Je ne suis pas amateur d'histoires de samourais ou de ronins. A vrai dire, je suis plus habitué à des mangas de samourai comme Kaze No Sho (Le livre du vent), réalistes et basés sur une référence historique exacte. J'ai donc été surpris de l'aspect fantastique de l'Habitant de l'Infini et de ses régénérations immédiates qu'on voit dès les premières pages. Mais partant de ce principe, ok, Manji est donc un super-samourai immortel qui combat le Mal. Finalement, c'est assez classique comme type de héros.
Le dessin est bon, voire très bon. La plupart des planches et des personnages sont excellents. Seul reproche, le dessinateur privilégie parfois l'esthétique à la compréhension facile de certaines scènes de combat et j'avoue avoir souvent eu du mal à comprendre ce qu'il se passait avant d'en voir le résultat. Le résultat en question consistant le plus souvent à voir tel ou tel personnage découpé en tranches, écartelé, déchiqueté ou autre. C'est du gore sans trop de sang. J'aime très moyennement ça, d'autant que je trouve ça un peu ridicule au niveau de l'histoire de voir les gens découpés en quadrillage ou autres formes de croix de vie.
Concernant l'histoire, les personnages sont relativement bons même s'ils manquent un peu d'originalité et de profondeur. Cependant, je dois dire que je ne suis pas captivé du tout par cette suite de combats, de vengeances, de protections, de règlements de la justice, etc. C'est pas mon genre.
En outre, j'ai lu l'édition des années 1990 de Casterman et je ne sais pas ce qu'il en est dans l'édition Sakka actuelle, mais la mise en page à l'occidental était un vrai massacre : images retournées ou pas, bulles de textes inversés ou à lire en sens inverse de la logique, mauvaises traductions. Catastrophique et d'autant plus dur d'entrer dans l'histoire.
Ceux qui n'apprécient guère les histoires de samourais et de combats au sabre n'auront sans doute pas tellement de raison de tomber en extase avec ce manga.
Superbe série qui nous plonge dans un univers complexe et original. Le dessin n'a d'égal que le scénario : unique, esthétique et riche. J'attends avec impatience le dernier tome. Chaque tome demande de la patience et ne se lit pas en 10 minutes, loin de là. Nicolas Fructus m'impressionne par sa première oeuvre. J'espère qu'il ne s'arrêtera pas à cette série, tant son imagination semble prolifique, sans oublier son coup de crayon d'une efficacité redoutable. Un grand merci Mr Fructus, je suivrai de près votre production.
Cette série mélange 2 thèmes à mes yeux : un thème assez éculé sur le racisme dans le Sud Américain, et un autre thème sur la musique, le blues, ceux qui le jouent et ceux qui l'aiment. Pris tels quels, aucun de ces deux thèmes n'aurait su me séduire en tant que lecteur. Mais le traitement graphique de ces planches permet de sublimer certaines émotions et certaines ambiances, donnant un véritable âme à ce récit.
Le graphisme est semblable à de la carte à gratter mais je crois plutôt qu'il s'agit d'un dessin réalisé sur tablette graphique. Le résultat, noir sans être désespérant, est fort et intense. Le trait du dessin lui-même est bon dans son ensemble, notamment concernant les visages qui ont de belles expressions. Cependant ce trait très gras donne une petite impression caricaturale aux personnages, amplifiée par une disproportion occasionnelle entre têtes et bras, grosse tête petit corps. Cet aspect gâche un peu certaines ambiances sérieuses ou dures. Mais dans l'ensemble, cela n'en reste pas moins de belles planches pleines d'ambiance.
La partie du scénario partant de ces deux noirs au mauvais endroit au mauvais moment puis la cavale du héros n'est pas originale. Je l'ai déjà vue plusieurs fois en BD comme en film ou autres. Mais elle est traitée avec justesse et comme dit plus haut amplifiée par la force du dessin.
A ses côtés, j'apprécie l'ambiance musicale. Mais aussi la foi chrétienne qui ressort de la fin du récit avec... ce rebondissement fantastique auquel je ne m'attendais pas. En outre, les toutes dernières pages de cette série sont assez fortes en émotion et elle est assez bien passée pour moi.
Bref, c'est une bonne BD agréable à lire et au graphisme original même si le scénario l'est largement moins.
