Un clown survole Tournai, une ville belge, dans un wagonnet magique et rêve de devenir un grand magicien. Pendant neuf chapitres, on suit les aventures de ce héros courageux qui rencontre des personnages étranges et passionnants comme Lundi, le lapin perdu, un roi barbu ou encore Guyco, le cowboy au cigarillo...
Très bon album de démarrage pour cette série « le désespoir du singe ». Si ce n'est ce titre, qui n'a quand même pas grand chose en rapport avec l'histoire, et une couverture un peu triste, bien des ingrédients sont réunis pour me plaire : un dessin très charmeur, où évoluent des personnages aux traits anguleux mais néanmoins sympathiques, une mise en page sobre mais efficace, des couleurs aux tons variés et toujours plaisants.
Quant à l'histoire, elle est très rafraîchissante alliant à la fois beaucoup de poésie, d'humour et quelques points de réflexion quelque peu « engagés ». On aborde ainsi, bon gré mal gré, des sujets tels que le terrorisme, l'abandon de la filière pêche au bénéfice de l'agriculture intensive et ce, je cite, pour « ne pas entraver l'équilibre communautaire ». Sans parler des actions plutôt expéditives de la milice gouvernementale. En dernière page, l'histoire prend un tour plus dramatique et laisse aux auteurs bien des explorations possibles. A suivre...
Le JBT est une institution, un mythe, une légende chez les motards. Cette série est bourrée de défauts, style caricatural, répétitive, inégale (tout le monde vous le dira, le tome 4 est très en dessous et le tome 1 très au dessus du lot). Le changement de dessinateur n'aide pas non plus.
Et pourtant tous les motards connaissent le JBT. Très peu n'aime pas. Pourquoi ? Parce que cette série a un plus, que peu de BD ont : une âme. L'esprit motard et la passion qui anime les héros anime également les dessinateurs et les lecteurs. Ceci allié à un humour détonnant (même avec un silencieux) et à un style graphique emprunté à Franquin fait de cette série une recette magique. Une alchimie parfaite où le lecteur se sens bien.
Si vous êtes motard (de fait ou d'esprit) lisez les JBT, vous ne pourrez que passer un bon moment.
Note approximative : 2.5/5
Wandrille apprécie manifestement Trondheim car ses petits strips rappellent aussitôt certains albums de ce dernier (Mister O et autres BDs d'humour minimalistes).
Le dessin est ici aussi minimaliste : les personnages principaux sont un carré et une pilule (une sorte d'ovale, quoi) avec des pattes, une bouche, des yeux, etc... Pas de décor. Epuré au possible. Mais le trait et l'encrage sont très maîtrisés, nous ne sommes pas en présence d'un dessin type "ma petite soeur fait mieux". Ces petits personnages sont très expressifs, des expressions qui touchent et fonctionnent très bien avec l'humour recherché. Bref, minimaliste mais super lisible et agréable à l'oeil.
Les deux albums parus à ce jour portent sur deux thèmes différents : le premier s'intéresse aux relations amoureuses, ou plutôt à la loose amoureuse en fait, tandis que le second porte sur le monde du travail, la recherche d'un emploi et la vie au bureau.
Deux personnages principaux : un carré, genre super-mec viril, arrogant et cynique... facilement détestable, quoi... et une pilule, personnage beaucoup plus posé et sympathique, mais aussi bien plus looseur, sauf peut-être en matière de vie professionnelle.
Je dois admettre que je n'ai pas accroché au premier tome sur l'amour. L'humour ne m'a pas touché du tout et les thèmes de la drague, de l'amour contrarié, des doutes amoureux, etc. ne m'ont guère intéressé, sans doute car je ne pense pas être le bon public pour ça. En outre, autant le personnage de la pilule m'est relativement attachant, autant je n'aime pas le carré cynique et les gags avec lui me gonflent assez vite. Bref, j'ai lu ce recueil de strips sans rire, voire sans même tellement sourire.
