Bizarre cette série. Elle commence comme New York 1997, on sent une grosse pincée de Seigneur des Anneaux, et on se retrouve dans une quête initiatique assez plaisante. Plaisante mais pas très originale. Un groupe d’aventuriers très différents mais complémentaires et solidaires, un peu de romance de salle de garde, un humour à base de lancers de nains, tout y est. Le dessin de Hardoc est assez sympa, mais aurait besoin de se muscler un peu plus pour aider cette série à se hisser au-dessus du tout-venant de la fantasy.
Les Protocoles des sages de Sion sont une supercherie, on le répète. Pourtant ils continuent d’être publiés et d’être une référence, un point d’ancrage pour les antisémites et tous ceux pour lesquels la thèse du complot juif est une idée séduisante.
Will Eisner reste, malgré sa disparition récente, un auteur éminemment important, ayant une carrière de plus d’un demi-siècle. Il a fait du patrimoine juif américain le sujet de nombre de ses ouvrages, sans toutefois en faire son fonds de commerce, à l’instar d’un Woody Allen par exemple, avec l’humour juif new-yorkais.
Le Complot se présente comme le testament de cet immense auteur ; c’est un ouvrage sur lequel il a travaillé par intermittences pendant 20 ans. Il est donc logique que cet ouvrage parle d’un sujet qui lui tienne à cœur.
Malheureusement ce testament est un peu en-deça du vibrant plaidoyer que l’on était en droit d’attendre. Cela ressemble plutôt à un catalogue impressionnant des différentes éditions des Protocoles.
On aurait aimé qu’Eisner s’implique plus fortement dans son enquête, on aurait aimé ressentir sa colère, sa frustration, son dégoût face à l’attitude irrationnelle de bon nombre de gens. Mais il ne faut oublier qu’il avait déjà plus de 60 ans quand il a commencé à travailler à son Complot, et qu’il en avait presque 90 lorsqu’il l’a achevé. Sans doute la lassitude et le poids des ans ont-ils adouci, édulcoré son amertume.
Il n’empêche que c’est un livre passionnant, qui retrace TOUTES les étapes de la vie d’un livre qui a compté et compte encore dans l’imaginaire et la conscience collectifs. Graphiquement, le style d’Eisner est encore intact, et son dessin presque européen rend son récit fort agréable.
Un album qui m'avait beaucoup plu à l'époque, quand je le relis de temps en temps je trouve ça correct mais il me semble y prendre moins de plaisir.
Avec cet album j'ai découvert Baru, son dessin particulier et sa narration virulente m'ont séduit, au fil du temps j'ai continué à lire ses BD et en général je ne suis jamais déçu, bien au contraire!
Il est quand même bien de commencer par l'Autoroute du soleil si l'on veut aborder Baru, cette BD contient pas mal d'éléments qu'il réutilisera ensuite de manière plus affinée.
Les histoires de Baru sont pleines d'énergie et de colère, ses personnages principaux sont souvent issus du monde ouvrier vivant dans des quartiers populaires à l'image de ceux de l'Autoroute du soleil.
L'Autoroute du soleil met en scène deux jeunes aux prises avec un puissant groupe de crapules, ils sont condamnés à fuir vers nulle part. Les péripéties se succèdent, tout va très vite, c'est une histoire qui ne manque pas de vigueur... Pourtant, c'est peut-être un peu trop gros, il y a peut-être un peu trop de clichés, un peu trop d'invraisemblance et cela paraît paradoxalement un peu longuet, malgré l'énergie qui s'en dégage, pour convaincre totalement.
Même si à présent je préfère ses oeuvres plus récentes, l'Autoroute du soleil est une bonne BD que je conseille, un album pas très cher en regard de son contenu, ce qui n'est pas négligeable.
Une dernière chose, personnellement j'aime mieux les dessins de Baru en couleurs.
JJJ
J'aime bien Rabaté, ses albums sont surprenants, pour celui là, rien que la couverture a définitivement motivé mon achat, et je n'ai pas été déçu!
Le sujet tout en étant simple est des plus originaux, prendre un vieux pour héros et lui consacrer 94 pages tout en pondant une histoire plaisante, émouvante et souvent drôle, ça me paraît assez rare dans le paysage de la BD.
