Un(e) auteur Japonaise traitant d’un sujet bien Européen (le nazisme en Allemagne pendant la 2e guerre mondiale), dans un style et un format entre le manga et la BD européenne, ça a éveillé ma curiosité. Je n’ai malheureusement pas accroché. L’histoire est peu crédible, trop édulcorée, et même confuse par moments malgré la simplicité du récit. Les personnages sont trop difficiles à différencier (tous ces jeunes hommes blonds !), malgré leur manichéisme. Un album sympathique, certes, mais pas génial.
Dialogues savoureux, problèmes familiaux quotidiens, dilemmes amoureux, quête du bonheur au risque que le mieux soit l’ennemi du bien... Plus d’un lecteur se reconnaîtra dans certains épisodes de cette série. Le 3e tome de Lucie maintient le niveau des précédents, tout en renouvelant l’histoire et sans qu’on n’ait l’impression du déjà lu, le tout s'enchaînant dans un rythme soutenu qui évite l'ennui.
J'ai mis du temps avant d'oser m'attaquer à ce pavé de 500 pages, mais mon appréhension n'était pas justifiée; le livre est d'une très grande lisibilité et je l'ai lu plus rapidement qu'attendu. Lucille est une fille anorexique qui se laisse mourir. Arthur, dont le père s'est suicidé, comme son grand-père avant lui, a peur de suivre le même chemin qu'eux. Les deux adolescents vont se trouver, s'aimer et fuir ensemble pour essayer de se sauver l'un l'autre. Le noeud de cette histoire n'est simple qu'en apparence seulement, et c'est avec patience et persévérance que l'auteur démêle le fil de la vie des protagonistes en révélant les différents épisodes marquants de leur courte existence. "Lucille" est un drame psychologique d'une force bouleversante. Un album superbe, unique, sans aucun doute une des toutes meilleures BD de 2006 (s'il n'est pas nominé au prix du meilleur album à Angoulême, je mange mon chapeau !). A découvrir absolument.
Une parfaite démonstration du cynisme dont peuvent faire preuve les gérants d'une entreprise, et les élus politiques censés encadrer la présence d'une telle usine. Une bédé-documentaire qui sonne très vrai. Une longue section de notes en fin de volume vient apporter une foule de détails intéressants, et souvent édifiants.
Le dessin est agréable, sans plus.
Une beau document.
« A Story of War » est le premier album important réalisé en 1982 par Alec Séverin (publié en 1985 par Michel Deligne). Ces 150 pages, dessinées en 9 jours, ont contribué à la légende de cet illustre auteur. Nombre de ses fidèles lecteurs ont découvert son œuvre grâce à cet ouvrage. Parmi eux, Malo Kerfriden, le décrit de la plus belle des façons dans une interview qu’il m’a accordé pour le site :
« A la fin des années 80, j’ai acheté par hasard l’album « Story of war » paru chez Michel Deligne. A l‘époque, je découvrais Joe Kubert, Alex Toth, Bernet, Berny Wrighston etc… J’ai au départ pensé que ce récit était une réédition d’un comics d’histoire de guerre des années 50. Le relâchement, l’aisance et la spontanéité du dessin m’ont véritablement fasciné, ainsi que le ton de l’album (qui lui n’était pas du tout « années 50 »). Séverin a un ton extrêmement dur et désabusé dans ses premiers albums. Par la suite, je me suis procuré « Gratin » paru aussi chez Michel Deligne et « Lisette », publié chez Delcourt. Je me souviens aussi d’un article dans « Les cahiers de la bande dessinée »… Bref, j’ai compris ma méprise. »
Ce petit album (au format A5), publié en noir et blanc, nous relate les aventures d’un Soldat engagé sous la bannière étoilée. A l’issue d’une période d’entraînement, il découvrira les horreurs de la guerre et refusera de porter une arme au Front. Ce récit qui aurait pu se réduire à la simple histoire d’un soldat en temps de guerre est accompagné d’une magnifique histoire d’amour et d’un hymne à l’acceptation des différences. Alec Séverin l’agrémente d’un trait d’une remarquable précision malgré la rapidité sans précédent avec laquelle il a réalisé cet ouvrage. Son découpage est vivant et il ose des formes de cases non conventionnelles. Côté dessins, il joue sur les palettes de gris et de noir afin de restituer aux mieux les différentes ambiances du récit. Chaque chapitre se distingue par une utilisation appropriée des « couleurs » à sa disposition. « A story of war » pose les jalons de ses futures publications en y insérant, non sans son humour habituel, des fausses publicités entre les différents chapitres. Dès 19 ans, il marque son entrée parmi les auteurs complets de bande-dessinées.
