Une série qui parait curieusement amateur à mes yeux.
Son dessinateur, Carrere, est pourtant déjà connu pour le dessin de la série Léo Loden, mais cette nouvelle série, L'Héritier des Etoiles met en avant à mes yeux certaines insuffisances de sa technique. Visiblement, quand il cherche à prendre un style plus réaliste, éloigné du style légèrement "gros nez" de Léo Loden, ça ne marche plus. Ses personnages humains ont des expressions peu convaincantes, ses aliens sont très passables et ses costumes et décors légèrement fantasy me font penser à un succédanné assez raté du style de Tarquin. En outre, les décors et paysages sont souvent réduits à leur plus simple expression, vallées sans végétation, murs pleins et autres facilités pour ne pas innover ni avoir à travailler ses architectures et lieux.
Quant au scénario, il semble s'adresser à un public relativement jeune par sa naïveté tout en étant rendu complexe par une accumulation de noms de personnages, clans, objets et factions. Le récit de ce premier tome paru est d'un classique décevant : un vaisseau de "gentils" pirates de l'espace fait naufrage sur une planète légèrement heroic-fantasy et vont aider une "gentille" faction à combattre une "méchante" faction avant de repartir façon "we are poor lonesome space pirates", non sans avoir été témoin d'une vraie tragédie amoureuse amenant l'un des "gentils" de la planète à rejoindre leur équipage.
Non content de nous servir un scénario aussi cliché, le scénariste nous glisse parmi les noms des lieux et personnages nombre des clins d'oeil à des oeuvres de SF et autres : la constellation du Gritche (Hypérion de Simmons), un personnage de guerrier appelé Idiran (comme la race guerrière du Cycle de la Culture de Banks), un personnage nommé Askja (nom d'un célèbre volcan Islandais), etc... bref autant de petits noms qui sont peut-être là pour faire sourire avec complicité l'"érudit en matière de SF" mais qui font plutôt preuve à mes yeux d'un certain manque d'imagination propre du scénariste et surtout qui m'ont empêché de trouver le moindre réalisme à cet univers SF à peine inventé et de plonger dans le récit.
Bref, une BD qui se laisse lire mais qui manque cruellement d'originalité et d'interêt tout en étant moyennement desservie par son dessin.
Une série mêlant marine militaire de la fin XVIIIe et enquête policière, scénario relativement original dans son idée donc.
La couverture de cet album est jolie et donne envie de lire. A l'intérieur, le dessin m'a par contre un peu déçu. Les couleurs, très informatisées, sont soigneusement choisies et harmonieuses. Leur travail offre de belles teintes à la mer et au ciel, mais leur aspect un peu trop informatique m'empêche personnellement de les ressentir comme crédibles : on est loin des aquarelles de Bourgeon (Les Passagers du vent) qui donnent l'impression d'admirer un vrai paysage maritime.
Et surtout, ces belles couleurs ne suffisent pas à mes yeux à masquer les insuffisances du dessin. Le trait du dessinateur est très moyen, les personnages pas très beaux, les décors légèrement "tracés à la règle" et simplifiés. Bref, le dessin n'est hélas pas très bon.
Mais il suffit à illustrer un récit qui, même s'il n'innove pas complètement, est assez plaisant à lire. La narration n'est pas toujours évidente : hormis le récit principal autour du médecin Fenton, les brusques sauts vers des intrigues parrallèles dont on n'aperçoit que quelques bribes, n'aident pas à comprendre le tout dans son ensemble. Mais pour le reste, le scénario a l'air relativement bien monté, à quelques petits raccourcis scénaristiques près, et le tout est assez agréable à lire.
Bref, voilà une série à suivre, en espérant que les quelques défauts actuels (dessin moyen et petites confusions narratives) s'estompent au profit d'une intrigue bien montée.
premier volume : Vlad l'empaleur
Contrairement au livre de Pascal Croci et de Françoise-Sylvie Pauly Dracula, le prince valaque Vlad Tepes (Emmanuel Proust Editions), c’est toute la vie de Dracula qui est retracée ici par Yves H.
C’est donc sous l’angle purement historique, que la vie de Vlad Dracula est abordée.
