Le gros point fort de cette bd est les dessins de Laverdure : un trait dans le plus pur style "franco-belge" avec un encrage soigné et donnant du relief au dessin. Malheureusement, les quinze dernières planches (correspondant à la partie ajoutée par rapport à la précédente édition) ne sont pas du même tonneau avec un dessin sans vie qui donne une impression de travail à la chaîne bouclé vite fait mal fait.
L’histoire est une succession de faits ayant marqué la Province de Namur depuis la création de la Belgique (vers 1830). Certes, la BD est un support original pour découvrir l’Histoire mais la lecture de celle-ci est laborieuse car on a davantage l’impression de se retrouver devant une énumération de faits que d’une histoire de l’Histoire à proprement parler. Bref, on ne peut que louer la démarche mais je trouve le résultat décevant car trop décousu. De plus, la partie ajoutée par rapport à l’édition de 1981 n’apporte que peu de choses finalement à l’album.
Cette BD est moche. Inutile d'y aller par 4 chemins : c'est laid. Le trait est approximatif, mal maîtrisé, il n'y a aucun dynamisme, les courbes ressemblent à des escaliers, quant au couleurs, heu... Comment dire... Vous connaissez Derrick ? Bin pareil mais en BD (c'est parce que c'est allemand?)
Bon c'est pas très très grave, le principal pour du strip c'est quand même l'humour... A bin oui mais non, ça marche pas non plus! Comme Ro, je n'ai pas pu décrocher plus d'un sourire par tome, voire moins. Et pourtant je suis motard!
Enfin je crois que l'on trouve autant de représentations d'étrons en tout genre que de motos !! Cette débauche de scatologie est-elle sensée être drôle? Il est difficile de trouver un strip où il n'y a pas une chute dans ou sur une bouse, un chien en train de faire ces besoins ou une couche sale de bébé qui vole de casque en casque pour finir dans la bouche d'un motard... (premier gag du tome 2, ça plante le décors).
Résumons: une BD en strip sur les motards pas drôle du tout, laide et qui, pour couronner le tout, ne traite que vaguement des motards... Intérêt 0/5.
Jusqu'à présent, quelque soit la série de Tezuka que j'aie lue, j'ai toujours eu du mal à accrocher. Même si je reconnaissais toujours l'originalité de ses scénarios et l'inventivité de sa narration graphique, j'ai toujours eu de la peine à entrer dans ses histoires du fait du rythme particulier de ses récits, de son dessin proche du cartoon et de sa narration particulière oscillant sans cesse entre sérieux et clownesque même pour ses histoires les plus noires. Mais avec l'Arbre au Soleil, je pense être vraiment reconcilié avec cet auteur très prolifique et tellement diversifié.
Côté dessin, pas ou très peu de déformations sur ses personnages. On reconnait bien sûr le trait de Tezuka mais il sait garder sa mesure et s'accompagne de décors parfois très travaillés. La narration est simple même si l'auteur se permet quelques innovations narratives par-ci par-là.
Côté scénario, pour la première fois dans un manga de Tezuka, j'ai vraiment été pris par le récit. Les personnages de Ibuya le jeune samourai et Tezuka le jeune mèdecin sont originaux et attachants. Leurs histoires personnelles sont assez inédites et plaisantes en elles-mêmes.
Mais elles s'intègrent surtout dans un décor du Japon de l'ère Meiji très intéressant. Ce sont des aspects variés du Japon et de ses bouleversements du 19e siècle qu'on découvre ainsi en douceur, tout en suivant une histoire assez captivante et des personnages agréables.
Un manga historique où l'Histoire se lit comme un roman empli d'aventure, d'humour et de sujets sérieux et intéressants.
Quand le roman graphique de qualité s'attaque à la Seconde guerre mondiale, ça nous donne La guerre d'Alan : une période clé de notre histoire, sous un angle jamais vu.
A mille lieues d'une BD d'action, on a ici une histoire basée sur le témoignage d'un Américain qui a traversé l'Europe en guerre sans tirer un coup de feu. Il n'en reste pas moins que cette approche hyper-réaliste apporte une authenticité unique au récit, qui combine anecdotes, rencontres, petits faits plus ou moins anodins du soldat en campagne. Sincère, et passionnant.