Cet album est accompagné de deux mini récits tout aussi passionnants que l’histoire principale. Ils sont durs mais à l’image des histoires de guerre.
Dans le cadre du site sur son œuvre (http://oeuvreseverin.free.fr), j’ai eu l’occasion de l’interroger sur la genèse de cet album. Avec cette discussion particulièrement poignante où Alec Séverin détaille pas à pas la réalisation, ce qu’il a voulu montrer de son mode de vie par rapport aux personnages et les différentes étapes qui ont permis la publication, j’ai réalisé à quel point cet album était fondateur dans son œuvre. Dans un premier temps, je m’étais arrêté à l’exploit de la réalisation graphique, mais la façon dont il a créé et découpé mentalement l’histoire est à mon sens aussi impressionnante. Mais je préfère vous laisser lire la façon dont il présente la chose dans cet extrait :
« Mentalement, le découpage est déjà également réalisé, plan par plan et quasiment case par case … Dès lors, le lendemain matin, j’ai démarré sur la 1ère image (qui n’est pas la première dans l’album, mais la première image qui se passe sur l’île) … Je savais qu’il y aurait beaucoup de pages à venir, mais pas exactement combien, car je ne connaissais pas le nombre exact de cases … Je n’ai pas eu le courage de les compter mentalement une par une (mais j’aurai pu)… Bref, je ne faisais pas de « mise en page », je dessinais très vite les cases (et leur contenu) au crayon les unes après les autres de manière quasi-définitive …
J’ai dessiné ainsi durant tout le premier jour et la nuit suivante (j’étais jeune…). J’ai dormi quelques heures … et ainsi de suite … Ce qui fait qu’au bout de 3 jours, l’histoire était terminée au crayon. (Elle ne faisait pas 150 pages, mais était complète en + ou – 90 ou 100 pages). Je suis allé faire photocopier tous ces crayonnés … ensuite j’ai dormi quelques heures ... après quoi, j’ai encré ces pages en 1 ou 2 jours …(avec de gros bouts de nuit) … Cela va vous paraître un peu curieux, mais pendant que j’encrais, je réfléchissais aux 2 autres petites histoires qui pourraient encadrer ce récit et je me les jouais mentalement, ce qui fait que, l’encrage fini, je me suis mis immédiatement sur le dessin de « la star » et de la troisième histoire (que j’avais déjà découpée mentalement à la case près) … pas mal des cases qui les constituent ont été directement dessinées à l’encre, sans crayonné, car l’échauffement des 5 jours précédents et le « style » utilisé (qui n’était pas très rigoureux), me le permettaient …
Les 2 historiettes étaient entièrement terminées à la fin du 6ème jour (à quelques heures près).
