Petit message pour vous donner l'envie de découvrir cette série :
Avez-vous remarqué ce si gentil pasteur qui habite sur votre palier. Toujours un petit sourire lorsqu'il vous salue, sa mère si inquiète dans cette grande ville débauchée et remplie de criminels de tous acabits et ce chat qui vous méprise...
Et pourtant, être et paraître sont toujours liés et vous avez beau savoir que l'habit ne fait pas le moine, tout de même...
Cela a été un choc de découvrir votre voisin dans le journal sous le titre "Un ange trépasse". Sur le moment vous vous êtes dit c'est un sosie. En effet dans le journal on parlait d'un lieutenant de police et non d'un pasteur...
Autant écrire une lettre à Satan vous êtes-vous dit...
Et puis vous vous êtes remis à vos livres de philosophie, hé oui la vie d'étudiant est faite d'examens... Nietszche celui qui écrivit "Dieu est mort".
Ce soir pourtant la motivation n'est pas là. Allez on allume sa TV... tiens, c'est quoi ce reportage... une fusillade dans un monastère, et bien, il y a eu de la fureur chez les saints ce soir. Tiens, un des criminels qui nous fait une petite confession express devant les caméras...
Et soudain le nom... lieutenant Solomon... Solomon... mais c'est le nom de votre voisin ça...
Houlà drôle d'histoire, depuis, vous l'épiez, vous cherchez à comprendre... Tiens sa mère est cardiaque... vous comprenez lentement...
Il a de drôles de commandements ce pasteur-là... "Tu ne buteras point", "Lève-toi et meurs", "Tuez en paix". De toute façon pour la question de savoir ce qui est bien et ce qui est mal vous avez compris depuis longtemps que Dieu seul le sait.
Il vous est devenu encore plus sympathique ce voisin, non ? Votre seul crainte est qu'il confonde un peu trop, prières et balistique n'est-ce pas?
Au fait, vous saviez que votre voisin est devenu le héros d'une série de BD absolument savoureuse et ... comment ça "Délivre-nous du mal" ??????
J'ai lu cette BD du danois Madsen pour la première fois en 1992, à sa sortie. Intrigué par le choix du sujet, Jésus, très peu exploré en bande dessinée dans "la version des évangiles" autrement que par les images d'Epinal. Et les bandes dessinées que je connaissais sur le sujet était toute dessinée sans... vie, en image figée, sans force, sans impact.
L'auteur prend ici le parti de raconter l'histoire en se basant sur les quatre récits évangéliques. Il en tire une histoire que je trouve intéressante car racontée du point de vue de Pierre (l'apôtre). Tout au long de cette histoire, Madsen fait transparaître le ressenti de Pierre vis à vis des miracles, des guérisons, des paraboles, des enseignements de celui qui deviendra le Christ des chrétiens. En faisant cela, il apporte un éclairage nouveau sur la façon d'aborder un texte que beaucoup trouvent dépassé, désuet.
Les amoureux de la fidélité historique (pour ce qu'elle vaut puisque nous n'avons que les évangiles pour nous parler du Nazaréen) seront de toute façon froissés par les libertés que prend Madsen. Les autres trouveront qu'il ne va pas assez loin. Il faut savoir ce que l'on attend d'une bande dessinée avant d'ouvrir celle-ci. Si vous voulez juste passer un moment de distraction, passez votre chemin. Si vous vous laissez emportez sur les chemins de la réflexion vous pouvez faire le détour.
Je pourrais encore vous parlez du scénario plus en détail, mais bon... J'ose espérer que dans notre civilisation judéo-chrétienne, sans forcément être d'accord, les bases soient connues.
Je pourrais vous parlez du dessin, que je trouve très beau, de Madsen. De son découpage particulier, pas toujours facile à suivre, confus même parfois.
Mais je préfère vous laissez vous faire vous-même une idée, car de toute façon... c'est à vous de voir!
Daniel Casanave continue dans la veine des adaptations de la littérature, après William Shakespeare (MacBeth), Guillaume Apollinaire (Les mamelles de Tirésias) et Alfred Jarry (Ubu roi) voici qu'il s'attaque à Charles-Ferdinand Ramuz.
