Généralement, ce type de récit ne m'attire guère mais j'ai été assez touché par cette BD.
Déjà, je trouve les planches jolies. Les images de Hong-Kong y sont très photogéniques, des décors que j'aurais adoré prendre moi-même en photo. Les couleurs sont très sympas, pleines d'ambiance. Le dessin des personnages lui aussi est plutôt bon, même si les poses sont parfois assez figées.
En fait, le véritable reproche que je ferais à ce dessin, c'est le fait que justement, je trouve qu'on voit trop que c'est du dessin par moment. Je m'explique : beaucoup de traits de décors sont tracés à la règle, les traits de crayonnés sont parfois visibles, la couleur ressort parfois comme des hachures au crayon de couleur. Tout cela donne une impression de regarder un dessin qui, même s'il est bien fait, rappelle un peu trop sa présence et sa technique pour permettre une immersion totale dans le récit.
Ceci dit, ce n'est qu'un petit défaut à mes yeux, je trouve quand même nombre de planches très belles et j'ai quand même été suffisamment absorbé par l'histoire.
Pourtant, j'ai eu un peu de mal en début de lecture. La narration est décousue, on est plongé tout de suite dans un environnement et une situation qu'on ne connait pas. Les quelques dizaines de premières pages m'ont charmé par leur décor original et beau et leurs personnages attachants, mais j'ai quand même eu quelques difficultés à suivre le récit.
Mais ce fut finalement quand je commençais à vraiment m'attacher, quand le scénario laissait entrevoir une lueur d'espoir dans la vie difficile des héros, que s'en vint la fin du premier chapitre, dure et dramatique.
C'est là qu'est apparue l'originalité du récit : son découpage en 3 chapitres bien distincts. Le premier chapitre est en fait le coeur du récit, nous faisant suivre la difficile vie de jeunes mariés sans le sou à Hong-Kong. Le deuxième est le récit parrallèle d'un réfugié Vietnamien dans la même ville, les deux récits se recoupant dramatiquement en leur fin. Et le troisième revient en fait un an en arrière, la rencontre de nos deux amoureux du début et ce qui a amené à leur mariage compliqué. Et ainsi, cette BD réussit véritablement à boucler la boucle en fin d'album, me faisant aussitôt reprendre le début du récit désormais nettement plus clair mais aussi nettement plus fort. J'ai été touché car cette structure m'a permis de m'attacher aux personnages et de ressentir encore plus douloureusement le drame final.
Une oeuvre belle (malgré un petit manque de maîtrise du dessin, un goût d'inachevé), forte, au décor et au traitement original. Dommage que cela doive finir aussi mal mais en tout cas, l'émotion est passée pour moi.
Bon, sur un tel thème et avec un tel titre, fallait pas s'attendre à quelque chose de grandiose. Je l'ai lu en me disant que j'allais passer un bon petit moment de rigolade facile. Mais en fait, bof.
A part quelques moments où j'ai pouffé de rire en me disant "Arf, c'est con !", l'ensemble des gags sont lourds et souvent répétitifs.
Pas grand chose à en tirer si ce n'est quelques sourires et quelques petits rires par moment, mais rarement.
Note approximative : 2.5/5
L'originalité de cette Bd tient en 2 choses : son histoire et le dessin de ses planches.
Vous avez peut-être déjà lu Le Psychopompe, oeuvre la plus connue de Gabriel Delmas. Vous savez peut-être alors que cet auteur a un univers très particulier, très noir, en réalité véritablement sataniste, présentant la mort et l'enfer sous une forme glauque et dérangeante. Eh bien, le Mouton-Chien manchot nous présente une vision de l'enfer différente de celle du Psychopompe mais guère plus réjouissante.
Le dessin est quelque part à mi-chemin entre les styles de Breccia, Wendling et Springer. Il n'a rien à voir avec le style du Psychopompe, étant ici nettement plus lumineux (c'est pas difficile) et plus proche du croquis. Sincèrement, je trouve les planches de cet album esthétiques et intéressantes. Ce sont des formes torturées, des squelettes, des créatures décharnées ou grotesques, mais elles sont présentées de belle manière. J'aime assez même si ce qui est représenté ne me plait pas dans le contenu.
L'originalité de cette oeuvre réside dans son récit et sa narration.
Le récit, c'est celui d'un homme qui se retrouve après la mort dans un enfer vide et morne, et pendant 180 pages, il va errer, se poser des questions, rencontrer des choses et des gens, et errer encore plus. Cela rappellera certains albums à la mode Metal Hurlant avec des héros à la Druillet et autres, mais c'est ici nettement plus fataliste et glauque.
