Rémi est l'auteur de plusieurs livres parus notamment au Dernier Cri ou en auto-édition. Avec Blasphème au Paradis, il nous présente une véritable bande dessinée d'images, sans case, sans texte, et qui, à l'instar des contes, entraîne le lecteur dans une narration aussi simple et fluide que chargée de multiples allégories.
Cependant, je n'ai guère adhéré à l'univers plutôt très glauque de cet auteur. L'allégorie de l'homme-cochon, il fallait le faire ! Encore du pseudo-intellectualisme de base !
Quand on devient un animal, on n'a plus aucune considération pour la nature humaine. Par contre, on peut faire une crise de larme quand une mouche est écrasée. Je connais également quelqu'un dans mon entourage qui développe le même état d'esprit au-delà d'une quelconque cause animale. Je ne partage pas cette vision des choses. Dès lors, cela sera difficile d'apprécier les visions d'horreur de l'auteur. Enfer ou paradis ? En tout cas, gare au blasphème !
Je n'ai lu la collection que très récemment et je dois dire que je n'ai pas été subjugué.
Je reconnais les qualités d'observation de Binet sur les travers des couples de français moyen, et son talent pour les présenter avec humour. Mais j'ai trouvé les albums assez inégaux. Il y a certes de bonnes historiettes, mais d'autres sont vraiment téléphonées et même parfois n'ont pas vraiment de chute.
Le dessin est minimaliste (à l'extrême dans le 1er tome) et je dois reconnaitre que pour moi, une bande DESSINEE se doit de faire des efforts sur le dessin justement.
Enfin voilà, j'ai beaucoup souris aux travers de nos 2 beaufs, souvent intérieurement d'ailleurs, mais au final l'impression qui me reste c'est : ouais, bof.
Dans les petites séries policières qui ne se prennent pas trop au sérieux, j’ai testé Beluga.
Bof …
Pourtant, j’étais de bonne humeur, et à la recherche de quelque chose de pas trop casse-tête, mais cette série manque cruellement de consistance. Dans la même lignée qu’un Léo Loden, ce Beluga n’atteint pas la même qualité, ni au niveau des dialogues, ni au niveau du dynamisme.
Comme dans bien des séries du genre, les auteurs nous offrent un couple vedette avec un héros rusé/intelligent et pince-sans-rire et un « adjoint » qui joue les pitres de service. Le grave problème du comparse de Beluga, c’est que son humour à deux balles m’arrache difficilement un sourire. Les dialogues manquent de naturel et de fluidité et les « citations » humoristiques de Kader sont insérées dans l’histoire avec la finesse d’une tractopelle.
Comme dans bien des séries du genre, une présence féminine est assurée par un second rôle sexy. Dans le cas présent, ce rôle est assuré par une pickpocket (Beluga, lui-même, est un cambrioleur) dont le champ d’action est des plus limités. En résumé : c’est une vraie potiche !
Comme dans bien des séries, le scénario offre de nombreux rebondissements et courses-poursuites. Le problème de ce Beluga, c’est que l’ensemble manque cruellement de dynamisme. Les courses-poursuites semblent se trainer et les rebondissements n’ont pas suffisamment d’originalité pour me surprendre.
Comme dans bien des séries, les tomes se finissent par le … Ah, ben non, tiens, les auteurs ont mal calculés leur coup dans le deuxième tome, et n’ont même pas le temps de développer un gag final. Il faut dire qu’à force de se trainer, cette histoire était encore loin de sa conclusion à deux planches de son terme.
Le graphisme est à l’image de la série. De prime abord sympathique, il se révèle manquer de profondeur à l’usage. Le trait d’Alain Maury est d’une agréable lisibilité, ses décors (lorsqu’ils sont présents) sont agréables à l’œil, mais ses scènes d’action manquent de dynamisme, d’explosivité, une caractéristique importante dans ce genre humoristico-policier.
Décevant …
Jason sort enfin un peu de son oeuvre habituelle même si on a droit toujours aux mêmes personnages.
