Un jour peut-être, je vais finir par trouver une BD de Baudoin que j'apprécie... mais pour le moment, ce n'est pas gagné.
Déjà, je n'aime absolument pas son dessin et son encrage. Il a ici le style qu'il avait au début des années 80, comme dans Passe le temps et autres albums parus chez Futuropolis. Je trouve ces planches laides, sombres malgré leurs grandes plages de blanc, et un grand nombre de cases difficiles à déchiffrer et surtout impossible pour moi à apprécier.
Quant à l'histoire... J'aurais bien du mal à la résumer tant j'ai mis de pages avant d'y trouver un quelconque petit suivi. J'ai vraiment l'impression d'une narration qui "se la joue", avec des sauts temporels et géographiques permanents : 2-3 cases à Nice qui se révèleront plus tard montrer les personnages vraiment principaux, puis 1 case à Paris avec quelqu'un qu'on verra une seule fois, puis 1 autre où on regarde ce qu'il se passe à Beyrouth pendant ce temps-là, tiens, puis 2-3 cases pour raconter une histoire vaguement liée à un proche de l'héroïne, puis un passage à Naples avec une chanson, puis on revient à Nice avec des gens qui parlent de l'héroïne, puis on ressaute à Kaboul histoire de voir... histoire de voir que le monde tourne sans se soucier du récit de cette BD, et ça tombe bien, moi non plus, je n'ai pas réussi à m'en soucier, de ce récit. Narration d'une confusion qui semble voulue, personnages antipathiques tant ils me semblent distants, histoire qui se veut pleine d'émotion intelligente et de fins sentiments mais qui reste pour moi un imbroglio de scènes présentées de manière intello et sans suivi. En fin de lecture, je suis bien incapable de dire ce qui a vraiment été raconté et pour quel interêt pour le lecteur.
Je ne supporte pas ce genre de récit et ce type de narration, et comme le dessin n'arrange rien à mes yeux, je n'aime pas cette BD.
Série sympa de Larcenet décrivant un agent du FBI, totalement stupide, franchement patriote et républicain. Larcenet semble prendre un réel plaisir à parodier un agent du FBI aux méthodes brutales, en y ajoutant une bonne dose d'anti-américanisme.
Des histoires courtes qui font souvent mouche et sont plutôt drôles.
Ma série culte, tout simplement. Ayant découvert les quatre premiers tomes dans l'armoire à BDs de mon foyer estudiantin, je me hâtai de commander le reste de la série chez mon libraire préféré...
C'est bien, c'est très sympa au niveau dessin (et Thorn est vraiment jolie !) et les Bone sont tout à fait sympathiques (mis à part Phoney Bone, mais là c'est scénaristique). Je me suis très attaché aux différents personnages et je suis tout à fait rentré dans l'histoire, sur laquelle je ne révèlerai rien pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture.
Un incontournable de la BD américaine "hors-comics" (soit dit sans aucun sens péjoratif). Mon coup de coeur de l'année, décidément (c'est vrai, quoi, on investit pas à la légère dans une série de 11 tomes !). Largement une de mes séries préférées.
A ce qu'il paraîtrait, un film d'animation serait prévu, supervisé par l'auteur himself. Sinon, pour ceux qui aiment ça, signalons l'existence de jeux vidéos d'aventure téléchargeables sur internet (contre rétribution, hélas !). A surveiller, quand même.
Ah, oui, ma nouvelle phrase-culte :
"Stupides, stupides rats-garous !"
Je ne sais plus trop par quel hasard je suis tombé sur Lincoln, mais comme d’habitude il fait pas trop mal les choses et j’ai vraiment été bluffé par cette bd.
J’adore ce personnage d’un cynisme profond doublé d’un pessimisme sans borne pour la nature humaine et qui se retrouve à devoir œuvrer pour améliorer le sort de son prochain un peu (mais finalement pas complètement) malgré lui.
Le personnage de Dieu, un tantinet désabusé mais profondément confiant en la nature humaine et particulièrement celle de Lincoln, est aussi énorme. Cette image de vieux bonhomme dynamique, qui a besoin d’un autre pour faire face à ses contradictions dans les règles qu’il a édictées et rétablir parfois l’équilibre est très attachante.
Le diable est dé diabolisé (paradoxalement) et donne parfois l’impression d’un sale gamin qui cherche simplement à faire faire aux autres des conneries plus grosses que lui.
