Excellent!
Certes « La croisade s’amuse » ne raconte rien de bien original, mais quelle rigolade ! Les gags sont irréguliers, et faire une BD entière sur ce sujet, ça fait un peu beaucoup, mais reste que je me suis quand même bien marré en lisant les conneries de George ou les péripéties de madame Laden et ses copines.
Bon, l’humour, c’est toujours assez subjectif, alors lisez les quelques premières pages pour vous faire une idée… moi, j’ai aimé !
J’aime beaucoup le posteur un peu plus bas qui écrit « les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée ». Ca a au moins le mérite d’être clair : ici pas d’aventure, pas d’action, pas de rêves ou de mondes imaginaires. Non, juste un reportage un peu austère sur l’histoire des syndicats en France.
Et pourtant j’ai adoré, tout comme Rural ! du même auteur. C’est facile à suivre, instructif, bien documenté, bref, un vrai petit livre d’histoire sur la naissance des principaux syndicats français, sur leur lien avec l’église, et sur la monté du socialisme en France.
Tout simplement passionnant !
Chroniquer cette série n'est pas évident car elle cumule par certains côtés tout ce que je déteste dans la bande dessinée "dite commerciale" : une violence parfois gratuite, un côté série américaine bas de gamme...
Pourtant, je dois bien reconnaître que les histoires (du moins les premières) sont assez efficaces et plutôt bien soignées. Van Hamme se sert des scénarios de ses anciens bouquins et nous livre de solides enquêtes financières.
J'aime bien les premières histoires : notamment les trois premiers diptyques : l'héritier, OPA et H. Ici les intrigues commerciales sont très complexes et particulièrement intéressantes.
Les histoires suivantes : Makiling, voir Venise ou Golden Gate m'ont beaucoup moins plu, car les situations sont peut-être un peu trop stéréotypées. On sent que le fil commence à s'user. De plus, Van Hamme utilise toujours les mêmes ficelles et l'effet de surprise ne joue plus.
Cependant, j'ai trouvé que le dernier diptyque le prix de l'argent-la loi du dollar relevait un peu le niveau de la série. L'intrigue est solide et je ne l'ai pas trouvée trop tirée par les cheveux.
Avis sur le premier tome :
Pour moi, Joann Sfar est avant tout un formidable conteur. J’ai toujours eu l’impression qu’il pouvait aborder n’importe quel sujet sans lasser le lecteur.
Dans cette BD, l’auteur raconte les péripéties d’un mousquetaire réduit à la taille d’un insecte qui évolue dans un monde aussi minuscule que lui. Dans cet univers, il va se retrouver dans des situations aussi cocasses et aussi inattendues les unes des autres loin de sa condition de mousquetaire.
Il y a des parfums de Cyrano de Bergerac, de gargantua et des aventures de Gulliver dans cet album !
J’ai eu le sentiment que Joann Sfar se moquait beaucoup de la société actuelle. Ainsi, notre mousquetaire s’exposera dans une salle en plein milieu d’un public féminin, une occasion en or pour l’auteur d’ironiser les beaux-arts…
Je passe sur le dessin qui peut rebuter certains lecteurs. Personnellement, il m’a fallu beaucoup de temps pour s’attacher à ce style.
Ainsi, grâce à une narration très efficace, le premier tome me fut très agréable à lire. Toutefois, je n’ai pas eu l’impression que Joann Sfar ait conçu à l’avance son scénario comme la plupart de ses albums en passant…
Bref, j’ai le sentiment que ce livre permet à l’auteur de raconter un peu de tout avec parfois des réflexions philosophiques… comme d’hab’ de la part de Joann : J’en redemande !
Note finale : 3/5
Avis sur le troisième tome « On ne patine pas avec l’amour » :
Que vient faire cette histoire sorte de croisement entre « Robinson Crusoë » et « le Bounty » dans la série ?
Le thème du tome 2 (la philosophie dans la baignoire) était très différent du premier album mais il y avait une continuité/logique dans les aventures du petit mousquetaire que je n’ai pas retrouvée dans cette nouvelle BD et qui, au vu du dénouement, ne reviendra pas à la trame des deux premiers albums.