Ici, il s'agit d'un mélange indigeste entre le dernier mousquetaire qui a survécu pendant 400 ans on ne sait comment et la planète Mars qui est habitée par un empereur rêvant de conquérir la Terre avec des robots dignes du film "Planète interdite". Oui, c'est kitch à souhait.
Bien entendu, même la nonchalance des protagonistes fait mal passer la pilule. On s'ennuie également très vite car les péripéties sont enfantines.
Je me demande ce que l'auteur a voulu prouver en réalisant cette bd. Un clin d'oeil aux invasions martiennes ? Etait-ce pour souligner éventuellement que c'est un OVNI dans le paysage de la bd européenne ? Un pour tous et tous pour un dans une société en perte de valeurs ? ... Bref, ce n'est pas la joie.
Difficile de juger cette série qui selon moi est vraiment en dents de scie. Il y a des choses que j'ai aimées et d'autres pas du tout. De plus mon jugement est différent selon les deux cycles.
Contrairement à beaucoup, dans le premier cycle, je n'ai pas aimé les dessins : trop brouillons et trop fouillis, les couleurs sont sombres, ternes et j'ai eu parfois du mal à distinguer les personnages du décor. Quant au scénario, l'idée de base est intéressante, mais ça me semble bâclé : ça va trop vite au niveau de l'histoire et c'est haché au niveau des scènes où on a souvent l'impression de passer du coq à l'âne. Un peu d'humour permet de relever le tout (surtout le tome dans le donjon où il y a beaucoup de clichés) mais j'ai tout de même un bilan assez fade après ce premier cycle et j'ai même hésité à lire la suite.
Et surprise, j'ai apprécié d'autant plus les dessins du second cycle. Que ce soit la colorisation ou les dessins un peu plus travaillés. Le scénario quant à lui reste un peu bateau, il y a beaucoup moins d'humour. L'idée de profiter de l'arrivée d'une nouvelle race pour aborder la discrimination et expliquer les guerres par rancune est intéressante. Les horreurs de la guerre sont très bien amenées (dans un sens et dans l'autre), ridiculisant la naissance du conflit. Le passage dans le ghetto permet aussi de montrer le résultat d'une oppression. Bref, c'est presque le dernier volume que j'ai trouvé le plus intéressant pour son aspect dénonciateur des guerres, exterminations et oppression, et comme il est facile de passer du mauvais côté de la barrière.
Je reste tout de même sur une note assez basse car je retiens un tout un peu décousu et un scénario mal ficelé. Je m'attendais à beaucoup mieux.
Deuxième album que je lis de Will Eisner, deuxième fois que je trouve ses propos très caricaturaux.
Ici, nous avons droit à la saga d’une riche famille juive allemande immigrée aux Etats-Unis. Le profil des différents membres de la famille m’est apparu on ne peut plus stéréotypé, et l’absence totale de morale à la fin de ce long récit a fini de me décevoir. Car, en définitive, la morale de cette histoire, c’est que les riches sont des salauds, et que les pauvres ne valent pas mieux car ils leur deviennent semblables dès qu’on leur en donne la possibilité. C’est un peu simpliste, me semble t’il.
Mais si le fond ne m’a guère emballé, je dois admettre que la forme est plus plaisante. Le trait de Will Eisner est agréablement lisible et expressif. Par contre, l’artiste rate complètement certains personnages, qui paraissent 10, 15 voire 40 ans de plus que leur âge supposé. Et si l’histoire m’a laissé très froid, je trouve que sa narration est agréable à lire, à l’exception de deux grosses erreurs sans doute dues à la traduction.
Très faible, selon moi, et sans grand intérêt. Un « bon » bof, en résumé …
Un premier tome excellent, et conçu presque comme un one-shot, s’il n’y avait eu cette fin ouverte.
Une suite qui plonge dans cette ouverture, mais dans laquelle les improbabilités se multiplient. A commencer par ce héros, qui se veut être un monsieur tout-le-monde, mais qui se révèle quasi indestructible. Et puis cette histoire abracadabrante de jumelles qui, chez moi, a du mal à passer. L’action est cependant constamment au rendez-vous et permet de partiellement gommer les absurdités de ce scénario.
