Je viens de relire le premier tome de L'âge d'eau. On est enveloppé par l'humanité qui se dégage de ce récit, on sent aussi l'inquiétude de son auteur, préoccupé par l'état du monde actuel et celui à venir, mais le poète continue de nous émerveiller avec ces planches superbes, cette façon tendre et chaleureuse de croquer ses personnages au détour de quelques mots ou de brefs regards échangés.
L'histoire se situe dans les Pays de la Loire, les terres sont en grande partie submergées, mais ici ou là, quelques individus s'obstinent à vivre au fil de l'eau et tentent d'échapper aux fonctionnaires zélés du gouvernement qui voit d'un mauvais œil ces brebis égarées. Au chaos du monde et à une sécurité relative (face à la montée des eaux, la plupart préfèrent se regrouper derrière des digues de plus en plus hautes et suivre sans broncher les directives d'un gouvernement de plus en plus autoritaire), Flao oppose l'espoir, la volonté farouche de liberté de ses personnages et la poésie.
De l'aveu même de son auteur, l'écriture du tome 2 ne fut pas facile, Flao a cherché longtemps le bon angle avant de poursuivre son histoire, mais j'ai hâte de retrouver Hans, l'intrépide activiste, son frère, Gorza, un gentil géant taiseux et leur compagnon, un intrigant chien bleu, semblant venir de temps immémoriaux, magnétique narrateur de ce récit qui observe avec sagacité et magnanimité les personnages qu'il est amené à croiser et qui nous donne à voir la beauté vibrante du monde. Et ça tombe bien, le tome 2 sort bientôt !
Edit tome 2 :
Cet album va probablement diviser, mais j'ai trouvé cette conclusion réussie.
Au début, j'ai eu peur que Flao se perde et nous perde avec lui, mais à l'arrivée, les nuages se sont dissipés (à l'image des horizons éclatants de la dernière partie) et j'ai été pris une fois de plus par ce voyage au fil de l'eau.
Il y a des cases somptueuses, de véritables peintures, des situations cocasses (deux ou trois scènes franchement drôles
), un parti pris politique qui pourra agacer ou interpeller, c'est selon, on sent que l'auteur s'intéresse aux diverses formes de résistance, de contestation qui ont commencé à émerger ici ou là.
J'ai aimé la vision crédible qu'il donne de ce monde non pas post-apocalyptique, mais simplement de notre monde tel qu'il pourrait l'être bientôt, j'ai aimé comment il a visiblement nourri son œuvre de ce qu'il a déjà observé au cours de ses multiples voyages à travers le monde et ce n'est pas la moindre des qualités de L'âge d'eau que de réinventer le carnet de voyage à travers ce récit d'anticipation. Son expérience de voyageur irrigue L'âge d'eau. La vision de ce que nous deviendrons bientôt peut-être se mêle à ce qu'il a déjà observé ailleurs et ces moments, ces lieux qui s'entremêlent collent parfaitement à son récit qui souligne les liens quasi sacrés entre toutes les manifestations du vivant depuis les origines de notre monde.
Flao nous livre donc un témoignage sensible. Voyageur toujours sur le départ, assoiffé de grands espaces, il nous livre sa vision forcément inquiète du monde actuel, mais à l'image de ces cases lumineuses, il semble nous dire que l'espoir est toujours là, que nous pouvons encore changer, selon nos rêves et nos aspirations, notre rapport au monde.
Ayant bien apprécié la trilogie d’origine, je poursuis naturellement et avec une certaine curiosité l’exploration de ce monde alternatif.
A noter que pour les nouveaux lecteurs, pas d’obligation de lire la 1ere trilogie, le contexte et les faits sont bien campés en introduction/préface. On retrouve également une partie des créateurs d’origine, ce qui assure une certaine continuité tant graphique que scenaristique.
Bon avec ça, j’ai pratiquement tout dit, j’ai retrouvé le même plaisir de lecture avec cette version World War V. On poursuit l’histoire et la conclusion ouverte de la 1ere mouture.
On est sur du comics divertissant, certes pas bien profond mais avec un petit plaisir coupable de découvrir ce monde dévasté, principalement dû au devenir de personnages bien connus (ou parfois moins) : mort, résistant, transformé … ? Les scénaristes s’amusent, perso j’aime beaucoup le côté vicieux et perfides qu’ils donnent aux héros transformés, et l’histoire s’est ménagée un certain suspense pour passer un bon moment, ainsi que quelques chouettes trouvailles.
Pas indispensable mais assez fun à lire, je poursuivrai ma découverte de cet univers.
Décidément, je rencontre de plus en plus Matz là où je ne l'attendais pas. Après son Histoire de la mer, je le retrouve ici dans un récit qui me fait connaître sa passion d'entomologiste.
L'intrigue est un peu légère, et quelque peu bancale.
