Bonne occasion de rappeler que sur BDTheque, les notes représentent le plaisir ressenti à la lecture d’une BD, pas la qualité intrinsèque de cette dernière. Parce qu’alors certes on peut dire sans se tromper que cette BD est pleine de bonnes idées, originale, et sort des sentiers battus. Mais alors qu’est ce que je me suis ennuyé.
Le scénario est beaucoup trop loufoque pour moi, trop décousu, trop onirique. Je me doute bien que beaucoup de gens vont adorer ce bouquin, mais alors uniquement à condition d’être friand de se genre de délire artistique et absurde.
Bref, un auteur talentueux, une BD originale, à vous de voir si le trip vous tente… Moi je suis clairement passé à coté.
Ce manga n'étant plus édité, j'ai dû l'acheter par VPC d'occasion. Et lorsque je l'ai reçu j'ai d'abord été surpris par son format. En effet les "pavés" (je ne vois vraiment pas comment les appeler autrement) ne répondent pas aux critères habituels des mangas. Ils sont plus hauts, plus profonds, ont le dos carré, des couvertures rigides, pas de sur-couverture et font en moyenne 340 pages! Autant dire qu'un marque page vous sera indispensable... Inhabituel pour un manga.
Le dessin est un peu vieillot et les dégradés de gris notamment font parfois un peu pitié (je pense notamment aux cheveux d'Akémi hachurés horizontalement pour reproduire le "blond"). De même les visages, au début un peu trop rondouillards, s'affinent au fur et à mesure. Mais l'ensemble reste agréable à voir. Autre point faible graphiquement : à part dans le dernier chapitre, les personnages évoluent peu ou prou physiquement alors que 5 années s'écoulent. Pour moi, cette oeuvre rate le 5/5 à cause de ces faiblesses graphiques.
Car ce manga est un des meilleurs que j'ai pu lire. L'anime "Juliette je t'aime" est si connu qu'il est inutile de présenter l'histoire qui, elle non plus, ne correspond pas exactement aux critères habituels... Sans révolutionner l'univers manga pour autant. Souvent drôle, parfois poignant, rarement gnangnan, cette série et très agréable à lire car ces personnages sont très attachants grâce à leur caractère bien trempé mais un peu immuables. Au final, les sentiments exprimés sont très crédibles et on prend plaisir à suivre les déboires de nos héros grâce à un humour bien présent du début à la fin.
Si vous arrivez à dégotter une intégrale pas trop chère (bon courage (^_^) ), n'hésitez pas ! Comme souvent, le manga surclasse l'anime en matière de récit et d'émotion.
MAJ : Ce manga est actuellement ré-édité par Tonkam dans une version moins chère mais moins belle (pas de couverture cartonnées, les premières illustrations ne sont plus en couleurs, le papier est de piètre qualité et le format de plus petite taille (presque 2 fois plus petit) a nécessité de résumer nombreux dialogues (sans toutefois en modifier le sens). Bref, même si le rapport qualité-prix de cette ré-édition reste honnête, elle est très inférieure à l'édition originale. Enfin dans cette ré-édition, Kyoko n'est plus concierge mais gérante (utilité de cette modification?).
Le dessin est assez sombre mais bien exécuté, c'est agréable à regarder sans être formidable. Bien mais je me suis rarement arrêté dans ma lecture pour regarder avec attention les cases.
L'histoire, comme il l'a déjà été dit auparavant, est très sombre. Tous les personnages sont pourris jusqu'à la moelle. Aucun n'aura le droit à une rédemption, ils sont mauvais et ne s'en cachent pas. C'est quand même bien malsain et je ne suis pas client de ce genre là.
C'est de la dark fantasy, le scénario se base sur le destin de deux tire-laine à la sauce assassin et violeur et d'une nécromancienne de talent qui recherche le pouvoir absolu, le tout pendant une guerre entre deux royaumes.
J'ai été agréablement surpris par les rebondissements qui font que l'histoire est riche et assez surprenante même si on sait qu'au final peu survivront. C'est la règle non écrite de ce genre d'histoire.