Etant un amateur de Casanave et vaudois, je ne pouvais décemment pas passer à côté de ce livre.
Pour l'amateur de noir et blanc, le trait de Casanave est toujours autant fascinant, le dessinateur passant du trait continu à la superposition de petit trait (je ne suis pas sûr d'être clair) suivant qu'il traite les personnages ou les décors, et encore cela dépend des circonstances.
Comme il l'a fait dans ces précédentes adaptations, Casanave nous fait entrer dans l'histoire par le biais de mille et une astuces visuelles, tout en essayant de nous faire comprendre ce qu'il passe dans la tête du soldat (selon lui). C'est sans peine, qu'ainsi il nous mène dans le pays de Vaud quelque part entre Denges et Denezy ou sur les routes de son bonheur.
C'est une histoire triste, malgré tout, car s'il faut donner une morale à cette histoire c'est que "l'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté".
Mais à tout bien prendre, ce qui m'intéresse le plus après voir terminé ce livre et ruminé cette histoire, c'est… à quand le prochain ?
Car sans faire de série, Casanave m'a accroché à son travail. Et c'est une sacrée performance!
En résumé, voilà un album que je vous conseille, même si, comme d'habitude, cela reste à vous de voir…
A propos de : Tango
Ecrire ce qui a touché, ce qui sonne juste pour soi est un exercice toujours difficile. Dans le cas des Corto Maltese en général c'est toujours plus dur que pour autre chose, car là, on s'attaque à un mythe de la bande dessinée.
Dans cette aventure, nous retrouvons Corto Maltese en Argentine. Il est à la fois à la recherche d'une amie, sur les traces de sa folle jeunesse et permet en plus à Pratt de nous parler un peu de son pays d'adoption à l'époque du début de sa vie d'adulte.
Comme toujours avec les aventures de notre marin, l'histoire démarre gentillement, il ne s'agit que de retrouver une amie que Corto a connue dans l'album "Fables de Venise", une polonaise. En partant de là, Pratt va mettre en avant la traite des blanches, la corruption, "l'exportation" de criminels états-uniens (avec le viel ami de Corto, Butch Cassidy) et surtout le héros principal de l'histoire, le tango argentin.
Cela peut paraître paradoxal de mettre en avant une danse, mais celle-ci est étroitement liée aux années de jeunesse de Pratt. Le rythme même de l'histoire tout en ralentissement et accélération est un tango, avec sa part de mystère, de séduction. Il est une représentation du jeu de l'amour auquel Corto reste toujours distant, sans que l'on sache pourquoi. Et par là, comme tout tango se respectant, l'histoire est pleine de nostalgie, de mélancolie et d'amour déçu.
D'ailleurs je vous propose une expérience étrange : mettez du tango en musique de fond (du Carlos Gardel de préférence), installez vous confortablement et lisez...
Vous verrez, normalement votre point de vue sur cet album s'en trouvera changé!
J'ai essayé de vous donner l'envie de vous plonger (replonger ?) dans l'oeuvre de Pratt. Ai-je réussi ?
A vous de voir...
A propos de : Les Hélvétiques
Etant Helvéte moi-même, ce Corto Maltese ne pouvait décemment pas me laisser indifférent. Comme dans chaque version couleur, un magnifique cahier de croquis montre différent aspect de la Suisse du début du XXème siècle, notamment les paysannes en costumes traditionels cantonaux. Mais ce n'est pas là que se trouvent les attraits principaux de cette histoire.
Notre maltais est en vacances, accompagnant son ami le professeur Steiner. Ensemble, ils vont rendre visite à un ami de Steiner, philosophe, écrivain et fin lettré. De cet ami, nous ne saurons que le nom et il n'apparaîtra qu'en conclusion de l'album.
Ce livre se trouve en fait dans la droite ligne entamée par les "Fables de Venise", il explore des contes et des mythes de notre occident, liés au judaïsme à Venise et au christianisme dans la villa tessinoise du philosophe.
