Canardo est une BD animalière qui reprenait les codes du roman policier de manière très noire.
Canardo le personnage éponyme est alcoolique, violent, désabusé, souvent cynique, ce qui est rare dans la bande dessinée.
En fait, je ne conseille pas l'achat de toute la série mais d'un ou deux tomes pour se faire une idée. Je trouve que les albums les plus anciens la cadillac blanche, le chien debout, Raspoutine, la mort douce sont certes les meilleurs, mais ils ont quand même pris un petit coup de vieux.
Quant aux plus récents, ils ne m'ont pas beaucoup plu.
Au final, une série loin d'être inintéressante car elle a marqué une époque (années 80 avec le magazine à suivre) mais qui souffre d'un lent déclin.
Ben oui, bof, "Le petit cirque"... Même si les dessins de Fred en noir et blanc sont très beaux, le scénario très délirant ne m'a pas trop plu. Sous cette forme de petits gags courts, la bd perd de son charme, qui pourtant est très présent.
Les deux personnages (le mari et sa femme), qui font un cirque, errent sur les routes à la recherche de trapézistes ou de clowns, qui sont en fait des animaux sauvages. "Oh, un beau trapéziste, je vais essayer de le capturer" : c'est le genre de phrases qu'on trouve, et ça ne me plait pas plus que ça.
Pour les fans de Fred...
Cette série est assez originale, cependant je ne conseille pas l'achat de tous les albums.
Les deux premiers, La Montagne Dorée et A Armes Égales, sont très intéressants, mélangeant l'univers western, avec celui des arts martiaux. Les dessins de Taduc sont excellents.
Par la suite, les résultats sont plus inégaux. L'album Pour Rose n'est pas mal, mais souffre d'un manque d'originalité du scénario.
Les Mangeurs de Rouille est assez bon et revient un peu aux sources de la série. Chinaman est à nouveau confronté au sort des Chinois dans l'Amérique du XIXème siècle.
L'album Entre Deux Rives est par contre très faible, avec des situations qui frisent parfois le ridicule.
Les derniers se lisent bien, mais on a du mal à retrouver l'originalité des premiers tomes.
L'intrigue de la série m'a bien plu, la période d'avant-guerre française est bien restituée, avec ces grandes familles encore bien présentes et toutes imbues de leur supériorité. Les luttes de 1934 et 1936, périodes importantes de notre histoire puisqu'elles nous ont indirectement placés dans le camp des vainqueurs de la seconde guerre mondiale (que se serait-il passé si le fascisme avait réussi à prendre le pouvoir en 34, aurions-nous été les alliés d'Hitler ?) sont très bien évoquées. Et les deux histoires d'amour qui se développent en parallèle permettent de construire une intrigue intéressante.
La qualité du dessin est, ma foi, le bat qui blesse un peu. Elle est assez inégale, rendant difficile l'identification des personnages (c'est à ce point) surtout dans le quatrième tome.
Et le scénario est vraiment manichéen, ce qui nous donne une fin inattendue et pas forcément souhaitée.
PS : Merci aux conseils nombreux précédant la rubrique (NDW : les règles de postages). C'est vrai que la BD, art mineur de la littérature, peut gagner énormément avec des chroniques bien écrites.
Une des premières grandes séries d'heroïc fantasy de la bd franco-belge. Letendre et Loisel ont peut-être été les pionniers de cette mode actuelle. Cette série est vraiment très bien et se lit toujours avec un grand plaisir. De plus, le premier cycle de 4 albums est remarquable car il propose une vraie fin et ne sombre pas dans des quêtes interminables en 15 épisodes (c'est parfois la dérive que certaines séries de HF actuelles connaissent). Je ne mets pas 5 étoiles, car le deuxième cycle qui est, en fait, une préquel ne m'a vraiment pas convaincu. Peut-être que la magie n'opère plus ?
"Derfal le Magnifique" est la première BD de Roosevelt que je lis, mais elle me donne nettement envie de lire le reste de son oeuvre un peu à part.
