Troisième BD d'Emmanuel Moynot que je lis dans cette même collection après Monsieur Khol et Oscar et Monsieur O, nous restons ici dans le même univers, le Paris de fin 19e, début 20e, dans le milieu des ouvriers et artistes.
J'avoue ne pas avoir reconnu le dessin de Moynot sur le coup. Mes deux précédentes lectures m'avaient habituée à une peinture sans encrage. Ici, ce n'est pas exactement le même style. L'aspect peinture laisse la place à un encrage très fin, presque hésitant, mais dans un style maîtrisé que j'aime beaucoup. Les personnages sont expressifs, les planches sont claires, la narration très fluide. Un style de dessin tout simple mais que je n'ai presque jamais vu avant et qui me plait bien.
Le récit est assez long (120 pages) mais je suis très vite entré dedans car la narration est bonne et les personnages attachants. Nous y suivons Eugène Pigot, jeune peintre qui se cherche encore. Avec lui, nous allons fréquenter les expositions et les bars d'artistes Parisiens où se retrouvent Appolinaire, le jeune Picasso, et d'autres plus ou moins connus. Nous allons suivre ses amours compliqués, ses relations avec les autres artistes et ses amis. Mais surtout, avec lui, nous allons nous poser la question de savoir dans quelle condition il a peint un tableau très différent de son style dont il ne se souvient absolument pas et dont il n'arrive pas à retrouver la technique quand il cherche à l'imiter. Et peu à peu, Eugène va sombrer dans le trouble et la folie.
C'est un récit sur la création et la recherche artistique et cette folie qui mène certains artistes à dépasser leur temps et leurs contemporains.
Autant j'ai bien aimé la première moitié de ma lecture, autant j'ai un peu décroché au fil des chapitres car le récit perd sa linéarité, car les personnages changent et l'ambiance tourne d'une simple vie difficile en début d'album à une psychologie tourmentée vers la fin. Certains passages restent inexpliqués, symboles de la folie de l'artiste sans qu'on sache bien ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Le héros perd peu à peu son côté attachant à mes yeux et je n'ai pas su rester assez proche de son âme pour bien comprendre ses tourments et les choix de vie et artistiques qu'il fait par moment.
Cependant, c'est une lecture agréable sur un sujet sympathique et plutôt bien traité, le tout servi par un dessin et une narration que j'apprécie.
Lue chez un collègue, cette bd autoéditée a été l’occasion pour moi de découvrir Claire Bretecher. Le graphisme, dans le style dessin de presse, se rapproche de celui d’un Reiser mais avec une mise en couleurs plus proche de F’murr (comme dans Le génie des alpages). Bref, on sent que la bd date un peu mais cela ne gène en rien la lecture. Les histoires sont sympas mais un brin trop répétitives. On se lasse donc un peu à la longue mais l’idée de départ est plutôt bonne avec ce Bolot qui essaie par tous les moyens possibles d’entrer dans une réserve pour animaux en voie de disparition. L’humour est un peu dilué dans la masse mais le message écologique que sous-tend cette bd passe bien car l’auteur n’en fait pas trop.
Bref, sympathique mais pas inoubliable.
Je n'ai lu que les 3 premiers tomes de cette série et pas le 4e faisant office de biographie "officielle" d'Olivia Sturgess.
Au départ, Rendez-vous à Seven Oaks, le premier tome, n'était pas destiné à devenir une série, semble-t-il. Albany et Sturgess y sont d'ailleurs des personnages secondaires dont l'interêt n'est pas évident. Ce n'est qu'ensuite que Francis Albany puis Olivia Sturgess vont prendre les devants.
Au dessin, c'est de la pure ligne claire. Le premier tome bénéficie de décors très sympas mais les personnages sont nettement plus hésitants. La maîtrise technique viendra dès le deuxième tome avec des planches au style proche de Hergé ou E.P. Jacobs. Un dessin que j'aime bien et qui est agréable à lire.