La recherche effrénée d'une espèce de papillons ayant migré loin de sa zone traditionnelle en Amazonie, menée par un entomologiste renommé et sa nièce est intéressante, même si elle n'est parfois qu'un prétexte pour parler de papillons.
Pour dynamiser cette histoire, Matz y ajoute un aspect thriller, avec des investisseurs cyniques souhaitant exploiter les richesses amazoniennes, qui n'hésitent pas à envoyer des barbouzes pour chasser, voire tuer les Indiens de la région et aussi l'expédition papillonphile.
Ce mélange passe plutôt bien, mis à part une chose qui ne m'a pas convaincu. Pour soutenir son travail et l'aider dans sa traque du mystérieux papillon, notre entomologiste fait appel au crowdfounding, et des contributeurs viennent l'aider en Amazonie, certains avec des armes, combattants les barbouzes. Trop improbable pour moi.
Le dessin de Bézian est vraiment très bon. De superbes planches en Noir et Blanc, rehaussées par de petites touches de couleur lorsque volent des papillons (très joliment représentés). Les visages sont un peu plus brouillon, moins taillés à la serpe que d'habitude chez lui.
Au final, un album original, un peu léger, à découvrir à l'occasion.
Après La voix des bêtes, le sang des hommes, j'avais résolu de suivre Thomas Gilbert. Et je suis bien content de m'être tenu à cette idée car Caballero Bueno est à nouveau une très belle réussite.
Je retrouve son trait agréable et précis, ici un chouïa plus gras, et rehaussé de couleurs plus franches, ce qui sied parfaitement à l'ambiance oppressante de ce huis-clos de polar. Huis-clos ou presque puisque se déroulant entièrement sur le petit caillou inhospitalier de l'Ile de Pâques. Ça pleut presque en permanence, ce qui ajoute encore à l'atmosphère pesante. Et c'est dans ce cadre qu'évoluent des personnages aussi bien taillés que les statues qui ornent les pentes de l'île. L'inspecteur Valverde est bien entendu celui qui focalise l’attention, avec son bon gros quintal, son cigare et ses yeux oranges vifs, jouant habilement avec les clichés, mais la place est faite aux autres protagonistes dont les caractères émergent progressivement, ainsi que leur raison d’être et tout ce qui les anime.
Je ne suis habituellement pas très fan du genre polar, mais l’ambiance graphique forte a fait le reste. En outre, le scénar, basé sur l’expérience du grand-père de Thomas Lavachery, est bien troussé et la tension ne fait que s’accroitre. Du tout bueno !
Le sous-titre « une enquête de l’inspecteur Valverde » laisse en effet auguré d’une suite possible. Affaire à suivre…
En lisant Monster, j’ai d’abord été intrigué par l’histoire de Kenneth, ce garçon qui découvre enfin le secret caché dans sa maison, et surtout ce qu’il s’est passé avec son père. Le début est prometteur, avec une ambiance un peu sombre et mystérieuse qui rappelle les vieux comics d’horreur. Mais très vite, l’histoire devient plus classique : on assiste surtout à une fuite constante entre Kenneth, son oncle Terry et la police. J’ai trouvé ça un peu répétitif, comme si le récit tournait en rond. J’aurais aimé que le scénario aille un peu plus loin ou prenne des directions moins attendues. C’est dommage qu’Alan Moore n’ait écrit que les premières pages, car je pense qu’il aurait pu donner plus de profondeur à l’histoire.
La BD parle de peur, de secret, et de relations compliquées dans une famille. J’ai ressenti une sorte de tristesse mêlée à la peur quand Kenneth doit affronter son oncle, à la fois effrayant et presque attachant. Le thème du monstre différent, mal compris, est intéressant, même si parfois ça reste simple et un peu naïf. J’ai aussi ressenti une ambiance un peu nostalgique, comme un hommage aux histoires d’horreur d’autrefois, mais sans surprise majeure. Le côté thriller et course-poursuite prend le dessus, et j’aurais préféré que l’histoire explore plus les sentiments ou le mystère.
Kenneth est un garçon courageux et attachant, mais assez classique. Terry, l’oncle, est vraiment le personnage principal pour moi. Il fait peur, par sa force et son apparence, mais on sent qu’il n’est pas vraiment méchant au fond. J’ai parfois été partagé entre la peur de lui et la tristesse pour sa condition. Cependant, leurs réactions restent assez simples, et leurs dialogues m’ont paru un peu répétitifs. Je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher à eux, peut-être parce que leurs émotions ne sont pas assez développées. Le reste des personnages est surtout là pour faire avancer la fuite, sans grande surprise.
Le dessin est ce qui m’a le plus plu dans cette BD. Le noir et blanc donne une vraie ambiance sombre et lourde, qui rappelle les comics d’horreur classiques. Le trait de Redondo est très expressif, avec beaucoup de détails qui renforcent cette atmosphère inquiétante. La transition entre les dessinateurs se fait bien, et les scènes de peur sont bien rendues. C’est un vrai plus qui donne envie de continuer la lecture même quand le scénario perd un peu de rythme.
