Il est clair que ce manga n'est pas destiné à un public comme moi. C'est un shojo pur et dur dont le sujet est la mode, couture comme mannequinat, avec au passage une histoire d'amour complexe et tourmentée.
Le dessin est dans la pure veine shojo : personnages effilés et efféminés aux membres squelettiques, décors vides ou emplis de fleurs et autres, et, comme dans beaucoup de shojos récents, énormément de déformations des visages destinés à accentuer les expressions (honte, colère, joie, gêne, etc...). Autant de traits typiques du genre qui m'agacent dès la première page. Mais passé cet agacement, on finit quand même par s'attacher à cet esthétisme et à cette représentation des personnages, d'autant plus que techniquement, le dessin est maîtrisé. Bef, ça passe.
L'intrigue de Paradise Kiss est basée sur une bande de cinq ami(e)s tous passionnés de mode et de création. Les personnages sont plutôt bons et originaux. Et le véritable point fort de cette série, à mes yeux, ce sont leurs personnalités assez fortes et amusantes qui interagissent bien ensemble. Car cette BD ne manque pas d'humour : auto-dérision, sens de l'absurde car les personnages savent parfois qu'ils ne sont que des personnages de manga prépublié dans un magazine de mode Japonais, situations et dialogues cocasses. Ca se lit avec le sourire et quelques rires sincères.
L'ennui, c'est que même si j'aime bien ces personnages (quoique l'héroïne et son Georges m'exaspèrent un peu) et si j'ai lu ce manga avec le sourire, je me suis sérieusement ennuyé également. Le sujet de base m'indiffère totalement, voire même m'agacerait volontiers. Et il n'y a pas de fil directeur dans ce récit en 5 tomes capable de captiver un lecteur lambda comme moi. Je me fiche complètement de l'histoire d'amour entre Georges et l'héroïne, je me fous comme de mon premier slip du défilé de robes auquel ils veulent participer, je me moque des soucis personnels et des angoisses existentielles de l'héroïne, elle peut bien se faire rejeter par sa famille et ne pas trouver de boulot après avoir abandonné le lycée ça ne m'intéresse pas du tout. Bref rien ne m'a donné envie de tourner les pages de chaque tome si ce n'est les dialogues qui sont quand même assez drôles.
A réserver à un public amateur du genre.
Note approximative : 2.5/5
Cet album est plutôt une BD humoristique mais le sujet et l'abondance de femmes nues, d'hommes "dressés" et de scènes de bondage m'obligent à la classer en érotique.
Le dessin est plutôt sympathique. Ligne claire, traits anguleux, il a une esthétique épurée et assez typée fin des années 80. En tout cas, il se lit bien et n'est pas désagréable du tout à regarder même s'il est un peu froid.
L'idée de cette BD, ce sont des gags en 2 planches, une planche où Catherine Sévère, la dominatrice par excellence, trouve (facilement la plupart du temps) un ou plusieurs reproches à faire à untel ou unetelle et la planche suivante composée d'un unique grand dessin où Catherine met en pratique la punition qu'elle a imaginée pour châtier la, le ou les coupables désignés. Le ton est à l'humour, les hommes et les femmes se pliant un peu trop docilement à cette dominatrix sadique. Et le gag vient toujours sur la dernière planche, quand on voit le nouveau suplice que Catherine a imaginé et les dialogues cinglants et souvent à double sens qu'elle assène alors à sa ou ses proies.
Sincèrement, j'ai pas mal pouffé de rire pour les premiers gags, l'effet de surprise jouant. Il y a de l'imagination et les répliques sont assez bonnes. L'ennui, c'est que, outre deux ou trois gags un peu crades, c'est strictement le même type de gag qu'on voit répêté toutes les 2 planches. Au bout d'une cinquantaine de pages de l'album, ça devient franchement lassant même si le sourire reste un peu de la partie.
En outre, cet album, épuisé maintenant, était quand même vendu nettement trop cher pour ce que c'était.
Même si ces petites histoires n'ont pas l'envergure de ses grandes sagas "sérieuses" comme Watchmen, V pour Vendetta ou From Hell, les délirantes aventures de ce savant fou miniature montrent qu'Alan Moore garde sa forme et son mordant malgré (ou grâce à ?) l'amertume et la colère qui le rongent.