Le second tome m'a davantage plu car j'étais bien plus proche du sujet : le monde de l'emploi. Ben oui, je ne drague pas mais je travaille, moi, monsieur ! ;) A nouveau, la recherche d'emploi du carré cynique ne m'a pas trop accroché, mais par contre la vie de bureau de la pilule m'a bien fait rire. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à certains gags de Dilbert par moments, mais sans en reconnaître aucun précisément. Bref, j'ai bien rigolé sur pas mal de strips.
Ce n'est donc pas particulièrement une BD que je conseillerais personnellement, surtout pas le premier tome, mais le deuxième est en tout cas une lecture assez agréable. Disons que ces albums vous plairont sans doute plus si vous vous sentez concernés par les thèmes abordés.
A suivre avec le troisième tome qui doit paraitre cette année et porter sur les rencontres par internet, sujet qui ne me touche pas trop non plus personnellement mais bon...
Voilà un petit opus à la lecture légère, deux chroniques intimistes de la classe moyenne espagnole, avec un brin de folie qui fait l'originalité des récits. Dommage cependant que F. Sollis ne s'éloigne pas plus des sentiers maintenant bien battus par les géniaux Dupuy & Berbérian ou Michel Rabbagliatti, pour ne pas donner ce petit goût de déjà lu...
Je me suis jeté sur cet album tant le sujet m'intéressait ! On sait trop peu à quel point la découverte puis la conquête de l'Afrique noire (sahélienne et soudanienne) fût semée d'aventure épiques, téméraires ou terribles, qui n'ont rien à envier à la conquête de l'Ouest américain. René Caillié est de ces improbables aventuriers qui décidèrent de braver seul les empereurs africains et les guerriers du Sahara, pour la beauté du geste, la grandeur scientifique ou le prestige de l'uniforme : il revint vivant de Tombouctou, opulente et mythique capitale commerciale de l'Afrique sahélienne. Alors quid de cet album sur un sujet trop rare ? Et bien de très beaux dessins, de très beaux textes, dans l'esprit des plus belles réussites de la collection Aire Libre où il n'aurait pas détoné... mais avec les mêmes réserves qui m'ont du coup un peu déçu : à vouloir faire trop "beau", trop "philosophique", trop "bien écrit", ne s'éloigne-t-on pas de l'essentiel ?…de la chair et de la sueur, de ces petits riens qui rendent à l’aventure sa dimension humaine, qui nous font sentir le doute, l’égoïsme, la lâcheté ou le courage comme s’ils étaient les nôtres ? Pas simple pour un auteur, et ici, ça m’a beaucoup manqué.
Isaac est un jeune peintre talentueux en mal de reconnaissance qui va sur un coup de tête et grâce à son talent, tourner le dos à ce qui fait partie de sa vie d’alors et s’embarquer sur un navire vers le nouveau monde. Il est alors loin de s’imaginer les évènements qui vont survenir tout au long de son périple….
Blain est vraiment ce que l’on peut appeler un raconteur d’histoires et il le fait bien (le tome ‘les glaces’ est pour moi un petit bijoux). S’il faut aimer le style graphique de l’auteur qui ne peut de toute façon laisser indifférent, on se laisse avec plaisir emporter par les aventures d’Isaac et l’on en redemande puisque le tome 5 apparaît comme un album de transition, d’autres aventures sont à venir !
J’attendrai la fin de la série pour peut-être noter celle-ci parmi les séries cultes.
Beau et réussi ! Nouvelle confirmation du talent graphique d'Alfred et narratif de Peyraud. Peut-être moins ambitieux que La voleuse du père fauteuil de Yoann et Omond sur une thématique parfois voisine, mais plus épique et plus accessible. Très agréable donc, plein de sentiments et de lyrisme politique, la rencontre de la grande Russie, du grand soir et du grand amour. A confirmer dans le prochain volume... car ce n'est qu'une mise en place.
