J'attendais le second tome pour émettre un avis, pour confirmer l'impression que m'avait laissée le premier. Et bien, c'est lu, et je ne suis pas déçu !
Moi qui ai généralement du mal avec les dessins "informatiques", il faut avouer qu'ici c'est magnifique et bien adapté au récit. Les décors sont d'une finesse et d'une richesse rares, les jeux de lumière sont éblouissants, du coup on ne se formalise pas du manque d'expression des visages.
Mais cette haute qualité graphique serait bien vaine si l'histoire était en reste. Et pour l'instant, pas du tout ! Après un premier tome assez mystérieux, le second apporte pas mal d'éléments, de nouvelles questions aussi, mais l'essentiel est que ça reste très intéressant. L'ambiance est extrêmement présente et efficace, dans un style sombre très "lovecraftien".
En résumé, ce tome 2 est la confirmation d'une bonne surprise. J'attends la suite avec impatience...
"Juliette je t'aime dans l'espace" !!
On y croit à fond. Bon, inutile de préciser que je n'ai pas aimé cette... chose. Vous voulez que je vous dise pourquoi ? Vous êtes sûrs de vouloir savoir ?
Eh bien voilà, c'est un manga rempli d'inepties. En gros, deux mini-empires ont pris la relève d'un ancien empire. L'un d'eux ambitionne de conquérir tout le reste, alors que l'autre n'aspire qu'à la paix. Et au milieu se dresse une autre faction, qui menace le méchant expansionniste de représailles s'il passe sur son territoire. Lequel méchant expansionniste confie la quasi-totalité de sa flotte interstellaire à un jeune guerrier fougueux, qui sort de nulle part. Déjà, ça calme les amateurs d'histoires cohérentes. Le récit est haché d'une façon peu commune : des actions surviennent presque sans raison, les relations entre les personnages sont difficiles à comprendre...
L'histoire se passe dans un cadre futuriste, mais les 3 quarts du premier tome se passent dans une maison noble, tout à fait typique du Japon médiéval.
Alors ok, je ne connais pas assez cette période pour appréhender tout ça, mais j'ai vraiment eu du mal à le terminer, ce tome 1...
"L’oreille gauche" est le 24e album publié dans l'étonnante collection Comix des Editions "Le Cycliste".
L’histoire est toute simple, basée sur le quotidien morose d’un jeune homme dont la lecture du comic’s Astra lui sert d’échappatoire. Histoire simple mais pas simpliste qui est à la fois cruelle et touchante comme un conte ou une fable moralisatrice. Cet album est riche d’enseignements et nous amène à réfléchir à nos actes, mêmes anodins. J’ai vraiment beaucoup apprécié la narration et la chute de l’histoire, aussi inattendue que très réussie. En outre, le dessin de Mathieu Sapin restitue parfaitement l’ambiance terne du récit.
Si mon résumé ne va pas enflammer les foules, j’espère que cet avis vous incitera à ouvrir cet album pour découvrir cette fable contemporaine.
Bref, une belle découverte . . . mon coup de cœur du mois !
Le traitement infographique dans une bd, pourquoi pas ? Je suis pas fan du procédé car souvent cela donne aux planches une impression de froideur et de statisme. Mais ici, les couleurs vives et le titre intriguant m’ont poussé à lire cet album. Ce huis clos "glauque" est assez prenant grâce à une narration accrocheuse et une trame bien réfléchie. C’est pas franchement horrifique mais beaucoup de choses ne sont que suggérées, ce qui donne une certaine ampleur dramatique à l’histoire. Ce premier opus suscite pas mal d’interrogations qui trouveront, je l’espère, leur épilogue dans le deuxième et dernier tome (qui devrait sortir d’ici peu).
A essayer . . .
