J'ai des scrupules à mettre une note aussi basse à cette BD car elle part d'un bon sentiment et ne ménage pas ses efforts. Il s'agit d'une biographie complète de la vie de George Sand, de sa petite jeunesse à sa mort. En plus de 300 pages dans un noir et blanc clair et plaisant, elle aborde chaque passage de sa vie et l'évolution de son personnage, de la jeune fille frustrée par le conflit entre sa mère et sa grand-mère à l'écrivain au succès montant puis à l'artiste à la fois reconnue et polémique, devenue matriarche de sa famille. Si sur le fond, c'est intéressant et instructif, sur la forme ça ne passe pas.
Malgré le nombre de pages, le contenu est très dense. Les autrices veulent raconter presque tout et cherchent à le faire de manière vivante, en se passant de texte narratif. Sauf que cette combinaison de choix entrave la lisibilité de la BD car on saute d'une scène à une autre sans s'y retrouver. Trop souvent on se retrouve entouré d'inconnus, dans des lieux nouveaux et dans des situations dont il faut deviner le contexte. Il y a beaucoup d'ellipses et très vite on perd le fil. Plusieurs fois, j'ai tenté de raccrocher les wagons, de trouver la lecture plus linéaire, plus fluide, mais à chaque fois ce fut pour me retrouver à nouveau largué quelques cases plus loin suite à une nouvelle ellipse, comme si j'étais mis face à la simple mise en image d'une biographie détaillée que j'étais sensé déjà connaitre alors que bien au contraire, je découvrais là l'artiste et sa vie. Après avoir péniblement dépassé la moitié de l'album, j'en ai eu marre et j'ai feuilleté la suite puis me suis rendu en fin d'album pour voir comment s'achevait la carrière et la vie de George Sand. Et là encore, la narration était similaire, hachée, abrupte, pleine de bien-entendus pour lecteurs déjà initiés.
Ce ne fut donc pas une lecture plaisante pour moi et, alors que son contenu est sûrement très complet et aurait pu être passionnant, je l'ai trouvée indigeste et pénible.
Ma première lecture d'une Bd de Schulteiss fut Le Rêve du requin dans l'Echo des Savanes, autant dire que ça met de suite en condition et que ça permet de supporter un peu mieux un dessin toujours aussi agressif et aux couleurs explosives ; c'est comme ça que j'ai pu lire ensuite Guerres froides ou encore Sois vicieux, mais ce dessin est vraiment très space, je ne l'ai jamais aimé.
En dégotant encore cet album dans une brocante en plein air pour 3 euros, je me suis laissé tenter, je n'aurais peut-être pas dû, mais bof après tout, faut bien être curieux parfois... C'est une sorte d'errance nocturne d'une femme chauffeur de taxi, confrontée à des personnages interlopes et sinistres, ce genre de récit n'est pas nouveau, ça a été vu souvent en BD, je me souviens d'une Bd érotique de Jacobsen, Lou taxi de nuit qui était bien plus imaginative et nimbée d'un humour trash propre à cet auteur.
Ici, je n'ai pas particulièrement apprécié ce récit, avec cette histoire d'amulette qui ne mène nulle part, et je ne vois pas ce que vient faire sette série de meurtres qui n'apporte rien à l'intrigue principale, c'est parfaitement inutile. Voila donc encore une Bd que j'échangerai sans regret dans une de mes boutiques d'occase.
Wolinski est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Pourtant, je lui reconnais aisément des qualités. Un anticonformisme, un esprit provocateur, dans une époque (années 1960 et 1970 – les histoires regroupées dans cet album datent de la deuxième moitié des années 1970) où tout cela était courageux et nécessaire. Il participait à l’animation d’une joyeuse bande de drilles, au sein des collectifs du professeur Choron.
Mais je retrouve aussi dans cet album ce qui me gêne généralement chez lui.
Des planches souvent remplies, débordant de dessins et de textes surabondants – le tout assez petit, ce qui rend l’ensemble quelque peu indigeste.
