Pier Pasolini est mort en 1975 (j’avais 6 ans). Et pourtant, Davide Toffolo nous raconte une histoire dans laquelle quelqu’un qui déclare être Pier Pasolini le contacte et souhaite être interviewé. L’auteur part à sa rencontre, puis à sa recherche, faisant une sorte de pèlerinage sur les lieux mythiques liés à la vie du réalisateur Italien et s’engageant avec lui dans un dialogue fictif (à plusieurs niveaux).
Il se dégage de cet album quelque chose de très fort et de très étrange à la fois. Mon seul problème est que je ne connais absolument pas Pasolini, que je n’ai jamais vu aucun de ses films, et qu’il m’est par conséquent difficile de comprendre l’hommage qui lui est rendu, fut-il magnifique.
Il ne me reste qu’à apprécier l’intérêt de la démarche et à me laisser hypnotiser par certains passages fantastiques.
Un clochard quitte une maison de convalescence parce qu’on lui avait servi une soupe froide. Il marche dans la neige, en se ressassant ses souvenirs, ses rancoeurs, ses derniers remparts de fierté dans un long monologue. Personne ne l’aime, tout le monde le traite comme un chien, il en veut à la terre entière.
Les dessins ne m’ont pas trop accroché mais sont efficaces. L’histoire est poignante; elle frise parfois le misérabilisme mais évite d’y tomber grâce à une dose de « cynisme réaliste ». J’imagine que l’auteur, un médecin, a dû voir défiler plusieurs cas semblables et doit se demander ce qu’il peut faire pour y changer quelque chose. On ne trouvera pas la réponse dans l’album, mais néanmoins une sorte de « témoignage » sur la vision d’un sans abri - pour autant que l’auteur puisse se mettre dans les bottes d’un clochard. Je ne me souviens pas avoir vu un personnage de bande dessinée tomber si bas.
A lire.
Un gorille albinos fut pendant plus de 30 ans la vedette du zoo de Barcelone. Davide Toffolo, fasciné par l’histoire de ce roi blanc et par ce qu’il représente, souhaitait depuis longtemps faire un album sur lui. Balançant entre la réalité et la fiction, il nous raconte ce que l’on sait de « flocon de neige » et imagine le reste, tout en s’interrogeant sur la condition humaine et la condition d’animal de zoo.
Il se dégage de l’album une triste mélancolie, qui aurait pu déboucher sur un superbe album, si son rythme n’avait pas été si décousu. La plupart du livre représente Toffolo en train de réfléchir sur comment faire son livre - artifice typique des auteurs n’ayant soit pas grand chose à dire, soit pas assez réfléchi sur la manière de le dire. On a le sentiment que les nombreuses bonnes idées ne sont pas assez abouties, ce qui est un peu dommage car cela aurait pu donner un livre extraordinaire.
Le nombre conséquent de pages (plus de 250 !) et les dessins lilliputiens peuvent en rebuter plus d’un à entamer la lecture de cet album. Ce serait toutefois fort dommage car Chester Brown s’attarde sur une page d’histoire fort intéressante et sans doute trop méconnue du Canada : la rétrocession en 1870 des terres appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Le refus du Gouvernement Canadien à prendre en considération les doléances des métis vivant sur ces terres poussa ces derniers à ce rebeller. A leur tête, Louis Riel, métis francophone qui deviendra le "Père du Manitoba". Les exactions commises par les blancs sur les indiens d’Amérique sont connues de tous. Celles qui se sont passées à la même époque mais bien plus au Nord le sont moins. Pourtant, ces faits partagent bien des similitudes. La lecture est vraiment prenante à un point tel qu’on ne voit pas le temps passer. Le dessin microscopique est enfermé dans des cases disposées en gaufrier (6 cases par page). Malgré le côté dépouillé des dessins, la ressemblance des protagonistes avec les personnages historiques est assez frappante. L’oeuvre est complète, avec une liste des références consultées ainsi qu’un lexique reprenant toutes les libertés prises par l'auteur avec la justification de ses choix. Bref, une lecture instructive et captivante qui donne envie d’en découvrir davantage sur ce personnage qu’est "Louis Riel, l’insurgé". Néanmoins, c’est le genre de livre qu’il faut lire mais qu’on ne relira pas forcément une deuxième fois. L’achat est donc dispensable.
"Les trois petits cochons", la véritable histoire…
Tarek, nous raconte l’histoire des 3 petits cochons d’une façon décalée, drôle, déjanté et même un peu déroutante. Cette bd destinée aux enfants est tout de même assez raffinée et je ne suis pas sûr que les plus jeunes pourront tout apprécier. Il y a clairement plusieurs degrés de lecture. Au-delà de l’histoire et des jeux de mots, on trouve un message de tolérance et de respect des différences (qui colle à l’actualité). Ça peut paraître un peu trop moraliste mais pour faire passer le message à nos petits chérubins, il faut mettre en évidence un peu plus que nécessaire.
Les dessins de Morinière sont très sympas. Ils sont simples et efficaces (exactement ce qu’il faut pour une BD jeunesse) mais aussi original dans un style démarqué des sentiers battus.
