Et voilà, déjà mon centième avis sur Bdthèque! Je mets donc un point d'honneur à l'écrire sur une bd sympa avec une bonne note en prime...
"Superdupont" fait partie de la production de Gotlib, ce qui est un gage de qualité en soi. Et ceci est confirmé dans cet album où l'humour de l'auteur (et de ses compères) transpire de partout. Le héros est une idée absolument géniale: un gars rondouillard, qui porte le béret et une baguette, la caricature du français quoi! Mais seulement... c'est un super-héros! Et pendant la cinquantaine de pages que dure l'album, le patriotisme des lecteurs en prend un coup. Lob, Alexis, Solé et Gotlib se moquent ouvertement de tous les symboles français, sans pour autant jamais sombrer dans le mauvais goût.
Et les dessins sont à la hauteur: même si là encore Gotlib est au-dessus du lot, les deux autres dessinateurs s'en sortent très bien. Leurs traits collent bien à ce genre d'humour et je trouve Alexis meilleur que dans Cinémastock.
Et je trouve très bien que la série se soit stoppé au bout de 5 tomes, car sinon les gags se seraient épuisés, alors que là, on voit un assez bon renouvellement... Vraiment à lire!
Tout d'abord, c'est un bel objet que nous proposent Gipi et Gallimard : un album au format d'un livre mais relié et avec une couverture cartonnée, et des planches à l'aquarelle, sur un beau papier ivoire épais. C'est le premier titre que je lis de la collection Bayou, et j'avoue que je suis d'emblée assez séduite par sa présentation.
Le contenu, maintenant. En feuilletant rapidement l'album, on se dit "tiens, on dirait un peu du Davodeau". Hé bien, en le lisant, on garde cette impression. Même intérêt pour les personnages modestes, au quotidien ordinaire, avec leurs zones d'ombres, leurs rêves. A ce sujet, à chaque fin de chapitre (je crois) l'un des personnages dit "telle chanson écrite par Machin, parle de telles choses" ; j'aurais bien aimé les avoir moi, les paroles de ces chansons. Sinon, c'est assez agréable à lire, même si je dois dire que n'étant pas un mec ayant jamais fait partie d'un groupe de rock amateur (n'étant pas du tout un mec, d'ailleurs, mais je digresse, là) je n'ai sans doute pas savouré cette histoire à sa juste valeur.
Autre chose, pour justifier mon 3/5, je ne raffole pas du dessin et encore moins de sa mise en couleurs, parfois approximative. J'évoquais Davodeau, mais ici, je ne retrouve pas la même aptitude à représenter, par des expressions, des mimiques appropriées, les sentiments qui animent ses personnages. Par contre, j'aime beaucoup certaines planches dans lesquelles le ciel semble écraser l'horizon.
Alors voilà, impression mitigée : d'un côté, une histoire assez banale mais sympathique, avec des personnages plutôt attachants, même si on ne sait pas grand-chose d'eux au final, servie par un dessin... pas désagréable, et desservi par des couleurs, à dominante vert sapin, qui ne m'ont pas emballée.
Ce recueil de gags de Vuillemin ne plaira pas à tout le monde, c'est sur... Religieux, romantiques ou poètes, passez votre chemin. Car le titre est bien choisi: ce sont de sales blagues qu'on lit, du crade à l'état pur. Allez voir tout de suite en galerie, vous saurez immédiatement si cette série est faite pour vous.
Je connaissais la plupart des blagues des albums que j'ai lus... Mais Vuillemin a réussi une parfaite adaptation en bd et je dois dire que certaines m'ont fait bien rire. Les blagues sont crades au possible, la pisse, la merde et le sperme sont les bienvenus ici et certaines en abusent même... Est-ce que l'auteur, voulant faire très crade, n'a pas fait trop crade?
Et les dessins sont en tous points semblables au scénario. Les personnages sont poilus, pleins de boutons, répugnants au possible... et ça passe parfaitement bien avec les blagues en question!
Néanmoins, je ne conseille pas l'achat de la bd. Moi qui ai bien aimé "Les sales blagues de l'écho", je n'irais pourtant pas acheter un album... Car cette bd pour moi ne pourra jamais être considérée comme une grande bd, c'est juste une bd marrante. Je préfère largement la feuilleter quand elle me tombe entre les mains chez des amis ou à la librairie.
Bah oui, comme le dit tout le monde en-dessous de moi, je pense aussi que "La ribambelle" n'a pas eu le succès qu'elle méritait... Roba s'était lancé ici dans des histoires complètes destinées aux enfants et il s'en était très bien sorti.