De la bd pop corn. Voila en quelques mots mon avis. Ca faisait des années que je passais à côté de cette série sans vraiment avoir envie de m'y arrêter. Je trouvais le graphisme hyper classique et un peu figé et puis, en feuilletant les pages, l'impression d'avoir à faire avec un truc archi rabattu, me coupait vite l'envie. Mais récemment, j'ai eu envie de dépasser mes réticences et au bout du compte ???? Ben, ma première impression était la bonne. Si je ne peux pas dire que je me suis ennuyé à la lecture des 5 tomes, je suis loin de dire pour autant que je me suis éclaté. En fait, tout est trop convenu et caricatural pour vraiment surprendre. Le personnage de Shelton est un condensé d'archétype sans aucune saveur et la seule originalité est son âge... Un héros de 5O balais c'est guère classique dans la bd d'aventures.
Côté graphisme, rien de bien transcendant. J'ai nettement préféré le travail d'autres collaborateurs de VanHamme ; Francq et Rosinski pour ne pas les citer.
Pour conclure, je ne vais pas être trop sévère. Wayne Shelton est une bd pour les préados et ados qui cherchent à se distraire entre un cours de maths et deux parties de consoles vidéo. Pour tous les autres, c'est un peu trop léger.
Avec cette série qui commence, on peut une nouvelle fois vérifier que les histoires à dimension ésotérique, ont le vent en poupe. L’originalité de ce premier tome vient en fait, du mélange des genres et non du thème traité qui évoque sensiblement celui de l’incontournable docteur Frankenstein. En effet, outre la référence précitée, on retrouve celle de Jack l’éventreur et dans la dernière partie du récit, on pense à l’univers des stryges et des démons. C’est plaisant sans être véritablement révolutionnaire. Pourtant, je n’ai pas hésité une seconde à l’achat de cette nouveauté. La raison est essentiellement liée à la qualité du graphisme et de la mise en couleur. Il se dégageait des planches, un parfum de mystère et une ambiance qui me rappelait vaguement une série que j’adore : Le Réseau Bombyce… Comme quoi, à quoi ça tient !
Mais au delà de ces considérations un peu farfelues, je ne saurais que conseiller la lecture de ce codex angélique. Il faudra naturellement apprécier la qualité de cette série à la sortie des tomes suivants, mais pour le moment, tous les espoirs sont permis.
J’ai commencé la lecture du Blog de Frantico en version papier chez le Spooky et l’ai terminé avec la version en ligne.
Ce pavé, aux apparences indigestes, se lit facilement et sans ennui. On suit les (in)succès de François qui est en quelques sortes le "Francis Perrin" de la bd avec un côté obsédé et scato en sus. Il ne sent pas toujours la rose mais j’ai beaucoup apprécié ce personnage qui est à lui seul une caricature reflétant bien (il me semble) les petits travers de l’homme avec quelques bonnes réflexions à la clé.
Il n’y a pas vraiment de fil conducteur à l’histoire, on suit le quotidien banal de François qui essaie de faire coup double en voulant percer dans le petit monde de la bd et ramener des nanas dans son lit.
Malgré les apparences, le dessin est révélateur d’une belle maîtrise de la part de l’auteur qui ne doit pas être un amateur. Mais Frantico et Trondheim font-ils un ? Je dirais oui car j’ai relevé une scène identique entre une planche de Trondheim parue dans un Spirou Mag de 1992 (ou 1993) et une planche du présent blog. L’attitude similaire des personnages ne laisse planer que peu de doutes la dessus.
Au final, le blog de Frantico est aussi divertissant qu’un bon téléfilm avec un final un peu délayé. Ca ne laisse pas un souvenir impérissable mais ça a fait passer un bon moment. A consommer sans modération pour les épicuriens ...
Lecture conseillée donc mais mettre 19 € pour l’avoir, c’est un pas que je ne franchirais pas ...
Publiées initialement dans Charlie, ces histoires courtes ont été reprises dans un petit album par Futuropolis en 1985. Ce sont deux histoires courtes d'une quinzaine de pages accompagnées de petits strips. Le thème est la difficile vie des immigrés maghrébins en France à une époque où il n'était pas encore question de beur mais d'immigré arabe et où ils parlaient encore mal le Français avec l'accent Algérien.
