Comme un certain nombre des posteurs précédents, j'ai d'abord lu Tirésias avant de lire la Gloire d'Héra. Je suis assez d'accord pour dire que ces deux albums sont effectivement un peu en dessous. Mais j'ai du mal à en faire porter la faute aux auteurs.
Il est vrai que la légende de Tirésias est probablement plus prenante et riche que ce premier acte de la vie d'Hercule. Et dans la mesure où les auteurs ont pris soin, me semble-t-il, de rester fidèles au matériau mythologique initial, on peut difficilement leur reprocher la faiblesse relative d'une histoire par rapport à une autre.
En revanche, cette BD me paraît toujours digne d'être lue pour deux raisons. D'abord, le dessin de Rossi, très vivant, et parfaitement maîtrisé, qui donne une véritable humanité à ces personnages qu'on a un peu tendance à fossiliser dans le patrimoine culturel occidental. Ensuite, la focale qui est faite sur une partie beaucoup moins connue de la légende d'Hercule, trop souvent limitée à l'énumération des travaux, et qui nous rappelle la dimension tragique de ce héros, que le destin condamnera à perdre ceux qui lui sont proches à plusieurs reprises.
Du beau travail, tant sur le plan graphique, que sur celui de la vulgarisation de la mythologie antique.
A lire, surtout si l'on apprécie ce genre de retour aux sources.
Cette série vient à la suite de Mèche rebelle, des deux mêmes auteurs. Mèche rebelle est d'ailleurs rééditée comme un "numéro 0", un prélude à la série.
Je ne connaissais Zidrou qu'au travers de séries humoristiques, toujours chez Dupuis et Casterman, et là c'est un scénariste malin, manipulateur et surprenant qui s'offre à mes yeux ébaubis et mon cerveau avachi.
Car "proTECTO" (oui oui, ça s'écrit bien comme ça) est le nom d'une société (écran ?) dont les employés sont chargés de veiller sur la santé, de gérer la vie, la mot, en un mot le destin des Elites, des personnes amenées à jouer un plus ou moins grand rôle dans la société. Tout irait bien si la mort, incarné sous la forme de Madame, ne venait pas fourrer son nez dans cet agencement et décider de tuer qui bon lui semble. Et elle a des comptes à régler avec Kim, dont la vie est sans doute trop parfaite, qui lui a déjà échappé par le passé...
Marrant ce concept. Considérer les anges gardiens comme des employés, lesquels s'attachent souvent à leurs protégés. Et la Mort comme une espèce d'électron libre, une exécutrice incontrôlable. Le récit est intéressant, manque un peu de linéarité à mon goût, mais mérite que tout amateur de fantastique s'y attarde, par simple curiosité. Surtout que le trait de l'italien Matteo est plutôt agréable, dans un style presque réaliste, avec des couleurs chaleureuses... A noter un léger changement graphique (surtout sur le personnage d'Alicia) entre le tome 0 et le tome 1.
Je suis très content de poster cette BD, et, j'espère vraiment que mon humble avis convaincra au moins l'une ou l'un d'entre vous de la lire.
Tout d'abord, la série compte cent quarante pages, est découpée en six chapitres, divisée en deux tomes, ou sous la forme plus luxueuse d'une Intégrale. Les albums sont grands beaux et soignés. Ma préférence va à l'Intégrale et son superbe Dragon en couverture (les illustrations des couvertures des tomes 1 et 2 sont présentes en pleine page à la fin de l'album).
Arrowsmith est une BD qui brasse les genres avec élégance:
Le fantastique domine, dans l'univers d'Arrowsmith, le progrès se concrétise grâce aux avancées de la magie et non de la technologie, une magie fortement utilisée par les militaires, les mages sont d'importants stratèges/maîtres d'armes. Le rôle de la magie dans cet univers se fait sentir tout au long de l'histoire.
Il y a aussi de petits relents d'héroic fantasy, avec les dragons, les nains, les trolls et autres béhémots... et des créatures encore plus fantastiques. Le côté "barbaresque" que ces créatures donnent parfois à ce monde est palpable.