Comme la dernière était un peu plus sophistiquée, je me suis dit, avant de m’endormir, que je devais refaire des photocopies du grand récit et les passer au lavis … j’ai pensé à un prologue … (en forme de match d’entraînement de rugby …). Et le lendemain, je me suis attelé à mettre de l’encre diluée sur les cases (des photocopies). Tâche terminée le soir du 7ème jour de travail. J’étais un peu fatigué mais je me suis mis au travail sur le prologue qui, techniquement, est un assemblage de dessins que j’ai griffonnés, encrés et collés sur des cases (un peu à la manière d’un puzzle). Le lendemain, je me suis effondré et j’ai dormi durant + ou – 10 heures … Vers quelle heure de l’après midi du 8ème jour ai-je relu le tout … ? Mais alors, la longue histoire me semblait manquer un peu d’épaisseur et je me suis dis que quelques grandes images permettraient de petits souffles d’air frais … Alors, j’ai fait des hors textes en quelques heures (je me rappelle que c’était un plaisir incroyable de les dessiner, le trait glissait tout seul, je découpais de la trame mécanique (grisée) et j’encrais autour, j’ai encore un peu allongé une séquence assez dure sans lavis … volontairement, pour rendre le côté âpre la scène).
Je me suis endormi et, le 9ème jour, j’ai tout relu … j’ai décidé de faire quelques fausses pubs délirantes au 2ème degré … Ce qui, je l’espérais, détendrait un peu l’atmosphère … J’ai été dormir … l’ouvrage était terminé à la fin du 9ème jour. Le 10ème jour, mes planches sous le bras, je prenais le train pour me rendre à la convention de la BD à Paris. Je n’ai réalisé les couvertures définitives que lorsque Michel Deligne m’a proposé d’éditer l’album, bien plus tard. »
C'est tout bonnement magnifique. Pour ceux qui aiment les fictions qui paraissent réelles, cette bande dessinée est incontounable! Les couleurs douces et bonnes se marient parfaitement avec les formes qui ne sont pas strictes. Et les dessins... Aïe!Aïe!Aïe! Ils sont géniaux. On retrouve parfaitement l'ambiance d'un village du sud de la France sous l'occupation. Et que dire des personnages? Ils sont tous différents avec leur caractère propre à chacun. Julien est drôle et petite mention pour Marginod. Comment parler de cette BD sans parler de Cécile? Elle est très bien (allez voir les ex-libris et sérigraphies sur elle, ça vaut le coup d'oeil). Bon je vous laisse découvrir le reste et on se retrouve dans l'avis sur le Vol du corbeau. Au fait la chute de ces deux BD est... surprenante, bien trouvée, réaliste ...
Merci GIBRAT pour cette ouvre d'art
Après avoir découvert cette BD "par hasard" à un festival de BD, à Amiens, j'me suis plongé dans la lecture de cette oeuvre esthétique -les dessins et les couleurs sont judicieux et précis, et surtout l'organisation des images sur les planches est bien faite-. Le début m'a déçu car je ne suis pas fan de la guerre Nordistes contres Sudistes aux Etats-Unis. Heureusement cela ne demeure qu'un contexte qui se prête fianlement très bien à cette histoire fantastique. Puis lorsqu'on découvre Petite Lune, on ne peut que remercier Tacito de l'avoir créée. Qui? Petite Lune, euh... la BD, je veux dire.
De toute évidence, Davodeau est un auteur trés à l'aise dans l'évocation de la vie de personnes ordinaires et dans la description de leur psychologie. Cet album le démontre de manière trés sensible. Cette chronique simple et authentique de la vie d'une famille à un instant charnière de son histoire, brille en effet par sa pertinence et sa lucidité. Riche et surprenante, elle capte des instants d'émotion bien vus et surtout criants de vérité. J'ai été conquis par le propos et je trouve que sur ce coup là, Davodeau a su entretenir mon intérêt de manière constante. Ce qui n'a pas été le cas pour son album (pourtant de référence...) Les Mauvaises gens.
Côté graphisme, c'est basique. Le style de l'auteur ne le situe pas dans la catégorie des cadors du genre. Son trait est simple, sans fioritures et sans éclat particulier. Mais il est efficace. Quant à moi, je considére que dans ce genre de bd, le trait n'est pas forcément l'essentiel (c'est une hérésie de dire ça d'une bd, je sais). Ce qui m'importe c'est l'histoire, et cette bd est en la matière, fort bien pourvue.
Je conseille donc vivement.