Le scénario du premier tome est assez intriguant. Il s'entame comme une enquête à la Agatha Christie mêlé de mystère, d'épouvante et de références littéraires. Là où le déroulement de l'enquête pourra décevoir par certaines incohérences quand on y réfléchit, son final apportera une touche de véritable originalité où l'on ne sait plus séparer le véridique du fantastique, mettant en jeu la notion même de personnage d'oeuvre littéraire.
Le second tome est une enquête policière classique mais relativement originale et agréable à suivre.
Quant au troisième, il joue à nouveau sur la recherche entre le vrai et l'imaginé puisque l'intrigue se déroule dans un rêve.
Au fil des tomes, les personnages prennent de la consistance et les auteurs leur imaginent une biographie telle qu'ils jouent sur l'ambiguité de nous faire croire qu'ils ont véritablement existé, laissant à nouveau le lecteur déterminer ce qui est authentique et ce qui est fiction.
Une série plaisante, présentant quelques originalités, et servie par un dessin ligne claire très sympathique dès le deuxième tome.
Un médiéval fantasy partant tambour battant pour ce premier tome de servitude que j’avais il y a quelques semaines commencé à feuilleter, les dessins m’ont tout de suite accroché mais je n’en ai pas fait l’acquisition à cause de sa publication chez Soleil, éditeur proposant souvent des séries décevantes pour ma part.
J’avoue avoir attendu les avis des uns et des autres à son sujet, ce qui m’a finalement poussé à acheter ce premier tome suite aux critiques élogieuses de mes prédécesseurs (merci bien).
Les dessins et les ambiances sont impeccables, le scénario de ce premier tome arrive à la fois à poser le décor sans toutefois traîner en longueurs et recèle de rebondissements ce qui est je pense une belle performance.
La barre est donc placée assez haut, j’aime beaucoup et espère ne pas être déçu par la suite.
Des dessins simples mais efficaces, des scénarii plutôt bien menés, parfois un peu court sur un tome mais on commence à voir des enquêtes sur 2 tomes !
Mais LE truc qui en fait une super chouette série c'est sans conteste le côté candide (mais pas niais !) et gaffeur de JKJ ! Un sens de la distraction qui lui vaudrait une médaille d'or au JO si c'était une épreuve et qui a le don de me faire sourire à tous les coups ! Les réactions inattendues comme boire un jus de citron sec pour se remettre des émotions fortes ou endiguer sa claustrophobie dans un ascenseur en mangeant un sandwich donnent également une dimension très sympa au personnage !
Plus qu’un simple scénariste, Pierre Dubois est avant tout un conteur de grand talent. Cette série est une invitation à le suivre dans ce monde qu’il connaît si bien, celui du petit peuple. Ces albums illustrent des contes venant de tout horizon (de l’Ecosse au Moyen Orient en passant par la Russie) et pour la plupart connus de tous. Cette grande diversité des contes est rassemblée par thème, ce dernier constituant la ligne de conduite d’un tome. Ainsi, le tome premier reprend les contes qui se passent au crépuscule tandis que les tomes suivants rassemblent les contes inspirés de la forêt (tome 2) et ceux ayant pour objet les tavernes (tome 3). Il n’y a point de grande originalité dans ces contes mais toute la force narrative de Pierre Dubois s’y retrouve, ce qui donne aux récits une ampleur sans pareille et un attrait certain. Pour mettre en image ces contes, notre elficologue s’est adjoint les services de dessinateurs renommés (Civello, Le Roux, Ségur, Madsen, Smudja, Tanquerelle) et d’autres qui le sont en devenir (Anthony Jean par exemple). Difficile donc de donner une appréciation globale sur le dessin mais sachez que les dessinateurs ont conservé leur style habituel (exception faite de Madsen). Ce fut notamment un grand plaisir de retrouver une histoire dessinée par Ségur (auteur du mythique Légendes des Contrées Oubliées). Anthony Jean, auteur qui m’est inconnu, est pour moi une révélation. J’admire sont trait proche de l’illustration et pourtant si vivant !
