On me dit que Tony Corso est l'une des BD en forme du moment, et j'ai décidé de me faire mon propre avis sur la question.
Le premier point positif est le cadre des aventures du héros. Ils nous renvoient tout de suite à des rêves de vacances ensoleillées. C'est surtout la variété des thèmes envisagés qui est intéressante. On propose en effet au lecteur de plonger dans le monde de la jet-set, du business, du blanchissement d'argent, toute ces choses inaccessibles au grand public, cet univers de gens riches, corrompus, et envieux. Je crois que c'est ce qu'aime et attend le public actuel.
Les scénarios en eux-mêmes ne sont pas d'une grande virtuosité, et j'ai assez peu apprécié avec quel manque de subtilité et de finesse les événements étaient amenés au lecteur: sur un plateau. Pas de place pour la réflexion.
Bref, en lisant Tony Corso, on n'assiste pas à une enquête auquelle est conviée le lecteur, mais pour ma part j'ai eu l'impression de prendre part à un divertissement nonchalent.
Largo Winch, pour citer une série qui s'en rapproche, pour ce qui est du déroulement de l'histoire, est autrement mieux construite.
Le héros en lui-même n'est pas très attachant. Trop cynique, trop sûr de lui, il lui manque ce grain de charisme et ces petites faiblesses qui auraient pu le rendre attachant. Néanmoins, j'ai apprécié que (presque) toutes les femmes ne tombassent pas dans ses bras -contrairement à Largo Winch.
Quant au dessin, on ne peut pas dire qu'il soit très beau. Agréable de loin, mais franchement laid pour les plans rapprochés. Sur ce point-là, le dessinateur doit faire des efforts.
Comme je ne peux pas mettre deux étoiles à cette série, mais qu'elle n'en mérite pas vraiment trois, je vais mettre "pas mal" en signe d'encouragement, car elle possède un vrai potentiel.
Criminal Macabre, ou retour aux sources.
Car pour être franc, le vampire de base ça se tue comme un boucher le ferait, pas de classe, pas de costume de héros de comics, un flingue et ça va! D'ailleurs le héros le dit lui-même "Je ne connais rien sur cette terre qu'un bon coup de fusil ne puisse buter", ou un truc dans le genre...
Pourquoi retour aux sources ? Et bien parce que le héros n'est pas un jeune dandy immortel, mais bien un humain comme les autres (mis à part le fait qu'il voit les morts, on a tous nos faiblesses...), qu'il est alcoolique, toxicomane et qu'après tout il fait son boulot, pas avec plaisir, mais c'est comme ça.
Au moins ça change.
L'ambiance est magnifique, elle marque avec perfection le contraste entre le héros, qui trouve tout à fait normal la tournure que les évènements prennent, et les autres humains (des couillons comme vous et moi) qui refusent de croire au fantastique et qui se bouffent tout ça d'un bloc en une journée montre en main !
Et l'histoire ? Rahh l'histoire ! Génialement menée, classique, on nous sort pas des vampires apocalyptiques, mais bien des vraies rumeurs moyenâgeuses, enfin voilà quoi... retour aux sources.
Le dessin quant à lui, c'est ça qui m'a fait découvrir Templemsith, et là, je ne dirai rien. Le mélange de dessin et de photos est vraiment le style rêvé pour ces histoires glauques, c'est le novateur qui s'oppose à ce retour aux sources, génial quoi !
Et là vous vous demandez certainement pourquoi je n'ai pas mis 5/5 ?
Bug de souris, tout simplement...
En début de lecture de cette intégrale de 4 tomes, j'ai été légèrement charmé par le dessin, par l'ambiance, par l'atmosphère langoureuse qui se dégageait de ce café perdu au bout d'une plage déserte, une atmosphère très cinématographique. Je n'appréciais pas plus que cela les dialogues et les histoires de coeur et d'espoirs déçus que se racontaient les personnages mais je les ai lus en me laissant plus ou moins porté par la vague de l'ambiance particulière. Le dessin, sans être exceptionnel, me plaisait bien aussi par ses compositions épurées et esthétiques.