Quant à la narration, au lieu du grandiose pompeux du Psychopompe, l'auteur a choisi ici de jouer le double niveau de s'adresser directement au lecteur par moment, et de raconter son récit avec un peu d'humour noir de l'autre. Le héros passe son temps à proférer des insultes et à râler. Le narrateur lui s'adresse au lecteur en lui promettant la réponse à toutes les interrogations sur la vie et la mort... sans bien sûr qu'il n'y ait jamais de réponse.
L'ennui, c'est que, malgré l'humour et le décalage de ses dialogues, narrations et titres de chapitre, le récit s'étirant sur autant de pages, oscille entre ennui et incompréhension pour moi. Ce sont des rencontres aux dialogues pleins de métaphores, de messages sur la vie, sur la mort, sur l'inutilité, sur le fatalisme, le dégoût, etc. Le contenu du message ne m'atteint pas vraiment car je n'ai pas su en tirer une véritable compréhension. Et de lire un aussi long récit où il semble ne rien se passer et qui ne mène quasiment à rien, si ce n'est à tenter de transmettre un message sur la vie que je n'apprécie pas vraiment, ça m'ennuie.
Ce n'est donc pas une Bd dont je conseille l'achat, pas une Bd dont je conseillerais la lecture au lecteur lambda, mais les amateurs de dessin, de récit philosophique noir et de narration originale pourront être intéressés.
Ce Heads est décapant ! Il peut déranger et fasciner à la fois. La zone cérébrale étant un milieu toujours assez obscur en ce début du XXI siècle, les conséquences d'une intervention chirurgicale soulèvent autant de questions que de promesses.
Si les rebondissements et le déroulement de l'histoire sont un peu prévisibles dès le premier tome (on aurait aimé un peu plus de surprises et à être contredit, ce qui aurait valu un 5/5), les dessins sont au top et le scénario d'un haut niveau. A ranger aux côtés des références Monster et 20th Century Boys. Avec un bon point pour Heads, qui n'est qu'en 4 tomes. Bravo !
Bonne petite BD, fraîche, l'auteur ne se prend pas la tête. On sent le vécu (grossesse puis vie à trois). Cette histoire est forcément plus sympa lorsque soi-même on va devenir papa...
Un épisode de la guerre froide vraiment bien conté vu par Boucq avec beaucoup d’imagination, de cohérence et un soupçon de fantastique.
Même si l’épilogue de l’histoire m’a laissé un peu sur ma faim, je ne peux que conseiller la lecture de cette œuvre très plaisante que j’ai lue d’une seule traite sans avoir envie d’aller faire autre chose, ce qui représente toujours un gage de qualité.
J’ai lu dans certains précédents avis le petit bémol laissé quant à la colorisation et je ne peux que confirmer cette impression, mais j’ai toujours considéré le scénario comme prépondérant d’où le 4/5.
Un seul regret toutefois, celui de ne l’avoir découverte que 12 ans après sa sortie suite à sa réédition…
A lire.
Alors que son existence était restée encore trop confidentielle, le magazine bd jeunesse des éditions Milan « Capsule cosmique » a mis la clé sous le paillasson. Quel dommage pour une publication qui se révélait l’un des plus originales de ses dernières années. Dans ses pages s’illustraient des jeunes auteurs (dit de la nouvelle bd française) qui avaient décidé de s’adresser aux plus jeunes avec fraîcheur et modernité. Et avec une qualité qui forçait le respect. En témoignent quelques albums, ultimes témoins de cette trop courte aventure éditoriale. « Dieu qui pue, Dieu qui pète » en est une fabuleuse illustration. Ce recueil de petites histoires africaines concoctées par Vehlmann est un modèle de sobriété, d’ingéniosité et de fantaisie comme il m’a été rarement donné de voir depuis des années. Tous ces petits récits sont délicieux, ils font rêver tout en allant à l’essentiel. Et surtout, ils sont de qualité égale, difficile d’en sortir un du lot ! Ils sont autant de petites maximes philosophiques délicieusement mises en histoire avec un humour du meilleur acabit. Rigoureusement indispensable ! Un des albums de l’année !
Une série peu connue qui sans être génial se laisse bien lire. On en apprend beaucoup sur le Japon de l'époque des samouraïs.
Si les premiers albums fonctionnaient sur le principe du feuilleton (4 premiers tomes), les derniers développent des histoires beaucoup plus courtes.
A découvrir...
