Tout m'a plu dans Gil St André. D'abord le dessin.est superbe, autant les personnages que les décors. Les voitures sont ultra réalistes, les batiments sont eux aussi superbement réussi. Les couleurs collent parfaitement au style contemporain de la série.
Niveau scénario c'est du tout bon. L'histoire du premier cycle ne revolutionnera pas le genre, les rebondissements sont nombreux, parfois un peu spectaculaire, mais en tout cas on ne s'ennuie pas. Et c'est bien là l'essentiel dans ce type de série. Le tome 6 (début du second cycle) me semblait s'aventurer sur un terrain un peu épineux, mais le tome 7 recentre l'action et on reste bien dans un polar.
Une très bonne série donc, à conseiller à tous les amateurs du genre.
Décidément, j'ai du mal avec les séries d'humour de chez Casterman. J'avais pourtant entamé la lecture de la Smala sans préjugé.
Le dessin est moyen mais son style anguleux m'a paru assez original, suffisamment pour le trouver intéressant et suffisamment efficace.
Ensuite, j'ai dû rire ou sourire sur quelques gags au début, et puis très vite, je me suis lassé et n'ai plus trouvé grand chose de drôle. Le thème, ce sont des parents assez classiques confrontés à leurs enfants terribles, le grand frère geek et informaticien de génie, la soeur punkette et future star de la chanson et le petit frère fana de gameboy, tous les trois aussi glandeurs et anti-conformistes les uns que les autres. Mais les gags sont souvent très premier degré et le pire, très répétitifs. Il leur manque en outre cette petite touche de réalisme "ça ressemble à votre vraie vie" qui rendrait les choses attachantes et amusantes. Seul interêt, la situation familiale évolue un peu au fil des 6 tomes déjà sortis, évolution essentiellement autour du personnage de Magali, la grande soeur, qui va devenir une "star" de la chanson à partir du tome 3 puis vouloir déménager dans le dernier tome.
Bref, une petite saga familiale ultra-caricaturale qui ne m'a malheureusement ni accroché ni fait rire.
Note approximative : 3.5/5
Un seul tome est sorti à l'heure actuelle de cette série qui est sensée suivre les enquêtes d'un détective d'assurance dans l'Amérique des années 60. Ce premier tome nous emmène sur la côte Est, quelques temps avant l'assassinat de Kennedy, à l'époque des premiers voyages dans l'espace et du discours de Martin Luther King.
L'intrigue prend la forme d'un polar noir, avec notre héros en enquêteur pas encore totalement désabusé. Celui-ci sera amené à enquêter sur la mort étrange d'un acrobate nain, membre d'un cirque Ukrainien en tournée aux USA. Et bien sûr, autour de tout cela règne une atmosphère de mystère, tout le monde en sait long mais ne veut rien dire. Cette enquête se lit avec plaisir même si elle n'a rien de vraiment exceptionnel. Sa révélation est d'ailleurs un petit peu tirée par les cheveux à mon goût. Mais elle est agréable à lire.
Et surtout cette histoire permet de profiter d'un dessin que je trouve excellent. Romain Renard utilise une technique qui me semble être une colorisation directe au crayon gras retouchée ensuite discrètement à l'ordinateur. Le résultat, ce sont des couleurs et certaines planches de toute beauté. J'aime beaucoup ! Bon, force est d'admettre que certains visages de personnages sont assez moyens. Je dois aussi dire que j'ai eu l'impression que le dessinateur se fatiguait au fil des planches : les premières planches m'ont paru plus esthétiques que certaines vers la fin de l'album. Mais je mettrais ça aussi sur le compte de la nécessité de donner les explications à l'intrigue, explications qui imposent des planches sans la belle ambiance du début de l'histoire.
En résumé, une BD que j'ai pris plaisir à lire et à regarder et qui me donne envie de continuer cette série.
J'ai lu cette BD en espérant y retrouver un peu de l'atmosphère si spéciale de La jungle en folie, série qui se rapproche de celle-ci par son décor, ses personnages animaliers divers et l'aspect un peu délirant des situations. Mais j'ai été déçu car l'humour n'est vraiment pas du même niveau à mes yeux : c'est nettement plus premier degré ici, un peu enfantin même par moment.
