Sergio Toppi est considéré -par une frange un peu intello de la presse BD- comme un maître de la BD d'aventure. C'est vrai qu’il se dégage de cet album une ambiance teintée de western, d'histoire des pionniers du Nouveau Monde, l'attrait mystique et insondable de la nature telle qu'elle est, mais aussi des mystères des civilisations disparues...
Alors, et même si l'histoire tourne un peu court, on ne peut s'empêcher d'admirer la maîtrise narrative de Toppi. Mais par contre, son dessin...
Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça laid. Fait d'un encrage fin complété par des hachures, je le trouve un peu... difforme. Et pour couronner le tout, les couleurs sont couleur vomi. Enfin, toutes les variations autour du vomi : biliaire, marronasse, grisâtre... même le soleil a un air maladif. C'est dommage, vraiment dommage, car ce style a vraiment gêné mon plaisir de lecture...
À mon avis, cette série de Vandersteen représente un INCONTOURNABLE de la bande dessinée, notamment les premières, c'est-à-dire les huit récits édités dans le journal TINTIN [Le fantôme espagnol, La clef de bronze, Le château de Beersel, Le casque tartare,etc.] et ceux (les nombreux) chez Erasme [Le trésor de Fiskary, Le testament parlant, La dame de carreau, Les cavaliers de l'espace, Le père Moustache, etc.]jusqu'au début des années '70.
La série devient par la suite très inégale, mais certains titres concoctés par le successeur de Vandersteen, Paul Geerts, sont remarquables (J'ai longtemps été impressionné par le vibrant hommage de Geerts à Vandersteen dans Les sept pions), reprenant certaines thématiques récurrentes et s'étant très bien ré-approprié les personnages (de Lambique au professeur Barabas!). Puis vint un remplaçant: Marc Verhaegen, qui y a introduit son «style» un peu plus personnel [je songe notamment au côté surréaliste de L'artilleur d'art]. Ce dernier a toutefois été «viré» manu militari par le Studio Vandersteen l'année dernière en tentant d'écrire une histoire de Bob et Bobette ayant comme trame de fond la deuxième guerre mondiale, les camps de concentration,.... Et l'on assiste maintenant à un duo (dessinateur et scénariste) pour les nouvelles aventures de Bob et Bobette qui colleront davantage à la «politique éditoriale» du Studio... Je n'ai pas toutefois eu la chance d'en lire un, je ne peux me prononcer.
Je crois que la difficulté première du succès de Bob et Bobette parmi le lectorat francophone demeure, avant tout, ses origines flamandes (humour, thématiques et perspectives bien différents des créations de l'Hexagone!), les mauvaises traductions (qui donnaient l'impression que c'était une série de catégorie «C» que l'on consomme rapidement et qu'on dispose!) et, assurément, le manque de campagne «marketing» de l'éditeur au-delà des frontières belges. Il existe peu d'information en français sur Bob et Bobette, même sur le site Web de l'éditeur (ce qui m'apparaît carrément irrespectueux envers les lecteurs francophones!).
Je suis d'accord avec d’autres lecteurs qu'avec un total de plus de 250 titres, certaines histoires sont assez fades (comme un repas dans une chaîne de restauration rapide: ça remplit mais ça ne satisfait absolument pas!). Mais il ne faut toutefois pas porter un jugement sur l’ensemble de la série! Il faut vraiment avoir parcouru l’ensemble de la série. Je dirais que c'est le propre des séries constituées de dizaines et de dizaines de titres: certaines histoires sont merveilleuses et d’autres insipides et certaines sont neutres ou répétitives...
Il est vrai que je suis totalement biaisé lorsque je parle de cette série puisque j'en suis un amateur invétéré...
D'ailleurs, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, venez sur le site Web que j’ai aménagé (mais il y a longtemps que je ne l'ai pas retouché. Je me propose de le faire cet été...) au http://www.geocities.com/bilodeaurobertg/
Peut-être serez-vous un peu plus indulgent...
Toutefois, je vous invite à effectuer la lecture de certains des «classiques» de cette série (ils doivent être difficiles à trouver en France puisqu'ils ne sont plus distribués. Mais, comme l'affirme le dicton, qui cherche trouve!)
Peut-être le meilleur album du duo Christin-Bilal (avec les Phalanges de l'ordre noir).