Cette BD est un petit album (de 72 pages quand même) sous une couverture souple et dans un format proche de l'Italienne. De belle facture, l'album paru chez la Boite à Bulles bénéficie d'un prix assez réduit comparé à sa qualité physique. Reste à savoir si le contenu vaut le coup, et pour moi ce fut le cas, oui.
Le dessin est en noir et blanc et très plaisant à lire et à regarder. Le trait est léger et souple, les personnages et décors sont simples tout en étant originaux et réussis.
Quand on entame cette BD, on a véritablement l'impression de découvrir ce qui ressemblerait à un scénario de Benoit Peeters mis en image par Moebius. Roosevelt n'a bien sûr pas l'incroyable maîtrise technique de Moebius mais leurs styles s'apparentent pour le bonheur des yeux et le plaisir du lecteur. C'est donc un dessin que je trouve joli et surtout propre à entraîner le lecteur dans un monde mêlant la science-fiction, le conte et le monde réel.
Et effectivement, je trouve que le scénario de ce récit rappelle la structure de certains récits de la série Les Cités obscures de Peeters et Schuiten. La majorité du récit se passe de dialogues, le tout étant présenté par un narrateur, le héros lui-même, un peu distant avec sa propre vie qu'il raconte. Avec lui, nous allons découvrir tout d'abord son monde, à la fois proche et différent du nôtre, puis voyager vers une autre civilisation, la Blanquie, encore une fois très proche et très différente de notre propre monde. Loin de nous présenter les événements et les lieux de manière distante, le récit réussit dès le début à nous attacher au personnage principal et à sa passion pour un auteur littéraire : Derfal. C'est cette passion, la passion d'une vie, qui va diriger toute l'existence du narrateur, l'amener à quitter son pays et adopter le style de vie et la langue d'un pays totalement éloigné du sien.
A travers ce récit, c'est une réflexion sur la vie, sur l'art, sur la façon dont sont ressenties les œuvres, et sur la manière dont un homme doit appréhender sa vie en fonction de ses passions. Mais cette réflexion reste toujours sur le ton de la légèreté, de la poésie, sans jamais sombrer dans la prise de tête morose.
C'est beau, c'est intelligent, c'est poétique, c'est agréable à lire.
Une vraie découverte pour moi, et je vais m'empresser de lire La table de Vénus et d'autres oeuvres de Roosevelt.
Maîtriser le temps qui s’égraine, sujet passionnant s’il en est et déjà traité en bd avec plus ou moins de réussite (Phenomenum, Les mesures du temps). Mais n’existerait-il pas une autre utopie qui susciterait une égale convoitise... comme prévoir les événements les plus improbables, voire même interférer avec le hasard et prendre son contrôle ?
C’est dans cette dernière voie que nous emmène "la métaphore du papillon". Mais un bon sujet ne suffit pas pour faire une bonne bd, faut-il encore qu’il soit traité efficacement... ce qui semble être le cas pour le moment. En effet, la trame originale du récit est appuyée par une narration rythmée qui garde le lecteur en haleine.
Malheureusement, le découpage dynamique du récit est gâché par un graphisme assez moyen.
Une BD d'humour assez sympa. Je pensais que j'allais tomber sur un truc assez lourd ou alors syndicaliste et finalement non, ça passe plutôt bien. Y'a pas mal de gags sympas, certains sont un peu répétitif comme les stands du forum social européen qu'on ne peux plus compter tellement il y en a, mais dans le lot il y en a vraiment des très drôle (les cathos qui parlent des chaudasses au JMJ notamment !).
Le dessin est très simple mais c'est parfaitement adapté. J'hésite entre un très bon 3 étoiles et un petit 4. En tout cas, une BD a acheter pour les fans d'humour et à lire pour les autres.
Voila un autre monument de la BD franco-belge, avec Greg au dessin et au scénario. Ce n'est pas ma série préférée et je ne conseille pas l'achat de toute la série, mais quelques tomes pour se faire une idée.
