Tiens… ce dessin m’évoque Baudouin, mais un Baudouin un peu plus propre, moins rugueux, plus accessible, sans doute. Malgré quelques maladresses, il assure sur la longueur, la gestion des cadrages, du découpage et des couleurs. Sur le plan visuel, je n’ai pas grand chose à reprocher à ce dessin, certes peu original, mais abouti pour un premier album. Passons au scénario, souvent plus problématique dans une première œuvre.
Résumons brièvement l’histoire : le personnage principal est un jeune rockeur, français de souche, qui a comme compagne une jeune maghrébine, travailleuse sociale, qui s’occupe des demandeurs d’asile. Un jour qu’il est en concert, son amie se fait tabasser par un skinhead dans le métro sans que personne ne réagisse. Elle meurt de la suite de ses blessures à l’hôpital. Commence alors pour le personnage principal un long et difficile travail de deuil.
Voilà, ce n’est qu’un résumé, qui ne laisse pas apparaître les forces, réelles, et les faiblesses, pourtant patentes, du scénario. Première faiblesse : le caractère idéalisé des héros, ils sont jeunes, ils sont beaux, il est rockeur, elle travaille dans le social… un idéal bobo mal dégrossi, en somme… Face à cela, il y a le caractère totalement inverse du néo-nazi qui bat à mort Kamila dans le métro. Caricatural lui aussi… Trop ignoble pour être crédible. Je ne dis pas que ce genre de chose n’arrive jamais, ou ne pourrait pas arriver ; on sait parfaitement de quoi peuvent être capables certains êtres aussi bas de plafond… mais son nazi est presque trop nazi pour être crédible. Il fait trop ce que l’idéologie anti-fasciste sous-jacente de l’ouvrage attend de lui… Idéologie forcément sympathique mais qui n’exclut pas certaines simplifications.
Le reste de l’ouvrage est consacré au deuil, et sur ce point là, c’est nettement plus convainquant. Il manque juste l’émotion, celle du lecteur, face à la mort ignoble d’un personnage auquel il n’est pas assez attaché…Il est un peu difficile de s’émouvoir de la mort d’un personnage et du chagrin d’un autre qui ont tout de la gravure de mode hype façon post-grunge étudié… Mais il y a des moments qui font mouche, des choses qui sont dites sur l’absence qui sont belles…
Néanmoins, il y a comme un souci, le deuil est géré de manière assez classique, dans le sens où c’est l’absence qui est traitée… A aucun moment le héros ne parle de ce qu’il éprouve vis-à-vis de l’homme qui a commis cela, tout se passe comme si elle était morte de manière accidentelle, comme si cela pouvait être un accident de voiture ou une maladie, la faute à personne… Pas de trace de sentiments de vengeance, de haine envers le meurtrier. Etrangement, pas la moindre trace, non plus, d’une enquête de police… on a un peu l’impression que le bouquin passe à côté d’un sujet plus grand, nettement plus casse-gueule aussi…
Mais, pourquoi, au fait, ai-je donc acheté presque l'intégralité de cette série ?
Ah, oui... c'est que je suis un gros pervers.
Je ne devrais point l'avouer en public, cela fait du mal à mon ego. Mais, que voulez-vous, mon psy m'a expliqué que c'était indispensable à ma thérapie...
Bref, dans le genre assez restreint (intellectuellement) quoique développé (à plusieurs sens du terme) baston et gros nichons, Péridot n'est pas une mauvaise pioche, loin de là. Mais emporterait-il le pompon sur un Enfer & paradis (que je n'ai pas lu), aucune idée.
Le coup de crayon d'Hiyoko Kobayashi est agréable, sans conteste. Les rondeurs de son trait servent parfaitement les courbes de demoiselles toujours musclées et bien en chair. Du moins ne pourra-t-on lui reprocher de militer pour l'anorexie...
L'ennui est que cette facture est desservie par une impression parfois trop encrée, sur un papier qui semble de qualité moyenne, et vu le prix de ces mangas, voilà qui fait un peu 'arnaque' sur les bords.
