Pour ceux qui ne connaitraient pas Survivaure, c'est une série d'épisodes audio diffusés sur Internet dans la mouvance de la série plus connue : Le Donjon de Naheulbeuk. Ces deux séries ont par conséquent été illustrées par la même dessinatrice pour un résultat graphique identique.
La grosse différence, pour moi, c'est qu'autant j'avais déjà écouté et rigolé sur Le Donjon de Naheulbeuk, autant je n'ai jamais écouté les sketchs du Survivaure. Le résultat, c'est que, dans ma lecture de Naheulbeuk, je reconnaissais des gags qui m'avaient déjà fait rire et je riais au simple souvenir de la version audio, tandis que durant ma lecture de Survivaure... je n'ai pas ri du tout et à peine souri par moment. C'est bien simple, les gags, adaptés en BDs, ne se suffisent pas du tout en eux-mêmes : ils ne passent pas pour moi.
Bref, le fait de ne pas avoir écouté la version audio avant m'a empêché d'avoir l'indulgence que j'avais eu à la lecture de Le Donjon de Naheulbeuk. Et cette indulgence, je ne l'ai pas non plus avec le dessin. Les personnages représentés en nabots ridicules et leurs yeux énormes au strabisme divergents ou convergents à loisir m'exaspèrent. La tentative d'humour que ce choix graphique impose est vraiment trop grossière, trop "tarte à la crême" : l'effet est inverse pour moi puisque ça m'agace plutôt que de me faire rire.
Bon, passé ces défauts que je trouve manifestes, l'histoire reste lisible même si elle manque cruellement de rythme. En outre, la BD est assez dense et par conséquent mérite presque son prix en terme de temps de lecture. Mais sincèrement, ce sera sans moi cette fois-ci.
Alors pour moi qui aime bien les héros désabusés, c'est un scénario vraiment pile poil !
C'est clair que notre russe n'est pas un bon camarade avec qui on va prendre un verre en rigolant, il a beaucoup vécu et sa vision du monde se résume à quelque chose proche de : "monde de merde !"
Sinon pour le dessin, je le trouve pas mal, même si les personnage ont tous un petit air de famille qui gêne un peu.
Par contre autant le tome 1 mériterait 4/5, autant le tome 2 est pas très simple à comprendre, et finit d'une manière qui ne me plait pas beaucoup. Mais bon, au demeurant, c'est pas mal, on passe un bon moment.
Une des premières BDs de Miguelanxo Prado, une BD dans la veine de son grand récit d'anticipation Demain les dauphins.
De nos jours, Miguelanxo Prado est à mes yeux un virtuose du dessin. Trait de craie, Pierre et le Loup, son épisode dans Sandman - Nuits Éternelles, sont tout autant de démonstrations de son trait excellent et de ses couleurs superbes. Mais à l'époque de Stratos, il n'utilisait pas encore la couleur et c'est bien dommage. Le trait noir et blanc de cette BD est déjà techniquement très maîtrisé mais son encrage très fin et l'aspect caricatural de ses visages lui donnent un aspect désuet un peu dommage. Pourtant les planches se lisent très bien et, même si on ne peut crier au superbe esthétisme, il faut reconnaître que tout cela est propre et plutôt joli.
Stratos est un album de science-fiction qui se rapproche un peu de SOS Bonheur dans sa forme et son contenu. Il représente, par une succession d'histoires courtes amenées à se combiner en fin d'album, une dystopie critiquant la société de consommation. Dans cette Terre du 22e siècle qu'il imagine, la société humaine s'est auto-hiérarchisée, avec les prols condamnés aux plus basses tâches, avec les petits bourgeois en consommateurs idiots et aveugles, avec les notables qui se manipulent les uns les autres et se tirent entre les pattes, et le tout dirigé par une oligarchie qui voit l'ensemble de l'humanité comme une grosse entreprise sans âme où tout peut être géré comme des données informatiques. Chaque histoire courte grimpe cette échelle sociale en nous montrant les travers et l'absurdité de chacune, nous réflétant bien sûr avec ironie et un faible zeste d'humour noir les aspects sombres du propre monde où nous vivons.
Rien de très original et de très fort dans ce scénario SF somme toute assez classique mais des histoires plaisantes et bien construites.
Une BD au dessin joli mais un peu démodé et au scénario d'anticipation sympathique quoiqu'assez peu original, une lecture que je conseille voire un achat si vous le trouvez d'occasion et que vous aimez ce genre d'histoires.
Je viens de lire La mémoire dans les poches et c'est véritablement prenant. Le dessin d'Etienne Le Roux est superbe.