Et l’on voit vraiment que, de toutes les époques, l’histoire des Balkans fut une histoire tourmentée et complexe : affrontements religieux, militaires, trahisons et reversements d’alliances, conflits, coup d’état, bref une mine (sans faire de jeu de mots) d’inspiration pour scénaristes.
Car c’est cela l’histoire de Vlad l’empaleur, une saga formidable et cruelle, une épopée sanguinaire... alors amateurs de vampires et de surnaturel passez votre chemin. Place aux combats, à l'aventure et à la vengeance.
Le tout est magnifiquement mis en scène par Hermann, dont le dessin en couleurs directes, met parfaitement en relief à la fois l’horrible (les empalements) mais aussi la déchéance d’un prince sans couronne, souvent abandonné par les siens, ou encore la cruauté du moyen-âge.
D’ailleurs je trouve que le dessin d’Hermann s’affine dans le présent opus
Seul hic au tableau, la couverture, qui me plus songer à un album de Glénat (collection Vécu) d’il y a 20 ans, qu’à une nouveauté. Je n’y reconnais guère le style hermannien.
Contrairement à ses précédents albums, Yves H. commet là un scénario plus linéaire, moins alambiqué, truffé de détails historiques qui fera la joie des amateurs, non seulement d’Hermann, mais aussi de bd en général.
Cette perspective historique, et souvent romanesque (avouée dans le cahier en annexe) m’enchante.
Un véritable plaisir des yeux (malgré des scènes insoutenables), un plaisir de lecture, une narration réussie, bref une collaboration enfin, si je puis dire, parfaite entre deux auteurs.
Bravo.
Deuxième volume : Bram Stoker
Déroutant à première vue ce livre, entre roman graphique et bande dessinée.
Le style de Séra est très particulier, assez proche de la photographie et il faut, je l'avoue, quelques pages pour s'habituer au récit. Car Yves H. ajoute au particularisme graphique une narration romanesque, alternant extraits du "dracula " de Bram Stoker et scénario original retracant la biographie de Stocker, vampirisé toute sa vie par le personnage d'Henry Irving.
J'ai eu parfois l'impression de retrouver le style d'Yslaire dans sa série XXème siècle.
Je recommande vivement ce livre, très sobre, et qui nous révèle un personnage attachant, Bram Stocker; qui a cotoyé les plus grands de l'Angleterre Victorienne, de Conan Doyle à Oscar Wilde, en passant par Henry Irving, incontournable dans cette bande dessinée,et Walt Whitman.
Un homme au destin particulier, un destin proche des poètes maudits, de peintres méconnus lors de leurs vivants, bref un destin de" loser" comme je les aime.
Remarquable album, d'approche assez difficile mais qu'il faut absolument lire, surtout pour la beauté et la force des dessins de Séra.
Tome nous livre là une intrigue prenante. 3 tomes racontant chacun la même histoire mais vue par un observateur différent. L'univers de Berceuse Assassine est sordide, glauque et sombre sauf sur les dernières pages ou, dans un sens, les auteurs ont décidé de laisser sa chance à l'être humain. Une histoire de haine, de meurtre et de vengeance rondement bien menée: Bien joué !
Le dessin de Meyer... Je dois dire que si j'ai été quelque peu réticent au début du Coeur de Telenko, très vite, j'ai accroché et été porté jusqu'à la fin par le coup de crayon de Meyer. Je saurais pas en parler, c'est assez particulier (Le mieux à faire est de regarder la galerie) mais je trouve personnellement que ça illustre bien l'histoire de Tome.
Dans son ensemble une bonne Bd, agréable à lire. Cependant il manque un truc, je ne saurais pas dire quoi, mais je n'ai pas été enthousiasmé à la lecture, j'ai juste trouvé ça bien.
Un bon moment !
Bon, c'est décidé, je suis allergique à l'humour de Martin Veyron. Ici, c'est encore une fois du m'as-tu-vu style Louis XIV. A coups de dialogues ampoulés, d'expressions typiques, on se retrouve dans un récit un peu confus, complètement inintéressant au bout de 10 pages. L'intrigue est complètement diluée dans les considérations courtisanes et donc vaines. Bref, ça saoûle assez vite.
