Othello est une des meilleures tragédies de Shakespeare, réglée comme une mécanique implacable dans laquelle la jalousie de deux hommes les pousse inexorablement à détruire tout ce qui leur est cher et à se détruire eux-même. Ecrit au début du 17e siècle, le récit n'a rien perdu de sa force, une violence que Denis Deprez rend de manière admirable dans de superbes dessins d'une grande densité expressionniste. Le travail sur l'histoire et les dialogues pour rendre le récit plus accessible et l'adapter à la BD est très réussi. Denis Deprez a su conserver un texte compréhensible, écrit en très beau Français, et l'encadrer de dessins inoubliables. Alors que les adaptations cinématographiques ou en BD des chefs-d’oeuvre de la littérature sont rarement des succès, "Othello" constitue une belle exception !
Dans une Russie antisémite, entre les humiliations, les lynchages, les meurtres, la peur du viol, 4 musiciens Juifs (dont 2 malgré eux) et un Tzigane finissent par se rencontrer. Un étudiant en théologie qui décide de renier Dieu, un autre qui a peur de mal se comporter et qui a besoin d'autorité pour se sentir en sécurité, une fille délurée courant après un homme mûr qui ne veut pas se laisser mettre en cage si facilement mais est néanmoins jaloux dès qu'un autre s'approche d'elle, les personnages sont très attachants mais aussi très Sfariens et on n'échappe pas au sentiment de déjà vu. Les petites historiettes s'enchaînent les unes après les autres, sans être mémorable et sans qu'il y ait vraiment de fil directeur. L'ambition de Sfar de faire découvrir la musique Klezmer est un échec : les "Yom va yom va yam bam bom bam yom shili bili yom, Bom! Bom! Bom! Bom!" frisent le ridicule et ne satisferont aucun mélomane. A part la couverture et une pleine page, aucun dessin n'arrive à faire passer une ambiance musicale - on est très loin de Chagal, qui est mentionné dans l'album. Bref, un livre pour les inconditionnels de Sfar et les nostalgiques de la culture Juive en Europe de l'Est, deux groupes dont je ne fais pas partie.
Ambassadeur de l'enfer, grand astrologue de la cour des miracles, magicien de cirque, exorciste indicateur de police, escroc vendeur de rêve et de fantaisie, rebouteux et devin foireux, Zèbre évolue dans le Paris interlope des charlatans, mendiants, lépreux, bêtes de cirques, faux fantômes, nains de jardin et géants aveugles. Publiés à la grande époque d'(A Suivre), ces histoires nous remettent en mémoire l'importance que joua cette revue pour renouveler la BD et la libérer de ses carcans traditionnels. Les chutes des histoires ont d'ailleurs elles aussi le goûts des récits d'(A Suivre) d'antan, en finissant plutôt mal dans une ambiance mi-mélancolique, mi-blasée. Cet album permet également de découvrir les premiers travaux de David B. sous l'angle d'un genre (abandonné par la suite) qu'il maîtrisait relativement bien. Bref, un David B. différent mais néanmoins très intéressant.
"Le croquemitaine" est la première BD de Lebeault que je lis et je ne l'aurais sans doute pas achetée si elle n'avait pas été publiée dans Aire Libre. Le récit est une sorte de V pour Vendetta naïf, cliché et peu abouti, où les héros sont des enfants orphelins ayant perdu leurs illusions et luttant contre le monde des adultes qui les ont abandonnés. Je referme ces albums avec un avis mitigé. Certaines ambiances sont assez réussies. Par exemple, les dessins et les couleurs arrivent à faire passer un sentiment de claustrophobie (tout se passe en huis clos dans l'enceinte d'une petite ville) et donne l'impression que tout se passe dans un petit théâtre de marionnettes. D'un autre côté, le scénario pêche par une certaine inconstance dans l'enchaînement des événements qui semblent à la fois aléatoires et inévitables, et par une galerie d'acteurs trop manichéiste. Cela laisse une BD qui est trop adulte pour un jeune lectorat mais trop naïve pour des adultes.