Un second cycle assez quelconque, poussif même, alors que le dynamisme était justement jusqu’alors ce qui caractérisait le mieux la série. Le scénario n’y gagne cependant pas en crédibilité, ce qui a le don de m’achever.
Un dessin agréable du début à la fin, mais qui manque de personnalité selon moi. Les personnages ressemblent trop souvent à des mannequins et manquent par conséquent d’humanité. Une plastique féminine parfaite et dénudée, à faible dose, ça fait plaisir. Mais à forte dose, ... j’ai l’impression d’assister à un défilé de poupées gonflables (la pipette en moins). Les méchants ont trop la tête de l’emploi (tout comme les gentils d’ailleurs) pour totalement me convaincre. Mais le dynamisme de ce dessin est indiscutable et les véhicules sont convaincants. C'est donc, et j'insiste, un travail très correct qui plaira sans aucun doute à beaucoup de lecteurs.
Si le premier tome avait été un réel one-shot, je lui aurais accordé un 4/5 sans hésitation. La suite ne vaut déjà plus qu’un bon 2/5. Quant à la fin, je ne peux même pas dire que je l’ai détestée, tant je me suis ennuyé.
Bof, donc, même si je vous invite chaleureusement à découvrir le premier et très bon album de la série.
Mouaiche... une BD érotique qui semble susciter un certain consensus, voilà qui avait de quoi titiller ma curiosité... mais après lecture de ces "110 pilules", je dois avouer les avoir trouvées difficiles à avaler et il y a fort à parier que j'aurai oublié jusqu'à leur existence dans quelques jours.
Alors, certes, quand on compare cette œuvre au tout venant de la BD érotique/pornographique, qui est un peu le thème poubelle de la BD (avec les BDs "humoristiques" de supermarchés), on a clairement une œuvre qui sort du vide-ord... du panier.
Jugez plutôt : les dessins sont corrects et il y a un semblant de scénario !
Personnellement il en faut un peu plus pour susciter mon enthousiasme...
Le dessin est certes techniquement bon, mais il ne dégage à mes yeux quasiment aucune sensualité (hormis sur la très belle nouvelle couverture). Or s'il est bien un domaine où un minimum de sensualité est requis, c'est bien l'érotisme ! ... on est très très loin du très magnifique Troubles fêtes de Loisel, où quelques cases dessinées amoureusement, comme celles où une plantureuse jeune femme fait ses ablutions, sont plus troublantes que tout un tome de ces "110 pilules".
Quant à l'histoire, bon ok il y en a une, mais bon, pas de quoi sauter au plafond non plus.
Bref, cet album ne sort à mon avis du lot que parce que le reste du lot est particulièrement affligeant... mais il reste anecdotique.
Je m'attendais à un truc du genre Léon La Came et je suis déçu. Certes, il y a de la poésie et du cynisme, mais ça ne m'a pas du tout touché ni intéressé. Le premier tome n'est qu'une suite ennuyante d'anecdotes. Il ne se passe rien de captivant. Le tome suivant est mieux structuré et je pensais enfin que j'allais trouver la série intéressante. Malheureusement, c'est une enquête banale où on connaît le coupable dès les premières pages.
19 euros pour cette bd ! Le diable serait-il derrière tout ça ? Un graphisme basique, avec des visages qui ont tendance à se ressembler, des décors réduits au minimum, des couleurs monotones bien que le noir soit bien utilisé et apporte un peu de contraste.
Quant au scénario il est réduit à peu de choses, on n'apprend pas grand choses sur cette communauté de femmes, tout à tendance à tourner autour d'une supercherie afin de se faire accepter par le pouvoir religieux, essentiellement masculin. C'est aussi un peu moralisateur et surtout très manichéen. Comme dit Pierig : on reste sur sa faim. Pour ma part, ça ne m'a même pas ouvert l'appétit et surtout ça se lit extrêmement vite.
Ils auraient dû lâcher Manara dans le couvent, il se serait peut-être passé quelque chose...