Le dessin de Pica est bon, je l'apprécie bien.
Mais à côté de ça, je n'ai pas accroché à cette série d'humour : gags premier degré, peu d'originalité, chutes moyennes, sourires assez rares et rires presque jamais en ce qui me concerne.
Voilà le genre de BD que je verrais nettement plus chez un éditeur comme Bamboo que chez Casterman : à savoir que c'est de la BD d'humour premier degré sur un thème imposé (ici l'univers de la route, des automobilistes et des camionneurs) et que c'est vraiment très moyen au niveau de l'humour. Ce sont des gags un peu lourdingues et toujours premier degré.
Le dessin n'est pas mauvais du tout dans le genre humour-gros nez-assez inspiré du style de Franquin, mais ça ne suffit pas.
J'ai souri quelques fois mais franchement ce n'est pas de la grande BD.
Une nouvelle série avec JD Morvan au scénario, accompagné de Miroslav Dragan (coscénariste) et de Ignacio Noé au dessin.
Pour commencer, j'ai beaucoup aimé le dessin. Je lui trouve une vraie touche de personnalité tout en étant assez réaliste et plaisant à lire et à regarder. Certains décors (les montagnes notamment) paraissent un peu simples et pas excellents, mais pour le reste, chevaux et personnages, je les trouve vraiment bons. Les couleurs, un tout petit peu trop informatisées par moment (inutiles effet de flous par exemple), sont néanmoins également très réussies à mes yeux. Hormis le vert très pêtant de la jungle par moment qui étonne mais n'est pas si désagréable au final, je trouve leur harmonie et leur réalisation très bonne.
Quant au scénario, il est relativement simple mais prenant et bien mené. Les personnages sont crédibles et plaisants à suivre. Le récit est souvent dur, notamment les premières planches, muettes, mettant en scène le tranquille massacre d'un village de femmes et d'enfants à qui les conquistadors font creuser leur propre fosse avant de les y tuer et de brûler les restes. Mais il est vraiment crédible et intéressant à la fois.
Bref, une bonne, voire peut-être très bonne, série qui s'entame et dont je lirais la suite avec plaisir.
Une série qui parait curieusement amateur à mes yeux.
Son dessinateur, Carrere, est pourtant déjà connu pour le dessin de la série Léo Loden, mais cette nouvelle série, L'Héritier des Etoiles met en avant à mes yeux certaines insuffisances de sa technique. Visiblement, quand il cherche à prendre un style plus réaliste, éloigné du style légèrement "gros nez" de Léo Loden, ça ne marche plus. Ses personnages humains ont des expressions peu convaincantes, ses aliens sont très passables et ses costumes et décors légèrement fantasy me font penser à un succédanné assez raté du style de Tarquin. En outre, les décors et paysages sont souvent réduits à leur plus simple expression, vallées sans végétation, murs pleins et autres facilités pour ne pas innover ni avoir à travailler ses architectures et lieux.
Quant au scénario, il semble s'adresser à un public relativement jeune par sa naïveté tout en étant rendu complexe par une accumulation de noms de personnages, clans, objets et factions. Le récit de ce premier tome paru est d'un classique décevant : un vaisseau de "gentils" pirates de l'espace fait naufrage sur une planète légèrement heroic-fantasy et vont aider une "gentille" faction à combattre une "méchante" faction avant de repartir façon "we are poor lonesome space pirates", non sans avoir été témoin d'une vraie tragédie amoureuse amenant l'un des "gentils" de la planète à rejoindre leur équipage.
Non content de nous servir un scénario aussi cliché, le scénariste nous glisse parmi les noms des lieux et personnages nombre des clins d'oeil à des oeuvres de SF et autres : la constellation du Gritche (Hypérion de Simmons), un personnage de guerrier appelé Idiran (comme la race guerrière du Cycle de la Culture de Banks), un personnage nommé Askja (nom d'un célèbre volcan Islandais), etc... bref autant de petits noms qui sont peut-être là pour faire sourire avec complicité l'"érudit en matière de SF" mais qui font plutôt preuve à mes yeux d'un certain manque d'imagination propre du scénariste et surtout qui m'ont empêché de trouver le moindre réalisme à cet univers SF à peine inventé et de plonger dans le récit.