Emile notre héros va vivre des moments très forts à l'instant ou il pensait sa vie terminée; c'est une idée que j'aime beaucoup et Rabaté la met parfaitement en scène.
L'histoire est contée de façon douce, pourtant les passages intenses ne manquent pas, ça commence très paisiblement et s'achève de même façon.
Un album qui a de quoi séduire, je conseille.
JJJ
Les nouvelles aventures du chat botté vues par Nancy Peña. C'est très réjouissant, burlesque, déjanté, poétique, truffé de jeux de bons mots. Voilà une petite oeuvre vite achetée, vite lue, vite relue et rerelue... Mettez vos plus belles bottes et courrez donc l'acheter à grandes enjambées!
Il est pas mal du tout ce petit album!
Si je le présente ainsi c'est parce qu'à la lecture j'ai eu l'impression qu'Aurélia Aurita avait abordé l'album sans prétention, de manière autant décontractée que décomplexée.
Le résultat est plein de fraîcheur et de plaisir, c'est très érotique parfois carrément cru, mais je n'y ai vu aucune vulgarité.
C'est une belle histoire d'amour qui nous est montré là, même s’il est vrai c'est plus axé sur le côté charnel que sur la partie relationnelle.
En ce qui me concerne j'ai apprécié, j'ai souvent souri, ça m'a touché, il sort plein d'émotions diverses de cette lecture...
Le trait d'Aurélia est simple, très simple, très épuré, tout rond, parfait à mon avis pour ce genre d'histoire.
Un petit détail comique: pour représenter un anus, Aurélia Aurita ne s'encombre pas de détails, une simple croix suffit, arf!
J'ai aimé, je conseille...
JJJ
Je suis un inconditionnel de Richard Corben, j'adore son style. L'artiste excelle dans l'exercice de l'histoire courte. Ce chapitre de la série Solo lui est consacré.
On frise la déception, le contenu deu recueil étant plutôt timide. Cela se lit assez vite, les historiettes sont plutôt faiblardes et beaucoup moins osées que ce que Corben a déja réalisé.
Reste quand même son style unique qui ravira ceux qui l'apprécient, Dans ce recueil Corben utilise différentes techniques d'illustrations selon les histoires, même sa bonne vieille aérographie "démodée".
Si vous appréciez l'auteur comme moi, ça vaut le coup, en revanche pour l'ensemble des lecteurs qui voudraient découvrir Corben ça n'est pas forcément un premier contact idéal, mieux vaut voir du côté de l'immense Den ou d’œuvre plus abouties, comme La Maison au Bord du Monde ou Bigfoot.
Un grand merci aux éditions TOTH qui continuent d'éditer cet auteur, ceci dit Solo n'est pas uniquement le titre de cet album, c'est surtout une collection (un auteur=un album) qui mériterait d'être éditée dans son intégralité, à bon entendeur...
JJJ
Voici une série dont j'ai déjà pu lire les 7 premiers tomes et qui s'annonce bien prometteuse. En bref, un navire ultramoderne d'une force de défense (style ONU) « le Mirai » se retrouve par un hasard météorologique projeté dans le conflit de la 2ème guerre mondiale.
Cette histoire a déjà plus ou moins été traitée dans un film « Nimitz retour vers l'enfer » mais qui traitait le sujet du côté de ces « bons » Américains. Ici, l'origine japonaise de l'auteur oriente le débat dans un tout autre sens : Primo, la guerre est plutôt vue du côté du pays du soleil levant (mais sans jamais de connotation patriotique) et pour nous autres petits occidentaux, ce n'est pas banal. Il s'attache par exemple à décrire les qualités humaines ou stratégiques de certaines figures japonaises de la guerre, chose rarement relevée dans une production Hollywoodienne.
Deusio, l'auteur choisi d'envoyer dans le passé un navire « Japonais » mais appartenant à une force de « défense », c'est à dire voué à faire la paix plus que la guerre. L'évolution de l'état d'esprit de l'équipage et des principaux personnages est très bien décrite : perte de tous points de repères, peur de ne pas rentrer chez soi, coupure vis à vis de la hiérarchie militaire, volonté de rester impartial dans le conflit, tentative de limiter les pertes humaines, etc...)