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Blasphème au paradis
Rémi est l'auteur de plusieurs livres parus notamment au Dernier Cri ou en auto-édition. Avec Blasphème au Paradis, il nous présente une véritable bande dessinée d'images, sans case, sans texte, et qui, à l'instar des contes, entraîne le lecteur dans une narration aussi simple et fluide que chargée de multiples allégories. Cependant, je n'ai guère adhéré à l'univers plutôt très glauque de cet auteur. L'allégorie de l'homme-cochon, il fallait le faire ! Encore du pseudo-intellectualisme de base ! Quand on devient un animal, on n'a plus aucune considération pour la nature humaine. Par contre, on peut faire une crise de larme quand une mouche est écrasée. Je connais également quelqu'un dans mon entourage qui développe le même état d'esprit au-delà d'une quelconque cause animale. Je ne partage pas cette vision des choses. Dès lors, cela sera difficile d'apprécier les visions d'horreur de l'auteur. Enfer ou paradis ? En tout cas, gare au blasphème !
Les Bidochon
Je n'ai lu la collection que très récemment et je dois dire que je n'ai pas été subjugué. Je reconnais les qualités d'observation de Binet sur les travers des couples de français moyen, et son talent pour les présenter avec humour. Mais j'ai trouvé les albums assez inégaux. Il y a certes de bonnes historiettes, mais d'autres sont vraiment téléphonées et même parfois n'ont pas vraiment de chute. Le dessin est minimaliste (à l'extrême dans le 1er tome) et je dois reconnaitre que pour moi, une bande DESSINEE se doit de faire des efforts sur le dessin justement. Enfin voilà, j'ai beaucoup souris aux travers de nos 2 beaufs, souvent intérieurement d'ailleurs, mais au final l'impression qui me reste c'est : ouais, bof.
Beluga
Dans les petites séries policières qui ne se prennent pas trop au sérieux, j’ai testé Beluga. Bof … Pourtant, j’étais de bonne humeur, et à la recherche de quelque chose de pas trop casse-tête, mais cette série manque cruellement de consistance. Dans la même lignée qu’un Léo Loden, ce Beluga n’atteint pas la même qualité, ni au niveau des dialogues, ni au niveau du dynamisme. Comme dans bien des séries du genre, les auteurs nous offrent un couple vedette avec un héros rusé/intelligent et pince-sans-rire et un « adjoint » qui joue les pitres de service. Le grave problème du comparse de Beluga, c’est que son humour à deux balles m’arrache difficilement un sourire. Les dialogues manquent de naturel et de fluidité et les « citations » humoristiques de Kader sont insérées dans l’histoire avec la finesse d’une tractopelle. Comme dans bien des séries du genre, une présence féminine est assurée par un second rôle sexy. Dans le cas présent, ce rôle est assuré par une pickpocket (Beluga, lui-même, est un cambrioleur) dont le champ d’action est des plus limités. En résumé : c’est une vraie potiche ! Comme dans bien des séries, le scénario offre de nombreux rebondissements et courses-poursuites. Le problème de ce Beluga, c’est que l’ensemble manque cruellement de dynamisme. Les courses-poursuites semblent se trainer et les rebondissements n’ont pas suffisamment d’originalité pour me surprendre. Comme dans bien des séries, les tomes se finissent par le … Ah, ben non, tiens, les auteurs ont mal calculés leur coup dans le deuxième tome, et n’ont même pas le temps de développer un gag final. Il faut dire qu’à force de se trainer, cette histoire était encore loin de sa conclusion à deux planches de son terme. Le graphisme est à l’image de la série. De prime abord sympathique, il se révèle manquer de profondeur à l’usage. Le trait d’Alain Maury est d’une agréable lisibilité, ses décors (lorsqu’ils sont présents) sont agréables à l’œil, mais ses scènes d’action manquent de dynamisme, d’explosivité, une caractéristique importante dans ce genre humoristico-policier. Décevant …
Le Dernier Mousquetaire
Jason sort enfin un peu de son oeuvre habituelle même si on a droit toujours aux mêmes personnages. Ici, il s'agit d'un mélange indigeste entre le dernier mousquetaire qui a survécu pendant 400 ans on ne sait comment et la planète Mars qui est habitée par un empereur rêvant de conquérir la Terre avec des robots dignes du film "Planète interdite". Oui, c'est kitch à souhait. Bien entendu, même la nonchalance des protagonistes fait mal passer la pilule. On s'ennuie également très vite car les péripéties sont enfantines. Je me demande ce que l'auteur a voulu prouver en réalisant cette bd. Un clin d'oeil aux invasions martiennes ? Etait-ce pour souligner éventuellement que c'est un OVNI dans le paysage de la bd européenne ? Un pour tous et tous pour un dans une société en perte de valeurs ? ... Bref, ce n'est pas la joie.