Le trait de Jérôme Jouvray et la colorisation colle bien à l’ambiance des personnages avec des cases légères et très expressives. Scénaristiquement, j’ai bien accroché avec les quatre tomes. Les sujets ne sont jamais trop lourds et chaque histoire nous amène souvent aux rires sur des sujets qui à la base ne le ferait pas forcement.
Le mélange de cynisme et mauvaise foi de Lincoln avec un zeste de cette petite voix tentatrice du diable allié à ce vieux bonhomme bienveillant et manipulateur qu’est Dieu fonctionne à merveille.
Cette BD est plus érotique que pornographique et j'ai surtout trouvé qu'elle était d'un humour ravageur. Pas d'un humour au premier degré, mais d'un humour de parodie. En effet cette oeuvre m'a en permanence fait penser à un roman photo. Cela en raison des positions des personnages, toujours en décalage avec l'action, comme figés dans d'invraisemblables positions. Par la qualité des graphismes également, qui, bien qu'en noir en blanc (enfin brun foncé et blanc), sont plus proches de la photographie que du dessin. Et surtout par les dialogues et textes off qui donnent une préciosité propre au roman photo. Cela agrémenté d'aventures de série B et d'érotisme donne un mélange que j'ai trouvé amusant et distrayant.
Un bémol tout de même : le découpage est parfois étrange et l'ordre de lecture des textes n'est pas toujours clair.
Une bonne BD érotique au final qui vous fera sans doute beaucoup rire par sa désuétude et son coté châtié et décalé.
Ayant lu la totalité des Halo Jones (ce qui ne représente pas tant de tomes que ça vu que la série est inachevée), je pose ici un petit avis.
Dans le premier tome, on découvre Halo Jones, jeune fille des quartiers (très) pauvres d'une mégalopole terrestre. Pour échapper à sa condition, elle s'engagera sur un luxueux paquebot intergalactique avant d'échouer sur une autre planète où elle n'aura d'autre choix que de s'engager dans l'armée (et une sale guerre) pour survivre.
Je vous préviens, c'est sombre. Cela s'apparente plus à une descente aux enfers qu'autre chose. Le thème mièvre de la petite fille pauvre qui fuit sa condition pour trouver une vie meilleure est dynamité. Ca n'est pas non plus l'histoire d'une petite fille sur qui pleuvent tous les malheurs du monde. C'est plutôt le thème d'une fille a la personnalité forte et aux capacités indéniables qui apprend la vie à la dure... et se fait envoyer progressivement au tapis.
L'évolution de la jeune fille enjouée vers la machine de guerre socialement inadaptée est osée... mais crédible !
Halo Jones sera pourtant célèbre. Le récit est parfois raconté sous forme de flash-back par un historien qui fait un cours magistral sur cette personne majeure de l'histoire terrienne à ses étudiants. Pourquoi ? Probablement pour quelque chose qui devait lui arriver dans les tomes suivants (non parus). Toutefois, Halo Jones est mêlée au cours de ses aventures de façon intime à la "grande" histoire, rencontrant des personnages clefs, sans toujours comprendre.
Le dessin peut être jugé par la couverture : les pages intérieures sont dans la même veine. Personnellement j'aime.
L'histoire accélère au fil des tomes sans jamais devenir trépidante mais l'amertume monte page après page. Une chose est sure, Alan Moore n'avait pas le moral quand il a écrit cela.
La lecture est très plaisante, Alan laisse transpirer son imagination case après case tant dans les situations, les personnages que les objets incroyables qu'il fabrique. (Mention spéciale au combat en zone temporelle lente, un procédé formidable pour déshumaniser encore plus un conflit et vous transformer en désert affectif)
Quant à Halo Jones proprement dite, Moore arrive à donner à cette fille beaucoup d'épaisseur. Déjà la patte du maître.
Une BD d'ambiance pour découvrir la vision du futur selon Alan Moore.
La lande des aviateurs nous décrit un univers aérien aux accents maritime. Je m’explique : la lande est constituée d’îles qui dérivent dans les airs dans un ciel sans limites. Entre ces îles se déplacent de courageux aviateurs. Il n’y a pas de frontière à cet horizon illimité, il n’y a pas d’en-bas où se poser. Certains ne reviennent jamais, ils flottent à jamais dans leur cercueil d’acier dans un ciel infini. Dans les airs, les aviateurs pêcheurs déploient leurs filets pour attraper les oiseaux, ils se laissent guider par les phares disposés sur les îles… Cet univers hautement poétique est très bien décrit dans ce premier tome très alléchant. J’attends la suite avec impatience car ma note pourrait très vite évoluer vers 4 ou même 5 étoiles… C’est juste que pour l’instant, cet album est un peu court, aucune intrigue générale ne s’est encore dessinée, l’album se consacre surtout à la présentation de cet univers particulier et de quelques personnages et à leur passé. Allez hop, en attendant, un petit coup de cœur pour l’originalité et la poésie de ce petit monde aérien.
