Cette série débute en 1982 dans la revue espagnole Cairo, mais l'épisode ne semble pas avoir été prépublié en France dans Métal Hurlant, je n'en ai pas le souvenir, je crois qu'il est paru directement en album aux Humanos ; c'est plutôt rare parce qu'au début des années 80, la garantie de survie d'une Bd passait presque impérativement par une prépublication dans nos nombreux journaux de BD. C'est peut-être pour ça qu'elle reste très méconnue.
Torrès se contentera ensuite de scénariser en reprenant son personnage de criminel mégalo dans A Suivre cette fois, avec au dessin 2 de ses clones graphiques, Ramon Marcos et Incha. Leur dessin est plus proche de la Ligne Claire traditionnelle que celui de Torrès dont la Ligne Claire baroque m'a toujours un peu dérouté. La bande est totalement inclassable, c'est en quelque sorte une préfiguration de Roco Vargas, bande créée l'année suivante par Daniel Torrès ; la vision un peu décalée d'un univers criminel ne m'a pas véritablement rebuté, mais je n'en suis pas sorti non plus emballé.
Voila une Bd très méconnue, qui a débuté en 1988 dans Tintin, puis qui a continué dans Hello Bédé (le journal Tintin ayant cessé en 88) ; ça m'a surpris d'emblée par son dessin car je pensais être constamment dans une bande de René Sterne tant leurs graphismes se ressemblent, c'est stupéfiant. D'un autre côté, ce n'est guère étonnant vu que Chantal De Spiegeleer fut la compagne de Sterne.
J'aime assez ses personnages de femmes, son dessin est ultra propre et très géométrique, adoptant une sorte de "cubisme de bande dessinée", avec des décors tracés à la règle ; c'était la mode, on retrouve ce style dans beaucoup d'autres bandes de cette époque. Evidemment, ce style date une Bd, elle est purement années 80, et le sujet est en phase, puisque l'action évolue dans un milieu très huppé de milliardaires, d'esthètes et d'oisifs, des sortes de parasites sociaux qui s'emmerdent, c'est un microcosme très superficiel et égocentrique où le paraître est essentiel, autant dire que je déteste ces gens qui à mon avis sont inutiles à la société, et qui ne contentent qu'une poignée d'autres gens comme eux. C'est comme une chronique sociale où des destins se croisent et où ont lieu de mini-drames dont les personnages apparaissent un peu comme des pantins imperturbables, mais qui ne sont en fait que des caricatures rongées par les regrets, la mélancolie et la recherche d'un bonheur qu'ils ne connaîtront jamais. Pauvres petits, je les plains, ou plutôt non, je me fous de leur sort.
C'est une Bd vraiment atypique qui désarçonne un peu par son ambiance très particulière parce que son concept s'appuie sur une ville imaginaire, Madila, qui est le personnage principal et qui agit sur l'esprit de ses personnages, en les manipulant et en détruisant tout espoir de bonheur et de joie de vivre. J'avoue que c'est assez ardu pour capter tout ça et pour rentrer là-dedans, et ça ne m'a pas emballé des masses.
Toutefois, je retiens le concept de la Bd qui est original et qui je le répète, est purement années 80, renforcé par le dessin issu de la mode de cette époque, aux tenues très anguleuses, ça en fait donc une vraie curiosité, mais qui n'est pas spécialement passionnante pour tout le monde, et que j'aurais plutôt rangée en inclassable, car elle n'appartient à aucun genre.
Je n'ai pas été emballé par cet album.
Si le trait et les énormes nez de l'autrice ne me dérangent pas, et si j'aime le ton taquin de son humour, je dois bien avouer que, dans le cas présent, je n'ai jamais ri aux différentes saynettes qu'elle nous propose. Trop caricatural ? Pas assez proche de moi ? Trop bon chic bon genre ? Je ne saurais dire mais s'il y a des oeuvres de l'autrices que j'aime bien, cet album n'en fait clairement pas partie. Je pense qu'il y manque l'autodérision dont l'autrice sait faire montre dans d'autres albums. Ici, elle ne semble se moquer que des 'autres' et son ton parfois mordant a plus de mal à passer chez moi quand il n'y a pas, justement, ce rapport à elle-même. Ca me semble alors gratuit et inutilement méchant. De plus, le format en courts récits l'oblige à faire concis et à ne pas trop travailler ses personnages, qui sont par conséquent très caricaturaux et peu touchants.