Les histoires ont par contre un très gros point faible: elles sont totalement invraisemblables. Mais cela peut aussi être un point fort si c'est un enfant rêveur qui lit la bd. C'est pour cette raison que je trouve dommage qu'on ne puisse presque plus trouver la série aujourd'hui. Pour les dessins, c'est du pur style franco-belge, assez classique mais sympa quand même...
Disons-le tout net, je m'attendais à mieux, à beaucoup plus drôle. En fait, l'humour fonctionne sur le principe de l'anti-héros qui devient héroïque contre toute attente, et se sort des pires situations. L'ennui, c'est que j'ai trouvé ça convenu, prévisible, et que ça ne m'a pas arraché le début du commencement d'un sourire.
En revanche, le dessin est assez sympa, un peu dans la lignée d'un Christophe Blain (Isaac le pirate) ou d'un Jouvray (Lincoln) malgré une palette assez pauvre. Les paysages nocturnes, et notamment dans les glaces, sont assez réussis. Cependant, Ingmar ne m'a pas convaincue de suivre la suite de ses aventures.
Cet album est vraiment déroutant. On suit les pas de cet homme mystérieux, dont le visage est dépourvu de pilosité mais dont les yeux et le front sont cernés de pointillés, sans comprendre ce qu'il cherche. Les dialogues sont rares (mais pas l'apanage des seuls êtres humains, paradoxalement) mais peu à peu, certains, Aldo surtout, se dévoilent. A la fin, on reste un peu perplexe si l'on aime les histoires carrées, parce qu'ici on se situe plutôt dans un registre symbolique. D'où ma note. Le dessin contribue à cette atmosphère étrange, presque onirique, et en tous cas, très poétique. Il m'a un peu évoqué le style de David B., mais plus dans l'ambiance qu'il instaure que de par ses caractéristiques réelles, même si, chez les deux dessinateurs, le noir -que les couleurs semblent chargées de mettre en valeur- tient une très grande place. La couverture, ainsi que certaines planches, sont vraiment très belles.
Voilà, il ne faut pas trop, à mon avis, chercher à tout comprendre dans cet album, mais accepter de se laisser porter par sa poésie.
Du Zola en BD, je savais que ça existait, mais je n'y avais pas encore goûté. Quel délice. Délice des yeux d'abord avec des dessins relativement banals mais une colorisation de haut vol qui crée à elle seule l'atmosphère si particulière de cette oeuvre. Ce noir et blanc (en fait brun et blanc) mâtiné de rouge écarlate comme des lueurs d'espoir dans la nuit d'une sombre époque... Quelle réussite !!
Délice scénaristique également grâce à une histoire très prenante. Je ne sait comment la décrire sinon en soulignant que j'avais le sentiment de tenir dans les mains une oeuvre qui n'aurait pas jurée au milieu des Rougeons Maquard.
Délice linguistique enfin, avec un premier tome d'un lyrisme jubilatoire qui méritait aisément 5/5 mais les tomes suivants, moins châtiés et moins recherchés dans leur verbe, m'ont fait un peu moins bonne impression.
Un 4.5/5 assurément justifié, un relâche dans le verbe et un graphisme léger lui ôte de justesse un 5/5 qui pointait le bout de son nez, mais qui sait, l'oeuvre est encore en cours...
Je ne suis pas un fan de Tintin et Milou, mais encore moins de "Jo, Zette et Jocko"... La grande différence entre ces deux séries pour moi, c'est que la première a bercé mon enfance, alors que j'ai découvert la deuxième après avoir largement passé l'âge du public ciblé... Et la lisant pour la première fois avec un oeil critique, je me suis rendu compte que la série avait énormément vieilli. En effet, les aventures des héros ne sont plus à l'ordre du jour et je pense que les enfants de maintenant n'aimeraient pas trop cette bd.
Les dessins de "Jo, Zette et Jocko" sont calqués sur ceux de Tintin et Milou et je ne les aime pas: froids, vides, sans expressions et comme le reste ici vieillots. Pour les scénarios, ce n'est pas le plus mauvais, le premier album passe à la lecture... Pour les autres, bof bof bof.
Mon avis ne porte (pour l'instant) que sur le premier cycle de la série, qui se suffit à lui-même.
