Là j’ai un souci… J’en avais entendu parler via un article (dans Canal BD) et le sujet me tentait énormément. Le sujet : une britannique adhère aux idées du parti nazi et rejoint l’Allemagne avant la seconde guerre mondiale… On le retrouve à la fin de la guerre, prisonnier des alliés et racontant son histoire.
Comme je m’y attendais le scénario est passionnant mais... car il y a un gros mais, je n’ai pas du tout adhéré au rythme et au système narratif.
Je trouve que Tarek nous perd en détail (surtout au début de l’album) qui ne sont pas forcément nécessaires. Et j’ai aussi trouvé que le style des phrases ne collait pas vraiment avec l’époque de la série et était beaucoup trop contemporain.
Sur le scénario en tant que tel, je suis quand même impatient de lire la suite car je trouve le sujet vraiment passionnant à narrer. Comment Tarek va-t-il nous présenter l’histoire de Benton qui ne renie rien de son mode de pensée au cours de ce premier album ? Comment allons nous suivre l’évolution de ce personnage ? Allons nous le haïr ?
Concernant le dessin, le style est parfaitement adapté et aussi sombre que le personnage…
Je m’attendais au pire avec cet album et finalement j’ai été très agréablement surpris. Le scénario tout d’abord, on s’y croirait ! Tout respire le vécu de la part des auteurs, on angoisse comme quelqu’un d’avachi devant son poste à découvrir les exploits de passer entre des serpents agressifs ou des araignées venimeuses. On stresse à l’idée de plonger dans le vide de la cour soutenu par un élastique. On est en sueur à l’idée de ne pas répondre correctement aux réponses du père Fourras. A la fin tout est bien qui finit bien une fois de plus nos héros ramèneront le graal rempli de boyard après un très agréable moment que nous aurons passé en leur compagnie.
Le dessin ? A l’image de cette superbe couverture nous sommes dans la plus pure tradition de la ligne claire, le dessin est superbement maîtrisé et fait jeu égal avec les maîtres du genre. On pense immédiatement aux plus grand titres du genre tels les Star’Ac, Koh Lantha and co et une nouvelle fois les éditions jungle nous gratifient de leur plus belle chartre graphique.
Je remercie encore Casterman de m’avoir une nouvelle fois diverti grâce à son nouveau label Jungle. Je vous conseille de découvrir le superbe site réalisé pour l’occasion : http://www.b-oyar-d.com
Vous devez penser que je suis fou ? en découvrant les sorties de la semaine j’ai eu envie de vous écrire une petite chronique sur ce superbe objet qui n’arrivera malheureusement jamais jusqu’à ma bibliothèque.
78 pages qu'on ne voit pas passer ... une histoire très belle sur la recherche du meurtrier de Big Bill.
Deux frères se retrouvent au pied d'un arbre... Leur frère Bill est là pendu devant eux... Le shérif est déjà passé mais leur a demandé de ne pas le dépendre... Qu'a-t-il bien pu se passer ?
Dans ces Etats Unis post-crise de 29, nous assistons à la superbe histoire de noirs soumis à la rudesse de la vie et au racisme. Les auteurs nous présentent une situation assez sombre de cette époque et des abus qu'elle a pu entraîner.
Est-il possible de bâtir un phare ?
Surtout si vous êtes un jeune ingénieur à peine sorti de l’école ?
Surtout si vous un parisien confronté à des marins bretons ?
Surtout si vous devez construire un phare sur un rocher que la mer découvre une vingtaine de jours par an ?
Surtout si au premier accostage le maçon perd la vie ?
Surtout si à la première tempête tout le travail est réduit à néant ?
Comme je vous l’ai écrit rien ne sera simple pour cet ingénieur.
Que dire de plus ? L’atmosphère de ce port de pèche breton avant la première guerre mondiale est merveilleusement retranscrite, et l’évolution du personnage de l’ingénieur très bien décrite. J’ai passé un très agréable moment à lire cette histoire, pour un deuxième album Bruno Le Floch fait un véritable coup de maître. ^__^
Que dire de plus que ce qui est déjà dit ??? C'est un échec total !