À Holcomb, dans le fin fond du Kansas, la famille Clutter est assassinée. On arrête les tueurs : deux pauvres types de passage, qui cherchaient surtout à dépouiller la famille. Ce fait-divers attire Truman Capote l’écrivain, qui pense, grâce à cette histoire, pouvoir écrire son chef-d’œuvre, un roman de non-fiction.
Un bel album en noir et blanc, que je conseille fortement, sur Truman Capote enquêtant sur ce crime horrible dont il devait s’inspirer pour écrire son plus célèbre ouvrage : De sang froid.
Ce livre de Ande Parks et Chis Samnee est très sombre. C’est un parfait portrait du personnage étonnant de l’écrivain. On découvre un Truman Capote dans son intimité, avec son amant ; mais également torturé par des démons intérieurs, il est sans cesse en interrogation face à cette enquête. Il voit en rêve la dernière fille de la famille Clutter et communique avec elle. C’est aussi le choc de deux mondes ; une Amérique urbaine, en phase avec son temps, représentée par Capote et une autre plus rurale, plus fermée sur elle-même où les deux assassins ne sont finalement que les parias d’une communauté qui n’a pas voulu d’eux. Capote est saisi par cette autre face des Etats-Unis, celle qu’il ne connaît pas, violente, superstitieuse, puritaine, qui est bien loin des salons new-yorkais qu’il fréquente d’habitude. Il prendra d’ailleurs pitié pour l’un des deux assassins, une expérience qui ne le laissera pas indemne, mais qui accouchera d’un chef-d’œuvre…
Contrairement aux deux premiers avis, j'ai apprécié cette BD. Bon, d'accord, ce n'est pas la BD du siècle, mais je trouve qu'elle se laisse lire sans déplaisir.
Au niveau des dessins, je les trouve amusants et l'encrage d'Andréas y ajoute un charme certain.
Les décors sont bien travaillés et fourmillent de détails, chose non négligeable.
Par contre, je trouve le scénario un peu léger: on sent de suite où on va arriver. Et ce que je trouve dommage, c'est que la fin est une suite de révélations qui tombent comme ça, après une enquête qui commençait bien mais qui n'a jamais été dans le détail. Dommage, sans ça, j'aurais mis 4/5.
Donc, si vous la trouvez par chère, je la conseille...
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Des oiseaux, des mers
Généralement, ce type de récit ne m'attire guère mais j'ai été assez touché par cette BD. Déjà, je trouve les planches jolies. Les images de Hong-Kong y sont très photogéniques, des décors que j'aurais adoré prendre moi-même en photo. Les couleurs sont très sympas, pleines d'ambiance. Le dessin des personnages lui aussi est plutôt bon, même si les poses sont parfois assez figées. En fait, le véritable reproche que je ferais à ce dessin, c'est le fait que justement, je trouve qu'on voit trop que c'est du dessin par moment. Je m'explique : beaucoup de traits de décors sont tracés à la règle, les traits de crayonnés sont parfois visibles, la couleur ressort parfois comme des hachures au crayon de couleur. Tout cela donne une impression de regarder un dessin qui, même s'il est bien fait, rappelle un peu trop sa présence et sa technique pour permettre une immersion totale dans le récit. Ceci dit, ce n'est qu'un petit défaut à mes yeux, je trouve quand même nombre de planches très belles et j'ai quand même été suffisamment absorbé par l'histoire. Pourtant, j'ai eu un peu de mal en début de lecture. La narration est décousue, on est plongé tout de suite dans un environnement et une situation qu'on ne connait pas. Les quelques dizaines de premières pages m'ont charmé par leur décor original et beau et leurs personnages attachants, mais j'ai quand même eu quelques difficultés à suivre le récit. Mais ce fut finalement quand je commençais à vraiment m'attacher, quand le scénario laissait entrevoir une lueur d'espoir dans la vie difficile des héros, que s'en vint la fin du premier chapitre, dure et dramatique. C'est là qu'est apparue l'originalité du récit : son découpage en 3 chapitres bien distincts. Le premier chapitre est en fait le coeur du récit, nous faisant suivre la difficile vie de jeunes mariés sans le sou à Hong-Kong. Le deuxième est le récit parrallèle d'un réfugié Vietnamien dans la même ville, les deux récits se recoupant dramatiquement en leur fin. Et le troisième revient en fait un an en arrière, la rencontre de nos deux amoureux du début et ce qui a amené à leur mariage compliqué. Et ainsi, cette BD réussit véritablement à boucler la boucle en fin d'album, me faisant aussitôt reprendre le début du récit désormais nettement plus clair mais aussi nettement plus fort. J'ai été touché car cette structure m'a permis de m'attacher aux personnages et de ressentir encore plus douloureusement le drame final. Une oeuvre belle (malgré un petit manque de maîtrise du dessin, un goût d'inachevé), forte, au décor et au traitement original. Dommage que cela doive finir aussi mal mais en tout cas, l'émotion est passée pour moi.