Enfin, je gage que le prix est proportionné aux appas souvent disproportionnés de ces jeunes filles, ou jeunes femmes, et que la douloureuse fait partie du soin thérapeutique...
Ceci étant posé, si le style graphique est posé et léché, il n'a cependant rien de transcendant.
Quant à l'histoire... Quoi, il y a une histoire ?
Eh bien, oui, aussi étrange que cela paraisse à certains, il y a une histoire. Certes avec tout un tas de digressions plus ou moins inutiles, qui ne servent qu'à ratisser l'ensemble des passages obligés du genre. Et cette histoire n'est pas totalement inintéressante, car je dois avouer qu'au-delà mon attrait pour les formes pulpeuses de ces demoiselles, j'ai eu envie de découvrir ce que pouvait être le mystère de Mahiru.
Je ne suis pas certain de l'avoir découvert, vu que je me suis arrêté à l'avant-dernier tome. Mais bon, en fait je m'en moque un peu, j'en savais déjà suffisamment, et cela me paraissait devenir un peu trop malsain (ça l'était déjà un peu remarquez, bien que, à l'exception de quelques passages, l'ensemble ne soit rien d'autre que "gentillet").
Dans le registre, c'est donc un titre qui ravira les fans du genre. Garanti 100% tétons, et pas trop difficile à comprendre.
Bon, maintenant, vous m'excuserez, mais il faut que je retourne voir mon psy...
Il point de ce comics quelques émotions, quelques regrets, quelques mélancolies pour ce garçon qui trouve une jeune fille qu'il aime juste au moment où il va partir à l'armée. Mais la forme et la narration m'ont plus rebuté qu'autre chose, et ont en partie brisé l'intérêt que pouvait avoir cet album à mes yeux.
Le dessin, pour commencer, dispose d'un certain charme simple. Il fait preuve d'un bel esthétisme sur certaines cases et doubles planches. Mais la plupart du temps, je trouve qu'il manque vraiment de maîtrise technique et m'apparaît tout simplement très moyen dans l'ensemble.
Quant au récit... il est complètement déstructuré par une narration décousue au possible. L'auteur a, semble-t-il, choisi de représenter son histoire à la manière des pensées du héros qui vagabondent d'un souvenir à l'autre, d'une émotion à la suivante. Tant et si bien qu'on saute d'une scène à une autre avant d'avoir pu saisir le contenu de quasiment aucune d'entre elles. A cela s'ajoute un peu d'onirisme pour embrouiller encore davantage le lecteur.
Alors, oui, certains passages m'ont fait ressentir une vague émotion, une vague amertume pour ce pauvre jeune homme qui va s'en aller vraiment au mauvais moment, pour qui les flocons tombent comme des pleurs retenus.
Mais dans l'ensemble, l'histoire m'a paru vraiment mal racontée, pas à même de faire ressentir son message correctement, brisant les émotions en brindilles insensibles.
L'envie de se mettre à feuilleter l'album m'est souvent venu, tant certains passages m'ont tout simplement indifféré.
Oeuvre assez amusante car très démodée. La volonté du dessinateur d'explorer le monde (censuré à l'époque -1968- ) de l'érotisme a donné le prétexte à Van Hamme de mélanger le genre à la mythologie pour créer une histoire onirique où il n'y a pas grand chose à comprendre, ni retirer.
Pour constater si les moeurs de l'époque ont évolué, notons une grande profusion de femmes dominatrices, enveloppées dans des tuniques forts courtes et munies de fouets du plus bel effet.
De temps à autres, les demoiselles tombent la tunique et, si elles n'ont pas de chippendales sous la main, elles cèdent volontiers à l'amour entre copines, ce qui dénote d'un esprit très sain, il faut bien le reconnaître.
Ne pas s'attendre à des saillies (?) dans un résultat finalement très sage digne d'un péplum de série B, avec des tenues plus délurées, où Cuvelier rend à merveilles les formes de ses héroïnes, qu'il sait mettre en valeur dans des positions très étudiées. On le sent en effet en pleine liberté pour exprimer ce qu'il aime, et si son trait a sans doute vieilli, il n'est pas inintéressant de voir des histoires adultes réalisées par un auteur de classiques "jeunesse" surtout dans un style désuet.