J'ai lu cette bd avec beaucoup beaucoup d'appréhension ! C'est simple ça fait presque deux ans que je l'avais chez moi sans l'avoir lue... A chaque fois que je l'ouvrais, le choc des couleurs me donnait la nausée.
Bon, il faut bien le dire, les couleurs sont vraiment immondes ! Je ne sais pas si c'est parce que la bd est vieille ou autre chose, mais ça m'a longtemps refroidi. Mais je n'ai pas regretté l'effort d'hier (en même temps j'avais 4h de voiture donc c'était tip top).
Le dessin est réussi parce qu'il réussit à me plonger dans l'Angleterre fasciste de ces années, surtout il transmet bien l'étrangeté de V et l'ambiguitë des différents personnages qui sont très expressifs. Les prises de vue et les scènes de mouvement sont vraiment vivantes.
Mais le gros point fort de cette bd est le scénario, qui est peaufiné et vraiment chiadé. La structure, la narration montrent bien que l'auteur sait toujours où il va, tout se construit lentement, tout se révèle peu a peu et au final on obtient un bel édifice. Surtout il ne sombre pas dans la caricature des régimes fascistes, et réussit à rendre vraiment crédible cette Angleterre proche de 1984. On sent les multiples inspirations, littéraires ou historiques, et la fusion est aboutie. Le personnage de V est fascinant, il a une prestance, un attrait fou.
Donc vraiment je ne regrette pas de m'être forcé et je conseille tous de faire un effort, ça en vaut vraiment la peine.
Encore une bd incolore, inodore, sans personnalité qui ne devrait pas être publiée. Dessins aseptisé (les pages sont dix fois plus moches que la couv), sujet casse-pied et pédant pour pas dire autre chose (argent, espion, filles, ...)
Le plus énervant c'est que je ne sens pas la sincérité du scénariste. Au moins Van Hamme aime ce qu'il fait avec Largo Winch. Ici on sent l'homme d'affaire qui n'en à rien à battre de la bd pourvu que ça rapporte... Beurk.
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1945
Un(e) auteur Japonaise traitant d’un sujet bien Européen (le nazisme en Allemagne pendant la 2e guerre mondiale), dans un style et un format entre le manga et la BD européenne, ça a éveillé ma curiosité. Je n’ai malheureusement pas accroché. L’histoire est peu crédible, trop édulcorée, et même confuse par moments malgré la simplicité du récit. Les personnages sont trop difficiles à différencier (tous ces jeunes hommes blonds !), malgré leur manichéisme. Un album sympathique, certes, mais pas génial.
Lucie
Dialogues savoureux, problèmes familiaux quotidiens, dilemmes amoureux, quête du bonheur au risque que le mieux soit l’ennemi du bien... Plus d’un lecteur se reconnaîtra dans certains épisodes de cette série. Le 3e tome de Lucie maintient le niveau des précédents, tout en renouvelant l’histoire et sans qu’on n’ait l’impression du déjà lu, le tout s'enchaînant dans un rythme soutenu qui évite l'ennui.
Lucille
J'ai mis du temps avant d'oser m'attaquer à ce pavé de 500 pages, mais mon appréhension n'était pas justifiée; le livre est d'une très grande lisibilité et je l'ai lu plus rapidement qu'attendu. Lucille est une fille anorexique qui se laisse mourir. Arthur, dont le père s'est suicidé, comme son grand-père avant lui, a peur de suivre le même chemin qu'eux. Les deux adolescents vont se trouver, s'aimer et fuir ensemble pour essayer de se sauver l'un l'autre. Le noeud de cette histoire n'est simple qu'en apparence seulement, et c'est avec patience et persévérance que l'auteur démêle le fil de la vie des protagonistes en révélant les différents épisodes marquants de leur courte existence. "Lucille" est un drame psychologique d'une force bouleversante. Un album superbe, unique, sans aucun doute une des toutes meilleures BD de 2006 (s'il n'est pas nominé au prix du meilleur album à Angoulême, je mange mon chapeau !). A découvrir absolument.