Une certaine lourdeur. Beaucoup de gags auraient gagné à être raccourcis, pour être plus percutants. Du coup, l’aspect « provocation » s’étant émoussé depuis longtemps, l’humour n’est pas assez bon à mon goût.
Reste que Wolinski, comme le titre le souligne, glisse pas mal d’autodérision, l’homme, le « mâle », Wolinski lui-même sans doute, n’ayant pas toujours le beau rôle, loin s’en faut.
Note réelle 2,5/5.
Une série qui me laisse de marbre.
Je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, et du coup à m’intéresser à l’univers et aux personnages. J’ai du abandonner ma lecture à la moitié des tomes parus à ce jour, la suite se fera sans moi. Une lecture très brouillonne.
Les dessins ne sont pas spécialement mauvais et s’améliorent avec le temps, mais il manque de personnalité à mes yeux pour m’accrocher pleinement.
Quand au duo de scénaristes, ils ont fait bien mieux depuis.
Je ne recommande pas, même pour les fans hard core du mythe Arthurien.
J'avais beaucoup apprécié les trois opus de Celui qui est né deux fois (5 étoiles !). Mais je suis assez déçu par ce qui tient lieu de suite.
4 albums qui retracent les tribulations d'Amos héritier incertain de "Pluie d'Orage". Je trouvais que Derib évitait le manichéisme et avait fouillé son sujet pour Celui qui est né deux fois. Pour cette suite nous tombons dans la caricature excessive par moment.
Ce qui m'embête, c'est que j'ai l'impression que Derib passe à côté d'un vrai grand sujet sur la vie dans la réserve de Pine Ridge avec les difficultés qui ont conduit aux événements de Wounded Knee en 1973 et les violences qui ont suivi.
Le tome 1 est une vraie charge contre le père d'Amos qui ressemble trait pour trait à Richard Wilson le président tribal de Pine Ridge élu en 1972. C'est le déroulement de cette élection qui va principalement provoquer l'occupation de Wounded Knee en 1973 (thème du T3).
Ce tome 1 est presque une charge allégorique contre le numéro 1 de la réserve qui abandonne sa famille (les Oglala Lakota) à cause de son avidité et de sa cupidité au détriment de sa tribu qu'il assassine par son comportement (meurtre de la grand-mère).
Le tome deux serait bien avec cette ambiance de rodéos si Derib n'amplifiait pas jusqu'à l'excès le racisme dont est victime Amos.
Se faire pisser dessus, se faire tabasser sans raison, se faire traiter de "cul rouge" à toutes les pages par tous les blancs rencontrés, je trouve que cela diminue la crédibilité d'autant qu'Amos est très passif.
Or s’il y a bien une communauté qui a gagné l'empathie d'une grande majorité de la population blanche dans les années 70/80 c'est bien la communauté Amérindienne justement grâce à l'activisme des années 70 qui a montré toutes les injustices subies.
C'est le tome 3 qui me pose le plus de questions. Centrer l'album sur un événement historique très connu avec seulement quelques dialogues approximatifs sur son déroulement, je trouve que c'est un peu court.
De plus pourquoi introduire de l'héroïne dans le récit après le tabac et l'alcool, cela fait un peu catalogue des addictions.
Le tome 4 "Wakan" revient à ce que Derib fait le mieux. La recherche de l'harmonie, le chamanisme et la réconciliation.
Cela forme un scénario assez chaotique à mon goût qui est sauvé par les dessins de l'auteur. Derib peint les grands espaces américains comme peu savent le faire avec ses couleurs, ses bisons et ses chevaux.
Il y a aussi beaucoup d'amour pour ce peuple Amérindien quand il le représente.
Dans les tomes 1 et 3 je trouve que Derib passe un peu à côté de son sujet. Quitte à centrer sur les malheurs des Lakota à Pine Ridge pourquoi ne pas parler de la corruption, des milices et des meurtres au sein de la réserve.
De plus dans son récit les différents intervenants semblent absouts de toute responsabilité car il y toujours un méchant Blanc qui a provoqué une catastrophe (un docteur, un flic, un cow-boy) avec pour toute réponse de la passivité.
