Je faisais partie des rares qui n’avaient pas lu le blog ‘en direct’ pour diverses raisons mais j’ai quand même voulu le découvrir une fois le pavé imprimé.
Qu’en ai-je pensé ? J’ai finalement été assez surpris qu’un auteur se livre de cette façon sur un support en sachant que plusieurs milliers de personnes venaient le lire quotidiennement et j’ai peine à croire que d’une certaine façon, il n’a pas joué avec ses lecteurs. Sur certains passages j’ai trouvé qu’il en faisait trop, notamment par exemple sur ses questions d’ordre sexuel sur lesquelles j’ai frôlé l’overdose. Mais globalement, j’ai trouvé qu’on s’attachait à son personnage même si parfois il touche les limites du genre. Il raconte sa vie, ou nous le fait croire, tout en s’arrêtant dès lors qu’une tierce personne qui pourrait être démasquée y est mêlée.
J’ai lu ce pavé d’une traite en m’interrogeant sur le fait de lire la suite ou pas. Il y a un effet voyeuriste que de vouloir découvrir ses aventures en Corée que je n’aime pas et pour le moment je m’interroge encore.
Si vous avez aimé Dock 21 alors vous aimerez Frontière. Rodolphe se ressert du même schéma entre la limite d'un monde virtuel et d'un monde réel.
Certes là il n'est plus question d'une vision du passé et la trame qui, au départ, semble similaire varie énormément, mais on se sent dans un univers "connu".
L'histoire ? Celle d'un homme qui se retrouve face à la vision de son assassinat, cette image semble irréelle pour ce père de famille paisiblement en vacances au bord de la mer avec son fils et sa femme. En parallèle de cette vie qui semble des plus banales se développe un univers où la tension est palpable. Qui est ce chercheur ? Quelle découverte a-t-il bien pu réaliser ? Nous le découvrirons dans un prochain épisode. ;)
La nouvelle collection de Glénat Caravelle (Nouveau concurrent d’Aire Libre de Dupuis ou Long Courrier de Dargaud, mais orientée sur des auteurs de langue espagnole ?) commence avec deux sympathiques nouveautés El Perdición (que je n’ai pas lu) et Une mansarde à Paris.
Par quoi commencer, le dessin pour changer… Dans la tradition de la ligne claire avec quelques grosses erreurs mais on pardonnera à ce jeune auteur, Sergio Mélia nous fait découvrir un univers Parisien agréable mais relativement peu varié et proche du huit clos, le décor tournant surtout autour de cette fameuse chambre même si on assiste à quelques sorties. J’aurais peut-être aimé découvrir un peu plus une vision romantique de Paris mais ce ne fut pas le cas.
La couleur, amusante avec une utilisation du rouge qui tranche peut être un peu trop avec le reste des couleurs nettement plus ternes.
Pour finir, le scénario … Une jolie petite histoire d’amour entre deux lycéens qui se perdent de vue, vieillissent, puis se retrouvent, se reperdent et se retrouvent enfin sur fond de cachotteries pas toujours avouables et qui donnent le seul piment de cette oeuvre. J’aurais aimé découvrir des sentiments plus marqués qui auraient tranché avec la dureté de la situation, la tragédie n’est pas assez mise en relief et transforme ce récit en une banale histoire d’amour. Néanmoins très agréable à lire.
Juste une petite remarque pour conclure, la numérotation est originale et m’a bien amusé.
Pas fan de comics pour deux sous, n’ayant jamais regardé Sex and the City, je n’étais pas vraiment fait pour lire Ultra…
Et puis mon libraire est passé par là : ‘Jette un oeil là-dessus, c’est très très bon’… Je retourne le livre… 17.5 euros c’est un peu cher mais bon le nombre de pages (plus de 200) le justifie.
De retour chez moi, intrigué par ce livre, je me plonge dans mon fauteuil… et là, surprise, je reste scotché et le dévore d’une traite !
3 filles, aux caractères entiers et complémentaires, sont amies dans la vie et super héroïnes dans leur vie professionnelle. Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que leurs superpouvoirs soient étalés pendant toute cette oeuvre, leur vie ‘professionnelle’ passe vite au second plan et n’a finalement plus tellement d’importance. C’est leurs différences dans la vie quotidienne que nous découvrons, la face cachée de leur vie et de leurs sentiments que nous explorons. Leur difficulté à concilier une vie au grand jour est relayée par les médias, avec une vie qu’elles voudraient banale et sans tout ce foisonnement d’oeils inquisiteurs.