Une résonance historique bien sûr! Certaines campagnes et lieux nous renvoient logiquement à la première guerre mondiale, sans pour autant la calquer. Arrowsmith n'est pas une réécriture de l'Histoire mais une fiction.
Et enfin de l'aventure, avec le parcours initiatique bercé d'illusions, de Fletcher Arrowsmith dans ce monde en guerre. Fletcher est un héros assez simple, un jeune homme naïf, droit et idéaliste qui parvient à éviter le carcan gnangnan que traîne souvent ce type de personnage.
Le tout est illustré de belle manière avec souvent de grands dessins en pleine ou double pages qui apportent grandement au souffle épique de cette histoire, on en prend plein les mirettes, je vous le garantis!
Sachez aussi que dans cette histoire, les sentiments forts que peuvent être l'amour, la rivalité ou de belles amitiés ont une place de choix.
Enfin, cette BD s'intensifie au fil de la lecture, s'achève dans le drame, quand le petit garçon devient finalement un homme. Tout cela conduit vers une vraie belle fin ouverte qui nous donne obligatoirement envie d'en avoir plus... Un jour peut-être, qui sait?
En attendant je me permets, mesdames, messieurs, de vous conseiller chaudement cette lecture.
JJJ
Une oeuvre unique, hors normes. Un chef d'oeuvre d'humour noir né d'un esprit sans doute un peu dérangé, comme tous les grands génies. Cette oeuvre est très souvent citée en référence, et pour cause ! Le trait est superbe et parfaitement adapté à ces strips, l'ambiance est glauque, souvent gore mais c'est toujours très drôle malgré tout. Les gags sont souvent sans dialogue ou presque (un monologue n'est pas un dialogue) et le dessin est très "noir et blanc" : cela renforce le sentiment que l'auteur "broie du noir" et expie ses idées par ces planches à l'humour inégalable.
Un must que tout amateur de BD se doit de lire au moins une fois, sauf, peut-être, pour les allergiques à l'humour noir.
Joli petit mélange d'Histoire et de fantasy que cette série. Au début c'est assez déroutant. Les personnages évoluent dans la France de la fin du Haut Moyen Age, et peu à peu viennent s'intercaler des éléments appartenant aux mondes du fantastique et de la SF. La chose est réalisée avec un certain talent, et parvient à créer un climat crépusculaire et un peu désespéré, que j'ai trouvé très prenant.
Alors bien entendu, certains poncifs ne sont pas évités (notamment celui des moines comploteurs-fanatiques, celui du duo héros malin et tourmenté + colosse simplet au grand coeur - qui se transformera en trio avec l'ajout de l'héroïne à forte poitrine), mais bon, ce n'est pas toujours désagréable de retrouver certains clichés (un peu comme de chausser de vieilles pantoufles bien confortables). Et puis, les personnages de second plan sont souvent intéressants et laissent autant de possibilités d'intrigue à développer.
Le dessin est standard, mais solide. Il se laisse parcourir agréablement.
En résumé, un thème assez original, traité par des moyens très classiques. L'intrigue me poussera à suivre cette série.
Voila, les Aquanautes, c'est fini. 6 ans après la découverte du premier tome, une (très) bonne surprise à l'époque, le cycle s'achève.
Il était temps, pour être honnête. J'avais pourtant vraiment apprécié le début. L'ambiance, les persos, le décor, les vues "extérieures"... Un thriller dans une base sous marine, plein de promesses. Malheureusement, l'intérêt s'essouffle assez vite. L'histoire ne reste pas passionnante bien longtemps. Ca se laisse lire, mais on se dit que l'idée est peut être mal exploitée. Dommage !
