TOME 1 : 4/5
Mon avis sera bref, car à la lecture des avis précédents, je crois que tout a été dit... Quartier lointain est une très très très très bonne série.
Ce premier tome installe petit à petit la trame de l'histoire : un homme de 48 ans qui soudainement revient dans son corps d'adolescent de 14 ans pour revivre malgré lui son passé. L'intrigue donne alors lieu à des passages émouvants (lorsque le héro revoit ses parents, "disparus" pourtant depuis de nombreuses années), d'autres plus drôles (la cuite de Hiroshi qui oublie que l'on ne supporte pas l'alcool de la même façon lorsque l'on a un corps de 14 ans)... Cependant, on peux parfois se demander si Hiroshi ne se résigne pas un peu vite à revivre son passé sans essayer de comprendre ce qui s'est passé (moi je deviendrais fou à sa place). Mais on ne peut pas en vouloir à l'auteur, car sans ça, l'histoire ne pourrait pas avancer.
Sinon, les dessins de Taniguchi sont une merveille. Assez réfractaire au style "manga" (je parle de celui ou les têtes des personnages peuvent d'un seul coup doubler de volume lors d'une dispute, ou être écrasées sous une enclume géante de 1000 kilos...), Quartier lointain est le bon compromis pour découvrir un soit disant manga. En effet, le style de Taniguchi est très réaliste avec des traits fins, des dessins bourrés de détails... Que du bonheur !
Bon, je n'ai pas fait si court que ça finalement... C'est sûrement parce que ce premier tome de Quartier lointain mérite des lignes, des lignes et encore des lignes de compliments.
TOME 2 : 5/5
Un deuxième tome encore meilleur que le premier... Déjà, que celui-ci était quasi parfait, ça vous donne une idée de ce que je pense de la conclusion de Quartier lointain.
Dans ce deuxième tome, Hiroshi (père de famille de 48 ans qui a la "chance" de revivre ses 14 ans) tente de comprendre pourquoi son père a soudainement disparu de sa vie l'année de ses fameux 14 ans. Il ne reste alors à Hiroshi que quelques mois pour comprendre et essayer de retenir son père et ainsi modifier son passé. Quartier lointain finit donc en beauté avec de purs passages qui vous prennent aux tripes ponctués de moments plus légers à travers la love story qui s'instaure entre Hiroshi et sa jeune camarade de classe Tomoko.
Les dessins de Taniguchi sont toujours aussi sublimes. C'est une autre facette du manga avec un style très pur et extrêmement réaliste. Quartier lointain rentre ainsi dans mon "best of" personnel. Même si vous êtes réticent au mot "manga", faut vous jeter sur cette fabuleuse série.
J’ai dévoré les deux tomes ce week-end, le concept m’a beaucoup plu. L’histoire de cet homme de 48 ans qui retrouve ses 14 ans, ça m’a parlé.
J’ai aimé voir cet homme qui, une fois la surprise passée, retrouve, ou trouve tout simplement, la joie d’avoir 14 ans. Il retrouve ses camarades perdus de vue et les amours d’adolescents. Tout ça cependant avec l’ombre d’un père qui va disparaître sans explication à la fin des vacances d’été. Hiroshi va donc être partagé entre son insouciance retrouvée et la volonté de comprendre le départ de son père et tenter de l’en empêcher.
L’histoire s’enchaîne fort bien, sans temps mort et on vit pleinement ces émotions retrouvées de tout jeune homme.
Ce que je reproche en fait principalement à Taniguchi, c’est de sombrer dans le larmoyant et l’affliction de manière un peu systématique. Dans Le Journal de mon père, ça en devenait presque un peu indigeste, ici, l’équilibre n’est pas trop mal respecté. Mais l’écœurement n’est pas loin.
Les dessins sont simples et très fin à la fois. Ils mettent parfaitement en valeur l’ambiance de la bd. Du velours pour les yeux…
C'est simple, c'est marrant au début, ça va bien un tome, mais ensuite, on s'enlise un peu. Les gags ne sont pas renouvelés, les personnages deviennent un peu rengaine et comme le dessin, sans être minimaliste, n'est pas des plus détaillés, je ne conseillerais qu'un survol de cette série, juste pour un moment de détente, sans plus.
Une Bd intéressante sur la forme et le fond.
