En même temps que paraissait Tonnerre Rampant d'Eric Liberge, "Banquise" était le deuxième album à inaugurer la Collection Latitudes chez Soleil. Encore novices en tant qu'auteurs, Sylvain Ricard et Christophe Gaultier ne sont toutefois pas des inconnus du neuvième art. Le scénariste Ricard est co-fondateur de BD Scope (occasion d'ailleurs pour héberger le site de l'album où l'on découvre notamment le synopsis avec une fin différente); le dessinateur Gaultier a déjà une bd à son actif aux éditions Paquet (Grise Mine avec Thomas en 2000).
Si le scénario est original, le dessin fait penser à celui d'un Christophe Blain (en fait le scénario pourrait lui plaire aussi...). Ce n'est pas peu dire et c'est un compliment ! Les couleurs par contre donnent un tout autre reflet qui permet ainsi à Gaultier de se démarquer. A ce propos, le travail effectué, par exemple, pour les aurores boréales est tout simplement magnifique.
Pour revenir à l'histoire, elle est racontée telle une fable. Noire, cruelle, sans pitié, elle conte les mésaventures de chasseurs d'ours sanguinaires et certainement peu fréquentables qui se trouvèrent sur le territoire d'un Chaman, gardien et protecteur des lieux et de ses habitants. Ces pathétiques rebus gorgés de vodka et tachés de sang n'auront cesse de venir à bout de leur adversaire; présomptueux ! La façon dont Ricard et Gaultier les dépeind est tragique, autant que leur destin.
A lire pour frémir de dégoût !
Une bonne petite histoire de meurtre, de souvenirs enfouis, et de rancoeurs familiales. Jason Lutes et Ed Brubaker nous livrent un album sympathique, assez bien dessiné (malgré le statisme des personnages), et fort bien mené sur le plan de l'intrigue. Mais je suis quand même un peu déçu, je m'attendais à une histoire de plus grande ampleur. A noter, la jolie couverture, assez évocatrice de l'intérieur.
C'est un bel objet, dont l'emballage ne ment pas sur le contenu. Le dessin de Melia est élégant, presque léché, mais pas classieux. Cela fait penser à la dernière école de la ligne claire (Floc'h en particulier, c'est vrai). Du coup, on a un peu tendance à regarder l'album, sans vraiment le lire. Car l'histoire est, somme toute, assez classique. Pas d'originalité à attendre de cette gentille histoire. Mais cela reste tout de même divertissant.
17 tomes parus à l'heure actuelle et je me demande toujours comment cette série peut avoir publié autant d'albums. Je la connaissais avant qu'elle prenne son nom actuel Du Côté de chez Poje, ayant lu dans les années 80 le premier album "L'année de la bière". J'ai ensuite lu quelques albums au petit bonheur la chance quand ils me tombaient sous la main. Mais j'ai toujours tellement peu apprécié que ce n'est qu'aujourd'hui, avec la sortie du 17e tome, que j'ai enfin le courage de l'enregistrer sur BDthèque.
Dessinée par un auteur que j'aimais bien étant très jeune, le dessinateur de la série Les Toyottes, le dessin me plait assez à l'exception de ces énormes nez rougeauds permanents. Le style "gros nez" poussé à l'extrême, ça me lasse au bout d'une planche.
Quant au scénario, ce sont des gags en histoires courtes, répétitives et peu diversifiées comme sait si "bien" les faire Raoul Cauvin dans ses séries les plus médiocres. Il faut dire que le thème de base avait peu de chances de me plaire puisque je n'aime pas la bière : alors voir des gags très premier degré à base de gros lourdauds au ventres rebondis par la bière, ça me gonfle.
Je me demande d'ailleurs si cette BD est vraiment connue ailleurs qu'en Belgique car elle est par beaucoup d'aspects très typée belge, du moins j'en ai l'impression, dans les personnages et ses décors.
Larcenet nous avait habitués à des albums plus travaillés au rayon humour. "Nic Oumouk" est clairement une série mineure dans son oeuvre. Parce que c'est sympa, c'est vrai, mais un brin caricatural. C'est d'ailleurs le but recherché par Larcenet, avec les tics de langage de ses personnages. Ceci mis à part, l'idée du super-héros éducateur est plutôt bonne, mais pas utilisée de la meilleure façon, à mon sens. peut-être l'auteur corrigera-t-il le tir au tome 2. Le dessin me semble également un chouïa moins bon.