Bref, une BD qui se laisse lire mais qui manque cruellement d'originalité et d'interêt tout en étant moyennement desservie par son dessin.
Une série mêlant marine militaire de la fin XVIIIe et enquête policière, scénario relativement original dans son idée donc.
La couverture de cet album est jolie et donne envie de lire. A l'intérieur, le dessin m'a par contre un peu déçu. Les couleurs, très informatisées, sont soigneusement choisies et harmonieuses. Leur travail offre de belles teintes à la mer et au ciel, mais leur aspect un peu trop informatique m'empêche personnellement de les ressentir comme crédibles : on est loin des aquarelles de Bourgeon (Les Passagers du vent) qui donnent l'impression d'admirer un vrai paysage maritime.
Et surtout, ces belles couleurs ne suffisent pas à mes yeux à masquer les insuffisances du dessin. Le trait du dessinateur est très moyen, les personnages pas très beaux, les décors légèrement "tracés à la règle" et simplifiés. Bref, le dessin n'est hélas pas très bon.
Mais il suffit à illustrer un récit qui, même s'il n'innove pas complètement, est assez plaisant à lire. La narration n'est pas toujours évidente : hormis le récit principal autour du médecin Fenton, les brusques sauts vers des intrigues parrallèles dont on n'aperçoit que quelques bribes, n'aident pas à comprendre le tout dans son ensemble. Mais pour le reste, le scénario a l'air relativement bien monté, à quelques petits raccourcis scénaristiques près, et le tout est assez agréable à lire.
Bref, voilà une série à suivre, en espérant que les quelques défauts actuels (dessin moyen et petites confusions narratives) s'estompent au profit d'une intrigue bien montée.
premier volume : Vlad l'empaleur
Contrairement au livre de Pascal Croci et de Françoise-Sylvie Pauly Dracula, le prince valaque Vlad Tepes (Emmanuel Proust Editions), c’est toute la vie de Dracula qui est retracée ici par Yves H.
C’est donc sous l’angle purement historique, que la vie de Vlad Dracula est abordée.
Et l’on voit vraiment que, de toutes les époques, l’histoire des Balkans fut une histoire tourmentée et complexe : affrontements religieux, militaires, trahisons et reversements d’alliances, conflits, coup d’état, bref une mine (sans faire de jeu de mots) d’inspiration pour scénaristes.
Car c’est cela l’histoire de Vlad l’empaleur, une saga formidable et cruelle, une épopée sanguinaire... alors amateurs de vampires et de surnaturel passez votre chemin. Place aux combats, à l'aventure et à la vengeance.
Le tout est magnifiquement mis en scène par Hermann, dont le dessin en couleurs directes, met parfaitement en relief à la fois l’horrible (les empalements) mais aussi la déchéance d’un prince sans couronne, souvent abandonné par les siens, ou encore la cruauté du moyen-âge.
D’ailleurs je trouve que le dessin d’Hermann s’affine dans le présent opus
Seul hic au tableau, la couverture, qui me plus songer à un album de Glénat (collection Vécu) d’il y a 20 ans, qu’à une nouveauté. Je n’y reconnais guère le style hermannien.
Contrairement à ses précédents albums, Yves H. commet là un scénario plus linéaire, moins alambiqué, truffé de détails historiques qui fera la joie des amateurs, non seulement d’Hermann, mais aussi de bd en général.
Cette perspective historique, et souvent romanesque (avouée dans le cahier en annexe) m’enchante.
Un véritable plaisir des yeux (malgré des scènes insoutenables), un plaisir de lecture, une narration réussie, bref une collaboration enfin, si je puis dire, parfaite entre deux auteurs.
Bravo.
Deuxième volume : Bram Stoker
Déroutant à première vue ce livre, entre roman graphique et bande dessinée.