En résumé : je me suis ennuyé.
Et ben Panini Comics semble vouloir TOUT publier de l'univers Marvel depuis les années 60 parce que là c'est vraiment du fond tiroir pour les gros fans.
Ce recueil regroupe des histoires méconnues et dont la plupart sont issues de séries dont l'existence a été courte. Cela s'adresse vraiment à ceux qui veulent tout posséder de Marvel et/ou qui s'intéressent à l'histoire des comics. Le truc le plus intéressant est qu'on voit que pendant quelques années avant de connaitre le succès avec les super-héros, Marvel faisait des anthologies d'histoires avec des twist à la fin comme EC Comics parce que la plupart des histoires mettant en vedette le personnage du Gardien ont comme principe qu'elles racontent un conte moral avec une surprise à la fin et la plupart des histoires tournent autour des mêmes trois thèmes (la peur du nucléaire, les invasions des extraterrestres et un type rejeté sur Terre devient aimé par les extraterrestres). On retrouve aussi une des premières séries mettant en vedette un méchant, à savoir la courte série que Docteur Fatalis a eu dans les années 70 et si le concept est amusant sur le papier, le résultat est la plupart du temps ennuyeux.
La plupart des histoires accusent leur âge et sont trop courtes pour être mémorables. Il y en a seulement deux que j'ai aimées: le conte qui se passe sur Jupiter et l'histoire de Fatalis où il essaie de sauver l'âme de sa mère. Le reste est pas terrible et le principal intérêt est de voir le travail de vieux dessinateurs que j'aime comme Gene Colan et Wallace Wood, qui livrent de superbes planches, mais bon si je veux juste admirer le dessin, j'achète un artbook, pas une BD.
Étrange destin que celui du personnage de She-Hulk. Comme avec Spider-Woman, elle a été créée par Marvel uniquement pour pouvoir protéger le nom, vu qu'Universal envisageait de faire un spin-off de la série télé Hulk des années 70 avec un personnage féminin et comme il y en avait pas dans les comics, cela voulait dire que le studio aurait eu les droits du personnage. Et alors que Spider-Woman n'a jamais dépassé le stade de personnage de seconde zone avec même plusieurs femmes assumant cette identité, She-Hulk va finir par devenir populaire après l'annulation de sa série lorsque Roger Stern fera d'elle un membre des Avengers et John Byrne un membre des Fantastic Four et qui deviendra son auteur emblématique lorsqu'il lancera sa seconde série.
Cette première intégrale contient donc la moitié de la première série de She-Hulk qui n'a pas une bonne réputation....et après avoir lu ses épisodes je pense que cette réputation est méritée. Ça commence avec un premier numéro qui raconte les origines de She-Hulk par une équipe prestigieuse (Stan Lee alors qu'il faisait plus de scénario depuis plusieurs années et au dessin le très bon John Buscema). Disons que ça sens que ça a été fait dans l'urgence, parce que plusieurs éléments du récit m'ont fait sourciller. Ainsi, Hulk a une cousine qui a été proche de lui et il l'aime tellement qu'on savait même pas qu'il en avait une alors que ça faisait 18 ans que le personnage existait, ou encore sa cousine ne sait pas qu'il est Hulk alors que ça fait depuis la fin des années 60 que tout le monde est censé savoir que Bruce Banner est Hulk.
Bon c'est pas trop grave c'est juste le premier numéro, il y a les autres pour développer l'univers de She-Hulk. Et ben justement c'est pas terrible la plupart du temps. Sur les 14 numéros que contient le premier tome de l'intégrale, il y en que 4 qui m'ont paru vaguement intéressants, le reste étant souvent ennuyeux et même frustrant, parce qu'il y a de bonnes idées, mais elles sont souvent mal exécutées. Le gros problème est que la saga qui pose les bases de la série est pas terrible. Il y a des incohérences dans le scénario et les personnages secondaires sont vraiment pas du tout intéressants. J'ai l'impression que le scénariste David Kraft ne savait pas trop quoi faire avec le personnage de She-Hulk. Sinon, il y a un côté féministe bien sûr, comme par exemple les personnages masculins condescendants avec notre héroïne. On notera qu'à deux reprises un homme pense sauver la situation en imaginant que She-Hulk est méchante, et ça se termine en tragédie.