Christin décrit un monde (les pays de l'Est) en pleine déliquescence, où la bureaucratie a pris le pouvoir. Son livre est une sorte de prophétie sur la chute du communisme. L'ouvrage a été écrit en 1983, soit 6 ans avant la chute du mur de Berlin.
Le livre aborde la fin de l'Empire soviétique qui s'auto-détruit poussé par les jeux de cour entre les différents apparatchiks du régime ; le mensonge et la trahison supplantent l'amitié et les valeurs fondatrices. La perte des illusions est aussi le lot commun de tous les acteurs du livre, même le jeune interprète finira par les perdre. Plus personne n'est capable d'affronter son passé.
La partie de chasse entre les dignitaires du régime devient dès lors la métaphore de cette agonie du régime. Les hommes sont capables de faux prétextes pour pratiquer l'assassinat politique et ici Christin dénonce les dérives du communisme et explique les raisons de sa chute.
Le tout est sublimé par le dessin magnifique de Bilal.
Cette BD est un monument mais existe depuis très longtemps et cela s’en ressent sur les premiers albums qui datent quand même des années 40. Mais avec le temps, les histoires commencent à être mieux travaillées. Les personnages secondaires comme le terrible M. Choc sont des inventions géniales.
La période de Rosy au scénario est d’ailleurs la plus féconde en trouvailles. Cependant, celui-ci est capable d’écrire de très bonnes histoires comme la villa du long cri mais peut livrer des scénarios plus médiocres genre la matière verte ou la poupée ridicule.
Avec l’arrivée de Tillieux, les histoires ressemblent un peu plus à du Gil Jourdan, les thèmes sont un peu plus policiers. Cette période est souvent considérée comme la meilleure par les amateurs.
Je trouve que Desberg s’en tire mieux que ce qui a pu être dit. Il a remis en place le personnage de Choc, a modernisé les héros, mais peut-être qu’on n’y croyait plus beaucoup chez Dupuis. De même Will semble prendre moins de plaisir au dessin, au cours de cette période.
Enfin, il y a dix ans, l’éditeur avait essayé de relancer la série, en lançant une nouvelle équipe Sikorski et Lapière. Ce fut un échec car les histoires étaient devenues beaucoup trop sérieuses et le public n’a pas suivi.
A retrouver dans l'excellente intégrale parue chez Dupuis.
Comme souvent avec les bd de Giroud, j’ai du mal. Cette histoire n’est pas inintéressante, mais elle est d’une lenteur insupportable.
J’ai parfois l’impression de voir un téléfilm français de début de soirée. L’histoire qui évoque les années de guerre froide m’a peu intéressé. Je n’ai vraiment pas du tout accroché, d’où la note si faible et je ne pense pas lire la suite.
Bien sûr c'est une bd à lire donc c'est pour ça que je conseille de l'acheter pour ceux qui ne connaissent pas car Tardi reste un grand dessinateur et un grand scénariste.
MAIS car il y a un MAIS qui explique cette note plutôt médiocre... en effet ce style de bd est vraiment trop farfelu (désolé j'ai passé l'âge des apparitions de monstres qui font même pas peur...), en plus l'histoire est vraiment trop décousue, on a vraiment du mal à suivre les différentes péripéties des héros et on a du mal à entrer dans la vie passionnante d'Adèle. Les deux premiers épisodes allaient encore mais après on tombe vraiment dans le n'importe quoi. Bref à lire et à consommer avec beaucoup de modération.
Un peu comme pierig, j'avais une certaine méfiance vis-à-vis de cette BD qui sentait à plein nez le "coup" éditorial. Pas difficile d'imaginer une tête pensante de chez Casterman voyant les exemplaires de Blankets - Manteau de neige partir comme des petits pains et pressant Thompson de bâcler n'importe quoi pour le publier rapidement avant que le soufflé ne retombe. Et de fait, l'auteur lui-même ne cache pas qu'il a reçu une proposition de Casterman l'invitant à fournir d'urgence 120 pages alors qu'il était en pleine promo de Blankets, ce qui l'a conduit à transformer en un carnet de voyage "publiable" les notes et croquis réalisés pendant cette tournée promotionnelle.