Un comics pour les jeunes pas trop mal, mais qui ne m'a pas trop séduit quoique cela doit être en partie parce que je ne fais pas partie du public cible.
Le dessin est agréable dans le style qu'on retrouve de nos jours dans les comics qui s'adresse aux ados et/ou jeunes d'au moins 8-10 ans. Cela peut manquer de personnalité, mais ce n'est pas trop grave. Mes réticences vient plus du coté du scénario. Il est pas mal avec des personnages bien campés et l'histoire est un peu plus complexe qu'il semble au premier coup d'œil, mais je trouve que la narration manque de dynamisme et aussi que c'est un peu trop long. J'en ai lu des albums de bandes dessinées de plus de 200 pages dans ma vie et le nombre de pages ne me fait pas peur, mais ici j'ai eu l'impression que le scénario était un peu inutilement étiré et qu'il y a des passages où il se passe pas grand chose de bien intéressant. Lorsque j'ai enfin fini l'album, j'étais bien content d'avoir enfin terminé avec un récit qui semblait s'éternisé !
Un album à emprunter à la bibliothèque.
Amusante cette série. Pas assez pour le 4* mais mon ressenti tend vers le 3,5.
Même si le concept n’est pas bien profond, ça assure bien le divertissement et j’ai surtout apprécié le soin apporté à la réalisation et la bonne tenue sur la longueur. Je souligne ce détail car sur ce point ça se démarque amplement et positivement de sa consœur et concurrente (qui use un peu du même concept à savoir Marvel zombies).
Pour ceux qui seraient un peu perdu et comme son nom l’indique, cette trilogie (indépendante de toute chronologie ou séries) invite les vampires dans l’univers des super-héros DC. Bon à priori, nos amis aux longues canines ont toujours été présents mais cachés du monde, cette fois ils sortent de leur tanière avec des velléités de domination du monde …
Malgré la pléthore d’artistes qui se partagent l’affiche, c’est plutôt homogène et efficace dans l’intrigue. On sent une montée en puissance et un tournant pour l’humanité. Le 1er tome verra la sortie de l’ombre de cette menace, on élimine ou gangrène les protecteurs discrètement. Le 2eme la mise en place de leur plan : nuage de cendres permanent pour cacher le soleil, mise en place de ferme de sang … et bien sûr apparition de nombreuses poches de résistance. Le dernier tome marquera la confrontation et dernier baroud d'honneur pour éliminer la menace, on aura droit à une fin satisfaisante mais ouverte (nota : en enregistrant la série, je vois qu’une suite vient de paraître : DC Vampires : World War V).
C’est loin d’être le meilleur récit de vampires ou super-héros lu mais la mayonnaise des 2 univers réunis fonctionnent bien dans le cas présent. Je pense aussi que pour bien apprécier, en plus de posséder un peu d’intérêt pour le fond, c’est d’avoir à minima quelques connaissances sur les héros (et méchants) DC. Ici c’est la grande réunion de famille et une bonne part du plaisir de lecture vient de leur devenir et personnalités : mort, transformé … ? (Ne vous fiez pas aux couvertures aguicheuses mais trompeuses).
Un autre beau tour de force (d’autant plus pour du comics), c’est que niveau narration/chapitrage et esthétisme nous sommes dans une moyenne haute. On alterne de nombreux dessinateurs et héros mais sans perte de repères.
Bref un petit plaisir coupable de bonne qualité, à noter la présence de G. Singelin au casting le temps d’un interlude.
Une jolie BD mais qui m'a semblé manquer de quelque chose pour que je l'apprécie complètement.
Ce qui est saisissant, c'est que j'ai lu cette BD peu de temps après Son odeur après la pluie, et que ça ne joue pas en sa faveur. Alors que j'ai versé une larme sur cette dernière, qu'elle m'a habitée et que j'ai été transporté par son récit, ici je me suis contenté de suivre un personnage sympathique avec lequel j'avais du mal à rentrer en empathie.
Je pense qu'il y a une double raison. Déjà, j'ai eu un peu de mal avec le dessin. Entendons-nous, ce n'est pas un défaut technique ou une question de maitrise. C'est simplement que je suis assez peu fan de cette représentation, même si je reconnais un joli jeu sur les couleurs chaudes de l'Italie. C'est plutôt dans les visages et les attitudes que je suis assez peu intéressé. J'ai notamment trouvé les expressions souvent figés dans une pose qui restait tout au long du livre. De fait, ça m'a assez peu liés aux personnages, nécessité absolue pour une histoire de ce genre.
D'autre part, le récit porte en lui un deuil qui n'aura d'explication que très tardivement. Tout d'abord en explorant leur vie avant ce décès puis en nous faisant comprendre les raisons de celui-ci. Sauf que .... Sauf que je trouve l'ensemble assez mal équilibré. Et c'est dommage, puisque la charge de la fin arrive trop tard pour m'impliquer dans le récit. Le personnage est mutique et triste d'un deuil pendant toute la première moitié, puis on peut enfin le découvrir et voir ce qui l'habite, au-delà d'un simple deuil. Cet attachement tardif est le point noir du récit selon moi, rendant le personnage peu intéressant au final dans un récit qui aurait pu bien plus m'impliquer.