Pratt utilise les dédales oniriques pour envoyer Corto sur les pas du Graal malgré lui. Le lecteur peu attentif se fait vite dépasser par les errements réfléchis de Pratt. Rien n'est laissé au hasard, de la symbolique de la rose (société des Rose-Croix d'obédience proche des francs-maçons) à la mystique du chevalier déchu. Pratt s'amuse et contourne les règles, faisant apparaître Raspoutine là où on ne l'attend pas, comme membre d'un jury présidé par le diable en personne... dans une affaire étroitement liée au Graal, voilà qui ne manque pas d'humour...
Dans cet album, Pratt atteint le sommet de son oeuvre du point de vue mystique, celui qui viendra encore après, "Mû", n'étant probablement pas assez achevé de ce point de vue (du moins à mon goût).
Je suis un fan de Corto donc mon avis n'est pas forcément objectif, et de plus la mystique m'a toujours intéressé, donc... voilà un excellent album de Corto, non pour le côté aventures ("La Ballade de la mer salée"), mais plutôt pour cet autre aspect de la personnalité du maltais, fasciné qu'il est par le mystère...
Je ne peux que vous le recommander, mais... cela reste à vous de voir!
Quand on m'a dit qu'il y avait une suite à Lanfeust De Troy, je me suis précipité. Résultat: une grosse déception. Cette bd n'est pas nulle, non, mais quand on vient de lire le cycle initial, ça surprend ! Le scénario est vraiment pas terrible : ces hommes de l'univers, colons depuis 5000 ans... pfouh, c'est un peu barbant. Il aurait peut-être mieux valu relancer la bd en restant sur Troy. Ou ne pas la relancer.
Mais enfin bref, sans faire de comparaisons, la série est plutôt pas mal. Pour ceux qui aiment les aventures dans l'espace, ils seront servis. Après, les petits clins d'oeil florissent dans les pages... Le tout donne une bd divertissante et plaisante.
Je finis quand même par le meilleur... les dessins. C'est franchement superbe ; le coup de crayon de Tarquin est très réussi. La maîtrise graphique de l'auteur remonte toute la série vers le haut.
Une série vraiment sympa à découvrir (les 6 tomes sont bons) ; Pearce (enfin Conrad) est le digne héritier au point de vue dessin de Morris (Lucky Luke).
D'ailleurs, cette série fait de vraies références à son aîné. Les scénarios sont bien meilleurs que ceux qui ont été faits pour Lucky Luke dans les années 90.
Je conseille fortement cette série qui semble pourtant ne pas avoir eu beaucoup de succès.
Je ne suis pas un admirateur invétéré de cette série (avant de la lire, j’étais même assez réfractaire), mais je dois reconnaître que quand on commence à la lire, on a du mal à s'en détacher.
Cependant, Arleston ne fait pas toujours dans la finesse, l'humour est souvent lourd, les gags parfois téléphonés. Malgré cela, je dois dire que j’ai une petite faiblesse pour le personnage du Troll Hébus (jeu de mot !) que je trouve assez drôle.
Au point de vue dessin, Tarquin s’en sort assez bien, sans être génial. L’histoire est par contre assez prenante et on se prend à suivre et à s’intéresser aux aventures de Lanfeust et de ses amis.
Lanfeust de Troy est vraiment une des plus grandes bds d'héroïc fantasy. Le scénario est très bon, les personnages soignés, même si on retrouve quelques grandes classiques: le jeune homme beau que toutes les filles s'arrachent accompagné par une grosse brute. Mais bon... c'est quand même très réussi.
Les petits détails et petits commentaires rajoutent une touche finale à la bd. En plus, on a plaisir à les relire car on sait qu'on va toujours trouver un petit détail qui nous avait échappé. Les clins d'oeil sont partout.
Le dessin sur les premiers tomes n'est pas extraordinaire, mais ça progresse à chaque album. Au tome 8, "La bête fabuleuse", c'est tout simplement magnifique. Le dessin est très soigné, il n'y a vraiment rien à dire.
Dommage par contre que ça soit devenu une bd marketing. Tout ce qui a fleuri à côté, c'est pas terrible: Les conquérants de Troy, Gnomes de Troy... Lanfeust Des Etoiles aussi, qui selon moi est très loin de valoir la série initiale.