Bref, une série à ne pas manquer pour les amateurs de contes et légendes . . . ;)
Avis sur le 3ème tome « Pour Rose » :
Parmi les 8 tomes qui composent la série, j'avoue avoir une nette préférence pour "pour Rose".
Dans cet épisode, Chinaman est maintenant libéré de son "maître" et se retrouve seul, il devient trappeur et lors d'un séjour dans une ville pour y vendre ses fourrures, il assiste à une discussion entre un vieil homme et deux hommes de loi dont l'objet est la garde d'une petite fille. Lors de son retour vers son refuge, Chinaman "retrouve" en quelque sorte le vieil homme et celui-ci l'invite chez lui où il fait connaissance de la petite fille "Rose". A partir de ce moment, la fille et Chinaman vont devenir amis
Cet album est une BD riche en émotions, j’ai senti vraiment qu'une amitié se forgeait entre Rose et Chinaman.
L'histoire est narrativement prenante. A partir de documentations et de récits réels, TaDuc et Le tendre ont retracé la difficile intégration des Chinois en Amérique pendant le far-west. Une intégration qui s’est faite dans une relative douleur au vu des difficultés que Chinaman a dû affronter. Finalement, l’histoire, même si c'est un récit de fiction, se révèle très réaliste sur cette époque.
Le trait de TaDuc est excellent, les paysages enneigés sont magnifiques de beauté. De plus, l’auteur excelle dans sa mise en page.
Le Tendre a réalisé La Quête de l'Oiseau du Temps qui est une excellente série, il confirme son talent de narrateur dans un autre genre et avec les honneurs !
Note finale : 5/5
Avis sur le 8ème tome « Les pendus » :
J’aime le coup de crayon de TaDuc. Le découpage, la mise en page, les recherches de celui-ci au niveau du cadrage, la mise en couleurs ont été et sont toujours d’un très bon niveau de qualité.
Chinaman était jusqu’au 5ème tome une de mes séries préférées. Les scenarii étaient très originaux, ils abordaient des situations qui m’étaient inconnues et qui se sont révélées très intéressantes (« La montagne d’or », « Les mangeurs de rouille »).
A défaut d’être originaux, certains albums de cette série étaient pour moi des modèles de sensibilité et d’émotion (« Pour Rose », « A armes égales »). Mais j’avoue que depuis deux-trois tomes, je ne retrouve plus ce plaisir de lire les « Chinaman » de la même manière que lors des premiers albums.
Dans « Les pendus », j’ai eu la forte impression que Chinaman n’était qu’un spectateur au milieu des évènements qui se produisaient, comme si cela n’avait que peu d’incidences sur la vie de notre héros. Bien que les scènes d’action sont assez courantes dans « Les pendus », je n’ai pas été très intéressé par l’histoire.
Je sais qu’il est très difficile de proposer une idée originale dans chaque album mais j’aurais voulu au minimum que les auteurs puissent me donner des émotions… Ce n’est malheureusement pas pour ce nouveau tome. Dommage…
Note finale : 3/5
La cité industrielle d’Hélios donne une petite touche steampunk à la série. Les planches font penser effectivement à du Ségur, surtout dans les effets de mise en couleurs (moins pour les dessins qui s’apparenteraient davantage à du Mouclier). Le dessin (décors fouillés) et les couleurs apportent donc beaucoup à la série qui pêche par un scénario peu original et une narration chaotique. Ca se laisse donc lire mais ce n’est pas un univers qui m’intéresse à priori. A signaler que la scène incriminée dans les posts précédents ne m’a pas choquée outre mesure. Certes, elle n’apporte pas grand-chose à l’histoire mais je ne pense pas qu’elle s’y trouve pour des raisons lucratives (elle n’est pas vraiment mis en évidence et il faut lire l’album pour tomber dessus).
Bref, bd visuellement réussie mais récit sans grand intérêt.
J'avoue que Manu Larcenet m’a carrément bluffé avec cette BD !
Cet album est une grosse satire du monde de l’entreprise, il est divisé en plusieurs chapitres avec pour chacun un thème bien défini.