Van Hamme, face à lui, est en roue libre, et il enchaîne les péripéties tout droit sorties d'histoires grecques(!) pour présenter une héroïne fort peu farouche, aux rencontres très intéressantes. Il faut dire qu'elle est très sympathique, cette jeune fille, étant donné qu'elle a de très beaux yeux. Avouons qu'elle n'a pas besoin de tunique pour cacher des formes très généreuses, vu qu'elle les affiche avec une bonne volonté évidente.
Les féministes ne pourront pas se plaindre puisqu'il y a aussi des mâles à poils : oui oui, il y a des centaures. Et Van Hamme ne manque pas d'imagination avec des personnages qui l'intéressent...
La fin peut laisser perplexe, le dernier geste d'Epoxy signifie-t-il qu'elle choisit de replonger dans le plaisir ? Ce n'est pas la seule zone d'ombre de l'histoire.
Bref, une curiosité qui plaira surtout aux fans des auteurs, ou de vieux titres, mais malgré son charme, n'est pas une réussite par un manque total de cohérence.
Une série avec un héros sans faiblesses qui se sort toujours avantageusement et avec le sourire des pires situations peut-elle être palpitante ?
Réponse, non, puisque la fin est entendue, toujours semblable. Un solide second degré peut rendre digérable l'opération, mais encore faut-il en voir l'esprit (second degré) et l'humour (idem). Or, si on en trouve une certaine dose, c'est l'originalité qui fait défaut malgré la diversité des décors visités par notre héros et son faire-valoir Bertie (le second degré, c'est lui, c'est lui qui est chargé de la partie "humour" des aventures). Arlequin se prend trop au sérieux dans une série qui est censée ne pas l'être. Mal équilibrée, elle a du mal à intéresser.
Le dessin de Dany, période réaliste, superbe, est le point fort de ces histoires distillant grâce à lui un exotisme certain.
La reprise de Rodolphe et Jytéry rencontre l'ennui de la reprise d'une série pas réussie sans la faire évoluer : si elle est réussie, c'est qu'elle ne l'est pas (réussie). Mission réussie, puisque ce n'est pas réussi.
Rodolphe écrit des histoires peuplées de lieux communs, dotées d'un héros invincible au charme irrésistible hélas encombré d'un benêt maladroit (et moche). Tout de même, c'est fascinant de constater le mimétisme qu'il parvient à avoir avec son aîné.
Jytéry ne démérite pas, mais lui aussi est handicapé par le soin à faire du Dany, ce qui le laisse toujours en-dessous de son prédécesseur. Il fait pourtant preuve d'une belle maîtrise et d'un solide savoir-faire qui mériteraient d'être exploités sur des travaux personnels.
Une série qui manque d'une unité de ton, mais qui possède un certain charme essentiellement dû à la qualité de l'illustration.
Très adulé, ce one-shot est pourtant un concentré de poncifs du western. N'est-ce pas dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes?
Oui mais... même dans les dialogues, tout est vraiment trop téléphoné pour surprendre. Certes, le tout est bien agencé, mais les invraisemblances ( l'enfant blessé d'une balle au bras qui ne semble ressentir aucune douleur, le manchot tireur d'élite...) et le manque de personnalité de l'ensemble du scénario entraînent un ennui certain.
La fin de l'intrigue centrale donne un peu de piment à l'affaire mais Van Hamme semble conscient du peu d'originalité de son scénario, et il tente de cueillir une ultime fois son lecteur en lui assénant un épilogue aussi lourd qu'improbable qui n'arrange pas la crédibilité de l'histoire.
Heureusement, Rosinski a sorti ses pinceaux et illustre ce scénario en couleurs directes aux teintes pâles. La force de son dessin et de sa reconstitution rachète nettement la fadeur du texte. Comme quoi, cela a du bon d'être illustré par les meilleurs.