L'une des bonnes surprises de ce début d'année 2006. La collection Equinoxe s'enrichit d'un nouveau petit bijou avec cette histoire de guerre, ce récit sans concession qui sent la sueur, le sang et la poudre... Car nous nous retrouvons au coeur de la guerre 14-18, où entre deux offensives, des soldats tentent de survivre, ensemble, malgré tout, malgré les défauts, les errements, malgré la folie, malgré la mort qui rôde... Tout ça finira mal, très mal...
Un seul regret concernant l'histoire : que les scénaristes n'aient pas plus creusé les personnages. Mais peut-être cela vaut-il mieux, les soldats restant presque des anonymes, des morts en sursis... Le dessin du débutant Christophe Marchetti manque encore de maturité, même si cela s'oublie très vite, devant le réalisme des scènes. Il a d'ailleurs un style qui fait un peu penser à celui de Mathieu Bonhomme... Pas mal, hein ?
Une série à suivre.
Voilà une très bonne Bd de science fiction qui devrait susciter l’intérêt !
Dans un futur lointain, deux ethnies d’une même planète et génétiquement proches se mènent une guerre sans mercis et sans pitié pour éradiquer l’autre et affirmer sa supériorité. Jusqu’au jour ou l’un d’eux découvre que ceux-ci ont été génétiquement créés par un peuple ancien et supérieur (disparus au moment où se déroule l’histoire) et qui a génétiquement programmé ses deux créations à l’autodestruction par une sorte d’apoptose en quelque sorte.
Le scénario est vraiment original, ce premier tome servant à planter le décor mais reste très dynamique et intriguant.
Le dessin est de type réaliste et très réussi avec peut être des progrès à accomplir sur les mouvements des personnages (assez normal pour une première œuvre et sans conséquence désagréable sur la lecture)
Rien à redire sur les couleurs et le découpage.
Une très bonne Bd de science fiction italienne qui pourra peut être souffrir d’un manque de moyens en terme de communication (édité chez Pavesio), mais qui mérite vraiment d’être connue et reconnue.
Une très bonne surprise!
Le tome 2 est dans la lignée du premier, les dessins sont de plus en plus beaux, mieux réussis (des progrés au niveau des mouvements), l'histoire avance bien. Aucun regret donc quant à mon achat. Vivement la suite!
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Petit message pour vous donner l'envie de découvrir cette série : Avez-vous remarqué ce si gentil pasteur qui habite sur votre palier. Toujours un petit sourire lorsqu'il vous salue, sa mère si inquiète dans cette grande ville débauchée et remplie de criminels de tous acabits et ce chat qui vous méprise... Et pourtant, être et paraître sont toujours liés et vous avez beau savoir que l'habit ne fait pas le moine, tout de même... Cela a été un choc de découvrir votre voisin dans le journal sous le titre "Un ange trépasse". Sur le moment vous vous êtes dit c'est un sosie. En effet dans le journal on parlait d'un lieutenant de police et non d'un pasteur... Autant écrire une lettre à Satan vous êtes-vous dit... Et puis vous vous êtes remis à vos livres de philosophie, hé oui la vie d'étudiant est faite d'examens... Nietszche celui qui écrivit "Dieu est mort". Ce soir pourtant la motivation n'est pas là. Allez on allume sa TV... tiens, c'est quoi ce reportage... une fusillade dans un monastère, et bien, il y a eu de la fureur chez les saints ce soir. Tiens, un des criminels qui nous fait une petite confession express devant les caméras... Et soudain le nom... lieutenant Solomon... Solomon... mais c'est le nom de votre voisin ça... Houlà drôle d'histoire, depuis, vous l'épiez, vous cherchez à comprendre... Tiens sa mère est cardiaque... vous comprenez lentement... Il a de drôles de commandements ce pasteur-là... "Tu ne buteras point", "Lève-toi et meurs", "Tuez en paix". De toute façon pour la question de savoir ce qui est bien et ce qui est mal vous avez compris depuis longtemps que Dieu seul le sait. Il vous est devenu encore plus sympathique ce voisin, non ? Votre seul crainte est qu'il confonde un peu trop, prières et balistique n'est-ce pas? Au fait, vous saviez que votre voisin est devenu le héros d'une série de BD absolument savoureuse et ... comment ça "Délivre-nous du mal" ??????