L’auteur n’hésite pas à aller vers l’absurdité, j’ai en mémoire les chapitres sur la liberté sexuelle en entreprise et sur le Friday. Le monde du travail y est décrit sous forme d’une caricature totale et pourtant, combien sont les lecteurs qui se reconnaîtront à partir ce monde « impitoyable » ???!!!
Personnellement, j’ai bien aimé cet humour décalé, cette façon ironique de décrire les travers du monde du travail.
Les lecteurs qui sont habitués à lire les dernières productions de Manu Larcenet plus axés sur l'émotion risquent de rejeter ce livre. Pour ma part, ça m’est égal, j’ai bien rigolé et je suis admiratif de la diversité thématique de cet auteur. Décapant !
Note finale : 3,5/5
Sympathique ce guide de la survie en entreprise. Pas le plus drôle des Larcenet, mais j’ai quand même bien aimé. J’ai trouvé que la manière de présenter les choses avec un narrateur un peu spécial était pas mal. En effet c’est Congo Bob, un aventurier qui a traversé toutes les mers et tous les déserts de la planète qui nous raconte le plus dur combat qui soit : la survie en entreprise.
En ce qui concerne les dessins, vraiment pas de surprise, c’est du Larcenet pur jus. Dans l’ensemble les gags sont pas mal. Certains sont caricaturaux et d’autre vraiment décalés. Ce sont surtout ceux là que j’ai trouvé efficaces et qui m’ont fait rire.
Suite à la remarque de Ro sur la vulgarité (ah, faut pas lire les avis avant de lire un album, mais juste regarder les notes !), mon attention a été un peu focalisée la dessus. Au début je n’ai pas trouvé qu’il y en avait tant que ça, à part dans le chapitre sur le sexe au bureau. Sur la fin c’est vrai qu’il y a une recrudescence de gros mots, mais au final je ne suis pas franchement choqué.
Pas le meilleur des 4/5 que j'attribue, mais j’ai passé plutôt un bon moment avec cette BD.
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Anatomie du désordre
Troisième BD d'Emmanuel Moynot que je lis dans cette même collection après Monsieur Khol et Oscar et Monsieur O, nous restons ici dans le même univers, le Paris de fin 19e, début 20e, dans le milieu des ouvriers et artistes. J'avoue ne pas avoir reconnu le dessin de Moynot sur le coup. Mes deux précédentes lectures m'avaient habituée à une peinture sans encrage. Ici, ce n'est pas exactement le même style. L'aspect peinture laisse la place à un encrage très fin, presque hésitant, mais dans un style maîtrisé que j'aime beaucoup. Les personnages sont expressifs, les planches sont claires, la narration très fluide. Un style de dessin tout simple mais que je n'ai presque jamais vu avant et qui me plait bien. Le récit est assez long (120 pages) mais je suis très vite entré dedans car la narration est bonne et les personnages attachants. Nous y suivons Eugène Pigot, jeune peintre qui se cherche encore. Avec lui, nous allons fréquenter les expositions et les bars d'artistes Parisiens où se retrouvent Appolinaire, le jeune Picasso, et d'autres plus ou moins connus. Nous allons suivre ses amours compliqués, ses relations avec les autres artistes et ses amis. Mais surtout, avec lui, nous allons nous poser la question de savoir dans quelle condition il a peint un tableau très différent de son style dont il ne se souvient absolument pas et dont il n'arrive pas à retrouver la technique quand il cherche à l'imiter. Et peu à peu, Eugène va sombrer dans le trouble et la folie. C'est un récit sur la création et la recherche artistique et cette folie qui mène certains artistes à dépasser leur temps et leurs contemporains. Autant j'ai bien aimé la première moitié de ma lecture, autant j'ai un peu décroché au fil des chapitres car le récit perd sa linéarité, car les personnages changent et l'ambiance tourne d'une simple vie difficile en début d'album à une psychologie tourmentée vers la fin. Certains passages restent inexpliqués, symboles de la folie de l'artiste sans qu'on sache bien ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Le héros perd peu à peu son côté attachant à mes yeux et je n'ai pas su rester assez proche de son âme pour bien comprendre ses tourments et les choix de vie et artistiques qu'il fait par moment. Cependant, c'est une lecture agréable sur un sujet sympathique et plutôt bien traité, le tout servi par un dessin et une narration que j'apprécie.