Le graphisme est surprenant haché, stylisé cela donne du corps aux personnages; les couleurs sont superbes selon les endroits traversés par les protagonistes et les différentes époques aussi. La douceur, la chaleur la poésie de certaines planches est en contraste avec le coup de crayon ciselé du dessinateur.
Les 2 tomes se suivent sans se ressembler, le lien est fait entre les évènements, l'histoire se dessine sur le parchemin du temps.
Une belle histoire d'amitié, d'amour et de croyance en la réincarnation. Les auteurs ne tombent pas dans le pathos dégoulinant et la mièvrerie, il y a une maturité un aspect dramatique et réaliste adouci par l'aspect religieux. Bref un plat doux et pimenté parfois amer mais jamais écœurant.
Cela ne deviendra pas une BD culte mais un bon achat dans sa bdthèque.
Déception et surprise sont les maîtres mots à la lecture de cet album, premier volet d'un diptyque. Surprise, car au vu de la couverture et du titre, je m'attendais à une histoire fantastique. Le titre vient du nom d'un poisson légendaire, le coelacanthe, dont on ne connaissait l'existence que sous forme de fossile. Jusqu'à ce qu'on en repêche un au large de Madagascar en 1935.
Le choix de ce titre est judicieux, car l'histoire est celle de cette peintre trentenaire, sclérosée dans une vie qui tourne en rond, entre sa compagne mystérieuse et ses peintures d'arbres, oscillant entre esprit morbide et envolées lyriques. Les textes qui accompagnent ce roman graphique sont beaux, mais particulièrement creux. C'est du discours d'artistes pré-mâché, lu et relu.
Déception donc car on ne s'attache pas du tout à Noa, ni à aucun des personnages. Reste, tout de même, le dessin de Daphné Collignon. Somptueux, à la fois éthéré et aéré, il dote cette histoire d'une aura étrange, à la fois lumineuse et spartiate. Le dessin vaut à lui seul le coup d'oeil, même s'il manque encore de maturité par moments.
Lecture uniquement du premier cycle.
Je suis extrêmement partagé et j'avoue que peu de BD m'ont donné un tel sentiment.
Le dessin vaut 5/5, coup de coeur et tout ce que l'on peut imaginer au delà... C'est tout simplement beau, bien travaillé, de belles couleurs. Le dessin donne à lui seul l'ambiance. C'est génial. Seul bémol... pourquoi avoir fait une tête aussi invraissemblable à l'ami de Woodcock???? Là c'est un mystère.
A propos de mystère. Côté scénario et intrigue, le premier tome est franchement réussi. En fin de lecture, on a qu'une seule envie c'est d'ouvrir le second tome. Y'a vraiment un truc curieux, bizarre, on veut savoir quoi.
Et là, patatras... second tome, que dalle, rien, nada... C'est vide, creux. Déjà faut comprendre et je suis pas bien sûr d'avoir tout saisi. Vraiment, et je suis désolé de la dire, mais tout simplement nul. Heureusement, la beauté du dessin est là et fait passer la pilule.
Bon, je lirai la suite (plus par esprit de collection), mais si c'est du même accabit, je fais un scandale.
De la BD pour amateur d'art graphique. Le dessin est en effet la chose la plus marquante de cette BD. Une peinture sombre, en noir et blanc, offrant par moments des images presque photoréalistes et à d'autres moments nettement plus abstraites, disons... artistiques. En ce qui me concerne, je suis resté insensible au talent artistique de cet auteur car le photoréalisme ne m'intéresse pas et beaucoup d'images abstraites m'ont paru incompréhensibles ou alors tout simplement pas belles.
Quant au récit, j'ai eu beaucoup de mal à le cerner (n'ayant lu qu'après le résumé de l'éditeur parlant de ce prince Lazare et de son combat sur la plaine de Kosovo). La narration manque de clarté et les sauts chronologiques nombreux apportent trop de confusion pour compenser le flou des images elles-mêmes.
Une fois passée cette incompréhension du récit qui m'a forcé à relire l'album, je réalise à quel point l'histoire tient sur pas grand chose, un récit historique rapide destiné à être simplement ressenti par la force des images. Mais ça ne marche pas pour moi, désolé.
