Les derniers avis (114525 avis)

Par jwi
Note: 4/5
Couverture de la série Quelques Mois à l'Amélie
Quelques Mois à l'Amélie

La collection Aire Libre chez Dupuis possède quelques albums qui brillent au firmament des œuvres personnelles. « Quelques mois à l’Amélie » est de ces albums qui touchent à la corde sensible du lecteur. On suit les traces d’Aloys Clark et de Dorian dans un récit alternant flash-back et jeux de cache-cache, (re)découverte de soi et recherche de l’autre, … Aloys, romancier en mal d’inspiration voire en mal de vivre, trouvera sa muse en la personne de Dorian ; pas directement mais par l’entremise d’un livre dont il suivra le parcours à travers le sud-ouest de la France. Ces 72 pages d’un récit très personnel de l’auteur de Luc Leroi (Casterman) se dévorent aussi bien pour le plaisir des yeux que pour celui des mots. La justesse du trait et des couleurs de Denis fait merveille et procure de véritables “moments”. La fluidité de son récit et la force de sa narration donnent même envie d’aller plus loin et de dévorer le roman qu’Aloys offrira à Marianne… Chose d’ailleurs possible car Denis s’est offert ce plaisir d’écrire le roman de son personnage (et de le faire publier). Quand la passion dépasse la fiction, J-C Denis donne à Dupuis un des plus beaux albums de son catalogue. Une réussite !

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 3/5
Couverture de la série Thorinth
Thorinth

Nicolas Fructus signe avec cet album sa première réalisation en bande dessinée. Il n'est pourtant pas à ses premiers pas dans le dessin et il a déjà collaboré avec des grands noms du neuvième art tels que Moebius, Druillet ou encore Boucq. Il a acquis jusqu'à présent toute son expérience dans l'illustration, et surtout dans le dessin animé et les jeux vidéo (en tant que directeur artistique). Cela va forcément se refléter dans sa bibliographie bd. Le plus étonnant dans cette BD est d'emblée l'impression picturale qui en ressort : Fructus parvient à créer des effets "légers" telles des peintures sans aucun recours à l'infographie. Sa mise en couleur est pourtant belle et bien réalisée après scannage de ses crayonnés. Même si on se perd parfois d'une case à l'autre et si certains passages sont parfois nébuleux... N'est-ce pas dû en fait à cet univers loufoque, peuplé de fous, qu'est celui de Thorinth ? On navigue entre des aperçus d'un monde déjanté, une poursuite, des confrontations, des explications, des dialogues de sourds, des chasses à l'algue, des récoltes de Sogrom... Bref à univers fou, contenu pas plus intelligible mais toujours aussi original et par conséquent intéressant ! Fructus semble avoir adopté la même méthode de travail au niveau de ses dessins. Des crayonnés sur papier subissent ensuite un traitement informatique jusqu'au résultat final. Par un système de calques avant et arrière, Fructus parvient à créer un univers graphique aux formes et aux couleurs qui valent plus que le coup d'oeil et également l'investissement d'une somptueuse prépublication sur le site des Humanos (voir plus bas). Rien d'original à une prépub ? Sous cette forme si ! (à vous de voir) Nicolas Fructus a fait avec cette série une entrée prometteuse dans le neuvième art.

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 4/5
Couverture de la série Tonnerre Rampant
Tonnerre Rampant

Cet album est signé Eric Liberge. Il est donc à priori prometteur au vu de ce que cet auteur a déjà produit avec Relayer (avec Gravé au dessin) ou surtout avec Monsieur Mardi Gras Descendres (en solo chez Pointe Noire et dont le tome 1 lui valut le Prix Goscinny 1999). Si ce nouvel album est en couleur, il n'est pas pour autant si loin du traitement graphique de la sombre série précitée : dessin fin, précis et détaillé mais néanmoins nerveux, vif; découpage original en pleine(s) page(s) (pas toujours aisé à lire mais bon); ... L'apport des couleurs dans les mains de Liberge peut faire penser à première vue à la série Les Processionnaires par Séra et Saimbert chez Albin Michel. Mais, évidemment, Liberge dépasse le stade de la comparaison. Son style lui est propre et on ressent le dur labeur qui ressort de ses pages (voir également les croquis en fin d'album). Ce projet a d'ailleurs eu le temps de mûrir dans sa tête car il découle d'un voyage au Danemark chez Tante Marguerite en 1984... Où est le rapport ? A vous de voir en lisant l'intro de Liberge ! Vous comprendrez alors comment ont été bâties les fondations de ce prieuré le plus hanté d'Angleterre. 80 pages pour aller au-delà de l'horreur; c'est ce que fait Liberge. Il dépasse le surnaturel pour en expliquer la provenance. Rien de bien rationnel certes mais des liens de cause à effet, des sentiments et de l'émotion ! Le mot de la fin ? Vibrant !

