C’est ainsi que nous avons de superbes femmes, dans des poses très suggestives, le Noir et Blanc allant comme un gant (de cuir ou de latex !) à l’érotisme violent mais non dénué de sensualité des histoires concoctées par Duvet. Comme d’habitude, les bas sont traités différemment (au rayographe ?, ce qui ajoute aux aspects cités plus hauts). Mais, comme d’habitude aussi, hélas, je ne suis pas fan de certains de ses tics, comme laisser presque apparents les traits de crayons préparatoires pour les visages, cela leur donne un aspect ridé que je ne trouve pas très heureux. Pour le reste, je pense que tout est affaire de goût. En effet, seuls peuvent y trouver totalement leur compte ceux que ce type de bondage (donjons, Shibari – c’est-à-dire des corps ligotés, voire saucissonnés, thèmes et imagerie qui dominent, voire saturent deux des trois histoires) attire particulièrement. Ce n’est pas forcément mon cas, donc ma notation s’en ressent. D’autant plus que « l’intrigue » elle-même est quand même assez faible. On regarde davantage cet album qu’on ne le lit je pense. La première histoire est la plus soft, avec un trio de lesbiennes et du BDSM plutôt soft, mais dans les deux histoires suivantes, c’est clairement plus outrancier – beaucoup trop à mon goût. Ma note est donc avant tout lié au fait que je ne sois pas réceptif à ce trop plein de bondage. Mais, pour les amateurs, j’imagine que cet album est un must. On ne peut en tout cas pas nier la grande qualité du dessin de Xavier Duvet ! Note réelle 2,5/5.
Laïyna
J’ai découvert Laïyna (j’avoue je n’arrive à prononcer ce prénom) il y a très très longtemps. Cela ne m’avait pas particulièrement marqué. C’est donc un peu par hasard que je me suis enhardi à me procurer les éditions originales de cette série pour replonger dans mon enfance. C’est quoi le pitch ? Laïyna est une fille de serfs qui devient orpheline à la suite d'une guerre. Elle est sauvée des soudards de Vurthe par la bête, maître de la forteresse de pierre, qui l'a confiée au petit peuple. Faut suivre car je ne répèterais pas ! Je continue… Elle est alors élevée au milieu de rituels magiques enseignés par les elfes, les trolls et les gobelins, et la bête veille sur cette jeune fille qui devient une sauvageonne. Jusqu'au jour où la bête vient à mourir et où la magie se met à disparaître tandis que les guerres des hommes bouleversent le royaume elfique et que le petit peuple se voit contraint de quitter son royaume. Les elfes et les lutins voyagent alors dans des contrées arides à la recherche d'une riche vallée pour replanter les racines de son arbre de vie, mais le prince Lowethme fomente une révolte, et bientôt naît une guerre au sein du petit peuple. L'Ancien se sacrifie en provoquant Lowethme en duel, et met fin aux dissensions internes. Laïyna perd alors son paradis et appelle l'esprit des trolls et des gobelins à son secours. C’est clair pour vous tous ? j’ai fait de mon mieux pour résumer l’histoire car vous l’avez compris, côté scénario il faut s’accrocher à la rambarde pour ne pas perdre le fil. Avec presque trente ans entre une lecture découverte et une relecture, je reste sur les mêmes impressions. Je ne suis pas galvanisé par ces histoires fantasy avec des elfes, des lutins et des feux follets. La magie n’opère pas. Je suis sans doute trop terre à terre pour de telles histoires. Le graphisme ne m’a pas emballé non plus. Rien de bien folichon. Et les couleurs sont trop fades à mon goût. Une BD décevante qui ne ravira que les fans du genre.