Ultra, l’une de ces trois filles, avait jusqu’à présent une image sans « tâche» auprès du grand public. Suite à la rencontre d‘un jeune homme dont elle tombe amoureuse, elle se retrouve livrée à la presse à sensation qui l’accuse d’être la pire des perverses. Comment en est-elle arrivée là ? Comment s’en sortira-t-elle ? Je ne vous en dis pas plus…
Une femme qui n’a pas connu sa mère, c’est le lot de beaucoup d’enfants adoptés. Mais là, quand cette mère est la fameuse légende du far-west, la célèbre « Calamity Jane » au delà de la découverte de ses parents, cette femme va aussi nous faire découvrir les pans moins célèbres de cette femme peu ordinaire.
Sylvie Fontaine manipule avec maestria un nouveau style graphique et narratif, et l’on dévore ce petit ouvrage (au nombre de pages néanmoins conséquent) d’un trait. On replonge avec joie dans la vie du far-west mais sous un nouveau regard beaucoup moins propres que ce que l’on avait l’habitude de lire.
Une nouvelle grande réussite de cet auteur.
Il y a des éditeurs qui sortent des BD qu’instinctivement on ne peut que feuilleter. C’est le cas de Vertige Graphic chez qui j’avais beaucoup aimé "Rapokam Java", "Fax de Sarajevo" ou Ghost World.
Pour une fois, je vais commencer par vous parler du dessin de Marcola qui pour une première BD parue en France nous gratifie d’un coup de maître. Marcola illustre sa BD aux deux ambiances distinctes avec l’utilisation la ligne claire pour les scènes ‘ordinaires’ et d’autre le fusain pour les scènes sur le front, associés à une mise en couleur bichromique et nous sommes plongés dans une ambiance en parfaite symbiose avec le récit. Marcola joue avec la bichromie tout au long de l’album, tantôt il utilise les tons ocres, tantôt des scènes bleutées, tantôt il nous plonge dans l’obscurité via du noir et blanc pour les scènes les plus sombres. Associés à la qualité du papier (habituel chez Vertige Graphic), il y a tous les éléments pour combler quelqu’un comme moi.
Maintenant parlons un peu du scénario, là Marcolla excelle pour nous présenter une guerre qu’il ne nous livrera jamais ‘en direct’. Très habillement, il nous maintient toujours un peu éloigné de la ligne de Front pour nous parler de la fin de la seconde guerre mondiale en Italie. Il nous fait découvrir la vie d’un Lieutenant italien qui ne croit plus à une autre issue que la défaite de son camp, l’évolution des sentiments à l’encontre des anciens alliés allemands qui se sont transformés en force d’occupation. L’envie de ce Lieutenant de retrouver sa famille car cette guerre n’est plus vraiment celle de son pays. Marcolla nous présente dans ce splendide ouvrage une vision de la guerre qu’on avait rarement eu l’occasion de découvrir et le journal intime de l’un de ces pions dont on se sert pour mener une guerre.
Très bonne triple découverte : l’éditeur, l’auteur et la BD…
Un jeune gendarme (Francisco) pris dans les tourmentes de la révolution franquiste est sauvé par le gardien d’un phare (Telmo). Une amitié presque filiale naît entre les deux hommes et l’auteur nous guide entre leurs histoires passées et la réalisation des rêves du vieil homme.
Ce que j’ai particulièrement aimé c’est l’amour que Telmo porte à son phare, il le bichonne et sait tellement communiquer sa passion qu’il arrive à convaincre Francisco du bien fondé de sa mission. Telmo sait aussi transmettre au jeune homme ses utopies d’une vie différente sur une île paradisiaque que Franciso l’aidera à construire la barque qui doit les y emmener.
Côté graphisme, j’aime beaucoup les changements de style au moment des retours en arrière et le dessin de Paco Roca.
Attention chef d’oeuvre… Quand on commence ce livre, on le dévore.
L’histoire est celle d’un ancien général emprisonné qui va fomenter un coup d’état contre Napoléon.