Cela étant dit, on peut difficilement blâmer un jeune auteur de BDs pour avoir profité de la cupidité de son éditeur sans scrupules pour publier un bouquin supplémentaire à une époque où sa carrière débute à peine, même si le bouquin en question est une "vulgaire" oeuvre de commande, donc, j'ai fini par me décider à lire "Un Américain en balade" récemment.
Bien que loin d'être indispensable, et forcément décevant pour ceux qui s'attendraient à un livre du niveau de Blankets, c'est un album relativement plaisant. Il a les qualités et les défauts habituels des carnets de voyage : la plus grande qualité, c'est que généralement, quand un dessinateur de BD en vadrouille s'asseoit quelques instants pour bosser sérieusement sur un paysage ou un portrait, ça vaut le coup d'oeil. Plein de charme, de finesse, d'élégance, le trait de Thompson est un plaisir pour l'oeil, et ce petit album est un bien joli livre de croquis. Le plus gros défaut en revanche, c'est que quand un voyageur n'est pas quelqu'un de rigolo comme, disons, Trondheim, son carnet peut être beau à regarder mais pas forcément très palpitant à lire. J'ai réservé une chambre d'hôtel, elle est bien propre, j'ai eu la chiasse, je me suis promené en ville, j'ai dragué une touriste, j'ai fait des dessins, je me suis incrusté chez des indigènes pour me taper un couscous... Bon, merci de nous faire partager le quotidien d'un artiste en goguette, mais je dois avouer qu'en dehors de quelques petites anecdotes, j'ai pas vraiment trouvé tout ça bien passionnant. Autre défaut (mais là ça n'est pas lié au fait que ce soit un carnet de voyage), cette tendance de l'auteur à geindre sa douleur de pauvre amoureux inconsolable qui souffre le martyr depuis sa rupture, alors que dans le même temps, vu sa tendance à sympathiser avec de parfaites inconnues et le nombre de dessins de jolies femmes contenu dans ce carnet, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à un gars qui a dragué comme une bête pour tirer son coup en vacances...
Au final, un livre agréable à regarder, mais dont l'achat n'est à conseiller que pour les inconditionnels de l'auteur.
En général, j’apprécie beaucoup l’humour noir mais j’y suis nettement moins réceptif lorsqu’il s’en prend à des enfants. C’est de la méchanceté gratuite que je ne cautionne pas. Je serai cependant moins sévère dans ma critique qu’avec celle postée sur Sri Raoul car cet album affiche plus clairement ses ambitions. Reste le dessin très bon de Fabrice Tarrin, dans la lignée d’un Didier Conrad, avec son trait souple et spontané.
Peut-on rire de tout ? Oui mais pas avec "Monsieur Tue-Tout" . . .
Ce que j'apprécie dans un roman noir, c'est la fine analyse de la société et de la psychologie des personnages qu'on y lit souvent. On ne trouve malheureusement rien de tout ça dans le présent album, qui peut se résumer à une enquête policière sans grand suspense parsemée d'épisodes plus violents les uns que les autres. Manchette a déclaré ne pas vouloir faire de roman policier qui soit "plus qu'un roman policier". Il a bien atteint son but car on ne trouve effectivement dans "le petit bleu de la côte Ouest" rien de plus qu'un roman noir moyen, qui plus est illustré par des dessins moyens et peu crédibles (Gerfaud tombe du train tête en bas et dos au lecteur pour se retrouver la case d'après tête en haut face au lecteur, un gangster ayant la moitié de la tête emportée par une balle laisse tomber son fusil pour tirer avec un revolver, etc.). Bref, un Tardi très moyen.
Une série originale, mais qui bizarrement ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Pourtant, je dois admettre que le scénario de Tome est plutôt bien trouvé et en cela le deuxième tome (le plus abouti à mon avis) montre bien toute la mécanique diabolique de cette histoire.
Le plus intéressant dans cette BD est certes la variation de point de vue (chaque tome : un changement de focalisation), mais aussi la construction et la caractérisation des personnages réalisées par Tome. Ceux-ci sont bien campés et remarquablement dessinés par Ralph Meyer.
Alors, me direz-vous pourquoi une note si moyenne ?
Je n'ai pas été convaincu par le troisième tome et je ne crois pas avoir envie de relire l'intégrale car l'effet de surprise ne tient plus au cours d'une seconde lecture.