L'intégrale est un bel objet et son prix est suffisamment correct pour que j'en conseille l'achat. Une bd "bourrine" (pour reprendre le mot d'un posteur précédent) avec laquelle on passe un bon moment, il y a même de l'humour, cynique, mais ça me fait rire quand même.
Note approximative : 2.5/5
Sans être très érudit en matière d'histoire, je ne rechigne pas à lire un livre ou une BD sur un thème historique. Parmi les 3 BDs nouvellement éditées par Larousse, j'ai choisi de lire celle sur la Guerre des Gaules car c'est sans doute le sujet que je maîtrisais le mieux (en partie grâce à mes lectures BD d'ailleurs, non pas Astérix mais plutôt Alcibiade Didascaux et Vae Victis par exemple qui sans être des BDs formidables m'en ont appris quand même pas mal sur les peuples Gaulois et les manoeuvres romaines).
Première déception : on m'avait présenté ces ouvrages comme des inédits mais j'ai découvert à la lecture qu'il s'agissait en fait de réédition d'oeuvres datant de 1983, parues à l'époque dans la collection Larousse "Les Grandes Batailles de l'Histoire".
En quoi est-ce si décevant ?
Eh bien, le dessin et la narration datent vraiment.
Xavier Musquera est au dessin. De lui, je connaissais déjà la série Mr Wens au graphisme déjà très désuet, proche de la ligne claire. Les gaulois et les romains de cette BD se retrouvent donc relativement bien dessinés techniquement parlant, mais figés et d'aspect vieillot. Les couleurs ne sont pas terribles. Et dans l'ensemble, cette BD me rappelle tout simplement les BDs éducatives de ma jeunesse, celles qu'on pouvait lire dans les CDI. J'en suis même venu à me demander si je n'avais pas déjà lu cette BD à l'époque d'ailleurs.
Au niveau du récit, c'est de l'Historique pur et dur. Le scénariste est d'ailleurs historien lui-même. Les amateurs d'Histoire seront donc ravis au détail près que le récit, aucunement romancé ou à peine, n'est pas très prenant. Ce n'est pas le genre de BD qu'on lit pour passer le temps mais plutôt réellement pour s'instruire, pour peu qu'on ne connaisse pas déjà très bien cette période assez souvent traitée en littérature et ailleurs.
Une bonne initiative éducative et historique mais une Bd un peu désuette, pas très jolie et pas formidablement racontée, loin d'être palpitante à mes yeux.
Grandement lassé par les séries heroic-fantasy de chez Soleil, c'est dans l'idée que je n'allais pas aimer que j'ai lu cette BD (empruntée en bibliothèque, pour les curieux).
Dès le départ, je suis parti sur des constatations dépitées d'usage dans ce genre de lecture de la part d'un lecteur BD aguerri : monde heroic-fantasy banal avec plusieurs races, les dominants, les dominés, dessin correct mais quelconque avec de nombreux emprunts à droite à gauche, un héros guerrier, une belle héroïne voleuse, un complot des méchants dans lequel se retrouvent impliqués sans le vouloir les gentils, des courses-poursuites, une fille nue dans son bain, tiens un homme nu aussi, de la magie, des combats, pas mal de violence, etc...
Mais mine de rien, je me suis finalement fait accrocher par le récit.
Côté dessin, comme dit plus haut, ça sent le déjà-vu sans pour autant pouvoir accrocher une référence particulière. Mais, à part l'encrage des premières planches que j'ai trouvé moyen, le résultat n'est pas mauvais et agréable à lire. Le seul véritable reproche que je ferais sont les mimiques clichés des deux héros : rictus guerrier, surprise exacerbée, visage tout désolé ou triste de l'héroïne.
Côté scénario, je pourrais aussi reprocher, outre son côté déjà-vu, sa naïveté : les ficelles scénaristiques sont trop grosses et trop faciles la plupart du temps. Et pourtant il se dégage un petit quelque chose d'agréable à lire, de prenant. Les personnages, malgré leur naïveté balourde et leur côté cliché (la voleuse belle mais farouche et colérique, le guerrier super fort qui tue ses 23 muscéens armés sans peine et qui se contente de grogner de colère et de jouer les hargneux), sont assez attachants. Et surtout, le scénario banal de ce premier tome prend un tour nouveau à la toute fin avec ce qui semble appeler à être cette "Porte des Mondes" dont la série porte le titre, ainsi qu'avec ce "Mur" (qui n'est pas sans me rappeler pour le moment Le Mur de Pan bien évidemment).