"Les soirées d'Abdulah" racontent le mépris avec lequel le pauvre Abdulah est traité par tous, la différence de comportement des français de base qui vouvoient les autres mais tutoient l'indigne arabe, les problèmes administratifs qu'il perd sa vie à régler car il n'écrit pas le Français et car personne n'est là pour lui simplifier la vie, bien au contraire, etc...
"Ratonnade" pour sa part est le récit maquillé pour ne pas effrayer un jeune enfant des violences physiques faites à un arabe. Le contraste entre les mots doux-amers du narrateur et la dureté des images est assez fort.
Et autour de ces deux histoires, l'auteur nous offre quelques strips où l'humour noir se mêle aux mots criants de vérité.
Le tout est présenté sous un graphisme noir et blanc relativement original et assez maîtrisé. Sympathique et agréable à la lecture.
Un livre témoignage sur une forme de racisme anti-maghrébin qui parait un peu désuette de nos jours mais qui n'a sans doute fait qu'évoluer sous une autre forme.
A savoir que ces histoires courtes ont été recueillies ensuite dans l'intégrale de l'Oud parue chez Soleil.
Comme un certain nombre des posteurs précédents, j'ai d'abord lu Tirésias avant de lire la Gloire d'Héra. Je suis assez d'accord pour dire que ces deux albums sont effectivement un peu en dessous. Mais j'ai du mal à en faire porter la faute aux auteurs.
Il est vrai que la légende de Tirésias est probablement plus prenante et riche que ce premier acte de la vie d'Hercule. Et dans la mesure où les auteurs ont pris soin, me semble-t-il, de rester fidèles au matériau mythologique initial, on peut difficilement leur reprocher la faiblesse relative d'une histoire par rapport à une autre.
En revanche, cette BD me paraît toujours digne d'être lue pour deux raisons. D'abord, le dessin de Rossi, très vivant, et parfaitement maîtrisé, qui donne une véritable humanité à ces personnages qu'on a un peu tendance à fossiliser dans le patrimoine culturel occidental. Ensuite, la focale qui est faite sur une partie beaucoup moins connue de la légende d'Hercule, trop souvent limitée à l'énumération des travaux, et qui nous rappelle la dimension tragique de ce héros, que le destin condamnera à perdre ceux qui lui sont proches à plusieurs reprises.
Du beau travail, tant sur le plan graphique, que sur celui de la vulgarisation de la mythologie antique.
A lire, surtout si l'on apprécie ce genre de retour aux sources.
Cette série vient à la suite de Mèche rebelle, des deux mêmes auteurs. Mèche rebelle est d'ailleurs rééditée comme un "numéro 0", un prélude à la série.
Je ne connaissais Zidrou qu'au travers de séries humoristiques, toujours chez Dupuis et Casterman, et là c'est un scénariste malin, manipulateur et surprenant qui s'offre à mes yeux ébaubis et mon cerveau avachi.
Car "proTECTO" (oui oui, ça s'écrit bien comme ça) est le nom d'une société (écran ?) dont les employés sont chargés de veiller sur la santé, de gérer la vie, la mot, en un mot le destin des Elites, des personnes amenées à jouer un plus ou moins grand rôle dans la société. Tout irait bien si la mort, incarné sous la forme de Madame, ne venait pas fourrer son nez dans cet agencement et décider de tuer qui bon lui semble. Et elle a des comptes à régler avec Kim, dont la vie est sans doute trop parfaite, qui lui a déjà échappé par le passé...
Marrant ce concept. Considérer les anges gardiens comme des employés, lesquels s'attachent souvent à leurs protégés. Et la Mort comme une espèce d'électron libre, une exécutrice incontrôlable. Le récit est intéressant, manque un peu de linéarité à mon goût, mais mérite que tout amateur de fantastique s'y attarde, par simple curiosité. Surtout que le trait de l'italien Matteo est plutôt agréable, dans un style presque réaliste, avec des couleurs chaleureuses... A noter un léger changement graphique (surtout sur le personnage d'Alicia) entre le tome 0 et le tome 1.