On peut diviser la série entre les albums à gags et les histoires complètes.
En ce qui concerne les gags, les albums sont plutôt bons, j'aime bien ceux se déroulant dans l'ambiance du journal Polite avec un rédacteur en chef hystérique (Goscinny). Les envolées verbales d'Achille me font assez rire. A noter aussi que Greg (avant Gotlib) a été un des premiers à s'intéresser au support que la planche BD constituait et qu'il n'a pas hésité à la déconstruire. Cependant, l'aspect répétitif des gags peut lasser.
En ce qui concerne les histoires complètes, il y a de très bons albums comme le roi des Zôtres, mais dans l'ensemble les derniers sont parfois poussifs. Il semble aussi que Greg reprenait certains scénarios de ces albums réalistes pour les adapter à un mode humoristique.
Dans le premier tome le naturaliste Ernest Seton "rencontre" El Lobo, un loup qui sema la terreur en 1893 au Plateau de Currumpaw, au Nouveau-Mexique.
Taniguchi, écolo dans l'âme, s'est intéressé au parcours de cet homme, retranscrit fidèlement dans le roman de Yoshiharu Imaizumi.
On retrouve dans "Seton" ce qui a fait le succès du "Sommet des Dieux" : l'éloge de certaines valeurs humanistes, des grands et beaux espaces, d'intenses périodes d'intériorisation...
Mais attention, certains lecteurs pourraient trouver cette lecture "chiante". Parce qu'il ne se passe pas grand-chose, parce que le naturaliste -transformé pour l'occasion en chasseur- est un peu naïf... A feuilleter avant d'acheter donc, même si vous êtes un(e) fan de Taniguchi, qui donne encore un magistral coup de pinceau sur cette aventure humaine qui, si elle n'est pas hors du commun, n'en est pas moins fort bien racontée.
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Canardo
Canardo est une BD animalière qui reprenait les codes du roman policier de manière très noire. Canardo le personnage éponyme est alcoolique, violent, désabusé, souvent cynique, ce qui est rare dans la bande dessinée. En fait, je ne conseille pas l'achat de toute la série mais d'un ou deux tomes pour se faire une idée. Je trouve que les albums les plus anciens la cadillac blanche, le chien debout, Raspoutine, la mort douce sont certes les meilleurs, mais ils ont quand même pris un petit coup de vieux. Quant aux plus récents, ils ne m'ont pas beaucoup plu. Au final, une série loin d'être inintéressante car elle a marqué une époque (années 80 avec le magazine à suivre) mais qui souffre d'un lent déclin.
Le Petit Cirque
Ben oui, bof, "Le petit cirque"... Même si les dessins de Fred en noir et blanc sont très beaux, le scénario très délirant ne m'a pas trop plu. Sous cette forme de petits gags courts, la bd perd de son charme, qui pourtant est très présent. Les deux personnages (le mari et sa femme), qui font un cirque, errent sur les routes à la recherche de trapézistes ou de clowns, qui sont en fait des animaux sauvages. "Oh, un beau trapéziste, je vais essayer de le capturer" : c'est le genre de phrases qu'on trouve, et ça ne me plait pas plus que ça. Pour les fans de Fred...
Chinaman
Cette série est assez originale, cependant je ne conseille pas l'achat de tous les albums. Les deux premiers, La Montagne Dorée et A Armes Égales, sont très intéressants, mélangeant l'univers western, avec celui des arts martiaux. Les dessins de Taduc sont excellents. Par la suite, les résultats sont plus inégaux. L'album Pour Rose n'est pas mal, mais souffre d'un manque d'originalité du scénario. Les Mangeurs de Rouille est assez bon et revient un peu aux sources de la série. Chinaman est à nouveau confronté au sort des Chinois dans l'Amérique du XIXème siècle. L'album Entre Deux Rives est par contre très faible, avec des situations qui frisent parfois le ridicule. Les derniers se lisent bien, mais on a du mal à retrouver l'originalité des premiers tomes.