Reste le dessin de Rochette, sympathique mais sans plus, alourdi par des couleurs en aplats et sans nuances.
Comme dans leur précédente collaboration, Lady Tara Cornwall, l’ambiance est toujours aussi gothique (décors, costumes, visages). Même certains dialogues de cette bande dessinée se retrouvent ici, comme « de quoi sommes-nous certains » formule qui résumait cet opus.
Un très beau dessin où les pleines pages, souvent pour décrire les ignominies perpétrées par le comte Vlad Tepes, ponctuent le récit d’un Dracula, sous un angle intimiste. L’aspect chef guerrier de Vlad Dracula n’est guère traitée ici, seuls ses crimes sont visibles.
C’est en outre une double narration qui s’offre à nous : en 1888 un archiviste confie au romancier Bram Stocker, (qui fera l’objet prochainement d’ une bd d’Yves H et de Sera chez Casterman), auteur de « Dracula »,les mémoires de la princesse, Cneajna ,l’épouse du comte Vlad.
Cette approche presque intime, et passionnelle, le tout dans une ambiance paradoxalement glaciale, du comte sanguinaire, est originale et mérité d’être lue.
J’ai retrouvé dans cette atmosphère glacée le climat et la folie du film « l’Impératrice rouge », de Joseph Van Sternberg, avec Marlène Dietrich (d’ailleurs, Cneajna, est toujours vêtue de cette couleur tout au long de l’album), car c’est plus autour de l’épouse du comte Vlad que repose le scénario.
A découvrir.
Ai suru n'est certainement pas un chef-d’oeuvre, mais c'est un manga tellement réjouissant qu'il serait dommage de passer à côté.
L'histoire est somme toute très basique. Dans un même appartement (+studio) cohabitent les trois héros de l'histoire. Nous avons donc un jeune et beau prof, homme marié, très droit, sérieux, limite frigide ; une jeune fille complètement déjantée, folle amoureuse dudit prof et prête à tout pour devenir sa maîtresse et le faire passer à la casserole; et enfin le petit frère du jeune prof, prêt à donner sans trop de peine des "cours" d'éducation sexuelle à la jeune fille pour qu'elle réussisse à décoincer l'homme de ses rêves.
Le sujet de ce manga est donc vous l'aurez compris le cul, et l'amour, traité de façon totalement débridée et pleine d'humour. Les scènes érotiques sont en elles-mêmes assez soft, mais l'ensemble est bien plus émoustillant qu'un basique porno (pour un public féminin au moins).
A consommer sans modération !
Pierre Christin le politologue, le sociologue alter-mondialiste a décidé de faire du tiers-monde le sujet de sa collaboration avec Daniel Ceppi. Imaginer un soulèvement des laissés-pour-compte non seulement dans les pays de premier rang, mais aussi un afflux migratoire soudain, mais pacifique, c'est audacieux. Mais très mal exploité. Christin essaie de jouer sur l'aspect "rampant", souterrain d'un tel mouvement, pour installer chez le lecteur une certaine inquiétude. Que se passe-t-il ? Que font tous ces gens ? Pari perdu, on n'y croit pas une seconde. Bloquer des autoroutes avec des avions d'Air france, encercler l'Elysée avec des mobile-homes, c'est carrément ridicule. Et ce n'est pas le talent graphique de Daniel Ceppi, très à la mode dans les années 1980, qui sauvera l'album du naufrage.
Parler au nom du Tiers-Monde et du Quart-Monde, c'est un voeu pieux. Mais ça résonne dans le vide quand c'est maladroit.
Premier album de bande dessinée à aborder de plein fouet le sujet, "le onzième jour" situe son action dans un New York meurtri d'un 11 septembre 2001 de sinistre mémoire et malheureusement toujours d'actualité (ne fut-ce que pour la commémoration anniversaire...). Loin de vouloir décortiquer ou analyser les événements en tant que tels, Sandrine Revel produit avec cet album une sorte de journal intime en images. Elle se livre à coeur ouvert comme elle livre des bribes de ce qu'on ressent quand tout s'écroule autour de soi. Sandrine Revel était donc sur place ce jour-là. Pas aux tours elles-mêmes mais dans la Grosse Pomme. Petit à petit, la catastrophe s'est dévoilée faisant place à l'incertitude et aux interrogations des badauds pas trop proche du lieu qui recevait les infos aux compte-gouttes (peut-être moins vite que nous à l'écoute de nos transistors ou devant nos postes de télévision). Mais bien vite, l'émotion s'est révélée forte, très forte, trop forte... Pour Sandrine, ses amis et sans doute la plupart des touristes sur place au moment du drame, le doute était aussi celui du retour au bercail.