Tertio, le scénario permet à l'auteur de petit à petit réécrire l'histoire et ainsi créer un suspense grandissant.
Par ailleurs, les motivations de l'entrée en guerre du Japon, pour l'acquisition des ressources énergétiques sont évoquées avec finesse. Même si nous sommes en présence d'une oeuvre militaire (je sais, il faut aimer) dans laquelle les combats prennent une large place, de nombreux ingrédients sont ainsi mis en place pour enrichir le propos. C'est en tous cas une belle façon de revisiter cette triste page de l'histoire
Pour l'heure, les problèmes liés aux paradoxes spatio-temporels ne sont pas vraiment traités. On s'éloigne petit à petit de la réalité historique sans savoir jusqu'où l'auteur compte nous emmener. J'attends de voir comment il va traiter tout ça en espérant une suite originale, intelligente et crédible (reste quand même à accepter le voyage dans le temps)!
Petits bémols : Déjà 8 tomes parus en France, 23 au Japon. Forcément, ça fait un peu peur et très mal au portefeuille. Je trouve par ailleurs que de nombreux personnages se ressemblent (pas facile avec les uniformes) et je me suis parfois perdu dans les méandres de l'histoire.
Qu'il est bien ce magasin général, que l'ambiance y est douce...
Je ne peux pas passer à côté d'une BD de Loisel, j'adore ce qu'il fait, je suis un fan de Peter Pan... La statuette de Clochette posée sur mon bureau, m'offrant en ce moment son joli regard mutin me le rappelle sans cesse...
Je m'égare, revenons au magasin, les dessins sont une réussite absolue, l'association artistique entre Loisel et Tripp est fantastique. Que c'est beau! Lorsque j'ai acheté cet album, en rentrant chez moi je ne pouvais m'empêcher de le feuilleter sans cesse, m'arrêtant brusquement sur un regard, m'attardant sur une courbe...
Encore maintenant il m'arrive souvent de prendre cet album juste pour le plaisir de regarder. Rien que pour cette raison l'achat se justifie à mes yeux.
Pour ce qui est de l'histoire, cela se déroule sans heurt, tranquillement, en douceur, le point de départ étant le drame de Marie, la suite nous montre la vie d'un petit village, la continuité de la vie de Marie dans ce village, la nécessité de son rôle au sein de cette petite communauté paisible.
Effectivement il ne se passe pas grand chose dans ce village, pas de grande aventure, pas de grande énigme, juste Marie face à sa destinée toute simple, pourtant à la lecture de ce seul album il est facile de voir que cette femme n'est pas ordinaire.
J'attends la suite avec impatience, pour moi ce premier tome de magasin général est bien plus qu'une simple mise en place, c'est un grand moment de poésie et de beauté, et au vu de sa seule lecture, j'affirme sans crainte de me tromper, que cette série s'annonce comme un futur chef-d’œuvre!
JJJ
La tendresse des crocodiles est une BD d'aventure qui contient les meilleurs éléments du genre: Voyage lointain, dangers multiples, grands espaces africains...
Jeanne, l'héroïne, est un personnage des plus plaisants, la jeune fille riche et gâtée qui n'hésite pas une seconde à affronter tous les dangers de la brousse pour retrouver son professeur de père aura bien des déconvenues...
Son voyage pénible l'aidera à s'émanciper, lui permettra de découvrir qui elle est vraiment et ce qu'elle veut être... Et c'est un plaisir de voyager avec elle.
Une histoire passionnante offrant aussi bien des moments tragiques, des passages pleins d'humour et des scènes pleines de sensualité.
Les dialogues aussi sont bons, les personnages principaux Jeanne et Eugène s'affrontent constamment à coup de piques pleines de subtilité et d'intelligence, un régal!
Le deuxième tome L'ivresse du poulpe, est un autre voyage pour Jeanne, cette fois elle est une baroudeuse confirmée au caractère bien trempé et elle part à la recherche de son amant.
Il y a la même recette et les mêmes éléments que dans le premier tome, c'est toujours aussi bon même si cela peut sembler un peu moins frais...
Les dessins sont en noir et blanc, tout simples, les aventures de Jeanne Picquigny sont distrayantes, une lecture sympa, j'aime...