Quant au dessin, il est parfaitement adapté au récit : pas spectaculaire, plutôt très épuré (hormis certaines cases, notamment avec des jeux de lumière), mais quelle classe!
J'ai dévoré les deux tomes. Vivement le troisième!
Aïe aïe aïe... Mais que s'est-il passé entre les tomes 1 et 2??
Le livre de Jack est un exemple de BD légère et grave à la fois, un conte fantastique plein de poésie, chaud, presque lyrique. Servi par le trait immédiatement identifiable de Boiscommun, je me rappelle à sa sortie avoir été émerveillé. Une des grosses surprises du début du millénaire. Autant dire que j'attendais le livre de Sam avec impatience.
Et là... Patatras. Tout s'effondre. La magie n'opère plus, mais alors plus du tout. C'est confus, mal foutu, peut être même moins beau. Est-ce la déception qui déforme mon oeil critique?
Le fait est que la fête est gâchée.
Après avoir frôlé le chef-d’oeuvre avec le tome 1, on frise la catastrophe avec le 2.
4,5 pour Jack, 1,5 pour Sam : la moyenne est donc de 3 étoiles. Mais cela ne reflète pas l'ampleur de la déception.
Rapaces, c'est un joli écrin, pour une histoire décevante.
Entre des personnages sans charisme et (très) stéréotypés et un scénario (trop) alambiqué, mon intérêt a fini par décrocher un peu. Décidément, les vampires en cuir et bonnet E, je ne suis pas client. C'est dommage, car le premier tome est prometteur, et annonçait quelque chose de bon.
A coté de ça, le dessin est d'une beauté... C'est du Marini, rien de surprenant à ça donc. Certaines cases, des explosions de rouge et bleu, sont plus que spectaculaires. Et le rythme est plutôt bien maintenu.
Au final, la lecture se révèle fluide et pas désagréable. La BD se laisse lire, et s'extirpe de la masse anonyme de "l'ordinaire" grâce aux planches de Marini.
Tiens, ça me rappelle quelque chose! Un indice : ça commence par "Scor" et ça finit par "pion"...
Je suis les strips de Lapin sur le net depuis plus de deux ans et je ne m'en suis pas lassé.
Lapin, c'est un roman photo tout moche, tout jaune, fait avec une boite en carton, des lapins en peluche pourris, un(e) nounours vert fluo, des bouteilles de bière, un caillou, une patte d'ours géant, des boites de conserves, un lapin en bois et un gros marqueur noir.
Lapin, ce sont des strips d'humour con.
Oui, c'est con, c'est couillon, c'est débile, c'est absurde, mais c'est drôle. OK, ce n'est pas toujours fin, voire scato par moment, mais ça me fait rire. OK, c'est assez inégal, certains gags tombent à plat, mais d'autres ont égayé mes journées d'un franc éclat de rire et d'un "c'que c'est con !" bien senti.
Lapin, c'est aussi maintenant un album souple, format à l'Italienne, regroupant 200 épisodes parmi les premiers de la série (dont la fameuse Guerre dans l'Espace) + quelques bonus. OK, c'est un peu cher comparé à une BD de gros éditeur, mais pour les amateurs d'humour absurde et con, pour ceux qui n'ont pas peur de passer pour de gros déconneurs auprès de leurs amis buveurs de bière mais aussi pour de pauvres tarés auprès de leurs collègues un peu coincées, la BD Lapin est une BD dont je conseille l'achat, ou au moins la lecture.
Note approximative : 2.5/5
Je n'ai lu que le premier cycle de 4 tomes de cette série mais cela ne m'a pas donné envie de lire la suite.