Troll
Difficile de juger cette série qui selon moi est vraiment en dents de scie. Il y a des choses que j'ai aimées et d'autres pas du tout. De plus mon jugement est différent selon les deux cycles. Contrairement à beaucoup, dans le premier cycle, je n'ai pas aimé les dessins : trop brouillons et trop fouillis, les couleurs sont sombres, ternes et j'ai eu parfois du mal à distinguer les personnages du décor. Quant au scénario, l'idée de base est intéressante, mais ça me semble bâclé : ça va trop vite au niveau de l'histoire et c'est haché au niveau des scènes où on a souvent l'impression de passer du coq à l'âne. Un peu d'humour permet de relever le tout (surtout le tome dans le donjon où il y a beaucoup de clichés) mais j'ai tout de même un bilan assez fade après ce premier cycle et j'ai même hésité à lire la suite. Et surprise, j'ai apprécié d'autant plus les dessins du second cycle. Que ce soit la colorisation ou les dessins un peu plus travaillés. Le scénario quant à lui reste un peu bateau, il y a beaucoup moins d'humour. L'idée de profiter de l'arrivée d'une nouvelle race pour aborder la discrimination et expliquer les guerres par rancune est intéressante. Les horreurs de la guerre sont très bien amenées (dans un sens et dans l'autre), ridiculisant la naissance du conflit. Le passage dans le ghetto permet aussi de montrer le résultat d'une oppression. Bref, c'est presque le dernier volume que j'ai trouvé le plus intéressant pour son aspect dénonciateur des guerres, exterminations et oppression, et comme il est facile de passer du mauvais côté de la barrière. Je reste tout de même sur une note assez basse car je retiens un tout un peu décousu et un scénario mal ficelé. Je m'attendais à beaucoup mieux.
La Valse des Alliances
Deuxième album que je lis de Will Eisner, deuxième fois que je trouve ses propos très caricaturaux. Ici, nous avons droit à la saga d’une riche famille juive allemande immigrée aux Etats-Unis. Le profil des différents membres de la famille m’est apparu on ne peut plus stéréotypé, et l’absence totale de morale à la fin de ce long récit a fini de me décevoir. Car, en définitive, la morale de cette histoire, c’est que les riches sont des salauds, et que les pauvres ne valent pas mieux car ils leur deviennent semblables dès qu’on leur en donne la possibilité. C’est un peu simpliste, me semble t’il. Mais si le fond ne m’a guère emballé, je dois admettre que la forme est plus plaisante. Le trait de Will Eisner est agréablement lisible et expressif. Par contre, l’artiste rate complètement certains personnages, qui paraissent 10, 15 voire 40 ans de plus que leur âge supposé. Et si l’histoire m’a laissé très froid, je trouve que sa narration est agréable à lire, à l’exception de deux grosses erreurs sans doute dues à la traduction. Très faible, selon moi, et sans grand intérêt. Un « bon » bof, en résumé …
Gil St André
Un premier tome excellent, et conçu presque comme un one-shot, s’il n’y avait eu cette fin ouverte. Une suite qui plonge dans cette ouverture, mais dans laquelle les improbabilités se multiplient. A commencer par ce héros, qui se veut être un monsieur tout-le-monde, mais qui se révèle quasi indestructible. Et puis cette histoire abracadabrante de jumelles qui, chez moi, a du mal à passer. L’action est cependant constamment au rendez-vous et permet de partiellement gommer les absurdités de ce scénario. Un second cycle assez quelconque, poussif même, alors que le dynamisme était justement jusqu’alors ce qui caractérisait le mieux la série. Le scénario n’y gagne cependant pas en crédibilité, ce qui a le don de m’achever. Un dessin agréable