La promo : Cargo a essayé d'intervenir sur tous les forums et a fait l'unanimité contre cette technique.
Le dessin : problèmes de perspectives, de proportions, de qualité du trait, personnages déformés, visages non reconnaissables d'une case à l'autre, changement de styles d’une planches à l’autre, etc …
Le style : cases au format 16/9eme, dessin réaliste « relâché », crayonnés encore apparents, bref c’est hybride et indéfinissable
La couleur : munissez-vous de vos lunettes de soleil pour ne pas être éblouis … et n’oubliez pas votre crème solaire pour éviter les coups de pinceaux ;)
Le scénario : à cheval entre le réalisme et l’humour, le découpage est mal fait et l’histoire bancale.
En conclusion, heureusement que Glénat a eu la décence de ne pas nous proposer le deuxième tome.
Quand un brillant scénariste rencontre un brillant dessinateur, cela ne peut donner qu’un tome 1 qui aiguise mon appétit. Côté technique, le rendu des couleurs est parfaitement adapté au côté sombre du scénario et le dessin d’Alfred est toujours aussi maîtrisé et splendide.
Sur fond de dictature et de problèmes écologiques, Jean-Philippe Peyraud (auteur de très bons albums chez Treize Etrange) nous raconte les péripéties de Josef, presque marié mais qui succombe au charme d’une charmante révolutionnaire. Avec maestria il nous monte une société qui pourrait presque ressembler à la notre et dénonce l’exploitation outrancière que nous faisons de notre planète. Il mêle à cette histoire une couche romantique et nous plonge dans une histoire d’amour impossible et qui ne peut durer.
Un très bon album dont j’attends la suite avec impatience !
Que pouvait rendre en BD ce roman qui décrivait un monde absurde et angoissant, un monde où vous devenez accusé du jour au lendemain ? Céka et Clod se tirent avec adresse de ce challenge et nous proposent une œuvre très agréable à lire et réussissant l’exploit de résumer correctement cette œuvre en 46 planches. Le dessin épuré met habilement en situation les scènes et j’aime beaucoup la façon dont sont illustrées toutes les portes menant au tribunal comme un défi à notre perception du monde. Un moment agréable.
De temps en temps, dans notre monde aseptisé, sort un ovni. Un truc de fou, un concept de BD jamais vu auparavant.
Pour Morlac, une fois lancé, je n’ai pu m’arrêter qu’une fois que la dernière page est tournée.
L’originalité de cette ouvrage repose sur un jeu de cases. A partir de le première, Leif Tande nous propose deux directions possibles puis à chaque planche de nouvelles directions. Au fur et à mesure il tisse une toile impressionnante … L’absence de dialogue renforce l’effort de concentration nécessaire pour bien appréhender le concept. Une fois ou deux, la scène se poursuit dans la planche pour rompre avec la construction générale de l’album.
Du grand art !
Par moment, l’album est un peu trop morbide à mon goût, mais je suis resté médusé par le talent qui défilait sous mes yeux !
Je vous laisse découvrir cette multitude de chemins possibles dans le récit proposé par Leif Tande et nous vous perdez pas en chemin.
La suite sans vraiment être la suite de Big Bill est mort, mais c’est toujours aussi agréable à lire… enfin agréable n’est pas vraiment le terme adéquat au vu du scénario. Toutefois cet album est à placer sur votre liste d’achat.
L’histoire se déroule toujours à Rockwell Town et nous guide sur les pas d’un côté du fils de Big Bill et de sa mère Ada, et de l’autre de Travis de retour en ville après 10 années passées en prison. Leurs destins se croiseront mais ils vivent dans une société qui les rejette.
J’ai été captivé par l’histoire de ce petit bonhomme dont la vie est parfaitement résumée sur la couverture : il sera seul pour suivre les pas de son père … jusqu’à cet arbre où il fut pendu. Les auteurs nous guident avec talent jusqu’à cette scène poignante où il comprendra que cet arbre dans lequel il joue fut le théâtre du drame du précédent ouvrage.