Mais avant la fin du premier tome, j'ai commencé à franchement me lasser. Les états d'âme des personnages m'ennuyaient, les péripéties hollywoodiennes de Rita m'ont lassé dès le début, les dialogues emplissant l'ensemble des planches m'ont parus rebutants et l'envie de zapper des pages et de feuilleter de plus en plus vite m'a prise. En outre, le dessin se faisait de moins en moins esthétique au fil des pages pour finir dans un style très moyen.
Je reconnais donc un certain charme et une certaine originalité à cette BD, à ses personnages bavards et à leurs dialogues et pensées, mais ce n'est clairement pas le genre de BD qui me passionne plus que quelques pages... Et là, des pages et de l'ennui, il y en a beaucoup trop pour moi.
Plutôt un 2.5/5 qu'un 3/5 franc et massif, parce qu'après Il faut tuer José Bové qui m'avait franchement bien fait marrer, je suis plutôt déçu par cet album que j'espérais très drôle mais qui ne fait qu'emprunter des sentiers battus ou bien d'autres, des "Guignols de l'info" à Team America, se sont déjà largement aventurés.
6 ans après la 1ère élection de Bush, 5 ans après les attentats de New York, 3 ans après le début de l'invasion de l'Irak, il ne reste plus grand'chose d'original ou rigolo à dire sur tout ça. Certes on trouve quand même quelques bons gags, mais l'ensemble sent vraiment le réchauffé. A lire pour passer 5 minutes, mais vraiment pas un achat indispensable.
J’ai découvert assez tardivement cette série qui tranche avec la production habituelle de "Soleil", celle des quêtes et des bimbos.
Ici, c'est le destin de quatre personnages que l'on suit et dans le présent volume deux d'entre eux vont se revoir pour faire cause commune. Certes, le titre de cet opus est "Olgo" (un des quatre personnages principaux), pourtant à l'image de la couverture (comme celle des trois autres), c'est la belle Sylène qui est toujours mise en avant. Il faut dire que Laurent Sieurac sait particulièrement la mettre en valeur. Le dessin est extrêmement soigné, et le scénario est riche en rebondissements (même si comme certains l'ont écrit précédemment, l'esprit du film "the gang of New York" plane sur cette aventure).
A l'image du très réussi Le Feul, du même scénariste, Jean-Charles Gaudin, les éditions "Soleil" arrivent à nous proposer une bande dessinée hors des canons de l'heroic-fantasy traditionnelle tout en en conservant l'univers.
Paru dans les années 60 en magazine, cette BD se rapproche des archétypes de la BD d'aventure jeunesse de l'époque.
Godard y fait preuve d'un dessin pas mauvais, au trait à mi-chemin entre les styles Franquin et Greg tout en étant plus raide et moins maîtrisé. Les couleurs sont également typiques de l'époque. Bref, en lisant cette BD, on a l'impression de lire des pages du journal Tintin ou l'Intrépide.
Le scénario des deux histoires que contient cet album ("la Secte de l'Hippocampe" suivi de "Poison à foison", "Chauve qui peut" n'ayant jamais été édité en album) est très basique. Nos deux héros, le grand beau fort et courageux et son compagnon plus rigolo, se retrouvent à chaque fois embarqués par hasard dans une intrigue légèrement criminelle sans jamais représenter vraiment de danger. C'est de l'aventure campagnarde, avec une secte villageoise de "sorciers" ou un gangster en cavale. Rien d'autre que du divertissement, avec un humour un peu trop diffus qui n'attire que quelques sourires par-ci par-là.
Bref, c'est une série qui ne marquera pas son lecteur ni par son originalité ni par sa réussite, mais qui reste très correcte.
A lire par curiosité, pour voir le type de récits d'aventures que pouvait imaginer Godard avant de devenir le génial scénariste de Le Vagabond des Limbes.
14/20
Un premier tome qui se lit peut-être vite mais qui est déjà bien consistant. J'ai été carrément charmé par l'exotisme un peu kitsch qui se dégage de cette aventure fantastique. Le dessin très classique rappelle un peu le trait de Gillon. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Une série à suivre de près.