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J'attendais le second tome pour émettre un avis, pour confirmer l'impression que m'avait laissée le premier. Et bien, c'est lu, et je ne suis pas déçu ! Moi qui ai généralement du mal avec les dessins "informatiques", il faut avouer qu'ici c'est magnifique et bien adapté au récit. Les décors sont d'une finesse et d'une richesse rares, les jeux de lumière sont éblouissants, du coup on ne se formalise pas du manque d'expression des visages. Mais cette haute qualité graphique serait bien vaine si l'histoire était en reste. Et pour l'instant, pas du tout ! Après un premier tome assez mystérieux, le second apporte pas mal d'éléments, de nouvelles questions aussi, mais l'essentiel est que ça reste très intéressant. L'ambiance est extrêmement présente et efficace, dans un style sombre très "lovecraftien". En résumé, ce tome 2 est la confirmation d'une bonne surprise. J'attends la suite avec impatience...
Rai
"Juliette je t'aime dans l'espace" !! On y croit à fond. Bon, inutile de préciser que je n'ai pas aimé cette... chose. Vous voulez que je vous dise pourquoi ? Vous êtes sûrs de vouloir savoir ? Eh bien voilà, c'est un manga rempli d'inepties. En gros, deux mini-empires ont pris la relève d'un ancien empire. L'un d'eux ambitionne de conquérir tout le reste, alors que l'autre n'aspire qu'à la paix. Et au milieu se dresse une autre faction, qui menace le méchant expansionniste de représailles s'il passe sur son territoire. Lequel méchant expansionniste confie la quasi-totalité de sa flotte interstellaire à un jeune guerrier fougueux, qui sort de nulle part. Déjà, ça calme les amateurs d'histoires cohérentes. Le récit est haché d'une façon peu commune : des actions surviennent presque sans raison, les relations entre les personnages sont difficiles à comprendre... L'histoire se passe dans un cadre futuriste, mais les 3 quarts du premier tome se passent dans une maison noble, tout à fait typique du Japon médiéval. Alors ok, je ne connais pas assez cette période pour appréhender tout ça, mais j'ai vraiment eu du mal à le terminer, ce tome 1...
L'Oreille gauche
"L’oreille gauche" est le 24e album publié dans l'étonnante collection Comix des Editions "Le Cycliste". L’histoire est toute simple, basée sur le quotidien morose d’un jeune homme dont la lecture du comic’s Astra lui sert d’échappatoire. Histoire simple mais pas simpliste qui est à la fois cruelle et touchante comme un conte ou une fable moralisatrice. Cet album est riche d’enseignements et nous amène à réfléchir à nos actes, mêmes anodins. J’ai vraiment beaucoup apprécié la narration et la chute de l’histoire, aussi inattendue que très réussie. En outre, le dessin de Mathieu Sapin restitue parfaitement l’ambiance terne du récit. Si mon résumé ne va pas enflammer les foules, j’espère que cet avis vous incitera à ouvrir cet album pour découvrir cette fable contemporaine. Bref, une belle découverte . . . mon coup de cœur du mois !
Les quartiers de l'étrange
Le traitement infographique dans une bd, pourquoi pas ? Je suis pas fan du procédé car souvent cela donne aux planches une impression de froideur et de statisme. Mais ici, les couleurs vives et le titre intriguant m’ont poussé à lire cet album. Ce huis clos "glauque" est assez prenant grâce à une narration accrocheuse et une trame bien réfléchie. C’est pas franchement horrifique mais beaucoup de choses ne sont que suggérées, ce qui donne une certaine ampleur dramatique à l’histoire. Ce premier opus suscite pas mal d’interrogations qui trouveront, je l’espère, leur épilogue dans le deuxième et dernier tome (qui devrait sortir d’ici peu). A essayer . . .