Je suis allé vers cette BD à reculons, n'aimant pas tous les dessins proposés. Si Juillard ou Kraehn font de bonnes choses, je ne suis pas très convaincu par Falque ou Chaillet.
Concernant l'histoire, le genre "catholic fantasy" à la Da Vinci Code n'est pas trop mon truc.
Pourtant, j'ai plutôt accroché à cette histoire, même si celle-ci est parfois un peu longue et souvent bavarde. Les changements d'époque sont assez intéressants et le lien avec les francs-maçons assez original.
Alors il est évident que cette série n'est pas le chef-d’oeuvre qui va révolutionner l'histoire de la bande dessinée. Mais elle mérite cependant qu'on s'y attarde un peu, de ce fait, on passe un agréable moment.
Moui... De la fantasy plutôt jeunesse...
Le dessin de cette série est sympa dans son ensemble. Les personnages sont légèrement animaliers dans un style assez Disney plutôt maitrisé. Par contre, les couleurs informatiques assombrissent énormément les planches à mes yeux, rendant la majorité des cases un peu pénibles à déchiffrer. Dommage.
Quant au scénario, il est très basique : un enfant recueilli fait preuve de pouvoirs étranges qu'il ne maîtrise pas mais qui attise la convoitise des méchants, combien de fois avez-vous déjà vu ça ? Cependant, ce récit est assez bien raconté et relativement plaisant à suivre. En outre, hormis deux méchants trop caricaturaux, les personnages et les dialogues sont assez bons et réalistes.
Bref, c'est assez plaisant mais sans surprise aucune. Les jeunes amateurs de fantasy pourraient vouloir acheter cette série, moi je n'en déconseille pas la lecture mais ne l'achèterais pas.
Les toyotes est une série que j'avais l'habitude de lire étant jeune que j'ai ré-découvert il y'a environ 1 mois. Le thème de cette Bd est original pour une série Jeunesse Franco-belge. La terre est peuplée par une étonnante race de petit rongeur suite à la disparition de l'humanité dans une guerre nucléaire.
Le dessin typé humour Franco-Belge n'est pas exceptionnel mais pas désagréable non plus, et l'ensemble se laisse lire sans trop de problème. Malheureusement les gags me paraissent vraiment trop usés et prévisibles. Lors de la lecture, je n'ai que trop rarement esquissé un petit sourire, ce qui est dommage pour quelque chose fait pour être drôle. Je pense que cette série satisfera les plus jeunes, mais n'offre que trop peu de plaisirs à la lecture et à la relecture pour les adultes.
Bon, j'admets, il y avait une époque ou cette série m'avait beaucoup plu, en raison du contexte qui ne manque pas d'intérêt.
Mais après 6 albums, il est vrai qu'elle en devient lassante.
Aucun développement des personnages (qui pourtant ont du potentiel) et les derniers albums sont vraiment, vraiment répétitifs.
Qu'en est-il du dessin ? Honnêtement, je n'aurais jamais aimé cette série s'il ne s'agissait que des dessins. (Le style ''gros nez'' ne me plaît pas, mais alors pas du tout.)
Bien que ce 3/5 soit surtout en souvenir de ma petite enfance, il faut tout de même trouver des bons points à la série: l'utilisation de certains personnages historiques (par exemple, Al Capone et Elliot Ness xD) est plutôt drôle, ainsi que, comme il a été mentionné précédemment, les personnages sont drôles bien que sous-exploités (suis-je la seule à préférer le petit Sammy à son boss ?).
En tout... Empruntez un album de temps en temps de la bibliothèque si vous vous ennuyez. Mais je doute que cela vaille vraiment la peine d'en acheter.