Et encore, je parle pas de la qualité éditoriale de cette bd (dessin, couverture). Très beau livre de 88 pages !
Luc Brunschwig joue, comme souvent dans ses scénarii, entre passé et présent d'un même personnage, en l'occurrence Sidoine, (et puis, après le bouquin de Rabaté, les "vieux " sont à l'honneur), figure emblématique de sa cité. (réminiscence de Le sourire du clown sans doute)
En sortant du carcan des 48CC, en mettant en avant des personnages communs, pas très beaux, aux caractères ambigus (voir le père et la mère de Laurent), Brunschwig et Le Roux signent là une oeuvre originale et émouvante.
Beaucoup de questions sans réponse dans ce premier volume notamment sur la petite enfance de Sidoine, pendant la guerre, enfance apparemment traumatisante qui sans doute guide ses actions dans cette première partie.
Ah ! J'oubliais :
En achetant cet album, je me suis demandé "quel drôle de titre !" Et au fur et à mesure de la lecture, lorsque l'on voit ce petit bonhomme sortir de sa poche tant de papiers, on se dit "ah bien sûr !"
Partant d'un "fait divers" tragique avec la mort de plusieurs personnes, Montellier trace le parcours des auteurs d'une équipée sauvage. Elle recherche les raisons, les inspirations en regardant leurs familles respectives notamment de ces 2 jeunes paumés rapidement assimilés par la presse au film "Tueurs nés" d'Oliver Stone. Les Bony and Clyde des 90's.
Chantal Montellier explore la piste du 3ème homme, personnage vite éclipsé par les médias, sans jamais chercher à excuser ces jeunes meurtriers ni les prendre en pitié. Bref intéressant pour se re situer le contexte de l'époque dans lequel on retrouve les enjeux politiques avec Charles Pasqua au ministère de l'intérieur, la dérive sécuritaire et les contrats de travail précarisant les jeunes sont une analogie curieuse avec le climat de ces derniers mois. Malgré cela, la narration est un peu tordue et romancée comme ce passage façon vision de son jules pour Florence Rey entre ses 4 murs.
Le tout dans un style graphique Montellien, pages fouillées et visages blafards.
Note approximative : 2.5/5
Pure Trance est le premier manga de Junko Mizuno que je lis et c'est vrai que... c'est bizarre.
On retrouve cet univers graphique étrange qui la caractérise : des filles mignonnes, un trait tout rond qu'on imagine tout rose et tout pastel, mais tout cela mélangé avec du gore, du sexy Sado-Maso, de la violence et du trash. Le dessin n'est pas encore complètement maîtrisé mais il est très intéressant par cet étrange contraste de genres. Il est en outre ici en noir et blanc contrairement à ses oeuvres plus récentes comme Cinderalla.
Ce manga est en réalité sa première publication créée à l'origine pour illustrer des CDs de musique techno. Cet aspect donne une narration assez décousue aux premières pages de l'histoire qui sont plus là pour créer une ambiance, un décor futuriste, à la fois mignon et glauque. Malgré l'originalité de cette oeuvre étrange pour celui qui découvre cette auteure comme moi, malgré ces inventions futuristico-comico-trash en bas de chaque page, il n'est pas facile d'accrocher à ce début d'histoire. Mais le récit, tout en restant extravagant et surprenant, devient un peu plus linéaire au fil des pages, permettant de s'attacher un peu plus à ces héroïnes sanglantes et étonnantes. Pour autant, ce n'est pas très captivant, et l'humour (noir) ne m'a fait guère plus que sourire par-ci par-là. En outre, au delà de l'aspect très décousu et fouillis du récit, la fin est vraiment en queue de poisson.
Intéressant et original, mais je pense que ce n'est là qu'un coup d'essai d'une auteure hors-norme qui aura sûrement réussi de meilleurs albums par la suite.
Ma note peut sembler basse, car cette série a une très bonne réputation.
Mais je dois dire que je ne la trouve pas exceptionnelle.
Le premier tome m'avait donné l'impression d'une histoire au scénario moyen, mais magnifiée par des dessins très expressifs. Le personnage de Blacksad est en cela remarquablement "sombre". Les auteurs avaient très bien su exploiter les codes du polar américain des années 50.
Le deuxième album m'a paru plus intéressant d'un point de vue scénaristique en dénonçant le racisme qui sévissait dans la société des années 50. Les dessins, quant à eux étaient toujours splendides.
Le dernier album qui vient de sortir et qui rappelle les mauvais souvenirs du maccarthysme m'a un peu déçu. Les auteurs ont peut-être eu un peu de mal à se renouveler.