Bref, pour le moment, cette BD ne casse pas des briques et ne brille pas trop par son originalité mais la lecture n'en est pas désagréable et je lirais la suite pour voir. Mais par précaution, comme il s'agit d'un tome 1 de chez Soleil et que rien n'indique qu'il y aie vraiment une suite chez cet éditeur de peu de confiance, je me garde bien d'en conseiller l'achat.
Note : 3,5/5
Belle entame pour « révélations », série à mettre au crédit des éditions SOLEIL qui ont le mérite d'élargir pour une fois leur catalogue en nous proposant autre chose que de l'Héroic Fantasy. La bonne surprise ne réside pas pour autant dans le thème abordé, qui lorgne largement dans la mouvance « Da Vinci Code » et son effet de mode. Cette enquête sur une mort mystérieuse au vatican n'est pas d'une immense originalité. L'histoire semble prendre un tournant surnaturel mais ce 1er album ne délivre au final que peu de clefs. Il faudra attendre (avec une certaine envie, pour ma part), la suite pour savoir où les auteurs décident de nous emmener. L'atmosphère générale de l'album n'aspire pas à la jovialité. Scènes nocturnes, déluge de pluie, catacombes, salles d'autopsie ou d'interrogatoires, sacrifices rituels, autant d'artifices installant une « saine » ambiance. Heureusement, les dialogues apportent par moment une touche d'humour non négligeable. Le Graphisme est très photoshopisé et ne plaira pas à tout le monde. Je trouve pour ma part que ces personnages aux yeux hypertrophiés sont extrement attachant. La mise en page est impeccable.
Mon avis est très proche de celui de Quentin ci-dessous.
Je n’ai vraiment pas accroché au début, à cause du caractère « tête a claque » du personnage principal, qu’est ce qu’il est antipathique !
Mais la 2eme moitié de l’album a fait mouche, et m’a beaucoup plus ému, au point que j’en suis presque arrivé à m’attacher au gars (presque hein). Et finalement, en refermant le bouquin, j’avais un petit quelque chose sur le cœur, compliment ultime pour ce genre d’histoire non ?
A lire si vous aimez le genre donc, mais soyez prévenu, le héros est un brin antipathique, et très égocentrique (beaucoup de ses phrases commencent par « moi je… »). Une belle BD quand même, à découvrir.
Une BD que j'ai lue sans savoir du tout à quoi m'attendre et qui a été une assez bonne surprise pour moi. Pour commencer, ce n'est qu'à l'instant que je réalise que l'auteur, Mardon, est aussi l'auteur de Vagues à l'âme, BD que j'avais beaucoup appréciée. Je n'avais pas du tout reconnu son dessin, ni avant de lire, ni en cours de lecture.
Ce dessin me faisait penser à un mélange entre les styles de Blutch et de Frederik Peeters, sans la même maîtrise technique ceci dit. Bref, je ne suis pas très fan, mais c'est assez agréable à lire. J'apprécie nettement moins les couleurs cependant, mais ce n'est pas un soucis.
A vrai dire, à voir la couverture, je m'imaginais une histoire bien Parisienne, une histoire de bobos qui se prennent la tête. Je ne m'attendais pas du tout à un tel chassé-croisé de personnages et de petites intrigues. Je ne m'attendais surtout pas à trouver chacune de ces intrigues aussi intéressantes et touchantes. Des sujets parfois glauques sont abordés mais sur un ton suffisamment léger et souriant pour ne pas trop assombrir le récit.
Les intrigues s'entremêlent un petit peu trop cependant à mes yeux, entraînant une impression de fouillis, et surtout le récit dans son ensemble ne mène quasiment à rien : on a suivi des gens, on est entré dans leurs vies, mais on en sort sans que quoi que ce soit aie vraiment changé.
Et pourtant, j'ai trouvé la lecture agréable, les dialogues justes, l'histoire intelligente, les intrigues juste assez prenantes pour me plonger dans le récit.