Le style de Séra est très particulier, assez proche de la photographie et il faut, je l'avoue, quelques pages pour s'habituer au récit. Car Yves H. ajoute au particularisme graphique une narration romanesque, alternant extraits du "dracula " de Bram Stoker et scénario original retracant la biographie de Stocker, vampirisé toute sa vie par le personnage d'Henry Irving.
J'ai eu parfois l'impression de retrouver le style d'Yslaire dans sa série XXème siècle.
Je recommande vivement ce livre, très sobre, et qui nous révèle un personnage attachant, Bram Stocker; qui a cotoyé les plus grands de l'Angleterre Victorienne, de Conan Doyle à Oscar Wilde, en passant par Henry Irving, incontournable dans cette bande dessinée,et Walt Whitman.
Un homme au destin particulier, un destin proche des poètes maudits, de peintres méconnus lors de leurs vivants, bref un destin de" loser" comme je les aime.
Remarquable album, d'approche assez difficile mais qu'il faut absolument lire, surtout pour la beauté et la force des dessins de Séra.
Tome nous livre là une intrigue prenante. 3 tomes racontant chacun la même histoire mais vue par un observateur différent. L'univers de Berceuse Assassine est sordide, glauque et sombre sauf sur les dernières pages ou, dans un sens, les auteurs ont décidé de laisser sa chance à l'être humain. Une histoire de haine, de meurtre et de vengeance rondement bien menée: Bien joué !
Le dessin de Meyer... Je dois dire que si j'ai été quelque peu réticent au début du Coeur de Telenko, très vite, j'ai accroché et été porté jusqu'à la fin par le coup de crayon de Meyer. Je saurais pas en parler, c'est assez particulier (Le mieux à faire est de regarder la galerie) mais je trouve personnellement que ça illustre bien l'histoire de Tome.
Dans son ensemble une bonne Bd, agréable à lire. Cependant il manque un truc, je ne saurais pas dire quoi, mais je n'ai pas été enthousiasmé à la lecture, j'ai juste trouvé ça bien.
Un bon moment !
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Gil St André
Tout m'a plu dans Gil St André. D'abord le dessin.est superbe, autant les personnages que les décors. Les voitures sont ultra réalistes, les batiments sont eux aussi superbement réussi. Les couleurs collent parfaitement au style contemporain de la série. Niveau scénario c'est du tout bon. L'histoire du premier cycle ne revolutionnera pas le genre, les rebondissements sont nombreux, parfois un peu spectaculaire, mais en tout cas on ne s'ennuie pas. Et c'est bien là l'essentiel dans ce type de série. Le tome 6 (début du second cycle) me semblait s'aventurer sur un terrain un peu épineux, mais le tome 7 recentre l'action et on reste bien dans un polar. Une très bonne série donc, à conseiller à tous les amateurs du genre.
La Smala
Décidément, j'ai du mal avec les séries d'humour de chez Casterman. J'avais pourtant entamé la lecture de la Smala sans préjugé. Le dessin est moyen mais son style anguleux m'a paru assez original, suffisamment pour le trouver intéressant et suffisamment efficace. Ensuite, j'ai dû rire ou sourire sur quelques gags au début, et puis très vite, je me suis lassé et n'ai plus trouvé grand chose de drôle. Le thème, ce sont des parents assez classiques confrontés à leurs enfants terribles, le grand frère geek et informaticien de génie, la soeur punkette et future star de la chanson et le petit frère fana de gameboy, tous les trois aussi glandeurs et anti-conformistes les uns que les autres. Mais les gags sont souvent très premier degré et le pire, très répétitifs. Il leur manque en outre cette petite touche de réalisme "ça ressemble à votre vraie vie" qui rendrait les choses attachantes et amusantes. Seul interêt, la situation familiale évolue un peu au fil des 6 tomes déjà sortis, évolution essentiellement autour du personnage de Magali, la grande soeur, qui va devenir une "star" de la chanson à partir du tome 3 puis vouloir déménager dans le dernier tome. Bref, une petite saga familiale ultra-caricaturale qui ne m'a malheureusement ni accroché ni fait rire.
