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Couverture de la série Ulysse Nobody
Ulysse Nobody

Petite déception pour cet album qui avait réussi à m’accrocher dans sa première partie puis s’enlise dans une critique sans subtilité des mouvements politiques d’extrême droite en France. Sans subtilité car le sort d’Ulysse Nobody, recruté par le PFF (Parti Fasciste Français) puis éjecté car il n’a pu se faire élire n’aurait à mes yeux pas été spécialement différent s’il avait été recruté par un autre parti. Sans subtilité parce que les profils proposés au sein même de ce parti (la raciste de base, idiote et aigrie, le manipulateur, le candidat aux présidentielles expérimenté et beau parleur) sont sans nuances. Sans subtilité encore car je doute fort qu’une recrue inexpérimentée serait ainsi lâchée sans un encadrement rompu aux règles de la communication politique (la scène de la vidéo à la cafétaria est tout sauf crédible à mes yeux). Sans subtilité enfin car je ne crois pas que ce terme de 'Fasciste' soit déjà à l’heure actuelle acceptable par une majorité d’électeurs (la France a d’ailleurs pu constater que l’extrême droite française cherche à casser cette image d’extrême dans le but de toucher un public le plus large possible, n’ont-ils pas changé de nom en passant de ‘Front’ (qui sous-entend une lutte) à 'Rassemblement' (qui fait naitre des image d’unité et de fraternité) ? Tout cela pour dire que, alors que je ne suis pas sympathisant d’extrême droite, le plaidoyer politique des auteurs ne m’a pas séduit. Reste ce personnage d’Ulysse Nobody, au profil intéressant. Acteur sur le retour, sans perspectives d’avenir, il voit dans le milieu de la politique une porte d’entrée vers tout ce qu’il croyait perdu (argent, notoriété, spectateurs à disposition, et même plaisir sexuel). Politicien par opportunisme, on ne sait pas grand-chose de ses convictions tant il semble vide à l’intérieur (son nom n’a pas été choisi au hasard). Il y avait peut-être là quelque chose à creuser : le fait qu’un acteur, à force d’endosser le costume d’autres personnages, se retrouve bien vide lorsqu’il est face à lui-même. En cela, ce personnage me touchait… … mais le pamphlet contre l’extrême droite prend tellement le dessus sur le destin de l’homme que je ressors déçu de ma lecture. Quant au dessin de Sébastien Gnaedig, il ne m’a pas déplu sans me subjuguer. Il est d’une extrême lisibilité, laisse passer les émotions des personnages et sa mise en page est agréable (notamment le découpage d’une scène ‘chambre/salle de bain’ bien sympathique). C’est le genre de dessin qui sert bien un récit mais ce n’est pas le genre de dessin devant lequel je reste en arrêt. Au final, j’espérais mieux…

12/05/2022 (modifier)
Couverture de la série The Bridge
The Bridge

Très basique, très brut de coffrage, ce récit (de jeunesse ?) de Koeniguer. Un récit à l’Américaine, je dirais, avec de courageux Marines, des agents de la CIA plutôt retors, des terroristes suicidaires et déterminés (mais ça, c’est parce que l’album est vu sous l’angle des ‘nobles’ Marines américains, sinon, on aurait peut-être parlé de résistants courageux et d’autochtones terrorisés) et un héros dont on va découvrir la vie privée via de multiples flash-backs (et entre sa grand-mère qui vient de décéder, sa femme qui le quitte, son père peu abordable et son frère et sa sœur qui ont bien besoin d’être cadrés, il y a de quoi avoir l’esprit ailleurs que sur un champ de bataille). L’ensemble est trop caricatural pour pleinement me convaincre malgré les bonnes intentions, dont celle de nous montrer l’homme derrière le tireur d’élite. Mais il y a un réel savoir-faire en matière de bande dessinée. Le dessin est agréable à lire, le découpage est bon, l’équilibre entre dialogues et scènes d’action est plaisant. Ça se laisse lire, c’est juste que ce qui est raconté est très caricatural, très basique, trop insistant dans sa dimension mélodramatique et il me semble avoir déjà souvent vu ce genre de récit. Du coup, ben bof, quoi…