Bref, une BD sympathique qui ne se prend pas trop la tête malgré quelques sujets graves abordés.
"Alim le tanneur", le hors-caste…
Lupano, nous conte l’histoire de Alim, le tanneur de Brahmalem, et de sa très jeune et turbulente fille, Bul. Vivant dans un empire vouant un culte intransigeant et fanatique à Jésameth le sauveur, Alim et Bul font une découverte bouleversante qui pourrait bien remettre en cause leur croyance. Ils sont maintenant en danger, ils sont forcés de fuir et de se cacher, car les hauts dignitaires et représentants du sauveur ont envoyé le puissant et sanglant guerrier Torq Djihid à leur poursuite. Lupano, nous livre une intrigue bien amenée, bien construite, le tout sur un fond de monde oriental et fantastique, où religion et pouvoir mènent la danse.
Les dessins de Augustin sont magnifiques. Des traits d’une finesse irréprochable, qui nous dépeignent des paysages à couper le souffle. Les personnages sont eux aussi très réussis. TOUT BONNEMENT MAGNIFIQUE !!
Les couleurs sont aussi de Augustin en collaboration avec Penloup. Elles sont très jolies. Souvent assez pâles et exotiques, elles se marient à merveille avec le dessin pour au final obtenir des illustrations que je qualifierai de cultes.
A priori j'etais un peu sceptique sur ce cycle où les héros ressemblent à Bruce Willis, Johnny Depp ou William Hurt.
Mais l'histoire est bien ficelée et se limite à 3 tomes !! Ca tient du miracle vu les séries fleuves en ce moment. Le dessin est propre et précis, l'intrigue se met bien en place pour finir en apothéose dans le tome 3. Des hommes emprisonnés dans un sous-marin, on sent un début de claustrophobie qui agit sur notre corps. La noirceur de la BD ne fait qu'augmenter cette angoisse continue.
L'auteur a réussi à accrocher le lecteur. Belle oeuvre à posséder absolument.
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Le Dessinateur, la colline et le cosmos
Bonne occasion de rappeler que sur BDTheque, les notes représentent le plaisir ressenti à la lecture d’une BD, pas la qualité intrinsèque de cette dernière. Parce qu’alors certes on peut dire sans se tromper que cette BD est pleine de bonnes idées, originale, et sort des sentiers battus. Mais alors qu’est ce que je me suis ennuyé. Le scénario est beaucoup trop loufoque pour moi, trop décousu, trop onirique. Je me doute bien que beaucoup de gens vont adorer ce bouquin, mais alors uniquement à condition d’être friand de se genre de délire artistique et absurde. Bref, un auteur talentueux, une BD originale, à vous de voir si le trip vous tente… Moi je suis clairement passé à coté.
Maison Ikkoku - Juliette je t'aime
Ce manga n'étant plus édité, j'ai dû l'acheter par VPC d'occasion. Et lorsque je l'ai reçu j'ai d'abord été surpris par son format. En effet les "pavés" (je ne vois vraiment pas comment les appeler autrement) ne répondent pas aux critères habituels des mangas. Ils sont plus hauts, plus profonds, ont le dos carré, des couvertures rigides, pas de sur-couverture et font en moyenne 340 pages! Autant dire qu'un marque page vous sera indispensable... Inhabituel pour un manga. Le dessin est un peu vieillot et les dégradés de gris notamment font parfois un peu pitié (je pense notamment aux cheveux d'Akémi hachurés horizontalement pour reproduire le "blond"). De même les visages, au début un peu trop rondouillards, s'affinent au fur et à mesure. Mais l'ensemble reste agréable à voir. Autre point faible graphiquement : à part dans le dernier chapitre, les personnages évoluent peu ou prou physiquement alors que 5 années s'écoulent. Pour moi, cette oeuvre rate le 5/5 à cause de ces faiblesses graphiques. Car ce manga est un des meilleurs que j'ai pu lire. L'anime "Juliette je t'aime" est si connu qu'il est inutile de présenter l'histoire qui, elle non plus, ne correspond pas exactement aux critères habituels... Sans révolutionner l'univers manga pour autant. Souvent drôle, parfois poignant, rarement gnangnan, cette série et très agréable à lire car ces personnages sont très attachants grâce à leur caractère bien trempé mais un peu immuables. Au final, les sentiments exprimés sont très crédibles et on prend plaisir à suivre les déboires de nos héros grâce à un humour bien présent du début à la fin. Si vous arrivez à dégotter une intégrale pas trop chère (bon courage (^_^) ), n'hésitez pas ! Comme souvent, le manga surclasse l'anime en matière de récit et d'émotion. MAJ : Ce manga est actuellement ré-édité par Tonkam dans une version moins chère mais moins belle (pas de couverture cartonnées, les premières illustrations ne sont plus en couleurs, le papier est de piètre qualité et le format de plus petite taille (presque 2 fois plus petit) a nécessité de résumer nombreux dialogues (sans toutefois en modifier le sens). Bref, même si le rapport qualité-prix de cette ré-édition reste honnête, elle est très inférieure à l'édition originale. Enfin dans cette ré-édition, Kyoko n'est plus concierge mais gérante (utilité de cette modification?).