Pas mauvaise en soi, la BD n'est pas mauvaise mais fait clairement partie de celles que j'oublierais vite.
Je me suis fait offrir cette BD que je n'avais pas spécialement repéré lorsque je trainais en magasin. Et je dois dire que je suis plus tiède que les autres avis en démarrant la lecture de ce qui sera une série.
Ce premier tome est avant tout introductif, mais il joue des clichés un peu trop ardemment à mon gout et je trouve que l'histoire met quelque peu de temps à décoller. L'histoire est assez classique dans sa construction, avec cette construction d'équipe avec un petit nouveau et la vieille garde qui est encore là, prête à en découdre. De même, les personnages sont de factures assez classique, avec des types costauds et fiers, de braves gars a qui on ne la fait pas mais qui cachent tout de même un cœur d'amitié (virile et sans ambiguïté) sous leurs muscles.
Bref, du postulat classique dont j'avoue que je ne suis pas spécialement fan. C'est cette façon classique de représenter les personnages et de raconter l'histoire qui justifie principalement ma note.
Pour le reste, je dois dire que c'est intéressant. Déjà parce qu'il y a une envie de retracer les années De Gaulle alors qu'il revient au pouvoir après son exil, dans une France où la situation devient tendue avec la crise Algérienne qui atteint ici un paroxysme. Ce contexte bien développé est le principal intérêt que j'ai vu à la BD.
Je souligne aussi le dessin, efficace et mis en valeur par le format de la BD. Grande planche, bien établie sur les pages, permettant une lecture et une compréhension assez claire. Les inspirations sont visibles dans la galerie qui ferme l'album, avec les photographies originales qui ont servies de modèle. De même l'explication des libertés prises avec la réalité est très appréciable.
En fait, je n'ai pas grand chose à dire sur cette BD qui ouvre clairement la série. Il manque encore du corps pour que je puisse dire ce qu'il en ressortira, pour l'instant je suis sur une réserve prudente. Ma note évoluera sans doute avec les prochains albums, que j'espère confirmer ce qui semble à une bonne histoire très classique pour l'instant.
Un peu difficile d'évaluer cet album, auquel j'aimerais mettre 4 étoiles pour la beauté du dessin, mais dont le scénario m'a laissé un peu sur ma faim. Rien de catastrophique pour autant, mais il me semble que Nicolas Bastide pouvait aller un peu plus loin sans faire grand-chose de plus.
Il paraît que c'est une relecture du mythe d'Orphée. J'avoue connaître trop peu la mythologie pour en juger, mais on y retrouve sans doute quelques thèmes en commun, et cela explique probablement une certaine profondeur poétique qui parcourt l'album de part en part. C'est d'ailleurs en grande partie ce qui rend cette lecture si sympathique. Il y a une vraie poésie dans l'univers mis en place par Nicolas Bastide, et c'est un plaisir de se promener dans ce XIXe siècle un peu fantasmé, qui prend place sur un archipel reculé, loin du monde.
Cela crée une atmosphère fascinante, parfaitement mis en scène par le dessin somptueux de l'auteur-dessinateur. Pour un premier album, quelle maîtrise ! Visuelle et narrative. Même si le scénario est un peu court, reconnaissons que la manière dont il est raconté est vraiment captivante. Toutefois, il est un peu dommage d'avoir joué sur deux temporalités pour ne jamais vraiment les lier l'une à l'autre, finalement. Il aurait été intéressant que le climax (joli, par ailleurs) fasse mieux le lien entre les deux époques. De même, le lore mis en place dans cet album est finalement assez sommaire par rapport aux innombrables possibilités scénaristiques qu'il offre. Un peu dommage, et en même temps, cela permet une fluidité de lecture totale, qui est loin d'être désagréable.
Finalement, je pense que c'est bien de lire ce récit en sachant qu'il ne nous mènera pas dans des méandres d'une infinie complexité. Ce n'est simplement pas son but. En revanche, on profite du voyage à chaque page tournée, et malgré quelques dialogues un peu trop didactiques (je ne reviens pas sur quelques fautes d'orthographe assez honteuses), la narration est vraiment belle, épurée et de ce fait, très efficace. Et même si j'aurais aimé que l'univers soit un peu plus creusé, c'est tout de même un bel album, très convaincant pour une première œuvre. Je ne sais pas si j'aimerais que Nicolas Bastide continue dans cet univers, ou qu'il crée simplement d'autres histoires en solo, mais je m'intéresserai volontiers à ce qu'il fera par la suite !