Dragon & Poisons
Poursuite de mes lectures dans la collection fantaisiste Drakoo avec ce Dragon & Poisons (ou How I Met Your Mother chez Arleston) réalisé par un duo féminin Isabelle Bauthian et Rebecca Morse. J’entends parfois parler de « fantasy au féminin » concernant certaines œuvres, comme s’il existait une fantasy virile écrite par les hommes et une fantasy plus cul-cul écrite par les femmes, ce dont je ne crois pas du tout. Pour il y a juste de bonnes ou de mauvaises histoires ; des histoires divertissantes ou chiantes. Bon… force est de reconnaître que ce n’est pas avec cette série que je vais accrocher avec Drakoo qui décidément a bien du mal à se détacher de son leader Arleston et ses lanfeusteries. Dragon & Poisons c’est beaucoup de blabla autour du trou de balle, hein, entre le personnage principal féminin partouzeuse, et son pendant masculin qui l’aime mais sans le savoir parce qu’il faudra attendre que son meilleur pote lui dise que ça saute aux yeux parce qu’à l’époque où ils étaient jeune… mais ! Ah oui pardon, on s’en fout ! J’ai rien contre un peu de fesses mais quand ça devient un élément moteur je me demande ce que ça fait en fantasy. C’est… c’est pas très intéressant en résumé. L’intrigue manque d’envergure, c’est digne d’une novella et ça manque de solidité même au niveau de la réalisation. Il y a à redire. Pourquoi Greyson est-il resté 19 ans au fond de ce trou finalement ? Tout semble si facile pour ces 2 abrutis qui servent de héros, alors qu’ils sont nuls de chez nuls. Quand ils courent comme des dératés en beuglant « purge ! » en zigouillant de la bestiole, c’est à se frapper la tête contre un mur. Bon, on le comprend vite, on est dans de la fantasy pour de rire, un sous-genre qui n’est pas dans mes préférés, mais si en plus on dépouille le récit du moindre truc épique ou héroïque, moi je m’ennuie ferme. Je lui trouve bien un côté Comte de Monte Cristo gentillet dans le côté innocence perdue et vengeance mais ça s’arrête là. D’autant que le récit souffre d’un problème de lenteur, ce qui est surprenant car Bauthian n’en est pas à son coup d’essai dans la bd. Les graphismes sont raccords avec le propos. Les autrices ont recours à un décors type Renaissance italienne mélangé à tout un tas de trucs merveilleux. Les personnages ont de grosses têtes et des pifs proportionnés, des tronches rigolotes, quoi. Les couleurs sont chatoyantes et agréables. Ça fait sont taf mais rien qui ne décroche la mâchoire. Je sais qu’Isabelle Bauthian a écrit sur Wakfu, une série que j’aime bien parce que je vois tout de suite à quel public elle s’adresse, donc je sais à quoi m’attendre avant d’y mettre les pieds. Le problème avec une bd c’est qu’il n’y a pas de bande annonce. Et si on ne veut pas se faire spoiler en feuilletant l’album, on est bien obligé de la lire. Une série clairement pas faite pour moi mais pour un public jeune, peu exigent et qui veut se faire un fast-food.
Le Choix
Le sujet de cet album est bon et même si je n'ai pas besoin d'être convaincu par le droit à l'avortement, j'ai été intéressé d'avoir une vision assez directe des raisons imposant un avortement dans l'esprit d'une femme, de la manière dramatique dont certaines devaient le faire avant la légalisation, comment des personnes se sont organisées pour les soutenir et permettre d'opérer dans des conditions acceptables et réduisant les risques, et aussi de comment la loi pour l'avortement a été votée en France et mise en place, notamment la manière dont l'ordre des médecins a pris le dessus sur ceux qui aidaient les femmes jusqu'à présent. Et j'ai aussi eu une vision assez directe de l'impact que pouvait avoir une grossesse non désirée sur une famille et sur les enfants en question. Donc je ne conteste pas que cet album contienne un grand nombre d'informations instructives. Mais je n'ai pas du tout apprécié la manière de les raconter. Déjà sur la forme, l'album tient presque plus du roman illustré que de la BD. Le texte narratif est beaucoup trop présent, et les images ne servent pas à grand chose. Et ce texte est ici parfois assez hermétique, trop littéraire à mon goût, empli de de non-dits et de sous-entendus. Concrètement, je n'ai pas compris grand chose au contexte de tout le début de l'album. Je ne comprenais pas pourquoi cette jeune fille était exilée loin de sa famille et pourquoi elle avait un parcours aussi chaotique. L'explication de la chose est venue trop tard à mon goût, résultant en un réel ennui à la lecture d'au moins un bon tiers de l'album. Quand les choses sont devenues plus claires, j'ai pu mieux comprendre et apprécier certains passages, mais j'ai continué à être rebuté par cette abondance de texte ainsi que par l'aspect décousu de la narration, sautant parfois d'un narrateur à un autre sans prévenir, d'un témoignage à un autre, ou encore d'une pensée à une autre. Ca manque beaucoup trop de liant et de continuité à mon goût, je m'y perds, ça m'agace et m'empêche d'assimiler correctement les informations transmises. Au final, je retiens essentiellement une meilleure compréhension de la situation des femmes forcées à l'avortement et de leurs familles, et j'ai apprécié ces pages amenant des arguments clairs, médicaux et éthiques pour contrer ceux des anti-avortements, mais dans l'ensemble j'ai été rebuté par cette lecture que j'ai trouvée un peu pénible dans la forme et la narration.
Roberto Succo - Coupable d'être schizophrène
Je suis annecienne et je connaissais France Vu Dhin comme connaissance, et non comme amie, nous evoluions dans un milieu commun. Personne ne sait la fin de France. Ce qui me choque est ce titre : coupable d'être schizophrène, ce qui revient pour moi, à rendre victime Roberto Succo ; bien sûr, qu'il était schizo, mais surtout hyper dangereux. Et c'est bien le système hospitalier Italien qui l'a laissé sortir après le meurtre de ses parents ; c'est donc ce système qui est à charge. Car l'hôpital psychiatrique était en mutation à cette époque, plus de libertés etc.. mais aussi probablement en régression financière, Et la France, a emboîté ce pas. Terrible. Et je pense que depuis, ça ne s'est pas arrangé.