Les Amours écologiques du Bolot Occidental
Lue chez un collègue, cette bd autoéditée a été l’occasion pour moi de découvrir Claire Bretecher. Le graphisme, dans le style dessin de presse, se rapproche de celui d’un Reiser mais avec une mise en couleurs plus proche de F’murr (comme dans Le génie des alpages). Bref, on sent que la bd date un peu mais cela ne gène en rien la lecture. Les histoires sont sympas mais un brin trop répétitives. On se lasse donc un peu à la longue mais l’idée de départ est plutôt bonne avec ce Bolot qui essaie par tous les moyens possibles d’entrer dans une réserve pour animaux en voie de disparition. L’humour est un peu dilué dans la masse mais le message écologique que sous-tend cette bd passe bien car l’auteur n’en fait pas trop. Bref, sympathique mais pas inoubliable.
Albany
Je n'ai lu que les 3 premiers tomes de cette série et pas le 4e faisant office de biographie "officielle" d'Olivia Sturgess. Au départ, Rendez-vous à Seven Oaks, le premier tome, n'était pas destiné à devenir une série, semble-t-il. Albany et Sturgess y sont d'ailleurs des personnages secondaires dont l'interêt n'est pas évident. Ce n'est qu'ensuite que Francis Albany puis Olivia Sturgess vont prendre les devants. Au dessin, c'est de la pure ligne claire. Le premier tome bénéficie de décors très sympas mais les personnages sont nettement plus hésitants. La maîtrise technique viendra dès le deuxième tome avec des planches au style proche de Hergé ou E.P. Jacobs. Un dessin que j'aime bien et qui est agréable à lire. Le scénario du premier tome est assez intriguant. Il s'entame comme une enquête à la Agatha Christie mêlé de mystère, d'épouvante et de références littéraires. Là où le déroulement de l'enquête pourra décevoir par certaines incohérences quand on y réfléchit, son final apportera une touche de véritable originalité où l'on ne sait plus séparer le véridique du fantastique, mettant en jeu la notion même de personnage d'oeuvre littéraire. Le second tome est une enquête policière classique mais relativement originale et agréable à suivre. Quant au troisième, il joue à nouveau sur la recherche entre le vrai et l'imaginé puisque l'intrigue se déroule dans un rêve. Au fil des tomes, les personnages prennent de la consistance et les auteurs leur imaginent une biographie telle qu'ils jouent sur l'ambiguité de nous faire croire qu'ils ont véritablement existé, laissant à nouveau le lecteur déterminer ce qui est authentique et ce qui est fiction. Une série plaisante, présentant quelques originalités, et servie par un dessin ligne claire très sympathique dès le deuxième tome.
Servitude
Un médiéval fantasy partant tambour battant pour ce premier tome de servitude que j’avais il y a quelques semaines commencé à feuilleter, les dessins m’ont tout de suite accroché mais je n’en ai pas fait l’acquisition à cause de sa publication chez Soleil, éditeur proposant souvent des séries décevantes pour ma part. J’avoue avoir attendu les avis des uns et des autres à son sujet, ce qui m’a finalement poussé à acheter ce premier tome suite aux critiques élogieuses de mes prédécesseurs (merci bien). Les dessins et les ambiances sont impeccables, le scénario de ce premier tome arrive à la fois à poser le décor sans toutefois traîner en longueurs et recèle de rebondissements ce qui est je pense une belle performance. La barre est donc placée assez haut, j’aime beaucoup et espère ne pas être déçu par la suite.