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Le Trésor de Cibola
Sergio Toppi est considéré -par une frange un peu intello de la presse BD- comme un maître de la BD d'aventure. C'est vrai qu’il se dégage de cet album une ambiance teintée de western, d'histoire des pionniers du Nouveau Monde, l'attrait mystique et insondable de la nature telle qu'elle est, mais aussi des mystères des civilisations disparues... Alors, et même si l'histoire tourne un peu court, on ne peut s'empêcher d'admirer la maîtrise narrative de Toppi. Mais par contre, son dessin... Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça laid. Fait d'un encrage fin complété par des hachures, je le trouve un peu... difforme. Et pour couronner le tout, les couleurs sont couleur vomi. Enfin, toutes les variations autour du vomi : biliaire, marronasse, grisâtre... même le soleil a un air maladif. C'est dommage, vraiment dommage, car ce style a vraiment gêné mon plaisir de lecture...
Bob et Bobette
À mon avis, cette série de Vandersteen représente un INCONTOURNABLE de la bande dessinée, notamment les premières, c'est-à-dire les huit récits édités dans le journal TINTIN [Le fantôme espagnol, La clef de bronze, Le château de Beersel, Le casque tartare,etc.] et ceux (les nombreux) chez Erasme [Le trésor de Fiskary, Le testament parlant, La dame de carreau, Les cavaliers de l'espace, Le père Moustache, etc.]jusqu'au début des années '70. La série devient par la suite très inégale, mais certains titres concoctés par le successeur de Vandersteen, Paul Geerts, sont remarquables (J'ai longtemps été impressionné par le vibrant hommage de Geerts à Vandersteen dans Les sept pions), reprenant certaines thématiques récurrentes et s'étant très bien ré-approprié les personnages (de Lambique au professeur Barabas!). Puis vint un remplaçant: Marc Verhaegen, qui y a introduit son «style» un peu plus personnel [je songe notamment au côté surréaliste de L'artilleur d'art]. Ce dernier a toutefois été «viré» manu militari par le Studio Vandersteen l'année dernière en tentant d'écrire une histoire de Bob et Bobette ayant comme trame de fond la deuxième guerre mondiale, les camps de concentration,.... Et l'on assiste maintenant à un duo (dessinateur et scénariste) pour les nouvelles aventures de Bob et Bobette qui colleront davantage à la «politique éditoriale» du Studio... Je n'ai pas toutefois eu la chance d'en lire un, je ne peux me prononcer. Je crois que la difficulté première du succès de Bob et Bobette parmi le lectorat francophone demeure, avant tout, ses origines flamandes (humour, thématiques et perspectives bien différents des créations de l'Hexagone!), les mauvaises traductions (qui donnaient l'impression que c'était une série de catégorie «C» que l'on consomme rapidement et qu'on dispose!) et, assurément, le manque de campagne «marketing» de l'éditeur au-delà des frontières belges. Il existe peu d'information en français sur Bob et Bobette, même sur le site Web de l'éditeur (ce qui m'apparaît carrément irrespectueux envers les lecteurs francophones!). Je suis d'accord avec d’autres lecteurs qu'avec un total de plus de 250 titres, certaines histoires sont assez fades (comme un repas dans une chaîne de restauration rapide: ça remplit mais ça ne satisfait absolument pas!). Mais il ne faut toutefois pas porter un jugement sur l’ensemble de la série! Il faut vraiment avoir parcouru l’ensemble de la série. Je dirais que c'est le propre des séries constituées de dizaines et de dizaines de titres: certaines histoires sont merveilleuses et d’autres insipides et certaines sont neutres ou répétitives... Il est vrai que je suis totalement biaisé lorsque je parle de cette série puisque j'en suis un amateur invétéré... D'ailleurs, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, venez sur le site Web que j’ai aménagé (mais il y a longtemps que je ne l'ai pas retouché. Je me propose de le faire cet été...) au http://www.geocities.com/bilodeaurobertg/ Peut-être serez-vous un peu plus indulgent... Toutefois, je vous invite à effectuer la lecture de certains des «classiques» de cette série (ils doivent être difficiles à trouver en France puisqu'ils ne sont plus distribués. Mais, comme l'affirme le dicton, qui cherche trouve!)