Pour commencer, même si je trouve le dessin correct, je ne l'apprécie pas. Il me rappelle de très loin le style de Loisel du fait des décors et des visages caricaturaux, mais en nettement plus brouillon ou du moins largement moins maîtrisé techniquement à mes yeux. Je n'aime pas beaucoup l'encrage non plus. Et ce sont surtout les couleurs qui m'ont le plus rebuté. Pourtant dans l'ensemble, ce n'est pas véritablement moche, certaines planches sont même assez souvent réussies, d'autant plus que le dessin s'améliore au fil des tomes. Mais je n'accroche pas.
Au niveau du scénario, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à la lecture des deux premiers tomes qui m'ont particulièrement ennuyé. A partir du tome 3, j'ai commencé à entrer un peu plus dans le récit, mais à peine.
On ne voit pas vers où le scénario est sensé nous mener, on se borne à suivre Alban et ses compagnons dans une suite de scénettes à l'humour assez cartoonesques sans que ce soit drôle pour autant. Le personnage d'Alban en lui-même ne m'a pas plu du tout. On dirait un succédanné de Tim, de la série Les Innommables, pour le côté petit gars naïf mais qui arrive toujours à ses fins et pour son compagnon cochon. Mais autant j'aime le personnage de Tim, autant celui d'Alban m'a exaspéré dès les premières pages. Je trouve l'intrigue autour de lui trop facile : évidemment, toutes les conneries qu'il peut dire ou faire se révèlent au final fonctionner comme il l'espérait et tous ceux qui veulent le tuer se plantent comme un Coyote qui poursuit Bip-bip. L'humour me parait poussif et je n'ai pas souri une seule fois. C'est d'autant plus spécial qu'on ne sait jamais sur quel ton prendre cette BD qui mêlent des gags bêtas avec des scènes assez gores et sensées être noires.
Quant à l'histoire, elle n'accroche pas du tout compte tenu du fait qu'elle semble improvisée au fur et à mesure sans que ni le lecteur ni, semble-t-il, les auteurs ne sachent vraiment où ils vont.
Bref, je laisse une note moyenne car techniquement et sur le plan de la lecture détente, cette Bd est correcte, mais sincèrement j'en déconseille l'achat en ce qui me concerne.
Moebius et Taniguchi sur une même oeuvre, cela promet ! Si ce n'est que je me serais plutôt attendu à voir les dispositions inverses, Moebius au dessin et Taniguchi au scénario.
Non pas que Taniguchi dessine mal, bien au contraire. La plupart des planches de cet album sont superbes. Nombre d'entre elles sont même impressionnantes de travail et de détail. Graphiquement parlant, c'est une belle BD ou un beau manga comme on veut. Mais il lui manque la touche de fantaisie et de maîtrise du trait de Moebius. C'est presque trop propre dans son ensemble, même si le reproche est faible comparé à la qualité irréprochable des planches dans leur ensemble.
Par contre, le scénario est décevant pour moi car nettement trop cliché. Combien de scénario de science-fiction sont presque rigoureusement identiques à celui-là ? L'enfant mutant emprisonné par des scientifiques qui désirent l'étudier et convoité par l'armée, c'est du déjà-vu depuis des dizaines d'années tant en littérature qu'en film. Et là, hormis l'aspect assez poétique du pouvoir de lévitation du gamin, il n'y a vraiment rien de neuf à ajouter au sujet. Et cette trame simple est étirée sur les 300 pages de l'album sans jamais sortir du stéréotype. Cela donne une histoire pas désagréable à lire mais s'il n'y avait pas un si beau dessin, je m'en serais rapidement lassé.
Moebius se défend en fin d'album en expliquant que cet album ne représente en fait que l'introduction de ce qu'il imaginait comme une longue série avec moults rebondissements et tourments psychologiques. Et effectivement, la fin d'Icare sonne comme le début d'autre chose qui pourrait être plus captivant pour moi. Mais voilà...
Au final, ce n'est pas une lecture déplaisante mais je n'en conseille pas l'achat car hormis la beauté stricte du dessin de Taniguchi, le scénario n'est pas du plus originaux. C'est un coup dans l'eau pour l'association de deux auteurs fameux qui promettait nettement mieux.