Terres d'Ombre
Le dessin est assez sombre mais bien exécuté, c'est agréable à regarder sans être formidable. Bien mais je me suis rarement arrêté dans ma lecture pour regarder avec attention les cases. L'histoire, comme il l'a déjà été dit auparavant, est très sombre. Tous les personnages sont pourris jusqu'à la moelle. Aucun n'aura le droit à une rédemption, ils sont mauvais et ne s'en cachent pas. C'est quand même bien malsain et je ne suis pas client de ce genre là. C'est de la dark fantasy, le scénario se base sur le destin de deux tire-laine à la sauce assassin et violeur et d'une nécromancienne de talent qui recherche le pouvoir absolu, le tout pendant une guerre entre deux royaumes. J'ai été agréablement surpris par les rebondissements qui font que l'histoire est riche et assez surprenante même si on sait qu'au final peu survivront. C'est la règle non écrite de ce genre d'histoire. L'intégrale est un bel objet et son prix est suffisamment correct pour que j'en conseille l'achat. Une bd "bourrine" (pour reprendre le mot d'un posteur précédent) avec laquelle on passe un bon moment, il y a même de l'humour, cynique, mais ça me fait rire quand même.
Les Gaulois contre César (La Guerre des Gaules)
Note approximative : 2.5/5 Sans être très érudit en matière d'histoire, je ne rechigne pas à lire un livre ou une BD sur un thème historique. Parmi les 3 BDs nouvellement éditées par Larousse, j'ai choisi de lire celle sur la Guerre des Gaules car c'est sans doute le sujet que je maîtrisais le mieux (en partie grâce à mes lectures BD d'ailleurs, non pas Astérix mais plutôt Alcibiade Didascaux et Vae Victis par exemple qui sans être des BDs formidables m'en ont appris quand même pas mal sur les peuples Gaulois et les manoeuvres romaines). Première déception : on m'avait présenté ces ouvrages comme des inédits mais j'ai découvert à la lecture qu'il s'agissait en fait de réédition d'oeuvres datant de 1983, parues à l'époque dans la collection Larousse "Les Grandes Batailles de l'Histoire". En quoi est-ce si décevant ? Eh bien, le dessin et la narration datent vraiment. Xavier Musquera est au dessin. De lui, je connaissais déjà la série Mr Wens au graphisme déjà très désuet, proche de la ligne claire. Les gaulois et les romains de cette BD se retrouvent donc relativement bien dessinés techniquement parlant, mais figés et d'aspect vieillot. Les couleurs ne sont pas terribles. Et dans l'ensemble, cette BD me rappelle tout simplement les BDs éducatives de ma jeunesse, celles qu'on pouvait lire dans les CDI. J'en suis même venu à me demander si je n'avais pas déjà lu cette BD à l'époque d'ailleurs. Au niveau du récit, c'est de l'Historique pur et dur. Le scénariste est d'ailleurs historien lui-même. Les amateurs d'Histoire seront donc ravis au détail près que le récit, aucunement romancé ou à peine, n'est pas très prenant. Ce n'est pas le genre de BD qu'on lit pour passer le temps mais plutôt réellement pour s'instruire, pour peu qu'on ne connaisse pas déjà très bien cette période assez souvent traitée en littérature et ailleurs. Une bonne initiative éducative et historique mais une Bd un peu désuette, pas très jolie et pas formidablement racontée, loin d'être palpitante à mes yeux.