Avec un ton faussement léger, le bougon barbu nous invite à suivre un gamin totalement inconséquent et parfois sadique, qui réalise les inventions les plus débiles à partir de théories scientifiques ou pseudo-scientifiques. Jack arrête les tornades avec un filet à papillons, car il est bien connu que c'est le battement d'aile des papillons qui provoque les tornades. Stephen Hawking dit que le temps et l'espace sont liés, Jack remonte le temps chaque fois qu'il se déplace dans l'espace avec ses chrono-chaussures. Les chats retombent toujours sur leurs pattes, les tartines retombent toujours du côté beurré, alors Jack beurre le dos d'un chat et invente la lévitation. Oui, c'est assez crétin, faut admettre, mais le résultat est drôle, à condition d'adhérer à cet humour pince sans-rire.
C'est clairement pas un chef-d'oeuvre, mais c'est franchement drôle et plutôt original, et par les temps qui courent, ce sont des qualités si rares qu'il serait dommage de passer à côté de cet album.
Pas mal, ce sont les bons mots pour qualifier cette bd.
J'ai aimé:
- Les graphismes: Je trouve que Taniguchi s'est vraiment surpassé sur ce coup. Les paysages de l'Himalaya sont vraiment des modèles de dessin noir et blanc.
- Le personnage de Habu Joji, solitaire et taciturne, à la poursuite de ses chimères.
- Tous les détails techniques de l'alpinisme, domaine dont je ne connaissais pas grand chose.
Je n'ai pas aimé:
- La fin.
- La narration, trop lente, avec de multiples répétitions, les commentaires en gros caractères qui ne réussissent qu'à gâcher les dessins, le caractère épique du récit. On retrouve ici toutes les vielles ficelles du manga au kilo de papier. Décevant de la part de Taniguchi.
- Des personnages secondaires un peu survolés.
Pour moi, il s'agit purement et simplement d'un chef-d'œuvre.
Je pourrais développer en parlant du contraste entre la perfection subtile de la narration et le propos malsainement réaliste, et toutes sortes d'autre trucs qui font malin, mais ça ne servirait à rien.
Cette BD montre le japon des samouraï sous un aspect parfait : comment tuer avec style.
La différence entre l'acte et ses conséquences.
Et quels cadrages, quelle mise en scène, quelle mise en page...
voilà...
Je pourrais au moins le dire maintenant : je l'ai lue et c'est... vraiment nul !
Bigard est réputé pour ses gags gras et ses gros mots faciles : eh bien, je trouve cette BD largement plus grasse et vulgaire encore que ses sketchs. Au milieu de gags totalement plats malgré la quantité de sperme, cul, bite, couille, etc., on trouve des reprises de blagues vulgaires connues, des private jokes minables destinées aux fans de Bigard, et des gags totalement scatos. Niveau humour, c'est nul, totalement nul. Je n'ai souri qu'une seule fois de tout l'album (la cage aux chauve-souris). En outre, l'aspect macho et ultra-mysogine en est presque nauséeux.
Le dessin aussi est plus que médiocre. C'est bien simple, c'est bien sûr Bigard qu'on voit sur chaque case mais le dessinateur ne sait tellement pas le dessiner qu'il le représente quasiment en permanence avec le même 3/4 figé. En outre, j'ai bien l'impression que certaines cases, où les décors sont étonnamment plus réussis que sur la plupart des planches, sont carrément pompées sur des cases d'autres BDs (je pense notamment à la page 20 où la "femme" de Bigard se met à sonner l'alarme dans la rue : ça ne vous rappelle pas l'image de fin du gag de Gaston Lagaffe quand son réveil géant sonne au milieu de la nuit ? Je pense également entre autres au poivrot de la page 40 qui me rappelle grandement le M. Dupilon de Spirou...).
Bref, c'est nul.
J'ignore si l'album peut encore être trouvé ailleurs qu'auprès d'autres ... collectionneurs !
Le trait est grossi mais nos petits travers de collectionneurs bien atteints arrivent à nous faire rire.
Le but est atteint.
Le petit tirage fait que l'ouvrage devient lui-même cible des collectionneurs. Bien vu.
Une réédition ferait plaisir à bien des lecteurs amateurs de Jannin.
J'avais eu un numéro du Trombone dans un Spirou acheté à l'époque.
Quelle ambiance, quelle belle brochette d'auteurs, quel décalage par rapport au magazine lui-même ! On aurait presque dit du Fluide Glacial.
Plusieurs années plus tard, la nostalgie aidant et ayant appris l'existence de ce recueil (1000 exemplaires) sorti en 1980, je l'ai porté sur ma liste de recherche sans trop y croire.
Je l'ai trouvé il y a une dizaine d'années pour une poignée de francs dans une librairie d'occaz. Comment vous expliquer mon bonheur ?