Complexe, plutôt complexe cette nouvelle série... Préparée depuis un long moment par les deux auteurs, qui signent dessin et scénario ensemble (même si on reconnaît plutôt le style de Carrère), elle nous narre une histoire classique, à mi-chemin entre space opera et planet fantasy, pour reprendre la terminologie classique du genre. Tout y est : une technologie avancée alliée à une créature aux pouvoirs énormes, un atterrissage en urgence sur une planète presque inconnue, celle-ci étant peuplée par plusieurs ethnies antagonistes, se disputant le combustible nécessaire à la propulsion stellaire. Au milieu de tout ça, un être sorti de nulle part, élevé par les autochtones, et qui semble être investi d'un pouvoir et d'une mission particuliers. Une histoire d'amour impossible, bien sûr, mais renforcée par un troisième larron qui vient brouiller quelque peu les cartes. Les références à d'autres oeuvres de SF sont énormes, pas forcément maladroites, mais elles montrent la culture des auteurs sur le genre. Du coup, il y a des moments où l'abondance d'informations peut submerger le lecteur. Mais nul doute que l'univers mis en place sera plus compréhensible sur les tomes suivants. Pour faciliter cette compréhension, il est à noter qu'en guise de préambule se trouve un cahier graphique avec des notes précises sur cet univers. Précieux.
Graphiquement, Serge Carrère a quelque peu modifié son style, pour donner un petit côté Star Wars à l'ensemble, même si on reconnaît sa patte.
L'ensemble se lit assez agréablement, même si l'histoire se focalise un peu rapidement sur le triangle amoureux et la destinée de Naûl.
Un bon Batman, très noir, et assez original.
Original par son dessin d’abord, réalisé à la peinture, sans encrage. Ce style ne fera évidement pas l’unanimité, mais il a le mérite de bien représenter la noirceur du scénario.
Scénario qui pour une fois n’oppose pas Batman à un super-vilain, ni même à la police de Gotham. La proie de Batman est un bête tueur, mais un tueur d’abuseurs d’enfant, ce qui le rapproche de manière intéressante de notre héros masqué (ben oui lui aussi il tue des criminels).
Au final, « Cris dans la nuit » est un bon Batman, mais pas aussi marquant que des chef-d’œuvres comme Batman - Un long Halloween ou Batman - Année 1. De plus comme le signale Ro ci-dessous, la narration est parfois un peu pénible à suivre. Bref, à lire si vous arrivez à mettre la main dessus, mais pas forcement une priorité à dénicher à tout prix.
Suite à la lecture très laborieuse de cet... de ce... de cette BD (?), je me suis un peu renseigné sur son scénariste, Appel Guery. Et voilà ce que ça donne : unitaryscienceinstitute.com... Merde alors ! Cette BD, publiée en 1982 par Glénat, puis rééditée chez Aedena en 1987, est ni plus ni moins le manifeste illustré d'une... secte à mi-chemin entre scientologie et raëliens ! (NB : après recherche, cette "secte" à laquelle appartenait Appel Guery s'appelait le groupe ISOZEN, secte soucoupiste adepte d'hypnose collective et autres délires du genre)
Dans les faits, cette BD oscille entre le Nanar absolu, la Bouse illisible et le discours sectaire dangereux et peut-être même criminel de nos jours.
Le dessin est ahurissant tant il est kitsch. Couleurs flashy et pastels, dessins typés SF des années 70, personnages figés et ratés, scènes improbables de ridicule. Quand on feuillète cet album, c'est avec les yeux écarquillés en se disant qu'il faut absolument lire un tel Nanar pour rigoler un bon coup.
L'ennui, c'est que derrière, oui c'est ridicule, mais c'est aussi illisible. Je vous cite un dialogue tel qu'on va en avoir durant des pages entières :
Porte interdimensionnelle Terre 3 est cadrée par les circuits du cerveau internel des Surveyors 12. L'analyseur synthétique va pénétrer la zone spatio-temporelle de Terre 3 en l'an 7300 temps galactique où l'hyper-cerveau cosmique en matière psychonique indestructible résultant de l'évolution humaine totale au cours des milliers d'années précédentes réalise une conscience cosmique synthétisant les connaissances acquises durant les expériences du cycle de la vie humaine et qui est le seul capable, à ce stade, d'entrer en résonnance avec nos schèmes de conscience internelle.