Donc voilà c'est pas terrible. Il y a peu d'éléments qui ont rendu le personnage mémorable aux yeux des lecteurs de comics comme moi. À la limite, ça peut être intéressant au niveau historique pour découvrir les débuts du personnage ou si on a lu ça jeune et qu'on est nostalgique.
Je me retrouve complètement dans l’avis de Ro, mais je suis un peu plus sévère pour la notation.
En effet, je n’ai pu m’attacher à l’héroïne, à la crise d’adolescence franchement insupportable, qui débarque avec sa famille dans un coin paumé, dans lequel magie et vieilles croyances affleurent. Une impression de déjà vu pour tous les aspects de l’histoire, qui ôte pas mal d’intérêt à une intrigue qui ne m’a jamais réellement captivé.
J’ajoute que le dessin et la colorisation, très sombres, ne sont pas forcément ma tasse de thé. C’est lisible, mais je ne suis pas fan de ce style de dessin comics assez passe-partout, et n’apprécie pas trop ce type de colorisation informatique.
Bref, j’ai refermé l’album (un petit format vite lu) sans penser y revenir, en me disant que j’aurai rapidement oublié cette histoire.
Je suis assez d'accord avec Canarde.
Autant le sujet de la vie de Maria Montessori, entre son enfance en Italie, son "abandon" de son fils, ses voyages qui lui ont permis de développer sa méthode d'apprentissage, et les fondements de celle-ci, pourrait être intéressant, autant les moyens mis en oeuvre réussissent à presque détruire le propos.
A niveau du scénario d'abord. Ok, ce n'est pas linéaire, mais la construction est totalement anarchique, ça part dans tous les sens, et on ne voit que de façon très ténue les liens entre les différents lieux, époques et personnages. Résultat on est très vite perdu(e), ce qui est vraiment dommage pour un sujet qu'il aurait été vraiment bien vu d'investir de manière plus carrée. On sent par exemple que la séparation "officielle" de Maria Montessori d'avec son fils a grandement influé sur sa vie, enfin, on l'imagine, car hormis dans deux ou trois réflexions de l'un ou de l'autre, ce n'est pas du tout exploité. Idem, on ne comprend ni comment, ni quand ni pourquoi Mario, ce fils caché, en est venu à collaborer avec sa mère, présentée comme une amie ou une collègue...
Le projet semble avoir été initié par la dessinatrice, Caterina Zandonella, mais si sa passion pour celui-ci ne fait pas de doutes, elle a un niveau graphique pour moi nettement insuffisant ; on a souvent du mal à reconnaître Mme Montessori, et si son style naïf peut se justifier par rapport au sujet, il manque clairement de maturité.
Bref, un beau raté, selon moi...
Je continue ma découverte de l'univers Marvel Noir avec ce comics et c'est une déception.
D'abord Luke Cage ne fait pas partie des personnages de chez Marvel que j'apprécie. Je le trouve sans charisme et après une lecture difficile, mon jugement ne va pas changer.
Un Luke Cage, fraîchement sorti de prison, va être engagé par un richissime homme blanc pour découvrir le meurtrier de son épouse, et celui-ci dénote dans le Harlem des années 30.
Un scénario tarabiscoté qui m'a laissé sur le bord de la route, je me suis forcé pour terminer le dernier chapitre. Je rejoins Gaston, ici la voix off de Luke n'apporte rien avec une pseudo psychologie à deux balles, la narration est trop alambiquée.
Un dessin très très noir, dynamique et détaillé, par contre j'ai eu du mal à différencier certains personnages.
Dispensable.
Je pensais m'amuser avec une lecture légère et divertissante mais cet album d'humour m'est presque tombé des mains.
A la base, le thème aurait dû me plaire. Je bosse en entreprise et je suis prompt à m'amuser des défauts de ces structures comme on peut en rire dans un "Dilbert ou dans la série télé The Office.
Ca commençait pas trop mal ici, avec dès les premiers strips une ambiance Cogip avec l'absurdité des directions sous-directions et de leurs nombreux acronymes et personnels payés à brasser du vent. Mais outre le fait que cette idée de base était déjà prise, justement par les sketchs de cette fameuse Cogip, elle était dès le départ nettement moins drôle ici. Et ça ne s'est pas arrangé par la suite, avec très peu d'idées nouvelles, beaucoup de gags répétitifs et dans l'ensemble peu inspirés voire tombant complètement à plat. Ajouté à cela un dessin qui fait le minimum, certes lisible mais peu expressif et sans impact, et il s'avère au final que je me suis littéralement ennuyé à la lecture de cette BD sensée me faire rire.