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L'Âge d'eau
Je viens de relire le premier tome de L'âge d'eau. On est enveloppé par l'humanité qui se dégage de ce récit, on sent aussi l'inquiétude de son auteur, préoccupé par l'état du monde actuel et celui à venir, mais le poète continue de nous émerveiller avec ces planches superbes, cette façon tendre et chaleureuse de croquer ses personnages au détour de quelques mots ou de brefs regards échangés. L'histoire se situe dans les Pays de la Loire, les terres sont en grande partie submergées, mais ici ou là, quelques individus s'obstinent à vivre au fil de l'eau et tentent d'échapper aux fonctionnaires zélés du gouvernement qui voit d'un mauvais œil ces brebis égarées. Au chaos du monde et à une sécurité relative (face à la montée des eaux, la plupart préfèrent se regrouper derrière des digues de plus en plus hautes et suivre sans broncher les directives d'un gouvernement de plus en plus autoritaire), Flao oppose l'espoir, la volonté farouche de liberté de ses personnages et la poésie. De l'aveu même de son auteur, l'écriture du tome 2 ne fut pas facile, Flao a cherché longtemps le bon angle avant de poursuivre son histoire, mais j'ai hâte de retrouver Hans, l'intrépide activiste, son frère, Gorza, un gentil géant taiseux et leur compagnon, un intrigant chien bleu, semblant venir de temps immémoriaux, magnétique narrateur de ce récit qui observe avec sagacité et magnanimité les personnages qu'il est amené à croiser et qui nous donne à voir la beauté vibrante du monde. Et ça tombe bien, le tome 2 sort bientôt ! Edit tome 2 : Cet album va probablement diviser, mais j'ai trouvé cette conclusion réussie. Au début, j'ai eu peur que Flao se perde et nous perde avec lui, mais à l'arrivée, les nuages se sont dissipés (à l'image des horizons éclatants de la dernière partie) et j'ai été pris une fois de plus par ce voyage au fil de l'eau. Il y a des cases somptueuses, de véritables peintures, des situations cocasses (deux ou trois scènes franchement drôles ), un parti pris politique qui pourra agacer ou interpeller, c'est selon, on sent que l'auteur s'intéresse aux diverses formes de résistance, de contestation qui ont commencé à émerger ici ou là. J'ai aimé la vision crédible qu'il donne de ce monde non pas post-apocalyptique, mais simplement de notre monde tel qu'il pourrait l'être bientôt, j'ai aimé comment il a visiblement nourri son œuvre de ce qu'il a déjà observé au cours de ses multiples voyages à travers le monde et ce n'est pas la moindre des qualités de L'âge d'eau que de réinventer le carnet de voyage à travers ce récit d'anticipation. Son expérience de voyageur irrigue L'âge d'eau. La vision de ce que nous deviendrons bientôt peut-être se mêle à ce qu'il a déjà observé ailleurs et ces moments, ces lieux qui s'entremêlent collent parfaitement à son récit qui souligne les liens quasi sacrés entre toutes les manifestations du vivant depuis les origines de notre monde. Flao nous livre donc un témoignage sensible. Voyageur toujours sur le départ, assoiffé de grands espaces, il nous livre sa vision forcément inquiète du monde actuel, mais à l'image de ces cases lumineuses, il semble nous dire que l'espoir est toujours là, que nous pouvons encore changer, selon nos rêves et nos aspirations, notre rapport au monde.
DC Vampires - World War V
Ayant bien apprécié la trilogie d’origine, je poursuis naturellement et avec une certaine curiosité l’exploration de ce monde alternatif. A noter que pour les nouveaux lecteurs, pas d’obligation de lire la 1ere trilogie, le contexte et les faits sont bien campés en introduction/préface. On retrouve également une partie des créateurs d’origine, ce qui assure une certaine continuité tant graphique que scenaristique. Bon avec ça, j’ai pratiquement tout dit, j’ai retrouvé le même plaisir de lecture avec cette version World War V. On poursuit l’histoire et la conclusion ouverte de la 1ere mouture. On est sur du comics divertissant, certes pas bien profond mais avec un petit plaisir coupable de découvrir ce monde dévasté, principalement dû au devenir de personnages bien connus (ou parfois moins) : mort, résistant, transformé … ? Les scénaristes s’amusent, perso j’aime beaucoup le côté vicieux et perfides qu’ils donnent aux héros transformés, et l’histoire s’est ménagée un certain suspense pour passer un bon moment, ainsi que quelques chouettes trouvailles. Pas indispensable mais assez fun à lire, je poursuivrai ma découverte de cet univers.