Cinq tomes parus et on y suit une bande de copains dans les petites histoires qui font les grandes joies et les grands drames de leur vie quotidienne. Speeddating, échange de numéro de téléphone avec une inconnue, frissons d'une rencontre dans laquelle on se sent tout à coup sexy et désiré(e), regrets et fantasmes attachés à l'ex-amant, Peyraud continue de décrire la vie sentimentale d'une génération de bobos Parisiens. C'est léger, c'est insignifiant, mais c'est raconté sur un ton doux-amer qui balance entre une gentille moquerie et un respect profond pour la vie des personnages. A la lecture des premiers tomes, je croyais que je me lasserais vite de cette série tellement tendance et contemporaine qu'elle en devient parfois "relou" et à la limite du cliché. Mais finalement non, je continue d'en apprécier la lecture. C'est dans l'air du temps et ça risque de très mal vieillir, mais ça fait mouche ici et maintenant.
Je n'ai vraiment pas accroché à ce premier tome car je lui trouve trop de défauts.
Le bon côté du dessin, manifestement inspiré de l'animation, sans doute américaine, c'est qu'il est dynamique. Les couleurs informatiques sont correctes, avec quelques effets de lumière assez réussis. Par contre, il a un côté trop simplet, enfantin dans les personnages, tellement simple dans la construction des visages que j'ai découvert en fin d'album que j'avais confondu deux personnages tout au long de l'histoire. Je trouve en outre les décors un peu trop vides pour permettre de plonger le lecteur dans leur ambiance. Et surtout l'encrage m'agace beaucoup par la permanence de son aspect "crayonné pas fini".
L'histoire, dans une veine space-fantasy, n'est pas très originale quoiqu'il présente un monde pas inintéressant. Mais je trouve que c'est très mal raconté. La narration est très confuse, les dialogues oscillant entre l'enfantin et le trop obscur pour qu'on comprenne tout. Le rythme du récit est également très mauvais à mes yeux, m'amenant à plusieurs moments à m'ennuyer littéralement alors qu'au contraire ça bougeait dans tous les sens sur les planches. Pas moyen pour moi d'entrer dans l'histoire.
Et compte tenu du fait que je ne comprends même pas vers quoi les deux héros partent en quête en fin de premier tome, je n'ai aucune envie de savoir la suite...
Je n'accroche pas totalement à cette histoire que je trouve un peu simple mais il faut avouer qu'elle est bien racontée, prenante et que le dessin est très beau.
Les décors de ces planches sont impressionnants. Tous, sans exception, sont de vraies peintures romantiques (je pense à certains tableaux de Friedrich). C'est beau, très beau, presque trop réaliste par moment. Pourtant, j'apprécie nettement moins le dessin des objets mobiles, nettement plus contrasté, dans cette technique de dessin qu'on imagine immanquablement issue de l'animation. Les visages des personnages sont moyens et les chevaux ont l'air de gros tonneaux montés sur des pattes molles.
Ceci étant dit, la majorité des planches sont quand même très belles.
Le scénario est assez basique et manque un peu de densité dans ce premier tome. C'est du médiéval fantastique assez sombre et sérieux, un genre qu'effectivement je trouve assez germanique. Beaucoup de violence et de douleurs, mais une histoire assez captivante et qui donne envie de connaître la suite.
C'est avec joie que je vois que cette série est prévue en deux tomes seulement : loin de s'étirer en longueur, elle permettra sans doute de raconter un bon récit sans partir en digresion inutile.
Une BD qui se lit avec le sourire et quelques rires parfois aussi. Le dessin et les couleurs sont très moyens mais c'est le genre de BD d'humour où on s'en fiche un peu. Le récit est assez simple pour permettre l'équivalent d'une suite de scénettes à gags multiples. Curieusement, alors que je m'y connais assez peu en politique, ce sont justement les nombreuses anecdotes liées de près aux médias et à la politique alter-mondialiste qui m'ont fait le plus rire. Une partie d'entre elles me sont cependant passées un peu à côté car je n'avais pas connaissance de leurs références.
Ce n'est pas hilarant mais il y a pas mal d'idées assez sympathiques qui font qu'on passe un assez bon moment de lecture.