Par le biais de ces trois acteurs, les auteurs nous présentent habilement leur vision de la vie campagnarde américaine raciste et encrée dans ses certitudes.
Deux hommes se regardent, assis de chaque côté d’une table, face à face leurs regards pourraient s’embraser mais pour le moment ils conversent. Paul Klarheit d’un côté est persuadé d’avoir retrouvé la trace de son ami le plus intime dans cet hôpital. Un homme sans nom lui fait face, ses pensées se sont évanouies … il est amnésique. Il est disposé à écouter l’histoire de Paul qui peut être le sortira du brouillard.
Progressivement, Paul va lui raconter comment il croit l’avoir rencontré… Pour commencer Paul nous parle de son enfance, partagée avec son meilleur ami David, et cette terrible journée où lors d’une promenade à cheval, le feu s’est déclaré en forêt. Il chuta lourdement et se réveilla dans les bras d’un inconnu Julien Solédango et sa vie bascula.
Julien, un candélabres, était un être fantastique issu du feu, et en ce jour lui donna le plus mystérieux des cadeaux. Une source de feu qui semblait éternelle et qui lui redonna notamment l’usage de ses jambes. Cette source était si forte qu’elle permis à Paul de maîtriser le plus improbable des arts vu son état originel, la danse.
Paul s’aperçoit rapidement qu’il est le seul à pouvoir apercevoir Julien, mais ce qui l’a amené à venir voir cet homme amnésique est sa persuasion que cet homme ressemble étrangement à un peintre, Liam Lindhosrt, qui fut le seul à pourvoir peindre les … candélabres.
Pour une première série, Algésiras est entrée directement parmi les grands noms de la BD, son dessin est en parfaite adéquation avec le rythme de son histoire et elle a un talent particulier pour nous présenter les pensées les plus profondes de ses personnages. Nadine Thomas l’accompagne pour la mise en couleur en utilisant tout son talent pour nous faire partager le plus justement toutes les situations où la série nous compte l’histoire des candélabres, ces fantastiques être issus du feu.
*** T4 ***
4 ans que nous attendions ce tome …
Certes pendant ce temps, les fans de la série l’ont mise en avant sur les principaux forums du net dédiés aux BD, et ainsi nous n’avons pas vu le temps passer. Après tant de spéculations, de trouvailles sur les origines supposées de la série, n’allions nous pas être déçus par l’arrivée de ce nouveau tome ? Algésiras avait-elle surmonté la pression que nous lui avions infligée ?
Le tome 4 était enfin entre mes mains … Dès que je vis la couverture, je sentis que ce tome allait enfin nous donner des réponses. Aribal qui joue avec le feu, Paul effondré à ces pieds, la série semblait basculer … mais je n’étais pas au bout de mes surprises …
La première scène est magnifique, telle que j’imagine l’univers des candélabres fait d’ombres et de lumières tamisée. Nadine Thomas éclaire magnifiquement cette scène et ses couleurs seront à la hauteur de l’album tout au long de ce tome 4.
Le dessin d’Algésiras s’est encore amélioré dans ce tome, elle maîtrise de mieux en mieux son sujet et découpe très habillement son récit.
Sur ces deux aspects, le tome 4 est le meilleur de la série.
Concernant le scénario … là le lecteur n’est pas déçu ! Il manquait une touche intimiste au récit, et Algésiras nous la livre enfin dans ce quatrième opus. La scène des planches 14 à 16 est déjà entrée dans la légende de la série mais ce n’est pas là seule … toutes les scènes font brûler les personnages et mettent à nu leurs sentiments.
Certes il reste énormément de questions en attente, mais le tome 5 arrivera bientôt.
Pour conclure (provisoirement), le tome 4 est à mon avis le meilleur de la série (mais j’avais déjà dit cela des tomes précédents ;) ) et Algésiras nous démontre une nouvelle fois qu’elle n’avait aucune raison de douter de son talent.