Les Papillons ne meurent pas de vieillesse
Décidément, je rencontre de plus en plus Matz là où je ne l'attendais pas. Après son Histoire de la mer, je le retrouve ici dans un récit qui me fait connaître sa passion d'entomologiste. L'intrigue est un peu légère, et quelque peu bancale. La recherche effrénée d'une espèce de papillons ayant migré loin de sa zone traditionnelle en Amazonie, menée par un entomologiste renommé et sa nièce est intéressante, même si elle n'est parfois qu'un prétexte pour parler de papillons. Pour dynamiser cette histoire, Matz y ajoute un aspect thriller, avec des investisseurs cyniques souhaitant exploiter les richesses amazoniennes, qui n'hésitent pas à envoyer des barbouzes pour chasser, voire tuer les Indiens de la région et aussi l'expédition papillonphile. Ce mélange passe plutôt bien, mis à part une chose qui ne m'a pas convaincu. Pour soutenir son travail et l'aider dans sa traque du mystérieux papillon, notre entomologiste fait appel au crowdfounding, et des contributeurs viennent l'aider en Amazonie, certains avec des armes, combattants les barbouzes. Trop improbable pour moi. Le dessin de Bézian est vraiment très bon. De superbes planches en Noir et Blanc, rehaussées par de petites touches de couleur lorsque volent des papillons (très joliment représentés). Les visages sont un peu plus brouillon, moins taillés à la serpe que d'habitude chez lui. Au final, un album original, un peu léger, à découvrir à l'occasion.
Caballero Bueno - Une enquête de l'inspecteur Valverde
Après La voix des bêtes, le sang des hommes, j'avais résolu de suivre Thomas Gilbert. Et je suis bien content de m'être tenu à cette idée car Caballero Bueno est à nouveau une très belle réussite. Je retrouve son trait agréable et précis, ici un chouïa plus gras, et rehaussé de couleurs plus franches, ce qui sied parfaitement à l'ambiance oppressante de ce huis-clos de polar. Huis-clos ou presque puisque se déroulant entièrement sur le petit caillou inhospitalier de l'Ile de Pâques. Ça pleut presque en permanence, ce qui ajoute encore à l'atmosphère pesante. Et c'est dans ce cadre qu'évoluent des personnages aussi bien taillés que les statues qui ornent les pentes de l'île. L'inspecteur Valverde est bien entendu celui qui focalise l’attention, avec son bon gros quintal, son cigare et ses yeux oranges vifs, jouant habilement avec les clichés, mais la place est faite aux autres protagonistes dont les caractères émergent progressivement, ainsi que leur raison d’être et tout ce qui les anime. Je ne suis habituellement pas très fan du genre polar, mais l’ambiance graphique forte a fait le reste. En outre, le scénar, basé sur l’expérience du grand-père de Thomas Lavachery, est bien troussé et la tension ne fait que s’accroitre. Du tout bueno ! Le sous-titre « une enquête de l’inspecteur Valverde » laisse en effet auguré d’une suite possible. Affaire à suivre…
Monster (Scream !)
En lisant Monster, j’ai d’abord été intrigué par l’histoire de Kenneth, ce garçon qui découvre enfin le secret caché dans sa maison, et surtout ce qu’il s’est passé avec son père. Le début est prometteur, avec une ambiance un peu sombre et mystérieuse qui rappelle les vieux comics d’horreur. Mais très vite, l’histoire devient plus classique : on assiste surtout à une fuite constante entre Kenneth, son oncle Terry et la police. J’ai trouvé ça un peu répétitif, comme si le récit tournait en rond. J’aurais aimé que le scénario aille un peu plus loin ou prenne des directions moins attendues. C’est dommage qu’Alan Moore n’ait écrit que les premières pages, car je pense qu’il aurait pu donner plus de profondeur à l’histoire. La BD parle de peur, de secret, et de relations compliquées dans une famille. J’ai ressenti une sorte de tristesse mêlée à la peur quand Kenneth doit affronter son oncle, à la fois effrayant et presque attachant. Le thème du monstre différent, mal compris, est intéressant, même si parfois ça reste simple et un peu naïf. J’ai aussi ressenti une ambiance un peu nostalgique, comme un hommage aux histoires d’horreur d’autrefois, mais sans surprise majeure. Le côté thriller et course-poursuite prend le dessus, et j’aurais préféré que l’histoire explore plus les sentiments ou le mystère. Kenneth est un garçon courageux et attachant, mais assez classique. Terry, l’oncle, est vraiment le personnage principal pour moi. Il fait peur, par sa force et son apparence, mais on sent qu’il n’est pas vraiment méchant au fond. J’ai parfois été partagé entre la peur de lui et la tristesse pour sa condition. Cependant, leurs réactions restent assez simples, et leurs dialogues m’ont paru un peu répétitifs. Je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher à eux, peut-être parce que leurs émotions ne sont pas assez développées. Le reste des personnages est surtout là pour faire avancer la fuite, sans grande surprise. Le dessin est ce qui m’a le plus plu dans cette BD. Le noir et blanc donne une vraie ambiance sombre et lourde, qui rappelle les comics d’horreur classiques. Le trait de Redondo est très expressif, avec beaucoup de détails qui renforcent cette atmosphère inquiétante. La transition entre les dessinateurs se fait bien, et les scènes de peur sont bien rendues. C’est un vrai plus qui donne envie de continuer la lecture même quand le scénario perd un peu de rythme.