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 4/5
Couverture de la série Troubles fêtes
Troubles fêtes

Si certains ne connaissaient pas "Troubles fêtes", la plupart reconnaîtront quelques unes de ses images qui ont fait l'objet d'édition en cartes postales (disponibles dans de nombreuses librairies). Ceux-là auront désormais le plaisir de découvrir le texte de Rose Le Guirec qui les accompagne. Plutôt paillard, celui-ci a permis à Loisel de produire des dessins érotiques à faire rougir un Saint. Au menu, on assiste à un Centaure en rut, à des Feux de la Saint-Jean plutôt épicés et à la salacité d'une cérémonie au coeur de Venise. Loisel s'en donne à coeur joie et nous enchante véritablement. Paru après la fin de la "Quête", l'album offre notamment à notre voyeurisme des créatures qui ne sont pas sans rappeler une certaine Pélisse (voir les 12 premières planches des Feux de la Saint-Jean). De quoi satisfaire de nombreux fantasmes !

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 3/5
Couverture de la série Vincent et Van Gogh
Vincent et Van Gogh

Gradimir Smudja livre ici un album tant original que didactique. Son parcours par la Suisse l'a notamment fait copiste. Il en découle cette oeuvre intéressante publiée par Delcourt. L'exercice n'était pas simple de produire des planches basées sur le travail technique des grands impressionnistes. Mais au-delà de ce "simple" exercice de style, on sent que l'auteur veut plutôt rendre un hommage non dénué d'humour au peintre hollandais. Si tout le monde connaît Van Gogh, qui connaît Vincent ? Bien plus qu'un pauvre chat errant sauvé de justesse par Van Gogh, Vincent est son bras, celui qui a non seulement signé mais aussi réalisé ses oeuvres. Ce n'est d'ailleurs pas la seule révélation que Smudja nous offre: Gauguin n'a jamais quitté la France, le chat de Picasso s'appelait Pablito, ... A vous de voir ce qu'il révèle de Monet, Toulouse-Lautrec, Degas, ... Aberration, loufoquerie, inconscience, blasphème ? Ou plutôt malice mêlée de respect ? Car dans le fond, ne faut-il pas y voir une tentative d'explication du génie de ces grands maîtres ?! Bref, Vincent & Van Gogh est un album plein d'humour mais pas uniquement. De manière détournée, on y apprend beaucoup de choses. De manière plus évidente, on en prend plein les yeux...

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 3/5
Couverture de la série Volunteer
Volunteer

Depuis quelques temps, les vampires ont la côte dans le neuvième art. Muriel Sevestre et Benoît Springer les avaient d'ailleurs déjà abordés dans le savoureux collectif paru chez Carabas en 2001 et tout simplement intitulé Vampires. Cette courte collaboration ne suffisait pas à l'auteur avide de récits fantastiques qu'est Muriel Sevestre. Elle a donné alors naissance à "Volunteer" que Delcourt publiera en deux épais volumes de 70 pages... Son récit est tout simplement haletant et tient parfaitement la longueur. On ne s'ennuie pas au fil des pages et on suit, les yeux rivés sur les cases, le découpage de plans alternés que proposent Sevestre et Springer. L'approche de ce nouveau monde des "non-morts" (comme se plaît à les nommer Anne Rice) est originale et ne tombe par conséquent pas dans le piège du déjà vu ou encore du stéréotype. Entre recherche d'identité, polar et fantastique, "Volunteer" est un récit moderne, sombre et angoissant. Pour mettre tout cela en image, l'auteur de Terres d'Ombre (également chez Delcourt) joue la carte classique. Les effets ne pèchent pas par excès et s'immiscent dans un semi-réalisme alterné par des mâchoires protubérantes et d'autres visages déformés. L'approche des couleurs choisie par Springer se veut sombre (thème et situation urbaine obligent) et n'insiste pas trop sur l'informatique qui se fait discrète (même si on sent tout de même sa présence). Un bon diptyque, peut-être pas de légende mais qui mérite sa place dans les bonnes bibliothèques.