Il est vrai que sur le plan de l'originalité, cette bd fait mouche. La révélation de la fin d'album est très intrigante. Pour ne rien gâcher le dessin a du caractère et la délicieuse mise en couleur met très bien en valeur la ligne classieuse de Riche. Reste que pour l'instant, on n'est pas spécialement ému par cette histoire. L’ensemble est un peu froid. Trop de distance vis-à-vis des personnages ? J'ai aussi du mal à saisir l'intérêt et le rôle des trois nanas à la Paris Hilton... On a parfois la sensation que l'intrigue part un peu dans tous les sens. J'attends la suite pour donner un véritable avis sur cet album qui a suscité chez moi un intérêt poli.
Quand les Monty Pithon ont décidé de se taire, le monde entier de l'humour surréaliste était en deuil...
Etait-ce un complot ? Etait-ce un arrangement pour que le collectif f'murr arrive et les remplace ?
Si c'est le cas, GOD SAVE THE QUEEN !
Comme quoi quand on y perd, on y gagne, car...
"Le génie des alpages" c'est :
- 13 tomes de délires ! ("Je te file mon encyclopédie en 12 tomes... de Savoie")
- 13 tomes de découvertes sur des personnages hors norme ! (Le lion perdu qui ramène son pote le sphinx)
- 13 tomes d'aventures à en faire pâlir un scénariste surréaliste en plein spleen ! (moi ?... d'accord.)
Par contre, grosse mise en garde :
- Si vous êtes terre à terre, n'achetez pas cette BD.
- Si vous avez peur de vous sentir ridicule (après tout, les héros sont des moutons qui accomplissent des conneries qu'on a tous un jour rêvé de faire), n'achetez pas cette BD.
- Si vous ne voulez pas sentir votre morale insultée, pendez-vous car cette BD vous hantera !
« Wimbledon Green » est incontestablement un bel objet, c’est une BD belle à regarder, à toucher… ce serait dommage que ça soit le contraire avec un prix de vente de 21 €00…
Ensuite, au niveau de la présentation, le lecteur a doit le droit à une préface de l’auteur lui-même où celui-ci nous fait part de ses craintes, de la façon dont est venue cette idée de scénario et dans sa façon de la dessiner.
Seth avoue avoir dessiné « Wimbledon Green » pendant ses « heures perdues » (voir préface) à la manière d’un carnet de notes, il s’excuse même auprès des lecteurs d’avoir utilisé un dessin « peu léché »… personnellement, il y a de quoi être étonné car je trouve que le graphisme est parfaitement adapté à ce scénario.
Ce trait simple est d’ailleurs bienvenu car celui permet d’améliorer de mieux distinguer les personnages dont l’histoire regorge (une bonne vingtaine si je m’en souviens bien !).
En gros, je n’ai pas vraiment eu l’impression que l’auteur ait « raté » son dessin. C’est même assez surprenant de découvrir une BD aussi bien « dessiné » pour ce qui devait être une sorte de BD « faite à la va-vite » !
La mise en page m’a un peu rebuté au début car elle contient une multitude de petites cases pas très faciles à distinguer dans ce petit format d’édition.
Malgré cela, l’album tient toutes ses promesses graphiquement grâce notamment à un découpage sans reproche !
Scénaristiquement, Seth a fait très fort ! La BD comporte de nombreuses séquences où chaque personnage donne sa vision de « Wimbledon Green » entrecoupées de passages historiques sur ce « héros » et celles sur l’intrigue principale. Malgré cette complexité, la BD reste accessible à tous ne serait-ce parce que l’auteur possède un grand don de narrateur.
Et pourtant… malgré toutes ces qualités, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire car le monde des collectionneurs est un univers qui ne me passionne pas beaucoup. Je me suis senti comme un étranger envers cette histoire où les différents protagonistes cherchent à surpasser ses concurrents afin de posséder la pièce unique à un prix démesuré, la BD où ils pourront « se la péter grave ».
« Wimbledon Green » est une BD au graphisme vraiment très plaisant et très agréable à contempler. Elle possède une narration quasiment parfaite. Cependant, je n’ai jamais accroché à cette histoire de collectionneur qui ne me m’intéressait pas vraiment et qui ne m’intéresse toujours pas… Peut-être est-ce une BD qui s’adresse spécialement aux bédéphiles qui ont une « vraie » âme de collectionneur ?