La Porte des mondes
Grandement lassé par les séries heroic-fantasy de chez Soleil, c'est dans l'idée que je n'allais pas aimer que j'ai lu cette BD (empruntée en bibliothèque, pour les curieux). Dès le départ, je suis parti sur des constatations dépitées d'usage dans ce genre de lecture de la part d'un lecteur BD aguerri : monde heroic-fantasy banal avec plusieurs races, les dominants, les dominés, dessin correct mais quelconque avec de nombreux emprunts à droite à gauche, un héros guerrier, une belle héroïne voleuse, un complot des méchants dans lequel se retrouvent impliqués sans le vouloir les gentils, des courses-poursuites, une fille nue dans son bain, tiens un homme nu aussi, de la magie, des combats, pas mal de violence, etc... Mais mine de rien, je me suis finalement fait accrocher par le récit. Côté dessin, comme dit plus haut, ça sent le déjà-vu sans pour autant pouvoir accrocher une référence particulière. Mais, à part l'encrage des premières planches que j'ai trouvé moyen, le résultat n'est pas mauvais et agréable à lire. Le seul véritable reproche que je ferais sont les mimiques clichés des deux héros : rictus guerrier, surprise exacerbée, visage tout désolé ou triste de l'héroïne. Côté scénario, je pourrais aussi reprocher, outre son côté déjà-vu, sa naïveté : les ficelles scénaristiques sont trop grosses et trop faciles la plupart du temps. Et pourtant il se dégage un petit quelque chose d'agréable à lire, de prenant. Les personnages, malgré leur naïveté balourde et leur côté cliché (la voleuse belle mais farouche et colérique, le guerrier super fort qui tue ses 23 muscéens armés sans peine et qui se contente de grogner de colère et de jouer les hargneux), sont assez attachants. Et surtout, le scénario banal de ce premier tome prend un tour nouveau à la toute fin avec ce qui semble appeler à être cette "Porte des Mondes" dont la série porte le titre, ainsi qu'avec ce "Mur" (qui n'est pas sans me rappeler pour le moment Le Mur de Pan bien évidemment). Bref, pour le moment, cette BD ne casse pas des briques et ne brille pas trop par son originalité mais la lecture n'en est pas désagréable et je lirais la suite pour voir. Mais par précaution, comme il s'agit d'un tome 1 de chez Soleil et que rien n'indique qu'il y aie vraiment une suite chez cet éditeur de peu de confiance, je me garde bien d'en conseiller l'achat.
Révélations
Note : 3,5/5 Belle entame pour « révélations », série à mettre au crédit des éditions SOLEIL qui ont le mérite d'élargir pour une fois leur catalogue en nous proposant autre chose que de l'Héroic Fantasy. La bonne surprise ne réside pas pour autant dans le thème abordé, qui lorgne largement dans la mouvance « Da Vinci Code » et son effet de mode. Cette enquête sur une mort mystérieuse au vatican n'est pas d'une immense originalité. L'histoire semble prendre un tournant surnaturel mais ce 1er album ne délivre au final que peu de clefs. Il faudra attendre (avec une certaine envie, pour ma part), la suite pour savoir où les auteurs décident de nous emmener. L'atmosphère générale de l'album n'aspire pas à la jovialité. Scènes nocturnes, déluge de pluie, catacombes, salles d'autopsie ou d'interrogatoires, sacrifices rituels, autant d'artifices installant une « saine » ambiance. Heureusement, les dialogues apportent par moment une touche d'humour non négligeable. Le Graphisme est très photoshopisé et ne plaira pas à tout le monde. Je trouve pour ma part que ces personnages aux yeux hypertrophiés sont extrement attachant. La mise en page est impeccable.