JJJ
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Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre
Bizarre cette série. Elle commence comme New York 1997, on sent une grosse pincée de Seigneur des Anneaux, et on se retrouve dans une quête initiatique assez plaisante. Plaisante mais pas très originale. Un groupe d’aventuriers très différents mais complémentaires et solidaires, un peu de romance de salle de garde, un humour à base de lancers de nains, tout y est. Le dessin de Hardoc est assez sympa, mais aurait besoin de se muscler un peu plus pour aider cette série à se hisser au-dessus du tout-venant de la fantasy.
Le complot
Les Protocoles des sages de Sion sont une supercherie, on le répète. Pourtant ils continuent d’être publiés et d’être une référence, un point d’ancrage pour les antisémites et tous ceux pour lesquels la thèse du complot juif est une idée séduisante. Will Eisner reste, malgré sa disparition récente, un auteur éminemment important, ayant une carrière de plus d’un demi-siècle. Il a fait du patrimoine juif américain le sujet de nombre de ses ouvrages, sans toutefois en faire son fonds de commerce, à l’instar d’un Woody Allen par exemple, avec l’humour juif new-yorkais. Le Complot se présente comme le testament de cet immense auteur ; c’est un ouvrage sur lequel il a travaillé par intermittences pendant 20 ans. Il est donc logique que cet ouvrage parle d’un sujet qui lui tienne à cœur. Malheureusement ce testament est un peu en-deça du vibrant plaidoyer que l’on était en droit d’attendre. Cela ressemble plutôt à un catalogue impressionnant des différentes éditions des Protocoles. On aurait aimé qu’Eisner s’implique plus fortement dans son enquête, on aurait aimé ressentir sa colère, sa frustration, son dégoût face à l’attitude irrationnelle de bon nombre de gens. Mais il ne faut oublier qu’il avait déjà plus de 60 ans quand il a commencé à travailler à son Complot, et qu’il en avait presque 90 lorsqu’il l’a achevé. Sans doute la lassitude et le poids des ans ont-ils adouci, édulcoré son amertume. Il n’empêche que c’est un livre passionnant, qui retrace TOUTES les étapes de la vie d’un livre qui a compté et compte encore dans l’imaginaire et la conscience collectifs. Graphiquement, le style d’Eisner est encore intact, et son dessin presque européen rend son récit fort agréable.
L'Autoroute du soleil
Un album qui m'avait beaucoup plu à l'époque, quand je le relis de temps en temps je trouve ça correct mais il me semble y prendre moins de plaisir. Avec cet album j'ai découvert Baru, son dessin particulier et sa narration virulente m'ont séduit, au fil du temps j'ai continué à lire ses BD et en général je ne suis jamais déçu, bien au contraire! Il est quand même bien de commencer par l'Autoroute du soleil si l'on veut aborder Baru, cette BD contient pas mal d'éléments qu'il réutilisera ensuite de manière plus affinée. Les histoires de Baru sont pleines d'énergie et de colère, ses personnages principaux sont souvent issus du monde ouvrier vivant dans des quartiers populaires à l'image de ceux de l'Autoroute du soleil. L'Autoroute du soleil met en scène deux jeunes aux prises avec un puissant groupe de crapules, ils sont condamnés à fuir vers nulle part. Les péripéties se succèdent, tout va très vite, c'est une histoire qui ne manque pas de vigueur... Pourtant, c'est peut-être un peu trop gros, il y a peut-être un peu trop de clichés, un peu trop d'invraisemblance et cela paraît paradoxalement un peu longuet, malgré l'énergie qui s'en dégage, pour convaincre totalement. Même si à présent je préfère ses oeuvres plus récentes, l'Autoroute du soleil est une bonne BD que je conseille, un album pas très cher en regard de son contenu, ce qui n'est pas négligeable. Une dernière chose, personnellement j'aime mieux les dessins de Baru en couleurs. JJJ
Les Petits Ruisseaux
J'aime bien Rabaté, ses albums sont surprenants, pour celui là, rien que la couverture a définitivement motivé mon achat, et je n'ai pas été déçu! Le sujet tout en étant simple est des plus originaux, prendre un vieux pour héros et lui consacrer 94 pages tout en pondant une histoire plaisante, émouvante et souvent drôle, ça me paraît assez rare dans le paysage de la BD. Emile notre héros va vivre des moments très forts à l'instant ou il pensait sa vie terminée; c'est une idée que j'aime beaucoup et Rabaté la met parfaitement en scène. L'histoire est contée de façon douce, pourtant les passages intenses ne manquent pas, ça commence très paisiblement et s'achève de même façon. Un album qui a de quoi séduire, je conseille. JJJ
Les Nouvelles aventures du Chat Botté
Les nouvelles aventures du chat botté vues par Nancy Peña. C'est très réjouissant, burlesque, déjanté, poétique, truffé de jeux de bons mots. Voilà une petite oeuvre vite achetée, vite lue, vite relue et rerelue... Mettez vos plus belles bottes et courrez donc l'acheter à grandes enjambées!