Jérôme K. Jérôme Bloche
Des dessins simples mais efficaces, des scénarii plutôt bien menés, parfois un peu court sur un tome mais on commence à voir des enquêtes sur 2 tomes ! Mais LE truc qui en fait une super chouette série c'est sans conteste le côté candide (mais pas niais !) et gaffeur de JKJ ! Un sens de la distraction qui lui vaudrait une médaille d'or au JO si c'était une épreuve et qui a le don de me faire sourire à tous les coups ! Les réactions inattendues comme boire un jus de citron sec pour se remettre des émotions fortes ou endiguer sa claustrophobie dans un ascenseur en mangeant un sandwich donnent également une dimension très sympa au personnage !
Le Grimoire du petit peuple
Plus qu’un simple scénariste, Pierre Dubois est avant tout un conteur de grand talent. Cette série est une invitation à le suivre dans ce monde qu’il connaît si bien, celui du petit peuple. Ces albums illustrent des contes venant de tout horizon (de l’Ecosse au Moyen Orient en passant par la Russie) et pour la plupart connus de tous. Cette grande diversité des contes est rassemblée par thème, ce dernier constituant la ligne de conduite d’un tome. Ainsi, le tome premier reprend les contes qui se passent au crépuscule tandis que les tomes suivants rassemblent les contes inspirés de la forêt (tome 2) et ceux ayant pour objet les tavernes (tome 3). Il n’y a point de grande originalité dans ces contes mais toute la force narrative de Pierre Dubois s’y retrouve, ce qui donne aux récits une ampleur sans pareille et un attrait certain. Pour mettre en image ces contes, notre elficologue s’est adjoint les services de dessinateurs renommés (Civello, Le Roux, Ségur, Madsen, Smudja, Tanquerelle) et d’autres qui le sont en devenir (Anthony Jean par exemple). Difficile donc de donner une appréciation globale sur le dessin mais sachez que les dessinateurs ont conservé leur style habituel (exception faite de Madsen). Ce fut notamment un grand plaisir de retrouver une histoire dessinée par Ségur (auteur du mythique Légendes des Contrées Oubliées). Anthony Jean, auteur qui m’est inconnu, est pour moi une révélation. J’admire sont trait proche de l’illustration et pourtant si vivant ! Bref, une série à ne pas manquer pour les amateurs de contes et légendes . . . ;)
Chinaman
Avis sur le 3ème tome « Pour Rose » : Parmi les 8 tomes qui composent la série, j'avoue avoir une nette préférence pour "pour Rose". Dans cet épisode, Chinaman est maintenant libéré de son "maître" et se retrouve seul, il devient trappeur et lors d'un séjour dans une ville pour y vendre ses fourrures, il assiste à une discussion entre un vieil homme et deux hommes de loi dont l'objet est la garde d'une petite fille. Lors de son retour vers son refuge, Chinaman "retrouve" en quelque sorte le vieil homme et celui-ci l'invite chez lui où il fait connaissance de la petite fille "Rose". A partir de ce moment, la fille et Chinaman vont devenir amis Cet album est une BD riche en émotions, j’ai senti vraiment qu'une amitié se forgeait entre Rose et Chinaman. L'histoire est narrativement prenante. A partir de documentations et de récits réels, TaDuc et Le tendre ont retracé la difficile intégration des Chinois en Amérique pendant le far-west. Une intégration qui s’est faite dans une relative douleur au vu des difficultés que Chinaman a dû affronter. Finalement, l’histoire, même si c'est un récit de fiction, se révèle très réaliste sur cette époque. Le trait de TaDuc est excellent, les paysages enneigés sont magnifiques de beauté. De plus, l’auteur excelle dans sa mise en page. Le Tendre a réalisé La Quête de l'Oiseau du Temps qui est une excellente série, il confirme son talent de narrateur dans un autre genre et avec les honneurs ! Note finale : 5/5 Avis sur le 8ème tome « Les pendus » : J’aime le coup de crayon de TaDuc. Le découpage, la mise en page, les recherches de celui-ci au niveau du cadrage, la mise en couleurs ont été et sont toujours d’un très bon niveau de qualité. Chinaman était jusqu’au 5ème