Jean Claude Claeys est connu pour avoir illustré des romans noirs et des thrillers-espionnages comme ceux de Tom Clancy mais il a aussi réalisé des Bd avec son compère Nolane dont « Luger et Paix ». Cette série est parue à l’origine en 2 tomes chez « les humanoïdes associés » puis en intégrale chez « soleil » avec 30 pages supplémentaires inédites sous le titre de "Lame fatale".
« Luger et paix » est un thriller fantastique sur fond d’espionnage. Tout au long du livre, l’ambiance est assez malsaine, celle-ci est renforcée par des tons ocres et bruns qui siéent à merveille avec ce scénario digne des aventures d’Indiana Jones. A la différence avec ce film, il n’y a pratiquement pas d’humour dans cette BD. L’atmosphère est pesante et une grande partie de l’histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale lorsque les nazis voudront à tout prix posséder « l'arme fatale » capable d'anéantir les alliés.
Personnellement, j’ai adoré cette BD. La narration est efficace, j’ai été capté par l’histoire jusqu’au dénouement final. Le dessin de Claeys n’est franchement pas un style adapté à la BD car il utilise des modèles et des photos (on peut reconnaître de nombreux acteurs parmi ses personnages) mais je trouve qu’il apporte un cachet personnel terriblement réaliste à cette histoire fantastique. Je pense que ce style pourra déplaire de nombreux bédéphiles.
La version intégrale (renommée "Lame fatale") comporte des scènes inédites qui peuvent choquer certains lecteurs car celles-ci sont très érotiques voire pornographiques.
Plus de dix ans après l’avoir lu, je me rappelle encore de l’ambiance malsaine de ce livre… une atmosphère qui a su me captiver et qui m’a fait pleinement apprécier « Luger et paix » alors... si jamais vous arrivez à dénicher cette BD et que vous appréciez les illustrations de Jean-Claude Claeys sur les livres de poche (notamment ceux de Tom Clancy), n’hésitez pas à y jeter un coup d'oeil ! vous risquerez bien d’être séduit(e) par cette histoire à votre tour !
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Les Avatars de la Province de Namur
Le gros point fort de cette bd est les dessins de Laverdure : un trait dans le plus pur style "franco-belge" avec un encrage soigné et donnant du relief au dessin. Malheureusement, les quinze dernières planches (correspondant à la partie ajoutée par rapport à la précédente édition) ne sont pas du même tonneau avec un dessin sans vie qui donne une impression de travail à la chaîne bouclé vite fait mal fait. L’histoire est une succession de faits ayant marqué la Province de Namur depuis la création de la Belgique (vers 1830). Certes, la BD est un support original pour découvrir l’Histoire mais la lecture de celle-ci est laborieuse car on a davantage l’impression de se retrouver devant une énumération de faits que d’une histoire de l’Histoire à proprement parler. Bref, on ne peut que louer la démarche mais je trouve le résultat décevant car trop décousu. De plus, la partie ajoutée par rapport à l’édition de 1981 n’apporte que peu de choses finalement à l’album.
Motomania
Cette BD est moche. Inutile d'y aller par 4 chemins : c'est laid. Le trait est approximatif, mal maîtrisé, il n'y a aucun dynamisme, les courbes ressemblent à des escaliers, quant au couleurs, heu... Comment dire... Vous connaissez Derrick ? Bin pareil mais en BD (c'est parce que c'est allemand?) Bon c'est pas très très grave, le principal pour du strip c'est quand même l'humour... A bin oui mais non, ça marche pas non plus! Comme Ro, je n'ai pas pu décrocher plus d'un sourire par tome, voire moins. Et pourtant je suis motard! Enfin je crois que l'on trouve autant de représentations d'étrons en tout genre que de motos !! Cette débauche de scatologie est-elle sensée être drôle? Il est difficile de trouver un strip où il n'y a pas une chute dans ou sur une bouse, un chien en train de faire ces besoins ou une couche sale de bébé qui vole de casque en casque pour finir dans la bouche d'un motard... (premier gag du tome 2, ça plante le décors). Résumons: une BD en strip sur les motards pas drôle du tout, laide et qui, pour couronner le tout, ne traite que vaguement des motards... Intérêt 0/5.