Pas le Derib que je préfère.
L'occasion m'a été donnée de lire ce diptyque en sachant cette fois que c'était la suite des 2 diptyques précédents de Warnauts et Raives, Les Temps Nouveaux et Après-guerre. J'avais lu seulement le second en 2015, donc ça fait un peu loin pour se rappeler des personnages, je n'avais d'ailleurs pas du tout été emballé ni par le déroulé des événements ni par les personnages ; je m'attendais donc à avoir la même impression. C'est exactement ce qui s'est produit.
Les deux auteurs dressent une fresque de l'histoire belge du milieu du 20ème siècle et racontent des périodes houleuses, avec la fin d'un monde, celui des colonies sous domination européenne (Congo belge, Algérie française) ; ceci sert de fond aux relations des personnages qui continuent à ne pas être captivantes, je n'ai que faire de ces tensions familiales, mais les périodes des années 50 et 60 m'intéressent beaucoup plus que les périodes de guerre vues dans les autres albums. Le recit allie drame social, chronique politique et sentimentalisme chaotique dans une narration un peu rigide qui n'a pas grand chose pour me séduire. Comme dans le diptyque précédent, j'y trouve les mêmes défauts, à savoir une certaine lourdeur dans le propos, une narration pas évidente à suivre, trop de personnages et un style ampoulé.
Seul le dessin sauve un peu l'ensemble car il est de qualité, j'aime ce trait un peu diaphane qui favorise toujours les atmosphères installées par Warnauts et Raives, de même que la précision de la reconstitution d'époque est à saluer.
C'est probablement la première publication de Geoffroy Monde. Et je dois dire que ça se voit. Même si on trouve déjà ici des choses qu'il développera ensuite, un humour con, absurde, parfois un peu trash. Mais l'ensemble est souvent maladroit.
En effet, tout dans ce petit album m'a semblé approximatif et, bien qu'il ne s'agisse évidemment pas ici d'une BD classique, j'en suis sorti déçu.
Le dessin est plus que fébrile. Mais, comme je l'ai souvent écrit, ce n'est pas du tout le plus important dans ce genre de production d'humour. Le problème vient justement de cet humour, pas assez percutant. Seuls trois ou quatre gags m'ont fait sourire, le reste ne m'a pas captivé, j'y suis resté hermétique (comme je n'ai pas compris non plus le titre - mais cela n'est pas grave en soi).
Jos Montferrand est un personnage ayant réellement existé et qui a marqué l'imaginaire du Québec de la même manière que toutes les légendes du far-west. En plus, ses exploits sont arrivés dans ma région et donc une BD le mettant en vedette m'intriguait.
Et ben j'ai pas trop aimé le scénario. C'est une histoire complètement délirante remplient de personnages farfelus et tout est traité comme une farce. Cela n'aurait pas été un problème si l'humour fonctionnait et personnellement je n'ai pas trouvé cela marrant et je me suis vite ennuyé. Comme l'humour est très subjectif, j'imagine que les fans d'humour très absurdes vont mieux apprécier que moi.
Le pire s'est que j'ai l'impression que des lecteurs européens risquent de se perdre dans le récit et que pour comprendre il faut avoir déjà des connaissances sur Jos Montferrand et le Québec du 19ème siècle. Par exemple, le scénariste n'explique pas la rivalité entre les canadiens français (comme on appelait les québécois à l'époque) et les irlandais qui se faisaient la compétition pour les mêmes emplois et du coup lorsqu'on évoque la fameuse bataille de Montferrand contre des dizaines 'd'anglais' (Rousseau semble croire qu'un irlandais et un anglais, c'est la même chose !), on comprend pas trop pourquoi il se bat, on dirait presque qu'il frappe des anglophones par pur racisme.
Le dessin est moyen.
Un album par le duo de La Conquête du cosmos et on retrouve le même type de récit.