Indispensable pour les amateurs de Rosinski, très oubliable pour les amoureux de westerns.
J’ai été moyennement emballée par cette histoire, je ne suis pas vraiment entrée dans cette quête du Graal au féminin, malgré son illustre scénariste. On passe d’une saynète à une autre, c’est assez divertissant, il y a une atmosphère particulière assez séduisante, mais sans plus.
Par ailleurs, je suis très circonspecte quant au dessin. En fait, je pense sincèrement que j’aurais pu en faire autant ; il y a une certaine naïveté dans le trait, une raideur dans les postures, qui ne m’ont vraiment pas plu.
Le problème vient peut-être de là : pourquoi David B. n’a-t’il pas dessiné lui-même cette histoire ? Pourquoooiii ?? :((
Suite aux avis ci-dessous, je me suis laissé aller à l’achat du premier tome de cette série… merci Chelmi ;-)
Une histoire genre polar / aventure, des dessins sympas, une héroïne sexy : cette série avait a priori le potentiel pour me plaire. Et malheureusement, j’ai trouvé ça très bof.
Les personnages sont un peu trop caricaturaux, mais ça passe quand même car à vrai dire on s’y attend. En fait ce qui fait que je n’ai pas spécialement accroché, c’est que l’histoire manque cruellement d’originalité. Il n’y a absolument aucun suspense quant à l’issue du récit. Le lecteur subit passivement une succession d’évènements – pas franchement palpitants - qui vont nous mener à une immense fusillade (bilan 39 morts).
Je trouve donc le scénario très léger et l’ensemble un peu creux. Attention, ce n’est pas nul ou ennuyeux pour autant, c’est à peine distrayant sans plus. Je ne compte évidemment pas acheter la suite de la série.
Une bd dans laquelle apparaissent un pangolin et un Jean-Louis ne peut être foncièrement mauvaise et ce n’est pas Enclume qui me contredira ! Et mauvaise elle ne l’est pas mais je nuancerais toutefois mes propos...
Après Le gardien de la tour, le tandem Matyo / Bast récidive en plaçant leur petit gardien dans un zoo. Et la preuve en est encore une fois faite que la vie dans un zoo n’est pas de tout repos, surtout lorsqu’on est nouveau pensionnaire ou (pire) le gardien. Si certains gags prêtent à sourire, quelques crispations peuvent néanmoins venir ternir la mine joviale du lecteur. L’explication ? Premièrement, cet album est un ton en-dessous du "Gardien de la Tour". Les gags sont moins drôles, même si les pensionnaires du zoo sont de sacrés boute-en-train. Et deuxièmement parce que cet album fait inéluctablement penser à l’excellent Pedro le Coati avec des gags moins aboutis et plus passe-partout. Restent les dessins de Bast plutôt sympas bien mis en valeur par les couleurs vives de Dérian.
Bref, des mêmes auteurs, Le Gardien de la tour garde ma préférence ou pour rester dans le registre du zoo : Pedro le Coati. Cet album pourra néanmoins rester dans les annales de BDT grâce à la présence de la mascotte du site : le pangolin ! ;)
Alors je le dis tout de suite ce n'est pas une des premières BD que j'ai lue. J'ai lu quelques très bonnes BD avant de lire celle-ci, aussi bien niveau scénario que dessin. Et à partir de là je me dois de mettre un bémol à tous ces avis enthousiastes...
"Le Grand Pouvoir du Chninkel" se lit sans trop de difficultés, c'est certain. Cependant les dessins n'ont absolument rien d'exceptionnel et l'histoire est du déjà lu et relu 100 fois... C'est bien beau de faire des références à 2001 l'Odyssée de l'espace ou au christianisme, mais je n'ai pas trouvé le tout très bien imbriqué, et il y a quelques raccourcis un peu faciles je trouve...
Enfin le côté pro-chrétien de la BD m'a un peu dérangé, contrairement à d'autres comme Le Troisième Testament où je n'ai pas ressenti cette prise de position.
Bref je ne conseillerai pas cette BD comme première oeuvre pour découvrir le monde de la bande dessinée...