Voilà, j'ai cassé ma tirelire... 120 euros l'album tout de même ! Mais voilà un achat que je ne regrette pas une seconde ! Je crois même que j’aurais bien pu le payer plus cher.
Le trombone illustré, c’est que du bonheur en concentré... Un esprit frondeur, malicieux, parfois carrément iconoclaste. Le trombone illustré, c’est non seulement de l’excellente bédé (les débuts des Idées Noires, mais aussi de Germain et Nous, et des noms aussi prestigieux que Bretécher, Comès, F’murr, Gotlib, Macherot ou Tardi, pour n’en citer que quelques-uns, et plein de choses jamais rééditées, bien sûr), mais ce sont également des nouvelles courtes passionnantes, des textes plus engagés, des jeux bien délirants, bref tout ça quoi... le tout dans un esprit bon enfant des plus réjouissants.
Et puis, rien que pour les titres de Franquin, cela vaut déjà la peine (Pour rappel, le titre de chaque numéro était dessiné par Franquin, chaque fois différemment, en incluant toute une série de personnages qui évoluent au fil des numéros... une histoire en soi !)
Si un jour vous croisez cet album, n’hésitez pas trop, même si c’est un peu cher (à 120 euros, ça ne fait que jamais 4 euros le numéro).
[À noter : il existe un album récent qui, lui, ne contient que les titres de chaque numéro, dessinés par Franquin... c’est intéressant, certes, mais si vous pouvez trouver le recueil complet, c’est évidemment dix mille fois mieux. Par ailleurs, ces mêmes titres sont tous disponibles dans l’intégrale Rombaldi de l’oeuvre de Franquin ; dans le dernier volume, celui consacré aux Idées Noires.]
Je viens de lire Wimbledon Green, et je suis véritablement tombé sous le charme...
C'est d'abord un magnifique objet d'édition. Un livre à toucher, regarder, exposer, contempler, et même à lire, tiens !
Mais ce soin apporté au design n'est pas anodin puisqu'il nous introduit à l'histoire qui y est raconté, qui tourne autour du monde des collectionneurs de comics. Un véritable bijou (or et jade) d'adéquation de la forme au fond.
La forme est aussi présente dans le recours quasi-immuable à un gaufrier parfaitement carré 4x4 et le travail sous contrainte qu'il impose. Les seules digressions que s'autorise l'auteur, Seth, sont, elles, on ne peut plus pertinentes et judicieuses.
Mais c'est également une narration hors pair qui procure le plaisir de lecture réel qu'on a de cet ouvrage. A travers une espèce de documentaire-aventure sur "le plus grand collectionneur de comics du monde", Seth nous fait vivre une histoire palpitante mélangeant allègrement les points de vue, les allers-retours temporels, les parts d'ombre et de lumière d'un scénario rondement mené.
Le fait que cela parle de collections de comics n'est peut-être pas le plus important sujet, mais, comme dans De mal en pis d'Alex Robinson, les références qu'on peut y trouver apportent un vrai plus pour celui (comme moi) qui s'intéresse aux principes de la culture comics. A peine peut-on émettre du coup un petit regret sur les imperfections obligées de la traduction (parler d'"age d'or", d'"age d'argent" au lieu de "golden-silver age" pour amener un jeu de mot ; ou les difficultés de traduc' de références aux classifications d'état très élaborées outre-atlantique : "very fine", "near mint",...).
Tout est captivant, certains passages sont même très forts et touchants (comme la mort de Wilbur R. Webb).
Pas du tout, du tout, du tout dispensable ( ;) hervé...).
Une série qui aurait pu être très bien. Malheureusement je crois que je suis passé totalement à côté.
Léocadie est une jeune femme qui découvre un beau matin un cadavre devant sa porte. Il s'ensuit une enquête de police qui ne donne rien. Enfin officiellement, puisque le jeune inspecteur continue de venir interroger encore et encore la jeune femme et il fait marcher des relations pour obtenir de plus amples informations.
On assiste ensuite à des rencontres et des conversations entre de nouveaux personnages (les méchants ??) qui exercent aussi des pressions sur une amie de Léo. Bref c'est un peu confus, j'ai pas toujours compris qui est qui et dans quel but ces gens agissent. Je n'ai surtout pas eu l'impression d'être accroché par une intrigue passionnante.
Dans le tome 2 on découvre encore des nouveaux personnages qui sont très bien renseignés sur qui est qui, qui fait quoi, et surtout dans quel but. En tout cas, ils sont mieux renseignés que moi c'est sûr...