tome une de mes séries préférées. Les scenarii étaient très originaux, ils abordaient des situations qui m’étaient inconnues et qui se sont révélées très intéressantes (« La montagne d’or », « Les mangeurs de rouille »). A défaut d’être originaux, certains albums de cette série étaient pour moi des modèles de sensibilité et d’émotion (« Pour Rose », « A armes égales »). Mais j’avoue que depuis deux-trois tomes, je ne retrouve plus ce plaisir de lire les « Chinaman » de la même manière que lors des premiers albums. Dans « Les pendus », j’ai eu la forte impression que Chinaman n’était qu’un spectateur au milieu des évènements qui se produisaient, comme si cela n’avait que peu d’incidences sur la vie de notre héros. Bien que les scènes d’action sont assez courantes dans « Les pendus », je n’ai pas été très intéressé par l’histoire. Je sais qu’il est très difficile de proposer une idée originale dans chaque album mais j’aurais voulu au minimum que les auteurs puissent me donner des émotions… Ce n’est malheureusement pas pour ce nouveau tome. Dommage… Note finale : 3/5
Les Ames d'Hélios
La cité industrielle d’Hélios donne une petite touche steampunk à la série. Les planches font penser effectivement à du Ségur, surtout dans les effets de mise en couleurs (moins pour les dessins qui s’apparenteraient davantage à du Mouclier). Le dessin (décors fouillés) et les couleurs apportent donc beaucoup à la série qui pêche par un scénario peu original et une narration chaotique. Ca se laisse donc lire mais ce n’est pas un univers qui m’intéresse à priori. A signaler que la scène incriminée dans les posts précédents ne m’a pas choquée outre mesure. Certes, elle n’apporte pas grand-chose à l’histoire mais je ne pense pas qu’elle s’y trouve pour des raisons lucratives (elle n’est pas vraiment mis en évidence et il faut lire l’album pour tomber dessus). Bref, bd visuellement réussie mais récit sans grand intérêt.
Guide de la survie en entreprise
J'avoue que Manu Larcenet m’a carrément bluffé avec cette BD ! Cet album est une grosse satire du monde de l’entreprise, il est divisé en plusieurs chapitres avec pour chacun un thème bien défini. L’auteur n’hésite pas à aller vers l’absurdité, j’ai en mémoire les chapitres sur la liberté sexuelle en entreprise et sur le Friday. Le monde du travail y est décrit sous forme d’une caricature totale et pourtant, combien sont les lecteurs qui se reconnaîtront à partir ce monde « impitoyable » ???!!! Personnellement, j’ai bien aimé cet humour décalé, cette façon ironique de décrire les travers du monde du travail. Les lecteurs qui sont habitués à lire les dernières productions de Manu Larcenet plus axés sur l'émotion risquent de rejeter ce livre. Pour ma part, ça m’est égal, j’ai bien rigolé et je suis admiratif de la diversité thématique de cet auteur. Décapant ! Note finale : 3,5/5
Guide de la survie en entreprise
Sympathique ce guide de la survie en entreprise. Pas le plus drôle des Larcenet, mais j’ai quand même bien aimé. J’ai trouvé que la manière de présenter les choses avec un narrateur un peu spécial était pas mal. En effet c’est Congo Bob, un aventurier qui a traversé toutes les mers et tous les déserts de la planète qui nous raconte le plus dur combat qui soit : la survie en entreprise. En ce qui concerne les dessins, vraiment pas de surprise, c’est du Larcenet pur jus. Dans l’ensemble les gags sont pas mal. Certains sont caricaturaux et d’autre vraiment décalés. Ce sont surtout ceux là que j’ai trouvé efficaces et qui m’ont fait rire. Suite à la remarque de Ro sur la vulgarité (ah, faut pas lire les avis avant de lire un album, mais juste regarder les notes !), mon attention a été un peu focalisée la dessus. Au début je n’ai pas trouvé qu’il y en avait tant que ça, à part dans le chapitre sur le sexe au bureau. Sur la fin c’est vrai qu’il y a une recrudescence de gros mots, mais au final je ne suis pas franchement choqué. Pas le meilleur des 4/5 que j'attribue, mais j’ai passé plutôt un bon moment avec cette BD.