Ouf... Et ça, c'est quoi ? C'est une bulle sur 2 sur chaque planche du début à la fin de l'album. Incompréhensible, et seulement hilarant quand on en lit une par-ci par-là mais pas quand on essaie un tant soit peu de suivre le... processus narratif symbiotique de cet histoire conscientifique et intra-luminiquement visuelle. Argh ! Je suis contaminé !
Bon, bref, pour le moment, ce dessin kitschissime, cette histoire de SF qui aurait été ridicule même en 1850 (temps galactique) et ces dialogues incongrus ont tout pour faire un bon nanar qu'on lit en se fendant la gueule. Et ce fut chose faite pour moi à pas mal de moments.
Mais à énormément d'autres moments, j'étais tout simplement effaré par le contenu de cette histoire, par les messages qu'elle fait passer sans aucun détour. Les hommes sont issus de souche extra-terrestre, certains privilégiés ont été illuminés par les puissances extra-terrestres qui dominent l'univers, ils doivent mener les hommes vers le salut et pour cela, leurs disciples doivent abandonner tout bien matériel pour développer uniquement leur esprit à la recherche du bonheur spirituel, ils doivent rejoindre la communauté du gourou Yogan, et s'ils veulent en sortir c'est qu'ils ont été pervertis par le Mal Innommable, et à la fin la Terre doit périr dans un grand cataclysme dont seuls les plus proches disciples de Yogan seront sauvés par les extra-terrestres pour rejoindre un Nirvana où ils pourront refaire le monde à leur image. Je résume mais je vous épargne au passage tous les messages insidieux, les affirmations plus que douteuses, les déclarations qui seraient sans doute passibles de prison pour incitation à entrer dans une secte destinée à glorifier un gourou unique.
Si seulement les auteurs faisaient ça au second degré, mais non, le scénariste est le gourou de cette "science unitaire" ("Pour la jonction entre la conscience énergie de l'intra-univers et de l'extra-univers") et le dessinateur écrit dans la post-face de la BD à quel point il a été convaincu par la doctrine de son scénariste.
Franchement incroyable que cette BD aie pu être publiée... et rééditée...
J'en reste comme deux ronds de flan...
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Quartier lointain
TOME 1 : 4/5 Mon avis sera bref, car à la lecture des avis précédents, je crois que tout a été dit... Quartier lointain est une très très très très bonne série. Ce premier tome installe petit à petit la trame de l'histoire : un homme de 48 ans qui soudainement revient dans son corps d'adolescent de 14 ans pour revivre malgré lui son passé. L'intrigue donne alors lieu à des passages émouvants (lorsque le héro revoit ses parents, "disparus" pourtant depuis de nombreuses années), d'autres plus drôles (la cuite de Hiroshi qui oublie que l'on ne supporte pas l'alcool de la même façon lorsque l'on a un corps de 14 ans)... Cependant, on peux parfois se demander si Hiroshi ne se résigne pas un peu vite à revivre son passé sans essayer de comprendre ce qui s'est passé (moi je deviendrais fou à sa place). Mais on ne peut pas en vouloir à l'auteur, car sans ça, l'histoire ne pourrait pas avancer. Sinon, les dessins de Taniguchi sont une merveille. Assez réfractaire au style "manga" (je parle de celui ou les têtes des personnages peuvent d'un seul coup doubler de volume lors d'une dispute, ou être écrasées sous une enclume géante de 1000 kilos...), Quartier lointain est le bon compromis pour découvrir un soit disant manga. En effet, le style de Taniguchi est très réaliste avec des traits fins, des dessins bourrés de détails... Que du bonheur ! Bon, je n'ai pas fait si court que ça finalement... C'est sûrement parce que ce premier tome de Quartier lointain mérite des lignes, des lignes et encore des lignes de compliments. TOME 2 : 5/5 Un deuxième tome encore meilleur que le premier... Déjà, que celui-ci était quasi parfait, ça vous donne une idée de ce que je pense de la conclusion de Quartier lointain. Dans ce deuxième tome, Hiroshi (père de famille de 48 ans qui a la "chance" de revivre ses 14 ans) tente de comprendre pourquoi son père a soudainement disparu de sa vie l'année de ses fameux 14 ans. Il ne reste alors à Hiroshi que quelques mois pour comprendre et essayer de retenir son père et ainsi modifier son passé. Quartier lointain finit donc en beauté avec de purs passages qui vous prennent aux tripes ponctués de moments plus légers à travers la love story qui s'instaure entre Hiroshi et sa jeune camarade de classe Tomoko. Les dessins de Taniguchi sont toujours aussi sublimes. C'est une autre facette du manga avec un style très pur et extrêmement réaliste. Quartier lointain rentre ainsi dans mon "best of" personnel. Même si vous êtes réticent au mot "manga", faut vous jeter sur cette fabuleuse série.