Jésus de Nazareth (Madsen)
J'ai lu cette BD du danois Madsen pour la première fois en 1992, à sa sortie. Intrigué par le choix du sujet, Jésus, très peu exploré en bande dessinée dans "la version des évangiles" autrement que par les images d'Epinal. Et les bandes dessinées que je connaissais sur le sujet était toute dessinée sans... vie, en image figée, sans force, sans impact. L'auteur prend ici le parti de raconter l'histoire en se basant sur les quatre récits évangéliques. Il en tire une histoire que je trouve intéressante car racontée du point de vue de Pierre (l'apôtre). Tout au long de cette histoire, Madsen fait transparaître le ressenti de Pierre vis à vis des miracles, des guérisons, des paraboles, des enseignements de celui qui deviendra le Christ des chrétiens. En faisant cela, il apporte un éclairage nouveau sur la façon d'aborder un texte que beaucoup trouvent dépassé, désuet. Les amoureux de la fidélité historique (pour ce qu'elle vaut puisque nous n'avons que les évangiles pour nous parler du Nazaréen) seront de toute façon froissés par les libertés que prend Madsen. Les autres trouveront qu'il ne va pas assez loin. Il faut savoir ce que l'on attend d'une bande dessinée avant d'ouvrir celle-ci. Si vous voulez juste passer un moment de distraction, passez votre chemin. Si vous vous laissez emportez sur les chemins de la réflexion vous pouvez faire le détour. Je pourrais encore vous parlez du scénario plus en détail, mais bon... J'ose espérer que dans notre civilisation judéo-chrétienne, sans forcément être d'accord, les bases soient connues. Je pourrais vous parlez du dessin, que je trouve très beau, de Madsen. De son découpage particulier, pas toujours facile à suivre, confus même parfois. Mais je préfère vous laissez vous faire vous-même une idée, car de toute façon... c'est à vous de voir!
L'Histoire du Soldat
Daniel Casanave continue dans la veine des adaptations de la littérature, après William Shakespeare (MacBeth), Guillaume Apollinaire (Les mamelles de Tirésias) et Alfred Jarry (Ubu roi) voici qu'il s'attaque à Charles-Ferdinand Ramuz. Etant un amateur de Casanave et vaudois, je ne pouvais décemment pas passer à côté de ce livre. Pour l'amateur de noir et blanc, le trait de Casanave est toujours autant fascinant, le dessinateur passant du trait continu à la superposition de petit trait (je ne suis pas sûr d'être clair) suivant qu'il traite les personnages ou les décors, et encore cela dépend des circonstances. Comme il l'a fait dans ces précédentes adaptations, Casanave nous fait entrer dans l'histoire par le biais de mille et une astuces visuelles, tout en essayant de nous faire comprendre ce qu'il passe dans la tête du soldat (selon lui). C'est sans peine, qu'ainsi il nous mène dans le pays de Vaud quelque part entre Denges et Denezy ou sur les routes de son bonheur. C'est une histoire triste, malgré tout, car s'il faut donner une morale à cette histoire c'est que "l'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté". Mais à tout bien prendre, ce qui m'intéresse le plus après voir terminé ce livre et ruminé cette histoire, c'est… à quand le prochain ? Car sans faire de série, Casanave m'a accroché à son travail. Et c'est une sacrée performance! En résumé, voilà un album que je vous conseille, même si, comme d'habitude, cela reste à vous de voir…
Corto Maltese
A propos de : Tango Ecrire ce qui a touché, ce qui sonne juste pour soi est un exercice toujours difficile. Dans le cas des Corto Maltese en général c'est toujours plus dur que pour autre chose, car là, on s'attaque à un mythe de la bande dessinée. Dans cette aventure, nous retrouvons Corto Maltese en Argentine. Il est à la fois à la recherche d'une amie, sur les traces de sa folle jeunesse et permet en plus à Pratt de nous parler un peu de son pays d'adoption à l'époque du début de sa vie d'adulte. Comme toujours avec les aventures de notre marin, l'histoire démarre gentillement, il ne s'agit que de retrouver une amie que Corto a connue dans l'album "Fables de Venise", une polonaise. En partant de là, Pratt va mettre en avant la traite des blanches, la corruption, "l'exportation" de criminels états-uniens (avec le viel ami de Corto, Butch Cassidy) et