Ceux qui connaissent déjà l'auteur par sa série enfantine Un drôle d'ange gardien auront bien du mal à la reconnaître. De manière franche, elle jette à la figure des lecteurs des moments d'émotions, particulièrement intense pour elle qui supportait en plus le deuil de son frère Stéphane.
En faisant abstraction du marketing qui voit la parution de l'album à la date anniversaire, le livre vaut le détour d'un autre regard ...
Human Analysis New Department : quelle déception ! Au vu de ce que l'on connaît de la carte de visite impressionnante de Pierre Pelot, on est en droit d'attendre mieux qu'un texte quasi illisible. Gros défaut qui gâche amèrement l'envie d'entrer dans l'univers pourtant tortueux qu'il a pensé. Dans un futur incertain, le langage s'est hispanisé à outrance. Sans doute ce prolifique romancier a-t-il eu l'envie pour son premier scénario original dans le neuvième art de créer un langage qui lui est propre. Qui sait ? Peu importe, le résultat est ici imbuvable que diantre !
De bonnes idées sont toutefois présentes dans l'album: clonages, manipulations génétiques, société de type "Blade Runner", ... quelques déjà-vu mais bien assaisonnés et bien proportionnés. La recette aurait sans doute mieux fonctionnée en roman.
Les dessins sont assurés par un nouveau venu dans les catalogues, Emmanuel Vegliona. Si on peut lui reprocher certaines expressions trop figées, on sent néanmoins qu'il possède un potentiel certain.
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L'Héritier des Etoiles
Une série qui parait curieusement amateur à mes yeux. Son dessinateur, Carrere, est pourtant déjà connu pour le dessin de la série Léo Loden, mais cette nouvelle série, L'Héritier des Etoiles met en avant à mes yeux certaines insuffisances de sa technique. Visiblement, quand il cherche à prendre un style plus réaliste, éloigné du style légèrement "gros nez" de Léo Loden, ça ne marche plus. Ses personnages humains ont des expressions peu convaincantes, ses aliens sont très passables et ses costumes et décors légèrement fantasy me font penser à un succédanné assez raté du style de Tarquin. En outre, les décors et paysages sont souvent réduits à leur plus simple expression, vallées sans végétation, murs pleins et autres facilités pour ne pas innover ni avoir à travailler ses architectures et lieux. Quant au scénario, il semble s'adresser à un public relativement jeune par sa naïveté tout en étant rendu complexe par une accumulation de noms de personnages, clans, objets et factions. Le récit de ce premier tome paru est d'un classique décevant : un vaisseau de "gentils" pirates de l'espace fait naufrage sur une planète légèrement heroic-fantasy et vont aider une "gentille" faction à combattre une "méchante" faction avant de repartir façon "we are poor lonesome space pirates", non sans avoir été témoin d'une vraie tragédie amoureuse amenant l'un des "gentils" de la planète à rejoindre leur équipage. Non content de nous servir un scénario aussi cliché, le scénariste nous glisse parmi les noms des lieux et personnages nombre des clins d'oeil à des oeuvres de SF et autres : la constellation du Gritche (Hypérion de Simmons), un personnage de guerrier appelé Idiran (comme la race guerrière du Cycle de la Culture de Banks), un personnage nommé Askja (nom d'un célèbre volcan Islandais), etc... bref autant de petits noms qui sont peut-être là pour faire sourire avec complicité l'"érudit en matière de SF" mais qui font plutôt preuve à mes yeux d'un certain manque d'imagination propre du scénariste et surtout qui m'ont empêché de trouver le moindre réalisme à cet univers SF à peine inventé et de plonger dans le récit. Bref, une BD qui se laisse lire mais qui manque cruellement d'originalité et d'interêt tout en étant moyennement desservie par son dessin.