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La Gloire d'Héra
Comme un certain nombre des posteurs précédents, j'ai d'abord lu Tirésias avant de lire la Gloire d'Héra. Je suis assez d'accord pour dire que ces deux albums sont effectivement un peu en dessous. Mais j'ai du mal à en faire porter la faute aux auteurs. Il est vrai que la légende de Tirésias est probablement plus prenante et riche que ce premier acte de la vie d'Hercule. Et dans la mesure où les auteurs ont pris soin, me semble-t-il, de rester fidèles au matériau mythologique initial, on peut difficilement leur reprocher la faiblesse relative d'une histoire par rapport à une autre. En revanche, cette BD me paraît toujours digne d'être lue pour deux raisons. D'abord, le dessin de Rossi, très vivant, et parfaitement maîtrisé, qui donne une véritable humanité à ces personnages qu'on a un peu tendance à fossiliser dans le patrimoine culturel occidental. Ensuite, la focale qui est faite sur une partie beaucoup moins connue de la légende d'Hercule, trop souvent limitée à l'énumération des travaux, et qui nous rappelle la dimension tragique de ce héros, que le destin condamnera à perdre ceux qui lui sont proches à plusieurs reprises. Du beau travail, tant sur le plan graphique, que sur celui de la vulgarisation de la mythologie antique. A lire, surtout si l'on apprécie ce genre de retour aux sources.
proTECTO
Cette série vient à la suite de Mèche rebelle, des deux mêmes auteurs. Mèche rebelle est d'ailleurs rééditée comme un "numéro 0", un prélude à la série. Je ne connaissais Zidrou qu'au travers de séries humoristiques, toujours chez Dupuis et Casterman, et là c'est un scénariste malin, manipulateur et surprenant qui s'offre à mes yeux ébaubis et mon cerveau avachi. Car "proTECTO" (oui oui, ça s'écrit bien comme ça) est le nom d'une société (écran ?) dont les employés sont chargés de veiller sur la santé, de gérer la vie, la mot, en un mot le destin des Elites, des personnes amenées à jouer un plus ou moins grand rôle dans la société. Tout irait bien si la mort, incarné sous la forme de Madame, ne venait pas fourrer son nez dans cet agencement et décider de tuer qui bon lui semble. Et elle a des comptes à régler avec Kim, dont la vie est sans doute trop parfaite, qui lui a déjà échappé par le passé... Marrant ce concept. Considérer les anges gardiens comme des employés, lesquels s'attachent souvent à leurs protégés. Et la Mort comme une espèce d'électron libre, une exécutrice incontrôlable. Le récit est intéressant, manque un peu de linéarité à mon goût, mais mérite que tout amateur de fantastique s'y attarde, par simple curiosité. Surtout que le trait de l'italien Matteo est plutôt agréable, dans un style presque réaliste, avec des couleurs chaleureuses... A noter un léger changement graphique (surtout sur le personnage d'Alicia) entre le tome 0 et le tome 1.