Quartier lointain
J’ai dévoré les deux tomes ce week-end, le concept m’a beaucoup plu. L’histoire de cet homme de 48 ans qui retrouve ses 14 ans, ça m’a parlé. J’ai aimé voir cet homme qui, une fois la surprise passée, retrouve, ou trouve tout simplement, la joie d’avoir 14 ans. Il retrouve ses camarades perdus de vue et les amours d’adolescents. Tout ça cependant avec l’ombre d’un père qui va disparaître sans explication à la fin des vacances d’été. Hiroshi va donc être partagé entre son insouciance retrouvée et la volonté de comprendre le départ de son père et tenter de l’en empêcher. L’histoire s’enchaîne fort bien, sans temps mort et on vit pleinement ces émotions retrouvées de tout jeune homme. Ce que je reproche en fait principalement à Taniguchi, c’est de sombrer dans le larmoyant et l’affliction de manière un peu systématique. Dans Le Journal de mon père, ça en devenait presque un peu indigeste, ici, l’équilibre n’est pas trop mal respecté. Mais l’écœurement n’est pas loin. Les dessins sont simples et très fin à la fois. Ils mettent parfaitement en valeur l’ambiance de la bd. Du velours pour les yeux…
Inspecteur Moroni
C'est simple, c'est marrant au début, ça va bien un tome, mais ensuite, on s'enlise un peu. Les gags ne sont pas renouvelés, les personnages deviennent un peu rengaine et comme le dessin, sans être minimaliste, n'est pas des plus détaillés, je ne conseillerais qu'un survol de cette série, juste pour un moment de détente, sans plus.
Où le regard ne porte pas...
Une Bd intéressante sur la forme et le fond. Le graphisme est surprenant haché, stylisé cela donne du corps aux personnages; les couleurs sont superbes selon les endroits traversés par les protagonistes et les différentes époques aussi. La douceur, la chaleur la poésie de certaines planches est en contraste avec le coup de crayon ciselé du dessinateur. Les 2 tomes se suivent sans se ressembler, le lien est fait entre les évènements, l'histoire se dessine sur le parchemin du temps. Une belle histoire d'amitié, d'amour et de croyance en la réincarnation. Les auteurs ne tombent pas dans le pathos dégoulinant et la mièvrerie, il y a une maturité un aspect dramatique et réaliste adouci par l'aspect religieux. Bref un plat doux et pimenté parfois amer mais jamais écœurant. Cela ne deviendra pas une BD culte mais un bon achat dans sa bdthèque.
Coelacanthes
Déception et surprise sont les maîtres mots à la lecture de cet album, premier volet d'un diptyque. Surprise, car au vu de la couverture et du titre, je m'attendais à une histoire fantastique. Le titre vient du nom d'un poisson légendaire, le coelacanthe, dont on ne connaissait l'existence que sous forme de fossile. Jusqu'à ce qu'on en repêche un au large de Madagascar en 1935. Le choix de ce titre est judicieux, car l'histoire est celle de cette peintre trentenaire, sclérosée dans une vie qui tourne en rond, entre sa compagne mystérieuse et ses peintures d'arbres, oscillant entre esprit morbide et envolées lyriques. Les textes qui accompagnent ce roman graphique sont beaux, mais particulièrement creux. C'est du discours d'artistes pré-mâché, lu et relu. Déception donc car on ne s'attache pas du tout à Noa, ni à aucun des personnages. Reste, tout de même, le dessin de Daphné Collignon. Somptueux, à la fois éthéré et aéré, il dote cette histoire d'une aura étrange, à la fois lumineuse et spartiate. Le dessin vaut à lui seul le coup d'oeil, même s'il manque encore de maturité par moments.