Mouais. Ben je ne suis pas sorti convaincu de cette série, sur laquelle je ne pense pas revenir lorsque les albums suivants sortiront.
Le dessin d’abord, réaliste et classique, convient bien à ce genre de récit, mais il est un peu impersonnel. Surtout, la colorisation informatique lisse tout et n’est pas mon truc.
Mais c’est surtout au niveau de l’intrigue et de son déroulé que le bât blesse.
En effet, tout m’est apparu improbable, dans les grandes et les petites lignes.
Nous avons 10 geek, super forts en informatique et autres trucs modernes, qui forment une sorte d’équipe de justicier (Freequency), très mal définie d’ailleurs, sous la direction d’un mystérieux commanditaire, Archetype, dont on ne nous dira rien, mais qui semble être omniscient et qui possède visiblement une grosse fortune !
Ces dix personnages, d’âge, de nationalité, d’origine et de situation différents peuvent apparemment facilement trouver temps, argent pour agir un peu partout (la première intrigue se déroule à Miami), sans que cela pose problème au niveau de leur entourage. Hyper connectés, ils sont en permanence en contact avec celui qui agit du « poste de commandement, et peuvent infiltrer n’importe quel système (ils s’en prennent ici au FSB !).
Le déroulé est lui aussi improbable, puisque nos héros, non contents d’être de parfaits geeks surdoués, sont aussi des James Bond en puissance, échappant aux balles, aux tueurs du FSB et à une certaine vraisemblance assez facilement. De plus, même lorsque l’un d’eux est « démasqué », personne ne semble faire de lien avec sa « vie réelle » pour le retrouver (voir l’épisode avec Yoga).
Forcément, on a droit à un gros (très gros) cliffhanger en fin du premier album, mais là, j’ai déjà décroché et ne saurais sans doute jamais ce qu’il en est réellement.
Du coup, ça ressemble à une énième série d’action, privilégiant le rythme, l’action à la psychologie, sans s’embarrasser de rendre tout ça crédible. En tout cas ce n’est pas ma came.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Opium
Cette série débute en 1982 dans la revue espagnole Cairo, mais l'épisode ne semble pas avoir été prépublié en France dans Métal Hurlant, je n'en ai pas le souvenir, je crois qu'il est paru directement en album aux Humanos ; c'est plutôt rare parce qu'au début des années 80, la garantie de survie d'une Bd passait presque impérativement par une prépublication dans nos nombreux journaux de BD. C'est peut-être pour ça qu'elle reste très méconnue. Torrès se contentera ensuite de scénariser en reprenant son personnage de criminel mégalo dans A Suivre cette fois, avec au dessin 2 de ses clones graphiques, Ramon Marcos et Incha. Leur dessin est plus proche de la Ligne Claire traditionnelle que celui de Torrès dont la Ligne Claire baroque m'a toujours un peu dérouté. La bande est totalement inclassable, c'est en quelque sorte une préfiguration de Roco Vargas, bande créée l'année suivante par Daniel Torrès ; la vision un peu décalée d'un univers criminel ne m'a pas véritablement rebuté, mais je n'en suis pas sorti non plus emballé.
Madila
Voila une Bd très méconnue, qui a débuté en 1988 dans Tintin, puis qui a continué dans Hello Bédé (le journal Tintin ayant cessé en 88) ; ça m'a surpris d'emblée par son dessin car je pensais être constamment dans une bande de René Sterne tant leurs graphismes se ressemblent, c'est stupéfiant. D'un autre côté, ce n'est guère étonnant vu que Chantal De Spiegeleer fut la compagne de Sterne. J'aime assez ses personnages de femmes, son dessin est ultra propre et très géométrique, adoptant une sorte de "cubisme de bande dessinée", avec des décors tracés à la règle ; c'était la mode, on retrouve ce style dans beaucoup d'autres bandes de cette époque. Evidemment, ce style date une Bd, elle est purement années 80, et le sujet est en phase, puisque l'action évolue dans un milieu très huppé de milliardaires, d'esthètes et d'oisifs, des sortes de parasites sociaux qui s'emmerdent, c'est un microcosme très superficiel et égocentrique où le paraître est essentiel, autant dire que je déteste ces gens qui à mon avis sont inutiles à la société, et qui ne contentent qu'une poignée d'autres gens comme eux. C'est comme une chronique sociale où des destins se croisent et où ont lieu de mini-drames dont les personnages apparaissent un peu comme des pantins imperturbables, mais qui ne sont en fait que des caricatures rongées par les regrets, la mélancolie et la recherche d'un bonheur qu'ils ne connaîtront jamais. Pauvres petits, je les plains, ou plutôt non, je me fous de leur sort. C'est une Bd vraiment atypique qui désarçonne un peu par son ambiance très particulière parce que son concept s'appuie sur une ville imaginaire, Madila, qui est le personnage principal et qui agit sur l'esprit de ses personnages, en les manipulant et en détruisant tout espoir de bonheur et de joie de vivre. J'avoue que c'est assez ardu pour capter tout ça et pour rentrer là-dedans, et ça ne m'a pas emballé des masses. Toutefois, je retiens le concept de la Bd qui est original et qui je le répète, est purement années 80, renforcé par le dessin issu de la mode de cette époque, aux tenues très anguleuses, ça en fait donc une vraie curiosité, mais qui n'est pas spécialement passionnante pour tout le monde, et que j'aurais plutôt rangée en inclassable, car elle n'appartient à aucun genre.