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Sir Arthur Benton
Là j’ai un souci… J’en avais entendu parler via un article (dans Canal BD) et le sujet me tentait énormément. Le sujet : une britannique adhère aux idées du parti nazi et rejoint l’Allemagne avant la seconde guerre mondiale… On le retrouve à la fin de la guerre, prisonnier des alliés et racontant son histoire. Comme je m’y attendais le scénario est passionnant mais... car il y a un gros mais, je n’ai pas du tout adhéré au rythme et au système narratif. Je trouve que Tarek nous perd en détail (surtout au début de l’album) qui ne sont pas forcément nécessaires. Et j’ai aussi trouvé que le style des phrases ne collait pas vraiment avec l’époque de la série et était beaucoup trop contemporain. Sur le scénario en tant que tel, je suis quand même impatient de lire la suite car je trouve le sujet vraiment passionnant à narrer. Comment Tarek va-t-il nous présenter l’histoire de Benton qui ne renie rien de son mode de pensée au cours de ce premier album ? Comment allons nous suivre l’évolution de ce personnage ? Allons nous le haïr ? Concernant le dessin, le style est parfaitement adapté et aussi sombre que le personnage…
Les Aventuriers de Fort Boyard
Je m’attendais au pire avec cet album et finalement j’ai été très agréablement surpris. Le scénario tout d’abord, on s’y croirait ! Tout respire le vécu de la part des auteurs, on angoisse comme quelqu’un d’avachi devant son poste à découvrir les exploits de passer entre des serpents agressifs ou des araignées venimeuses. On stresse à l’idée de plonger dans le vide de la cour soutenu par un élastique. On est en sueur à l’idée de ne pas répondre correctement aux réponses du père Fourras. A la fin tout est bien qui finit bien une fois de plus nos héros ramèneront le graal rempli de boyard après un très agréable moment que nous aurons passé en leur compagnie. Le dessin ? A l’image de cette superbe couverture nous sommes dans la plus pure tradition de la ligne claire, le dessin est superbement maîtrisé et fait jeu égal avec les maîtres du genre. On pense immédiatement aux plus grand titres du genre tels les Star’Ac, Koh Lantha and co et une nouvelle fois les éditions jungle nous gratifient de leur plus belle chartre graphique. Je remercie encore Casterman de m’avoir une nouvelle fois diverti grâce à son nouveau label Jungle. Je vous conseille de découvrir le superbe site réalisé pour l’occasion : http://www.b-oyar-d.com Vous devez penser que je suis fou ? en découvrant les sorties de la semaine j’ai eu envie de vous écrire une petite chronique sur ce superbe objet qui n’arrivera malheureusement jamais jusqu’à ma bibliothèque.
Big Bill est mort
78 pages qu'on ne voit pas passer ... une histoire très belle sur la recherche du meurtrier de Big Bill. Deux frères se retrouvent au pied d'un arbre... Leur frère Bill est là pendu devant eux... Le shérif est déjà passé mais leur a demandé de ne pas le dépendre... Qu'a-t-il bien pu se passer ? Dans ces Etats Unis post-crise de 29, nous assistons à la superbe histoire de noirs soumis à la rudesse de la vie et au racisme. Les auteurs nous présentent une situation assez sombre de cette époque et des abus qu'elle a pu entraîner.