Nicolas Juncker réussit à nous passionner pour les aventures de ce « fou » dont nul ne parle dans les livres d’histoires. On suit pas à pas ses aventures, de l’organisation d’un coup d’état jusqu’à son exécution. Malet avait tout calculé, recruté les meilleurs éléments pour réussir et on se demande jusqu’au bout s’il va réussir. On rit devant certaines situations, on s’interroge sur d’autres. On y croit sans y croire mais on ne peut s’arrêter.
Et le meilleur… les annexes à la fin Nicolas Juncker se jouent de nous et nous incitent à tout vérifier. ;)
L’histoire : une jeune vierge, destinée à le rester, est mise en ceinte par un démon, les règles édictées entre l’enfer et la paradis ont été transgressées, un démon/enquêteur doit alors résoudre l’énigme.
Moitié polar, moitié ésotérique… mais pas vraiment convaincu… cette BD se lit agréablement et j’ai apprécié la narration en off dans le style « polar ». Mais l’intrigue est trop rapidement menée pour être vraiment convaincante.
Certains passages sont originaux, comme cette lutte avec un ange et cette épée qui « pousse », d’autres font cliché, comme le rendez-vous avec un marabout, mais globalement, j’ai trouvé que l’enquête se perdait dans des détails pas forcément indispensables et que la façon de résoudre l’énigme était trop cousue d’avance.
Le début était pourtant très prometteur notamment au travers de la découverte de la psychologie du héros, mais cet aspect n’est ensuite pas assez approfondi.
Le dessin : est la grande surprise de l’album, pour un premier album et malgré les erreurs et variations de style, c’est très prometteur.
Petite plongée dans la collection Sakka de Casterman avec « Forget me not ».
Cette BD m’a un peu dérouté par le côté un peu débridé de la narration, mais finalement? on vit au rythme de cette charmante enquêtrice. Sur le fond? l’intrigue est simple ; une jeune presque héritière doit enquêter pour retrouver un tableau volé à son grand-père et ainsi hériter de sa fortune.
Cela semble si simple que finalement le livre porte très peu sur cette enquête qui, si elle est un but, ne semble presque pas une priorité pour Mariel.
Au contraire on découvre une vision cachée de Venise loin de son faste et de ses touristes. Pour conclure j’ai refermé ce livre avec une impression agréable et j’attends la suite.
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Le Blog de Frantico
Je faisais partie des rares qui n’avaient pas lu le blog ‘en direct’ pour diverses raisons mais j’ai quand même voulu le découvrir une fois le pavé imprimé. Qu’en ai-je pensé ? J’ai finalement été assez surpris qu’un auteur se livre de cette façon sur un support en sachant que plusieurs milliers de personnes venaient le lire quotidiennement et j’ai peine à croire que d’une certaine façon, il n’a pas joué avec ses lecteurs. Sur certains passages j’ai trouvé qu’il en faisait trop, notamment par exemple sur ses questions d’ordre sexuel sur lesquelles j’ai frôlé l’overdose. Mais globalement, j’ai trouvé qu’on s’attachait à son personnage même si parfois il touche les limites du genre. Il raconte sa vie, ou nous le fait croire, tout en s’arrêtant dès lors qu’une tierce personne qui pourrait être démasquée y est mêlée. J’ai lu ce pavé d’une traite en m’interrogeant sur le fait de lire la suite ou pas. Il y a un effet voyeuriste que de vouloir découvrir ses aventures en Corée que je n’aime pas et pour le moment je m’interroge encore.