12/05/2022 (modifier)
Couverture de la série D'eau et de boue
D'eau et de boue

Etrange récit que celui-ci. La fin est particulièrement absconse et je ne saurais vous dire ce que les auteurs ont voulu me raconter. Tout commence à la manière d’un roman graphique. Le jeune héros vient de perdre son père et hérite du bar clandestin de celui-ci. S’ensuivent souvenirs de jeunesses, turpitudes de la vie quotidienne et remise en question du néo-barman. J’ai directement accroché à cette partie. Le scénariste a commencé son récit alors que lui-même venait de perdre son père des suites d’une longue maladie dégénérative et je dirais que ça se sent. Il y a une sincérité et une sensibilité qui m’ont touché. Sans parler du dessin de Matthew Fox que je trouve hypnotisant dans sa simplicité et le choix de ses couleurs. Et puis subitement tout bascule et le récit vire au thriller malsain. Avec l’apparition de la mère indigne, du beau-père gourou d’une secte évangéliste, de la demi-sœur que l’on a envie de protéger, le récit s’éloigne résolument du récit intime mais garde le rythme propre au genre ‘roman graphique’ (lenteur et introspection). C’est… étrange, pas pleinement convaincant mais suffisamment intriguant pour que je n’aie pas envie d’abandonner ma lecture en cours de route. On découvre alors une Amérique peu reluisante, avec ses flics corrompus, ses sectes aux pratiques dérangeantes, ses travers et ses laissés-pour-compte. Et puis vient ce final auquel je crains de n’avoir pas capté grand-chose, et qui me laisse sur une dernière mauvaise impression, avec ce sentiment que l’auteur s’est un peu égaré en cours de route, m’égarant au passage. Dommage car il y a plus d’un point positif (les premiers chapitres, le dessin et les couleurs, l’univers qui nous est montré dans son ensemble)… mais je ne sais vraiment pas quoi penser de cette lecture, la dernière page tournée. A revoir mais les deux auteurs ont, je pense, un très gros potentiel.

12/05/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 2/5
Couverture de la série L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter
L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter

Belle idée de croiser les destins de prisonniers, du passé de Badinter, de la situation politique passée et présente (en 1981 s'entend) et de l'émotion publique. Rien à redire sur le choix graphique, ça colle avec le sujet où le choix se limite à oui ou non. Mais... je ne vois pas l'intérêt d'en faire une bande dessinée. Un livre avec photos, références, documents d'époque me conviendrait mieux (avec à la rigueur incrustation de séquence dessinée comme dans Le Photographe par exemple.)

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Tanguy et Laverdure Spécial 60 ans
Tanguy et Laverdure Spécial 60 ans

Je rejoins entièrement l'avis de Mac Arthur sur le manque d'originalité de cet album anniversaire. Pour Boule & Bill font la fête ou Les Amis de Buddy Longway des grands noms d'autres séries se prêtent à l'exercice d'introduire leur style et leurs héros dans des planches humoristiques. Ici nous avons des histoires courtes qui reprennent les mêmes personnages avec les mêmes codes. Clowneries de Laverdure, indiscipline productrice d'exploit, tarte à la crème, minables séances de drague et beaucoup beaucoup de bons sentiments, d'esprit chevaleresque et de camaraderie entre adversaires. Voici pour la petite partie BD. A mon avis c'est ni bien ni mal mais cela n'apporte rien à la série mère et ne vaut surtout pas le prix extravagant payé. Mais cela coince pour moi dans l'autre partie. En tournant des pages plus militaires, Frédéric Lert nous apprend en p22 "Pourtant, du Tchad au Gabon, en passant par la Mauritanie ou la Centrafrique, on sait que, lorsque les Jaguar arrivent, les choses deviennent sérieuses !" Mais sérieuses pour qui ? J'aurais aimé avoir plus de détails car nos deux chevaliers, à mon souvenir, ne sont jamais intervenus en uniformes sur ces théâtres d'opérations. Contre qui ? Des Nazis ? Al-Qaïda ? Daesh ? Fallait-il que ce soit un ennemi bien puissant pour lui envoyer le top de la technologie militaire française. Cela est accompagné par un presque catalogue d'armes embarquées en tous genres " conventionnelles" comme des missiles ou des rubans "d'obus de 30 mm sur des canons DEFA 552" ou encore plus "sérieuse" comme "une bombe atomique AN-52". Une sorte de face sombre à mes yeux en tout cas je trouve cela inapproprié dans une BD pour la jeunesse.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Frank Le Gall - Les Marais du Temps
Le Spirou de Frank Le Gall - Les Marais du Temps

