Tout le monde connaît Morvan pour Sillage et maintenant Spirou et Fantasio. Et pourtant, à mon avis, son meilleur scénario se situe là ! Ce n'est pourtant pas chez Soleil qu'il est le plus présent, mais cet ovni d'héroic-fantasy sans en être, est de très bonne facture. Les dessinateurs ; Bessadi et Trannoy pour les 2 premiers, puis Bessadi tout seul sur le 3, s'avèrent aussi de grands virtuoses de la narration. On peu regretter un rythme de sortie un peu lent (environ 2 ans entre chaque album), mais si cela est la condition pour la qualité de ces albums, on fera avec !
Une très bonne série d'humour, comme il en manque de plus en plus cruellement dans l'univers de la bd. A l'heure où la tendance est à la bd d'auteur d'un coté, ou a l'héroicofantasy/sciençofiction, de l'autre, la bd d'humour, dite "gros nez" est en perte de vitesse. Heureusement, une bande d'irréductibles, dont font partie les Léturgie (Spoon and White, Polstar, Lucky Luke...), ont embarqué un "jeune" auteur qu'est Dimartino dans leur aventure. Vous retrouverez ici une narration digne des Franquin, Peyo, Uderzo, et autres grands classiques franco-belges, sur une histoire déjantée parodiant les séries Z américaines, ou l'on retrouve des bandes de jeunes faisant la fête, aux prises avec des monstres venus d'Outre Tombe ! Si vous aimez Spoon & White, vous devriez accrocher.
T1-T4
Visuellement c’est vraiment superbe, le dessin de Bisley est d’une qualité très rare pour cette saga celte revue à la sauce heroic fantasy. Mais le scénario est bien moins superficiel qu’on pourrait le croire à la vue de cette esthétique si alléchante. Il faut dire que ce n’est pas dans les habitudes de Mills. Son héros Slaine est une sorte d’incongruité, un roi barbare (qui porte bien son nom) avec des idées du 3ème millénaire APJC. Et de tout cela se dégagent des petites morales écologistes et féministes ; ou une tentative de faire réfléchir les hommes et de considérer les choses autrement. Il y a aussi une tentative d’humour, mais on ne peut pourtant pas dire qu’on se fende la poire, et cette série ne pourra jamais être classée dans la catégorie humour.
Mais elle est tout de même à lire, rien que pour le plaisir des yeux.
T5-T7
Slaine voyage dans l’espace et le temps pour se faire le héros de différentes causes celtes et continuer ses aventures ; sans se départir de son regard féministe, écologiste et critique envers les religions du livre (habilement comparées à celles qui les ont précédé).
Au dessin, les successeurs de Simon Bisley reprennent le même style graphique, et nous gratifient même de quelques cases vraiment superbes à la perspective saisissante.
Difficile de noter ou même de parler de Cages, ouvrage que j’hésite même à appeler « bande-dessiné », tant on est à des années-lumières de la production grand-public. Pendant 500 pages Dave McKean philosophe sur l’art, son rôle dans la société, sa difficulté, mais aussi sur l’amour, la vie, la mort, la religion…
Et le pire c’est que je n’ai jamais trouvé ça ennuyeux ou prétentieux. Certes certains passages sont un peu plus longuets que d’autres, mais l’ensemble reste très agréable à suivre, et certains chapitres m’ont, je pense, marqué à vie. Je pense par exemple au passage qui raconte la performance sur scène du musicien (« The angel ») le jour où il avait perdu un proche… ou la tirade d’un mari en colère et désespéré par le traumatisme religieux qu’a subi sa femme… ou encore la conversation finale sur la vie, la mort, et ce qui rend cette dernière supportable. Que de moments forts que je me vois relire régulièrement.
Quant au graphisme, il est tout simplement époustouflant. Si vous avez l’occasion de feuilleter Cages dans une boutique, vous découvrirez une variété de styles graphiques incroyable, du dessin en bichromie au dessin photo-réaliste, en passant par de la peinture couleur ou des pages de roman-photos. Le mélange est osé mais jamais indigeste, et l’ensemble est vraiment d’une incroyable beauté.