Vous l'aurez compris, j'ai été bien perdu dans ma lecture de ces 2 albums. Je ne sais pas du tout pourquoi. Pourtant il n'y a pas de difficulté à la lecture, on ne confond pas les personnages, pas besoin de revenir en arrière pour savoir qui avait dit un truc. Pourtant le dessin est pas mal aussi.
C'est presque à regret que je mets une mauvaise note à cette série, et j'attends de lire d'autre avis qui viendront peut-être confirmer que je suis simplement passé à côté de cette BD.
Je ne connaissais que "Pi" du cinéaste Aronofsky, j'ai pas vu "Requiem for a dream". Sans me vanter, j'avais pas compris grand chose. Mais je m'étais laissé happé par l'ambiance.
Là, The fountain est tout de même un peu plus compréhensible : un conquistador part à la recherche de la source de vie éternelle chez les Mayas. Mille ans plus tard, on le voit dans l'espace on sait pas trop où (là, c'est pas la partie la plus claire de l'album). Enfin, à notre époque, un chercheur (le même personnage, on ne sait pas trop au début comment) essaye de sauver sa femme malade.
Si ce "pitch" fait un peu bordélique, la lecture de cet album amène une poésie et des moments d'émotion assez réussis, aussi (surtout ?) grâce aux dessins de Kent Williams.
A classer dans la famille de Dave McKean ou, plus éloigné, de Bill Sienkiewicz, Williams alterne des cases à la limite de l'hyperréalisme et d'autres beaucoup plus brutes, dessin juste au crayon et corps déformés, pas très loin d'Egon Schiele. Par dessus, des couleurs dont la palette surprend par sa justesse rare et l'alternance des grands à-plats avec des modèles plus travaillés.
Bref, un beau voyage, pour peu qu'on se laisse porter.
Info accessoire : la réalisation de la BD a permis de relancer en parallèle la réalisation de film qu'était le scénario d'origine. Il sort en France en Novembre, avec Hugh Jackman (Wolverine) dans le rôle principal.
Pour voir le trailer, c'est ici.
Après Norbert l'imaginaire, Vadot et Guéret continuent de mêler la vie de Monsieur Tout-le-monde et le fantastique. Ils se situent là entre la chronique et le conte.
L'idée : un vieil homme, 80 ans, vient d'apprendre qu'il ne marchera plus. Tous les jours, la jeune et belle Juliette vient lui rendre visite. Et ça lui fait du bien. Tellement de bien qu'il commence à rajeunir, d'un an tous les jours. Il remarche, voit plus clair, ...
Impossible cependant de parler du "véritable" thème de l'album (en tout cas celui qui le dirige) sans faire de "spoiler". Je dirais juste que, à l'instar de Norbert, on retrouve un récit humain, qui parle forcément à tous, avec cette même petite musique et ses personnages crédibles.
Graphiquement, Vadot laisse maintenant directement ses crayonnés et met les couleurs par dessus. C'est souvent très beau et bien mis en scène. Un petit bémol cependant sur certaines cases, notamment avec Juliette, qui semblent un peu "bancales".
Dans la lignée de Il faut tuer José Bové, Jul sort une nouvelle BD, cette fois autour de la guerre Bush / Ben Laden. Cette nouvelle pastiche est plutôt sympa et bien réussie. La femme de Ben Laden écrit son journal intime, elle raconte son quotidien, les après midi tupperware avec les copines, les sorties pour faire les magasins, etc... Ces passages là m'ont bien fait sourire.
Bush est lui plus caricatural, on dirait un peu le personnage des guignols, le bon texan, ultra croyant et accroc au whisky.
Si vous avez aimé les aventures de José Bové, vous aimerez sans aucun doute cette nouvelle BD.
Pour moi elles se valent complètement, donc là aussi un 3,5 sur 5.
Un polar dont le scénario est bien maîtrisé.
On y retrouve tous ce qui a fait la force des polars noirs des années 30 - 50 (des truands, des magouilles et une femme fatale).
Malheureusement au bout d'un tiers, je me doutais plus ou moins de ce qui arriverait à la fin... et c'est ce qui est arrivé. Donc un point de moins sur la note qui sinon mériterait 4.