Le Passeur d'âmes (Taylor)
Un comics pour les jeunes pas trop mal, mais qui ne m'a pas trop séduit quoique cela doit être en partie parce que je ne fais pas partie du public cible. Le dessin est agréable dans le style qu'on retrouve de nos jours dans les comics qui s'adresse aux ados et/ou jeunes d'au moins 8-10 ans. Cela peut manquer de personnalité, mais ce n'est pas trop grave. Mes réticences vient plus du coté du scénario. Il est pas mal avec des personnages bien campés et l'histoire est un peu plus complexe qu'il semble au premier coup d'œil, mais je trouve que la narration manque de dynamisme et aussi que c'est un peu trop long. J'en ai lu des albums de bandes dessinées de plus de 200 pages dans ma vie et le nombre de pages ne me fait pas peur, mais ici j'ai eu l'impression que le scénario était un peu inutilement étiré et qu'il y a des passages où il se passe pas grand chose de bien intéressant. Lorsque j'ai enfin fini l'album, j'étais bien content d'avoir enfin terminé avec un récit qui semblait s'éternisé ! Un album à emprunter à la bibliothèque.
DC Vampires
Amusante cette série. Pas assez pour le 4* mais mon ressenti tend vers le 3,5. Même si le concept n’est pas bien profond, ça assure bien le divertissement et j’ai surtout apprécié le soin apporté à la réalisation et la bonne tenue sur la longueur. Je souligne ce détail car sur ce point ça se démarque amplement et positivement de sa consœur et concurrente (qui use un peu du même concept à savoir Marvel zombies). Pour ceux qui seraient un peu perdu et comme son nom l’indique, cette trilogie (indépendante de toute chronologie ou séries) invite les vampires dans l’univers des super-héros DC. Bon à priori, nos amis aux longues canines ont toujours été présents mais cachés du monde, cette fois ils sortent de leur tanière avec des velléités de domination du monde … Malgré la pléthore d’artistes qui se partagent l’affiche, c’est plutôt homogène et efficace dans l’intrigue. On sent une montée en puissance et un tournant pour l’humanité. Le 1er tome verra la sortie de l’ombre de cette menace, on élimine ou gangrène les protecteurs discrètement. Le 2eme la mise en place de leur plan : nuage de cendres permanent pour cacher le soleil, mise en place de ferme de sang … et bien sûr apparition de nombreuses poches de résistance. Le dernier tome marquera la confrontation et dernier baroud d'honneur pour éliminer la menace, on aura droit à une fin satisfaisante mais ouverte (nota : en enregistrant la série, je vois qu’une suite vient de paraître : DC Vampires : World War V). C’est loin d’être le meilleur récit de vampires ou super-héros lu mais la mayonnaise des 2 univers réunis fonctionnent bien dans le cas présent. Je pense aussi que pour bien apprécier, en plus de posséder un peu d’intérêt pour le fond, c’est d’avoir à minima quelques connaissances sur les héros (et méchants) DC. Ici c’est la grande réunion de famille et une bonne part du plaisir de lecture vient de leur devenir et personnalités : mort, transformé … ? (Ne vous fiez pas aux couvertures aguicheuses mais trompeuses). Un autre beau tour de force (d’autant plus pour du comics), c’est que niveau narration/chapitrage et esthétisme nous sommes dans une moyenne haute. On alterne de nombreux dessinateurs et héros mais sans perte de repères. Bref un petit plaisir coupable de bonne qualité, à noter la présence de G. Singelin au casting le temps d’un interlude.
Silence d'amour
Une jolie BD mais qui m'a semblé manquer de quelque chose pour que je l'apprécie complètement. Ce qui est saisissant, c'est que j'ai lu cette BD peu de temps après Son odeur après la pluie, et que ça ne joue pas en sa faveur. Alors que j'ai versé une larme sur cette dernière, qu'elle m'a habitée et que j'ai été transporté par son récit, ici je me suis contenté de suivre un personnage sympathique avec lequel j'avais du mal à rentrer en empathie. Je pense qu'il y a une double raison. Déjà, j'ai eu un peu de mal avec le dessin. Entendons-nous, ce n'est pas un défaut technique ou une question de maitrise. C'est simplement que je suis assez peu fan de cette représentation, même si je reconnais un joli jeu sur les couleurs chaudes de l'Italie. C'est plutôt dans les visages et les attitudes que je suis assez peu intéressé. J'ai notamment trouvé les expressions souvent figés dans une pose qui restait tout au long du livre. De fait, ça m'a assez peu liés aux personnages, nécessité absolue pour une histoire de ce genre. D'autre part, le récit porte en lui un deuil qui n'aura d'explication que très tardivement. Tout d'abord en explorant leur vie avant ce décès puis en nous faisant comprendre les raisons de celui-ci. Sauf que .... Sauf que je trouve l'ensemble assez mal équilibré. Et c'est dommage, puisque la charge de la fin arrive trop tard pour m'impliquer dans le récit. Le personnage est mutique et triste d'un deuil pendant toute la première moitié, puis on peut enfin le découvrir et voir ce qui l'habite, au-delà d'un simple deuil. Cet attachement tardif est le point noir du récit selon moi, rendant le personnage peu intéressant au final dans un récit qui aurait pu bien plus m'impliquer. Pas mauvaise en soi, la BD n'est pas mauvaise mais fait clairement partie de celles que j'oublierais vite.