Le souffle de l’Histoire se déploie sur cette histoire de vengeance croisée, puisque Benjamin et Mary vont voir, sans le savoir, se croiser à plusieurs reprises leurs destins. Jean-François Charles domine tout le côté historique de son intrigue, tout en distillant quelques moments d’humour un peu maladroit. il est à noter qu'il mène en parallèle, sans trop de difficulté, une intrigue de grande ampleur, mettant en scène les acteurs majeurs de l'époque, mais aussi les conséquences des actions de ces acteurs majeurs sur la vie de tous les jours, au travers de la vie de Mary, Louise, Benjamin et Billy.
Mais si son dessin reste plus que correct, et ses couvertures très belles, je déplore l'emploi des couleurs par Christian Crickx, trop crayeuses, un peu trop versées dans le pastel pour le pastel. Seul le tome 2, où Charles assure seul les couleurs, me semble réellement lumineux.
Toutefois, et c'est le point fort de cette série, sa leçon d’Histoire vaut le coup. Les coutumes des Canadiens francophones d'alors, les événements inconnus chez nous (comme le Grand Dérangement) sont plus qu'intéressants, et les passionnés d'histoire devraient y trouver leur compte. Qu’en sera-t-il de la suite ?
Je suis désolé de faire baisser la note d'une série qui est dans les immanquables et qu'apparemment, beaucoup de monde aime ici, mais je n'ai pas accroché du tout aux "Passagers du vent"...
Je dois quand même dire que la série est servie par de superbes dessins de Bourgeon, très détaillés, dans le respect des proportions, enfin, vraiment du bon boulot. Les couleurs sont réussies elles aussi, et je trouve que pour une bd racontant cette époque de l'histoire, ça colle vraiment très bien. A propos de l'époque, on remarque clairement que l'auteur s'est documenté, donc, bravo à lui.
Mais c'est pour le scénario que je coince. J'ai beau essayer de m'intéresser à l'histoire, je n'y arrive pas. La longueur des dialogues et la lenteur du scénario m'ennuient un peu, et j'ai eu du mal à lire les albums d'une traite. Mais le plus gros point négatif est pour moi les personnages: ils n'arrivent pas à me passionner, je ne les trouve pas vraiment envoûtants et c'est un gros problème dans une bd à aventures...
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Superdupont
Et voilà, déjà mon centième avis sur Bdthèque! Je mets donc un point d'honneur à l'écrire sur une bd sympa avec une bonne note en prime... "Superdupont" fait partie de la production de Gotlib, ce qui est un gage de qualité en soi. Et ceci est confirmé dans cet album où l'humour de l'auteur (et de ses compères) transpire de partout. Le héros est une idée absolument géniale: un gars rondouillard, qui porte le béret et une baguette, la caricature du français quoi! Mais seulement... c'est un super-héros! Et pendant la cinquantaine de pages que dure l'album, le patriotisme des lecteurs en prend un coup. Lob, Alexis, Solé et Gotlib se moquent ouvertement de tous les symboles français, sans pour autant jamais sombrer dans le mauvais goût. Et les dessins sont à la hauteur: même si là encore Gotlib est au-dessus du lot, les deux autres dessinateurs s'en sortent très bien. Leurs traits collent bien à ce genre d'humour et je trouve Alexis meilleur que dans Cinémastock. Et je trouve très bien que la série se soit stoppé au bout de 5 tomes, car sinon les gags se seraient épuisés, alors que là, on voit un assez bon renouvellement... Vraiment à lire!
Le local
Tout d'abord, c'est un bel objet que nous proposent Gipi et Gallimard : un album au format d'un livre mais relié et avec une couverture cartonnée, et des planches à l'aquarelle, sur un beau papier ivoire épais. C'est le premier titre que je lis de la collection Bayou, et j'avoue que je suis d'emblée assez séduite par sa présentation. Le contenu, maintenant. En feuilletant rapidement l'album, on se dit "tiens, on dirait un peu du Davodeau". Hé bien, en le lisant, on garde cette impression. Même intérêt pour les personnages modestes, au quotidien ordinaire, avec leurs zones d'ombres, leurs rêves. A ce sujet, à chaque fin de chapitre (je crois) l'un des personnages dit "telle chanson écrite par Machin, parle de telles choses" ; j'aurais bien aimé les avoir moi, les paroles de ces chansons. Sinon, c'est assez agréable à lire, même si je dois dire que n'étant pas un mec ayant jamais fait partie d'un groupe de rock amateur (n'étant pas du tout un mec, d'ailleurs, mais je digresse, là) je n'ai sans doute pas savouré cette histoire à sa juste valeur. Autre chose, pour justifier mon 3/5, je ne raffole pas du dessin et encore moins de sa mise en couleurs, parfois approximative. J'évoquais Davodeau, mais ici, je ne retrouve pas la même aptitude à représenter, par des expressions, des mimiques appropriées, les sentiments qui animent ses personnages. Par contre, j'aime beaucoup certaines planches dans lesquelles le ciel semble écraser l'horizon. Alors voilà, impression mitigée : d'un côté, une histoire assez banale mais sympathique, avec des personnages plutôt attachants, même si on ne sait pas grand-chose d'eux au final, servie par un dessin... pas désagréable, et desservi par des couleurs, à dominante vert sapin, qui ne m'ont pas emballée.