H.M.S.
Une série mêlant marine militaire de la fin XVIIIe et enquête policière, scénario relativement original dans son idée donc. La couverture de cet album est jolie et donne envie de lire. A l'intérieur, le dessin m'a par contre un peu déçu. Les couleurs, très informatisées, sont soigneusement choisies et harmonieuses. Leur travail offre de belles teintes à la mer et au ciel, mais leur aspect un peu trop informatique m'empêche personnellement de les ressentir comme crédibles : on est loin des aquarelles de Bourgeon (Les Passagers du vent) qui donnent l'impression d'admirer un vrai paysage maritime. Et surtout, ces belles couleurs ne suffisent pas à mes yeux à masquer les insuffisances du dessin. Le trait du dessinateur est très moyen, les personnages pas très beaux, les décors légèrement "tracés à la règle" et simplifiés. Bref, le dessin n'est hélas pas très bon. Mais il suffit à illustrer un récit qui, même s'il n'innove pas complètement, est assez plaisant à lire. La narration n'est pas toujours évidente : hormis le récit principal autour du médecin Fenton, les brusques sauts vers des intrigues parrallèles dont on n'aperçoit que quelques bribes, n'aident pas à comprendre le tout dans son ensemble. Mais pour le reste, le scénario a l'air relativement bien monté, à quelques petits raccourcis scénaristiques près, et le tout est assez agréable à lire. Bref, voilà une série à suivre, en espérant que les quelques défauts actuels (dessin moyen et petites confusions narratives) s'estompent au profit d'une intrigue bien montée.
Sur les traces de Dracula
premier volume : Vlad l'empaleur Contrairement au livre de Pascal Croci et de Françoise-Sylvie Pauly Dracula, le prince valaque Vlad Tepes (Emmanuel Proust Editions), c’est toute la vie de Dracula qui est retracée ici par Yves H. C’est donc sous l’angle purement historique, que la vie de Vlad Dracula est abordée. Et l’on voit vraiment que, de toutes les époques, l’histoire des Balkans fut une histoire tourmentée et complexe : affrontements religieux, militaires, trahisons et reversements d’alliances, conflits, coup d’état, bref une mine (sans faire de jeu de mots) d’inspiration pour scénaristes. Car c’est cela l’histoire de Vlad l’empaleur, une saga formidable et cruelle, une épopée sanguinaire... alors amateurs de vampires et de surnaturel passez votre chemin. Place aux combats, à l'aventure et à la vengeance. Le tout est magnifiquement mis en scène par Hermann, dont le dessin en couleurs directes, met parfaitement en relief à la fois l’horrible (les empalements) mais aussi la déchéance d’un prince sans couronne, souvent abandonné par les siens, ou encore la cruauté du moyen-âge. D’ailleurs je trouve que le dessin d’Hermann s’affine dans le présent opus Seul hic au tableau, la couverture, qui me plus songer à un album de Glénat (collection Vécu) d’il y a 20 ans, qu’à une nouveauté. Je n’y reconnais guère le style hermannien. Contrairement à ses précédents albums, Yves H. commet là un scénario plus linéaire, moins alambiqué, truffé de détails historiques qui fera la joie des amateurs, non seulement d’Hermann, mais aussi de bd en général. Cette perspective historique, et souvent romanesque (avouée dans le cahier en annexe) m’enchante. Un véritable plaisir des yeux (malgré des scènes insoutenables), un plaisir de lecture, une narration réussie, bref une collaboration enfin, si je puis dire, parfaite entre deux auteurs. Bravo. Deuxième volume : Bram Stoker Déroutant à première vue ce livre, entre roman graphique et bande dessinée. Le style de Séra est très particulier, assez proche de la photographie et il faut, je l'avoue, quelques pages pour s'habituer au récit. Car Yves H. ajoute au particularisme graphique une narration romanesque, alternant extraits du "dracula " de Bram Stoker et scénario original retracant la biographie de Stocker, vampirisé toute sa vie par le personnage d'Henry Irving. J'ai eu parfois l'impression de retrouver le style d'Yslaire dans sa série XXème siècle. Je recommande vivement ce livre, très sobre, et qui nous révèle un personnage attachant, Bram Stocker; qui a cotoyé les plus grands de l'Angleterre Victorienne, de Conan Doyle à Oscar Wilde, en passant par Henry Irving, incontournable dans cette bande dessinée,et Walt Whitman. Un homme au destin particulier, un destin proche des poètes maudits, de peintres méconnus lors de leurs vivants, bref un destin de" loser" comme je les aime. Remarquable album, d'approche assez difficile mais qu'il faut absolument lire, surtout pour la beauté et la force des dessins de Séra.