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Kamila
Tiens… ce dessin m’évoque Baudouin, mais un Baudouin un peu plus propre, moins rugueux, plus accessible, sans doute. Malgré quelques maladresses, il assure sur la longueur, la gestion des cadrages, du découpage et des couleurs. Sur le plan visuel, je n’ai pas grand chose à reprocher à ce dessin, certes peu original, mais abouti pour un premier album. Passons au scénario, souvent plus problématique dans une première œuvre. Résumons brièvement l’histoire : le personnage principal est un jeune rockeur, français de souche, qui a comme compagne une jeune maghrébine, travailleuse sociale, qui s’occupe des demandeurs d’asile. Un jour qu’il est en concert, son amie se fait tabasser par un skinhead dans le métro sans que personne ne réagisse. Elle meurt de la suite de ses blessures à l’hôpital. Commence alors pour le personnage principal un long et difficile travail de deuil. Voilà, ce n’est qu’un résumé, qui ne laisse pas apparaître les forces, réelles, et les faiblesses, pourtant patentes, du scénario. Première faiblesse : le caractère idéalisé des héros, ils sont jeunes, ils sont beaux, il est rockeur, elle travaille dans le social… un idéal bobo mal dégrossi, en somme… Face à cela, il y a le caractère totalement inverse du néo-nazi qui bat à mort Kamila dans le métro. Caricatural lui aussi… Trop ignoble pour être crédible. Je ne dis pas que ce genre de chose n’arrive jamais, ou ne pourrait pas arriver ; on sait parfaitement de quoi peuvent être capables certains êtres aussi bas de plafond… mais son nazi est presque trop nazi pour être crédible. Il fait trop ce que l’idéologie anti-fasciste sous-jacente de l’ouvrage attend de lui… Idéologie forcément sympathique mais qui n’exclut pas certaines simplifications. Le reste de l’ouvrage est consacré au deuil, et sur ce point là, c’est nettement plus convainquant. Il manque juste l’émotion, celle du lecteur, face à la mort ignoble d’un personnage auquel il n’est pas assez attaché…Il est un peu difficile de s’émouvoir de la mort d’un personnage et du chagrin d’un autre qui ont tout de la gravure de mode hype façon post-grunge étudié… Mais il y a des moments qui font mouche, des choses qui sont dites sur l’absence qui sont belles… Néanmoins, il y a comme un souci, le deuil est géré de manière assez classique, dans le sens où c’est l’absence qui est traitée… A aucun moment le héros ne parle de ce qu’il éprouve vis-à-vis de l’homme qui a commis cela, tout se passe comme si elle était morte de manière accidentelle, comme si cela pouvait être un accident de voiture ou une maladie, la faute à personne… Pas de trace de sentiments de vengeance, de haine envers le meurtrier. Etrangement, pas la moindre trace, non plus, d’une enquête de police… on a un peu l’impression que le bouquin passe à côté d’un sujet plus grand, nettement plus casse-gueule aussi…
Peridot