En effet, dès la première page de « On ne patine pas avec l’amour », je me suis demandé si j’avais loupé quelque chose au tome précédent car l’histoire démarre en trombe sur un galion. Dans ce nouveau décor, notre héros tente de séduire une femme qui n’est autre que l’épouse du célèbre « Scorpion » ( ?!) de la série dessinée par Marini… Seul point commun avec les deux premières BD de la série, le « petit mousquetaire » ne renoncera jamais tout au long de ce nouvel album à calmer ses grosses pulsions sexuelles.
Il y a de nombreuses scènes qui m’ont paru totalement illogiques dans cette BD notamment dans la façon dont le héros va naviguer sur l’océan. Certes, des séquences loufoques de ce type, ils en existaient déjà dans les deux premiers albums mais elles ne m’ont jamais autant agacé que dans « On ne patine pas avec l’amour ». Cependant, je reconnais que la lecture de ce troisième album reste assez plaisante et amusante.
Graphiquement, Sfar a colorié l’album avec de l’aquarelle. Contrairement aux séries « Klezmer » et « Pascin » du même auteur, le résultat m’a moyennement convaincu car ses choix de tons ne me sont pas parus suffisamment adaptés à l’ambiance des différentes séquences. Peut-être que tout cela est dû au format du livre ou au nombre de bandes par page supérieur à « Pascin » et « Klezmer » ?
« On ne patine pas avec l’amour » est, finalement, une BD qui créé une grosse rupture dans la série aussi bien au niveau du scénario que du dessin.
L’histoire ne m’est pas apparue aussi intéressante que les deux premiers tomes de la série même si, grâce à l’excellente narration de Joann Sfar », elle reste plaisante et assez agréable à lire. En fait, dans cette BD (plus que les deux premiers tomes), j’ai du mal à comprendre pourquoi l’auteur a créé un univers sensé être minuscule alors son héros évolue dans un monde quasiment semblable au notre dite de « taille normale »…
La mise en couleurs à l’aquarelle m’a moyennement convaincu car elle n’arrive pas, à mon goût à créer une ambiance adéquate aux différentes séquences. De plus, cette nouvelle mise en couleurs crée une rupture graphique trop visible à l’ensemble de la série qui était jusqu’à présent coloriée par ordinateur.
Personnellement, je ne pense pas que je serai aussi enthousiaste à suivre cette série car le thème du prochain album intitulé « la bataille d’Angoulème » ne me donne vraiment pas envie de lire la suite… et parce que j’ai le sentiment que « le petit mousquetaire » manque de plus en plus de cohérence scénaristique entre chaque tome.
Note finale : 2/5
Dans cette BD, « Pankat » est le nom d’un sport de combat très populaire ressemblant beaucoup à de la boxe. L’histoire se situe en « Iraq ». Mané est un jeune provincial qui rêve d’incorporer une grande école de « Pankat », il se rend donc dans la principale ville de ce pays dans l’espoir de se faire un nom. Il sera vite déchanté car il y découvre corruption, violence et indifférence. Il devra aussi faire son choix entre le bien et le mal.. même si, à première vue, le lecteur et le personnage principal se demanderont vraiment qui est le bien …
Chapeau bas pour « Merwan » qui signe un très bon premier album en proposant un scénario captivant mélangé avec un dessin agréable et assez personnel. L’ambiance de corruption dans la ville est bien rendue avec ses ruelles étroites d’une filiation graphique avec les villes arabes.
Les personnages sont énigmatiques. Mané apparaît naïf et attachant dans son rôle d’un jeune découvrant ce monde sans pitié. Il dorme dans des culs de sac, vole de la nourriture pour ensuite se cacher dans une sombre ruelle. Ce sont ces scènes qui m’ont fait aimer cette BD.
Mes reproches concernent les scènes de combat où il y a –à mon avis- un manque de lisibilité car il est assez difficile de reconnaître au premier coup les personnages. Certaines séquences manquent de fluidité dans le découpage.
Malgré tout, l’ambiance de l’arène avec cette foule en liesse est bien retranscrite.
Je trouve regrettable que la couverture ne soit pas aussi attirante que le contenu graphique de l’album.