Très agréable et très réussi. Tout en restant accessible à tous les publics, Simon Hureau impose un style narratif riche et très personnel. Bien au delà d'une nième aventure enfantine "à la bibliothèque rose" comme ont pu l'écrire certains : le travail d'un auteur qu'on savait à la fois voyageur, ouvert sur le monde, et intéressé par les questions sociales et humaines. Cet album là parvient à retrouver tout ça (le goût de l'évasion, de l'exotisme, les valeurs humaines, des questions sociales), en gardant une fraîcheur géniale, que vos enfants aussi apprécieront. J'ai beaucoup aimé quoi...
Locas, ça part dans tous les sens, c’est haché (faute à la parution initiale par épisodes, mais surtout faute à l’imagination pléthorique de l’auteur), souvent outrancier, parfois grotesque, entre catch féminin, superhéros ratés, soap opéra surmaquillé, milliardaires excentriques, réparateurs de soucoupes volantes, exécutions sommaires, sourires ultra-brite et amour à plusieurs… D’abord, Locas, on se dit que c’est un pavé, et qu’on va y passer du temps. Et puis on se dit que ça n’a ni queue ni tête et que – peut-être – finalement, on va jeter l’éponge. Et puis on continue parce que lentement, un peu plus vite, presque étonnamment, il se passe quelque chose, qu’on comparerait facilement à de l’alchimie, mais qui n’est rien d’autre que l’effet du talent de l’auteur. Parce qu’au delà de ce feu d’artifice d’effets narratifs, de grimaces, de coiffures explosives et d’émotions à la truelle, ou plutôt grâce à ce feu d’artifice, s’échafaude page après page un petit monde populaire, modeste, complexe et attachant, qui ressemble à celui de nos quartiers, de nos villages et de nos lycées. Parce qu’au milieu de tout ça, comme au milieu de la photo mal cadrée d’un week-end en famille, il y a Hopey et Maggie, leur affection mutuelle et leurs questionnements profonds.
Grâce soit rendue aux éditeurs de cette merveille d’intégrale de nous avoir permis de redécouvrir ce monument !
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Madelin - Le Clown tournaisien
Un clown survole Tournai, une ville belge, dans un wagonnet magique et rêve de devenir un grand magicien. Pendant neuf chapitres, on suit les aventures de ce héros courageux qui rencontre des personnages étranges et passionnants comme Lundi, le lapin perdu, un roi barbu ou encore Guyco, le cowboy au cigarillo...
Le Désespoir du Singe
Très bon album de démarrage pour cette série « le désespoir du singe ». Si ce n'est ce titre, qui n'a quand même pas grand chose en rapport avec l'histoire, et une couverture un peu triste, bien des ingrédients sont réunis pour me plaire : un dessin très charmeur, où évoluent des personnages aux traits anguleux mais néanmoins sympathiques, une mise en page sobre mais efficace, des couleurs aux tons variés et toujours plaisants. Quant à l'histoire, elle est très rafraîchissante alliant à la fois beaucoup de poésie, d'humour et quelques points de réflexion quelque peu « engagés ». On aborde ainsi, bon gré mal gré, des sujets tels que le terrorisme, l'abandon de la filière pêche au bénéfice de l'agriculture intensive et ce, je cite, pour « ne pas entraver l'équilibre communautaire ». Sans parler des actions plutôt expéditives de la milice gouvernementale. En dernière page, l'histoire prend un tour plus dramatique et laisse aux auteurs bien des explorations possibles. A suivre...
Joe Bar Team
Le JBT est une institution, un mythe, une légende chez les motards. Cette série est bourrée de défauts, style caricatural, répétitive, inégale (tout le monde vous le dira, le tome 4 est très en dessous et le tome 1 très au dessus du lot). Le changement de dessinateur n'aide pas non plus. Et pourtant tous les motards connaissent le JBT. Très peu n'aime pas. Pourquoi ? Parce que cette série a un plus, que peu de BD ont : une âme. L'esprit motard et la passion qui anime les héros anime également les dessinateurs et les lecteurs. Ceci allié à un humour détonnant (même avec un silencieux) et à un style graphique emprunté à Franquin fait de cette série une recette magique. Une alchimie parfaite où le lecteur se sens bien. Si vous êtes motard (de fait ou d'esprit) lisez les JBT, vous ne pourrez que passer un bon moment.