Les Morin-Lourdel
L'intrigue de la série m'a bien plu, la période d'avant-guerre française est bien restituée, avec ces grandes familles encore bien présentes et toutes imbues de leur supériorité. Les luttes de 1934 et 1936, périodes importantes de notre histoire puisqu'elles nous ont indirectement placés dans le camp des vainqueurs de la seconde guerre mondiale (que se serait-il passé si le fascisme avait réussi à prendre le pouvoir en 34, aurions-nous été les alliés d'Hitler ?) sont très bien évoquées. Et les deux histoires d'amour qui se développent en parallèle permettent de construire une intrigue intéressante. La qualité du dessin est, ma foi, le bat qui blesse un peu. Elle est assez inégale, rendant difficile l'identification des personnages (c'est à ce point) surtout dans le quatrième tome. Et le scénario est vraiment manichéen, ce qui nous donne une fin inattendue et pas forcément souhaitée. PS : Merci aux conseils nombreux précédant la rubrique (NDW : les règles de postages). C'est vrai que la BD, art mineur de la littérature, peut gagner énormément avec des chroniques bien écrites.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Une des premières grandes séries d'heroïc fantasy de la bd franco-belge. Letendre et Loisel ont peut-être été les pionniers de cette mode actuelle. Cette série est vraiment très bien et se lit toujours avec un grand plaisir. De plus, le premier cycle de 4 albums est remarquable car il propose une vraie fin et ne sombre pas dans des quêtes interminables en 15 épisodes (c'est parfois la dérive que certaines séries de HF actuelles connaissent). Je ne mets pas 5 étoiles, car le deuxième cycle qui est, en fait, une préquel ne m'a vraiment pas convaincu. Peut-être que la magie n'opère plus ?
Derfal le magnifique
"Derfal le Magnifique" est la première BD de Roosevelt que je lis, mais elle me donne nettement envie de lire le reste de son oeuvre un peu à part. Cette BD est un petit album (de 72 pages quand même) sous une couverture souple et dans un format proche de l'Italienne. De belle facture, l'album paru chez la Boite à Bulles bénéficie d'un prix assez réduit comparé à sa qualité physique. Reste à savoir si le contenu vaut le coup, et pour moi ce fut le cas, oui. Le dessin est en noir et blanc et très plaisant à lire et à regarder. Le trait est léger et souple, les personnages et décors sont simples tout en étant originaux et réussis. Quand on entame cette BD, on a véritablement l'impression de découvrir ce qui ressemblerait à un scénario de Benoit Peeters mis en image par Moebius. Roosevelt n'a bien sûr pas l'incroyable maîtrise technique de Moebius mais leurs styles s'apparentent pour le bonheur des yeux et le plaisir du lecteur. C'est donc un dessin que je trouve joli et surtout propre à entraîner le lecteur dans un monde mêlant la science-fiction, le conte et le monde réel. Et effectivement, je trouve que le scénario de ce récit rappelle la structure de certains récits de la série Les Cités obscures de Peeters et Schuiten. La majorité du récit se passe de dialogues, le tout étant présenté par un narrateur, le héros lui-même, un peu distant avec sa propre vie qu'il raconte. Avec lui, nous allons découvrir tout d'abord son monde, à la fois proche et différent du nôtre, puis voyager vers une autre civilisation, la Blanquie, encore une fois très proche et très différente de notre propre monde. Loin de nous présenter les événements et les lieux de manière distante, le récit réussit dès le début à nous attacher au personnage principal et à sa passion pour un auteur littéraire : Derfal. C'est cette passion, la passion d'une vie, qui va diriger toute l'existence du narrateur, l'amener à quitter son pays et adopter le style de vie et la langue d'un pays totalement éloigné du sien. A travers ce récit, c'est une réflexion sur la vie, sur l'art, sur la façon dont sont ressenties les œuvres, et sur la manière dont un homme doit appréhender sa vie en fonction de ses passions. Mais cette réflexion reste toujours sur le ton de la légèreté, de la poésie, sans jamais sombrer dans la prise de tête morose. C'est beau, c'est intelligent, c'est poétique, c'est agréable à lire. Une vraie découverte pour moi, et je vais m'empresser de lire La table de Vénus et d'autres oeuvres de Roosevelt.