L'histoire de la commune de Paris ne m'évoque pas de souvenirs dans mon apprentissage scolaire. Dans mon entourage c'est pareil.
La période choisie rend donc cette série intéressante. Le coté surnaturelle n'est pas transcendant et donne un côté loufoque à cette série. Ca permet de combler certaines faiblesse du scénario.
Néanmoins ça se lit bien et on a envie de lire tous les volumes une fois la série entamée.
On passe un bon moment mais on n'est pas décoiffé (genre waooooooooh c'était extraordinaire!).
A acheter d'occase ou à bas prix.
« Quimby the mouse » ou les drôles aventures d’une souris, entrecoupées de publicités, de petites annonces, de fac-similés de journaux, de plans de montage improbables, et de tranches de vie d’un certain Jimmy Corrigan (j’avoue que ce sont ces planches qui m’ont le plus touché).
Lire ce livre relève parfois de l’acrobatie (il faut le tourner dans tout les sens) et de l’ophtalmologie (essayez de lire les petites lettres sur des planches entières et vous verrez).
Chris Ware possède un sens de la narration assez éclaté tout de même (On s’en est rendu compte avec le fabuleux Jimmy Corrigan) mais il laisse exploser là son scénario (et encore est-ce un scénario) à un tel point que cela devient totalement délirant , donc hermétique pour le lecteur.
Cependant, le thème dominant (l’amour pour sa mère et pour ses grands-parents) est illustré de manière originale : un monologue sous forme de dialogues (c'est bizarre mais il l'a fait) dans un comics de superhéros, et des scènes de dialogues sans que l’on voit les personnages sur plusieurs pages.
Un Ovni donc dans le monde de la bd.
Mais une lecture souvent difficile, qui n'arrive pas à me convaincre totalement.
Une déception donc sur ce qui est de prime abord un superbe objet éditorial. (l'Association a fait là, un travail remarquable)
Mais c'est un peu juste pour en faire un livre intéressant.
Voilà la BD la plus pénible à lire que j’ai jamais eue entre les mains. Soit un lourd album qu’il faut tourner dans tous les sens parce que les planches sont tantôt horizontales, tantôt verticales, de grandes planches couvertes de BD microscopiques sur lesquelles il faut se pencher pour déchiffrer laborieusement les dessins et textes, tout ça pour la modique somme de 33 euros, soit 4 albums normaux et potentiellement plus agréables à lire. Ah oui mais 4 tomes d’Astérix de la bonne époque, sur votre table de salon ça fait moins classe qu’une BD intello-expérimentalo-artistique de Chris Ware, c’est sûr. "Quimby the Mouse", c’est pas tellement un album à lire (à moins d’être maso) qu’à posséder pour épater la galerie, genre "je ne suis pas qu’un vulgaire lecteur de bédé, je suis un Amateur de Bande Dessinée d’Auteur, moi".
Si le contenu était réellement plaisant, intéressant… mais franchement, non. Outre le fait que c’est très fastidieux à lire (aaaaaille, mes yeux !), j’ai trouvé ça assez ennuyeux. Je n’ai pas trouvé ça drôle, intéressant, touchant, beau ou quoi que ce soit. Je ne suis pas contre les expérimentations graphiques, d'ailleurs rien que dans Jimmy Corrigan du même auteur, ça fonctionne très bien parce que c'est intégré à une HISTOIRE, mais là je trouve qu’on est vraiment dans l’expérimentation pure et dure ; à la différence d’un Lécroart qui utilise l'expérimentation OuBaPienne comme un outil pour raconter des histoires tordues, Ware case des histoires sans intérêt sur des planches de BD minuscules et illisibles découpée en 850.000 cases, ou pour faire des pastiches pas drôles de Mickey, ou de l'extrait de "Roman Graphique intimiste, mais avec une souris dedans"… Rapidement, cette accumulation de milliards de pavés de textes imprimés en corps 3, de petites souris, de rectangles, de carrés, de flèches amène au bord de la nausée.
