Les derniers avis (114137 avis)

Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Aventures de Luther Arkwright
Les Aventures de Luther Arkwright

Attention, mon avis sur cette BD prend en compte le fait qu'elle date de la fin des années 70 - début 80. Dans ce contexte, elle touche presque au génie par moments ! Et indubitablement, elle a beaucoup inspiré Alan Moore (et surement beaucoup d'autres dont Garth Ennis, Grant Morrison, Steve Bissette, Neil Gaiman, Michael Zulli et Rick Veitch) car j'ai retrouvé dans cette BD nombre d'éléments et de décors chers à Moore. Comment décrire cet OVNI dont je n'avais jamais entendu parler avant, ignare que je suis ? Un condensé de science-fiction, fantastique, espionnage et aventure. Une narration innovante. Un dessin qui s'intègre dans le procédé narratif et varie au fil des scènes. Des idées de pure SF très actuelles de nos jours et très innovantes pour l'époque. Une intrigue complexe et très fouillée. Un décor particulièrement original. Un mélange de vieux pulps d'action-SF et de nouvelles de SF débridées des années 70. Et surtout énormément de qualités, d'innovations, d'imagination. Le dessin n'est pas vraiment le point fort de cette BD à mes yeux même s'il a lui aussi pas mal d'originalité dans son utilisation. Il faut d'abord savoir que cette BD est en noir et blanc. Un dessin parfois vieillot d'aspect mais travaillé même si pas toujours excellent. Certaines cases sont superbes, construites et dessinées de manière très moderne. D'autres cases sont à l'inverse très teintées années 70, un style que je n'apprécie guère. Et certains dessins, suffisamment rares heureusement, pêchent par manque de maîtrise et sont hélas assez moches. Mais ce dessin changeant suivant les circonstances est utilisé de manière assez innovante pour l'époque, avec des angles de vues, des effets et des constructions narratives parfois excellents. Il a en outre une touche assez désuette qui donne un esthétisme antique très appréciable à cette BD, comme un vieil album de gravures. Quant au scénario, c'est l'exhubérance, la joie d'un amateur de SF. Un multivers, des terres parrallèles variées et étonnantes (on retrouve d'ailleurs en début de récit un univers à mes yeux proche de celui de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires avec une Angleterre Victorienne régnant glorieusement), des situations géopolitiques complexes et intelligentes, de l'action souvent très élégante, des clins d'oeil aux pulps SF (notamment avec Octobriana, pulpeuse Barbarella anti-communiste), des pouvoirs psychiques, des manipulations temporelles et entre mondes parrallèles... C'est assez énorme ! Et le mieux est que le tout est raconté avec talent, sans plonger dans la SF bon marché qui cherche à en mettre plein la vue avec juste du creux derrière. Ici, on sent le monde vraiment travaillé et l'intrigue qui vaut le coup. En début de lecture, je me suis dit que cet auteur avait dû digérer bien des lectures de livres SF et aussi pas mal de l'oeuvre d'Alan Moore, sauf que c'est l'inverse : Bryan Talbot a écrit tout ça avant même que Moore n'entame les Watchmen. Très fort au niveau de l'imagination et de la construction du récit ! Maintenant vient le défaut principal de cette BD à mes yeux, défaut qui rebutera sûrement pas mal de lecteurs : la narration est parfois très ardue à suivre. Plusieurs fils narratifs se suivent sur les mêmes planches par moment, les sauts de lieux, de personnages, sauts chronologiques, d'univers et autres flashbacks se succèdent parfois si vite que le lecteur est très vite dérouté, d'autant plus que le pire a lieu durant le premier chapitre de l'histoire, quand on n'y comprend encore quasiment rien. Dur dur de rentrer dedans. Et encore ensuite, régulièrement au bout d'une période de récit bien linéaire et facile à comprendre, l'auteur nous ressert de nouveau sa narration multiple qui a vraiment de quoi faire décrocher avant de revenir heureusement à quelque chose de plus aisé à suivre. En outre, les dialogues, même si très bien écrits et souvent beaux, sont fréquemment complexes, ardus à comprendre. Plongeant dans des univers parrallèles très différents mais très fouillés, on se perd facilement dans les noms historiques et divers dont ne voit pas toujours bien le rapport avec l'intrigue. Cette oeuvre de grande qualité comporte un grand nombre d'éclats de génie mais hélas rebutera par son aspect parfois un peu désuet et par sa narration souvent complexe voire décourageante. Mais cette oeuvre me semble indispensable à lire pour tous les grands amateurs de Alan Moore, Neil Gaiman et autres grands auteurs à l'imagination débordante car elle a été pour eux une vraie source d'inspiration.