Frontière
Si vous avez aimé Dock 21 alors vous aimerez Frontière. Rodolphe se ressert du même schéma entre la limite d'un monde virtuel et d'un monde réel. Certes là il n'est plus question d'une vision du passé et la trame qui, au départ, semble similaire varie énormément, mais on se sent dans un univers "connu". L'histoire ? Celle d'un homme qui se retrouve face à la vision de son assassinat, cette image semble irréelle pour ce père de famille paisiblement en vacances au bord de la mer avec son fils et sa femme. En parallèle de cette vie qui semble des plus banales se développe un univers où la tension est palpable. Qui est ce chercheur ? Quelle découverte a-t-il bien pu réaliser ? Nous le découvrirons dans un prochain épisode. ;)
Une mansarde à Paris
La nouvelle collection de Glénat Caravelle (Nouveau concurrent d’Aire Libre de Dupuis ou Long Courrier de Dargaud, mais orientée sur des auteurs de langue espagnole ?) commence avec deux sympathiques nouveautés El Perdición (que je n’ai pas lu) et Une mansarde à Paris. Par quoi commencer, le dessin pour changer… Dans la tradition de la ligne claire avec quelques grosses erreurs mais on pardonnera à ce jeune auteur, Sergio Mélia nous fait découvrir un univers Parisien agréable mais relativement peu varié et proche du huit clos, le décor tournant surtout autour de cette fameuse chambre même si on assiste à quelques sorties. J’aurais peut-être aimé découvrir un peu plus une vision romantique de Paris mais ce ne fut pas le cas. La couleur, amusante avec une utilisation du rouge qui tranche peut être un peu trop avec le reste des couleurs nettement plus ternes. Pour finir, le scénario … Une jolie petite histoire d’amour entre deux lycéens qui se perdent de vue, vieillissent, puis se retrouvent, se reperdent et se retrouvent enfin sur fond de cachotteries pas toujours avouables et qui donnent le seul piment de cette oeuvre. J’aurais aimé découvrir des sentiments plus marqués qui auraient tranché avec la dureté de la situation, la tragédie n’est pas assez mise en relief et transforme ce récit en une banale histoire d’amour. Néanmoins très agréable à lire. Juste une petite remarque pour conclure, la numérotation est originale et m’a bien amusé.
Ultra
Pas fan de comics pour deux sous, n’ayant jamais regardé Sex and the City, je n’étais pas vraiment fait pour lire Ultra… Et puis mon libraire est passé par là : ‘Jette un oeil là-dessus, c’est très très bon’… Je retourne le livre… 17.5 euros c’est un peu cher mais bon le nombre de pages (plus de 200) le justifie. De retour chez moi, intrigué par ce livre, je me plonge dans mon fauteuil… et là, surprise, je reste scotché et le dévore d’une traite ! 3 filles, aux caractères entiers et complémentaires, sont amies dans la vie et super héroïnes dans leur vie professionnelle. Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que leurs superpouvoirs soient étalés pendant toute cette oeuvre, leur vie ‘professionnelle’ passe vite au second plan et n’a finalement plus tellement d’importance. C’est leurs différences dans la vie quotidienne que nous découvrons, la face cachée de leur vie et de leurs sentiments que nous explorons. Leur difficulté à concilier une vie au grand jour est relayée par les médias, avec une vie qu’elles voudraient banale et sans tout ce foisonnement d’oeils inquisiteurs. Ultra, l’une de ces trois filles, avait jusqu’à présent une image sans « tâche» auprès du grand public. Suite à la rencontre d‘un jeune homme dont elle tombe amoureuse, elle se retrouve livrée à la presse à sensation qui l’accuse d’être la pire des perverses. Comment en est-elle arrivée là ? Comment s’en sortira-t-elle ? Je ne vous en dis pas plus…
Calamity
Une femme qui n’a pas connu sa mère, c’est le lot de beaucoup d’enfants adoptés. Mais là, quand cette mère est la fameuse légende du far-west, la célèbre « Calamity Jane » au delà de la découverte de ses parents, cette femme va aussi nous faire découvrir les pans moins célèbres de cette femme peu ordinaire. Sylvie Fontaine manipule avec maestria un nouveau style graphique et narratif, et l’on dévore ce petit ouvrage (au nombre de pages néanmoins conséquent) d’un trait. On replonge avec joie dans la vie du far-west mais sous un nouveau regard beaucoup moins propres que ce que l’on avait l’habitude de lire. Une nouvelle grande réussite de cet auteur.