Cela fait deux ans que j’attends la suite des aventures de cet apprenti « pankat »… Je commence à trouver ça long ! Patience…
Les Bidochon m'ont toujours fait beaucoup rire. C'est ce qui ce fait de mieux dans le genre humour sur les Français moyens.
Toute notre société y passe.
On peut citer quelques albums cultes comme Maison sucrée maison, en vacances, en HLM, assujettis sociaux ou en voyage organisé. Mais, bizarrement, les derniers albums me plaisent moins, peut-être à cause d'une certaine usure de la série.
Je précise que je n'ai lu cette série que par curiosité intellectuelle, et parce que des auteurs fous de manga m'en ont vanté les mérites. Sinon, je n'y aurais même pas jeté un regard...
Et après l'avoir lue, je n'y trouve pas beaucoup plus d'intérêt.
Il y a deux postures à employer pour ce genre de manga. Soit on le prend très au sérieux, en accrochant au côté shôjo, et on est attendri par ce groupe de bisexuels qui passe son temps à se chamailler tout en passant sa vie entouré de fleurs.
Soit on prend tout au second, voire au troisième degré, et on voit tout le côté parodique qui sous-tend l'oeuvre.
Seulement voilà. L'auteur, elle, ne semble pas réaliser ça avec un objectif parodique, si l'on s'en tient aux apartés qui parsèment les volumes. Alors, dans ce cas, c'est vraiment du n'importe quoi... Des bulles dans tous les sens, des personnages certes très différents mais carrément caricaturaux, et du coup la lecture en est plutôt difficile, d'autant plus que les cadrages sont complètement explosés.
Heureusement que le dessin est agréable, mais sans plus, et permet de faire passer la grosse pilule.
Ah, 1995, souvenez-vous, toute une époque, Pulp Fiction était sorti l'année précédente et tout d'un coup, le personnage le plus cool possible devenait celui du tueur à gages, de l'homme de main de gang, du malfrat en costard cravate qui flingue à tout-va tout en dissertant sur les hamburgers ou les massages de pied avec ses collègues.
Mezzo et Pirrus surfaient ici sagement sur cette vague, remplissant gentiment le cahier des charges. Costard, cravates, lunettes noires ? Check ! Grossièretés, dialogues à vocation humoristique sur un sujet sans rapport avec l'intrigue ? Check ! Flingues, violence un tantinet gore ? Check ! Eh bien il ne manque plus qu'une intrigue un peu plus consistante et un peu plus d'originalité alors, mais pour ça, on repassera, malheureusement. Ni bon ni mauvais, l'album suit la mode de l'époque sans génie, sans jamais se hisser à plus haut niveau que celui d'une sous-tarantinade de plus comme on en a vues tant à l'époque. Ca se lit vite, sans s'ennuyer mais sans grand enthousiasme, puis ça s'oublie aussi sec.
J'avais déjà été charmé par Un Automne à Hànôi du même auteur qui présentait le Vietnam par une suite d'anecdotes et de visites intéressantes et variées.
Quitter Saïgon marque moins par son originalité graphique. Il n'en reste pas moins intéressant graphiquement parlant et présente quelques jolies planches. Le trait de Clément Baloup n'est pas exceptionnel, mais il a un sens des couleurs et de la matière assez sympathique. Certaines planches pêtantes de couleurs rouges et vertes sont assez fortes. Pour le reste, cela se lit très bien et agréablement.
Quitter Saïgon raconte, par le biais des témoignages de 3 personnes différentes interrogées par l'auteur, la période difficile qu'a traversée le Vietnam entre la seconde guerre mondiale et les premières années d'installation du régime communiste après la chute de Saïgon. Les histoires sont très agréablement racontées, et apportent chacune leurs facettes et leurs interêts. On y découvre la période d'occupation japonaise, l'équivalent d'occupation américaine, la guerre du Vietnam vue par les yeux des civils de Saïgon, les camps de rééducation communistes, le long voyage en bateau du Vietnam jusqu'en France, etc. Le tout est raconté avec les yeux et les paroles de simples hommes auxquels on s'attache très vite, sans sombrer dans l'explication historique mais uniquement comme des témoignages de vies prenantes, intéressantes et sans jamais aborder les sujets sous l'angle de la noirceur et du reproche.