L'Arbre au soleil
Jusqu'à présent, quelque soit la série de Tezuka que j'aie lue, j'ai toujours eu du mal à accrocher. Même si je reconnaissais toujours l'originalité de ses scénarios et l'inventivité de sa narration graphique, j'ai toujours eu de la peine à entrer dans ses histoires du fait du rythme particulier de ses récits, de son dessin proche du cartoon et de sa narration particulière oscillant sans cesse entre sérieux et clownesque même pour ses histoires les plus noires. Mais avec l'Arbre au Soleil, je pense être vraiment reconcilié avec cet auteur très prolifique et tellement diversifié. Côté dessin, pas ou très peu de déformations sur ses personnages. On reconnait bien sûr le trait de Tezuka mais il sait garder sa mesure et s'accompagne de décors parfois très travaillés. La narration est simple même si l'auteur se permet quelques innovations narratives par-ci par-là. Côté scénario, pour la première fois dans un manga de Tezuka, j'ai vraiment été pris par le récit. Les personnages de Ibuya le jeune samourai et Tezuka le jeune mèdecin sont originaux et attachants. Leurs histoires personnelles sont assez inédites et plaisantes en elles-mêmes. Mais elles s'intègrent surtout dans un décor du Japon de l'ère Meiji très intéressant. Ce sont des aspects variés du Japon et de ses bouleversements du 19e siècle qu'on découvre ainsi en douceur, tout en suivant une histoire assez captivante et des personnages agréables. Un manga historique où l'Histoire se lit comme un roman empli d'aventure, d'humour et de sujets sérieux et intéressants.
La guerre d'Alan
Quand le roman graphique de qualité s'attaque à la Seconde guerre mondiale, ça nous donne La guerre d'Alan : une période clé de notre histoire, sous un angle jamais vu. A mille lieues d'une BD d'action, on a ici une histoire basée sur le témoignage d'un Américain qui a traversé l'Europe en guerre sans tirer un coup de feu. Il n'en reste pas moins que cette approche hyper-réaliste apporte une authenticité unique au récit, qui combine anecdotes, rencontres, petits faits plus ou moins anodins du soldat en campagne. Sincère, et passionnant. Quant au dessin, il est parfaitement adapté au récit : pas spectaculaire, plutôt très épuré (hormis certaines cases, notamment avec des jeux de lumière), mais quelle classe! J'ai dévoré les deux tomes. Vivement le troisième!
Les Livres de Vie (Le Livre de Jack / Sam)
Aïe aïe aïe... Mais que s'est-il passé entre les tomes 1 et 2?? Le livre de Jack est un exemple de BD légère et grave à la fois, un conte fantastique plein de poésie, chaud, presque lyrique. Servi par le trait immédiatement identifiable de Boiscommun, je me rappelle à sa sortie avoir été émerveillé. Une des grosses surprises du début du millénaire. Autant dire que j'attendais le livre de Sam avec impatience. Et là... Patatras. Tout s'effondre. La magie n'opère plus, mais alors plus du tout. C'est confus, mal foutu, peut être même moins beau. Est-ce la déception qui déforme mon oeil critique? Le fait est que la fête est gâchée. Après avoir frôlé le chef-d’oeuvre avec le tome 1, on frise la catastrophe avec le 2. 4,5 pour Jack, 1,5 pour Sam : la moyenne est donc de 3 étoiles. Mais cela ne reflète pas l'ampleur de la déception.
Rapaces
Rapaces, c'est un joli écrin, pour une histoire décevante. Entre des personnages sans charisme et (très) stéréotypés et un scénario (trop) alambiqué, mon intérêt a fini par décrocher un peu. Décidément, les vampires en cuir et bonnet E, je ne suis pas client. C'est dommage, car le premier tome est prometteur, et annonçait quelque chose de bon. A coté de ça, le dessin est d'une beauté... C'est du Marini, rien de surprenant à ça donc. Certaines cases, des explosions de rouge et bleu, sont plus que spectaculaires. Et le rythme est plutôt bien maintenu. Au final, la lecture se révèle fluide et pas désagréable. La BD se laisse lire, et s'extirpe de la masse anonyme de "l'ordinaire" grâce aux planches de Marini. Tiens, ça me rappelle quelque chose! Un indice : ça commence par "Scor" et ça finit par "pion"...