Trois éclats blancs
Est-il possible de bâtir un phare ? Surtout si vous êtes un jeune ingénieur à peine sorti de l’école ? Surtout si vous un parisien confronté à des marins bretons ? Surtout si vous devez construire un phare sur un rocher que la mer découvre une vingtaine de jours par an ? Surtout si au premier accostage le maçon perd la vie ? Surtout si à la première tempête tout le travail est réduit à néant ? Comme je vous l’ai écrit rien ne sera simple pour cet ingénieur. Que dire de plus ? L’atmosphère de ce port de pèche breton avant la première guerre mondiale est merveilleusement retranscrite, et l’évolution du personnage de l’ingénieur très bien décrite. J’ai passé un très agréable moment à lire cette histoire, pour un deuxième album Bruno Le Floch fait un véritable coup de maître. ^__^
L'Affaire du siècle
Que dire de plus que ce qui est déjà dit ??? C'est un échec total ! La promo : Cargo a essayé d'intervenir sur tous les forums et a fait l'unanimité contre cette technique. Le dessin : problèmes de perspectives, de proportions, de qualité du trait, personnages déformés, visages non reconnaissables d'une case à l'autre, changement de styles d’une planches à l’autre, etc … Le style : cases au format 16/9eme, dessin réaliste « relâché », crayonnés encore apparents, bref c’est hybride et indéfinissable La couleur : munissez-vous de vos lunettes de soleil pour ne pas être éblouis … et n’oubliez pas votre crème solaire pour éviter les coups de pinceaux ;) Le scénario : à cheval entre le réalisme et l’humour, le découpage est mal fait et l’histoire bancale. En conclusion, heureusement que Glénat a eu la décence de ne pas nous proposer le deuxième tome.
Le Désespoir du Singe
Quand un brillant scénariste rencontre un brillant dessinateur, cela ne peut donner qu’un tome 1 qui aiguise mon appétit. Côté technique, le rendu des couleurs est parfaitement adapté au côté sombre du scénario et le dessin d’Alfred est toujours aussi maîtrisé et splendide. Sur fond de dictature et de problèmes écologiques, Jean-Philippe Peyraud (auteur de très bons albums chez Treize Etrange) nous raconte les péripéties de Josef, presque marié mais qui succombe au charme d’une charmante révolutionnaire. Avec maestria il nous monte une société qui pourrait presque ressembler à la notre et dénonce l’exploitation outrancière que nous faisons de notre planète. Il mêle à cette histoire une couche romantique et nous plonge dans une histoire d’amour impossible et qui ne peut durer. Un très bon album dont j’attends la suite avec impatience !
Le Procès
Que pouvait rendre en BD ce roman qui décrivait un monde absurde et angoissant, un monde où vous devenez accusé du jour au lendemain ? Céka et Clod se tirent avec adresse de ce challenge et nous proposent une œuvre très agréable à lire et réussissant l’exploit de résumer correctement cette œuvre en 46 planches. Le dessin épuré met habilement en situation les scènes et j’aime beaucoup la façon dont sont illustrées toutes les portes menant au tribunal comme un défi à notre perception du monde. Un moment agréable.
Morlac
De temps en temps, dans notre monde aseptisé, sort un ovni. Un truc de fou, un concept de BD jamais vu auparavant. Pour Morlac, une fois lancé, je n’ai pu m’arrêter qu’une fois que la dernière page est tournée. L’originalité de cette ouvrage repose sur un jeu de cases. A partir de le première, Leif Tande nous propose deux directions possibles puis à chaque planche de nouvelles directions. Au fur et à mesure il tisse une toile impressionnante … L’absence de dialogue renforce l’effort de concentration nécessaire pour bien appréhender le concept. Une fois ou deux, la scène se poursuit dans la planche pour rompre avec la construction générale de l’album. Du grand art ! Par moment, l’album est un peu trop morbide à mon goût, mais je suis resté médusé par le talent qui défilait sous mes yeux ! Je vous laisse découvrir cette multitude de chemins possibles dans le récit proposé par Leif Tande et nous vous perdez pas en chemin.
Un Paradis distant
La suite sans vraiment être la suite de Big Bill est mort, mais c’est toujours aussi agréable à lire… enfin agréable n’est pas vraiment le terme adéquat au vu du scénario. Toutefois cet album est à placer sur votre liste d’achat. L’histoire se déroule toujours à Rockwell Town et nous guide sur les pas d’un côté du fils de Big Bill et de sa mère Ada, et de l’autre de Travis de retour en ville après 10 années passées en prison. Leurs destins se croiseront mais ils vivent dans une société qui les rejette. J’ai été captivé par l’histoire de ce petit bonhomme dont la vie est parfaitement résumée sur la couverture : il sera seul pour suivre les pas de son père … jusqu’à cet arbre où il fut pendu. Les auteurs nous guident avec talent jusqu’à cette scène poignante où il comprendra que cet arbre dans lequel il joue fut le théâtre du drame du précédent ouvrage. Par le biais de ces trois acteurs, les auteurs nous présentent habilement leur vision de la vie campagnarde américaine raciste et encrée dans ses certitudes.