C'est intéressant tout en étant plaisant à lire. Un très bel album de témoignage historique.
J'avais repéré cette BD depuis un moment et j'avais envie de la lire : la couverture me plaisait et m'intriguait et puis, comme c'était paru dans la collection Aire Libre, ça ne pouvait pas être mauvais, pensais-je. Mais je fus déçu par ma lecture.
Pour commencer, autant le dessin me plaisait assez sur la couverture, autant je le trouve presque médiocre sur les planches elles-mêmes. Le trait est simple mais les personnages sont changeants, moches la plupart du temps, parfois difficilement reconnaissables s'il n'était pas différenciés par leurs chevelures ou le côté caricatural de certains de leurs traits. Décors simples et souvent ratés, couleurs très moyennes, je suis assez déçu donc car la couverture me laissait espérer mieux.
Quant à l'histoire, son résumé aussi m'attirait : la rencontre entre trois artistes pleins de personnalité, un pianiste, un écrivain et un peintre, laissait présageait quelques originalités et dialogues intéressants.
Hélas, j'ai cru lire le script d'un de ces films intellos ennuyeux et bavards comme je les déteste. Ca parle philosophie et Art, les flashbacks et les réminiscences s'accumulent, les femmes traversent la vie de ces artistes, ils couchent avec puis les délaissent, ils parlent d'eux, parlent de leur art, de leurs problèmes. Ca papote, ça se rencontre, c'est blasé, ça se regarde son petit nombril, ça fréquente des intellos, ça méprise les gens, etc... Je caricature un peu mais c'est comme ça que j'ai ressenti ma lecture. Une sorte d'albums d'intellos artistes qui parlent de leur monde et d'eux.
Résultat, ça m'a suffisamment ennuyé pour que je n'arrive pas à rentrer dedans et donc que je manque complètement le message sur la création, sur l'Aaart. Et la fin, où l'héroïne est fière de se trouver changée, me laisse complètement froid car je n'ai pour ma part jamais été le moins du monde touché.
Déception.
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La croisade s'amuse
Excellent! Certes « La croisade s’amuse » ne raconte rien de bien original, mais quelle rigolade ! Les gags sont irréguliers, et faire une BD entière sur ce sujet, ça fait un peu beaucoup, mais reste que je me suis quand même bien marré en lisant les conneries de George ou les péripéties de madame Laden et ses copines. Bon, l’humour, c’est toujours assez subjectif, alors lisez les quelques premières pages pour vous faire une idée… moi, j’ai aimé !
Les Mauvaises Gens
J’aime beaucoup le posteur un peu plus bas qui écrit « les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée ». Ca a au moins le mérite d’être clair : ici pas d’aventure, pas d’action, pas de rêves ou de mondes imaginaires. Non, juste un reportage un peu austère sur l’histoire des syndicats en France. Et pourtant j’ai adoré, tout comme Rural ! du même auteur. C’est facile à suivre, instructif, bien documenté, bref, un vrai petit livre d’histoire sur la naissance des principaux syndicats français, sur leur lien avec l’église, et sur la monté du socialisme en France. Tout simplement passionnant !
Largo Winch
Chroniquer cette série n'est pas évident car elle cumule par certains côtés tout ce que je déteste dans la bande dessinée "dite commerciale" : une violence parfois gratuite, un côté série américaine bas de gamme... Pourtant, je dois bien reconnaître que les histoires (du moins les premières) sont assez efficaces et plutôt bien soignées. Van Hamme se sert des scénarios de ses anciens bouquins et nous livre de solides enquêtes financières. J'aime bien les premières histoires : notamment les trois premiers diptyques : l'héritier, OPA et H. Ici les intrigues commerciales sont très complexes et particulièrement intéressantes. Les histoires suivantes : Makiling, voir Venise ou Golden Gate m'ont beaucoup moins plu, car les situations sont peut-être un peu trop stéréotypées. On sent que le fil commence à s'user. De plus, Van Hamme utilise toujours les mêmes ficelles et l'effet de surprise ne joue plus. Cependant, j'ai trouvé que le dernier diptyque le prix de l'argent-la loi du dollar relevait un peu le niveau de la série. L'intrigue est solide et je ne l'ai pas trouvée trop tirée par les cheveux.