Lapin - Je suis un lapin
Je suis les strips de Lapin sur le net depuis plus de deux ans et je ne m'en suis pas lassé. Lapin, c'est un roman photo tout moche, tout jaune, fait avec une boite en carton, des lapins en peluche pourris, un(e) nounours vert fluo, des bouteilles de bière, un caillou, une patte d'ours géant, des boites de conserves, un lapin en bois et un gros marqueur noir. Lapin, ce sont des strips d'humour con. Oui, c'est con, c'est couillon, c'est débile, c'est absurde, mais c'est drôle. OK, ce n'est pas toujours fin, voire scato par moment, mais ça me fait rire. OK, c'est assez inégal, certains gags tombent à plat, mais d'autres ont égayé mes journées d'un franc éclat de rire et d'un "c'que c'est con !" bien senti. Lapin, c'est aussi maintenant un album souple, format à l'Italienne, regroupant 200 épisodes parmi les premiers de la série (dont la fameuse Guerre dans l'Espace) + quelques bonus. OK, c'est un peu cher comparé à une BD de gros éditeur, mais pour les amateurs d'humour absurde et con, pour ceux qui n'ont pas peur de passer pour de gros déconneurs auprès de leurs amis buveurs de bière mais aussi pour de pauvres tarés auprès de leurs collègues un peu coincées, la BD Lapin est une BD dont je conseille l'achat, ou au moins la lecture.
Alban
Note approximative : 2.5/5 Je n'ai lu que le premier cycle de 4 tomes de cette série mais cela ne m'a pas donné envie de lire la suite. Pour commencer, même si je trouve le dessin correct, je ne l'apprécie pas. Il me rappelle de très loin le style de Loisel du fait des décors et des visages caricaturaux, mais en nettement plus brouillon ou du moins largement moins maîtrisé techniquement à mes yeux. Je n'aime pas beaucoup l'encrage non plus. Et ce sont surtout les couleurs qui m'ont le plus rebuté. Pourtant dans l'ensemble, ce n'est pas véritablement moche, certaines planches sont même assez souvent réussies, d'autant plus que le dessin s'améliore au fil des tomes. Mais je n'accroche pas. Au niveau du scénario, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à la lecture des deux premiers tomes qui m'ont particulièrement ennuyé. A partir du tome 3, j'ai commencé à entrer un peu plus dans le récit, mais à peine. On ne voit pas vers où le scénario est sensé nous mener, on se borne à suivre Alban et ses compagnons dans une suite de scénettes à l'humour assez cartoonesques sans que ce soit drôle pour autant. Le personnage d'Alban en lui-même ne m'a pas plu du tout. On dirait un succédanné de Tim, de la série Les Innommables, pour le côté petit gars naïf mais qui arrive toujours à ses fins et pour son compagnon cochon. Mais autant j'aime le personnage de Tim, autant celui d'Alban m'a exaspéré dès les premières pages. Je trouve l'intrigue autour de lui trop facile : évidemment, toutes les conneries qu'il peut dire ou faire se révèlent au final fonctionner comme il l'espérait et tous ceux qui veulent le tuer se plantent comme un Coyote qui poursuit Bip-bip. L'humour me parait poussif et je n'ai pas souri une seule fois. C'est d'autant plus spécial qu'on ne sait jamais sur quel ton prendre cette BD qui mêlent des gags bêtas avec des scènes assez gores et sensées être noires. Quant à l'histoire, elle n'accroche pas du tout compte tenu du fait qu'elle semble improvisée au fur et à mesure sans que ni le lecteur ni, semble-t-il, les auteurs ne sachent vraiment où ils vont. Bref, je laisse une note moyenne car techniquement et sur le plan de la lecture détente, cette Bd est correcte, mais sincèrement j'en déconseille l'achat en ce qui me concerne.