Mais, pourquoi, au fait, ai-je donc acheté presque l'intégralité de cette série ? Ah, oui... c'est que je suis un gros pervers. Je ne devrais point l'avouer en public, cela fait du mal à mon ego. Mais, que voulez-vous, mon psy m'a expliqué que c'était indispensable à ma thérapie... Bref, dans le genre assez restreint (intellectuellement) quoique développé (à plusieurs sens du terme) baston et gros nichons, Péridot n'est pas une mauvaise pioche, loin de là. Mais emporterait-il le pompon sur un Enfer & paradis (que je n'ai pas lu), aucune idée. Le coup de crayon d'Hiyoko Kobayashi est agréable, sans conteste. Les rondeurs de son trait servent parfaitement les courbes de demoiselles toujours musclées et bien en chair. Du moins ne pourra-t-on lui reprocher de militer pour l'anorexie... L'ennui est que cette facture est desservie par une impression parfois trop encrée, sur un papier qui semble de qualité moyenne, et vu le prix de ces mangas, voilà qui fait un peu 'arnaque' sur les bords. Enfin, je gage que le prix est proportionné aux appas souvent disproportionnés de ces jeunes filles, ou jeunes femmes, et que la douloureuse fait partie du soin thérapeutique... Ceci étant posé, si le style graphique est posé et léché, il n'a cependant rien de transcendant. Quant à l'histoire... Quoi, il y a une histoire ? Eh bien, oui, aussi étrange que cela paraisse à certains, il y a une histoire. Certes avec tout un tas de digressions plus ou moins inutiles, qui ne servent qu'à ratisser l'ensemble des passages obligés du genre. Et cette histoire n'est pas totalement inintéressante, car je dois avouer qu'au-delà mon attrait pour les formes pulpeuses de ces demoiselles, j'ai eu envie de découvrir ce que pouvait être le mystère de Mahiru. Je ne suis pas certain de l'avoir découvert, vu que je me suis arrêté à l'avant-dernier tome. Mais bon, en fait je m'en moque un peu, j'en savais déjà suffisamment, et cela me paraissait devenir un peu trop malsain (ça l'était déjà un peu remarquez, bien que, à l'exception de quelques passages, l'ensemble ne soit rien d'autre que "gentillet"). Dans le registre, c'est donc un titre qui ravira les fans du genre. Garanti 100% tétons, et pas trop difficile à comprendre. Bon, maintenant, vous m'excuserez, mais il faut que je retourne voir mon psy...
Nuits blanches
Il point de ce comics quelques émotions, quelques regrets, quelques mélancolies pour ce garçon qui trouve une jeune fille qu'il aime juste au moment où il va partir à l'armée. Mais la forme et la narration m'ont plus rebuté qu'autre chose, et ont en partie brisé l'intérêt que pouvait avoir cet album à mes yeux. Le dessin, pour commencer, dispose d'un certain charme simple. Il fait preuve d'un bel esthétisme sur certaines cases et doubles planches. Mais la plupart du temps, je trouve qu'il manque vraiment de maîtrise technique et m'apparaît tout simplement très moyen dans l'ensemble. Quant au récit... il est complètement déstructuré par une narration décousue au possible. L'auteur a, semble-t-il, choisi de représenter son histoire à la manière des pensées du héros qui vagabondent d'un souvenir à l'autre, d'une émotion à la suivante. Tant et si bien qu'on saute d'une scène à une autre avant d'avoir pu saisir le contenu de quasiment aucune d'entre elles. A cela s'ajoute un peu d'onirisme pour embrouiller encore davantage le lecteur. Alors, oui, certains passages m'ont fait ressentir une vague émotion, une vague amertume pour ce pauvre jeune homme qui va s'en aller vraiment au mauvais moment, pour qui les flocons tombent comme des pleurs retenus. Mais dans l'ensemble, l'histoire m'a paru vraiment mal racontée, pas à même de faire ressentir son message correctement, brisant les émotions en brindilles insensibles. L'envie de se mettre à feuilleter l'album m'est souvent venu, tant certains passages m'ont tout simplement indifféré.