Georges Frog a des petits airs de Betty Blues, une petite grenouille qui veut faire carrière dans le jazz et qui tombe amoureuse d’une belle chatte, je ne sais pas vous, mais moi, ça m’évoque directement le travail de Dilliès. D’autant que le ton est le même : personnages mignons, sentiments amoureux adolescents… Ressemblance volontaire ou purement fortuite ? Je vous avoue que si j’apprenais que cette ressemblance était volontaire, ça enlèverait bien du charme à cet album. Il n’y a aucune gloire à copier une œuvre comme on suit une « recette ». On a déjà tellement de clones de Largo Winch et consort… ce serait vraiment triste de constater à quel point le moindre succès (ne fut-ce plus d’estime que réellement commercial) doive irrémédiablement devenir une recette que d’autres suivraient à la lettre. Accordons aux auteurs le bénéfice du doute, parce que si on regarde le premier opus de Georges Frog en face, tout en laissant de côté d’éventuelles similitudes, on a affaire à un très bel album. Le personnage principal est extrêmement attachant, le dessin mignon comme tout, et la fin nous laisse sur un délicieux moment de mélancolie bien jazzy. Et puis surtout, l’album est parsemé d’anecdotes qui sentent un délicieux parfum de vérité (j’adore la scène où Georges se bourre la gueule)…
J’ai mis un long moment à me décider à lire cette BD. En effet à chaque fois que je la feuillette je lui trouve un effet vieillot qui ne me donnait pas plus envie que ça de la lire. Finalement je ne regrette pas de m’être lancé.
L’histoire est pas mal, elle est bien construite au niveau de l’enchaînement des évènements : les recherches qu’entreprend Stoian, les découvertes qu’il effectue autour du timbre, des documentaires, etc. Ca m’a pas mal plu. J’ai été un peu moins séduit par la fin de l’histoire.
Niveau graphique, j’ai un peu moins accroché. Le dessin de Lax est pas mal, mais cette colorisation très pastel donne un effet « vieille BD » que je n’ai pas trop aimé.
Achat ou pas ? Je ne sais pas trop quoi conseiller, j’ai passé un bon moment mais je ne pense pas que je relirais la fille au ibis, à vous de vous faire votre opinion.
De la même façon que le film « Titanic », Dimitri nous conte le destin dramatique d’un monstre de technologie à la manière d’un récit d’aventure et documentaire.
Comme à son habitude lorsqu’il réalise ses one-shots, l’auteur a créé une BD dont l’action se passe sous le régime nazi. Dans ses BD, Dimitri met majoritairement l’accent sur le destin tragique de ses héros. Ainsi, dans « D-LZ129 Hindenburg », le personnage central est le commandant du dirigeable accompagné de sa fiancée… Une façon comme une autre, pour Dimitri, de démontrer aux lecteurs que derrière une tragédie technologique ou une guerre, il y a avant tout des drames humains quelle que soit la nationalité des victimes.
Dans la plupart de ses one-shots, Dimitri emploie un ton neutre dans ses histoires que j’apprécie énormément même si dans « D-LZ19 Hindenburg », j’ai senti une petite « attaque » contre les américains de la part de l’auteur dont il les accuse d’être responsable de l’embrassement du dirigeable.
Grâce à une narration agréable, j’ai suivi avec intérêt et plaisir le destin de ce Zeppelin. La voix off dont Dimitri a eu tendance à trop l’utiliser dans ses derniers albums (Kursk et Le Voyage) est ici suffisamment discrète pour ne pas lasser la lecture.
Le style de Dimitri est, à mon avis, parfaitement adapté à cette BD. Dans cet album, j’aime beaucoup sa mise en couleurs et sa mise en page aérée.
« D-LZ129 Hindenburg » est une BD historique qui n’échappe pas à une romance entre deux personnages clés de l’histoire, mais qui possède un aspect documentaire suffisamment développé et neutre pour retenir l’attention du lecteur. Une réussite.