Bref, j’en reviens à ce mot : pleine de vraie prétention derrière sa fausse modestie, "Quimby the Mouse" est un album PENIBLE. Il y a quelques planches à sauver dans le lot, mais peu. Je suppose que ça peut intéresser les étudiants en arts graphiques abonnés à la revue Etapes ou les personnes qui ont des loupes à la place des yeux, mais je suggère fortement aux non-mutants et non-masochistes d’éviter ce bouquin.
Note approximative : 3.5/5
Des gags en une image et quelques bulles, des dessins tout simples tout ronds et assez jolis, et surtout beaucoup d'humour. Je suis épaté par l'imagination de cet auteur qui sur un thème vraiment restreint (des poissons rouges dans un bocal) réussit à imaginer vraiment beaucoup de gags assez peu répétitifs et la plupart du temps vraiment drôles.
Bref, j'aime bien. Par contre, avec deux ou trois gags par page, ça se lit franchement trop vite pour que je puisse conseiller l'achat à ce prix.
Etouffée par une mère qu’elle déteste, Lucille se sent seule et souffre d’anorexie.
Arthur (plus tard Wladimir) a un père alcoolique et notoirement violent. Pourtant, il l’aime mais sans pouvoir lui dire.
Ils vont se rencontrer, fuir ensemble, s’aimer …et renaître.
Avec maestria, Ludovic Debeurme nous invite à suivre les vies chahutées de ces deux adolescents. Pas de parti pris, pas de psychanalyse poussée des personnages. Il fait simplement de nous les témoins d’une histoire touchante, laissant à chacun le soin de faire sa propre interprétation. Les sentiments y sont justes, sans excès, sublimés par la pureté du trait, et l’absence de case rend le dessin aéré. Un tout qui va à l’essentiel : l’émotion.
Les 512 pages quant à elles ne sont pas de trop et nous aident à apprivoiser les deux héros, nous laissant tout le temps de les appréhender jusqu’à en devenir très proches.
Une oeuvre magnifique.
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Banquise
En même temps que paraissait Tonnerre Rampant d'Eric Liberge, "Banquise" était le deuxième album à inaugurer la Collection Latitudes chez Soleil. Encore novices en tant qu'auteurs, Sylvain Ricard et Christophe Gaultier ne sont toutefois pas des inconnus du neuvième art. Le scénariste Ricard est co-fondateur de BD Scope (occasion d'ailleurs pour héberger le site de l'album où l'on découvre notamment le synopsis avec une fin différente); le dessinateur Gaultier a déjà une bd à son actif aux éditions Paquet (Grise Mine avec Thomas en 2000). Si le scénario est original, le dessin fait penser à celui d'un Christophe Blain (en fait le scénario pourrait lui plaire aussi...). Ce n'est pas peu dire et c'est un compliment ! Les couleurs par contre donnent un tout autre reflet qui permet ainsi à Gaultier de se démarquer. A ce propos, le travail effectué, par exemple, pour les aurores boréales est tout simplement magnifique. Pour revenir à l'histoire, elle est racontée telle une fable. Noire, cruelle, sans pitié, elle conte les mésaventures de chasseurs d'ours sanguinaires et certainement peu fréquentables qui se trouvèrent sur le territoire d'un Chaman, gardien et protecteur des lieux et de ses habitants. Ces pathétiques rebus gorgés de vodka et tachés de sang n'auront cesse de venir à bout de leur adversaire; présomptueux ! La façon dont Ricard et Gaultier les dépeind est tragique, autant que leur destin. A lire pour frémir de dégoût !
L'Automne
Une bonne petite histoire de meurtre, de souvenirs enfouis, et de rancoeurs familiales. Jason Lutes et Ed Brubaker nous livrent un album sympathique, assez bien dessiné (malgré le statisme des personnages), et fort bien mené sur le plan de l'intrigue. Mais je suis quand même un peu déçu, je m'attendais à une histoire de plus grande ampleur. A noter, la jolie couverture, assez évocatrice de l'intérieur.