Le Minuscule Mousquetaire
Avis sur le premier tome : Pour moi, Joann Sfar est avant tout un formidable conteur. J’ai toujours eu l’impression qu’il pouvait aborder n’importe quel sujet sans lasser le lecteur. Dans cette BD, l’auteur raconte les péripéties d’un mousquetaire réduit à la taille d’un insecte qui évolue dans un monde aussi minuscule que lui. Dans cet univers, il va se retrouver dans des situations aussi cocasses et aussi inattendues les unes des autres loin de sa condition de mousquetaire. Il y a des parfums de Cyrano de Bergerac, de gargantua et des aventures de Gulliver dans cet album ! J’ai eu le sentiment que Joann Sfar se moquait beaucoup de la société actuelle. Ainsi, notre mousquetaire s’exposera dans une salle en plein milieu d’un public féminin, une occasion en or pour l’auteur d’ironiser les beaux-arts… Je passe sur le dessin qui peut rebuter certains lecteurs. Personnellement, il m’a fallu beaucoup de temps pour s’attacher à ce style. Ainsi, grâce à une narration très efficace, le premier tome me fut très agréable à lire. Toutefois, je n’ai pas eu l’impression que Joann Sfar ait conçu à l’avance son scénario comme la plupart de ses albums en passant… Bref, j’ai le sentiment que ce livre permet à l’auteur de raconter un peu de tout avec parfois des réflexions philosophiques… comme d’hab’ de la part de Joann : J’en redemande ! Note finale : 3/5 Avis sur le troisième tome « On ne patine pas avec l’amour » : Que vient faire cette histoire sorte de croisement entre « Robinson Crusoë » et « le Bounty » dans la série ? Le thème du tome 2 (la philosophie dans la baignoire) était très différent du premier album mais il y avait une continuité/logique dans les aventures du petit mousquetaire que je n’ai pas retrouvée dans cette nouvelle BD et qui, au vu du dénouement, ne reviendra pas à la trame des deux premiers albums. En effet, dès la première page de « On ne patine pas avec l’amour », je me suis demandé si j’avais loupé quelque chose au tome précédent car l’histoire démarre en trombe sur un galion. Dans ce nouveau décor, notre héros tente de séduire une femme qui n’est autre que l’épouse du célèbre « Scorpion » ( ?!) de la série dessinée par Marini… Seul point commun avec les deux premières BD de la série, le « petit mousquetaire » ne renoncera jamais tout au long de ce nouvel album à calmer ses grosses pulsions sexuelles. Il y a de nombreuses scènes qui m’ont paru totalement illogiques dans cette BD notamment dans la façon dont le héros va naviguer sur l’océan. Certes, des séquences loufoques de ce type, ils en existaient déjà dans les deux premiers albums mais elles ne m’ont jamais autant agacé que dans « On ne patine pas avec l’amour ». Cependant, je reconnais que la lecture de ce troisième album reste assez plaisante et amusante. Graphiquement, Sfar a colorié l’album avec de l’aquarelle. Contrairement aux séries « Klezmer » et « Pascin » du même auteur, le résultat m’a moyennement convaincu car ses choix de tons ne me sont pas parus suffisamment adaptés à l’ambiance des différentes séquences. Peut-être que tout cela est dû au format du livre ou au nombre de bandes par page supérieur à « Pascin » et « Klezmer » ? « On ne patine pas avec l’amour » est, finalement, une BD qui créé une grosse rupture dans la série aussi bien au niveau du scénario que du dessin. L’histoire ne m’est pas apparue aussi intéressante que les deux premiers tomes de la série même si, grâce à l’excellente narration de Joann Sfar », elle reste plaisante et assez agréable à lire. En fait, dans cette BD (plus que les deux premiers tomes), j’ai du mal à comprendre pourquoi l’auteur a créé un univers sensé être minuscule alors son héros évolue dans un monde quasiment semblable au notre dite de « taille normale »… La mise en couleurs à l’aquarelle m’a moyennement convaincu