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Un jour peut-être, je vais finir par trouver une BD de Baudoin que j'apprécie... mais pour le moment, ce n'est pas gagné. Déjà, je n'aime absolument pas son dessin et son encrage. Il a ici le style qu'il avait au début des années 80, comme dans Passe le temps et autres albums parus chez Futuropolis. Je trouve ces planches laides, sombres malgré leurs grandes plages de blanc, et un grand nombre de cases difficiles à déchiffrer et surtout impossible pour moi à apprécier. Quant à l'histoire... J'aurais bien du mal à la résumer tant j'ai mis de pages avant d'y trouver un quelconque petit suivi. J'ai vraiment l'impression d'une narration qui "se la joue", avec des sauts temporels et géographiques permanents : 2-3 cases à Nice qui se révèleront plus tard montrer les personnages vraiment principaux, puis 1 case à Paris avec quelqu'un qu'on verra une seule fois, puis 1 autre où on regarde ce qu'il se passe à Beyrouth pendant ce temps-là, tiens, puis 2-3 cases pour raconter une histoire vaguement liée à un proche de l'héroïne, puis un passage à Naples avec une chanson, puis on revient à Nice avec des gens qui parlent de l'héroïne, puis on ressaute à Kaboul histoire de voir... histoire de voir que le monde tourne sans se soucier du récit de cette BD, et ça tombe bien, moi non plus, je n'ai pas réussi à m'en soucier, de ce récit. Narration d'une confusion qui semble voulue, personnages antipathiques tant ils me semblent distants, histoire qui se veut pleine d'émotion intelligente et de fins sentiments mais qui reste pour moi un imbroglio de scènes présentées de manière intello et sans suivi. En fin de lecture, je suis bien incapable de dire ce qui a vraiment été raconté et pour quel interêt pour le lecteur. Je ne supporte pas ce genre de récit et ce type de narration, et comme le dessin n'arrange rien à mes yeux, je n'aime pas cette BD.
Bill Baroud
Série sympa de Larcenet décrivant un agent du FBI, totalement stupide, franchement patriote et républicain. Larcenet semble prendre un réel plaisir à parodier un agent du FBI aux méthodes brutales, en y ajoutant une bonne dose d'anti-américanisme. Des histoires courtes qui font souvent mouche et sont plutôt drôles.
Bone
Ma série culte, tout simplement. Ayant découvert les quatre premiers tomes dans l'armoire à BDs de mon foyer estudiantin, je me hâtai de commander le reste de la série chez mon libraire préféré... C'est bien, c'est très sympa au niveau dessin (et Thorn est vraiment jolie !) et les Bone sont tout à fait sympathiques (mis à part Phoney Bone, mais là c'est scénaristique). Je me suis très attaché aux différents personnages et je suis tout à fait rentré dans l'histoire, sur laquelle je ne révèlerai rien pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture. Un incontournable de la BD américaine "hors-comics" (soit dit sans aucun sens péjoratif). Mon coup de coeur de l'année, décidément (c'est vrai, quoi, on investit pas à la légère dans une série de 11 tomes !). Largement une de mes séries préférées. A ce qu'il paraîtrait, un film d'animation serait prévu, supervisé par l'auteur himself. Sinon, pour ceux qui aiment ça, signalons l'existence de jeux vidéos d'aventure téléchargeables sur internet (contre rétribution, hélas !). A surveiller, quand même. Ah, oui, ma nouvelle phrase-culte : "Stupides, stupides rats-garous !"
Lincoln
Je ne sais plus trop par quel hasard je suis tombé sur Lincoln, mais comme d’habitude il fait pas trop mal les choses et j’ai vraiment été bluffé par cette bd. J’adore ce personnage d’un cynisme profond doublé d’un pessimisme sans borne pour la nature humaine et qui se retrouve à devoir œuvrer pour améliorer le sort de son prochain un peu (mais finalement pas complètement) malgré lui. Le personnage de Dieu, un tantinet désabusé mais profondément confiant en la nature humaine et particulièrement celle de Lincoln, est aussi énorme. Cette image de vieux bonhomme dynamique, qui a besoin d’un autre pour faire face à ses contradictions dans les règles qu’il a édictées et rétablir parfois l’équilibre est très attachante. Le diable est dé diabolisé (paradoxalement) et donne parfois l’impression d’un sale gamin qui cherche simplement à faire faire aux autres des conneries plus grosses que lui. Le trait de Jérôme Jouvray et la colorisation colle bien à l’ambiance des personnages avec des cases légères et très expressives. Scénaristiquement, j’ai bien accroché avec les quatre tomes. Les sujets ne sont jamais trop lourds et chaque histoire nous amène souvent aux rires sur des sujets qui à la base ne le ferait pas forcement. Le mélange de cynisme et mauvaise foi de Lincoln avec un zeste de cette petite voix tentatrice du diable allié à ce vieux bonhomme bienveillant et manipulateur qu’est Dieu fonctionne à merveille.