Une mansarde à Paris
C'est un bel objet, dont l'emballage ne ment pas sur le contenu. Le dessin de Melia est élégant, presque léché, mais pas classieux. Cela fait penser à la dernière école de la ligne claire (Floc'h en particulier, c'est vrai). Du coup, on a un peu tendance à regarder l'album, sans vraiment le lire. Car l'histoire est, somme toute, assez classique. Pas d'originalité à attendre de cette gentille histoire. Mais cela reste tout de même divertissant.
Du côté de chez Poje (L'Année de la Bière)
17 tomes parus à l'heure actuelle et je me demande toujours comment cette série peut avoir publié autant d'albums. Je la connaissais avant qu'elle prenne son nom actuel Du Côté de chez Poje, ayant lu dans les années 80 le premier album "L'année de la bière". J'ai ensuite lu quelques albums au petit bonheur la chance quand ils me tombaient sous la main. Mais j'ai toujours tellement peu apprécié que ce n'est qu'aujourd'hui, avec la sortie du 17e tome, que j'ai enfin le courage de l'enregistrer sur BDthèque. Dessinée par un auteur que j'aimais bien étant très jeune, le dessinateur de la série Les Toyottes, le dessin me plait assez à l'exception de ces énormes nez rougeauds permanents. Le style "gros nez" poussé à l'extrême, ça me lasse au bout d'une planche. Quant au scénario, ce sont des gags en histoires courtes, répétitives et peu diversifiées comme sait si "bien" les faire Raoul Cauvin dans ses séries les plus médiocres. Il faut dire que le thème de base avait peu de chances de me plaire puisque je n'aime pas la bière : alors voir des gags très premier degré à base de gros lourdauds au ventres rebondis par la bière, ça me gonfle. Je me demande d'ailleurs si cette BD est vraiment connue ailleurs qu'en Belgique car elle est par beaucoup d'aspects très typée belge, du moins j'en ai l'impression, dans les personnages et ses décors.
Nic Oumouk
Larcenet nous avait habitués à des albums plus travaillés au rayon humour. "Nic Oumouk" est clairement une série mineure dans son oeuvre. Parce que c'est sympa, c'est vrai, mais un brin caricatural. C'est d'ailleurs le but recherché par Larcenet, avec les tics de langage de ses personnages. Ceci mis à part, l'idée du super-héros éducateur est plutôt bonne, mais pas utilisée de la meilleure façon, à mon sens. peut-être l'auteur corrigera-t-il le tir au tome 2. Le dessin me semble également un chouïa moins bon.
Voleurs d'Empires
L'histoire de la commune de Paris ne m'évoque pas de souvenirs dans mon apprentissage scolaire. Dans mon entourage c'est pareil. La période choisie rend donc cette série intéressante. Le coté surnaturelle n'est pas transcendant et donne un côté loufoque à cette série. Ca permet de combler certaines faiblesse du scénario. Néanmoins ça se lit bien et on a envie de lire tous les volumes une fois la série entamée. On passe un bon moment mais on n'est pas décoiffé (genre waooooooooh c'était extraordinaire!). A acheter d'occase ou à bas prix.
Quimby the Mouse
« Quimby the mouse » ou les drôles aventures d’une souris, entrecoupées de publicités, de petites annonces, de fac-similés de journaux, de plans de montage improbables, et de tranches de vie d’un certain Jimmy Corrigan (j’avoue que ce sont ces planches qui m’ont le plus touché). Lire ce livre relève parfois de l’acrobatie (il faut le tourner dans tout les sens) et de l’ophtalmologie (essayez de lire les petites lettres sur des planches entières et vous verrez). Chris Ware possède un sens de la narration assez éclaté tout de même (On s’en est rendu compte avec le fabuleux Jimmy Corrigan) mais il laisse exploser là son scénario (et encore est-ce un scénario) à un tel point que cela devient totalement délirant , donc hermétique pour le lecteur. Cependant, le thème dominant (l’amour pour sa mère et pour ses grands-parents) est illustré de manière originale : un monologue sous forme de dialogues (c'est bizarre mais il l'a fait) dans un comics de superhéros, et des scènes de dialogues sans que l’on voit les personnages sur plusieurs pages. Un Ovni donc dans le monde de la bd. Mais une lecture souvent difficile, qui n'arrive pas à me convaincre totalement. Une déception donc sur ce qui est de prime abord un superbe objet éditorial. (l'Association a fait là, un travail remarquable) Mais c'est un peu juste pour en faire un livre intéressant.