Ici, les auteurs s'attaquent aux premières tentatives de l'homme pour voler et chaque chapitre est consacré à un inventeur qui a réellement existé. Les auteurs s'amusent du sujet avec humour et justement c'est là le problème: autant certains gags de La Conquête du cosmos fonctionnaient, ici rien ne m'a fait rire et j'ai rarement souris et pour rien n'est plus ennuyeux à lire qu'une BD humoristique qui ne me fait pas du tout rire. Ajoutons que le fait qu'on a souvent la même case sur une ou plusieurs pages d'affilée et cela donne vite une lecture monotone.
Et je ne suis toujours pas fans de voir des non-québécois parler en québécois, surtout lorsqu'ils parlent comme au 21ème siècle alors que l'action se passe plusieurs siècles en arrière. J'imagine que c'est censé être drôle.
J'ai lu les trois premiers tomes et j'ai vaguement feuilleté les trois tomes suivants.
Alors c'est encore un isekai avec un ado japonais qui se fait téléporter dans un autre monde. Bon cette fois-ci il y a aussi toute sa classe (quoique j'ai déjà vu ça dans un anime) et son prof (là c'est original, j'ai jamais vu ça avant). Le pauvre ado est martyrisé par à peu près tout le monde sauf bien sur une fille bien gentille et belle. Puis lors d'un accident, le pauvre ado va se retrouver dans une situation où il va finir par être plus fort et sur de lui et il va bien sur rencontrer des belles filles dont certaines ont des gros seins (ce qui est très original dans un manga pour ados masculins).
Bon de ce que j'ai vu, le héros est tout de même gentil après être devenu badass ce qui est un bon point. Je sais pas s'il va vraiment se venger de ses tortionnaires dans les tomes que j'ai pas lus et honnêtement je m'en fous un peu. Je n'irai pas jusqu'à dire que le scénario est mauvais, je le trouve tout simplement trop basique et n'étant pas un grand fan du genre cela a fait en sorte que je me suis ennuyé.
Le dessin n'est pas mauvais, mais il n'est pas spectaculaire non plus. Il est juste moyen, comme le scénario en gros.
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George Sand - Fille du siècle
J'ai des scrupules à mettre une note aussi basse à cette BD car elle part d'un bon sentiment et ne ménage pas ses efforts. Il s'agit d'une biographie complète de la vie de George Sand, de sa petite jeunesse à sa mort. En plus de 300 pages dans un noir et blanc clair et plaisant, elle aborde chaque passage de sa vie et l'évolution de son personnage, de la jeune fille frustrée par le conflit entre sa mère et sa grand-mère à l'écrivain au succès montant puis à l'artiste à la fois reconnue et polémique, devenue matriarche de sa famille. Si sur le fond, c'est intéressant et instructif, sur la forme ça ne passe pas. Malgré le nombre de pages, le contenu est très dense. Les autrices veulent raconter presque tout et cherchent à le faire de manière vivante, en se passant de texte narratif. Sauf que cette combinaison de choix entrave la lisibilité de la BD car on saute d'une scène à une autre sans s'y retrouver. Trop souvent on se retrouve entouré d'inconnus, dans des lieux nouveaux et dans des situations dont il faut deviner le contexte. Il y a beaucoup d'ellipses et très vite on perd le fil. Plusieurs fois, j'ai tenté de raccrocher les wagons, de trouver la lecture plus linéaire, plus fluide, mais à chaque fois ce fut pour me retrouver à nouveau largué quelques cases plus loin suite à une nouvelle ellipse, comme si j'étais mis face à la simple mise en image d'une biographie détaillée que j'étais sensé déjà connaitre alors que bien au contraire, je découvrais là l'artiste et sa vie. Après avoir péniblement dépassé la moitié de l'album, j'en ai eu marre et j'ai feuilleté la suite puis me suis rendu en fin d'album pour voir comment s'achevait la carrière et la vie de George Sand. Et là encore, la narration était similaire, hachée, abrupte, pleine de bien-entendus pour lecteurs déjà initiés. Ce ne fut donc pas une lecture plaisante pour moi et, alors que son contenu est sûrement très complet et aurait pu être passionnant, je l'ai trouvée indigeste et pénible.