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Tony Corso
On me dit que Tony Corso est l'une des BD en forme du moment, et j'ai décidé de me faire mon propre avis sur la question. Le premier point positif est le cadre des aventures du héros. Ils nous renvoient tout de suite à des rêves de vacances ensoleillées. C'est surtout la variété des thèmes envisagés qui est intéressante. On propose en effet au lecteur de plonger dans le monde de la jet-set, du business, du blanchissement d'argent, toute ces choses inaccessibles au grand public, cet univers de gens riches, corrompus, et envieux. Je crois que c'est ce qu'aime et attend le public actuel. Les scénarios en eux-mêmes ne sont pas d'une grande virtuosité, et j'ai assez peu apprécié avec quel manque de subtilité et de finesse les événements étaient amenés au lecteur: sur un plateau. Pas de place pour la réflexion. Bref, en lisant Tony Corso, on n'assiste pas à une enquête auquelle est conviée le lecteur, mais pour ma part j'ai eu l'impression de prendre part à un divertissement nonchalent. Largo Winch, pour citer une série qui s'en rapproche, pour ce qui est du déroulement de l'histoire, est autrement mieux construite. Le héros en lui-même n'est pas très attachant. Trop cynique, trop sûr de lui, il lui manque ce grain de charisme et ces petites faiblesses qui auraient pu le rendre attachant. Néanmoins, j'ai apprécié que (presque) toutes les femmes ne tombassent pas dans ses bras -contrairement à Largo Winch. Quant au dessin, on ne peut pas dire qu'il soit très beau. Agréable de loin, mais franchement laid pour les plans rapprochés. Sur ce point-là, le dessinateur doit faire des efforts. Comme je ne peux pas mettre deux étoiles à cette série, mais qu'elle n'en mérite pas vraiment trois, je vais mettre "pas mal" en signe d'encouragement, car elle possède un vrai potentiel.
Criminal Macabre
Criminal Macabre, ou retour aux sources. Car pour être franc, le vampire de base ça se tue comme un boucher le ferait, pas de classe, pas de costume de héros de comics, un flingue et ça va! D'ailleurs le héros le dit lui-même "Je ne connais rien sur cette terre qu'un bon coup de fusil ne puisse buter", ou un truc dans le genre... Pourquoi retour aux sources ? Et bien parce que le héros n'est pas un jeune dandy immortel, mais bien un humain comme les autres (mis à part le fait qu'il voit les morts, on a tous nos faiblesses...), qu'il est alcoolique, toxicomane et qu'après tout il fait son boulot, pas avec plaisir, mais c'est comme ça. Au moins ça change. L'ambiance est magnifique, elle marque avec perfection le contraste entre le héros, qui trouve tout à fait normal la tournure que les évènements prennent, et les autres humains (des couillons comme vous et moi) qui refusent de croire au fantastique et qui se bouffent tout ça d'un bloc en une journée montre en main ! Et l'histoire ? Rahh l'histoire ! Génialement menée, classique, on nous sort pas des vampires apocalyptiques, mais bien des vraies rumeurs moyenâgeuses, enfin voilà quoi... retour aux sources. Le dessin quant à lui, c'est ça qui m'a fait découvrir Templemsith, et là, je ne dirai rien. Le mélange de dessin et de photos est vraiment le style rêvé pour ces histoires glauques, c'est le novateur qui s'oppose à ce retour aux sources, génial quoi ! Et là vous vous demandez certainement pourquoi je n'ai pas mis 5/5 ? Bug de souris, tout simplement...
Le Café de la plage
En début de lecture de cette intégrale de 4 tomes, j'ai été légèrement charmé par le dessin, par l'ambiance, par l'atmosphère langoureuse qui se dégageait de ce café perdu au bout d'une plage déserte, une atmosphère très cinématographique. Je n'appréciais pas plus que cela les dialogues et les histoires de coeur et d'espoirs déçus que se racontaient les personnages mais je les ai lus en me laissant plus ou moins porté par la vague de l'ambiance particulière. Le dessin, sans être exceptionnel, me plaisait bien aussi par ses compositions épurées et esthétiques. Mais avant la fin du premier tome, j'ai commencé à franchement me lasser. Les états d'âme des personnages m'ennuyaient, les péripéties hollywoodiennes de Rita m'ont lassé dès le début, les dialogues emplissant l'ensemble des planches m'ont parus rebutants et l'envie de zapper des pages et de feuilleter de plus en plus vite m'a prise. En outre, le dessin se faisait de moins en moins esthétique au fil des pages pour finir dans un style très moyen. Je reconnais donc un certain charme et une certaine originalité à cette BD, à ses personnages bavards et à leurs dialogues et pensées, mais ce n'est clairement pas le genre de BD qui me passionne plus que quelques pages... Et là, des pages et de l'ennui, il y en a beaucoup trop pour moi.