American seasons
Note approximative : 3.5/5 Un seul tome est sorti à l'heure actuelle de cette série qui est sensée suivre les enquêtes d'un détective d'assurance dans l'Amérique des années 60. Ce premier tome nous emmène sur la côte Est, quelques temps avant l'assassinat de Kennedy, à l'époque des premiers voyages dans l'espace et du discours de Martin Luther King. L'intrigue prend la forme d'un polar noir, avec notre héros en enquêteur pas encore totalement désabusé. Celui-ci sera amené à enquêter sur la mort étrange d'un acrobate nain, membre d'un cirque Ukrainien en tournée aux USA. Et bien sûr, autour de tout cela règne une atmosphère de mystère, tout le monde en sait long mais ne veut rien dire. Cette enquête se lit avec plaisir même si elle n'a rien de vraiment exceptionnel. Sa révélation est d'ailleurs un petit peu tirée par les cheveux à mon goût. Mais elle est agréable à lire. Et surtout cette histoire permet de profiter d'un dessin que je trouve excellent. Romain Renard utilise une technique qui me semble être une colorisation directe au crayon gras retouchée ensuite discrètement à l'ordinateur. Le résultat, ce sont des couleurs et certaines planches de toute beauté. J'aime beaucoup ! Bon, force est d'admettre que certains visages de personnages sont assez moyens. Je dois aussi dire que j'ai eu l'impression que le dessinateur se fatiguait au fil des planches : les premières planches m'ont paru plus esthétiques que certaines vers la fin de l'album. Mais je mettrais ça aussi sur le compte de la nécessité de donner les explications à l'intrigue, explications qui imposent des planches sans la belle ambiance du début de l'histoire. En résumé, une BD que j'ai pris plaisir à lire et à regarder et qui me donne envie de continuer cette série.
Croco & Fastefoude
J'ai lu cette BD en espérant y retrouver un peu de l'atmosphère si spéciale de La jungle en folie, série qui se rapproche de celle-ci par son décor, ses personnages animaliers divers et l'aspect un peu délirant des situations. Mais j'ai été déçu car l'humour n'est vraiment pas du même niveau à mes yeux : c'est nettement plus premier degré ici, un peu enfantin même par moment. Le dessin de Pica est bon, je l'apprécie bien. Mais à côté de ça, je n'ai pas accroché à cette série d'humour : gags premier degré, peu d'originalité, chutes moyennes, sourires assez rares et rires presque jamais en ce qui me concerne.
Road Movie
Voilà le genre de BD que je verrais nettement plus chez un éditeur comme Bamboo que chez Casterman : à savoir que c'est de la BD d'humour premier degré sur un thème imposé (ici l'univers de la route, des automobilistes et des camionneurs) et que c'est vraiment très moyen au niveau de l'humour. Ce sont des gags un peu lourdingues et toujours premier degré. Le dessin n'est pas mauvais du tout dans le genre humour-gros nez-assez inspiré du style de Franquin, mais ça ne suffit pas. J'ai souri quelques fois mais franchement ce n'est pas de la grande BD.
Helldorado
Une nouvelle série avec JD Morvan au scénario, accompagné de Miroslav Dragan (coscénariste) et de Ignacio Noé au dessin. Pour commencer, j'ai beaucoup aimé le dessin. Je lui trouve une vraie touche de personnalité tout en étant assez réaliste et plaisant à lire et à regarder. Certains décors (les montagnes notamment) paraissent un peu simples et pas excellents, mais pour le reste, chevaux et personnages, je les trouve vraiment bons. Les couleurs, un tout petit peu trop informatisées par moment (inutiles effet de flous par exemple), sont néanmoins également très réussies à mes yeux. Hormis le vert très pêtant de la jungle par moment qui étonne mais n'est pas si désagréable au final, je trouve leur harmonie et leur réalisation très bonne. Quant au scénario, il est relativement simple mais prenant et bien mené. Les personnages sont crédibles et plaisants à suivre. Le récit est souvent dur, notamment les premières planches, muettes, mettant en scène le tranquille massacre d'un village de femmes et d'enfants à qui les conquistadors font creuser leur propre fosse avant de les y tuer et de brûler les restes. Mais il est vraiment crédible et intéressant à la fois. Bref, une bonne, voire peut-être très bonne, série qui s'entame et dont je lirais la suite avec plaisir.