Night Taxi
Ma première lecture d'une Bd de Schulteiss fut Le Rêve du requin dans l'Echo des Savanes, autant dire que ça met de suite en condition et que ça permet de supporter un peu mieux un dessin toujours aussi agressif et aux couleurs explosives ; c'est comme ça que j'ai pu lire ensuite Guerres froides ou encore Sois vicieux, mais ce dessin est vraiment très space, je ne l'ai jamais aimé. En dégotant encore cet album dans une brocante en plein air pour 3 euros, je me suis laissé tenter, je n'aurais peut-être pas dû, mais bof après tout, faut bien être curieux parfois... C'est une sorte d'errance nocturne d'une femme chauffeur de taxi, confrontée à des personnages interlopes et sinistres, ce genre de récit n'est pas nouveau, ça a été vu souvent en BD, je me souviens d'une Bd érotique de Jacobsen, Lou taxi de nuit qui était bien plus imaginative et nimbée d'un humour trash propre à cet auteur. Ici, je n'ai pas particulièrement apprécié ce récit, avec cette histoire d'amulette qui ne mène nulle part, et je ne vois pas ce que vient faire sette série de meurtres qui n'apporte rien à l'intrigue principale, c'est parfaitement inutile. Voila donc encore une Bd que j'échangerai sans regret dans une de mes boutiques d'occase.
J'étais un sale phallocrate
Wolinski est un auteur avec lequel j’ai souvent du mal. Pourtant, je lui reconnais aisément des qualités. Un anticonformisme, un esprit provocateur, dans une époque (années 1960 et 1970 – les histoires regroupées dans cet album datent de la deuxième moitié des années 1970) où tout cela était courageux et nécessaire. Il participait à l’animation d’une joyeuse bande de drilles, au sein des collectifs du professeur Choron. Mais je retrouve aussi dans cet album ce qui me gêne généralement chez lui. Des planches souvent remplies, débordant de dessins et de textes surabondants – le tout assez petit, ce qui rend l’ensemble quelque peu indigeste. Une certaine lourdeur. Beaucoup de gags auraient gagné à être raccourcis, pour être plus percutants. Du coup, l’aspect « provocation » s’étant émoussé depuis longtemps, l’humour n’est pas assez bon à mon goût. Reste que Wolinski, comme le titre le souligne, glisse pas mal d’autodérision, l’homme, le « mâle », Wolinski lui-même sans doute, n’ayant pas toujours le beau rôle, loin s’en faut. Note réelle 2,5/5.
Merlin (Istin/Lambert)
Une série qui me laisse de marbre. Je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, et du coup à m’intéresser à l’univers et aux personnages. J’ai du abandonner ma lecture à la moitié des tomes parus à ce jour, la suite se fera sans moi. Une lecture très brouillonne. Les dessins ne sont pas spécialement mauvais et s’améliorent avec le temps, mais il manque de personnalité à mes yeux pour m’accrocher pleinement. Quand au duo de scénaristes, ils ont fait bien mieux depuis. Je ne recommande pas, même pour les fans hard core du mythe Arthurien.