Les Perles de l'Amour
Cette BD est plus érotique que pornographique et j'ai surtout trouvé qu'elle était d'un humour ravageur. Pas d'un humour au premier degré, mais d'un humour de parodie. En effet cette oeuvre m'a en permanence fait penser à un roman photo. Cela en raison des positions des personnages, toujours en décalage avec l'action, comme figés dans d'invraisemblables positions. Par la qualité des graphismes également, qui, bien qu'en noir en blanc (enfin brun foncé et blanc), sont plus proches de la photographie que du dessin. Et surtout par les dialogues et textes off qui donnent une préciosité propre au roman photo. Cela agrémenté d'aventures de série B et d'érotisme donne un mélange que j'ai trouvé amusant et distrayant. Un bémol tout de même : le découpage est parfois étrange et l'ordre de lecture des textes n'est pas toujours clair. Une bonne BD érotique au final qui vous fera sans doute beaucoup rire par sa désuétude et son coté châtié et décalé.
La Ballade de Halo Jones
Ayant lu la totalité des Halo Jones (ce qui ne représente pas tant de tomes que ça vu que la série est inachevée), je pose ici un petit avis. Dans le premier tome, on découvre Halo Jones, jeune fille des quartiers (très) pauvres d'une mégalopole terrestre. Pour échapper à sa condition, elle s'engagera sur un luxueux paquebot intergalactique avant d'échouer sur une autre planète où elle n'aura d'autre choix que de s'engager dans l'armée (et une sale guerre) pour survivre. Je vous préviens, c'est sombre. Cela s'apparente plus à une descente aux enfers qu'autre chose. Le thème mièvre de la petite fille pauvre qui fuit sa condition pour trouver une vie meilleure est dynamité. Ca n'est pas non plus l'histoire d'une petite fille sur qui pleuvent tous les malheurs du monde. C'est plutôt le thème d'une fille a la personnalité forte et aux capacités indéniables qui apprend la vie à la dure... et se fait envoyer progressivement au tapis. L'évolution de la jeune fille enjouée vers la machine de guerre socialement inadaptée est osée... mais crédible ! Halo Jones sera pourtant célèbre. Le récit est parfois raconté sous forme de flash-back par un historien qui fait un cours magistral sur cette personne majeure de l'histoire terrienne à ses étudiants. Pourquoi ? Probablement pour quelque chose qui devait lui arriver dans les tomes suivants (non parus). Toutefois, Halo Jones est mêlée au cours de ses aventures de façon intime à la "grande" histoire, rencontrant des personnages clefs, sans toujours comprendre. Le dessin peut être jugé par la couverture : les pages intérieures sont dans la même veine. Personnellement j'aime. L'histoire accélère au fil des tomes sans jamais devenir trépidante mais l'amertume monte page après page. Une chose est sure, Alan Moore n'avait pas le moral quand il a écrit cela. La lecture est très plaisante, Alan laisse transpirer son imagination case après case tant dans les situations, les personnages que les objets incroyables qu'il fabrique. (Mention spéciale au combat en zone temporelle lente, un procédé formidable pour déshumaniser encore plus un conflit et vous transformer en désert affectif) Quant à Halo Jones proprement dite, Moore arrive à donner à cette fille beaucoup d'épaisseur. Déjà la patte du maître. Une BD d'ambiance pour découvrir la vision du futur selon Alan Moore.
La Lande des aviateurs
La lande des aviateurs nous décrit un univers aérien aux accents maritime. Je m’explique : la lande est constituée d’îles qui dérivent dans les airs dans un ciel sans limites. Entre ces îles se déplacent de courageux aviateurs. Il n’y a pas de frontière à cet horizon illimité, il n’y a pas d’en-bas où se poser. Certains ne reviennent jamais, ils flottent à jamais dans leur cercueil d’acier dans un ciel infini. Dans les airs, les aviateurs pêcheurs déploient leurs filets pour attraper les oiseaux, ils se laissent guider par les phares disposés sur les îles… Cet univers hautement poétique est très bien décrit dans ce premier tome très alléchant. J’attends la suite avec impatience car ma note pourrait très vite évoluer vers 4 ou même 5 étoiles… C’est juste que pour l’instant, cet album est un peu court, aucune intrigue générale ne s’est encore dessinée, l’album se consacre surtout à la présentation de cet univers particulier et de quelques personnages et à leur passé. Allez hop, en attendant, un petit coup de cœur pour l’originalité et la poésie de ce petit monde aérien.