Seul comme les pierres
Note approximative : 2.5/5 Wandrille apprécie manifestement Trondheim car ses petits strips rappellent aussitôt certains albums de ce dernier (Mister O et autres BDs d'humour minimalistes). Le dessin est ici aussi minimaliste : les personnages principaux sont un carré et une pilule (une sorte d'ovale, quoi) avec des pattes, une bouche, des yeux, etc... Pas de décor. Epuré au possible. Mais le trait et l'encrage sont très maîtrisés, nous ne sommes pas en présence d'un dessin type "ma petite soeur fait mieux". Ces petits personnages sont très expressifs, des expressions qui touchent et fonctionnent très bien avec l'humour recherché. Bref, minimaliste mais super lisible et agréable à l'oeil. Les deux albums parus à ce jour portent sur deux thèmes différents : le premier s'intéresse aux relations amoureuses, ou plutôt à la loose amoureuse en fait, tandis que le second porte sur le monde du travail, la recherche d'un emploi et la vie au bureau. Deux personnages principaux : un carré, genre super-mec viril, arrogant et cynique... facilement détestable, quoi... et une pilule, personnage beaucoup plus posé et sympathique, mais aussi bien plus looseur, sauf peut-être en matière de vie professionnelle. Je dois admettre que je n'ai pas accroché au premier tome sur l'amour. L'humour ne m'a pas touché du tout et les thèmes de la drague, de l'amour contrarié, des doutes amoureux, etc. ne m'ont guère intéressé, sans doute car je ne pense pas être le bon public pour ça. En outre, autant le personnage de la pilule m'est relativement attachant, autant je n'aime pas le carré cynique et les gags avec lui me gonflent assez vite. Bref, j'ai lu ce recueil de strips sans rire, voire sans même tellement sourire. Le second tome m'a davantage plu car j'étais bien plus proche du sujet : le monde de l'emploi. Ben oui, je ne drague pas mais je travaille, moi, monsieur ! ;) A nouveau, la recherche d'emploi du carré cynique ne m'a pas trop accroché, mais par contre la vie de bureau de la pilule m'a bien fait rire. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à certains gags de Dilbert par moments, mais sans en reconnaître aucun précisément. Bref, j'ai bien rigolé sur pas mal de strips. Ce n'est donc pas particulièrement une BD que je conseillerais personnellement, surtout pas le premier tome, mais le deuxième est en tout cas une lecture assez agréable. Disons que ces albums vous plairont sans doute plus si vous vous sentez concernés par les thèmes abordés. A suivre avec le troisième tome qui doit paraitre cette année et porter sur les rencontres par internet, sujet qui ne me touche pas trop non plus personnellement mais bon...
Des baleines et des puces
Voilà un petit opus à la lecture légère, deux chroniques intimistes de la classe moyenne espagnole, avec un brin de folie qui fait l'originalité des récits. Dommage cependant que F. Sollis ne s'éloigne pas plus des sentiers maintenant bien battus par les géniaux Dupuy & Berbérian ou Michel Rabbagliatti, pour ne pas donner ce petit goût de déjà lu...
Abdallahi
Je me suis jeté sur cet album tant le sujet m'intéressait ! On sait trop peu à quel point la découverte puis la conquête de l'Afrique noire (sahélienne et soudanienne) fût semée d'aventure épiques, téméraires ou terribles, qui n'ont rien à envier à la conquête de l'Ouest américain. René Caillié est de ces improbables aventuriers qui décidèrent de braver seul les empereurs africains et les guerriers du Sahara, pour la beauté du geste, la grandeur scientifique ou le prestige de l'uniforme : il revint vivant de Tombouctou, opulente et mythique capitale commerciale de l'Afrique sahélienne. Alors quid de cet album sur un sujet trop rare ? Et bien de très beaux dessins, de très beaux textes, dans l'esprit des plus belles réussites de la collection Aire Libre où il n'aurait pas détoné... mais avec les mêmes réserves qui m'ont du coup un peu déçu : à vouloir faire trop "beau", trop "philosophique", trop "bien écrit", ne s'éloigne-t-on pas de l'essentiel ?…de la chair et de la sueur, de ces petits riens qui rendent à l’aventure sa dimension humaine, qui nous font sentir le doute, l’égoïsme, la lâcheté ou le courage comme s’ils étaient les nôtres ? Pas simple pour un auteur, et ici, ça m’a beaucoup manqué.