La croisade s'amuse
Plutôt un 2.5/5 qu'un 3/5 franc et massif, parce qu'après Il faut tuer José Bové qui m'avait franchement bien fait marrer, je suis plutôt déçu par cet album que j'espérais très drôle mais qui ne fait qu'emprunter des sentiers battus ou bien d'autres, des "Guignols de l'info" à Team America, se sont déjà largement aventurés. 6 ans après la 1ère élection de Bush, 5 ans après les attentats de New York, 3 ans après le début de l'invasion de l'Irak, il ne reste plus grand'chose d'original ou rigolo à dire sur tout ça. Certes on trouve quand même quelques bons gags, mais l'ensemble sent vraiment le réchauffé. A lire pour passer 5 minutes, mais vraiment pas un achat indispensable.
Les Princes d'Arclan
J’ai découvert assez tardivement cette série qui tranche avec la production habituelle de "Soleil", celle des quêtes et des bimbos. Ici, c'est le destin de quatre personnages que l'on suit et dans le présent volume deux d'entre eux vont se revoir pour faire cause commune. Certes, le titre de cet opus est "Olgo" (un des quatre personnages principaux), pourtant à l'image de la couverture (comme celle des trois autres), c'est la belle Sylène qui est toujours mise en avant. Il faut dire que Laurent Sieurac sait particulièrement la mettre en valeur. Le dessin est extrêmement soigné, et le scénario est riche en rebondissements (même si comme certains l'ont écrit précédemment, l'esprit du film "the gang of New York" plane sur cette aventure). A l'image du très réussi Le Feul, du même scénariste, Jean-Charles Gaudin, les éditions "Soleil" arrivent à nous proposer une bande dessinée hors des canons de l'heroic-fantasy traditionnelle tout en en conservant l'univers.
Tim et Anthime
Paru dans les années 60 en magazine, cette BD se rapproche des archétypes de la BD d'aventure jeunesse de l'époque. Godard y fait preuve d'un dessin pas mauvais, au trait à mi-chemin entre les styles Franquin et Greg tout en étant plus raide et moins maîtrisé. Les couleurs sont également typiques de l'époque. Bref, en lisant cette BD, on a l'impression de lire des pages du journal Tintin ou l'Intrépide. Le scénario des deux histoires que contient cet album ("la Secte de l'Hippocampe" suivi de "Poison à foison", "Chauve qui peut" n'ayant jamais été édité en album) est très basique. Nos deux héros, le grand beau fort et courageux et son compagnon plus rigolo, se retrouvent à chaque fois embarqués par hasard dans une intrigue légèrement criminelle sans jamais représenter vraiment de danger. C'est de l'aventure campagnarde, avec une secte villageoise de "sorciers" ou un gangster en cavale. Rien d'autre que du divertissement, avec un humour un peu trop diffus qui n'attire que quelques sourires par-ci par-là. Bref, c'est une série qui ne marquera pas son lecteur ni par son originalité ni par sa réussite, mais qui reste très correcte. A lire par curiosité, pour voir le type de récits d'aventures que pouvait imaginer Godard avant de devenir le génial scénariste de Le Vagabond des Limbes.
Mandalay
14/20 Un premier tome qui se lit peut-être vite mais qui est déjà bien consistant. J'ai été carrément charmé par l'exotisme un peu kitsch qui se dégage de cette aventure fantastique. Le dessin très classique rappelle un peu le trait de Gillon. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Une série à suivre de près.