Fraise et Chocolat
Il est pas mal du tout ce petit album! Si je le présente ainsi c'est parce qu'à la lecture j'ai eu l'impression qu'Aurélia Aurita avait abordé l'album sans prétention, de manière autant décontractée que décomplexée. Le résultat est plein de fraîcheur et de plaisir, c'est très érotique parfois carrément cru, mais je n'y ai vu aucune vulgarité. C'est une belle histoire d'amour qui nous est montré là, même s’il est vrai c'est plus axé sur le côté charnel que sur la partie relationnelle. En ce qui me concerne j'ai apprécié, j'ai souvent souri, ça m'a touché, il sort plein d'émotions diverses de cette lecture... Le trait d'Aurélia est simple, très simple, très épuré, tout rond, parfait à mon avis pour ce genre d'histoire. Un petit détail comique: pour représenter un anus, Aurélia Aurita ne s'encombre pas de détails, une simple croix suffit, arf! J'ai aimé, je conseille... JJJ
Solo
Je suis un inconditionnel de Richard Corben, j'adore son style. L'artiste excelle dans l'exercice de l'histoire courte. Ce chapitre de la série Solo lui est consacré. On frise la déception, le contenu deu recueil étant plutôt timide. Cela se lit assez vite, les historiettes sont plutôt faiblardes et beaucoup moins osées que ce que Corben a déja réalisé. Reste quand même son style unique qui ravira ceux qui l'apprécient, Dans ce recueil Corben utilise différentes techniques d'illustrations selon les histoires, même sa bonne vieille aérographie "démodée". Si vous appréciez l'auteur comme moi, ça vaut le coup, en revanche pour l'ensemble des lecteurs qui voudraient découvrir Corben ça n'est pas forcément un premier contact idéal, mieux vaut voir du côté de l'immense Den ou d’œuvre plus abouties, comme La Maison au Bord du Monde ou Bigfoot. Un grand merci aux éditions TOTH qui continuent d'éditer cet auteur, ceci dit Solo n'est pas uniquement le titre de cet album, c'est surtout une collection (un auteur=un album) qui mériterait d'être éditée dans son intégralité, à bon entendeur... JJJ
Zipang
Voici une série dont j'ai déjà pu lire les 7 premiers tomes et qui s'annonce bien prometteuse. En bref, un navire ultramoderne d'une force de défense (style ONU) « le Mirai » se retrouve par un hasard météorologique projeté dans le conflit de la 2ème guerre mondiale. Cette histoire a déjà plus ou moins été traitée dans un film « Nimitz retour vers l'enfer » mais qui traitait le sujet du côté de ces « bons » Américains. Ici, l'origine japonaise de l'auteur oriente le débat dans un tout autre sens : Primo, la guerre est plutôt vue du côté du pays du soleil levant (mais sans jamais de connotation patriotique) et pour nous autres petits occidentaux, ce n'est pas banal. Il s'attache par exemple à décrire les qualités humaines ou stratégiques de certaines figures japonaises de la guerre, chose rarement relevée dans une production Hollywoodienne. Deusio, l'auteur choisi d'envoyer dans le passé un navire « Japonais » mais appartenant à une force de « défense », c'est à dire voué à faire la paix plus que la guerre. L'évolution de l'état d'esprit de l'équipage et des principaux personnages est très bien décrite : perte de tous points de repères, peur de ne pas rentrer chez soi, coupure vis à vis de la hiérarchie militaire, volonté de rester impartial dans le conflit, tentative de limiter les pertes humaines, etc...) Tertio, le scénario permet à l'auteur de petit à petit réécrire l'histoire et ainsi créer un suspense grandissant. Par ailleurs, les motivations de l'entrée en guerre du Japon, pour l'acquisition des ressources énergétiques sont évoquées avec finesse. Même si nous sommes en présence d'une oeuvre militaire (je sais, il faut aimer) dans laquelle les combats prennent une large place, de nombreux ingrédients sont ainsi mis en place pour enrichir le propos. C'est en tous cas une belle façon de revisiter cette triste page de l'histoire Pour l'heure, les problèmes liés aux paradoxes spatio-temporels ne sont pas vraiment traités. On s'éloigne petit à petit de la réalité historique sans savoir jusqu'où l'auteur compte nous emmener. J'attends de voir comment il va traiter tout ça en espérant une suite originale, intelligente et crédible (reste quand même à accepter le voyage dans le temps)! Petits bémols : Déjà 8 tomes parus en France, 23 au Japon. Forcément, ça fait un peu peur et très mal au portefeuille. Je trouve par ailleurs que de nombreux personnages se ressemblent (pas facile avec les uniformes) et je me suis parfois perdu dans les méandres de l'histoire.