Isaac le pirate
Isaac est un jeune peintre talentueux en mal de reconnaissance qui va sur un coup de tête et grâce à son talent, tourner le dos à ce qui fait partie de sa vie d’alors et s’embarquer sur un navire vers le nouveau monde. Il est alors loin de s’imaginer les évènements qui vont survenir tout au long de son périple…. Blain est vraiment ce que l’on peut appeler un raconteur d’histoires et il le fait bien (le tome ‘les glaces’ est pour moi un petit bijoux). S’il faut aimer le style graphique de l’auteur qui ne peut de toute façon laisser indifférent, on se laisse avec plaisir emporter par les aventures d’Isaac et l’on en redemande puisque le tome 5 apparaît comme un album de transition, d’autres aventures sont à venir ! J’attendrai la fin de la série pour peut-être noter celle-ci parmi les séries cultes.
Le Désespoir du Singe
Beau et réussi ! Nouvelle confirmation du talent graphique d'Alfred et narratif de Peyraud. Peut-être moins ambitieux que La voleuse du père fauteuil de Yoann et Omond sur une thématique parfois voisine, mais plus épique et plus accessible. Très agréable donc, plein de sentiments et de lyrisme politique, la rencontre de la grande Russie, du grand soir et du grand amour. A confirmer dans le prochain volume... car ce n'est qu'une mise en place.
L'Empire des hauts murs
Très agréable et très réussi. Tout en restant accessible à tous les publics, Simon Hureau impose un style narratif riche et très personnel. Bien au delà d'une nième aventure enfantine "à la bibliothèque rose" comme ont pu l'écrire certains : le travail d'un auteur qu'on savait à la fois voyageur, ouvert sur le monde, et intéressé par les questions sociales et humaines. Cet album là parvient à retrouver tout ça (le goût de l'évasion, de l'exotisme, les valeurs humaines, des questions sociales), en gardant une fraîcheur géniale, que vos enfants aussi apprécieront. J'ai beaucoup aimé quoi...
Locas
Locas, ça part dans tous les sens, c’est haché (faute à la parution initiale par épisodes, mais surtout faute à l’imagination pléthorique de l’auteur), souvent outrancier, parfois grotesque, entre catch féminin, superhéros ratés, soap opéra surmaquillé, milliardaires excentriques, réparateurs de soucoupes volantes, exécutions sommaires, sourires ultra-brite et amour à plusieurs… D’abord, Locas, on se dit que c’est un pavé, et qu’on va y passer du temps. Et puis on se dit que ça n’a ni queue ni tête et que – peut-être – finalement, on va jeter l’éponge. Et puis on continue parce que lentement, un peu plus vite, presque étonnamment, il se passe quelque chose, qu’on comparerait facilement à de l’alchimie, mais qui n’est rien d’autre que l’effet du talent de l’auteur. Parce qu’au delà de ce feu d’artifice d’effets narratifs, de grimaces, de coiffures explosives et d’émotions à la truelle, ou plutôt grâce à ce feu d’artifice, s’échafaude page après page un petit monde populaire, modeste, complexe et attachant, qui ressemble à celui de nos quartiers, de nos villages et de nos lycées. Parce qu’au milieu de tout ça, comme au milieu de la photo mal cadrée d’un week-end en famille, il y a Hopey et Maggie, leur affection mutuelle et leurs questionnements profonds. Grâce soit rendue aux éditeurs de cette merveille d’intégrale de nous avoir permis de redécouvrir ce monument ! Patron, vite, la seconde partie !