31/03/2006 (modifier)
Par Pierig
Note: 1/5
Couverture de la série Le Donjon de Naheulbeuk
Le Donjon de Naheulbeuk

Un phénomène ? Cette série l’est certainement. Avec cinq éditions du tome 1 en un an à peine, le succès est là. Mais est-ce dû aux qualités intrinsèques de la bd ou plutôt à la série MP3 diffusée sur le net et considérée comme culte par beaucoup ? Comme je peux le voir, le jugement de cette bd a du mal à s’affranchir de la série MP3 et c’est compréhensible. Certains ont apprécié l’adaptation, d’autres pas. N’ayant pas (encore) écouté cette série événement, c’est avec l’esprit vierge de tout préjugé que j’aborde la lecture de cette "première saison" du donjon. Premier (mauvais) point : le graphisme est moche et présente un côté très amateur (dans le sens péjoratif du terme). Les personnages sont ramassés et bouffis avec une propension à bigler grave. Deuxième (mauvais) point : la dessinatrice fait preuve de beaucoup de paresse en usant et abusant de la fonction "copier-coller" où j’ai pu relever une même case reprise jusqu’à 6 fois sur 4 pages consécutives ! Troisième (mauvais) point : je trouve les dialogues inutilement vulgaires (on ne compte plus les "merde" qui sortent de leurs bouches). Quatrième (mauvais) point : n’ayant pas eu la version MP3 en tête pendant la lecture, j’ai trouvé les gags plats et peu marrant. Bref, cette série profite d’un effet mode et s’adresse, à mon avis, avant tout aux auditeurs de la version MP3. A noter que "Survivaure", une autre série MP3 à succès, va être adaptée par Marion Poinsot.

31/03/2006 (modifier)
Par Steril
Note: 1/5
Couverture de la série La nouvelle pornographie
La nouvelle pornographie

( ) ( O ) (∆ ) O O ----> bI!!! *** -------------------------------------------------------------------- Si vous avez compris l'avis ci-dessus, je suis sûr que vous allez adorer "La nouvelle pornographie". Non, sérieux, Lewis, fais-nous un mode d'emploi, parce que là... :?) J'ai vraiment l'impression de rien comprendre, et du coup, d'être un con fini... et ce n'est pas une sensation très agréable...

31/03/2006 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série L'Ordre de Cicéron
L'Ordre de Cicéron

Voilà une série qui mérite vraiment d'être connue. Après un premier opus qui présentait les deux familles en présence, le deuxième volume est tout à fait passionnant. Cet album se recentre sur une trame financière et juridique contemporaine, que renierait pas un certain Van Hamme. Malka utilise à bon escient son métier d'avocat dans le scénario (même les notes de bas de pages renvoient scrupuleusement à la procédure pénale). En outre, ce polar judiciaire n'est pas avare en rebondissements. Une formidable saga servie par un dessin très agréable de Gillon, qui, à 80 ans, nous offre une formidable leçon de graphisme (j'ajoute que Glénat a soigné, à mon goût, les couvertures de cette série). Cela se lit bien, avec enthousiasme. Dans la lignée des Largo Winch, mais dans le cadre des institutions françaises, cet album plaira donc aux amateurs du genre.

31/03/2006 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Secrets bancaires
Secrets bancaires

Certes, je ne suis pas un grand admirateur du dessin de Pierre Wachs (qui illustra Poème Rouge ou encore Sous la peau, le serpent, toujours chez Glénat) mais là, l'intrigue bien ficelée l'emporte vraiment sur le dessin. Malgré les sempiternels défauts (notamment au niveau des visages de femmes), j'ai été littéralement subjugué par cette histoire de copains et de blanchiment d'argent, sur un fond de mafia venu des pays de l'Est. Pris dans un engrenage infernal, Jacques Colpin, le héros, nous touche par sa naïveté et sa franchise. Ce premier tome de cette nouvelle série est prenant et bien maîtrisé. Je le conseille.