Icare
Moebius et Taniguchi sur une même oeuvre, cela promet ! Si ce n'est que je me serais plutôt attendu à voir les dispositions inverses, Moebius au dessin et Taniguchi au scénario. Non pas que Taniguchi dessine mal, bien au contraire. La plupart des planches de cet album sont superbes. Nombre d'entre elles sont même impressionnantes de travail et de détail. Graphiquement parlant, c'est une belle BD ou un beau manga comme on veut. Mais il lui manque la touche de fantaisie et de maîtrise du trait de Moebius. C'est presque trop propre dans son ensemble, même si le reproche est faible comparé à la qualité irréprochable des planches dans leur ensemble. Par contre, le scénario est décevant pour moi car nettement trop cliché. Combien de scénario de science-fiction sont presque rigoureusement identiques à celui-là ? L'enfant mutant emprisonné par des scientifiques qui désirent l'étudier et convoité par l'armée, c'est du déjà-vu depuis des dizaines d'années tant en littérature qu'en film. Et là, hormis l'aspect assez poétique du pouvoir de lévitation du gamin, il n'y a vraiment rien de neuf à ajouter au sujet. Et cette trame simple est étirée sur les 300 pages de l'album sans jamais sortir du stéréotype. Cela donne une histoire pas désagréable à lire mais s'il n'y avait pas un si beau dessin, je m'en serais rapidement lassé. Moebius se défend en fin d'album en expliquant que cet album ne représente en fait que l'introduction de ce qu'il imaginait comme une longue série avec moults rebondissements et tourments psychologiques. Et effectivement, la fin d'Icare sonne comme le début d'autre chose qui pourrait être plus captivant pour moi. Mais voilà... Au final, ce n'est pas une lecture déplaisante mais je n'en conseille pas l'achat car hormis la beauté stricte du dessin de Taniguchi, le scénario n'est pas du plus originaux. C'est un coup dans l'eau pour l'association de deux auteurs fameux qui promettait nettement mieux.
Lame fatale (Lüger et paix)
Jean Claude Claeys est connu pour avoir illustré des romans noirs et des thrillers-espionnages comme ceux de Tom Clancy mais il a aussi réalisé des Bd avec son compère Nolane dont « Luger et Paix ». Cette série est parue à l’origine en 2 tomes chez « les humanoïdes associés » puis en intégrale chez « soleil » avec 30 pages supplémentaires inédites sous le titre de "Lame fatale". « Luger et paix » est un thriller fantastique sur fond d’espionnage. Tout au long du livre, l’ambiance est assez malsaine, celle-ci est renforcée par des tons ocres et bruns qui siéent à merveille avec ce scénario digne des aventures d’Indiana Jones. A la différence avec ce film, il n’y a pratiquement pas d’humour dans cette BD. L’atmosphère est pesante et une grande partie de l’histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale lorsque les nazis voudront à tout prix posséder « l'arme fatale » capable d'anéantir les alliés. Personnellement, j’ai adoré cette BD. La narration est efficace, j’ai été capté par l’histoire jusqu’au dénouement final. Le dessin de Claeys n’est franchement pas un style adapté à la BD car il utilise des modèles et des photos (on peut reconnaître de nombreux acteurs parmi ses personnages) mais je trouve qu’il apporte un cachet personnel terriblement réaliste à cette histoire fantastique. Je pense que ce style pourra déplaire de nombreux bédéphiles. La version intégrale (renommée "Lame fatale") comporte des scènes inédites qui peuvent choquer certains lecteurs car celles-ci sont très érotiques voire pornographiques. Plus de dix ans après l’avoir lu, je me rappelle encore de l’ambiance malsaine de ce livre… une atmosphère qui a su me captiver et qui m’a fait pleinement apprécier « Luger et paix » alors... si jamais vous arrivez à dénicher cette BD et que vous appréciez les illustrations de Jean-Claude Claeys sur les livres de poche (notamment ceux de Tom Clancy), n’hésitez pas à y jeter un coup d'oeil ! vous risquerez bien d’être séduit(e) par cette histoire à votre tour !