Je ne connaissais pas du tout Aggie et à feuilleter ces albums au graphisme désuet et aux planches bavardes, j'imaginais une ancienne série qui avait mal vieilli. Mais finalement, à la lecture et en se plaçant dans la peau d'une jeune lectrice, ce n'est pas si mal.
Aggie, c'est de la BD bien pensante pour jeunes filles en fleur. Parue d'abord aux USA dans les années 40, la série jouait sur la carte de la tristesse avec une héroïne martyrisée par sa belle-famille à la manière d'une Cendrillon moderne. Reprise à partir des années 60 par un auteur français, Gérard Alexandre alias Al. G, la série devient un peu plus gaie et Aggie s'émancipe.
Dans les histoires recueillies dans les présents albums Vents d'Ouest, Aggie est une jeune fille bien élevée et gentille qui subit toujours les petits tourments volontaires ou involontaires de ses proches, mais elle a malgré tout une certaine personnalité et n'est pas sans défense. Les histoires qu'elle vit sont des récits bien pensants qui satisferont les parents de bonne famille désireux de donner une lecture saine à leurs jeunes filles. Mais elles ne sont pas pour autant ennuyeuses. Cette ressemble un peu à mes yeux à ce qui se fait actuellement en matière de shojo sauf que c'est un récit à la sauce américaine des années 60 bénéficiant d'un dessin en ligne claire tout à fait maîtrisé.
Alors évidemment les intrigues sont un peu gentilles... dans le sens naïf. Evidemment, l'esprit un peu boy scout-première de la classe d'Aggie pourra empêcher de s'attacher à elle. Evidemment, on pourra être agacé par la méchanceté gratuite de sa belle-soeur Mona et par l'égocentrisme des soupirants d'Aggie qui sont plus pots-de-colle que vraiment sympas. Mais ça se laisse lire même pour un lecteur adulte, tout en gardant en tête bien sûr que c'est quand même une BD d'un autre âge (ce qui d'ailleurs est assez amusant notamment quand on voit la vision de l'époque de l'Amérique et de la France telles qu'elles y sont représentées).
Je ne suis pas sûr que cette BD plaise au jeune lectorat féminin actuel mais comme je le dis plus haut, finalement, ça vaut aussi bien qu'un shojo comme un autre.
Gros, très gros avantage pour ce manga : l'histoire tient en un seul tome ! Et comme elle n'en est pas moins bien construite pour autant, je félicite l'auteur de ne pas avoir été tenté de la diluer sur plusieurs albums comme c'est le cas pour trop de scénarios de manga à mes yeux. On a même droit à une autre histoire courte en fin d'album.
Le dessin est très sympathique. Noir et blanc pour l'histoire longue, il est très maîtrisé en ce qui concerne les dessins des personnages. Quant à l'histoire courte, elle mélange 5 ou 6 styles de dessins très différents planches après planches, avec couleurs, peintures et très grande qualité graphique.
L'histoire de Duds Hunt n'est pas tellement originale et il faut avouer qu'on en devine les contours et la fin assez rapidement. Mais elle est intelligemment menée, prenante intéressante par bien des aspects. J'apprécie en outre beaucoup l'intégration véritable des technologies modernes, chat, wi-fi et autres palm : ça rend le tout nettement plus réaliste encore. Seuls reproches que je pourrais lui faire, ce sont sa violence que je trouve un peu facile (personne ne s'étonne que la police n'intervienne pas ?) et la nature de... d'une surprise stratégique en fin d'histoire que je ne saurais révéler sans spoiler.
Mais dans l'ensemble, c'est un bon thriller prenant et intelligent.