Wayne Shelton
De la bd pop corn. Voila en quelques mots mon avis. Ca faisait des années que je passais à côté de cette série sans vraiment avoir envie de m'y arrêter. Je trouvais le graphisme hyper classique et un peu figé et puis, en feuilletant les pages, l'impression d'avoir à faire avec un truc archi rabattu, me coupait vite l'envie. Mais récemment, j'ai eu envie de dépasser mes réticences et au bout du compte ???? Ben, ma première impression était la bonne. Si je ne peux pas dire que je me suis ennuyé à la lecture des 5 tomes, je suis loin de dire pour autant que je me suis éclaté. En fait, tout est trop convenu et caricatural pour vraiment surprendre. Le personnage de Shelton est un condensé d'archétype sans aucune saveur et la seule originalité est son âge... Un héros de 5O balais c'est guère classique dans la bd d'aventures. Côté graphisme, rien de bien transcendant. J'ai nettement préféré le travail d'autres collaborateurs de VanHamme ; Francq et Rosinski pour ne pas les citer. Pour conclure, je ne vais pas être trop sévère. Wayne Shelton est une bd pour les préados et ados qui cherchent à se distraire entre un cours de maths et deux parties de consoles vidéo. Pour tous les autres, c'est un peu trop léger.
Le Codex angélique
Avec cette série qui commence, on peut une nouvelle fois vérifier que les histoires à dimension ésotérique, ont le vent en poupe. L’originalité de ce premier tome vient en fait, du mélange des genres et non du thème traité qui évoque sensiblement celui de l’incontournable docteur Frankenstein. En effet, outre la référence précitée, on retrouve celle de Jack l’éventreur et dans la dernière partie du récit, on pense à l’univers des stryges et des démons. C’est plaisant sans être véritablement révolutionnaire. Pourtant, je n’ai pas hésité une seconde à l’achat de cette nouveauté. La raison est essentiellement liée à la qualité du graphisme et de la mise en couleur. Il se dégageait des planches, un parfum de mystère et une ambiance qui me rappelait vaguement une série que j’adore : Le Réseau Bombyce… Comme quoi, à quoi ça tient ! Mais au delà de ces considérations un peu farfelues, je ne saurais que conseiller la lecture de ce codex angélique. Il faudra naturellement apprécier la qualité de cette série à la sortie des tomes suivants, mais pour le moment, tous les espoirs sont permis.
Le Blog de Frantico
J’ai commencé la lecture du Blog de Frantico en version papier chez le Spooky et l’ai terminé avec la version en ligne. Ce pavé, aux apparences indigestes, se lit facilement et sans ennui. On suit les (in)succès de François qui est en quelques sortes le "Francis Perrin" de la bd avec un côté obsédé et scato en sus. Il ne sent pas toujours la rose mais j’ai beaucoup apprécié ce personnage qui est à lui seul une caricature reflétant bien (il me semble) les petits travers de l’homme avec quelques bonnes réflexions à la clé. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur à l’histoire, on suit le quotidien banal de François qui essaie de faire coup double en voulant percer dans le petit monde de la bd et ramener des nanas dans son lit. Malgré les apparences, le dessin est révélateur d’une belle maîtrise de la part de l’auteur qui ne doit pas être un amateur. Mais Frantico et Trondheim font-ils un ? Je dirais oui car j’ai relevé une scène identique entre une planche de Trondheim parue dans un Spirou Mag de 1992 (ou 1993) et une planche du présent blog. L’attitude similaire des personnages ne laisse planer que peu de doutes la dessus. Au final, le blog de Frantico est aussi divertissant qu’un bon téléfilm avec un final un peu délayé. Ca ne laisse pas un souvenir impérissable mais ça a fait passer un bon moment. A consommer sans modération pour les épicuriens ... Lecture conseillée donc mais mettre 19 € pour l’avoir, c’est un pas que je ne franchirais pas ...