Du sable dans le maillot
Je n'ai pas été emballé par cet album. Si le trait et les énormes nez de l'autrice ne me dérangent pas, et si j'aime le ton taquin de son humour, je dois bien avouer que, dans le cas présent, je n'ai jamais ri aux différentes saynettes qu'elle nous propose. Trop caricatural ? Pas assez proche de moi ? Trop bon chic bon genre ? Je ne saurais dire mais s'il y a des oeuvres de l'autrices que j'aime bien, cet album n'en fait clairement pas partie. Je pense qu'il y manque l'autodérision dont l'autrice sait faire montre dans d'autres albums. Ici, elle ne semble se moquer que des 'autres' et son ton parfois mordant a plus de mal à passer chez moi quand il n'y a pas, justement, ce rapport à elle-même. Ca me semble alors gratuit et inutilement méchant. De plus, le format en courts récits l'oblige à faire concis et à ne pas trop travailler ses personnages, qui sont par conséquent très caricaturaux et peu touchants. En résumé : je me suis ennuyé.
Marvel Rarities - L'intégrale
Et ben Panini Comics semble vouloir TOUT publier de l'univers Marvel depuis les années 60 parce que là c'est vraiment du fond tiroir pour les gros fans. Ce recueil regroupe des histoires méconnues et dont la plupart sont issues de séries dont l'existence a été courte. Cela s'adresse vraiment à ceux qui veulent tout posséder de Marvel et/ou qui s'intéressent à l'histoire des comics. Le truc le plus intéressant est qu'on voit que pendant quelques années avant de connaitre le succès avec les super-héros, Marvel faisait des anthologies d'histoires avec des twist à la fin comme EC Comics parce que la plupart des histoires mettant en vedette le personnage du Gardien ont comme principe qu'elles racontent un conte moral avec une surprise à la fin et la plupart des histoires tournent autour des mêmes trois thèmes (la peur du nucléaire, les invasions des extraterrestres et un type rejeté sur Terre devient aimé par les extraterrestres). On retrouve aussi une des premières séries mettant en vedette un méchant, à savoir la courte série que Docteur Fatalis a eu dans les années 70 et si le concept est amusant sur le papier, le résultat est la plupart du temps ennuyeux. La plupart des histoires accusent leur âge et sont trop courtes pour être mémorables. Il y en a seulement deux que j'ai aimées: le conte qui se passe sur Jupiter et l'histoire de Fatalis où il essaie de sauver l'âme de sa mère. Le reste est pas terrible et le principal intérêt est de voir le travail de vieux dessinateurs que j'aime comme Gene Colan et Wallace Wood, qui livrent de superbes planches, mais bon si je veux juste admirer le dessin, j'achète un artbook, pas une BD.