Beaucoup doivent comprendre la joie de l'amateur-collectionneur à trouver une pièce rare, en excellent état et à un prix dérisoire.
Je vous souhaite de trouver cet ouvrage.
J'ai découvert l'auteur à l'occasion d'un reportage à la télé chinoise qui lui était consacré. Gros coup de coeur pour le graphisme.
Bonne surprise ces derniers jours, il se fait éditer en France.
L'histoire est déconcertante. Et du moins de mon point de vue secondaire même si elle reste au-dessus ce que l'on peut voir d'habitude dans la BD SF : elle n'est là que pour servir un graphisme qui tranche avec ce que l'on connait. L'auteur a un style bien à lui et se fait plaisir, l'histoire doit se plier à ses envies du moment quitte à se fragmenter. Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que cette oeuvre a été créée en feuilleton sans que l'auteur ait de but bien défini pour ses personnages.
C'est probablement un poncif de dire qu'il a pris le style manga (sa jeunesse a baigné dedans d'après mes infos), l'a mélangé au style chinois puis a remis le tout à sa sauce mais cela colle assez bien avec le résultat. Les angles de cadrages, la gestuelle, le décors, tout vous semblera neuf... et fort réussi.
Pour ceux qui ont l'impression qu'avec la multiplication des titres de BD on a paradoxalement du mal à trouver du nouveau, cette BD est du pain béni. Mi OVNI, mi bijou.
Je souhaite à l'auteur de percer le marché français et d'acquérir sa considération. Il le mérite.
Message aux éditeurs : Et si l'on pouvait éditer la BD où le même auteur dessine sa jeunesse dans la chine des années 90 ce serait parfait. ^^
Une histoire de fantôme original et agréable à lire. On commence par suivre le destin de 4 personnages très différents, on découvre leur vie et leur relation avec ce fameux building, on est témoin de leur mort, puis de leur retour pour une scène finale inattendue et bien orchestrée.
Bon ce n’est pas une BD indispensable, mais si vous appréciez ce que fait Will Eisner généralement, ce one-shot ne devrait pas vous décevoir. Il est bien dans le ton du reste de l’œuvre de cet auteur.
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Paradise Kiss
Il est clair que ce manga n'est pas destiné à un public comme moi. C'est un shojo pur et dur dont le sujet est la mode, couture comme mannequinat, avec au passage une histoire d'amour complexe et tourmentée. Le dessin est dans la pure veine shojo : personnages effilés et efféminés aux membres squelettiques, décors vides ou emplis de fleurs et autres, et, comme dans beaucoup de shojos récents, énormément de déformations des visages destinés à accentuer les expressions (honte, colère, joie, gêne, etc...). Autant de traits typiques du genre qui m'agacent dès la première page. Mais passé cet agacement, on finit quand même par s'attacher à cet esthétisme et à cette représentation des personnages, d'autant plus que techniquement, le dessin est maîtrisé. Bef, ça passe. L'intrigue de Paradise Kiss est basée sur une bande de cinq ami(e)s tous passionnés de mode et de création. Les personnages sont plutôt bons et originaux. Et le véritable point fort de cette série, à mes yeux, ce sont leurs personnalités assez fortes et amusantes qui interagissent bien ensemble. Car cette BD ne manque pas d'humour : auto-dérision, sens de l'absurde car les personnages savent parfois qu'ils ne sont que des personnages de manga prépublié dans un magazine de mode Japonais, situations et dialogues cocasses. Ca se lit avec le sourire et quelques rires sincères. L'ennui, c'est que même si j'aime bien ces personnages (quoique l'héroïne et son Georges m'exaspèrent un peu) et si j'ai lu ce manga avec le sourire, je me suis sérieusement ennuyé également. Le sujet de base m'indiffère totalement, voire même m'agacerait volontiers. Et il n'y a pas de fil directeur dans ce récit en 5 tomes capable de captiver un lecteur lambda comme moi. Je me fiche complètement de l'histoire d'amour entre Georges et l'héroïne, je me fous comme de mon premier slip du défilé de robes auquel ils veulent participer, je me moque des soucis personnels et des angoisses existentielles de l'héroïne, elle peut bien se faire rejeter par sa famille et ne pas trouver de boulot après avoir abandonné le lycée ça ne m'intéresse pas du tout. Bref rien ne m'a donné envie de tourner les pages de chaque tome si ce n'est les dialogues qui sont quand même assez drôles. A réserver à un public amateur du genre.