Red Road
J'avais beaucoup apprécié les trois opus de Celui qui est né deux fois (5 étoiles !). Mais je suis assez déçu par ce qui tient lieu de suite. 4 albums qui retracent les tribulations d'Amos héritier incertain de "Pluie d'Orage". Je trouvais que Derib évitait le manichéisme et avait fouillé son sujet pour Celui qui est né deux fois. Pour cette suite nous tombons dans la caricature excessive par moment. Ce qui m'embête, c'est que j'ai l'impression que Derib passe à côté d'un vrai grand sujet sur la vie dans la réserve de Pine Ridge avec les difficultés qui ont conduit aux événements de Wounded Knee en 1973 et les violences qui ont suivi. Le tome 1 est une vraie charge contre le père d'Amos qui ressemble trait pour trait à Richard Wilson le président tribal de Pine Ridge élu en 1972. C'est le déroulement de cette élection qui va principalement provoquer l'occupation de Wounded Knee en 1973 (thème du T3). Ce tome 1 est presque une charge allégorique contre le numéro 1 de la réserve qui abandonne sa famille (les Oglala Lakota) à cause de son avidité et de sa cupidité au détriment de sa tribu qu'il assassine par son comportement (meurtre de la grand-mère). Le tome deux serait bien avec cette ambiance de rodéos si Derib n'amplifiait pas jusqu'à l'excès le racisme dont est victime Amos. Se faire pisser dessus, se faire tabasser sans raison, se faire traiter de "cul rouge" à toutes les pages par tous les blancs rencontrés, je trouve que cela diminue la crédibilité d'autant qu'Amos est très passif. Or s’il y a bien une communauté qui a gagné l'empathie d'une grande majorité de la population blanche dans les années 70/80 c'est bien la communauté Amérindienne justement grâce à l'activisme des années 70 qui a montré toutes les injustices subies. C'est le tome 3 qui me pose le plus de questions. Centrer l'album sur un événement historique très connu avec seulement quelques dialogues approximatifs sur son déroulement, je trouve que c'est un peu court. De plus pourquoi introduire de l'héroïne dans le récit après le tabac et l'alcool, cela fait un peu catalogue des addictions. Le tome 4 "Wakan" revient à ce que Derib fait le mieux. La recherche de l'harmonie, le chamanisme et la réconciliation. Cela forme un scénario assez chaotique à mon goût qui est sauvé par les dessins de l'auteur. Derib peint les grands espaces américains comme peu savent le faire avec ses couleurs, ses bisons et ses chevaux. Il y a aussi beaucoup d'amour pour ce peuple Amérindien quand il le représente. Dans les tomes 1 et 3 je trouve que Derib passe un peu à côté de son sujet. Quitte à centrer sur les malheurs des Lakota à Pine Ridge pourquoi ne pas parler de la corruption, des milices et des meurtres au sein de la réserve. De plus dans son récit les différents intervenants semblent absouts de toute responsabilité car il y toujours un méchant Blanc qui a provoqué une catastrophe (un docteur, un flic, un cow-boy) avec pour toute réponse de la passivité. Pas le Derib que je préfère.
Les Jours Heureux
L'occasion m'a été donnée de lire ce diptyque en sachant cette fois que c'était la suite des 2 diptyques précédents de Warnauts et Raives, Les Temps Nouveaux et Après-guerre. J'avais lu seulement le second en 2015, donc ça fait un peu loin pour se rappeler des personnages, je n'avais d'ailleurs pas du tout été emballé ni par le déroulé des événements ni par les personnages ; je m'attendais donc à avoir la même impression. C'est exactement ce qui s'est produit. Les deux auteurs dressent une fresque de l'histoire belge du milieu du 20ème siècle et racontent des périodes houleuses, avec la fin d'un monde, celui des colonies sous domination européenne (Congo belge, Algérie française) ; ceci sert de fond aux relations des personnages qui continuent à ne pas être captivantes, je n'ai que faire de ces tensions familiales, mais les périodes des années 50 et 60 m'intéressent beaucoup plus que les périodes de guerre vues dans les autres albums. Le recit allie drame social, chronique politique et sentimentalisme chaotique dans une narration un peu rigide qui n'a pas grand chose pour me séduire. Comme dans le diptyque précédent, j'y trouve les mêmes défauts, à savoir une certaine lourdeur dans le propos, une narration pas évidente à suivre, trop de personnages et un style ampoulé. Seul le dessin sauve un peu l'ensemble car il est de qualité, j'aime ce trait un peu diaphane qui favorise toujours les atmosphères installées par Warnauts et Raives, de même que la précision de la reconstitution d'époque est à saluer.
Saco:pandemino
C'est probablement la première publication de Geoffroy Monde. Et je dois dire que ça se voit. Même si on trouve déjà ici des choses qu'il développera ensuite, un humour con, absurde, parfois un peu trash. Mais l'ensemble est souvent maladroit. En effet, tout dans ce petit album m'a semblé approximatif et, bien qu'il ne s'agisse évidemment pas ici d'une BD classique, j'en suis sorti déçu. Le dessin est plus que fébrile. Mais, comme je l'ai souvent écrit, ce n'est pas du tout le plus important dans ce genre de production d'humour. Le problème vient justement de cet humour, pas assez percutant. Seuls trois ou quatre gags m'ont fait sourire, le reste ne m'a pas captivé, j'y suis resté hermétique (comme je n'ai pas compris non plus le titre - mais cela n'est pas grave en soi).