Quant à l'histoire courte de fin d'album, elle est très sympa aussi. Elle parait de narration chaotique et incompréhensible en première lecture mais la fin révèle la clé et j'ai pu vérifier que tout se tenait et c'est très appréciable. Même si à nouveau le scénario n'est pas véritablement original.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Othello
Othello est une des meilleures tragédies de Shakespeare, réglée comme une mécanique implacable dans laquelle la jalousie de deux hommes les pousse inexorablement à détruire tout ce qui leur est cher et à se détruire eux-même. Ecrit au début du 17e siècle, le récit n'a rien perdu de sa force, une violence que Denis Deprez rend de manière admirable dans de superbes dessins d'une grande densité expressionniste. Le travail sur l'histoire et les dialogues pour rendre le récit plus accessible et l'adapter à la BD est très réussi. Denis Deprez a su conserver un texte compréhensible, écrit en très beau Français, et l'encadrer de dessins inoubliables. Alors que les adaptations cinématographiques ou en BD des chefs-d’oeuvre de la littérature sont rarement des succès, "Othello" constitue une belle exception !
Klezmer
Dans une Russie antisémite, entre les humiliations, les lynchages, les meurtres, la peur du viol, 4 musiciens Juifs (dont 2 malgré eux) et un Tzigane finissent par se rencontrer. Un étudiant en théologie qui décide de renier Dieu, un autre qui a peur de mal se comporter et qui a besoin d'autorité pour se sentir en sécurité, une fille délurée courant après un homme mûr qui ne veut pas se laisser mettre en cage si facilement mais est néanmoins jaloux dès qu'un autre s'approche d'elle, les personnages sont très attachants mais aussi très Sfariens et on n'échappe pas au sentiment de déjà vu. Les petites historiettes s'enchaînent les unes après les autres, sans être mémorable et sans qu'il y ait vraiment de fil directeur. L'ambition de Sfar de faire découvrir la musique Klezmer est un échec : les "Yom va yom va yam bam bom bam yom shili bili yom, Bom! Bom! Bom! Bom!" frisent le ridicule et ne satisferont aucun mélomane. A part la couverture et une pleine page, aucun dessin n'arrive à faire passer une ambiance musicale - on est très loin de Chagal, qui est mentionné dans l'album. Bref, un livre pour les inconditionnels de Sfar et les nostalgiques de la culture Juive en Europe de l'Est, deux groupes dont je ne fais pas partie.
Zèbre
Ambassadeur de l'enfer, grand astrologue de la cour des miracles, magicien de cirque, exorciste indicateur de police, escroc vendeur de rêve et de fantaisie, rebouteux et devin foireux, Zèbre évolue dans le Paris interlope des charlatans, mendiants, lépreux, bêtes de cirques, faux fantômes, nains de jardin et géants aveugles. Publiés à la grande époque d'(A Suivre), ces histoires nous remettent en mémoire l'importance que joua cette revue pour renouveler la BD et la libérer de ses carcans traditionnels. Les chutes des histoires ont d'ailleurs elles aussi le goûts des récits d'(A Suivre) d'antan, en finissant plutôt mal dans une ambiance mi-mélancolique, mi-blasée. Cet album permet également de découvrir les premiers travaux de David B. sous l'angle d'un genre (abandonné par la suite) qu'il maîtrisait relativement bien. Bref, un David B. différent mais néanmoins très intéressant.
Le croquemitaine
"Le croquemitaine" est la première BD de Lebeault que je lis et je ne l'aurais sans doute pas achetée si elle n'avait pas été publiée dans Aire Libre. Le récit est une sorte de V pour Vendetta naïf, cliché et peu abouti, où les héros sont des enfants orphelins ayant perdu leurs illusions et luttant contre le monde des adultes qui les ont abandonnés. Je referme ces albums avec un avis mitigé. Certaines ambiances sont assez réussies. Par exemple, les dessins et les couleurs arrivent à faire passer un sentiment de claustrophobie (tout se passe en huis clos dans l'enceinte d'une petite ville) et donne l'impression que tout se passe dans un petit théâtre de marionnettes. D'un autre côté, le scénario pêche par une certaine inconstance dans l'enchaînement des événements qui semblent à la fois aléatoires et inévitables, et par une galerie d'acteurs trop manichéiste. Cela laisse une BD qui est trop adulte pour un jeune lectorat mais trop naïve pour des adultes.