Noir Métal
Une parfaite démonstration du cynisme dont peuvent faire preuve les gérants d'une entreprise, et les élus politiques censés encadrer la présence d'une telle usine. Une bédé-documentaire qui sonne très vrai. Une longue section de notes en fin de volume vient apporter une foule de détails intéressants, et souvent édifiants. Le dessin est agréable, sans plus. Une beau document.
A Story of war
« A Story of War » est le premier album important réalisé en 1982 par Alec Séverin (publié en 1985 par Michel Deligne). Ces 150 pages, dessinées en 9 jours, ont contribué à la légende de cet illustre auteur. Nombre de ses fidèles lecteurs ont découvert son œuvre grâce à cet ouvrage. Parmi eux, Malo Kerfriden, le décrit de la plus belle des façons dans une interview qu’il m’a accordé pour le site : « A la fin des années 80, j’ai acheté par hasard l’album « Story of war » paru chez Michel Deligne. A l‘époque, je découvrais Joe Kubert, Alex Toth, Bernet, Berny Wrighston etc… J’ai au départ pensé que ce récit était une réédition d’un comics d’histoire de guerre des années 50. Le relâchement, l’aisance et la spontanéité du dessin m’ont véritablement fasciné, ainsi que le ton de l’album (qui lui n’était pas du tout « années 50 »). Séverin a un ton extrêmement dur et désabusé dans ses premiers albums. Par la suite, je me suis procuré « Gratin » paru aussi chez Michel Deligne et « Lisette », publié chez Delcourt. Je me souviens aussi d’un article dans « Les cahiers de la bande dessinée »… Bref, j’ai compris ma méprise. » Ce petit album (au format A5), publié en noir et blanc, nous relate les aventures d’un Soldat engagé sous la bannière étoilée. A l’issue d’une période d’entraînement, il découvrira les horreurs de la guerre et refusera de porter une arme au Front. Ce récit qui aurait pu se réduire à la simple histoire d’un soldat en temps de guerre est accompagné d’une magnifique histoire d’amour et d’un hymne à l’acceptation des différences. Alec Séverin l’agrémente d’un trait d’une remarquable précision malgré la rapidité sans précédent avec laquelle il a réalisé cet ouvrage. Son découpage est vivant et il ose des formes de cases non conventionnelles. Côté dessins, il joue sur les palettes de gris et de noir afin de restituer aux mieux les différentes ambiances du récit. Chaque chapitre se distingue par une utilisation appropriée des « couleurs » à sa disposition. « A story of war » pose les jalons de ses futures publications en y insérant, non sans son humour habituel, des fausses publicités entre les différents chapitres. Dès 19 ans, il marque son entrée parmi les auteurs complets de bande-dessinées. Cet album est accompagné de deux mini récits tout aussi passionnants que l’histoire principale. Ils sont durs mais à l’image des histoires de guerre. Dans le cadre du site sur son œuvre (http://oeuvreseverin.free.fr), j’ai eu l’occasion de l’interroger sur la genèse de cet album. Avec cette discussion particulièrement poignante où Alec Séverin détaille pas à pas la réalisation, ce qu’il a voulu montrer de son mode de vie par rapport aux personnages et les différentes étapes qui ont permis la publication, j’ai réalisé à quel point cet album était fondateur dans son œuvre. Dans un premier temps, je m’étais arrêté à l’exploit de la réalisation graphique, mais la façon dont il a créé et découpé mentalement l’histoire est à mon sens aussi impressionnante. Mais je préfère vous laisser lire la façon dont il présente la chose dans cet extrait : « Mentalement, le découpage est déjà également réalisé, plan par plan et quasiment case par case … Dès lors, le lendemain matin, j’ai démarré sur la 1ère image (qui n’est pas la première dans l’album, mais la première image qui se passe sur l’île) … Je savais qu’il y aurait beaucoup de pages à venir, mais pas exactement combien, car je ne connaissais pas le nombre exact de cases … Je n’ai pas eu le courage de les compter mentalement une par une (mais j’aurai pu)… Bref, je ne faisais pas de « mise en page », je dessinais très vite les cases (et leur contenu) au crayon les unes après les autres de manière quasi-définitive … J’ai dessiné ainsi durant tout le premier jour et la nuit suivante (j’étais jeune…). J’ai