31/03/2006 (modifier)
Par Pacman
Note: 4/5
Couverture de la série Les Formidables Aventures de Lapinot
Les Formidables Aventures de Lapinot

Au début, j'ai bien aimé l'album "Slaloms", puis j'ai été un peu dérouté par certains albums, notamment "Blacktown" et "Walter", certainement à cause du changement inopiné de lieu et d'époque. Mais bon, quand on entre dans le concept, voilà une série très sympathique, qui ne prend pas la tête, mais un peu quand même. Chaque album fournit son lot d'humour, de réflexion et de détente (avec une mention spéciale au tome 8, "la vie comme elle vient", le plus réussi, d'après moi). Une réussite, d'autant que le dessin, simple à déchiffrer, ne vient pas surcharger la lecture. En résumé, une petite série décalée, à posséder dans sa bibliothèque pour le bonheur des petits et des grands.

30/03/2006 (modifier)
Couverture de la série Quetzalcoatl
Quetzalcoatl

Tant que j'y suis, je m'en vais te me faire une critique en règle de ce "Quetzalcoatl" plutôt indigeste. On dirait un téléfilm porno allemand prenant un fond d'histoire comme prétexte. J'aime que le sexe soit évoqué dans la BD, m'enfin, un peu d'habileté que diable. De plus, le récit est clichesque à mourir, avec ce brave prêtre en avance sur son temps, le cardinal tellement machiavélique qu'on a l'impression d'entendre des "gnark gnark" à la fin de ses phrases, tous les personnages, comme l'a brillamment décrit une critique précédente (qui m'a bien fait rire, au passage), qui semblent avoir un pénis à la place du cerveau... Bref, une série paillarde du plus mauvais goût. A réserver aux amateurs des SAS (et encore).

30/03/2006 (modifier)
Couverture de la série Caatinga
Caatinga

D'abord, chaque album d'Hermann souffre des mêmes problèmes, et je ne me lasserai pas de le répéter : depuis le passage à la couleur directe, les visages sont bizarrement informes et semblables. Cela dit, je ne rejoins pas la majorité des critiques précédentes; il faut juger un album pour ce qu'il vise, et ici c'est la retranscription de la vie de ces Cangaceiros, luttant contre les propriétaires terriens, sorte de western décalé avec en fond la violence et l'âpreté propre au contexte. Point n'est besoin d'avoir un héros pour s'attacher au récit, il me semble que Hermann sait où il va, il demande juste un petit effort au lecteur pour qu'il mette son mode de lecture documentaire sur "ON". A cela s'ajoute des aquarelles éclatantes, avec des ambiances ensoleillées d'anthologie, qui en font pour moi un des albums majeur du "Sanglier".

30/03/2006 (modifier)
Couverture de la série Cortès le conquistador
Cortès le conquistador

Ca m'a fait bizarre de revoir cette BD que j'avais lue durant mon enfance. A la relecture, ça ne manque pas de souffle même si j'ai trouvé le scénario fort classique et montrant les espagnols sous un (trop) bon jour. Quoiqu'il en soit, le dessin de Ramaïoli fonctionne très bien, et le tout est facilement au-dessus du catastrophique Quetzalcoatl de Mitton.

30/03/2006 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Histoires d'oeil
Histoires d'oeil

Depuis Spirale que j’avais adoré, je n’avais plus eu grand-chose à me mettre sous la dent dans le genre du manga d’horreur… Le manoir de l'horreur était peu emballant. La dame de la chambre close tournait court, seul L'Ecole emportée, sur un mode rétro, m’a enthousiasmé. Avec cet album, je retrouve la verve gore et satirique de Spirale. Je me vois bien obligé de citer à nouveau tout un ensemble de réserves, la première est que si vous n’avez pas aimé Spirale, vous n’aimerez pas ces histoires d’œil… Non, ça ne fait pas peur, c’est avant tout gore… Si vous avez envie d’avoir peur, relisez-vous un Stephen King ou mater vous un bon film qui fout les boules, la bd fait très rarement peur… Non, les réactions des personnages ne sont pas naturelles…Non, il ne faut pas prendre tout ça a sérieux, c’est du divertissement, morbide et macabre, mais à vocation humoristique (au sens large), ironique au moins. Le but est de mettre mal à l’aise en mettant en avant une mise en scène du corps de manière macabre. D’utiliser le corps humain comme espace de récréation. A ce titre les deux premières histoires sont tout bonnement excellentes. La troisième est malheureusement moins bonne… Trop baroque dans sa narration, trop éclatée, trop saturée… Dommage… Mais ça vaut quand même quatre étoiles, les deux premières histoires méritent bien cela. J’espère qu’il y aura d’autres tomes, y’a ce petit côté Tales from the crypt à la japonaise qui me botte bien…

30/03/2006 (modifier)