1 cadavre, 10 suspects, chacun d'entre eux avait un mobile pour tuer la victime, chacun d'entre eux sait qui a fait le coup mais ne dénoncera pas le coupable... Le point de départ de cette enquète policière est intéressant, dommage que la conclusion donne finalement l'impression que ce n'était qu'un prétexte, puisque l'affaire se termine en eau de boudin et qu'il n'y a à peu près aucune chance que le ou les tome(s) suivant(s) permette(nt) la résolution de l'énigme. Vraiment dommage, parce que le scénario s'annonçait prometteur et que l'album est graphiquement très réussi. Bref, ne vendons pas la peau de l'ours tant que les chats sont gris et disons que, malgré la déception, ce premier tome donne envie de connaître la suite de l'histoire, et que la note grimpera peut-être après lecture du prochain épisode.
J'aime beaucoup le personnage d'Iznogoud. Les histoires en 8 planches sont mes préférées. Goscinny et Tabary maîtrisent très bien les comiques de répétition et de situation. Goscinny s'est beaucoup amusé en écrivant ses calembours les plus terribles. J'ai quelques préférences pour de bons albums comme des astres pour Iznogoud, le jour des fous ou l'infâme Iznogoud. A noter que Tabary ne s'en sort pas trop mal dans sa reprise en solo. Il privilégie les histoires plus longues et insiste peut-être plus sur l'absurde des situations.
A la base, je ne suis pas un adepte des séries historiques (surtout celles qui sont parues chez Glénat que je trouve un peu ringardes). De plus, je n'ai jamais beaucoup accroché aux scénarios de Dufaux.
Mais, paradoxalement, cette série m'a fortement enthousiasmé. Le réalisme historique est impressionnant. L'histoire est prenante. Les complots de cour, le pouvoir des femmes, la description des combats de gladiateurs, tout est très bien décrit.
Dufaux a aussi choisi de ne pas montrer Néron, sous un aspect trop négatif, comme il a souvent été dépeint dans les productions d'Hollywood.
Après un premier cycle qui décrivait les agissements d'Agrippine, mère de Néron, vient de commencer le cycle de l'épouse Poppée. Et le résultat est toujours excellent, je trouve que les dessins de Delaby sont encore meilleurs que ceux qu'il faisait dans les premiers albums. La course de char est une vraie merveille.
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Les Aventuriers du NHL2987 Survivaure
Pour ceux qui ne connaitraient pas Survivaure, c'est une série d'épisodes audio diffusés sur Internet dans la mouvance de la série plus connue : Le Donjon de Naheulbeuk. Ces deux séries ont par conséquent été illustrées par la même dessinatrice pour un résultat graphique identique. La grosse différence, pour moi, c'est qu'autant j'avais déjà écouté et rigolé sur Le Donjon de Naheulbeuk, autant je n'ai jamais écouté les sketchs du Survivaure. Le résultat, c'est que, dans ma lecture de Naheulbeuk, je reconnaissais des gags qui m'avaient déjà fait rire et je riais au simple souvenir de la version audio, tandis que durant ma lecture de Survivaure... je n'ai pas ri du tout et à peine souri par moment. C'est bien simple, les gags, adaptés en BDs, ne se suffisent pas du tout en eux-mêmes : ils ne passent pas pour moi. Bref, le fait de ne pas avoir écouté la version audio avant m'a empêché d'avoir l'indulgence que j'avais eu à la lecture de Le Donjon de Naheulbeuk. Et cette indulgence, je ne l'ai pas non plus avec le dessin. Les personnages représentés en nabots ridicules et leurs yeux énormes au strabisme divergents ou convergents à loisir m'exaspèrent. La tentative d'humour que ce choix graphique impose est vraiment trop grossière, trop "tarte à la crême" : l'effet est inverse pour moi puisque ça m'agace plutôt que de me faire rire. Bon, passé ces défauts que je trouve manifestes, l'histoire reste lisible même si elle manque cruellement de rythme. En outre, la BD est assez dense et par conséquent mérite presque son prix en terme de temps de lecture. Mais sincèrement, ce sera sans moi cette fois-ci.
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Alors pour moi qui aime bien les héros désabusés, c'est un scénario vraiment pile poil ! C'est clair que notre russe n'est pas un bon camarade avec qui on va prendre un verre en rigolant, il a beaucoup vécu et sa vision du monde se résume à quelque chose proche de : "monde de merde !" Sinon pour le dessin, je le trouve pas mal, même si les personnage ont tous un petit air de famille qui gêne un peu. Par contre autant le tome 1 mériterait 4/5, autant le tome 2 est pas très simple à comprendre, et finit d'une manière qui ne me plait pas beaucoup. Mais bon, au demeurant, c'est pas mal, on passe un bon moment.