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L'Habitant de l'infini
Je ne suis pas amateur d'histoires de samourais ou de ronins. A vrai dire, je suis plus habitué à des mangas de samourai comme Kaze No Sho (Le livre du vent), réalistes et basés sur une référence historique exacte. J'ai donc été surpris de l'aspect fantastique de l'Habitant de l'Infini et de ses régénérations immédiates qu'on voit dès les premières pages. Mais partant de ce principe, ok, Manji est donc un super-samourai immortel qui combat le Mal. Finalement, c'est assez classique comme type de héros. Le dessin est bon, voire très bon. La plupart des planches et des personnages sont excellents. Seul reproche, le dessinateur privilégie parfois l'esthétique à la compréhension facile de certaines scènes de combat et j'avoue avoir souvent eu du mal à comprendre ce qu'il se passait avant d'en voir le résultat. Le résultat en question consistant le plus souvent à voir tel ou tel personnage découpé en tranches, écartelé, déchiqueté ou autre. C'est du gore sans trop de sang. J'aime très moyennement ça, d'autant que je trouve ça un peu ridicule au niveau de l'histoire de voir les gens découpés en quadrillage ou autres formes de croix de vie. Concernant l'histoire, les personnages sont relativement bons même s'ils manquent un peu d'originalité et de profondeur. Cependant, je dois dire que je ne suis pas captivé du tout par cette suite de combats, de vengeances, de protections, de règlements de la justice, etc. C'est pas mon genre. En outre, j'ai lu l'édition des années 1990 de Casterman et je ne sais pas ce qu'il en est dans l'édition Sakka actuelle, mais la mise en page à l'occidental était un vrai massacre : images retournées ou pas, bulles de textes inversés ou à lire en sens inverse de la logique, mauvaises traductions. Catastrophique et d'autant plus dur d'entrer dans l'histoire. Ceux qui n'apprécient guère les histoires de samourais et de combats au sabre n'auront sans doute pas tellement de raison de tomber en extase avec ce manga.
Thorinth
Superbe série qui nous plonge dans un univers complexe et original. Le dessin n'a d'égal que le scénario : unique, esthétique et riche. J'attends avec impatience le dernier tome. Chaque tome demande de la patience et ne se lit pas en 10 minutes, loin de là. Nicolas Fructus m'impressionne par sa première oeuvre. J'espère qu'il ne s'arrêtera pas à cette série, tant son imagination semble prolifique, sans oublier son coup de crayon d'une efficacité redoutable. Un grand merci Mr Fructus, je suivrai de près votre production.
Bluesman
Cette série mélange 2 thèmes à mes yeux : un thème assez éculé sur le racisme dans le Sud Américain, et un autre thème sur la musique, le blues, ceux qui le jouent et ceux qui l'aiment. Pris tels quels, aucun de ces deux thèmes n'aurait su me séduire en tant que lecteur. Mais le traitement graphique de ces planches permet de sublimer certaines émotions et certaines ambiances, donnant un véritable âme à ce récit. Le graphisme est semblable à de la carte à gratter mais je crois plutôt qu'il s'agit d'un dessin réalisé sur tablette graphique. Le résultat, noir sans être désespérant, est fort et intense. Le trait du dessin lui-même est bon dans son ensemble, notamment concernant les visages qui ont de belles expressions. Cependant ce trait très gras donne une petite impression caricaturale aux personnages, amplifiée par une disproportion occasionnelle entre têtes et bras, grosse tête petit corps. Cet aspect gâche un peu certaines ambiances sérieuses ou dures. Mais dans l'ensemble, cela n'en reste pas moins de belles planches pleines d'ambiance. La partie du scénario partant de ces deux noirs au mauvais endroit au mauvais moment puis la cavale du héros n'est pas originale. Je l'ai déjà vue plusieurs fois en BD comme en film ou autres. Mais elle est traitée avec justesse et comme dit plus haut amplifiée par la force du dessin. A ses côtés, j'apprécie l'ambiance musicale. Mais aussi la foi chrétienne qui ressort de la fin du récit avec... ce rebondissement fantastique auquel je ne m'attendais pas. En outre, les toutes dernières pages de cette série sont assez fortes en émotion et elle est assez bien passée pour moi. Bref, c'est une bonne BD agréable à lire et au graphisme original même si le scénario l'est largement moins.