Catherine Sévère
Note approximative : 2.5/5 Cet album est plutôt une BD humoristique mais le sujet et l'abondance de femmes nues, d'hommes "dressés" et de scènes de bondage m'obligent à la classer en érotique. Le dessin est plutôt sympathique. Ligne claire, traits anguleux, il a une esthétique épurée et assez typée fin des années 80. En tout cas, il se lit bien et n'est pas désagréable du tout à regarder même s'il est un peu froid. L'idée de cette BD, ce sont des gags en 2 planches, une planche où Catherine Sévère, la dominatrice par excellence, trouve (facilement la plupart du temps) un ou plusieurs reproches à faire à untel ou unetelle et la planche suivante composée d'un unique grand dessin où Catherine met en pratique la punition qu'elle a imaginée pour châtier la, le ou les coupables désignés. Le ton est à l'humour, les hommes et les femmes se pliant un peu trop docilement à cette dominatrix sadique. Et le gag vient toujours sur la dernière planche, quand on voit le nouveau suplice que Catherine a imaginé et les dialogues cinglants et souvent à double sens qu'elle assène alors à sa ou ses proies. Sincèrement, j'ai pas mal pouffé de rire pour les premiers gags, l'effet de surprise jouant. Il y a de l'imagination et les répliques sont assez bonnes. L'ennui, c'est que, outre deux ou trois gags un peu crades, c'est strictement le même type de gag qu'on voit répêté toutes les 2 planches. Au bout d'une cinquantaine de pages de l'album, ça devient franchement lassant même si le sourire reste un peu de la partie. En outre, cet album, épuisé maintenant, était quand même vendu nettement trop cher pour ce que c'était.
Jack B. Quick - Enfant prodige
Même si ces petites histoires n'ont pas l'envergure de ses grandes sagas "sérieuses" comme Watchmen, V pour Vendetta ou From Hell, les délirantes aventures de ce savant fou miniature montrent qu'Alan Moore garde sa forme et son mordant malgré (ou grâce à ?) l'amertume et la colère qui le rongent. Avec un ton faussement léger, le bougon barbu nous invite à suivre un gamin totalement inconséquent et parfois sadique, qui réalise les inventions les plus débiles à partir de théories scientifiques ou pseudo-scientifiques. Jack arrête les tornades avec un filet à papillons, car il est bien connu que c'est le battement d'aile des papillons qui provoque les tornades. Stephen Hawking dit que le temps et l'espace sont liés, Jack remonte le temps chaque fois qu'il se déplace dans l'espace avec ses chrono-chaussures. Les chats retombent toujours sur leurs pattes, les tartines retombent toujours du côté beurré, alors Jack beurre le dos d'un chat et invente la lévitation. Oui, c'est assez crétin, faut admettre, mais le résultat est drôle, à condition d'adhérer à cet humour pince sans-rire. C'est clairement pas un chef-d'oeuvre, mais c'est franchement drôle et plutôt original, et par les temps qui courent, ce sont des qualités si rares qu'il serait dommage de passer à côté de cet album.
Le Sommet des dieux
Pas mal, ce sont les bons mots pour qualifier cette bd. J'ai aimé: - Les graphismes: Je trouve que Taniguchi s'est vraiment surpassé sur ce coup. Les paysages de l'Himalaya sont vraiment des modèles de dessin noir et blanc. - Le personnage de Habu Joji, solitaire et taciturne, à la poursuite de ses chimères. - Tous les détails techniques de l'alpinisme, domaine dont je ne connaissais pas grand chose. Je n'ai pas aimé: - La fin. - La narration, trop lente, avec de multiples répétitions, les commentaires en gros caractères qui ne réussissent qu'à gâcher les dessins, le caractère épique du récit. On retrouve ici toutes les vielles ficelles du manga au kilo de papier. Décevant de la part de Taniguchi. - Des personnages secondaires un peu survolés.
Shigurui
Pour moi, il s'agit purement et simplement d'un chef-d'œuvre. Je pourrais développer en parlant du contraste entre la perfection subtile de la narration et le propos malsainement réaliste, et toutes sortes d'autre trucs qui font malin, mais ça ne servirait à rien. Cette BD montre le japon des samouraï sous un aspect parfait : comment tuer avec style. La différence entre l'acte et ses conséquences. Et quels cadrages, quelle mise en scène, quelle mise en page... voilà...