La Bite à Urbain
Bon, sur un tel thème et avec un tel titre, fallait pas s'attendre à quelque chose de grandiose. Je l'ai lu en me disant que j'allais passer un bon petit moment de rigolade facile. Mais en fait, bof. A part quelques moments où j'ai pouffé de rire en me disant "Arf, c'est con !", l'ensemble des gags sont lourds et souvent répétitifs. Pas grand chose à en tirer si ce n'est quelques sourires et quelques petits rires par moment, mais rarement.
Le Mouton-Chien manchot
Note approximative : 2.5/5 L'originalité de cette Bd tient en 2 choses : son histoire et le dessin de ses planches. Vous avez peut-être déjà lu Le Psychopompe, oeuvre la plus connue de Gabriel Delmas. Vous savez peut-être alors que cet auteur a un univers très particulier, très noir, en réalité véritablement sataniste, présentant la mort et l'enfer sous une forme glauque et dérangeante. Eh bien, le Mouton-Chien manchot nous présente une vision de l'enfer différente de celle du Psychopompe mais guère plus réjouissante. Le dessin est quelque part à mi-chemin entre les styles de Breccia, Wendling et Springer. Il n'a rien à voir avec le style du Psychopompe, étant ici nettement plus lumineux (c'est pas difficile) et plus proche du croquis. Sincèrement, je trouve les planches de cet album esthétiques et intéressantes. Ce sont des formes torturées, des squelettes, des créatures décharnées ou grotesques, mais elles sont présentées de belle manière. J'aime assez même si ce qui est représenté ne me plait pas dans le contenu. L'originalité de cette oeuvre réside dans son récit et sa narration. Le récit, c'est celui d'un homme qui se retrouve après la mort dans un enfer vide et morne, et pendant 180 pages, il va errer, se poser des questions, rencontrer des choses et des gens, et errer encore plus. Cela rappellera certains albums à la mode Metal Hurlant avec des héros à la Druillet et autres, mais c'est ici nettement plus fataliste et glauque. Quant à la narration, au lieu du grandiose pompeux du Psychopompe, l'auteur a choisi ici de jouer le double niveau de s'adresser directement au lecteur par moment, et de raconter son récit avec un peu d'humour noir de l'autre. Le héros passe son temps à proférer des insultes et à râler. Le narrateur lui s'adresse au lecteur en lui promettant la réponse à toutes les interrogations sur la vie et la mort... sans bien sûr qu'il n'y ait jamais de réponse. L'ennui, c'est que, malgré l'humour et le décalage de ses dialogues, narrations et titres de chapitre, le récit s'étirant sur autant de pages, oscille entre ennui et incompréhension pour moi. Ce sont des rencontres aux dialogues pleins de métaphores, de messages sur la vie, sur la mort, sur l'inutilité, sur le fatalisme, le dégoût, etc. Le contenu du message ne m'atteint pas vraiment car je n'ai pas su en tirer une véritable compréhension. Et de lire un aussi long récit où il semble ne rien se passer et qui ne mène quasiment à rien, si ce n'est à tenter de transmettre un message sur la vie que je n'apprécie pas vraiment, ça m'ennuie. Ce n'est donc pas une Bd dont je conseille l'achat, pas une Bd dont je conseillerais la lecture au lecteur lambda, mais les amateurs de dessin, de récit philosophique noir et de narration originale pourront être intéressés.
Heads
Ce Heads est décapant ! Il peut déranger et fasciner à la fois. La zone cérébrale étant un milieu toujours assez obscur en ce début du XXI siècle, les conséquences d'une intervention chirurgicale soulèvent autant de questions que de promesses. Si les rebondissements et le déroulement de l'histoire sont un peu prévisibles dès le premier tome (on aurait aimé un peu plus de surprises et à être contredit, ce qui aurait valu un 5/5), les dessins sont au top et le scénario d'un haut niveau. A ranger aux côtés des références Monster et 20th Century Boys. Avec un bon point pour Heads, qui n'est qu'en 4 tomes. Bravo !
Une vie de papa ! (Chronique Layette)
Bonne petite BD, fraîche, l'auteur ne se prend pas la tête. On sent le vécu (grossesse puis vie à trois). Cette histoire est forcément plus sympa lorsque soi-même on va devenir papa...