Le Trombone Illustré
Voilà, j'ai cassé ma tirelire... 120 euros l'album tout de même ! Mais voilà un achat que je ne regrette pas une seconde ! Je crois même que j’aurais bien pu le payer plus cher. Le trombone illustré, c’est que du bonheur en concentré... Un esprit frondeur, malicieux, parfois carrément iconoclaste. Le trombone illustré, c’est non seulement de l’excellente bédé (les débuts des Idées Noires, mais aussi de Germain et Nous, et des noms aussi prestigieux que Bretécher, Comès, F’murr, Gotlib, Macherot ou Tardi, pour n’en citer que quelques-uns, et plein de choses jamais rééditées, bien sûr), mais ce sont également des nouvelles courtes passionnantes, des textes plus engagés, des jeux bien délirants, bref tout ça quoi... le tout dans un esprit bon enfant des plus réjouissants. Et puis, rien que pour les titres de Franquin, cela vaut déjà la peine (Pour rappel, le titre de chaque numéro était dessiné par Franquin, chaque fois différemment, en incluant toute une série de personnages qui évoluent au fil des numéros... une histoire en soi !) Si un jour vous croisez cet album, n’hésitez pas trop, même si c’est un peu cher (à 120 euros, ça ne fait que jamais 4 euros le numéro). [À noter : il existe un album récent qui, lui, ne contient que les titres de chaque numéro, dessinés par Franquin... c’est intéressant, certes, mais si vous pouvez trouver le recueil complet, c’est évidemment dix mille fois mieux. Par ailleurs, ces mêmes titres sont tous disponibles dans l’intégrale Rombaldi de l’oeuvre de Franquin ; dans le dernier volume, celui consacré aux Idées Noires.]
Wimbledon Green
Je viens de lire Wimbledon Green, et je suis véritablement tombé sous le charme... C'est d'abord un magnifique objet d'édition. Un livre à toucher, regarder, exposer, contempler, et même à lire, tiens ! Mais ce soin apporté au design n'est pas anodin puisqu'il nous introduit à l'histoire qui y est raconté, qui tourne autour du monde des collectionneurs de comics. Un véritable bijou (or et jade) d'adéquation de la forme au fond. La forme est aussi présente dans le recours quasi-immuable à un gaufrier parfaitement carré 4x4 et le travail sous contrainte qu'il impose. Les seules digressions que s'autorise l'auteur, Seth, sont, elles, on ne peut plus pertinentes et judicieuses. Mais c'est également une narration hors pair qui procure le plaisir de lecture réel qu'on a de cet ouvrage. A travers une espèce de documentaire-aventure sur "le plus grand collectionneur de comics du monde", Seth nous fait vivre une histoire palpitante mélangeant allègrement les points de vue, les allers-retours temporels, les parts d'ombre et de lumière d'un scénario rondement mené. Le fait que cela parle de collections de comics n'est peut-être pas le plus important sujet, mais, comme dans De mal en pis d'Alex Robinson, les références qu'on peut y trouver apportent un vrai plus pour celui (comme moi) qui s'intéresse aux principes de la culture comics. A peine peut-on émettre du coup un petit regret sur les imperfections obligées de la traduction (parler d'"age d'or", d'"age d'argent" au lieu de "golden-silver age" pour amener un jeu de mot ; ou les difficultés de traduc' de références aux classifications d'état très élaborées outre-atlantique : "very fine", "near mint",...). Tout est captivant, certains passages sont même très forts et touchants (comme la mort de Wilbur R. Webb). Pas du tout, du tout, du tout dispensable ( ;) hervé...).
CD Corps Diplomatique
Une série qui aurait pu être très bien. Malheureusement je crois que je suis passé totalement à côté. Léocadie est une jeune femme qui découvre un beau matin un cadavre devant sa porte. Il s'ensuit une enquête de police qui ne donne rien. Enfin officiellement, puisque le jeune inspecteur continue de venir interroger encore et encore la jeune femme et il fait marcher des relations pour obtenir de plus amples informations. On assiste ensuite à des rencontres et des conversations entre de nouveaux personnages (les méchants ??) qui exercent aussi des pressions sur une amie de Léo. Bref c'est un peu confus, j'ai pas toujours compris qui est qui et dans quel but ces gens agissent. Je n'ai surtout pas eu l'impression d'être accroché par une intrigue passionnante. Dans le tome 2 on découvre encore des nouveaux personnages qui sont très bien renseignés sur qui est qui, qui fait quoi, et surtout dans quel but. En tout cas, ils sont mieux renseignés que moi c'est sûr... Vous l'aurez compris, j'ai été bien perdu dans ma lecture de ces 2 albums. Je ne sais pas du tout pourquoi. Pourtant il n'y a pas de difficulté à la lecture, on ne confond pas les personnages, pas besoin de revenir en arrière pour savoir qui avait dit un truc. Pourtant le dessin est pas mal aussi. C'est presque à regret que je mets une mauvaise note à cette série, et j'attends de lire d'autre avis qui viendront peut-être confirmer que je suis simplement passé à côté de cette BD.