Epoxy
Oeuvre assez amusante car très démodée. La volonté du dessinateur d'explorer le monde (censuré à l'époque -1968- ) de l'érotisme a donné le prétexte à Van Hamme de mélanger le genre à la mythologie pour créer une histoire onirique où il n'y a pas grand chose à comprendre, ni retirer. Pour constater si les moeurs de l'époque ont évolué, notons une grande profusion de femmes dominatrices, enveloppées dans des tuniques forts courtes et munies de fouets du plus bel effet. De temps à autres, les demoiselles tombent la tunique et, si elles n'ont pas de chippendales sous la main, elles cèdent volontiers à l'amour entre copines, ce qui dénote d'un esprit très sain, il faut bien le reconnaître. Ne pas s'attendre à des saillies (?) dans un résultat finalement très sage digne d'un péplum de série B, avec des tenues plus délurées, où Cuvelier rend à merveilles les formes de ses héroïnes, qu'il sait mettre en valeur dans des positions très étudiées. On le sent en effet en pleine liberté pour exprimer ce qu'il aime, et si son trait a sans doute vieilli, il n'est pas inintéressant de voir des histoires adultes réalisées par un auteur de classiques "jeunesse" surtout dans un style désuet. Van Hamme, face à lui, est en roue libre, et il enchaîne les péripéties tout droit sorties d'histoires grecques(!) pour présenter une héroïne fort peu farouche, aux rencontres très intéressantes. Il faut dire qu'elle est très sympathique, cette jeune fille, étant donné qu'elle a de très beaux yeux. Avouons qu'elle n'a pas besoin de tunique pour cacher des formes très généreuses, vu qu'elle les affiche avec une bonne volonté évidente. Les féministes ne pourront pas se plaindre puisqu'il y a aussi des mâles à poils : oui oui, il y a des centaures. Et Van Hamme ne manque pas d'imagination avec des personnages qui l'intéressent... La fin peut laisser perplexe, le dernier geste d'Epoxy signifie-t-il qu'elle choisit de replonger dans le plaisir ? Ce n'est pas la seule zone d'ombre de l'histoire. Bref, une curiosité qui plaira surtout aux fans des auteurs, ou de vieux titres, mais malgré son charme, n'est pas une réussite par un manque total de cohérence.
Arlequin
Une série avec un héros sans faiblesses qui se sort toujours avantageusement et avec le sourire des pires situations peut-elle être palpitante ? Réponse, non, puisque la fin est entendue, toujours semblable. Un solide second degré peut rendre digérable l'opération, mais encore faut-il en voir l'esprit (second degré) et l'humour (idem). Or, si on en trouve une certaine dose, c'est l'originalité qui fait défaut malgré la diversité des décors visités par notre héros et son faire-valoir Bertie (le second degré, c'est lui, c'est lui qui est chargé de la partie "humour" des aventures). Arlequin se prend trop au sérieux dans une série qui est censée ne pas l'être. Mal équilibrée, elle a du mal à intéresser. Le dessin de Dany, période réaliste, superbe, est le point fort de ces histoires distillant grâce à lui un exotisme certain. La reprise de Rodolphe et Jytéry rencontre l'ennui de la reprise d'une série pas réussie sans la faire évoluer : si elle est réussie, c'est qu'elle ne l'est pas (réussie). Mission réussie, puisque ce n'est pas réussi. Rodolphe écrit des histoires peuplées de lieux communs, dotées d'un héros invincible au charme irrésistible hélas encombré d'un benêt maladroit (et moche). Tout de même, c'est fascinant de constater le mimétisme qu'il parvient à avoir avec son aîné. Jytéry ne démérite pas, mais lui aussi est handicapé par le soin à faire du Dany, ce qui le laisse toujours en-dessous de son prédécesseur. Il fait pourtant preuve d'une belle maîtrise et d'un solide savoir-faire qui mériteraient d'être exploités sur des travaux personnels. Une série qui manque d'une unité de ton, mais qui possède un certain charme essentiellement dû à la qualité de l'illustration.
Western
Très adulé, ce one-shot est pourtant un concentré de poncifs du western. N'est-ce pas dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes? Oui mais... même dans les dialogues, tout est vraiment trop téléphoné pour surprendre. Certes, le tout est bien agencé, mais les invraisemblances ( l'enfant blessé d'une balle au bras qui ne semble ressentir aucune douleur, le manchot tireur d'élite...) et le manque de personnalité de l'ensemble du scénario entraînent un ennui certain. La fin de l'intrigue centrale donne un peu de piment à l'affaire mais Van Hamme semble conscient du peu d'originalité de son scénario, et il tente de cueillir une ultime fois son lecteur en lui assénant un épilogue aussi lourd qu'improbable qui n'arrange pas la crédibilité de l'histoire. Heureusement, Rosinski a sorti ses pinceaux et illustre ce scénario en couleurs directes aux teintes pâles. La force de son dessin et de sa reconstitution rachète nettement la fadeur du texte. Comme quoi, cela a du bon d'être illustré par les meilleurs. Indispensable pour les amateurs de Rosinski, très oubliable pour les amoureux de westerns.