surtout le héros principal de l'histoire, le tango argentin. Cela peut paraître paradoxal de mettre en avant une danse, mais celle-ci est étroitement liée aux années de jeunesse de Pratt. Le rythme même de l'histoire tout en ralentissement et accélération est un tango, avec sa part de mystère, de séduction. Il est une représentation du jeu de l'amour auquel Corto reste toujours distant, sans que l'on sache pourquoi. Et par là, comme tout tango se respectant, l'histoire est pleine de nostalgie, de mélancolie et d'amour déçu. D'ailleurs je vous propose une expérience étrange : mettez du tango en musique de fond (du Carlos Gardel de préférence), installez vous confortablement et lisez... Vous verrez, normalement votre point de vue sur cet album s'en trouvera changé! J'ai essayé de vous donner l'envie de vous plonger (replonger ?) dans l'oeuvre de Pratt. Ai-je réussi ? A vous de voir... A propos de : Les Hélvétiques Etant Helvéte moi-même, ce Corto Maltese ne pouvait décemment pas me laisser indifférent. Comme dans chaque version couleur, un magnifique cahier de croquis montre différent aspect de la Suisse du début du XXème siècle, notamment les paysannes en costumes traditionels cantonaux. Mais ce n'est pas là que se trouvent les attraits principaux de cette histoire. Notre maltais est en vacances, accompagnant son ami le professeur Steiner. Ensemble, ils vont rendre visite à un ami de Steiner, philosophe, écrivain et fin lettré. De cet ami, nous ne saurons que le nom et il n'apparaîtra qu'en conclusion de l'album. Ce livre se trouve en fait dans la droite ligne entamée par les "Fables de Venise", il explore des contes et des mythes de notre occident, liés au judaïsme à Venise et au christianisme dans la villa tessinoise du philosophe. Pratt utilise les dédales oniriques pour envoyer Corto sur les pas du Graal malgré lui. Le lecteur peu attentif se fait vite dépasser par les errements réfléchis de Pratt. Rien n'est laissé au hasard, de la symbolique de la rose (société des Rose-Croix d'obédience proche des francs-maçons) à la mystique du chevalier déchu. Pratt s'amuse et contourne les règles, faisant apparaître Raspoutine là où on ne l'attend pas, comme membre d'un jury présidé par le diable en personne... dans une affaire étroitement liée au Graal, voilà qui ne manque pas d'humour... Dans cet album, Pratt atteint le sommet de son oeuvre du point de vue mystique, celui qui viendra encore après, "Mû", n'étant probablement pas assez achevé de ce point de vue (du moins à mon goût). Je suis un fan de Corto donc mon avis n'est pas forcément objectif, et de plus la mystique m'a toujours intéressé, donc... voilà un excellent album de Corto, non pour le côté aventures ("La Ballade de la mer salée"), mais plutôt pour cet autre aspect de la personnalité du maltais, fasciné qu'il est par le mystère... Je ne peux que vous le recommander, mais... cela reste à vous de voir!
Lanfeust des Etoiles
Quand on m'a dit qu'il y avait une suite à Lanfeust De Troy, je me suis précipité. Résultat: une grosse déception. Cette bd n'est pas nulle, non, mais quand on vient de lire le cycle initial, ça surprend ! Le scénario est vraiment pas terrible : ces hommes de l'univers, colons depuis 5000 ans... pfouh, c'est un peu barbant. Il aurait peut-être mieux valu relancer la bd en restant sur Troy. Ou ne pas la relancer. Mais enfin bref, sans faire de comparaisons, la série est plutôt pas mal. Pour ceux qui aiment les aventures dans l'espace, ils seront servis. Après, les petits clins d'oeil florissent dans les pages... Le tout donne une bd divertissante et plaisante. Je finis quand même par le meilleur... les dessins. C'est franchement superbe ; le coup de crayon de Tarquin est très réussi. La maîtrise graphique de l'auteur remonte toute la série vers le haut.
Cotton Kid
Une série vraiment sympa à découvrir (les 6 tomes sont bons) ; Pearce (enfin Conrad) est le digne héritier au point de vue dessin de Morris (Lucky Luke). D'ailleurs, cette série fait de vraies références à son aîné. Les scénarios sont bien meilleurs que ceux qui ont été faits pour Lucky Luke dans les années 90. Je conseille fortement cette série qui semble pourtant ne pas avoir eu beaucoup de succès.