Stratos
Une des premières BDs de Miguelanxo Prado, une BD dans la veine de son grand récit d'anticipation Demain les dauphins. De nos jours, Miguelanxo Prado est à mes yeux un virtuose du dessin. Trait de craie, Pierre et le Loup, son épisode dans Sandman - Nuits Éternelles, sont tout autant de démonstrations de son trait excellent et de ses couleurs superbes. Mais à l'époque de Stratos, il n'utilisait pas encore la couleur et c'est bien dommage. Le trait noir et blanc de cette BD est déjà techniquement très maîtrisé mais son encrage très fin et l'aspect caricatural de ses visages lui donnent un aspect désuet un peu dommage. Pourtant les planches se lisent très bien et, même si on ne peut crier au superbe esthétisme, il faut reconnaître que tout cela est propre et plutôt joli. Stratos est un album de science-fiction qui se rapproche un peu de SOS Bonheur dans sa forme et son contenu. Il représente, par une succession d'histoires courtes amenées à se combiner en fin d'album, une dystopie critiquant la société de consommation. Dans cette Terre du 22e siècle qu'il imagine, la société humaine s'est auto-hiérarchisée, avec les prols condamnés aux plus basses tâches, avec les petits bourgeois en consommateurs idiots et aveugles, avec les notables qui se manipulent les uns les autres et se tirent entre les pattes, et le tout dirigé par une oligarchie qui voit l'ensemble de l'humanité comme une grosse entreprise sans âme où tout peut être géré comme des données informatiques. Chaque histoire courte grimpe cette échelle sociale en nous montrant les travers et l'absurdité de chacune, nous réflétant bien sûr avec ironie et un faible zeste d'humour noir les aspects sombres du propre monde où nous vivons. Rien de très original et de très fort dans ce scénario SF somme toute assez classique mais des histoires plaisantes et bien construites. Une BD au dessin joli mais un peu démodé et au scénario d'anticipation sympathique quoiqu'assez peu original, une lecture que je conseille voire un achat si vous le trouvez d'occasion et que vous aimez ce genre d'histoires.
La Mémoire dans les poches
Je viens de lire La mémoire dans les poches et c'est véritablement prenant. Le dessin d'Etienne Le Roux est superbe. Et encore, je parle pas de la qualité éditoriale de cette bd (dessin, couverture). Très beau livre de 88 pages ! Luc Brunschwig joue, comme souvent dans ses scénarii, entre passé et présent d'un même personnage, en l'occurrence Sidoine, (et puis, après le bouquin de Rabaté, les "vieux " sont à l'honneur), figure emblématique de sa cité. (réminiscence de Le sourire du clown sans doute) En sortant du carcan des 48CC, en mettant en avant des personnages communs, pas très beaux, aux caractères ambigus (voir le père et la mère de Laurent), Brunschwig et Le Roux signent là une oeuvre originale et émouvante. Beaucoup de questions sans réponse dans ce premier volume notamment sur la petite enfance de Sidoine, pendant la guerre, enfance apparemment traumatisante qui sans doute guide ses actions dans cette première partie. Ah ! J'oubliais : En achetant cet album, je me suis demandé "quel drôle de titre !" Et au fur et à mesure de la lecture, lorsque l'on voit ce petit bonhomme sortir de sa poche tant de papiers, on se dit "ah bien sûr !"
Les Damnés de Nanterre
Partant d'un "fait divers" tragique avec la mort de plusieurs personnes, Montellier trace le parcours des auteurs d'une équipée sauvage. Elle recherche les raisons, les inspirations en regardant leurs familles respectives notamment de ces 2 jeunes paumés rapidement assimilés par la presse au film "Tueurs nés" d'Oliver Stone. Les Bony and Clyde des 90's. Chantal Montellier explore la piste du 3ème homme, personnage vite éclipsé par les médias, sans jamais chercher à excuser ces jeunes meurtriers ni les prendre en pitié. Bref intéressant pour se re situer le contexte de l'époque dans lequel on retrouve les enjeux politiques avec Charles Pasqua au ministère de l'intérieur, la dérive sécuritaire et les contrats de travail précarisant les jeunes sont une analogie curieuse avec le climat de ces derniers mois. Malgré cela, la narration est un peu tordue et romancée comme ce passage façon vision de son jules pour Florence Rey entre ses 4 murs. Le tout dans un style graphique Montellien, pages fouillées et visages blafards.