dormi quelques heures … et ainsi de suite … Ce qui fait qu’au bout de 3 jours, l’histoire était terminée au crayon. (Elle ne faisait pas 150 pages, mais était complète en + ou – 90 ou 100 pages). Je suis allé faire photocopier tous ces crayonnés … ensuite j’ai dormi quelques heures ... après quoi, j’ai encré ces pages en 1 ou 2 jours …(avec de gros bouts de nuit) … Cela va vous paraître un peu curieux, mais pendant que j’encrais, je réfléchissais aux 2 autres petites histoires qui pourraient encadrer ce récit et je me les jouais mentalement, ce qui fait que, l’encrage fini, je me suis mis immédiatement sur le dessin de « la star » et de la troisième histoire (que j’avais déjà découpée mentalement à la case près) … pas mal des cases qui les constituent ont été directement dessinées à l’encre, sans crayonné, car l’échauffement des 5 jours précédents et le « style » utilisé (qui n’était pas très rigoureux), me le permettaient … Les 2 historiettes étaient entièrement terminées à la fin du 6ème jour (à quelques heures près). Comme la dernière était un peu plus sophistiquée, je me suis dit, avant de m’endormir, que je devais refaire des photocopies du grand récit et les passer au lavis … j’ai pensé à un prologue … (en forme de match d’entraînement de rugby …). Et le lendemain, je me suis attelé à mettre de l’encre diluée sur les cases (des photocopies). Tâche terminée le soir du 7ème jour de travail. J’étais un peu fatigué mais je me suis mis au travail sur le prologue qui, techniquement, est un assemblage de dessins que j’ai griffonnés, encrés et collés sur des cases (un peu à la manière d’un puzzle). Le lendemain, je me suis effondré et j’ai dormi durant + ou – 10 heures … Vers quelle heure de l’après midi du 8ème jour ai-je relu le tout … ? Mais alors, la longue histoire me semblait manquer un peu d’épaisseur et je me suis dis que quelques grandes images permettraient de petits souffles d’air frais … Alors, j’ai fait des hors textes en quelques heures (je me rappelle que c’était un plaisir incroyable de les dessiner, le trait glissait tout seul, je découpais de la trame mécanique (grisée) et j’encrais autour, j’ai encore un peu allongé une séquence assez dure sans lavis … volontairement, pour rendre le côté âpre la scène). Je me suis endormi et, le 9ème jour, j’ai tout relu … j’ai décidé de faire quelques fausses pubs délirantes au 2ème degré … Ce qui, je l’espérais, détendrait un peu l’atmosphère … J’ai été dormir … l’ouvrage était terminé à la fin du 9ème jour. Le 10ème jour, mes planches sous le bras, je prenais le train pour me rendre à la convention de la BD à Paris. Je n’ai réalisé les couvertures définitives que lorsque Michel Deligne m’a proposé d’éditer l’album, bien plus tard. »
Le Sursis
C'est tout bonnement magnifique. Pour ceux qui aiment les fictions qui paraissent réelles, cette bande dessinée est incontounable! Les couleurs douces et bonnes se marient parfaitement avec les formes qui ne sont pas strictes. Et les dessins... Aïe!Aïe!Aïe! Ils sont géniaux. On retrouve parfaitement l'ambiance d'un village du sud de la France sous l'occupation. Et que dire des personnages? Ils sont tous différents avec leur caractère propre à chacun. Julien est drôle et petite mention pour Marginod. Comment parler de cette BD sans parler de Cécile? Elle est très bien (allez voir les ex-libris et sérigraphies sur elle, ça vaut le coup d'oeil). Bon je vous laisse découvrir le reste et on se retrouve dans l'avis sur le Vol du corbeau. Au fait la chute de ces deux BD est... surprenante, bien trouvée, réaliste ... Merci GIBRAT pour cette ouvre d'art
Dead Hunter
Après avoir découvert cette BD "par hasard" à un festival de BD, à Amiens, j'me suis plongé dans la lecture de cette oeuvre esthétique -les dessins et les couleurs sont judicieux et précis, et surtout l'organisation des images sur les planches est bien faite-. Le début m'a déçu car je ne suis pas fan de la guerre Nordistes contres Sudistes aux Etats-Unis. Heureusement cela ne demeure qu'un contexte qui se prête fianlement très bien à cette histoire fantastique. Puis lorsqu'on découvre Petite Lune, on ne peut que remercier Tacito de l'avoir créée. Qui? Petite Lune, euh... la BD, je veux dire.