Lanfeust de Troy
Je ne suis pas un admirateur invétéré de cette série (avant de la lire, j’étais même assez réfractaire), mais je dois reconnaître que quand on commence à la lire, on a du mal à s'en détacher. Cependant, Arleston ne fait pas toujours dans la finesse, l'humour est souvent lourd, les gags parfois téléphonés. Malgré cela, je dois dire que j’ai une petite faiblesse pour le personnage du Troll Hébus (jeu de mot !) que je trouve assez drôle. Au point de vue dessin, Tarquin s’en sort assez bien, sans être génial. L’histoire est par contre assez prenante et on se prend à suivre et à s’intéresser aux aventures de Lanfeust et de ses amis.
Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy est vraiment une des plus grandes bds d'héroïc fantasy. Le scénario est très bon, les personnages soignés, même si on retrouve quelques grandes classiques: le jeune homme beau que toutes les filles s'arrachent accompagné par une grosse brute. Mais bon... c'est quand même très réussi. Les petits détails et petits commentaires rajoutent une touche finale à la bd. En plus, on a plaisir à les relire car on sait qu'on va toujours trouver un petit détail qui nous avait échappé. Les clins d'oeil sont partout. Le dessin sur les premiers tomes n'est pas extraordinaire, mais ça progresse à chaque album. Au tome 8, "La bête fabuleuse", c'est tout simplement magnifique. Le dessin est très soigné, il n'y a vraiment rien à dire. Dommage par contre que ça soit devenu une bd marketing. Tout ce qui a fleuri à côté, c'est pas terrible: Les conquérants de Troy, Gnomes de Troy... Lanfeust Des Etoiles aussi, qui selon moi est très loin de valoir la série initiale.
La Tranchée
L'une des bonnes surprises de ce début d'année 2006. La collection Equinoxe s'enrichit d'un nouveau petit bijou avec cette histoire de guerre, ce récit sans concession qui sent la sueur, le sang et la poudre... Car nous nous retrouvons au coeur de la guerre 14-18, où entre deux offensives, des soldats tentent de survivre, ensemble, malgré tout, malgré les défauts, les errements, malgré la folie, malgré la mort qui rôde... Tout ça finira mal, très mal... Un seul regret concernant l'histoire : que les scénaristes n'aient pas plus creusé les personnages. Mais peut-être cela vaut-il mieux, les soldats restant presque des anonymes, des morts en sursis... Le dessin du débutant Christophe Marchetti manque encore de maturité, même si cela s'oublie très vite, devant le réalisme des scènes. Il a d'ailleurs un style qui fait un peu penser à celui de Mathieu Bonhomme... Pas mal, hein ? Une série à suivre.
Fourmi Blanche
Voilà une très bonne Bd de science fiction qui devrait susciter l’intérêt ! Dans un futur lointain, deux ethnies d’une même planète et génétiquement proches se mènent une guerre sans mercis et sans pitié pour éradiquer l’autre et affirmer sa supériorité. Jusqu’au jour ou l’un d’eux découvre que ceux-ci ont été génétiquement créés par un peuple ancien et supérieur (disparus au moment où se déroule l’histoire) et qui a génétiquement programmé ses deux créations à l’autodestruction par une sorte d’apoptose en quelque sorte. Le scénario est vraiment original, ce premier tome servant à planter le décor mais reste très dynamique et intriguant. Le dessin est de type réaliste et très réussi avec peut être des progrès à accomplir sur les mouvements des personnages (assez normal pour une première œuvre et sans conséquence désagréable sur la lecture) Rien à redire sur les couleurs et le découpage. Une très bonne Bd de science fiction italienne qui pourra peut être souffrir d’un manque de moyens en terme de communication (édité chez Pavesio), mais qui mérite vraiment d’être connue et reconnue. Une très bonne surprise! Le tome 2 est dans la lignée du premier, les dessins sont de plus en plus beaux, mieux réussis (des progrés au niveau des mouvements), l'histoire avance bien. Aucun regret donc quant à mon achat. Vivement la suite!