La Pitoune et la poutine
Jos Montferrand est un personnage ayant réellement existé et qui a marqué l'imaginaire du Québec de la même manière que toutes les légendes du far-west. En plus, ses exploits sont arrivés dans ma région et donc une BD le mettant en vedette m'intriguait. Et ben j'ai pas trop aimé le scénario. C'est une histoire complètement délirante remplient de personnages farfelus et tout est traité comme une farce. Cela n'aurait pas été un problème si l'humour fonctionnait et personnellement je n'ai pas trouvé cela marrant et je me suis vite ennuyé. Comme l'humour est très subjectif, j'imagine que les fans d'humour très absurdes vont mieux apprécier que moi. Le pire s'est que j'ai l'impression que des lecteurs européens risquent de se perdre dans le récit et que pour comprendre il faut avoir déjà des connaissances sur Jos Montferrand et le Québec du 19ème siècle. Par exemple, le scénariste n'explique pas la rivalité entre les canadiens français (comme on appelait les québécois à l'époque) et les irlandais qui se faisaient la compétition pour les mêmes emplois et du coup lorsqu'on évoque la fameuse bataille de Montferrand contre des dizaines 'd'anglais' (Rousseau semble croire qu'un irlandais et un anglais, c'est la même chose !), on comprend pas trop pourquoi il se bat, on dirait presque qu'il frappe des anglophones par pur racisme. Le dessin est moyen.
Les Premiers Aviateurs
Un album par le duo de La Conquête du cosmos et on retrouve le même type de récit. Ici, les auteurs s'attaquent aux premières tentatives de l'homme pour voler et chaque chapitre est consacré à un inventeur qui a réellement existé. Les auteurs s'amusent du sujet avec humour et justement c'est là le problème: autant certains gags de La Conquête du cosmos fonctionnaient, ici rien ne m'a fait rire et j'ai rarement souris et pour rien n'est plus ennuyeux à lire qu'une BD humoristique qui ne me fait pas du tout rire. Ajoutons que le fait qu'on a souvent la même case sur une ou plusieurs pages d'affilée et cela donne vite une lecture monotone. Et je ne suis toujours pas fans de voir des non-québécois parler en québécois, surtout lorsqu'ils parlent comme au 21ème siècle alors que l'action se passe plusieurs siècles en arrière. J'imagine que c'est censé être drôle.
Arifureta - De Zéro à Héros
J'ai lu les trois premiers tomes et j'ai vaguement feuilleté les trois tomes suivants. Alors c'est encore un isekai avec un ado japonais qui se fait téléporter dans un autre monde. Bon cette fois-ci il y a aussi toute sa classe (quoique j'ai déjà vu ça dans un anime) et son prof (là c'est original, j'ai jamais vu ça avant). Le pauvre ado est martyrisé par à peu près tout le monde sauf bien sur une fille bien gentille et belle. Puis lors d'un accident, le pauvre ado va se retrouver dans une situation où il va finir par être plus fort et sur de lui et il va bien sur rencontrer des belles filles dont certaines ont des gros seins (ce qui est très original dans un manga pour ados masculins). Bon de ce que j'ai vu, le héros est tout de même gentil après être devenu badass ce qui est un bon point. Je sais pas s'il va vraiment se venger de ses tortionnaires dans les tomes que j'ai pas lus et honnêtement je m'en fous un peu. Je n'irai pas jusqu'à dire que le scénario est mauvais, je le trouve tout simplement trop basique et n'étant pas un grand fan du genre cela a fait en sorte que je me suis ennuyé. Le dessin n'est pas mauvais, mais il n'est pas spectaculaire non plus. Il est juste moyen, comme le scénario en gros.