Georges Frog
Georges Frog a des petits airs de Betty Blues, une petite grenouille qui veut faire carrière dans le jazz et qui tombe amoureuse d’une belle chatte, je ne sais pas vous, mais moi, ça m’évoque directement le travail de Dilliès. D’autant que le ton est le même : personnages mignons, sentiments amoureux adolescents… Ressemblance volontaire ou purement fortuite ? Je vous avoue que si j’apprenais que cette ressemblance était volontaire, ça enlèverait bien du charme à cet album. Il n’y a aucune gloire à copier une œuvre comme on suit une « recette ». On a déjà tellement de clones de Largo Winch et consort… ce serait vraiment triste de constater à quel point le moindre succès (ne fut-ce plus d’estime que réellement commercial) doive irrémédiablement devenir une recette que d’autres suivraient à la lettre. Accordons aux auteurs le bénéfice du doute, parce que si on regarde le premier opus de Georges Frog en face, tout en laissant de côté d’éventuelles similitudes, on a affaire à un très bel album. Le personnage principal est extrêmement attachant, le dessin mignon comme tout, et la fin nous laisse sur un délicieux moment de mélancolie bien jazzy. Et puis surtout, l’album est parsemé d’anecdotes qui sentent un délicieux parfum de vérité (j’adore la scène où Georges se bourre la gueule)…
La Fille aux Ibis
J’ai mis un long moment à me décider à lire cette BD. En effet à chaque fois que je la feuillette je lui trouve un effet vieillot qui ne me donnait pas plus envie que ça de la lire. Finalement je ne regrette pas de m’être lancé. L’histoire est pas mal, elle est bien construite au niveau de l’enchaînement des évènements : les recherches qu’entreprend Stoian, les découvertes qu’il effectue autour du timbre, des documentaires, etc. Ca m’a pas mal plu. J’ai été un peu moins séduit par la fin de l’histoire. Niveau graphique, j’ai un peu moins accroché. Le dessin de Lax est pas mal, mais cette colorisation très pastel donne un effet « vieille BD » que je n’ai pas trop aimé. Achat ou pas ? Je ne sais pas trop quoi conseiller, j’ai passé un bon moment mais je ne pense pas que je relirais la fille au ibis, à vous de vous faire votre opinion.
D-LZ129 Hindenburg
De la même façon que le film « Titanic », Dimitri nous conte le destin dramatique d’un monstre de technologie à la manière d’un récit d’aventure et documentaire. Comme à son habitude lorsqu’il réalise ses one-shots, l’auteur a créé une BD dont l’action se passe sous le régime nazi. Dans ses BD, Dimitri met majoritairement l’accent sur le destin tragique de ses héros. Ainsi, dans « D-LZ129 Hindenburg », le personnage central est le commandant du dirigeable accompagné de sa fiancée… Une façon comme une autre, pour Dimitri, de démontrer aux lecteurs que derrière une tragédie technologique ou une guerre, il y a avant tout des drames humains quelle que soit la nationalité des victimes. Dans la plupart de ses one-shots, Dimitri emploie un ton neutre dans ses histoires que j’apprécie énormément même si dans « D-LZ19 Hindenburg », j’ai senti une petite « attaque » contre les américains de la part de l’auteur dont il les accuse d’être responsable de l’embrassement du dirigeable. Grâce à une narration agréable, j’ai suivi avec intérêt et plaisir le destin de ce Zeppelin. La voix off dont Dimitri a eu tendance à trop l’utiliser dans ses derniers albums (Kursk et Le Voyage) est ici suffisamment discrète pour ne pas lasser la lecture. Le style de Dimitri est, à mon avis, parfaitement adapté à cette BD. Dans cet album, j’aime beaucoup sa mise en couleurs et sa mise en page aérée. « D-LZ129 Hindenburg » est une BD historique qui n’échappe pas à une romance entre deux personnages clés de l’histoire, mais qui possède un aspect documentaire suffisamment développé et neutre pour retenir l’attention du lecteur. Une réussite.