Une œuvre majeur de la BD (ou devrais-je dire de l’art en général), et que, même si je suis bien conscient que l’on perçoit tous une œuvre d’art différemment, vous vous devez d’avoir lu si vos papilles artistiques sont en manque d’émotions.
Vu qu'il n'y a aucun synopsis, j'ai choisi d'acheter le volume 1 de cette BD car le dessin et les couleurs me plaisaient bien (hormis les visages qui ressemblent un peu à des marionnettes des guignols). Et l'environnement mythologique semblait sympathique.
Malheureusement j'ai compris à la lecture pourquoi le synopsis était absent... Pas facile de résumer une histoire aussi décousue. Nous avons une héroïne et quelques poncifs mythologiques, un soupçon de "Jason et les argonautes" (bonjour l'originalité) et c'est tout. Difficile de prétendre qu'il y a plus d'histoire ! En fait le scénario se résume surtout à : "je montre les fesses de l'héroïne puis ses seins ou ses seins puis ses fesses?"
Comme un exemple vaut souvent mieux qu'un long discours, je me permet une citation (page 20, dernière case) :
"...Au premier signe d'une colère de Poséidon on te balancera par dessus bord! Et connaissant le bougre, il ne restera pas insensible à ce qui se cache entre deux cuisses aussi vives !!!"
Je crois que ça résume bien ce que je disais plus haut non ? (°.°)
Bref, ma lecture de cette série s'arrête au 1er tome, c'est bien suffisant ! Et sauf à être fan de l'auteur, je n'en conseille pas l'achat.
On peut franchement pas dire que la valeur de cette BD est dans son dessin, même s'il est efficace.
Non, l'intérêt est dans l'histoire qu'elle nous raconte, à la fois simple et belle, et relativement éloignée des poncifs. Marjane Satrapi nous fait un récit en noir et blanc nuancé.
L’histoire se déroule sur fond de montée du nazisme et nous présente comment une formidable découverte destinée au départ à des fins civils aurait pu être utilisée pour assouvir le désir de grandeur et de conquête des nazis.
Le scénario est bien construit, même si l’on peut regretter quelques longueurs dans le tome 2, on se laisse tout de même porter par l’histoire en gardant l’envie de connaître la suite après avoir terminé un volume.
Un dessin plus réaliste aurait permis de donner au scénario une meilleure crédibilité mais cela n’engage que moi.
Au final, une série qui sans être exceptionnelle est tout de même bien sympathique à suivre.
Achat même vivement conseillé !
Habituellement, j'attache une grande importance à la réalité du scénario dans les BD historiques. Je passe cet aspect pour cette fois. Il est peu probable que ce genre de situation ce soit produit dans les ces termes là (police de guerre etc). On peut en revanche penser à des situations plutôt similaires, de tension entre les poilus, en arrivant parfois à des solutions plutôt radicales.
Mais j'ai dit que je passais sur ces aspects.
La réalité historique de cet ouvrage se situe à mon sens dans l'ambiance dégagé par l'album. La principale qualité d'une BD historique, c'est de replacer une situation dans un contexte. Peu importe de la réalité de la situation, du moment que le contexte est juste.
Ici le contexte me semble retracé idéalement un moment de vie dans cette affreuse période de l'Histoire. Les dessins s'accordent parfaitement au "scénario" et permettent de rentrer dans cette "ambiance" dès les premières pages.
Au final, un livre qui à sa place dans bibliothèques des amoureux de bonnes BD, de passionnés d'Histoire, mais aussi des élèves de Troisième et de Première qui étudient cette période.