Magasin général
Qu'il est bien ce magasin général, que l'ambiance y est douce... Je ne peux pas passer à côté d'une BD de Loisel, j'adore ce qu'il fait, je suis un fan de Peter Pan... La statuette de Clochette posée sur mon bureau, m'offrant en ce moment son joli regard mutin me le rappelle sans cesse... Je m'égare, revenons au magasin, les dessins sont une réussite absolue, l'association artistique entre Loisel et Tripp est fantastique. Que c'est beau! Lorsque j'ai acheté cet album, en rentrant chez moi je ne pouvais m'empêcher de le feuilleter sans cesse, m'arrêtant brusquement sur un regard, m'attardant sur une courbe... Encore maintenant il m'arrive souvent de prendre cet album juste pour le plaisir de regarder. Rien que pour cette raison l'achat se justifie à mes yeux. Pour ce qui est de l'histoire, cela se déroule sans heurt, tranquillement, en douceur, le point de départ étant le drame de Marie, la suite nous montre la vie d'un petit village, la continuité de la vie de Marie dans ce village, la nécessité de son rôle au sein de cette petite communauté paisible. Effectivement il ne se passe pas grand chose dans ce village, pas de grande aventure, pas de grande énigme, juste Marie face à sa destinée toute simple, pourtant à la lecture de ce seul album il est facile de voir que cette femme n'est pas ordinaire. J'attends la suite avec impatience, pour moi ce premier tome de magasin général est bien plus qu'une simple mise en place, c'est un grand moment de poésie et de beauté, et au vu de sa seule lecture, j'affirme sans crainte de me tromper, que cette série s'annonce comme un futur chef-d’œuvre! JJJ
Une Aventure de Jeanne Picquigny
La tendresse des crocodiles est une BD d'aventure qui contient les meilleurs éléments du genre: Voyage lointain, dangers multiples, grands espaces africains... Jeanne, l'héroïne, est un personnage des plus plaisants, la jeune fille riche et gâtée qui n'hésite pas une seconde à affronter tous les dangers de la brousse pour retrouver son professeur de père aura bien des déconvenues... Son voyage pénible l'aidera à s'émanciper, lui permettra de découvrir qui elle est vraiment et ce qu'elle veut être... Et c'est un plaisir de voyager avec elle. Une histoire passionnante offrant aussi bien des moments tragiques, des passages pleins d'humour et des scènes pleines de sensualité. Les dialogues aussi sont bons, les personnages principaux Jeanne et Eugène s'affrontent constamment à coup de piques pleines de subtilité et d'intelligence, un régal! Le deuxième tome L'ivresse du poulpe, est un autre voyage pour Jeanne, cette fois elle est une baroudeuse confirmée au caractère bien trempé et elle part à la recherche de son amant. Il y a la même recette et les mêmes éléments que dans le premier tome, c'est toujours aussi bon même si cela peut sembler un peu moins frais... Les dessins sont en noir et blanc, tout simples, les aventures de Jeanne Picquigny sont distrayantes, une lecture sympa, j'aime... JJJ