She-hulk - L'intégrale
Étrange destin que celui du personnage de She-Hulk. Comme avec Spider-Woman, elle a été créée par Marvel uniquement pour pouvoir protéger le nom, vu qu'Universal envisageait de faire un spin-off de la série télé Hulk des années 70 avec un personnage féminin et comme il y en avait pas dans les comics, cela voulait dire que le studio aurait eu les droits du personnage. Et alors que Spider-Woman n'a jamais dépassé le stade de personnage de seconde zone avec même plusieurs femmes assumant cette identité, She-Hulk va finir par devenir populaire après l'annulation de sa série lorsque Roger Stern fera d'elle un membre des Avengers et John Byrne un membre des Fantastic Four et qui deviendra son auteur emblématique lorsqu'il lancera sa seconde série. Cette première intégrale contient donc la moitié de la première série de She-Hulk qui n'a pas une bonne réputation....et après avoir lu ses épisodes je pense que cette réputation est méritée. Ça commence avec un premier numéro qui raconte les origines de She-Hulk par une équipe prestigieuse (Stan Lee alors qu'il faisait plus de scénario depuis plusieurs années et au dessin le très bon John Buscema). Disons que ça sens que ça a été fait dans l'urgence, parce que plusieurs éléments du récit m'ont fait sourciller. Ainsi, Hulk a une cousine qui a été proche de lui et il l'aime tellement qu'on savait même pas qu'il en avait une alors que ça faisait 18 ans que le personnage existait, ou encore sa cousine ne sait pas qu'il est Hulk alors que ça fait depuis la fin des années 60 que tout le monde est censé savoir que Bruce Banner est Hulk. Bon c'est pas trop grave c'est juste le premier numéro, il y a les autres pour développer l'univers de She-Hulk. Et ben justement c'est pas terrible la plupart du temps. Sur les 14 numéros que contient le premier tome de l'intégrale, il y en que 4 qui m'ont paru vaguement intéressants, le reste étant souvent ennuyeux et même frustrant, parce qu'il y a de bonnes idées, mais elles sont souvent mal exécutées. Le gros problème est que la saga qui pose les bases de la série est pas terrible. Il y a des incohérences dans le scénario et les personnages secondaires sont vraiment pas du tout intéressants. J'ai l'impression que le scénariste David Kraft ne savait pas trop quoi faire avec le personnage de She-Hulk. Sinon, il y a un côté féministe bien sûr, comme par exemple les personnages masculins condescendants avec notre héroïne. On notera qu'à deux reprises un homme pense sauver la situation en imaginant que She-Hulk est méchante, et ça se termine en tragédie. Donc voilà c'est pas terrible. Il y a peu d'éléments qui ont rendu le personnage mémorable aux yeux des lecteurs de comics comme moi. À la limite, ça peut être intéressant au niveau historique pour découvrir les débuts du personnage ou si on a lu ça jeune et qu'on est nostalgique.
Nicnevin et la reine de sang
Je me retrouve complètement dans l’avis de Ro, mais je suis un peu plus sévère pour la notation. En effet, je n’ai pu m’attacher à l’héroïne, à la crise d’adolescence franchement insupportable, qui débarque avec sa famille dans un coin paumé, dans lequel magie et vieilles croyances affleurent. Une impression de déjà vu pour tous les aspects de l’histoire, qui ôte pas mal d’intérêt à une intrigue qui ne m’a jamais réellement captivé. J’ajoute que le dessin et la colorisation, très sombres, ne sont pas forcément ma tasse de thé. C’est lisible, mais je ne suis pas fan de ce style de dessin comics assez passe-partout, et n’apprécie pas trop ce type de colorisation informatique. Bref, j’ai refermé l’album (un petit format vite lu) sans penser y revenir, en me disant que j’aurai rapidement oublié cette histoire.
La Maison des enfants
Je suis assez d'accord avec Canarde. Autant le sujet de la vie de Maria Montessori, entre son enfance en Italie, son "abandon" de son fils, ses voyages qui lui ont permis de développer sa méthode d'apprentissage, et les fondements de celle-ci, pourrait être intéressant, autant les moyens mis en oeuvre réussissent à presque détruire le propos. A niveau du scénario d'abord. Ok, ce n'est pas linéaire, mais la construction est totalement anarchique, ça part dans tous les sens, et on ne voit que de façon très ténue les liens entre les différents lieux, époques et personnages. Résultat on est très vite perdu(e), ce qui est vraiment dommage pour un sujet qu'il aurait été vraiment bien vu d'investir de manière plus carrée. On sent par exemple que la séparation "officielle" de Maria Montessori d'avec son fils a grandement influé sur sa vie, enfin, on l'imagine, car hormis dans deux ou trois réflexions de l'un ou de l'autre, ce n'est pas du tout exploité. Idem, on ne comprend ni comment, ni quand ni pourquoi Mario, ce fils caché, en est venu à collaborer avec sa mère, présentée comme une amie ou une collègue... Le projet semble avoir été initié par la dessinatrice, Caterina Zandonella, mais si sa passion pour celui-ci ne fait pas de doutes, elle a un niveau graphique pour moi nettement insuffisant ; on a souvent du mal à reconnaître Mme Montessori, et si son style naïf peut se justifier par rapport au sujet, il manque clairement de maturité. Bref, un beau raté, selon moi...