Bouche du diable
Un épisode de la guerre froide vraiment bien conté vu par Boucq avec beaucoup d’imagination, de cohérence et un soupçon de fantastique. Même si l’épilogue de l’histoire m’a laissé un peu sur ma faim, je ne peux que conseiller la lecture de cette œuvre très plaisante que j’ai lue d’une seule traite sans avoir envie d’aller faire autre chose, ce qui représente toujours un gage de qualité. J’ai lu dans certains précédents avis le petit bémol laissé quant à la colorisation et je ne peux que confirmer cette impression, mais j’ai toujours considéré le scénario comme prépondérant d’où le 4/5. Un seul regret toutefois, celui de ne l’avoir découverte que 12 ans après sa sortie suite à sa réédition… A lire.
Dieu qui pue, Dieu qui pète
Alors que son existence était restée encore trop confidentielle, le magazine bd jeunesse des éditions Milan « Capsule cosmique » a mis la clé sous le paillasson. Quel dommage pour une publication qui se révélait l’un des plus originales de ses dernières années. Dans ses pages s’illustraient des jeunes auteurs (dit de la nouvelle bd française) qui avaient décidé de s’adresser aux plus jeunes avec fraîcheur et modernité. Et avec une qualité qui forçait le respect. En témoignent quelques albums, ultimes témoins de cette trop courte aventure éditoriale. « Dieu qui pue, Dieu qui pète » en est une fabuleuse illustration. Ce recueil de petites histoires africaines concoctées par Vehlmann est un modèle de sobriété, d’ingéniosité et de fantaisie comme il m’a été rarement donné de voir depuis des années. Tous ces petits récits sont délicieux, ils font rêver tout en allant à l’essentiel. Et surtout, ils sont de qualité égale, difficile d’en sortir un du lot ! Ils sont autant de petites maximes philosophiques délicieusement mises en histoire avec un humour du meilleur acabit. Rigoureusement indispensable ! Un des albums de l’année !
Kogaratsu
Une série peu connue qui sans être génial se laisse bien lire. On en apprend beaucoup sur le Japon de l'époque des samouraïs. Si les premiers albums fonctionnaient sur le principe du feuilleton (4 premiers tomes), les derniers développent des histoires beaucoup plus courtes. A découvrir...
Capote in Kansas
À Holcomb, dans le fin fond du Kansas, la famille Clutter est assassinée. On arrête les tueurs : deux pauvres types de passage, qui cherchaient surtout à dépouiller la famille. Ce fait-divers attire Truman Capote l’écrivain, qui pense, grâce à cette histoire, pouvoir écrire son chef-d’œuvre, un roman de non-fiction. Un bel album en noir et blanc, que je conseille fortement, sur Truman Capote enquêtant sur ce crime horrible dont il devait s’inspirer pour écrire son plus célèbre ouvrage : De sang froid. Ce livre de Ande Parks et Chis Samnee est très sombre. C’est un parfait portrait du personnage étonnant de l’écrivain. On découvre un Truman Capote dans son intimité, avec son amant ; mais également torturé par des démons intérieurs, il est sans cesse en interrogation face à cette enquête. Il voit en rêve la dernière fille de la famille Clutter et communique avec elle. C’est aussi le choc de deux mondes ; une Amérique urbaine, en phase avec son temps, représentée par Capote et une autre plus rurale, plus fermée sur elle-même où les deux assassins ne sont finalement que les parias d’une communauté qui n’a pas voulu d’eux. Capote est saisi par cette autre face des Etats-Unis, celle qu’il ne connaît pas, violente, superstitieuse, puritaine, qui est bien loin des salons new-yorkais qu’il fréquente d’habitude. Il prendra d’ailleurs pitié pour l’un des deux assassins, une expérience qui ne le laissera pas indemne, mais qui accouchera d’un chef-d’œuvre…
Styx
Contrairement aux deux premiers avis, j'ai apprécié cette BD. Bon, d'accord, ce n'est pas la BD du siècle, mais je trouve qu'elle se laisse lire sans déplaisir. Au niveau des dessins, je les trouve amusants et l'encrage d'Andréas y ajoute un charme certain. Les décors sont bien travaillés et fourmillent de détails, chose non négligeable. Par contre, je trouve le scénario un peu léger: on sent de suite où on va arriver. Et ce que je trouve dommage, c'est que la fin est une suite de révélations qui tombent comme ça, après une enquête qui commençait bien mais qui n'a jamais été dans le détail. Dommage, sans ça, j'aurais mis 4/5. Donc, si vous la trouvez par chère, je la conseille...