car elle n’arrive pas, à mon goût à créer une ambiance adéquate aux différentes séquences. De plus, cette nouvelle mise en couleurs crée une rupture graphique trop visible à l’ensemble de la série qui était jusqu’à présent coloriée par ordinateur. Personnellement, je ne pense pas que je serai aussi enthousiaste à suivre cette série car le thème du prochain album intitulé « la bataille d’Angoulème » ne me donne vraiment pas envie de lire la suite… et parce que j’ai le sentiment que « le petit mousquetaire » manque de plus en plus de cohérence scénaristique entre chaque tome. Note finale : 2/5
Fausse Garde (Pankat)
Dans cette BD, « Pankat » est le nom d’un sport de combat très populaire ressemblant beaucoup à de la boxe. L’histoire se situe en « Iraq ». Mané est un jeune provincial qui rêve d’incorporer une grande école de « Pankat », il se rend donc dans la principale ville de ce pays dans l’espoir de se faire un nom. Il sera vite déchanté car il y découvre corruption, violence et indifférence. Il devra aussi faire son choix entre le bien et le mal.. même si, à première vue, le lecteur et le personnage principal se demanderont vraiment qui est le bien … Chapeau bas pour « Merwan » qui signe un très bon premier album en proposant un scénario captivant mélangé avec un dessin agréable et assez personnel. L’ambiance de corruption dans la ville est bien rendue avec ses ruelles étroites d’une filiation graphique avec les villes arabes. Les personnages sont énigmatiques. Mané apparaît naïf et attachant dans son rôle d’un jeune découvrant ce monde sans pitié. Il dorme dans des culs de sac, vole de la nourriture pour ensuite se cacher dans une sombre ruelle. Ce sont ces scènes qui m’ont fait aimer cette BD. Mes reproches concernent les scènes de combat où il y a –à mon avis- un manque de lisibilité car il est assez difficile de reconnaître au premier coup les personnages. Certaines séquences manquent de fluidité dans le découpage. Malgré tout, l’ambiance de l’arène avec cette foule en liesse est bien retranscrite. Je trouve regrettable que la couverture ne soit pas aussi attirante que le contenu graphique de l’album. Cela fait deux ans que j’attends la suite des aventures de cet apprenti « pankat »… Je commence à trouver ça long ! Patience…
Les Bidochon
Les Bidochon m'ont toujours fait beaucoup rire. C'est ce qui ce fait de mieux dans le genre humour sur les Français moyens. Toute notre société y passe. On peut citer quelques albums cultes comme Maison sucrée maison, en vacances, en HLM, assujettis sociaux ou en voyage organisé. Mais, bizarrement, les derniers albums me plaisent moins, peut-être à cause d'une certaine usure de la série.
Host Club - Le lycée de la séduction
Je précise que je n'ai lu cette série que par curiosité intellectuelle, et parce que des auteurs fous de manga m'en ont vanté les mérites. Sinon, je n'y aurais même pas jeté un regard... Et après l'avoir lue, je n'y trouve pas beaucoup plus d'intérêt. Il y a deux postures à employer pour ce genre de manga. Soit on le prend très au sérieux, en accrochant au côté shôjo, et on est attendri par ce groupe de bisexuels qui passe son temps à se chamailler tout en passant sa vie entouré de fleurs. Soit on prend tout au second, voire au troisième degré, et on voit tout le côté parodique qui sous-tend l'oeuvre. Seulement voilà. L'auteur, elle, ne semble pas réaliser ça avec un objectif parodique, si l'on s'en tient aux apartés qui parsèment les volumes. Alors, dans ce cas, c'est vraiment du n'importe quoi... Des bulles dans tous les sens, des personnages certes très différents mais carrément caricaturaux, et du coup la lecture en est plutôt difficile, d'autant plus que les cadrages sont complètement explosés. Heureusement que le dessin est agréable, mais sans plus, et permet de faire passer la grosse pilule.