Algernon Woodcock
Lecture uniquement du premier cycle. Je suis extrêmement partagé et j'avoue que peu de BD m'ont donné un tel sentiment. Le dessin vaut 5/5, coup de coeur et tout ce que l'on peut imaginer au delà... C'est tout simplement beau, bien travaillé, de belles couleurs. Le dessin donne à lui seul l'ambiance. C'est génial. Seul bémol... pourquoi avoir fait une tête aussi invraissemblable à l'ami de Woodcock???? Là c'est un mystère. A propos de mystère. Côté scénario et intrigue, le premier tome est franchement réussi. En fin de lecture, on a qu'une seule envie c'est d'ouvrir le second tome. Y'a vraiment un truc curieux, bizarre, on veut savoir quoi. Et là, patatras... second tome, que dalle, rien, nada... C'est vide, creux. Déjà faut comprendre et je suis pas bien sûr d'avoir tout saisi. Vraiment, et je suis désolé de la dire, mais tout simplement nul. Heureusement, la beauté du dessin est là et fait passer la pilule. Bon, je lirai la suite (plus par esprit de collection), mais si c'est du même accabit, je fais un scandale.
Le Chemin des Merles
De la BD pour amateur d'art graphique. Le dessin est en effet la chose la plus marquante de cette BD. Une peinture sombre, en noir et blanc, offrant par moments des images presque photoréalistes et à d'autres moments nettement plus abstraites, disons... artistiques. En ce qui me concerne, je suis resté insensible au talent artistique de cet auteur car le photoréalisme ne m'intéresse pas et beaucoup d'images abstraites m'ont paru incompréhensibles ou alors tout simplement pas belles. Quant au récit, j'ai eu beaucoup de mal à le cerner (n'ayant lu qu'après le résumé de l'éditeur parlant de ce prince Lazare et de son combat sur la plaine de Kosovo). La narration manque de clarté et les sauts chronologiques nombreux apportent trop de confusion pour compenser le flou des images elles-mêmes. Une fois passée cette incompréhension du récit qui m'a forcé à relire l'album, je réalise à quel point l'histoire tient sur pas grand chose, un récit historique rapide destiné à être simplement ressenti par la force des images. Mais ça ne marche pas pour moi, désolé.
L'Héritier des Etoiles
Complexe, plutôt complexe cette nouvelle série... Préparée depuis un long moment par les deux auteurs, qui signent dessin et scénario ensemble (même si on reconnaît plutôt le style de Carrère), elle nous narre une histoire classique, à mi-chemin entre space opera et planet fantasy, pour reprendre la terminologie classique du genre. Tout y est : une technologie avancée alliée à une créature aux pouvoirs énormes, un atterrissage en urgence sur une planète presque inconnue, celle-ci étant peuplée par plusieurs ethnies antagonistes, se disputant le combustible nécessaire à la propulsion stellaire. Au milieu de tout ça, un être sorti de nulle part, élevé par les autochtones, et qui semble être investi d'un pouvoir et d'une mission particuliers. Une histoire d'amour impossible, bien sûr, mais renforcée par un troisième larron qui vient brouiller quelque peu les cartes. Les références à d'autres oeuvres de SF sont énormes, pas forcément maladroites, mais elles montrent la culture des auteurs sur le genre. Du coup, il y a des moments où l'abondance d'informations peut submerger le lecteur. Mais nul doute que l'univers mis en place sera plus compréhensible sur les tomes suivants. Pour faciliter cette compréhension, il est à noter qu'en guise de préambule se trouve un cahier graphique avec des notes précises sur cet univers. Précieux. Graphiquement, Serge Carrère a quelque peu modifié son style, pour donner un petit côté Star Wars à l'ensemble, même si on reconnaît sa patte. L'ensemble se lit assez agréablement, même si l'histoire se focalise un peu rapidement sur le triangle amoureux et la destinée de Naûl.
Batman - Des cris dans la nuit
Un bon Batman, très noir, et assez original. Original par son dessin d’abord, réalisé à la peinture, sans encrage. Ce style ne fera évidement pas l’unanimité, mais il a le mérite de bien représenter la noirceur du scénario. Scénario qui pour une fois n’oppose pas Batman à un super-vilain, ni même à la police de Gotham. La proie de Batman est un bête tueur, mais un tueur d’abuseurs d’enfant, ce qui le rapproche de manière intéressante de notre héros masqué (ben oui lui aussi il tue des criminels). Au final, « Cris dans la nuit » est un bon Batman, mais pas aussi marquant que des chef-d’œuvres comme Batman - Un long Halloween ou Batman - Année 1. De plus comme le signale Ro ci-dessous, la narration est parfois un peu pénible à suivre. Bref, à lire si vous arrivez à mettre la main dessus, mais pas forcement une priorité à dénicher à tout prix.