Partie de chasse
Peut-être le meilleur album du duo Christin-Bilal (avec les Phalanges de l'ordre noir). Christin décrit un monde (les pays de l'Est) en pleine déliquescence, où la bureaucratie a pris le pouvoir. Son livre est une sorte de prophétie sur la chute du communisme. L'ouvrage a été écrit en 1983, soit 6 ans avant la chute du mur de Berlin. Le livre aborde la fin de l'Empire soviétique qui s'auto-détruit poussé par les jeux de cour entre les différents apparatchiks du régime ; le mensonge et la trahison supplantent l'amitié et les valeurs fondatrices. La perte des illusions est aussi le lot commun de tous les acteurs du livre, même le jeune interprète finira par les perdre. Plus personne n'est capable d'affronter son passé. La partie de chasse entre les dignitaires du régime devient dès lors la métaphore de cette agonie du régime. Les hommes sont capables de faux prétextes pour pratiquer l'assassinat politique et ici Christin dénonce les dérives du communisme et explique les raisons de sa chute. Le tout est sublimé par le dessin magnifique de Bilal.
Tif et Tondu
Cette BD est un monument mais existe depuis très longtemps et cela s’en ressent sur les premiers albums qui datent quand même des années 40. Mais avec le temps, les histoires commencent à être mieux travaillées. Les personnages secondaires comme le terrible M. Choc sont des inventions géniales. La période de Rosy au scénario est d’ailleurs la plus féconde en trouvailles. Cependant, celui-ci est capable d’écrire de très bonnes histoires comme la villa du long cri mais peut livrer des scénarios plus médiocres genre la matière verte ou la poupée ridicule. Avec l’arrivée de Tillieux, les histoires ressemblent un peu plus à du Gil Jourdan, les thèmes sont un peu plus policiers. Cette période est souvent considérée comme la meilleure par les amateurs. Je trouve que Desberg s’en tire mieux que ce qui a pu être dit. Il a remis en place le personnage de Choc, a modernisé les héros, mais peut-être qu’on n’y croyait plus beaucoup chez Dupuis. De même Will semble prendre moins de plaisir au dessin, au cours de cette période. Enfin, il y a dix ans, l’éditeur avait essayé de relancer la série, en lançant une nouvelle équipe Sikorski et Lapière. Ce fut un échec car les histoires étaient devenues beaucoup trop sérieuses et le public n’a pas suivi. A retrouver dans l'excellente intégrale parue chez Dupuis.
Secrets - Le Serpent sous la glace
Comme souvent avec les bd de Giroud, j’ai du mal. Cette histoire n’est pas inintéressante, mais elle est d’une lenteur insupportable. J’ai parfois l’impression de voir un téléfilm français de début de soirée. L’histoire qui évoque les années de guerre froide m’a peu intéressé. Je n’ai vraiment pas du tout accroché, d’où la note si faible et je ne pense pas lire la suite.
Adèle Blanc-Sec
Bien sûr c'est une bd à lire donc c'est pour ça que je conseille de l'acheter pour ceux qui ne connaissent pas car Tardi reste un grand dessinateur et un grand scénariste. MAIS car il y a un MAIS qui explique cette note plutôt médiocre... en effet ce style de bd est vraiment trop farfelu (désolé j'ai passé l'âge des apparitions de monstres qui font même pas peur...), en plus l'histoire est vraiment trop décousue, on a vraiment du mal à suivre les différentes péripéties des héros et on a du mal à entrer dans la vie passionnante d'Adèle. Les deux premiers épisodes allaient encore mais après on tombe vraiment dans le n'importe quoi. Bref à lire et à consommer avec beaucoup de modération.