La Métaphore du Papillon
Maîtriser le temps qui s’égraine, sujet passionnant s’il en est et déjà traité en bd avec plus ou moins de réussite (Phenomenum, Les mesures du temps). Mais n’existerait-il pas une autre utopie qui susciterait une égale convoitise... comme prévoir les événements les plus improbables, voire même interférer avec le hasard et prendre son contrôle ? C’est dans cette dernière voie que nous emmène "la métaphore du papillon". Mais un bon sujet ne suffit pas pour faire une bonne bd, faut-il encore qu’il soit traité efficacement... ce qui semble être le cas pour le moment. En effet, la trame originale du récit est appuyée par une narration rythmée qui garde le lecteur en haleine. Malheureusement, le découpage dynamique du récit est gâché par un graphisme assez moyen.
Il faut tuer José Bové
Une BD d'humour assez sympa. Je pensais que j'allais tomber sur un truc assez lourd ou alors syndicaliste et finalement non, ça passe plutôt bien. Y'a pas mal de gags sympas, certains sont un peu répétitif comme les stands du forum social européen qu'on ne peux plus compter tellement il y en a, mais dans le lot il y en a vraiment des très drôle (les cathos qui parlent des chaudasses au JMJ notamment !). Le dessin est très simple mais c'est parfaitement adapté. J'hésite entre un très bon 3 étoiles et un petit 4. En tout cas, une BD a acheter pour les fans d'humour et à lire pour les autres.
Achille Talon
Voila un autre monument de la BD franco-belge, avec Greg au dessin et au scénario. Ce n'est pas ma série préférée et je ne conseille pas l'achat de toute la série, mais quelques tomes pour se faire une idée. On peut diviser la série entre les albums à gags et les histoires complètes. En ce qui concerne les gags, les albums sont plutôt bons, j'aime bien ceux se déroulant dans l'ambiance du journal Polite avec un rédacteur en chef hystérique (Goscinny). Les envolées verbales d'Achille me font assez rire. A noter aussi que Greg (avant Gotlib) a été un des premiers à s'intéresser au support que la planche BD constituait et qu'il n'a pas hésité à la déconstruire. Cependant, l'aspect répétitif des gags peut lasser. En ce qui concerne les histoires complètes, il y a de très bons albums comme le roi des Zôtres, mais dans l'ensemble les derniers sont parfois poussifs. Il semble aussi que Greg reprenait certains scénarios de ces albums réalistes pour les adapter à un mode humoristique.
Seton, le naturaliste qui voyage
Dans le premier tome le naturaliste Ernest Seton "rencontre" El Lobo, un loup qui sema la terreur en 1893 au Plateau de Currumpaw, au Nouveau-Mexique. Taniguchi, écolo dans l'âme, s'est intéressé au parcours de cet homme, retranscrit fidèlement dans le roman de Yoshiharu Imaizumi. On retrouve dans "Seton" ce qui a fait le succès du "Sommet des Dieux" : l'éloge de certaines valeurs humanistes, des grands et beaux espaces, d'intenses périodes d'intériorisation... Mais attention, certains lecteurs pourraient trouver cette lecture "chiante". Parce qu'il ne se passe pas grand-chose, parce que le naturaliste -transformé pour l'occasion en chasseur- est un peu naïf... A feuilleter avant d'acheter donc, même si vous êtes un(e) fan de Taniguchi, qui donne encore un magistral coup de pinceau sur cette aventure humaine qui, si elle n'est pas hors du commun, n'en est pas moins fort bien racontée.