The Fountain
Je ne connaissais que "Pi" du cinéaste Aronofsky, j'ai pas vu "Requiem for a dream". Sans me vanter, j'avais pas compris grand chose. Mais je m'étais laissé happé par l'ambiance. Là, The fountain est tout de même un peu plus compréhensible : un conquistador part à la recherche de la source de vie éternelle chez les Mayas. Mille ans plus tard, on le voit dans l'espace on sait pas trop où (là, c'est pas la partie la plus claire de l'album). Enfin, à notre époque, un chercheur (le même personnage, on ne sait pas trop au début comment) essaye de sauver sa femme malade. Si ce "pitch" fait un peu bordélique, la lecture de cet album amène une poésie et des moments d'émotion assez réussis, aussi (surtout ?) grâce aux dessins de Kent Williams. A classer dans la famille de Dave McKean ou, plus éloigné, de Bill Sienkiewicz, Williams alterne des cases à la limite de l'hyperréalisme et d'autres beaucoup plus brutes, dessin juste au crayon et corps déformés, pas très loin d'Egon Schiele. Par dessus, des couleurs dont la palette surprend par sa justesse rare et l'alternance des grands à-plats avec des modèles plus travaillés. Bref, un beau voyage, pour peu qu'on se laisse porter. Info accessoire : la réalisation de la BD a permis de relancer en parallèle la réalisation de film qu'était le scénario d'origine. Il sort en France en Novembre, avec Hugh Jackman (Wolverine) dans le rôle principal. Pour voir le trailer, c'est ici.
80 jours
Après Norbert l'imaginaire, Vadot et Guéret continuent de mêler la vie de Monsieur Tout-le-monde et le fantastique. Ils se situent là entre la chronique et le conte. L'idée : un vieil homme, 80 ans, vient d'apprendre qu'il ne marchera plus. Tous les jours, la jeune et belle Juliette vient lui rendre visite. Et ça lui fait du bien. Tellement de bien qu'il commence à rajeunir, d'un an tous les jours. Il remarche, voit plus clair, ... Impossible cependant de parler du "véritable" thème de l'album (en tout cas celui qui le dirige) sans faire de "spoiler". Je dirais juste que, à l'instar de Norbert, on retrouve un récit humain, qui parle forcément à tous, avec cette même petite musique et ses personnages crédibles. Graphiquement, Vadot laisse maintenant directement ses crayonnés et met les couleurs par dessus. C'est souvent très beau et bien mis en scène. Un petit bémol cependant sur certaines cases, notamment avec Juliette, qui semblent un peu "bancales".
La croisade s'amuse
Dans la lignée de Il faut tuer José Bové, Jul sort une nouvelle BD, cette fois autour de la guerre Bush / Ben Laden. Cette nouvelle pastiche est plutôt sympa et bien réussie. La femme de Ben Laden écrit son journal intime, elle raconte son quotidien, les après midi tupperware avec les copines, les sorties pour faire les magasins, etc... Ces passages là m'ont bien fait sourire. Bush est lui plus caricatural, on dirait un peu le personnage des guignols, le bon texan, ultra croyant et accroc au whisky. Si vous avez aimé les aventures de José Bové, vous aimerez sans aucun doute cette nouvelle BD. Pour moi elles se valent complètement, donc là aussi un 3,5 sur 5.
Tue-moi à en crever
Un polar dont le scénario est bien maîtrisé. On y retrouve tous ce qui a fait la force des polars noirs des années 30 - 50 (des truands, des magouilles et une femme fatale). Malheureusement au bout d'un tiers, je me doutais plus ou moins de ce qui arriverait à la fin... et c'est ce qui est arrivé. Donc un point de moins sur la note qui sinon mériterait 4.