07/05/2006 (modifier)
Par jwi
Note: 4/5
Couverture de la série La Voleuse du Père Fauteuil
La Voleuse du Père Fauteuil

Eric Omond est un auteur à l'inspiration fertile et à la production prolifique. Oh bien sûr se trouveront toujours certains pour dire qu'il n'est pas le seul et qu'il peut compter sur l'aide de ses comparses de "La Boîte qui fait Beuh !"... eh bien tant mieux car une telle production ne se dénigre pas Madame ! Ne citons pour exemple que des titres comme Toto l'ornithorynque (avec Yoann), Mort Linden (avec Marty) ou encore (et peut-être même surtout) le somptueux Le dérisoire (avec Supiot dans la Collection Carrément BD chez Glénat). Mais au fait, "la Boîte qui fait Beuh !", qu'est ce que c'est ? Tout simplement l'atelier angevin créé en 1996 par ces deux auteurs Eric Omond et Yoann Chivard ... Mais revenons à "La voleuse du père fauteuil" qui vient enrichir la Collection Poisson Pilote chez Dargaud d'un nouveau titre de référence. Les deux comparses d'Angoulême s'y sente vraisemblablement très à l'aise. Ils signent un récit que l'on pourrait qualifier de romantique dans une atmosphère très vieille France vers 1900. Une jeune fille de bonne famille (du moins le pense-t-elle) va s'éprendre de l'ennemi public numéro 1, surnommé l'Homme mystère. De ce point de départ roucoulant va découler des intrigues et autres magouilles politiques et d'autres côtés plus surnaturels ou encore socialement satiriques. Le graphisme, les couleurs (signée Hubert) et l'ambiance générale s'immergent parfaitement dans la Collection Poisson Pilote qui s'offre donc ainsi une nouvelle réussite.

07/05/2006 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Légende
Légende

C’est une série qui avance lentement certes, mais, en tant qu'amateur de Swolf, je me passionne plus pour le dessin que pour le scénario. En outre ce troisième volume a le précieux avantage, comme les deux précédents, de posséder une version noir et blanc qui suffit à mon bonheur de lecteur. On retrouve certains thèmes déjà traité en bande dessinée (mais en plus édulcoré chez les autres auteurs), comme les sentiments ambigus de Tristan, héritier déchu d'un domaine, avec la future châtelaine (Ombeline) et la fille du chef des brigands ("la brunette"). Cela n'est pas sans rappeler un épisode de Les aigles décapitées (l'hérétique) de Kraehn. C'est vrai que le rythme du scénario est toujours le même d'un épisode à l'autre (poursuite, combat, la scène de cul, la préparation de l'avènement des forces du mal) mais ce moyen âge violent, rude, sanglant est magnifiquement dessiné par Swolf, à qui je pardonne les faiblesses scénaristiques. En plus deux personnages vont prendre de leur importance ici (tome 3): le mystérieux Eol et le moine, (force du mal contre force du bien) Surtout n'oubliez pas la version noir et blanc de cette série qui mérite vraiment le détour.

06/05/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 5/5
Couverture de la série Corto Maltese
Corto Maltese

Peut-être l’un des plus beaux personnages de la bande dessinée. Corto Maltese est l’archétype du héros ironique qui traîne son spleen sur toutes les plages du monde. Hugo Pratt a réalisé une œuvre intéressante qui touche à l’histoire (l’action se passe au début du siècle dernier), à l’ésotérisme (ex de l’histoire des Helvétiques) et lorgne parfois vers le fantastique. Les livres de Pratt sont parfois difficiles d’accès. Mais quand on commence à rentrer dans l’histoire, on a du mal à décrocher. Quelques albums sont peut-être plus hermétiques que d’autres, notamment Mu, ou Tango. Mes préférés sont Les Celtiques, Sous le signe du capricorne. Ceux-ci sont des recueils de courtes histoires se déroulant en Irlande (entre autre) pour le premier et en Amérique latine pour le second. Dans les plus longs récits, j’aime bien Corto Maltese en Sibérie ou la Maison dorée de Samarkand (où Corto croise son double) au fort contexte historique, mais aussi Fables de Venise (description cynique de l’Italie de Mussolini) pour sa composition sous forme théâtrale (l’album est écrit en actes). Un conseil, je pense qu’il vaut mieux prendre la collection qui est restée en noir et blanc. Je ne suis pas pour la colorisation des albums.

06/05/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Nestor Burma
Nestor Burma

J'aime beaucoup les adaptations de Nestor Burma que Tardi a faites. L'ambiance du Paris des années 40-50 est très bien rendue par un magnifique dessin et un très bon travail de reconstitution. Les deux premiers albums 120 Rue de la Gare et Brouillard au pont de Tolbiac sont mes préférés. Par la suite, j'aime bien Casse-Pipe à la Nation et un peu moins les suivants. Le dernier la nuit de Saint-Germain-des-Prés dessiné par Moynot m'a même déçu. Pourtant on ne voit pas de grandes différences avec le dessin de Tardi, mais c'est plus le scénario qui ne m'a pas plu. Je conseille cependant fortement de découvrir ces histoires car Tardi en sort de magnifiques adaptations. Nestor Burma, désabusé et cynique colle parfaitement aux personnages que Tardi a l'habitude de dessiner. C'est aussi un autre moyen de découvrir l'oeuvre de Léo Malet, un des grands noms du roman policier français.

06/05/2006 (modifier)