Les Sales Blagues de l'Echo
Ce recueil de gags de Vuillemin ne plaira pas à tout le monde, c'est sur... Religieux, romantiques ou poètes, passez votre chemin. Car le titre est bien choisi: ce sont de sales blagues qu'on lit, du crade à l'état pur. Allez voir tout de suite en galerie, vous saurez immédiatement si cette série est faite pour vous. Je connaissais la plupart des blagues des albums que j'ai lus... Mais Vuillemin a réussi une parfaite adaptation en bd et je dois dire que certaines m'ont fait bien rire. Les blagues sont crades au possible, la pisse, la merde et le sperme sont les bienvenus ici et certaines en abusent même... Est-ce que l'auteur, voulant faire très crade, n'a pas fait trop crade? Et les dessins sont en tous points semblables au scénario. Les personnages sont poilus, pleins de boutons, répugnants au possible... et ça passe parfaitement bien avec les blagues en question! Néanmoins, je ne conseille pas l'achat de la bd. Moi qui ai bien aimé "Les sales blagues de l'écho", je n'irais pourtant pas acheter un album... Car cette bd pour moi ne pourra jamais être considérée comme une grande bd, c'est juste une bd marrante. Je préfère largement la feuilleter quand elle me tombe entre les mains chez des amis ou à la librairie.
La Ribambelle
Bah oui, comme le dit tout le monde en-dessous de moi, je pense aussi que "La ribambelle" n'a pas eu le succès qu'elle méritait... Roba s'était lancé ici dans des histoires complètes destinées aux enfants et il s'en était très bien sorti. Les histoires ont par contre un très gros point faible: elles sont totalement invraisemblables. Mais cela peut aussi être un point fort si c'est un enfant rêveur qui lit la bd. C'est pour cette raison que je trouve dommage qu'on ne puisse presque plus trouver la série aujourd'hui. Pour les dessins, c'est du pur style franco-belge, assez classique mais sympa quand même...
Ingmar
Disons-le tout net, je m'attendais à mieux, à beaucoup plus drôle. En fait, l'humour fonctionne sur le principe de l'anti-héros qui devient héroïque contre toute attente, et se sort des pires situations. L'ennui, c'est que j'ai trouvé ça convenu, prévisible, et que ça ne m'a pas arraché le début du commencement d'un sourire. En revanche, le dessin est assez sympa, un peu dans la lignée d'un Christophe Blain (Isaac le pirate) ou d'un Jouvray (Lincoln) malgré une palette assez pauvre. Les paysages nocturnes, et notamment dans les glaces, sont assez réussis. Cependant, Ingmar ne m'a pas convaincue de suivre la suite de ses aventures.
Sous les feuilles
Cet album est vraiment déroutant. On suit les pas de cet homme mystérieux, dont le visage est dépourvu de pilosité mais dont les yeux et le front sont cernés de pointillés, sans comprendre ce qu'il cherche. Les dialogues sont rares (mais pas l'apanage des seuls êtres humains, paradoxalement) mais peu à peu, certains, Aldo surtout, se dévoilent. A la fin, on reste un peu perplexe si l'on aime les histoires carrées, parce qu'ici on se situe plutôt dans un registre symbolique. D'où ma note. Le dessin contribue à cette atmosphère étrange, presque onirique, et en tous cas, très poétique. Il m'a un peu évoqué le style de David B., mais plus dans l'ambiance qu'il instaure que de par ses caractéristiques réelles, même si, chez les deux dessinateurs, le noir -que les couleurs semblent chargées de mettre en valeur- tient une très grande place. La couverture, ainsi que certaines planches, sont vraiment très belles. Voilà, il ne faut pas trop, à mon avis, chercher à tout comprendre dans cet album, mais accepter de se laisser porter par sa poésie.