Le Triangle Secret
Je suis allé vers cette BD à reculons, n'aimant pas tous les dessins proposés. Si Juillard ou Kraehn font de bonnes choses, je ne suis pas très convaincu par Falque ou Chaillet. Concernant l'histoire, le genre "catholic fantasy" à la Da Vinci Code n'est pas trop mon truc. Pourtant, j'ai plutôt accroché à cette histoire, même si celle-ci est parfois un peu longue et souvent bavarde. Les changements d'époque sont assez intéressants et le lien avec les francs-maçons assez original. Alors il est évident que cette série n'est pas le chef-d’oeuvre qui va révolutionner l'histoire de la bande dessinée. Mais elle mérite cependant qu'on s'y attarde un peu, de ce fait, on passe un agréable moment.
L'Enfant de l'Orage
Moui... De la fantasy plutôt jeunesse... Le dessin de cette série est sympa dans son ensemble. Les personnages sont légèrement animaliers dans un style assez Disney plutôt maitrisé. Par contre, les couleurs informatiques assombrissent énormément les planches à mes yeux, rendant la majorité des cases un peu pénibles à déchiffrer. Dommage. Quant au scénario, il est très basique : un enfant recueilli fait preuve de pouvoirs étranges qu'il ne maîtrise pas mais qui attise la convoitise des méchants, combien de fois avez-vous déjà vu ça ? Cependant, ce récit est assez bien raconté et relativement plaisant à suivre. En outre, hormis deux méchants trop caricaturaux, les personnages et les dialogues sont assez bons et réalistes. Bref, c'est assez plaisant mais sans surprise aucune. Les jeunes amateurs de fantasy pourraient vouloir acheter cette série, moi je n'en déconseille pas la lecture mais ne l'achèterais pas.
Les Toyottes
Les toyotes est une série que j'avais l'habitude de lire étant jeune que j'ai ré-découvert il y'a environ 1 mois. Le thème de cette Bd est original pour une série Jeunesse Franco-belge. La terre est peuplée par une étonnante race de petit rongeur suite à la disparition de l'humanité dans une guerre nucléaire. Le dessin typé humour Franco-Belge n'est pas exceptionnel mais pas désagréable non plus, et l'ensemble se laisse lire sans trop de problème. Malheureusement les gags me paraissent vraiment trop usés et prévisibles. Lors de la lecture, je n'ai que trop rarement esquissé un petit sourire, ce qui est dommage pour quelque chose fait pour être drôle. Je pense que cette série satisfera les plus jeunes, mais n'offre que trop peu de plaisirs à la lecture et à la relecture pour les adultes.
Sammy
Bon, j'admets, il y avait une époque ou cette série m'avait beaucoup plu, en raison du contexte qui ne manque pas d'intérêt. Mais après 6 albums, il est vrai qu'elle en devient lassante. Aucun développement des personnages (qui pourtant ont du potentiel) et les derniers albums sont vraiment, vraiment répétitifs. Qu'en est-il du dessin ? Honnêtement, je n'aurais jamais aimé cette série s'il ne s'agissait que des dessins. (Le style ''gros nez'' ne me plaît pas, mais alors pas du tout.) Bien que ce 3/5 soit surtout en souvenir de ma petite enfance, il faut tout de même trouver des bons points à la série: l'utilisation de certains personnages historiques (par exemple, Al Capone et Elliot Ness xD) est plutôt drôle, ainsi que, comme il a été mentionné précédemment, les personnages sont drôles bien que sous-exploités (suis-je la seule à préférer le petit Sammy à son boss ?). En tout... Empruntez un album de temps en temps de la bibliothèque si vous vous ennuyez. Mais je doute que cela vaille vraiment la peine d'en acheter.