"Magasin général", une comédie truculente…
Loisel et Tripp nous content la vie d’une petite paroisse du Québec : Notre Dame-des-lacs. Le scénario ne va pas chercher plus loin, on vie juste les anecdotes, les ragos et la vie au quotidien des villageois dont le magasin général est le poumon de cette communauté. Ça peut paraître un peu léger et rasant pour une série qui doit compter 3 tomes et dont le premier fait déjà 80 pages. Mais non, c’est frais, juste, dépaysant, drôle, émouvant… on ne s’ennuie pas du tout contrairement à ce qu’on pourrait croire de premier abord. Pour les dialogues les auteurs ont collaboré avec Beaulieu pour adapter en québécois compréhensible pour un lecteur français lambda et ça donne un mélange assez savoureux et atypique.
Au dessin, on retrouve Loisel et Tripp. Pour faire vite, je dirais que le premier s’est occupé des crayonnés et le second de l’encrage (Tout est mieux expliqué au début de l’album). Cette collaboration donne un résultat très beau : du Loisel mais en plus… comment dire… caricatural, vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Ben lisez l’album, vous ne le regretterez pas (;)).
Les couleurs de Lapierre sont jolies et en parfaite adéquation avec les illustrations et l’ambiance.
Cette BD traite d'ésotérisme. Une bande d'amis s'adonnent à des séances de spiritisme. Ces séances dégénèrent. Nous nous retrouvons alors avec un monstre en liberté et une des membres de ces séances se retrouve possédée par un chasseur de monstre. Tout cela dans le Londres aristocratique de la fin du 19ième siècle.
Willow place est une BD superbe, les dessins sont très beaux, très détaillés et les couleurs sont tout bonnement magnifiques. Mais il y a mieux encore : les dialogues châtiés et délicieusement surannés sont un véritable régal. Seul bémol les polices d'écriture choisies, bien que fort jolies, demandent parfois un petit effort (ou une bonne loupe) tant elles sont petites.
L'histoire, sans être du Agatha Christie, est suffisamment touffue pour tenir le lecteur en haleine.
Mon principal regret? que cette oeuvre soit un one shot et non un pilote de série... A bon entendeur...
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Zorn & Dirna
Tout le monde connaît Morvan pour Sillage et maintenant Spirou et Fantasio. Et pourtant, à mon avis, son meilleur scénario se situe là ! Ce n'est pourtant pas chez Soleil qu'il est le plus présent, mais cet ovni d'héroic-fantasy sans en être, est de très bonne facture. Les dessinateurs ; Bessadi et Trannoy pour les 2 premiers, puis Bessadi tout seul sur le 3, s'avèrent aussi de grands virtuoses de la narration. On peu regretter un rythme de sortie un peu lent (environ 2 ans entre chaque album), mais si cela est la condition pour la qualité de ces albums, on fera avec !
Outre Tombe
Une très bonne série d'humour, comme il en manque de plus en plus cruellement dans l'univers de la bd. A l'heure où la tendance est à la bd d'auteur d'un coté, ou a l'héroicofantasy/sciençofiction, de l'autre, la bd d'humour, dite "gros nez" est en perte de vitesse. Heureusement, une bande d'irréductibles, dont font partie les Léturgie (Spoon and White, Polstar, Lucky Luke...), ont embarqué un "jeune" auteur qu'est Dimartino dans leur aventure. Vous retrouverez ici une narration digne des Franquin, Peyo, Uderzo, et autres grands classiques franco-belges, sur une histoire déjantée parodiant les séries Z américaines, ou l'on retrouve des bandes de jeunes faisant la fête, aux prises avec des monstres venus d'Outre Tombe ! Si vous aimez Spoon & White, vous devriez accrocher.