Aller simple
Il y a des éditeurs qui sortent des BD qu’instinctivement on ne peut que feuilleter. C’est le cas de Vertige Graphic chez qui j’avais beaucoup aimé "Rapokam Java", "Fax de Sarajevo" ou Ghost World. Pour une fois, je vais commencer par vous parler du dessin de Marcola qui pour une première BD parue en France nous gratifie d’un coup de maître. Marcola illustre sa BD aux deux ambiances distinctes avec l’utilisation la ligne claire pour les scènes ‘ordinaires’ et d’autre le fusain pour les scènes sur le front, associés à une mise en couleur bichromique et nous sommes plongés dans une ambiance en parfaite symbiose avec le récit. Marcola joue avec la bichromie tout au long de l’album, tantôt il utilise les tons ocres, tantôt des scènes bleutées, tantôt il nous plonge dans l’obscurité via du noir et blanc pour les scènes les plus sombres. Associés à la qualité du papier (habituel chez Vertige Graphic), il y a tous les éléments pour combler quelqu’un comme moi. Maintenant parlons un peu du scénario, là Marcolla excelle pour nous présenter une guerre qu’il ne nous livrera jamais ‘en direct’. Très habillement, il nous maintient toujours un peu éloigné de la ligne de Front pour nous parler de la fin de la seconde guerre mondiale en Italie. Il nous fait découvrir la vie d’un Lieutenant italien qui ne croit plus à une autre issue que la défaite de son camp, l’évolution des sentiments à l’encontre des anciens alliés allemands qui se sont transformés en force d’occupation. L’envie de ce Lieutenant de retrouver sa famille car cette guerre n’est plus vraiment celle de son pays. Marcolla nous présente dans ce splendide ouvrage une vision de la guerre qu’on avait rarement eu l’occasion de découvrir et le journal intime de l’un de ces pions dont on se sert pour mener une guerre.
Le Phare
Très bonne triple découverte : l’éditeur, l’auteur et la BD… Un jeune gendarme (Francisco) pris dans les tourmentes de la révolution franquiste est sauvé par le gardien d’un phare (Telmo). Une amitié presque filiale naît entre les deux hommes et l’auteur nous guide entre leurs histoires passées et la réalisation des rêves du vieil homme. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est l’amour que Telmo porte à son phare, il le bichonne et sait tellement communiquer sa passion qu’il arrive à convaincre Francisco du bien fondé de sa mission. Telmo sait aussi transmettre au jeune homme ses utopies d’une vie différente sur une île paradisiaque que Franciso l’aidera à construire la barque qui doit les y emmener. Côté graphisme, j’aime beaucoup les changements de style au moment des retours en arrière et le dessin de Paco Roca.
Malet
Attention chef d’oeuvre… Quand on commence ce livre, on le dévore. L’histoire est celle d’un ancien général emprisonné qui va fomenter un coup d’état contre Napoléon. Nicolas Juncker réussit à nous passionner pour les aventures de ce « fou » dont nul ne parle dans les livres d’histoires. On suit pas à pas ses aventures, de l’organisation d’un coup d’état jusqu’à son exécution. Malet avait tout calculé, recruté les meilleurs éléments pour réussir et on se demande jusqu’au bout s’il va réussir. On rit devant certaines situations, on s’interroge sur d’autres. On y croit sans y croire mais on ne peut s’arrêter. Et le meilleur… les annexes à la fin Nicolas Juncker se jouent de nous et nous incitent à tout vérifier. ;)
Maxime Murene
L’histoire : une jeune vierge, destinée à le rester, est mise en ceinte par un démon, les règles édictées entre l’enfer et la paradis ont été transgressées, un démon/enquêteur doit alors résoudre l’énigme. Moitié polar, moitié ésotérique… mais pas vraiment convaincu… cette BD se lit agréablement et j’ai apprécié la narration en off dans le style « polar ». Mais l’intrigue est trop rapidement menée pour être vraiment convaincante. Certains passages sont originaux, comme cette lutte avec un ange et cette épée qui « pousse », d’autres font cliché, comme le rendez-vous avec un marabout, mais globalement, j’ai trouvé que l’enquête se perdait dans des détails pas forcément indispensables et que la façon de résoudre l’énigme était trop cousue d’avance. Le début était pourtant très prometteur notamment au travers de la découverte de la psychologie du héros, mais cet aspect n’est ensuite pas assez approfondi. Le dessin : est la grande surprise de l’album, pour un premier album et malgré les erreurs et variations de style, c’est très prometteur.
Forget Me Not
Petite plongée dans la collection Sakka de Casterman avec « Forget me not ». Cette BD m’a un peu dérouté par le côté un peu débridé de la narration, mais finalement? on vit au rythme de cette charmante enquêtrice. Sur le fond? l’intrigue est simple ; une jeune presque héritière doit enquêter pour retrouver un tableau volé à son grand-père et ainsi hériter de sa fortune. Cela semble si simple que finalement le livre porte très peu sur cette enquête qui, si elle est un but, ne semble presque pas une priorité pour Mariel. Au contraire on découvre une vision cachée de Venise loin de son faste et de ses touristes. Pour conclure j’ai refermé ce livre avec une impression agréable et j’attends la suite.