Deux tueurs
Ah, 1995, souvenez-vous, toute une époque, Pulp Fiction était sorti l'année précédente et tout d'un coup, le personnage le plus cool possible devenait celui du tueur à gages, de l'homme de main de gang, du malfrat en costard cravate qui flingue à tout-va tout en dissertant sur les hamburgers ou les massages de pied avec ses collègues. Mezzo et Pirrus surfaient ici sagement sur cette vague, remplissant gentiment le cahier des charges. Costard, cravates, lunettes noires ? Check ! Grossièretés, dialogues à vocation humoristique sur un sujet sans rapport avec l'intrigue ? Check ! Flingues, violence un tantinet gore ? Check ! Eh bien il ne manque plus qu'une intrigue un peu plus consistante et un peu plus d'originalité alors, mais pour ça, on repassera, malheureusement. Ni bon ni mauvais, l'album suit la mode de l'époque sans génie, sans jamais se hisser à plus haut niveau que celui d'une sous-tarantinade de plus comme on en a vues tant à l'époque. Ca se lit vite, sans s'ennuyer mais sans grand enthousiasme, puis ça s'oublie aussi sec.
Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)
J'avais déjà été charmé par Un Automne à Hànôi du même auteur qui présentait le Vietnam par une suite d'anecdotes et de visites intéressantes et variées. Quitter Saïgon marque moins par son originalité graphique. Il n'en reste pas moins intéressant graphiquement parlant et présente quelques jolies planches. Le trait de Clément Baloup n'est pas exceptionnel, mais il a un sens des couleurs et de la matière assez sympathique. Certaines planches pêtantes de couleurs rouges et vertes sont assez fortes. Pour le reste, cela se lit très bien et agréablement. Quitter Saïgon raconte, par le biais des témoignages de 3 personnes différentes interrogées par l'auteur, la période difficile qu'a traversée le Vietnam entre la seconde guerre mondiale et les premières années d'installation du régime communiste après la chute de Saïgon. Les histoires sont très agréablement racontées, et apportent chacune leurs facettes et leurs interêts. On y découvre la période d'occupation japonaise, l'équivalent d'occupation américaine, la guerre du Vietnam vue par les yeux des civils de Saïgon, les camps de rééducation communistes, le long voyage en bateau du Vietnam jusqu'en France, etc. Le tout est raconté avec les yeux et les paroles de simples hommes auxquels on s'attache très vite, sans sombrer dans l'explication historique mais uniquement comme des témoignages de vies prenantes, intéressantes et sans jamais aborder les sujets sous l'angle de la noirceur et du reproche. C'est intéressant tout en étant plaisant à lire. Un très bel album de témoignage historique.
Trois artistes à Paris
J'avais repéré cette BD depuis un moment et j'avais envie de la lire : la couverture me plaisait et m'intriguait et puis, comme c'était paru dans la collection Aire Libre, ça ne pouvait pas être mauvais, pensais-je. Mais je fus déçu par ma lecture. Pour commencer, autant le dessin me plaisait assez sur la couverture, autant je le trouve presque médiocre sur les planches elles-mêmes. Le trait est simple mais les personnages sont changeants, moches la plupart du temps, parfois difficilement reconnaissables s'il n'était pas différenciés par leurs chevelures ou le côté caricatural de certains de leurs traits. Décors simples et souvent ratés, couleurs très moyennes, je suis assez déçu donc car la couverture me laissait espérer mieux. Quant à l'histoire, son résumé aussi m'attirait : la rencontre entre trois artistes pleins de personnalité, un pianiste, un écrivain et un peintre, laissait présageait quelques originalités et dialogues intéressants. Hélas, j'ai cru lire le script d'un de ces films intellos ennuyeux et bavards comme je les déteste. Ca parle philosophie et Art, les flashbacks et les réminiscences s'accumulent, les femmes traversent la vie de ces artistes, ils couchent avec puis les délaissent, ils parlent d'eux, parlent de leur art, de leurs problèmes. Ca papote, ça se rencontre, c'est blasé, ça se regarde son petit nombril, ça fréquente des intellos, ça méprise les gens, etc... Je caricature un peu mais c'est comme ça que j'ai ressenti ma lecture. Une sorte d'albums d'intellos artistes qui parlent de leur monde et d'eux. Résultat, ça m'a suffisamment ennuyé pour que je n'arrive pas à rentrer dedans et donc que je manque complètement le message sur la création, sur l'Aaart. Et la fin, où l'héroïne est fière de se trouver changée, me laisse complètement froid car je n'ai pour ma part jamais été le moins du monde touché. Déception.