Chute de Vélo
De toute évidence, Davodeau est un auteur trés à l'aise dans l'évocation de la vie de personnes ordinaires et dans la description de leur psychologie. Cet album le démontre de manière trés sensible. Cette chronique simple et authentique de la vie d'une famille à un instant charnière de son histoire, brille en effet par sa pertinence et sa lucidité. Riche et surprenante, elle capte des instants d'émotion bien vus et surtout criants de vérité. J'ai été conquis par le propos et je trouve que sur ce coup là, Davodeau a su entretenir mon intérêt de manière constante. Ce qui n'a pas été le cas pour son album (pourtant de référence...) Les Mauvaises gens. Côté graphisme, c'est basique. Le style de l'auteur ne le situe pas dans la catégorie des cadors du genre. Son trait est simple, sans fioritures et sans éclat particulier. Mais il est efficace. Quant à moi, je considére que dans ce genre de bd, le trait n'est pas forcément l'essentiel (c'est une hérésie de dire ça d'une bd, je sais). Ce qui m'importe c'est l'histoire, et cette bd est en la matière, fort bien pourvue. Je conseille donc vivement.
V pour Vendetta
J'ai lu cette bd avec beaucoup beaucoup d'appréhension ! C'est simple ça fait presque deux ans que je l'avais chez moi sans l'avoir lue... A chaque fois que je l'ouvrais, le choc des couleurs me donnait la nausée. Bon, il faut bien le dire, les couleurs sont vraiment immondes ! Je ne sais pas si c'est parce que la bd est vieille ou autre chose, mais ça m'a longtemps refroidi. Mais je n'ai pas regretté l'effort d'hier (en même temps j'avais 4h de voiture donc c'était tip top). Le dessin est réussi parce qu'il réussit à me plonger dans l'Angleterre fasciste de ces années, surtout il transmet bien l'étrangeté de V et l'ambiguitë des différents personnages qui sont très expressifs. Les prises de vue et les scènes de mouvement sont vraiment vivantes. Mais le gros point fort de cette bd est le scénario, qui est peaufiné et vraiment chiadé. La structure, la narration montrent bien que l'auteur sait toujours où il va, tout se construit lentement, tout se révèle peu a peu et au final on obtient un bel édifice. Surtout il ne sombre pas dans la caricature des régimes fascistes, et réussit à rendre vraiment crédible cette Angleterre proche de 1984. On sent les multiples inspirations, littéraires ou historiques, et la fusion est aboutie. Le personnage de V est fascinant, il a une prestance, un attrait fou. Donc vraiment je ne regrette pas de m'être forcé et je conseille tous de faire un effort, ça en vaut vraiment la peine.
Insiders
Encore une bd incolore, inodore, sans personnalité qui ne devrait pas être publiée. Dessins aseptisé (les pages sont dix fois plus moches que la couv), sujet casse-pied et pédant pour pas dire autre chose (argent, espion, filles, ...) Le plus énervant c'est que je ne sens pas la sincérité du scénariste. Au moins Van Hamme aime ce qu'il fait avec Largo Winch. Ici on sent l'homme d'affaire qui n'en à rien à battre de la bd pourvu que ça rapporte... Beurk.