Franck Le Gall s'essaye à Spirou et Fantasio dans une histoire à la H.G. Wells. Le thème du voyage dans le temps avait d'ailleurs déjà été exploité dans "L'Horloger de la Comète" de la série mère. Je suis toujours un peu méfiant avec ces voyages dans le temps qui imposent des scénarii vraiment compliqués ou beaucoup trop simplistes pour retomber sur leurs pattes. Pour le moment ma seule exception est Les Brigades du Temps de Kris et Duhamel que je trouve bien construit. Ici je trouve le scénario très quelconque et vraiment tiré par les cheveux. J'ai eu l'impression que l'auteur se trouvait dans des impasses et accentuait l'invraisemblable pour le rendre comique (Spip, Jean-Eudes, Zorglub). La vénalité du but qui justifie ce voyage dans le temps est indigne de nos héros. Le Gall essaye d'introduire un brin d'originalité par l'adjonction d'un peu d'argot mais là encore la traduction simultanée de Champignac rend le texte lourd. Dans cet exercice je préférais de loin La Java des Gaspards bien meilleur pour moi dans cette ambiance pour adultes. Même le dessin ne me convient pas trop. J'ai eu l'impression que l'on se trompait de personnage, il ne manque que Milou. Vraiment pas mon Spirou préféré.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Mare aux Pirates
La Mare aux Pirates

On retrouve dans les histoires courtes regroupées dans cet album pas mal de choses habituelles chez Masse. A savoir un texte surabondant, une logorrhée verbale utilisant un vocabulaire compliqué, le plus sérieusement du monde, tout en étant généralement en décalage avec la situation, ce décalage créant une atmosphère un peu loufoque. Mais aussi un dessin et une colorisation, que j’aime bien, dessin lui aussi un chouia surchargé. Bref, Masse n’est pas un auteur que l’on lit rapidement pour un petit moment de détente. Mais voilà, je pense que c’est une des premières fois où je suis sorti déçu d’une lecture de Masse. Il manque en effet dans cet opus un je ne sais quoi de folie, de poésie, de critique sociale, qui d’habitude font très bien passer l’aspect indigeste de l’ensemble. Ce n’est pas avec cet album que je vous conseille d’entrer dans l’œuvre de cet auteur atypique, clivant, mais généralement intéressant.

10/05/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 2/5
Couverture de la série Une longue route
Une longue route

C’est essentiellement un sentiment de malaise qui me prédomine après la lecture d’«Une longue route ». L’auteure, Fumiyo Kouno nous conte les péripéties (fictives) par tranches de vie d’un jeune couple marié malgré eux par leurs familles respectives sans avoir demandé leurs avis… Bon, je pense que vous l’aviez compris : rien qu’avec cette trame d’une union non désirée (ils ont signé l'acte de mariage mais bon...), faut déjà accepter l’idée dès le départ… et pour ma part, ça n’a pas du tout passé… Et, plus je tournais les pages de ce manga, plus j’avais envie d’arrêter cette lecture… et c’est ce qui m’est arrivé au milieu du récit. Il faut dire aussi que j’ai détesté le comportement du mari : égoïste, macho, matérialiste… Ce jeune « bon à rien » n’avait strictement rien à foutre de son épouse, Michi (il éprouve pour elle plus de pitié que de l'amour). A propos de cette dernière, je suis vachement surpris de sa capacité à « encaisser les coups » de son mari. Elle est carrément soumise (bon, il y a quand même l’absence d’actes sexuels non consentis… ouf !), passe ses journées à faire le ménage et accepte leur situation qui est d’être un ménage sans emploi et qui est constamment en train de compter leurs sous (ce qui ne fait qu’empirer leurs rapports déjà compliqués par ce mariage imposé par leurs familles et apparemment, ce jeune couple ne se connaissait pas avant leur union). Bref, Michi m’est apparue comme une femme vraiment adorable mais très naïve, j’avais vraiment envie de la protéger… Heureusement que les moments de rêverie sous forme de balades de Michi m’ont procuré quelques (rares) émotions, ce sont des séquences d’une grande poésie. A travers son récit, je ne sais pas si l’auteure a voulu nous interpeller sur ce quotidien d’une certaine ( ?) partie de la population japonaise, sur cette soumission traditionaliste de son pays… Si c’est le cas, c’est réussi mais ça reste une lecture qui ne m’a pas enthousiasmé. En plus, certaines tranches de vie qui se veulent comiques ne m’ont fait aucun effet, pire, je n’y ai rien compris ! Faudra m’expliquer l’humour japonais ! Reste le dessin qui m’est apparu assez plaisant mais ça ne m’a pas suffi pour que je puisse aller jusqu’au dénouement de ce récit…

10/05/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 2/5
Couverture de la série Les Variations d'Orsay
Les Variations d'Orsay