Carnet de voyage (Un américain en balade)
Un peu comme pierig, j'avais une certaine méfiance vis-à-vis de cette BD qui sentait à plein nez le "coup" éditorial. Pas difficile d'imaginer une tête pensante de chez Casterman voyant les exemplaires de Blankets - Manteau de neige partir comme des petits pains et pressant Thompson de bâcler n'importe quoi pour le publier rapidement avant que le soufflé ne retombe. Et de fait, l'auteur lui-même ne cache pas qu'il a reçu une proposition de Casterman l'invitant à fournir d'urgence 120 pages alors qu'il était en pleine promo de Blankets, ce qui l'a conduit à transformer en un carnet de voyage "publiable" les notes et croquis réalisés pendant cette tournée promotionnelle. Cela étant dit, on peut difficilement blâmer un jeune auteur de BDs pour avoir profité de la cupidité de son éditeur sans scrupules pour publier un bouquin supplémentaire à une époque où sa carrière débute à peine, même si le bouquin en question est une "vulgaire" oeuvre de commande, donc, j'ai fini par me décider à lire "Un Américain en balade" récemment. Bien que loin d'être indispensable, et forcément décevant pour ceux qui s'attendraient à un livre du niveau de Blankets, c'est un album relativement plaisant. Il a les qualités et les défauts habituels des carnets de voyage : la plus grande qualité, c'est que généralement, quand un dessinateur de BD en vadrouille s'asseoit quelques instants pour bosser sérieusement sur un paysage ou un portrait, ça vaut le coup d'oeil. Plein de charme, de finesse, d'élégance, le trait de Thompson est un plaisir pour l'oeil, et ce petit album est un bien joli livre de croquis. Le plus gros défaut en revanche, c'est que quand un voyageur n'est pas quelqu'un de rigolo comme, disons, Trondheim, son carnet peut être beau à regarder mais pas forcément très palpitant à lire. J'ai réservé une chambre d'hôtel, elle est bien propre, j'ai eu la chiasse, je me suis promené en ville, j'ai dragué une touriste, j'ai fait des dessins, je me suis incrusté chez des indigènes pour me taper un couscous... Bon, merci de nous faire partager le quotidien d'un artiste en goguette, mais je dois avouer qu'en dehors de quelques petites anecdotes, j'ai pas vraiment trouvé tout ça bien passionnant. Autre défaut (mais là ça n'est pas lié au fait que ce soit un carnet de voyage), cette tendance de l'auteur à geindre sa douleur de pauvre amoureux inconsolable qui souffre le martyr depuis sa rupture, alors que dans le même temps, vu sa tendance à sympathiser avec de parfaites inconnues et le nombre de dessins de jolies femmes contenu dans ce carnet, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à un gars qui a dragué comme une bête pour tirer son coup en vacances... Au final, un livre agréable à regarder, mais dont l'achat n'est à conseiller que pour les inconditionnels de l'auteur.
Les aventures de Monsieur Tue-Tout
En général, j’apprécie beaucoup l’humour noir mais j’y suis nettement moins réceptif lorsqu’il s’en prend à des enfants. C’est de la méchanceté gratuite que je ne cautionne pas. Je serai cependant moins sévère dans ma critique qu’avec celle postée sur Sri Raoul car cet album affiche plus clairement ses ambitions. Reste le dessin très bon de Fabrice Tarrin, dans la lignée d’un Didier Conrad, avec son trait souple et spontané. Peut-on rire de tout ? Oui mais pas avec "Monsieur Tue-Tout" . . .
Le Petit Bleu de la Côte Ouest
Ce que j'apprécie dans un roman noir, c'est la fine analyse de la société et de la psychologie des personnages qu'on y lit souvent. On ne trouve malheureusement rien de tout ça dans le présent album, qui peut se résumer à une enquête policière sans grand suspense parsemée d'épisodes plus violents les uns que les autres. Manchette a déclaré ne pas vouloir faire de roman policier qui soit "plus qu'un roman policier". Il a bien atteint son but car on ne trouve effectivement dans "le petit bleu de la côte Ouest" rien de plus qu'un roman noir moyen, qui plus est illustré par des dessins moyens et peu crédibles (Gerfaud tombe du train tête en bas et dos au lecteur pour se retrouver la case d'après tête en haut face au lecteur, un gangster ayant la moitié de la tête emportée par une balle laisse tomber son fusil pour tirer avec un revolver, etc.). Bref, un Tardi très moyen.
Berceuse assassine
Une série originale, mais qui bizarrement ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Pourtant, je dois admettre que le scénario de Tome est plutôt bien trouvé et en cela le deuxième tome (le plus abouti à mon avis) montre bien toute la mécanique diabolique de cette histoire. Le plus intéressant dans cette BD est certes la variation de point de vue (chaque tome : un changement de focalisation), mais aussi la construction et la caractérisation des personnages réalisées par Tome. Ceux-ci sont bien campés et remarquablement dessinés par Ralph Meyer. Alors, me direz-vous pourquoi une note si moyenne ? Je n'ai pas été convaincu par le troisième tome et je ne crois pas avoir envie de relire l'intégrale car l'effet de surprise ne tient plus au cours d'une seconde lecture.