Sláine
T1-T4 Visuellement c’est vraiment superbe, le dessin de Bisley est d’une qualité très rare pour cette saga celte revue à la sauce heroic fantasy. Mais le scénario est bien moins superficiel qu’on pourrait le croire à la vue de cette esthétique si alléchante. Il faut dire que ce n’est pas dans les habitudes de Mills. Son héros Slaine est une sorte d’incongruité, un roi barbare (qui porte bien son nom) avec des idées du 3ème millénaire APJC. Et de tout cela se dégagent des petites morales écologistes et féministes ; ou une tentative de faire réfléchir les hommes et de considérer les choses autrement. Il y a aussi une tentative d’humour, mais on ne peut pourtant pas dire qu’on se fende la poire, et cette série ne pourra jamais être classée dans la catégorie humour. Mais elle est tout de même à lire, rien que pour le plaisir des yeux. T5-T7 Slaine voyage dans l’espace et le temps pour se faire le héros de différentes causes celtes et continuer ses aventures ; sans se départir de son regard féministe, écologiste et critique envers les religions du livre (habilement comparées à celles qui les ont précédé). Au dessin, les successeurs de Simon Bisley reprennent le même style graphique, et nous gratifient même de quelques cases vraiment superbes à la perspective saisissante.
Cages
Difficile de noter ou même de parler de Cages, ouvrage que j’hésite même à appeler « bande-dessiné », tant on est à des années-lumières de la production grand-public. Pendant 500 pages Dave McKean philosophe sur l’art, son rôle dans la société, sa difficulté, mais aussi sur l’amour, la vie, la mort, la religion… Et le pire c’est que je n’ai jamais trouvé ça ennuyeux ou prétentieux. Certes certains passages sont un peu plus longuets que d’autres, mais l’ensemble reste très agréable à suivre, et certains chapitres m’ont, je pense, marqué à vie. Je pense par exemple au passage qui raconte la performance sur scène du musicien (« The angel ») le jour où il avait perdu un proche… ou la tirade d’un mari en colère et désespéré par le traumatisme religieux qu’a subi sa femme… ou encore la conversation finale sur la vie, la mort, et ce qui rend cette dernière supportable. Que de moments forts que je me vois relire régulièrement. Quant au graphisme, il est tout simplement époustouflant. Si vous avez l’occasion de feuilleter Cages dans une boutique, vous découvrirez une variété de styles graphiques incroyable, du dessin en bichromie au dessin photo-réaliste, en passant par de la peinture couleur ou des pages de roman-photos. Le mélange est osé mais jamais indigeste, et l’ensemble est vraiment d’une incroyable beauté. Une œuvre majeur de la BD (ou devrais-je dire de l’art en général), et que, même si je suis bien conscient que l’on perçoit tous une œuvre d’art différemment, vous vous devez d’avoir lu si vos papilles artistiques sont en manque d’émotions.
Atalante - La Légende
Vu qu'il n'y a aucun synopsis, j'ai choisi d'acheter le volume 1 de cette BD car le dessin et les couleurs me plaisaient bien (hormis les visages qui ressemblent un peu à des marionnettes des guignols). Et l'environnement mythologique semblait sympathique. Malheureusement j'ai compris à la lecture pourquoi le synopsis était absent... Pas facile de résumer une histoire aussi décousue. Nous avons une héroïne et quelques poncifs mythologiques, un soupçon de "Jason et les argonautes" (bonjour l'originalité) et c'est tout. Difficile de prétendre qu'il y a plus d'histoire ! En fait le scénario se résume surtout à : "je montre les fesses de l'héroïne puis ses seins ou ses seins puis ses fesses?" Comme un exemple vaut souvent mieux qu'un long discours, je me permet une citation (page 20, dernière case) : "...Au premier signe d'une colère de Poséidon on te balancera par dessus bord! Et connaissant le bougre, il ne restera pas insensible à ce qui se cache entre deux cuisses aussi vives !!!" Je crois que ça résume bien ce que je disais plus haut non ? (°.°) Bref, ma lecture de cette série s'arrête au 1er tome, c'est bien suffisant ! Et sauf à être fan de l'auteur, je n'en conseille pas l'achat.
Poulet aux Prunes
On peut franchement pas dire que la valeur de cette BD est dans son dessin, même s'il est efficace. Non, l'intérêt est dans l'histoire qu'elle nous raconte, à la fois simple et belle, et relativement éloignée des poncifs. Marjane Satrapi nous fait un récit en noir et blanc nuancé.