Arrowsmith
Je suis très content de poster cette BD, et, j'espère vraiment que mon humble avis convaincra au moins l'une ou l'un d'entre vous de la lire. Tout d'abord, la série compte cent quarante pages, est découpée en six chapitres, divisée en deux tomes, ou sous la forme plus luxueuse d'une Intégrale. Les albums sont grands beaux et soignés. Ma préférence va à l'Intégrale et son superbe Dragon en couverture (les illustrations des couvertures des tomes 1 et 2 sont présentes en pleine page à la fin de l'album). Arrowsmith est une BD qui brasse les genres avec élégance: Le fantastique domine, dans l'univers d'Arrowsmith, le progrès se concrétise grâce aux avancées de la magie et non de la technologie, une magie fortement utilisée par les militaires, les mages sont d'importants stratèges/maîtres d'armes. Le rôle de la magie dans cet univers se fait sentir tout au long de l'histoire. Il y a aussi de petits relents d'héroic fantasy, avec les dragons, les nains, les trolls et autres béhémots... et des créatures encore plus fantastiques. Le côté "barbaresque" que ces créatures donnent parfois à ce monde est palpable. Une résonance historique bien sûr! Certaines campagnes et lieux nous renvoient logiquement à la première guerre mondiale, sans pour autant la calquer. Arrowsmith n'est pas une réécriture de l'Histoire mais une fiction. Et enfin de l'aventure, avec le parcours initiatique bercé d'illusions, de Fletcher Arrowsmith dans ce monde en guerre. Fletcher est un héros assez simple, un jeune homme naïf, droit et idéaliste qui parvient à éviter le carcan gnangnan que traîne souvent ce type de personnage. Le tout est illustré de belle manière avec souvent de grands dessins en pleine ou double pages qui apportent grandement au souffle épique de cette histoire, on en prend plein les mirettes, je vous le garantis! Sachez aussi que dans cette histoire, les sentiments forts que peuvent être l'amour, la rivalité ou de belles amitiés ont une place de choix. Enfin, cette BD s'intensifie au fil de la lecture, s'achève dans le drame, quand le petit garçon devient finalement un homme. Tout cela conduit vers une vraie belle fin ouverte qui nous donne obligatoirement envie d'en avoir plus... Un jour peut-être, qui sait? En attendant je me permets, mesdames, messieurs, de vous conseiller chaudement cette lecture. JJJ
Idées Noires
Une oeuvre unique, hors normes. Un chef d'oeuvre d'humour noir né d'un esprit sans doute un peu dérangé, comme tous les grands génies. Cette oeuvre est très souvent citée en référence, et pour cause ! Le trait est superbe et parfaitement adapté à ces strips, l'ambiance est glauque, souvent gore mais c'est toujours très drôle malgré tout. Les gags sont souvent sans dialogue ou presque (un monologue n'est pas un dialogue) et le dessin est très "noir et blanc" : cela renforce le sentiment que l'auteur "broie du noir" et expie ses idées par ces planches à l'humour inégalable. Un must que tout amateur de BD se doit de lire au moins une fois, sauf, peut-être, pour les allergiques à l'humour noir.
Millénaire
Joli petit mélange d'Histoire et de fantasy que cette série. Au début c'est assez déroutant. Les personnages évoluent dans la France de la fin du Haut Moyen Age, et peu à peu viennent s'intercaler des éléments appartenant aux mondes du fantastique et de la SF. La chose est réalisée avec un certain talent, et parvient à créer un climat crépusculaire et un peu désespéré, que j'ai trouvé très prenant. Alors bien entendu, certains poncifs ne sont pas évités (notamment celui des moines comploteurs-fanatiques, celui du duo héros malin et tourmenté + colosse simplet au grand coeur - qui se transformera en trio avec l'ajout de l'héroïne à forte poitrine), mais bon, ce n'est pas toujours désagréable de retrouver certains clichés (un peu comme de chausser de vieilles pantoufles bien confortables). Et puis, les personnages de second plan sont souvent intéressants et laissent autant de possibilités d'intrigue à développer. Le dessin est standard, mais solide. Il se laisse parcourir agréablement. En résumé, un thème assez original, traité par des moyens très classiques. L'intrigue me poussera à suivre cette série.
Les Aquanautes
Voila, les Aquanautes, c'est fini. 6 ans après la découverte du premier tome, une (très) bonne surprise à l'époque, le cycle s'achève. Il était temps, pour être honnête. J'avais pourtant vraiment apprécié le début. L'ambiance, les persos, le décor, les vues "extérieures"... Un thriller dans une base sous marine, plein de promesses. Malheureusement, l'intérêt s'essouffle assez vite. L'histoire ne reste pas passionnante bien longtemps. Ca se laisse lire, mais on se dit que l'idée est peut être mal exploitée. Dommage !