Berceuse assassine
Tome nous livre là une intrigue prenante. 3 tomes racontant chacun la même histoire mais vue par un observateur différent. L'univers de Berceuse Assassine est sordide, glauque et sombre sauf sur les dernières pages ou, dans un sens, les auteurs ont décidé de laisser sa chance à l'être humain. Une histoire de haine, de meurtre et de vengeance rondement bien menée: Bien joué ! Le dessin de Meyer... Je dois dire que si j'ai été quelque peu réticent au début du Coeur de Telenko, très vite, j'ai accroché et été porté jusqu'à la fin par le coup de crayon de Meyer. Je saurais pas en parler, c'est assez particulier (Le mieux à faire est de regarder la galerie) mais je trouve personnellement que ça illustre bien l'histoire de Tome. Dans son ensemble une bonne Bd, agréable à lire. Cependant il manque un truc, je ne saurais pas dire quoi, mais je n'ai pas été enthousiasmé à la lecture, j'ai juste trouvé ça bien. Un bon moment !
Cour royale
Bon, c'est décidé, je suis allergique à l'humour de Martin Veyron. Ici, c'est encore une fois du m'as-tu-vu style Louis XIV. A coups de dialogues ampoulés, d'expressions typiques, on se retrouve dans un récit un peu confus, complètement inintéressant au bout de 10 pages. L'intrigue est complètement diluée dans les considérations courtisanes et donc vaines. Bref, ça saoûle assez vite. Reste le dessin de Rochette, sympathique mais sans plus, alourdi par des couleurs en aplats et sans nuances.
Dracula, le prince valaque Vlad Tepes
Comme dans leur précédente collaboration, Lady Tara Cornwall, l’ambiance est toujours aussi gothique (décors, costumes, visages). Même certains dialogues de cette bande dessinée se retrouvent ici, comme « de quoi sommes-nous certains » formule qui résumait cet opus. Un très beau dessin où les pleines pages, souvent pour décrire les ignominies perpétrées par le comte Vlad Tepes, ponctuent le récit d’un Dracula, sous un angle intimiste. L’aspect chef guerrier de Vlad Dracula n’est guère traitée ici, seuls ses crimes sont visibles. C’est en outre une double narration qui s’offre à nous : en 1888 un archiviste confie au romancier Bram Stocker, (qui fera l’objet prochainement d’ une bd d’Yves H et de Sera chez Casterman), auteur de « Dracula »,les mémoires de la princesse, Cneajna ,l’épouse du comte Vlad. Cette approche presque intime, et passionnelle, le tout dans une ambiance paradoxalement glaciale, du comte sanguinaire, est originale et mérité d’être lue. J’ai retrouvé dans cette atmosphère glacée le climat et la folie du film « l’Impératrice rouge », de Joseph Van Sternberg, avec Marlène Dietrich (d’ailleurs, Cneajna, est toujours vêtue de cette couleur tout au long de l’album), car c’est plus autour de l’épouse du comte Vlad que repose le scénario. A découvrir.
Ai suru hito
Ai suru n'est certainement pas un chef-d’oeuvre, mais c'est un manga tellement réjouissant qu'il serait dommage de passer à côté. L'histoire est somme toute très basique. Dans un même appartement (+studio) cohabitent les trois héros de l'histoire. Nous avons donc un jeune et beau prof, homme marié, très droit, sérieux, limite frigide ; une jeune fille complètement déjantée, folle amoureuse dudit prof et prête à tout pour devenir sa maîtresse et le faire passer à la casserole; et enfin le petit frère du jeune prof, prêt à donner sans trop de peine des "cours" d'éducation sexuelle à la jeune fille pour qu'elle réussisse à décoincer l'homme de ses rêves. Le sujet de ce manga est donc vous l'aurez compris le cul, et l'amour, traité de façon totalement débridée et pleine d'humour. Les scènes érotiques sont en elles-mêmes assez soft, mais l'ensemble est bien plus émoustillant qu'un basique porno (pour un public féminin au moins). A consommer sans modération !