Le Paquebot des sables
L’histoire se déroule sur fond de montée du nazisme et nous présente comment une formidable découverte destinée au départ à des fins civils aurait pu être utilisée pour assouvir le désir de grandeur et de conquête des nazis. Le scénario est bien construit, même si l’on peut regretter quelques longueurs dans le tome 2, on se laisse tout de même porter par l’histoire en gardant l’envie de connaître la suite après avoir terminé un volume. Un dessin plus réaliste aurait permis de donner au scénario une meilleure crédibilité mais cela n’engage que moi. Au final, une série qui sans être exceptionnelle est tout de même bien sympathique à suivre.
La Tranchée
Achat même vivement conseillé ! Habituellement, j'attache une grande importance à la réalité du scénario dans les BD historiques. Je passe cet aspect pour cette fois. Il est peu probable que ce genre de situation ce soit produit dans les ces termes là (police de guerre etc). On peut en revanche penser à des situations plutôt similaires, de tension entre les poilus, en arrivant parfois à des solutions plutôt radicales. Mais j'ai dit que je passais sur ces aspects. La réalité historique de cet ouvrage se situe à mon sens dans l'ambiance dégagé par l'album. La principale qualité d'une BD historique, c'est de replacer une situation dans un contexte. Peu importe de la réalité de la situation, du moment que le contexte est juste. Ici le contexte me semble retracé idéalement un moment de vie dans cette affreuse période de l'Histoire. Les dessins s'accordent parfaitement au "scénario" et permettent de rentrer dans cette "ambiance" dès les premières pages. Au final, un livre qui à sa place dans bibliothèques des amoureux de bonnes BD, de passionnés d'Histoire, mais aussi des élèves de Troisième et de Première qui étudient cette période.
Magasin général
"Magasin général", une comédie truculente… Loisel et Tripp nous content la vie d’une petite paroisse du Québec : Notre Dame-des-lacs. Le scénario ne va pas chercher plus loin, on vie juste les anecdotes, les ragos et la vie au quotidien des villageois dont le magasin général est le poumon de cette communauté. Ça peut paraître un peu léger et rasant pour une série qui doit compter 3 tomes et dont le premier fait déjà 80 pages. Mais non, c’est frais, juste, dépaysant, drôle, émouvant… on ne s’ennuie pas du tout contrairement à ce qu’on pourrait croire de premier abord. Pour les dialogues les auteurs ont collaboré avec Beaulieu pour adapter en québécois compréhensible pour un lecteur français lambda et ça donne un mélange assez savoureux et atypique. Au dessin, on retrouve Loisel et Tripp. Pour faire vite, je dirais que le premier s’est occupé des crayonnés et le second de l’encrage (Tout est mieux expliqué au début de l’album). Cette collaboration donne un résultat très beau : du Loisel mais en plus… comment dire… caricatural, vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Ben lisez l’album, vous ne le regretterez pas (;)). Les couleurs de Lapierre sont jolies et en parfaite adéquation avec les illustrations et l’ambiance.
Willow place
Cette BD traite d'ésotérisme. Une bande d'amis s'adonnent à des séances de spiritisme. Ces séances dégénèrent. Nous nous retrouvons alors avec un monstre en liberté et une des membres de ces séances se retrouve possédée par un chasseur de monstre. Tout cela dans le Londres aristocratique de la fin du 19ième siècle. Willow place est une BD superbe, les dessins sont très beaux, très détaillés et les couleurs sont tout bonnement magnifiques. Mais il y a mieux encore : les dialogues châtiés et délicieusement surannés sont un véritable régal. Seul bémol les polices d'écriture choisies, bien que fort jolies, demandent parfois un petit effort (ou une bonne loupe) tant elles sont petites. L'histoire, sans être du Agatha Christie, est suffisamment touffue pour tenir le lecteur en haleine. Mon principal regret? que cette oeuvre soit un one shot et non un pilote de série... A bon entendeur...