Candélabres
Deux hommes se regardent, assis de chaque côté d’une table, face à face leurs regards pourraient s’embraser mais pour le moment ils conversent. Paul Klarheit d’un côté est persuadé d’avoir retrouvé la trace de son ami le plus intime dans cet hôpital. Un homme sans nom lui fait face, ses pensées se sont évanouies … il est amnésique. Il est disposé à écouter l’histoire de Paul qui peut être le sortira du brouillard. Progressivement, Paul va lui raconter comment il croit l’avoir rencontré… Pour commencer Paul nous parle de son enfance, partagée avec son meilleur ami David, et cette terrible journée où lors d’une promenade à cheval, le feu s’est déclaré en forêt. Il chuta lourdement et se réveilla dans les bras d’un inconnu Julien Solédango et sa vie bascula. Julien, un candélabres, était un être fantastique issu du feu, et en ce jour lui donna le plus mystérieux des cadeaux. Une source de feu qui semblait éternelle et qui lui redonna notamment l’usage de ses jambes. Cette source était si forte qu’elle permis à Paul de maîtriser le plus improbable des arts vu son état originel, la danse. Paul s’aperçoit rapidement qu’il est le seul à pouvoir apercevoir Julien, mais ce qui l’a amené à venir voir cet homme amnésique est sa persuasion que cet homme ressemble étrangement à un peintre, Liam Lindhosrt, qui fut le seul à pourvoir peindre les … candélabres. Pour une première série, Algésiras est entrée directement parmi les grands noms de la BD, son dessin est en parfaite adéquation avec le rythme de son histoire et elle a un talent particulier pour nous présenter les pensées les plus profondes de ses personnages. Nadine Thomas l’accompagne pour la mise en couleur en utilisant tout son talent pour nous faire partager le plus justement toutes les situations où la série nous compte l’histoire des candélabres, ces fantastiques être issus du feu. *** T4 *** 4 ans que nous attendions ce tome … Certes pendant ce temps, les fans de la série l’ont mise en avant sur les principaux forums du net dédiés aux BD, et ainsi nous n’avons pas vu le temps passer. Après tant de spéculations, de trouvailles sur les origines supposées de la série, n’allions nous pas être déçus par l’arrivée de ce nouveau tome ? Algésiras avait-elle surmonté la pression que nous lui avions infligée ? Le tome 4 était enfin entre mes mains … Dès que je vis la couverture, je sentis que ce tome allait enfin nous donner des réponses. Aribal qui joue avec le feu, Paul effondré à ces pieds, la série semblait basculer … mais je n’étais pas au bout de mes surprises … La première scène est magnifique, telle que j’imagine l’univers des candélabres fait d’ombres et de lumières tamisée. Nadine Thomas éclaire magnifiquement cette scène et ses couleurs seront à la hauteur de l’album tout au long de ce tome 4. Le dessin d’Algésiras s’est encore amélioré dans ce tome, elle maîtrise de mieux en mieux son sujet et découpe très habillement son récit. Sur ces deux aspects, le tome 4 est le meilleur de la série. Concernant le scénario … là le lecteur n’est pas déçu ! Il manquait une touche intimiste au récit, et Algésiras nous la livre enfin dans ce quatrième opus. La scène des planches 14 à 16 est déjà entrée dans la légende de la série mais ce n’est pas là seule … toutes les scènes font brûler les personnages et mettent à nu leurs sentiments. Certes il reste énormément de questions en attente, mais le tome 5 arrivera bientôt. Pour conclure (provisoirement), le tome 4 est à mon avis le meilleur de la série (mais j’avais déjà dit cela des tomes précédents ;) ) et Algésiras nous démontre une nouvelle fois qu’elle n’avait aucune raison de douter de son talent.