La Nuit des Clandestins
Pierre Christin le politologue, le sociologue alter-mondialiste a décidé de faire du tiers-monde le sujet de sa collaboration avec Daniel Ceppi. Imaginer un soulèvement des laissés-pour-compte non seulement dans les pays de premier rang, mais aussi un afflux migratoire soudain, mais pacifique, c'est audacieux. Mais très mal exploité. Christin essaie de jouer sur l'aspect "rampant", souterrain d'un tel mouvement, pour installer chez le lecteur une certaine inquiétude. Que se passe-t-il ? Que font tous ces gens ? Pari perdu, on n'y croit pas une seconde. Bloquer des autoroutes avec des avions d'Air france, encercler l'Elysée avec des mobile-homes, c'est carrément ridicule. Et ce n'est pas le talent graphique de Daniel Ceppi, très à la mode dans les années 1980, qui sauvera l'album du naufrage. Parler au nom du Tiers-Monde et du Quart-Monde, c'est un voeu pieux. Mais ça résonne dans le vide quand c'est maladroit.
Le 11e Jour
Premier album de bande dessinée à aborder de plein fouet le sujet, "le onzième jour" situe son action dans un New York meurtri d'un 11 septembre 2001 de sinistre mémoire et malheureusement toujours d'actualité (ne fut-ce que pour la commémoration anniversaire...). Loin de vouloir décortiquer ou analyser les événements en tant que tels, Sandrine Revel produit avec cet album une sorte de journal intime en images. Elle se livre à coeur ouvert comme elle livre des bribes de ce qu'on ressent quand tout s'écroule autour de soi. Sandrine Revel était donc sur place ce jour-là. Pas aux tours elles-mêmes mais dans la Grosse Pomme. Petit à petit, la catastrophe s'est dévoilée faisant place à l'incertitude et aux interrogations des badauds pas trop proche du lieu qui recevait les infos aux compte-gouttes (peut-être moins vite que nous à l'écoute de nos transistors ou devant nos postes de télévision). Mais bien vite, l'émotion s'est révélée forte, très forte, trop forte... Pour Sandrine, ses amis et sans doute la plupart des touristes sur place au moment du drame, le doute était aussi celui du retour au bercail. Ceux qui connaissent déjà l'auteur par sa série enfantine Un drôle d'ange gardien auront bien du mal à la reconnaître. De manière franche, elle jette à la figure des lecteurs des moments d'émotions, particulièrement intense pour elle qui supportait en plus le deuil de son frère Stéphane. En faisant abstraction du marketing qui voit la parution de l'album à la date anniversaire, le livre vaut le détour d'un autre regard ...
Hand
Human Analysis New Department : quelle déception ! Au vu de ce que l'on connaît de la carte de visite impressionnante de Pierre Pelot, on est en droit d'attendre mieux qu'un texte quasi illisible. Gros défaut qui gâche amèrement l'envie d'entrer dans l'univers pourtant tortueux qu'il a pensé. Dans un futur incertain, le langage s'est hispanisé à outrance. Sans doute ce prolifique romancier a-t-il eu l'envie pour son premier scénario original dans le neuvième art de créer un langage qui lui est propre. Qui sait ? Peu importe, le résultat est ici imbuvable que diantre ! De bonnes idées sont toutefois présentes dans l'album: clonages, manipulations génétiques, société de type "Blade Runner", ... quelques déjà-vu mais bien assaisonnés et bien proportionnés. La recette aurait sans doute mieux fonctionnée en roman. Les dessins sont assurés par un nouveau venu dans les catalogues, Emmanuel Vegliona. Si on peut lui reprocher certaines expressions trop figées, on sent néanmoins qu'il possède un potentiel certain.