Dérives (Schmitt)
Mon avis est très proche de celui de Quentin ci-dessous. Je n’ai vraiment pas accroché au début, à cause du caractère « tête a claque » du personnage principal, qu’est ce qu’il est antipathique ! Mais la 2eme moitié de l’album a fait mouche, et m’a beaucoup plus ému, au point que j’en suis presque arrivé à m’attacher au gars (presque hein). Et finalement, en refermant le bouquin, j’avais un petit quelque chose sur le cœur, compliment ultime pour ce genre d’histoire non ? A lire si vous aimez le genre donc, mais soyez prévenu, le héros est un brin antipathique, et très égocentrique (beaucoup de ses phrases commencent par « moi je… »). Une belle BD quand même, à découvrir.
Corps à corps (Aire Libre)
Une BD que j'ai lue sans savoir du tout à quoi m'attendre et qui a été une assez bonne surprise pour moi. Pour commencer, ce n'est qu'à l'instant que je réalise que l'auteur, Mardon, est aussi l'auteur de Vagues à l'âme, BD que j'avais beaucoup appréciée. Je n'avais pas du tout reconnu son dessin, ni avant de lire, ni en cours de lecture. Ce dessin me faisait penser à un mélange entre les styles de Blutch et de Frederik Peeters, sans la même maîtrise technique ceci dit. Bref, je ne suis pas très fan, mais c'est assez agréable à lire. J'apprécie nettement moins les couleurs cependant, mais ce n'est pas un soucis. A vrai dire, à voir la couverture, je m'imaginais une histoire bien Parisienne, une histoire de bobos qui se prennent la tête. Je ne m'attendais pas du tout à un tel chassé-croisé de personnages et de petites intrigues. Je ne m'attendais surtout pas à trouver chacune de ces intrigues aussi intéressantes et touchantes. Des sujets parfois glauques sont abordés mais sur un ton suffisamment léger et souriant pour ne pas trop assombrir le récit. Les intrigues s'entremêlent un petit peu trop cependant à mes yeux, entraînant une impression de fouillis, et surtout le récit dans son ensemble ne mène quasiment à rien : on a suivi des gens, on est entré dans leurs vies, mais on en sort sans que quoi que ce soit aie vraiment changé. Et pourtant, j'ai trouvé la lecture agréable, les dialogues justes, l'histoire intelligente, les intrigues juste assez prenantes pour me plonger dans le récit. Bref, une BD sympathique qui ne se prend pas trop la tête malgré quelques sujets graves abordés.
Alim le tanneur
"Alim le tanneur", le hors-caste… Lupano, nous conte l’histoire de Alim, le tanneur de Brahmalem, et de sa très jeune et turbulente fille, Bul. Vivant dans un empire vouant un culte intransigeant et fanatique à Jésameth le sauveur, Alim et Bul font une découverte bouleversante qui pourrait bien remettre en cause leur croyance. Ils sont maintenant en danger, ils sont forcés de fuir et de se cacher, car les hauts dignitaires et représentants du sauveur ont envoyé le puissant et sanglant guerrier Torq Djihid à leur poursuite. Lupano, nous livre une intrigue bien amenée, bien construite, le tout sur un fond de monde oriental et fantastique, où religion et pouvoir mènent la danse. Les dessins de Augustin sont magnifiques. Des traits d’une finesse irréprochable, qui nous dépeignent des paysages à couper le souffle. Les personnages sont eux aussi très réussis. TOUT BONNEMENT MAGNIFIQUE !! Les couleurs sont aussi de Augustin en collaboration avec Penloup. Elles sont très jolies. Souvent assez pâles et exotiques, elles se marient à merveille avec le dessin pour au final obtenir des illustrations que je qualifierai de cultes.
Sanctuaire
A priori j'etais un peu sceptique sur ce cycle où les héros ressemblent à Bruce Willis, Johnny Depp ou William Hurt. Mais l'histoire est bien ficelée et se limite à 3 tomes !! Ca tient du miracle vu les séries fleuves en ce moment. Le dessin est propre et précis, l'intrigue se met bien en place pour finir en apothéose dans le tome 3. Des hommes emprisonnés dans un sous-marin, on sent un début de claustrophobie qui agit sur notre corps. La noirceur de la BD ne fait qu'augmenter cette angoisse continue. L'auteur a réussi à accrocher le lecteur. Belle oeuvre à posséder absolument.