Les Gorilles du Général
Je me suis fait offrir cette BD que je n'avais pas spécialement repéré lorsque je trainais en magasin. Et je dois dire que je suis plus tiède que les autres avis en démarrant la lecture de ce qui sera une série. Ce premier tome est avant tout introductif, mais il joue des clichés un peu trop ardemment à mon gout et je trouve que l'histoire met quelque peu de temps à décoller. L'histoire est assez classique dans sa construction, avec cette construction d'équipe avec un petit nouveau et la vieille garde qui est encore là, prête à en découdre. De même, les personnages sont de factures assez classique, avec des types costauds et fiers, de braves gars a qui on ne la fait pas mais qui cachent tout de même un cœur d'amitié (virile et sans ambiguïté) sous leurs muscles. Bref, du postulat classique dont j'avoue que je ne suis pas spécialement fan. C'est cette façon classique de représenter les personnages et de raconter l'histoire qui justifie principalement ma note. Pour le reste, je dois dire que c'est intéressant. Déjà parce qu'il y a une envie de retracer les années De Gaulle alors qu'il revient au pouvoir après son exil, dans une France où la situation devient tendue avec la crise Algérienne qui atteint ici un paroxysme. Ce contexte bien développé est le principal intérêt que j'ai vu à la BD. Je souligne aussi le dessin, efficace et mis en valeur par le format de la BD. Grande planche, bien établie sur les pages, permettant une lecture et une compréhension assez claire. Les inspirations sont visibles dans la galerie qui ferme l'album, avec les photographies originales qui ont servies de modèle. De même l'explication des libertés prises avec la réalité est très appréciable. En fait, je n'ai pas grand chose à dire sur cette BD qui ouvre clairement la série. Il manque encore du corps pour que je puisse dire ce qu'il en ressortira, pour l'instant je suis sur une réserve prudente. Ma note évoluera sans doute avec les prochains albums, que j'espère confirmer ce qui semble à une bonne histoire très classique pour l'instant.
Magma
Un peu difficile d'évaluer cet album, auquel j'aimerais mettre 4 étoiles pour la beauté du dessin, mais dont le scénario m'a laissé un peu sur ma faim. Rien de catastrophique pour autant, mais il me semble que Nicolas Bastide pouvait aller un peu plus loin sans faire grand-chose de plus. Il paraît que c'est une relecture du mythe d'Orphée. J'avoue connaître trop peu la mythologie pour en juger, mais on y retrouve sans doute quelques thèmes en commun, et cela explique probablement une certaine profondeur poétique qui parcourt l'album de part en part. C'est d'ailleurs en grande partie ce qui rend cette lecture si sympathique. Il y a une vraie poésie dans l'univers mis en place par Nicolas Bastide, et c'est un plaisir de se promener dans ce XIXe siècle un peu fantasmé, qui prend place sur un archipel reculé, loin du monde. Cela crée une atmosphère fascinante, parfaitement mis en scène par le dessin somptueux de l'auteur-dessinateur. Pour un premier album, quelle maîtrise ! Visuelle et narrative. Même si le scénario est un peu court, reconnaissons que la manière dont il est raconté est vraiment captivante. Toutefois, il est un peu dommage d'avoir joué sur deux temporalités pour ne jamais vraiment les lier l'une à l'autre, finalement. Il aurait été intéressant que le climax (joli, par ailleurs) fasse mieux le lien entre les deux époques. De même, le lore mis en place dans cet album est finalement assez sommaire par rapport aux innombrables possibilités scénaristiques qu'il offre. Un peu dommage, et en même temps, cela permet une fluidité de lecture totale, qui est loin d'être désagréable. Finalement, je pense que c'est bien de lire ce récit en sachant qu'il ne nous mènera pas dans des méandres d'une infinie complexité. Ce n'est simplement pas son but. En revanche, on profite du voyage à chaque page tournée, et malgré quelques dialogues un peu trop didactiques (je ne reviens pas sur quelques fautes d'orthographe assez honteuses), la narration est vraiment belle, épurée et de ce fait, très efficace. Et même si j'aurais aimé que l'univers soit un peu plus creusé, c'est tout de même un bel album, très convaincant pour une première œuvre. Je ne sais pas si j'aimerais que Nicolas Bastide continue dans cet univers, ou qu'il crée simplement d'autres histoires en solo, mais je m'intéresserai volontiers à ce qu'il fera par la suite !