Luke Cage - Clair de lune sur Harlem
Je continue ma découverte de l'univers Marvel Noir avec ce comics et c'est une déception. D'abord Luke Cage ne fait pas partie des personnages de chez Marvel que j'apprécie. Je le trouve sans charisme et après une lecture difficile, mon jugement ne va pas changer. Un Luke Cage, fraîchement sorti de prison, va être engagé par un richissime homme blanc pour découvrir le meurtrier de son épouse, et celui-ci dénote dans le Harlem des années 30. Un scénario tarabiscoté qui m'a laissé sur le bord de la route, je me suis forcé pour terminer le dernier chapitre. Je rejoins Gaston, ici la voix off de Luke n'apporte rien avec une pseudo psychologie à deux balles, la narration est trop alambiquée. Un dessin très très noir, dynamique et détaillé, par contre j'ai eu du mal à différencier certains personnages. Dispensable.
Rapport de stage
Je pensais m'amuser avec une lecture légère et divertissante mais cet album d'humour m'est presque tombé des mains. A la base, le thème aurait dû me plaire. Je bosse en entreprise et je suis prompt à m'amuser des défauts de ces structures comme on peut en rire dans un "Dilbert ou dans la série télé The Office. Ca commençait pas trop mal ici, avec dès les premiers strips une ambiance Cogip avec l'absurdité des directions sous-directions et de leurs nombreux acronymes et personnels payés à brasser du vent. Mais outre le fait que cette idée de base était déjà prise, justement par les sketchs de cette fameuse Cogip, elle était dès le départ nettement moins drôle ici. Et ça ne s'est pas arrangé par la suite, avec très peu d'idées nouvelles, beaucoup de gags répétitifs et dans l'ensemble peu inspirés voire tombant complètement à plat. Ajouté à cela un dessin qui fait le minimum, certes lisible mais peu expressif et sans impact, et il s'avère au final que je me suis littéralement ennuyé à la lecture de cette BD sensée me faire rire.
Hacktivists
Mouais. Ben je ne suis pas sorti convaincu de cette série, sur laquelle je ne pense pas revenir lorsque les albums suivants sortiront. Le dessin d’abord, réaliste et classique, convient bien à ce genre de récit, mais il est un peu impersonnel. Surtout, la colorisation informatique lisse tout et n’est pas mon truc. Mais c’est surtout au niveau de l’intrigue et de son déroulé que le bât blesse. En effet, tout m’est apparu improbable, dans les grandes et les petites lignes. Nous avons 10 geek, super forts en informatique et autres trucs modernes, qui forment une sorte d’équipe de justicier (Freequency), très mal définie d’ailleurs, sous la direction d’un mystérieux commanditaire, Archetype, dont on ne nous dira rien, mais qui semble être omniscient et qui possède visiblement une grosse fortune ! Ces dix personnages, d’âge, de nationalité, d’origine et de situation différents peuvent apparemment facilement trouver temps, argent pour agir un peu partout (la première intrigue se déroule à Miami), sans que cela pose problème au niveau de leur entourage. Hyper connectés, ils sont en permanence en contact avec celui qui agit du « poste de commandement, et peuvent infiltrer n’importe quel système (ils s’en prennent ici au FSB !). Le déroulé est lui aussi improbable, puisque nos héros, non contents d’être de parfaits geeks surdoués, sont aussi des James Bond en puissance, échappant aux balles, aux tueurs du FSB et à une certaine vraisemblance assez facilement. De plus, même lorsque l’un d’eux est « démasqué », personne ne semble faire de lien avec sa « vie réelle » pour le retrouver (voir l’épisode avec Yoga). Forcément, on a droit à un gros (très gros) cliffhanger en fin du premier album, mais là, j’ai déjà décroché et ne saurais sans doute jamais ce qu’il en est réellement. Du coup, ça ressemble à une énième série d’action, privilégiant le rythme, l’action à la psychologie, sans s’embarrasser de rendre tout ça crédible. En tout cas ce n’est pas ma came.