L'Association des Cas Particuliers
Il est vrai que sur le plan de l'originalité, cette bd fait mouche. La révélation de la fin d'album est très intrigante. Pour ne rien gâcher le dessin a du caractère et la délicieuse mise en couleur met très bien en valeur la ligne classieuse de Riche. Reste que pour l'instant, on n'est pas spécialement ému par cette histoire. L’ensemble est un peu froid. Trop de distance vis-à-vis des personnages ? J'ai aussi du mal à saisir l'intérêt et le rôle des trois nanas à la Paris Hilton... On a parfois la sensation que l'intrigue part un peu dans tous les sens. J'attends la suite pour donner un véritable avis sur cet album qui a suscité chez moi un intérêt poli.
Le Génie des alpages
Quand les Monty Pithon ont décidé de se taire, le monde entier de l'humour surréaliste était en deuil... Etait-ce un complot ? Etait-ce un arrangement pour que le collectif f'murr arrive et les remplace ? Si c'est le cas, GOD SAVE THE QUEEN ! Comme quoi quand on y perd, on y gagne, car... "Le génie des alpages" c'est : - 13 tomes de délires ! ("Je te file mon encyclopédie en 12 tomes... de Savoie") - 13 tomes de découvertes sur des personnages hors norme ! (Le lion perdu qui ramène son pote le sphinx) - 13 tomes d'aventures à en faire pâlir un scénariste surréaliste en plein spleen ! (moi ?... d'accord.) Par contre, grosse mise en garde : - Si vous êtes terre à terre, n'achetez pas cette BD. - Si vous avez peur de vous sentir ridicule (après tout, les héros sont des moutons qui accomplissent des conneries qu'on a tous un jour rêvé de faire), n'achetez pas cette BD. - Si vous ne voulez pas sentir votre morale insultée, pendez-vous car cette BD vous hantera !
Wimbledon Green
« Wimbledon Green » est incontestablement un bel objet, c’est une BD belle à regarder, à toucher… ce serait dommage que ça soit le contraire avec un prix de vente de 21 €00… Ensuite, au niveau de la présentation, le lecteur a doit le droit à une préface de l’auteur lui-même où celui-ci nous fait part de ses craintes, de la façon dont est venue cette idée de scénario et dans sa façon de la dessiner. Seth avoue avoir dessiné « Wimbledon Green » pendant ses « heures perdues » (voir préface) à la manière d’un carnet de notes, il s’excuse même auprès des lecteurs d’avoir utilisé un dessin « peu léché »… personnellement, il y a de quoi être étonné car je trouve que le graphisme est parfaitement adapté à ce scénario. Ce trait simple est d’ailleurs bienvenu car celui permet d’améliorer de mieux distinguer les personnages dont l’histoire regorge (une bonne vingtaine si je m’en souviens bien !). En gros, je n’ai pas vraiment eu l’impression que l’auteur ait « raté » son dessin. C’est même assez surprenant de découvrir une BD aussi bien « dessiné » pour ce qui devait être une sorte de BD « faite à la va-vite » ! La mise en page m’a un peu rebuté au début car elle contient une multitude de petites cases pas très faciles à distinguer dans ce petit format d’édition. Malgré cela, l’album tient toutes ses promesses graphiquement grâce notamment à un découpage sans reproche ! Scénaristiquement, Seth a fait très fort ! La BD comporte de nombreuses séquences où chaque personnage donne sa vision de « Wimbledon Green » entrecoupées de passages historiques sur ce « héros » et celles sur l’intrigue principale. Malgré cette complexité, la BD reste accessible à tous ne serait-ce parce que l’auteur possède un grand don de narrateur. Et pourtant… malgré toutes ces qualités, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire car le monde des collectionneurs est un univers qui ne me passionne pas beaucoup. Je me suis senti comme un étranger envers cette histoire où les différents protagonistes cherchent à surpasser ses concurrents afin de posséder la pièce unique à un prix démesuré, la BD où ils pourront « se la péter grave ». « Wimbledon Green » est une BD au graphisme vraiment très plaisant et très agréable à contempler. Elle possède une narration quasiment parfaite. Cependant, je n’ai jamais accroché à cette histoire de collectionneur qui ne me m’intéressait pas vraiment et qui ne m’intéresse toujours pas… Peut-être est-ce une BD qui s’adresse spécialement aux bédéphiles qui ont une « vraie » âme de collectionneur ?