L'Héritier des Etoiles
Une série qui parait curieusement amateur à mes yeux. Son dessinateur, Carrere, est pourtant déjà connu pour le dessin de la série Léo Loden, mais cette nouvelle série, L'Héritier des Etoiles met en avant à mes yeux certaines insuffisances de sa technique. Visiblement, quand il cherche à prendre un style plus réaliste, éloigné du style légèrement "gros nez" de Léo Loden, ça ne marche plus. Ses personnages humains ont des expressions peu convaincantes, ses aliens sont très passables et ses costumes et décors légèrement fantasy me font penser à un succédanné assez raté du style de Tarquin. En outre, les décors et paysages sont souvent réduits à leur plus simple expression, vallées sans végétation, murs pleins et autres facilités pour ne pas innover ni avoir à travailler ses architectures et lieux. Quant au scénario, il semble s'adresser à un public relativement jeune par sa naïveté tout en étant rendu complexe par une accumulation de noms de personnages, clans, objets et factions. Le récit de ce premier tome paru est d'un classique décevant : un vaisseau de "gentils" pirates de l'espace fait naufrage sur une planète légèrement heroic-fantasy et vont aider une "gentille" faction à combattre une "méchante" faction avant de repartir façon "we are poor lonesome space pirates", non sans avoir été témoin d'une vraie tragédie amoureuse amenant l'un des "gentils" de la planète à rejoindre leur équipage. Non content de nous servir un scénario aussi cliché, le scénariste nous glisse parmi les noms des lieux et personnages nombre des clins d'oeil à des oeuvres de SF et autres : la constellation du Gritche (Hypérion de Simmons), un personnage de guerrier appelé Idiran (comme la race guerrière du Cycle de la Culture de Banks), un personnage nommé Askja (nom d'un célèbre volcan Islandais), etc... bref autant de petits noms qui sont peut-être là pour faire sourire avec complicité l'"érudit en matière de SF" mais qui font plutôt preuve à mes yeux d'un certain manque d'imagination propre du scénariste et surtout qui m'ont empêché de trouver le moindre réalisme à cet univers SF à peine inventé et de plonger dans le récit. Bref, une BD qui se laisse lire mais qui manque cruellement d'originalité et d'interêt tout en étant moyennement desservie par son dessin.
H.M.S.
Une série mêlant marine militaire de la fin XVIIIe et enquête policière, scénario relativement original dans son idée donc. La couverture de cet album est jolie et donne envie de lire. A l'intérieur, le dessin m'a par contre un peu déçu. Les couleurs, très informatisées, sont soigneusement choisies et harmonieuses. Leur travail offre de belles teintes à la mer et au ciel, mais leur aspect un peu trop informatique m'empêche personnellement de les ressentir comme crédibles : on est loin des aquarelles de Bourgeon (Les Passagers du vent) qui donnent l'impression d'admirer un vrai paysage maritime. Et surtout, ces belles couleurs ne suffisent pas à mes yeux à masquer les insuffisances du dessin. Le trait du dessinateur est très moyen, les personnages pas très beaux, les décors légèrement "tracés à la règle" et simplifiés. Bref, le dessin n'est hélas pas très bon. Mais il suffit à illustrer un récit qui, même s'il n'innove pas complètement, est assez plaisant à lire. La narration n'est pas toujours évidente : hormis le récit principal autour du médecin Fenton, les brusques sauts vers des intrigues parrallèles dont on n'aperçoit que quelques bribes, n'aident pas à comprendre le tout dans son ensemble. Mais pour le reste, le scénario a l'air relativement bien monté, à quelques petits raccourcis scénaristiques près, et le tout est assez agréable à lire. Bref, voilà une série à suivre, en espérant que les quelques défauts actuels (dessin moyen et petites confusions narratives) s'estompent au profit d'une intrigue bien montée.