Aggie
Je ne connaissais pas du tout Aggie et à feuilleter ces albums au graphisme désuet et aux planches bavardes, j'imaginais une ancienne série qui avait mal vieilli. Mais finalement, à la lecture et en se plaçant dans la peau d'une jeune lectrice, ce n'est pas si mal. Aggie, c'est de la BD bien pensante pour jeunes filles en fleur. Parue d'abord aux USA dans les années 40, la série jouait sur la carte de la tristesse avec une héroïne martyrisée par sa belle-famille à la manière d'une Cendrillon moderne. Reprise à partir des années 60 par un auteur français, Gérard Alexandre alias Al. G, la série devient un peu plus gaie et Aggie s'émancipe. Dans les histoires recueillies dans les présents albums Vents d'Ouest, Aggie est une jeune fille bien élevée et gentille qui subit toujours les petits tourments volontaires ou involontaires de ses proches, mais elle a malgré tout une certaine personnalité et n'est pas sans défense. Les histoires qu'elle vit sont des récits bien pensants qui satisferont les parents de bonne famille désireux de donner une lecture saine à leurs jeunes filles. Mais elles ne sont pas pour autant ennuyeuses. Cette ressemble un peu à mes yeux à ce qui se fait actuellement en matière de shojo sauf que c'est un récit à la sauce américaine des années 60 bénéficiant d'un dessin en ligne claire tout à fait maîtrisé. Alors évidemment les intrigues sont un peu gentilles... dans le sens naïf. Evidemment, l'esprit un peu boy scout-première de la classe d'Aggie pourra empêcher de s'attacher à elle. Evidemment, on pourra être agacé par la méchanceté gratuite de sa belle-soeur Mona et par l'égocentrisme des soupirants d'Aggie qui sont plus pots-de-colle que vraiment sympas. Mais ça se laisse lire même pour un lecteur adulte, tout en gardant en tête bien sûr que c'est quand même une BD d'un autre âge (ce qui d'ailleurs est assez amusant notamment quand on voit la vision de l'époque de l'Amérique et de la France telles qu'elles y sont représentées). Je ne suis pas sûr que cette BD plaise au jeune lectorat féminin actuel mais comme je le dis plus haut, finalement, ça vaut aussi bien qu'un shojo comme un autre.
Duds Hunt
Gros, très gros avantage pour ce manga : l'histoire tient en un seul tome ! Et comme elle n'en est pas moins bien construite pour autant, je félicite l'auteur de ne pas avoir été tenté de la diluer sur plusieurs albums comme c'est le cas pour trop de scénarios de manga à mes yeux. On a même droit à une autre histoire courte en fin d'album. Le dessin est très sympathique. Noir et blanc pour l'histoire longue, il est très maîtrisé en ce qui concerne les dessins des personnages. Quant à l'histoire courte, elle mélange 5 ou 6 styles de dessins très différents planches après planches, avec couleurs, peintures et très grande qualité graphique. L'histoire de Duds Hunt n'est pas tellement originale et il faut avouer qu'on en devine les contours et la fin assez rapidement. Mais elle est intelligemment menée, prenante intéressante par bien des aspects. J'apprécie en outre beaucoup l'intégration véritable des technologies modernes, chat, wi-fi et autres palm : ça rend le tout nettement plus réaliste encore. Seuls reproches que je pourrais lui faire, ce sont sa violence que je trouve un peu facile (personne ne s'étonne que la police n'intervienne pas ?) et la nature de... d'une surprise stratégique en fin d'histoire que je ne saurais révéler sans spoiler. Mais dans l'ensemble, c'est un bon thriller prenant et intelligent. Quant à l'histoire courte de fin d'album, elle est très sympa aussi. Elle parait de narration chaotique et incompréhensible en première lecture mais la fin révèle la clé et j'ai pu vérifier que tout se tenait et c'est très appréciable. Même si à nouveau le scénario n'est pas véritablement original.