Pure Trance
Note approximative : 2.5/5 Pure Trance est le premier manga de Junko Mizuno que je lis et c'est vrai que... c'est bizarre. On retrouve cet univers graphique étrange qui la caractérise : des filles mignonnes, un trait tout rond qu'on imagine tout rose et tout pastel, mais tout cela mélangé avec du gore, du sexy Sado-Maso, de la violence et du trash. Le dessin n'est pas encore complètement maîtrisé mais il est très intéressant par cet étrange contraste de genres. Il est en outre ici en noir et blanc contrairement à ses oeuvres plus récentes comme Cinderalla. Ce manga est en réalité sa première publication créée à l'origine pour illustrer des CDs de musique techno. Cet aspect donne une narration assez décousue aux premières pages de l'histoire qui sont plus là pour créer une ambiance, un décor futuriste, à la fois mignon et glauque. Malgré l'originalité de cette oeuvre étrange pour celui qui découvre cette auteure comme moi, malgré ces inventions futuristico-comico-trash en bas de chaque page, il n'est pas facile d'accrocher à ce début d'histoire. Mais le récit, tout en restant extravagant et surprenant, devient un peu plus linéaire au fil des pages, permettant de s'attacher un peu plus à ces héroïnes sanglantes et étonnantes. Pour autant, ce n'est pas très captivant, et l'humour (noir) ne m'a fait guère plus que sourire par-ci par-là. En outre, au delà de l'aspect très décousu et fouillis du récit, la fin est vraiment en queue de poisson. Intéressant et original, mais je pense que ce n'est là qu'un coup d'essai d'une auteure hors-norme qui aura sûrement réussi de meilleurs albums par la suite.
Blacksad
Ma note peut sembler basse, car cette série a une très bonne réputation. Mais je dois dire que je ne la trouve pas exceptionnelle. Le premier tome m'avait donné l'impression d'une histoire au scénario moyen, mais magnifiée par des dessins très expressifs. Le personnage de Blacksad est en cela remarquablement "sombre". Les auteurs avaient très bien su exploiter les codes du polar américain des années 50. Le deuxième album m'a paru plus intéressant d'un point de vue scénaristique en dénonçant le racisme qui sévissait dans la société des années 50. Les dessins, quant à eux étaient toujours splendides. Le dernier album qui vient de sortir et qui rappelle les mauvais souvenirs du maccarthysme m'a un peu déçu. Les auteurs ont peut-être eu un peu de mal à se renouveler.
La Tranchée
1 cadavre, 10 suspects, chacun d'entre eux avait un mobile pour tuer la victime, chacun d'entre eux sait qui a fait le coup mais ne dénoncera pas le coupable... Le point de départ de cette enquète policière est intéressant, dommage que la conclusion donne finalement l'impression que ce n'était qu'un prétexte, puisque l'affaire se termine en eau de boudin et qu'il n'y a à peu près aucune chance que le ou les tome(s) suivant(s) permette(nt) la résolution de l'énigme. Vraiment dommage, parce que le scénario s'annonçait prometteur et que l'album est graphiquement très réussi. Bref, ne vendons pas la peau de l'ours tant que les chats sont gris et disons que, malgré la déception, ce premier tome donne envie de connaître la suite de l'histoire, et que la note grimpera peut-être après lecture du prochain épisode.
Iznogoud
J'aime beaucoup le personnage d'Iznogoud. Les histoires en 8 planches sont mes préférées. Goscinny et Tabary maîtrisent très bien les comiques de répétition et de situation. Goscinny s'est beaucoup amusé en écrivant ses calembours les plus terribles. J'ai quelques préférences pour de bons albums comme des astres pour Iznogoud, le jour des fous ou l'infâme Iznogoud. A noter que Tabary ne s'en sort pas trop mal dans sa reprise en solo. Il privilégie les histoires plus longues et insiste peut-être plus sur l'absurde des situations.
Murena
A la base, je ne suis pas un adepte des séries historiques (surtout celles qui sont parues chez Glénat que je trouve un peu ringardes). De plus, je n'ai jamais beaucoup accroché aux scénarios de Dufaux. Mais, paradoxalement, cette série m'a fortement enthousiasmé. Le réalisme historique est impressionnant. L'histoire est prenante. Les complots de cour, le pouvoir des femmes, la description des combats de gladiateurs, tout est très bien décrit. Dufaux a aussi choisi de ne pas montrer Néron, sous un aspect trop négatif, comme il a souvent été dépeint dans les productions d'Hollywood. Après un premier cycle qui décrivait les agissements d'Agrippine, mère de Néron, vient de commencer le cycle de l'épouse Poppée. Et le résultat est toujours excellent, je trouve que les dessins de Delaby sont encore meilleurs que ceux qu'il faisait dans les premiers albums. La course de char est une vraie merveille.