Les Aventures de Bigard
Je pourrais au moins le dire maintenant : je l'ai lue et c'est... vraiment nul ! Bigard est réputé pour ses gags gras et ses gros mots faciles : eh bien, je trouve cette BD largement plus grasse et vulgaire encore que ses sketchs. Au milieu de gags totalement plats malgré la quantité de sperme, cul, bite, couille, etc., on trouve des reprises de blagues vulgaires connues, des private jokes minables destinées aux fans de Bigard, et des gags totalement scatos. Niveau humour, c'est nul, totalement nul. Je n'ai souri qu'une seule fois de tout l'album (la cage aux chauve-souris). En outre, l'aspect macho et ultra-mysogine en est presque nauséeux. Le dessin aussi est plus que médiocre. C'est bien simple, c'est bien sûr Bigard qu'on voit sur chaque case mais le dessinateur ne sait tellement pas le dessiner qu'il le représente quasiment en permanence avec le même 3/4 figé. En outre, j'ai bien l'impression que certaines cases, où les décors sont étonnamment plus réussis que sur la plupart des planches, sont carrément pompées sur des cases d'autres BDs (je pense notamment à la page 20 où la "femme" de Bigard se met à sonner l'alarme dans la rue : ça ne vous rappelle pas l'image de fin du gag de Gaston Lagaffe quand son réveil géant sonne au milieu de la nuit ? Je pense également entre autres au poivrot de la page 40 qui me rappelle grandement le M. Dupilon de Spirou...). Bref, c'est nul.
Les Collectionneurs
J'ignore si l'album peut encore être trouvé ailleurs qu'auprès d'autres ... collectionneurs ! Le trait est grossi mais nos petits travers de collectionneurs bien atteints arrivent à nous faire rire. Le but est atteint. Le petit tirage fait que l'ouvrage devient lui-même cible des collectionneurs. Bien vu. Une réédition ferait plaisir à bien des lecteurs amateurs de Jannin.
Le Trombone Illustré
J'avais eu un numéro du Trombone dans un Spirou acheté à l'époque. Quelle ambiance, quelle belle brochette d'auteurs, quel décalage par rapport au magazine lui-même ! On aurait presque dit du Fluide Glacial. Plusieurs années plus tard, la nostalgie aidant et ayant appris l'existence de ce recueil (1000 exemplaires) sorti en 1980, je l'ai porté sur ma liste de recherche sans trop y croire. Je l'ai trouvé il y a une dizaine d'années pour une poignée de francs dans une librairie d'occaz. Comment vous expliquer mon bonheur ? Beaucoup doivent comprendre la joie de l'amateur-collectionneur à trouver une pièce rare, en excellent état et à un prix dérisoire. Je vous souhaite de trouver cet ouvrage.
My street
J'ai découvert l'auteur à l'occasion d'un reportage à la télé chinoise qui lui était consacré. Gros coup de coeur pour le graphisme. Bonne surprise ces derniers jours, il se fait éditer en France. L'histoire est déconcertante. Et du moins de mon point de vue secondaire même si elle reste au-dessus ce que l'on peut voir d'habitude dans la BD SF : elle n'est là que pour servir un graphisme qui tranche avec ce que l'on connait. L'auteur a un style bien à lui et se fait plaisir, l'histoire doit se plier à ses envies du moment quitte à se fragmenter. Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que cette oeuvre a été créée en feuilleton sans que l'auteur ait de but bien défini pour ses personnages. C'est probablement un poncif de dire qu'il a pris le style manga (sa jeunesse a baigné dedans d'après mes infos), l'a mélangé au style chinois puis a remis le tout à sa sauce mais cela colle assez bien avec le résultat. Les angles de cadrages, la gestuelle, le décors, tout vous semblera neuf... et fort réussi. Pour ceux qui ont l'impression qu'avec la multiplication des titres de BD on a paradoxalement du mal à trouver du nouveau, cette BD est du pain béni. Mi OVNI, mi bijou. Je souhaite à l'auteur de percer le marché français et d'acquérir sa considération. Il le mérite. Message aux éditeurs : Et si l'on pouvait éditer la BD où le même auteur dessine sa jeunesse dans la chine des années 90 ce serait parfait. ^^
New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
Une histoire de fantôme original et agréable à lire. On commence par suivre le destin de 4 personnages très différents, on découvre leur vie et leur relation avec ce fameux building, on est témoin de leur mort, puis de leur retour pour une scène finale inattendue et bien orchestrée. Bon ce n’est pas une BD indispensable, mais si vous appréciez ce que fait Will Eisner généralement, ce one-shot ne devrait pas vous décevoir. Il est bien dans le ton du reste de l’œuvre de cet auteur.