du début à la fin, mais qui manque de personnalité selon moi. Les personnages ressemblent trop souvent à des mannequins et manquent par conséquent d’humanité. Une plastique féminine parfaite et dénudée, à faible dose, ça fait plaisir. Mais à forte dose, ... j’ai l’impression d’assister à un défilé de poupées gonflables (la pipette en moins). Les méchants ont trop la tête de l’emploi (tout comme les gentils d’ailleurs) pour totalement me convaincre. Mais le dynamisme de ce dessin est indiscutable et les véhicules sont convaincants. C'est donc, et j'insiste, un travail très correct qui plaira sans aucun doute à beaucoup de lecteurs. Si le premier tome avait été un réel one-shot, je lui aurais accordé un 4/5 sans hésitation. La suite ne vaut déjà plus qu’un bon 2/5. Quant à la fin, je ne peux même pas dire que je l’ai détestée, tant je me suis ennuyé. Bof, donc, même si je vous invite chaleureusement à découvrir le premier et très bon album de la série.
Les 110 Pilules
Mouaiche... une BD érotique qui semble susciter un certain consensus, voilà qui avait de quoi titiller ma curiosité... mais après lecture de ces "110 pilules", je dois avouer les avoir trouvées difficiles à avaler et il y a fort à parier que j'aurai oublié jusqu'à leur existence dans quelques jours. Alors, certes, quand on compare cette œuvre au tout venant de la BD érotique/pornographique, qui est un peu le thème poubelle de la BD (avec les BDs "humoristiques" de supermarchés), on a clairement une œuvre qui sort du vide-ord... du panier. Jugez plutôt : les dessins sont corrects et il y a un semblant de scénario ! Personnellement il en faut un peu plus pour susciter mon enthousiasme... Le dessin est certes techniquement bon, mais il ne dégage à mes yeux quasiment aucune sensualité (hormis sur la très belle nouvelle couverture). Or s'il est bien un domaine où un minimum de sensualité est requis, c'est bien l'érotisme ! ... on est très très loin du très magnifique Troubles fêtes de Loisel, où quelques cases dessinées amoureusement, comme celles où une plantureuse jeune femme fait ses ablutions, sont plus troublantes que tout un tome de ces "110 pilules". Quant à l'histoire, bon ok il y en a une, mais bon, pas de quoi sauter au plafond non plus. Bref, cet album ne sort à mon avis du lot que parce que le reste du lot est particulièrement affligeant... mais il reste anecdotique.
Les Aventures de Philibert
Je m'attendais à un truc du genre Léon La Came et je suis déçu. Certes, il y a de la poésie et du cynisme, mais ça ne m'a pas du tout touché ni intéressé. Le premier tome n'est qu'une suite ennuyante d'anecdotes. Il ne se passe rien de captivant. Le tome suivant est mieux structuré et je pensais enfin que j'allais trouver la série intéressante. Malheureusement, c'est une enquête banale où on connaît le coupable dès les premières pages.
Urielle
19 euros pour cette bd ! Le diable serait-il derrière tout ça ? Un graphisme basique, avec des visages qui ont tendance à se ressembler, des décors réduits au minimum, des couleurs monotones bien que le noir soit bien utilisé et apporte un peu de contraste. Quant au scénario il est réduit à peu de choses, on n'apprend pas grand choses sur cette communauté de femmes, tout à tendance à tourner autour d'une supercherie afin de se faire accepter par le pouvoir religieux, essentiellement masculin. C'est aussi un peu moralisateur et surtout très manichéen. Comme dit Pierig : on reste sur sa faim. Pour ma part, ça ne m'a même pas ouvert l'appétit et surtout ça se lit extrêmement vite. Ils auraient dû lâcher Manara dans le couvent, il se serait peut-être passé quelque chose...