Sur les traces de Dracula
premier volume : Vlad l'empaleur Contrairement au livre de Pascal Croci et de Françoise-Sylvie Pauly Dracula, le prince valaque Vlad Tepes (Emmanuel Proust Editions), c’est toute la vie de Dracula qui est retracée ici par Yves H. C’est donc sous l’angle purement historique, que la vie de Vlad Dracula est abordée. Et l’on voit vraiment que, de toutes les époques, l’histoire des Balkans fut une histoire tourmentée et complexe : affrontements religieux, militaires, trahisons et reversements d’alliances, conflits, coup d’état, bref une mine (sans faire de jeu de mots) d’inspiration pour scénaristes. Car c’est cela l’histoire de Vlad l’empaleur, une saga formidable et cruelle, une épopée sanguinaire... alors amateurs de vampires et de surnaturel passez votre chemin. Place aux combats, à l'aventure et à la vengeance. Le tout est magnifiquement mis en scène par Hermann, dont le dessin en couleurs directes, met parfaitement en relief à la fois l’horrible (les empalements) mais aussi la déchéance d’un prince sans couronne, souvent abandonné par les siens, ou encore la cruauté du moyen-âge. D’ailleurs je trouve que le dessin d’Hermann s’affine dans le présent opus Seul hic au tableau, la couverture, qui me plus songer à un album de Glénat (collection Vécu) d’il y a 20 ans, qu’à une nouveauté. Je n’y reconnais guère le style hermannien. Contrairement à ses précédents albums, Yves H. commet là un scénario plus linéaire, moins alambiqué, truffé de détails historiques qui fera la joie des amateurs, non seulement d’Hermann, mais aussi de bd en général. Cette perspective historique, et souvent romanesque (avouée dans le cahier en annexe) m’enchante. Un véritable plaisir des yeux (malgré des scènes insoutenables), un plaisir de lecture, une narration réussie, bref une collaboration enfin, si je puis dire, parfaite entre deux auteurs. Bravo. Deuxième volume : Bram Stoker Déroutant à première vue ce livre, entre roman graphique et bande dessinée. Le style de Séra est très particulier, assez proche de la photographie et il faut, je l'avoue, quelques pages pour s'habituer au récit. Car Yves H. ajoute au particularisme graphique une narration romanesque, alternant extraits du "dracula " de Bram Stoker et scénario original retracant la biographie de Stocker, vampirisé toute sa vie par le personnage d'Henry Irving. J'ai eu parfois l'impression de retrouver le style d'Yslaire dans sa série XXème siècle. Je recommande vivement ce livre, très sobre, et qui nous révèle un personnage attachant, Bram Stocker; qui a cotoyé les plus grands de l'Angleterre Victorienne, de Conan Doyle à Oscar Wilde, en passant par Henry Irving, incontournable dans cette bande dessinée,et Walt Whitman. Un homme au destin particulier, un destin proche des poètes maudits, de peintres méconnus lors de leurs vivants, bref un destin de" loser" comme je les aime. Remarquable album, d'approche assez difficile mais qu'il faut absolument lire, surtout pour la beauté et la force des dessins de Séra.
Berceuse assassine
Tome nous livre là une intrigue prenante. 3 tomes racontant chacun la même histoire mais vue par un observateur différent. L'univers de Berceuse Assassine est sordide, glauque et sombre sauf sur les dernières pages ou, dans un sens, les auteurs ont décidé de laisser sa chance à l'être humain. Une histoire de haine, de meurtre et de vengeance rondement bien menée: Bien joué ! Le dessin de Meyer... Je dois dire que si j'ai été quelque peu réticent au début du Coeur de Telenko, très vite, j'ai accroché et été porté jusqu'à la fin par le coup de crayon de Meyer. Je saurais pas en parler, c'est assez particulier (Le mieux à faire est de regarder la galerie) mais je trouve personnellement que ça illustre bien l'histoire de Tome. Dans son ensemble une bonne Bd, agréable à lire. Cependant il manque un truc, je ne saurais pas dire quoi, mais je n'ai pas été enthousiasmé à la lecture, j'ai juste trouvé ça bien. Un bon moment !