Voyage Intemporel
Suite à la lecture très laborieuse de cet... de ce... de cette BD (?), je me suis un peu renseigné sur son scénariste, Appel Guery. Et voilà ce que ça donne : unitaryscienceinstitute.com... Merde alors ! Cette BD, publiée en 1982 par Glénat, puis rééditée chez Aedena en 1987, est ni plus ni moins le manifeste illustré d'une... secte à mi-chemin entre scientologie et raëliens ! (NB : après recherche, cette "secte" à laquelle appartenait Appel Guery s'appelait le groupe ISOZEN, secte soucoupiste adepte d'hypnose collective et autres délires du genre) Dans les faits, cette BD oscille entre le Nanar absolu, la Bouse illisible et le discours sectaire dangereux et peut-être même criminel de nos jours. Le dessin est ahurissant tant il est kitsch. Couleurs flashy et pastels, dessins typés SF des années 70, personnages figés et ratés, scènes improbables de ridicule. Quand on feuillète cet album, c'est avec les yeux écarquillés en se disant qu'il faut absolument lire un tel Nanar pour rigoler un bon coup. L'ennui, c'est que derrière, oui c'est ridicule, mais c'est aussi illisible. Je vous cite un dialogue tel qu'on va en avoir durant des pages entières : Porte interdimensionnelle Terre 3 est cadrée par les circuits du cerveau internel des Surveyors 12. L'analyseur synthétique va pénétrer la zone spatio-temporelle de Terre 3 en l'an 7300 temps galactique où l'hyper-cerveau cosmique en matière psychonique indestructible résultant de l'évolution humaine totale au cours des milliers d'années précédentes réalise une conscience cosmique synthétisant les connaissances acquises durant les expériences du cycle de la vie humaine et qui est le seul capable, à ce stade, d'entrer en résonnance avec nos schèmes de conscience internelle. Ouf... Et ça, c'est quoi ? C'est une bulle sur 2 sur chaque planche du début à la fin de l'album. Incompréhensible, et seulement hilarant quand on en lit une par-ci par-là mais pas quand on essaie un tant soit peu de suivre le... processus narratif symbiotique de cet histoire conscientifique et intra-luminiquement visuelle. Argh ! Je suis contaminé ! Bon, bref, pour le moment, ce dessin kitschissime, cette histoire de SF qui aurait été ridicule même en 1850 (temps galactique) et ces dialogues incongrus ont tout pour faire un bon nanar qu'on lit en se fendant la gueule. Et ce fut chose faite pour moi à pas mal de moments. Mais à énormément d'autres moments, j'étais tout simplement effaré par le contenu de cette histoire, par les messages qu'elle fait passer sans aucun détour. Les hommes sont issus de souche extra-terrestre, certains privilégiés ont été illuminés par les puissances extra-terrestres qui dominent l'univers, ils doivent mener les hommes vers le salut et pour cela, leurs disciples doivent abandonner tout bien matériel pour développer uniquement leur esprit à la recherche du bonheur spirituel, ils doivent rejoindre la communauté du gourou Yogan, et s'ils veulent en sortir c'est qu'ils ont été pervertis par le Mal Innommable, et à la fin la Terre doit périr dans un grand cataclysme dont seuls les plus proches disciples de Yogan seront sauvés par les extra-terrestres pour rejoindre un Nirvana où ils pourront refaire le monde à leur image. Je résume mais je vous épargne au passage tous les messages insidieux, les affirmations plus que douteuses, les déclarations qui seraient sans doute passibles de prison pour incitation à entrer dans une secte destinée à glorifier un gourou unique. Si seulement les auteurs faisaient ça au second degré, mais non, le scénariste est le gourou de cette "science unitaire" ("Pour la jonction entre la conscience énergie de l'intra-univers et de l'extra-univers") et le dessinateur écrit dans la post-face de la BD à quel point il a été convaincu par la doctrine de son scénariste. Franchement incroyable que cette BD aie pu être publiée... et rééditée... J'en reste comme deux ronds de flan...