Premières chaleurs
Cinq tomes parus et on y suit une bande de copains dans les petites histoires qui font les grandes joies et les grands drames de leur vie quotidienne. Speeddating, échange de numéro de téléphone avec une inconnue, frissons d'une rencontre dans laquelle on se sent tout à coup sexy et désiré(e), regrets et fantasmes attachés à l'ex-amant, Peyraud continue de décrire la vie sentimentale d'une génération de bobos Parisiens. C'est léger, c'est insignifiant, mais c'est raconté sur un ton doux-amer qui balance entre une gentille moquerie et un respect profond pour la vie des personnages. A la lecture des premiers tomes, je croyais que je me lasserais vite de cette série tellement tendance et contemporaine qu'elle en devient parfois "relou" et à la limite du cliché. Mais finalement non, je continue d'en apprécier la lecture. C'est dans l'air du temps et ça risque de très mal vieillir, mais ça fait mouche ici et maintenant.
Othon & Laiton
Je n'ai vraiment pas accroché à ce premier tome car je lui trouve trop de défauts. Le bon côté du dessin, manifestement inspiré de l'animation, sans doute américaine, c'est qu'il est dynamique. Les couleurs informatiques sont correctes, avec quelques effets de lumière assez réussis. Par contre, il a un côté trop simplet, enfantin dans les personnages, tellement simple dans la construction des visages que j'ai découvert en fin d'album que j'avais confondu deux personnages tout au long de l'histoire. Je trouve en outre les décors un peu trop vides pour permettre de plonger le lecteur dans leur ambiance. Et surtout l'encrage m'agace beaucoup par la permanence de son aspect "crayonné pas fini". L'histoire, dans une veine space-fantasy, n'est pas très originale quoiqu'il présente un monde pas inintéressant. Mais je trouve que c'est très mal raconté. La narration est très confuse, les dialogues oscillant entre l'enfantin et le trop obscur pour qu'on comprenne tout. Le rythme du récit est également très mauvais à mes yeux, m'amenant à plusieurs moments à m'ennuyer littéralement alors qu'au contraire ça bougeait dans tous les sens sur les planches. Pas moyen pour moi d'entrer dans l'histoire. Et compte tenu du fait que je ne comprends même pas vers quoi les deux héros partent en quête en fin de premier tome, je n'ai aucune envie de savoir la suite...
La Chronique des Immortels
Je n'accroche pas totalement à cette histoire que je trouve un peu simple mais il faut avouer qu'elle est bien racontée, prenante et que le dessin est très beau. Les décors de ces planches sont impressionnants. Tous, sans exception, sont de vraies peintures romantiques (je pense à certains tableaux de Friedrich). C'est beau, très beau, presque trop réaliste par moment. Pourtant, j'apprécie nettement moins le dessin des objets mobiles, nettement plus contrasté, dans cette technique de dessin qu'on imagine immanquablement issue de l'animation. Les visages des personnages sont moyens et les chevaux ont l'air de gros tonneaux montés sur des pattes molles. Ceci étant dit, la majorité des planches sont quand même très belles. Le scénario est assez basique et manque un peu de densité dans ce premier tome. C'est du médiéval fantastique assez sombre et sérieux, un genre qu'effectivement je trouve assez germanique. Beaucoup de violence et de douleurs, mais une histoire assez captivante et qui donne envie de connaître la suite. C'est avec joie que je vois que cette série est prévue en deux tomes seulement : loin de s'étirer en longueur, elle permettra sans doute de raconter un bon récit sans partir en digresion inutile.
Il faut tuer José Bové
Une BD qui se lit avec le sourire et quelques rires parfois aussi. Le dessin et les couleurs sont très moyens mais c'est le genre de BD d'humour où on s'en fiche un peu. Le récit est assez simple pour permettre l'équivalent d'une suite de scénettes à gags multiples. Curieusement, alors que je m'y connais assez peu en politique, ce sont justement les nombreuses anecdotes liées de près aux médias et à la politique alter-mondialiste qui m'ont fait le plus rire. Une partie d'entre elles me sont cependant passées un peu à côté car je n'avais pas connaissance de leurs références. Ce n'est pas hilarant mais il y a pas mal d'idées assez sympathiques qui font qu'on passe un assez bon moment de lecture.