Les Soirées d'Abdulah - Ratonnade
Publiées initialement dans Charlie, ces histoires courtes ont été reprises dans un petit album par Futuropolis en 1985. Ce sont deux histoires courtes d'une quinzaine de pages accompagnées de petits strips. Le thème est la difficile vie des immigrés maghrébins en France à une époque où il n'était pas encore question de beur mais d'immigré arabe et où ils parlaient encore mal le Français avec l'accent Algérien. "Les soirées d'Abdulah" racontent le mépris avec lequel le pauvre Abdulah est traité par tous, la différence de comportement des français de base qui vouvoient les autres mais tutoient l'indigne arabe, les problèmes administratifs qu'il perd sa vie à régler car il n'écrit pas le Français et car personne n'est là pour lui simplifier la vie, bien au contraire, etc... "Ratonnade" pour sa part est le récit maquillé pour ne pas effrayer un jeune enfant des violences physiques faites à un arabe. Le contraste entre les mots doux-amers du narrateur et la dureté des images est assez fort. Et autour de ces deux histoires, l'auteur nous offre quelques strips où l'humour noir se mêle aux mots criants de vérité. Le tout est présenté sous un graphisme noir et blanc relativement original et assez maîtrisé. Sympathique et agréable à la lecture. Un livre témoignage sur une forme de racisme anti-maghrébin qui parait un peu désuette de nos jours mais qui n'a sans doute fait qu'évoluer sous une autre forme. A savoir que ces histoires courtes ont été recueillies ensuite dans l'intégrale de l'Oud parue chez Soleil.
La Gloire d'Héra
Comme un certain nombre des posteurs précédents, j'ai d'abord lu Tirésias avant de lire la Gloire d'Héra. Je suis assez d'accord pour dire que ces deux albums sont effectivement un peu en dessous. Mais j'ai du mal à en faire porter la faute aux auteurs. Il est vrai que la légende de Tirésias est probablement plus prenante et riche que ce premier acte de la vie d'Hercule. Et dans la mesure où les auteurs ont pris soin, me semble-t-il, de rester fidèles au matériau mythologique initial, on peut difficilement leur reprocher la faiblesse relative d'une histoire par rapport à une autre. En revanche, cette BD me paraît toujours digne d'être lue pour deux raisons. D'abord, le dessin de Rossi, très vivant, et parfaitement maîtrisé, qui donne une véritable humanité à ces personnages qu'on a un peu tendance à fossiliser dans le patrimoine culturel occidental. Ensuite, la focale qui est faite sur une partie beaucoup moins connue de la légende d'Hercule, trop souvent limitée à l'énumération des travaux, et qui nous rappelle la dimension tragique de ce héros, que le destin condamnera à perdre ceux qui lui sont proches à plusieurs reprises. Du beau travail, tant sur le plan graphique, que sur celui de la vulgarisation de la mythologie antique. A lire, surtout si l'on apprécie ce genre de retour aux sources.
proTECTO
Cette série vient à la suite de Mèche rebelle, des deux mêmes auteurs. Mèche rebelle est d'ailleurs rééditée comme un "numéro 0", un prélude à la série. Je ne connaissais Zidrou qu'au travers de séries humoristiques, toujours chez Dupuis et Casterman, et là c'est un scénariste malin, manipulateur et surprenant qui s'offre à mes yeux ébaubis et mon cerveau avachi. Car "proTECTO" (oui oui, ça s'écrit bien comme ça) est le nom d'une société (écran ?) dont les employés sont chargés de veiller sur la santé, de gérer la vie, la mot, en un mot le destin des Elites, des personnes amenées à jouer un plus ou moins grand rôle dans la société. Tout irait bien si la mort, incarné sous la forme de Madame, ne venait pas fourrer son nez dans cet agencement et décider de tuer qui bon lui semble. Et elle a des comptes à régler avec Kim, dont la vie est sans doute trop parfaite, qui lui a déjà échappé par le passé... Marrant ce concept. Considérer les anges gardiens comme des employés, lesquels s'attachent souvent à leurs protégés. Et la Mort comme une espèce d'électron libre, une exécutrice incontrôlable. Le récit est intéressant, manque un peu de linéarité à mon goût, mais mérite que tout amateur de fantastique s'y attarde, par simple curiosité. Surtout que le trait de l'italien Matteo est plutôt agréable, dans un style presque réaliste, avec des couleurs chaleureuses... A noter un léger changement graphique (surtout sur le personnage d'Alicia) entre le tome 0 et le tome 1.