Leonora
J’ai été moyennement emballée par cette histoire, je ne suis pas vraiment entrée dans cette quête du Graal au féminin, malgré son illustre scénariste. On passe d’une saynète à une autre, c’est assez divertissant, il y a une atmosphère particulière assez séduisante, mais sans plus. Par ailleurs, je suis très circonspecte quant au dessin. En fait, je pense sincèrement que j’aurais pu en faire autant ; il y a une certaine naïveté dans le trait, une raideur dans les postures, qui ne m’ont vraiment pas plu. Le problème vient peut-être de là : pourquoi David B. n’a-t’il pas dessiné lui-même cette histoire ? Pourquoooiii ?? :((
Lola Bogota
Suite aux avis ci-dessous, je me suis laissé aller à l’achat du premier tome de cette série… merci Chelmi ;-) Une histoire genre polar / aventure, des dessins sympas, une héroïne sexy : cette série avait a priori le potentiel pour me plaire. Et malheureusement, j’ai trouvé ça très bof. Les personnages sont un peu trop caricaturaux, mais ça passe quand même car à vrai dire on s’y attend. En fait ce qui fait que je n’ai pas spécialement accroché, c’est que l’histoire manque cruellement d’originalité. Il n’y a absolument aucun suspense quant à l’issue du récit. Le lecteur subit passivement une succession d’évènements – pas franchement palpitants - qui vont nous mener à une immense fusillade (bilan 39 morts). Je trouve donc le scénario très léger et l’ensemble un peu creux. Attention, ce n’est pas nul ou ennuyeux pour autant, c’est à peine distrayant sans plus. Je ne compte évidemment pas acheter la suite de la série.
Le Gardien du zoo
Une bd dans laquelle apparaissent un pangolin et un Jean-Louis ne peut être foncièrement mauvaise et ce n’est pas Enclume qui me contredira ! Et mauvaise elle ne l’est pas mais je nuancerais toutefois mes propos... Après Le gardien de la tour, le tandem Matyo / Bast récidive en plaçant leur petit gardien dans un zoo. Et la preuve en est encore une fois faite que la vie dans un zoo n’est pas de tout repos, surtout lorsqu’on est nouveau pensionnaire ou (pire) le gardien. Si certains gags prêtent à sourire, quelques crispations peuvent néanmoins venir ternir la mine joviale du lecteur. L’explication ? Premièrement, cet album est un ton en-dessous du "Gardien de la Tour". Les gags sont moins drôles, même si les pensionnaires du zoo sont de sacrés boute-en-train. Et deuxièmement parce que cet album fait inéluctablement penser à l’excellent Pedro le Coati avec des gags moins aboutis et plus passe-partout. Restent les dessins de Bast plutôt sympas bien mis en valeur par les couleurs vives de Dérian. Bref, des mêmes auteurs, Le Gardien de la tour garde ma préférence ou pour rester dans le registre du zoo : Pedro le Coati. Cet album pourra néanmoins rester dans les annales de BDT grâce à la présence de la mascotte du site : le pangolin ! ;)
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Alors je le dis tout de suite ce n'est pas une des premières BD que j'ai lue. J'ai lu quelques très bonnes BD avant de lire celle-ci, aussi bien niveau scénario que dessin. Et à partir de là je me dois de mettre un bémol à tous ces avis enthousiastes... "Le Grand Pouvoir du Chninkel" se lit sans trop de difficultés, c'est certain. Cependant les dessins n'ont absolument rien d'exceptionnel et l'histoire est du déjà lu et relu 100 fois... C'est bien beau de faire des références à 2001 l'Odyssée de l'espace ou au christianisme, mais je n'ai pas trouvé le tout très bien imbriqué, et il y a quelques raccourcis un peu faciles je trouve... Enfin le côté pro-chrétien de la BD m'a un peu dérangé, contrairement à d'autres comme Le Troisième Testament où je n'ai pas ressenti cette prise de position. Bref je ne conseillerai pas cette BD comme première oeuvre pour découvrir le monde de la bande dessinée...