Sambre
Du Zola en BD, je savais que ça existait, mais je n'y avais pas encore goûté. Quel délice. Délice des yeux d'abord avec des dessins relativement banals mais une colorisation de haut vol qui crée à elle seule l'atmosphère si particulière de cette oeuvre. Ce noir et blanc (en fait brun et blanc) mâtiné de rouge écarlate comme des lueurs d'espoir dans la nuit d'une sombre époque... Quelle réussite !! Délice scénaristique également grâce à une histoire très prenante. Je ne sait comment la décrire sinon en soulignant que j'avais le sentiment de tenir dans les mains une oeuvre qui n'aurait pas jurée au milieu des Rougeons Maquard. Délice linguistique enfin, avec un premier tome d'un lyrisme jubilatoire qui méritait aisément 5/5 mais les tomes suivants, moins châtiés et moins recherchés dans leur verbe, m'ont fait un peu moins bonne impression. Un 4.5/5 assurément justifié, un relâche dans le verbe et un graphisme léger lui ôte de justesse un 5/5 qui pointait le bout de son nez, mais qui sait, l'oeuvre est encore en cours...
Jo, Zette et Jocko
Je ne suis pas un fan de Tintin et Milou, mais encore moins de "Jo, Zette et Jocko"... La grande différence entre ces deux séries pour moi, c'est que la première a bercé mon enfance, alors que j'ai découvert la deuxième après avoir largement passé l'âge du public ciblé... Et la lisant pour la première fois avec un oeil critique, je me suis rendu compte que la série avait énormément vieilli. En effet, les aventures des héros ne sont plus à l'ordre du jour et je pense que les enfants de maintenant n'aimeraient pas trop cette bd. Les dessins de "Jo, Zette et Jocko" sont calqués sur ceux de Tintin et Milou et je ne les aime pas: froids, vides, sans expressions et comme le reste ici vieillots. Pour les scénarios, ce n'est pas le plus mauvais, le premier album passe à la lecture... Pour les autres, bof bof bof.
Les Pionniers du Nouveau Monde
Mon avis ne porte (pour l'instant) que sur le premier cycle de la série, qui se suffit à lui-même. Le souffle de l’Histoire se déploie sur cette histoire de vengeance croisée, puisque Benjamin et Mary vont voir, sans le savoir, se croiser à plusieurs reprises leurs destins. Jean-François Charles domine tout le côté historique de son intrigue, tout en distillant quelques moments d’humour un peu maladroit. il est à noter qu'il mène en parallèle, sans trop de difficulté, une intrigue de grande ampleur, mettant en scène les acteurs majeurs de l'époque, mais aussi les conséquences des actions de ces acteurs majeurs sur la vie de tous les jours, au travers de la vie de Mary, Louise, Benjamin et Billy. Mais si son dessin reste plus que correct, et ses couvertures très belles, je déplore l'emploi des couleurs par Christian Crickx, trop crayeuses, un peu trop versées dans le pastel pour le pastel. Seul le tome 2, où Charles assure seul les couleurs, me semble réellement lumineux. Toutefois, et c'est le point fort de cette série, sa leçon d’Histoire vaut le coup. Les coutumes des Canadiens francophones d'alors, les événements inconnus chez nous (comme le Grand Dérangement) sont plus qu'intéressants, et les passionnés d'histoire devraient y trouver leur compte. Qu’en sera-t-il de la suite ?
Les Passagers du vent
Je suis désolé de faire baisser la note d'une série qui est dans les immanquables et qu'apparemment, beaucoup de monde aime ici, mais je n'ai pas accroché du tout aux "Passagers du vent"... Je dois quand même dire que la série est servie par de superbes dessins de Bourgeon, très détaillés, dans le respect des proportions, enfin, vraiment du bon boulot. Les couleurs sont réussies elles aussi, et je trouve que pour une bd racontant cette époque de l'histoire, ça colle vraiment très bien. A propos de l'époque, on remarque clairement que l'auteur s'est documenté, donc, bravo à lui. Mais c'est pour le scénario que je coince. J'ai beau essayer de m'intéresser à l'histoire, je n'y arrive pas. La longueur des dialogues et la lenteur du scénario m'ennuient un peu, et j'ai eu du mal à lire les albums d'une traite. Mais le plus gros point négatif est pour moi les personnages: ils n'arrivent pas à me passionner, je ne les trouve pas vraiment envoûtants et c'est un gros problème dans une bd à aventures...