De tous les musées que j’ai pu visiter, je considère celui d’Orsay comme le plus beau et le plus intéressant de tous ; bref, c’est mon préféré. Donc, je me faisais d’avance un plaisir de lire « Les variations d’Orsay » d’autant plus que Manuele Fior est un auteur que j’apprécie en général… et bien, c’est loupé… Pourquoi ? Parce que, comme souvent, quand un récit plonge vers l’onirique, je décroche et c’est ce que j’ai vécu avec cette bande dessinée. L’histoire nous présente essentiellement les auteurs impressionnistes dont Monet, Degas, Renoir, Cézanne, Gauguin, Rousseau… On y découvre comment ils étaient perçus à l’époque, comment ils en sont arrivés à concevoir certaines de leurs toiles (notamment « La gare Saint-Lazare », « La charmeuse de serpents », « Sémiramis construisant Babylone »…) mais j’en ressors déçu car étant fan de l’histoire de l’art, je n’y ai rien appris de plus de ce que je savais. De plus, résumer le musée d’Orsay aux peintres impressionnistes me semble réducteur même si Ingres a un rôle assez important dans ce récit (sans être un vrai « impressionniste », c’est un de ceux qui a poussé, motivé les autres dessinateurs à expérimenter une autre façon de peindre). Quand on pense que pratiquement tout le rez-de-chaussée et le sous-sol (sans compter certains étages) du musée est consacré à des artistes hors impressionnistes (qui, eux, n’occupent qu’un seul palier), c’est un peu irrespectueux à mon sens de ne pas leur avoir consacré une plus grande place (ok, on ne peut pas tout raconter dans un « petit » one shot). Alors, oui, le coup de patte et surtout la mise en couleurs de Manuele Fior est agréable à contempler mais comme je n’ai pas trop apprécié son scénario, je suis carrément passé à coté… Dommage… Si vous êtes un connaisseur de l’histoire de l’art et en particulier, du mouvement impressionniste, je suis convaincu que vous ressentirez de l’ennui en lisant ce récit. Quant à ceux qui veulent découvrir (un peu) le musée d’Orsay, cette bande dessinée pourrait éventuellement vous plaire à condition que le côté fantasmagorique du récit ne vous rebute pas.

09/05/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Movie Ghosts
Movie Ghosts

Los Angeles, Sunset Boulevard, Hollywood et autres Mulholland drive : paradis du cinéma et limbes des âmes des acteurs décédés refusant de quitter les lieux. Le détective Jerry Fifth découvre qu'il peut entendre les fantômes et que ceux-ci ont besoin de lui pour régler leurs affaires avant de rejoindre l'au-delà. Si sur le fond, le concept d'un détective qui peut dialoguer avec les fantômes n'est pas très novateur et déjà beaucoup usité en séries télévisées et autres, y mêler l'univers du cinéma et la légende hollywoodienne pouvait accoucher d'idées intéressantes. D'autant que le dessin d'Attila Futaki, malgré un encrage assez froid et quelques décors très rectilignes, ne manque pas d'élégance, d'une esthétique décorative proche de cette atmosphère de l'âge d'or du cinéma américain et de ses films noirs. Mais j'ai été désagréablement surpris par la narration d'un Stephen Desberg pourtant expérimenté en la matière. Cela démarre mal avec les premières pages empêtrées dans un monologue caricatural façon polar noir, et surtout une drôle d'incompréhension dans les scènes qui s'ensuivent. Je ne comprenais plus qui du détective ou de son client pouvait parler avec les fantômes. Cette confusion m'a fait tiquer, revenir en arrière pour vérifier si je ne confondais pas les protagonistes, et du coup cela m'a amené très rapidement à deviner la prévisible révélation qui arrive quelques pages plus loin, à la fin de cette première enquête qui sert de mise-en-bouche à la série. Par la suite, la confusion continue à perdurer sur les règles régissant ces fantômes que le détective côtoie. Il y a des incohérences dans leurs dialogues puisqu'ils disent parfois qu'ils ne sont plus que des ombres ne faisant que vaguement ressentir le monde et les autres fantômes, tandis qu'à l'inverse on les voit vivre ensemble comme de purs vivants bien installés, avec même de gros doutes sur le fait qu'ils puissent interagir pour de bon avec la réalité. A côté de cette confusion, les enquêtes que mènent le héros n'ont rien de passionnantes et on s'ennuie vite. Je ne sui pas motivé à l'idée de lire la suite s'il y en a une.

08/05/2022 (modifier)