Quimby the Mouse
Voilà la BD la plus pénible à lire que j’ai jamais eue entre les mains. Soit un lourd album qu’il faut tourner dans tous les sens parce que les planches sont tantôt horizontales, tantôt verticales, de grandes planches couvertes de BD microscopiques sur lesquelles il faut se pencher pour déchiffrer laborieusement les dessins et textes, tout ça pour la modique somme de 33 euros, soit 4 albums normaux et potentiellement plus agréables à lire. Ah oui mais 4 tomes d’Astérix de la bonne époque, sur votre table de salon ça fait moins classe qu’une BD intello-expérimentalo-artistique de Chris Ware, c’est sûr. "Quimby the Mouse", c’est pas tellement un album à lire (à moins d’être maso) qu’à posséder pour épater la galerie, genre "je ne suis pas qu’un vulgaire lecteur de bédé, je suis un Amateur de Bande Dessinée d’Auteur, moi". Si le contenu était réellement plaisant, intéressant… mais franchement, non. Outre le fait que c’est très fastidieux à lire (aaaaaille, mes yeux !), j’ai trouvé ça assez ennuyeux. Je n’ai pas trouvé ça drôle, intéressant, touchant, beau ou quoi que ce soit. Je ne suis pas contre les expérimentations graphiques, d'ailleurs rien que dans Jimmy Corrigan du même auteur, ça fonctionne très bien parce que c'est intégré à une HISTOIRE, mais là je trouve qu’on est vraiment dans l’expérimentation pure et dure ; à la différence d’un Lécroart qui utilise l'expérimentation OuBaPienne comme un outil pour raconter des histoires tordues, Ware case des histoires sans intérêt sur des planches de BD minuscules et illisibles découpée en 850.000 cases, ou pour faire des pastiches pas drôles de Mickey, ou de l'extrait de "Roman Graphique intimiste, mais avec une souris dedans"… Rapidement, cette accumulation de milliards de pavés de textes imprimés en corps 3, de petites souris, de rectangles, de carrés, de flèches amène au bord de la nausée. Bref, j’en reviens à ce mot : pleine de vraie prétention derrière sa fausse modestie, "Quimby the Mouse" est un album PENIBLE. Il y a quelques planches à sauver dans le lot, mais peu. Je suppose que ça peut intéresser les étudiants en arts graphiques abonnés à la revue Etapes ou les personnes qui ont des loupes à la place des yeux, mais je suggère fortement aux non-mutants et non-masochistes d’éviter ce bouquin.
Le Fond du bocal
Note approximative : 3.5/5 Des gags en une image et quelques bulles, des dessins tout simples tout ronds et assez jolis, et surtout beaucoup d'humour. Je suis épaté par l'imagination de cet auteur qui sur un thème vraiment restreint (des poissons rouges dans un bocal) réussit à imaginer vraiment beaucoup de gags assez peu répétitifs et la plupart du temps vraiment drôles. Bref, j'aime bien. Par contre, avec deux ou trois gags par page, ça se lit franchement trop vite pour que je puisse conseiller l'achat à ce prix.
Lucille
Etouffée par une mère qu’elle déteste, Lucille se sent seule et souffre d’anorexie. Arthur (plus tard Wladimir) a un père alcoolique et notoirement violent. Pourtant, il l’aime mais sans pouvoir lui dire. Ils vont se rencontrer, fuir ensemble, s’aimer …et renaître. Avec maestria, Ludovic Debeurme nous invite à suivre les vies chahutées de ces deux adolescents. Pas de parti pris, pas de psychanalyse poussée des personnages. Il fait simplement de nous les témoins d’une histoire touchante, laissant à chacun le soin de faire sa propre interprétation. Les sentiments y sont justes, sans excès, sublimés par la pureté du trait, et l’absence de case rend le dessin aéré. Un tout qui va à l’essentiel : l’émotion. Les 512 pages quant à elles ne sont pas de trop et nous aident à apprivoiser les deux héros, nous laissant tout le temps de les appréhender jusqu’à en devenir très proches. Une oeuvre magnifique.