Les couleurs de Svart collent bien aux illustrations. Elles sont quelques fois sombres mais pas glauques, ce qui accentue (je trouve) ce côté engagé de la BD. La forêt est magnifique.
Je ne sais pas si je dois conseiller l'achat de cette série, car bien que le dessin soit réellement superbe et les cadrages parfaitement maîtrisés, l'histoire reste assez banale. Le monde futuriste dans lequel cela se passe est assez travaillé, bien que parfois assez fouillis. L'architecture tout comme les divers vaisseaux vont bien dans le style, mais il semble manquer une cohérence globale dans l'histoire. On a du mal à bien entrer et croire à cette histoire.
Malgré tous ces défauts, j'avoue que j'ai pris pas mal de plaisir à découvrir cette tueuse et qu'au bout du compte je profite gentiment de chaque nouveau tome.
Miguelanxo Prado a véritablement un dessin que j'adore : son trait, ses angles de vue, ses couleurs, j'aime vraiment énormément et trouve qu'il a un talent énorme. Ses BDs sont belles et agréables à lire à la fois.
Pour le reste, ses histoires courtes jouent toutes la carte de l'absurde avec un bon zeste d'humour noir et de cynisme. Avec un tel dessin, j'aimerais dire que ces histoires sont vraiment bonnes et hilarantes, mais hélas, elles peinent à attirer vraiment le rire en ce qui me concerne. Je les lis avec plaisir, avec le sourire, amusé par les idées parfois originales de l'auteur, mais sans jamais les trouver vraiment très drôles, vraiment très accrocheuses.
J'aime bien, je trouve le dessin et surtout les couleurs excellents, mais ce n'est pas une lecture indispensable.
A noter qu'une partie de ces gags ont été repris dans la série plus récente de Prado Chroniques absurdes.
J'ai un avis assez mitigé sur cette série mais ce qui ressort surtout c'est que je me suis franchement ennuyé à sa lecture. Il ne se passe rien, le rythme est plat, il n'y a rien de vraiment accrocheur dans le récit, les dessins sont très moyens, l'ambiance un tout petit peu malsaine avec cette passion de nos deux jeunes rebelles pour tout ce qui est bizarre (creep, weird).
Mais à côté de ça, je dois reconnaître que le traitement des affres de l'adolescence et la psychologie des personnages est assez réussi. Les dialogues, même s'ils sont sans intérêt dans leur contenu, sont suffisamment réalistes et bien réalisés pour vraiment représenter cet âge troublé où on se cherche, on a des certitudes qui se brisent, on se pose des questions, etc. Bref, le portrait psychologique de Rebecca et Enid, ces deux adolescentes dans une ville paumée, est assez réussi.
Mais à côté de ça, ben, ce n'est vraiment pas le genre de BD que je lis pour le plaisir et j'ai franchement dû me retenir pour ne pas zapper certains passages ennuyeux.
Alors là je dis bravo M. Aranega !
Voilà une série qui va vite se tailler une belle réputation. Car "Victor Lalouz" est un condensé de l'humour beauf contemporain. Marchant sur les traces d'Elie Semoun et ses petites annonces, mais en nettement mieux, Aranega livre là un petit bijou avec ces strips d'humour ravageur, à la chute irrésistible. C'est bien simple, j'ai éclaté de rire au moins 10 fois. Ce qui doit être un gage de qualité, car je suis plutôt difficile en matière d'humour. J'ai même hésité à mettre la note maximale. Mais nul doute que d'autres le feront, dès qu'ils se seront jetés sur cet album à ne pas manquer.
La première chose que je constate c'est que la collection Expresso n'est vraiment pas à négliger. Un ton et une couleur artistique sont bien présent, ici et ce n'est pas cet album qui me démentira.
Cyril Pedrosa nous offre un récit tout en douceur où se mélange poésie, intelligence et subtilité.
L'auteur nous conte les mésaventures de Jean-Paul, un célibataire qui, étant étouffé par sa mère et ses amis, décide de prendre le large.
J'ai été très touché par cette histoire. Le personnage principal est vraiment attachant et Pedrosa réussi parfaitement à nous faire ressentir la solitude et les doutes de notre héros. En plus de cela, nous avons droit à une galerie de personnages haut en couleur.
Les Coeurs Solitaires est un one shot où réalisme et justesse ne sont pas des moindres mots mais aussi où l'humour n'est pas oublié.
Le graphisme de l'auteur est vraiment réussi, j'aime beaucoup son coup de crayon qui met bien en valeur les moments de déprimes ainsi que les notes positives du récit.
Ce savoir-faire donne beaucoup de crédibilité à cette histoire, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Cet album est un one-shot de toute beauté et c'est bien évidement à conseiller de toute urgence !
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Pasolini - Une rencontre
Pier Pasolini est mort en 1975 (j’avais 6 ans). Et pourtant, Davide Toffolo nous raconte une histoire dans laquelle quelqu’un qui déclare être Pier Pasolini le contacte et souhaite être interviewé. L’auteur part à sa rencontre, puis à sa recherche, faisant une sorte de pèlerinage sur les lieux mythiques liés à la vie du réalisateur Italien et s’engageant avec lui dans un dialogue fictif (à plusieurs niveaux). Il se dégage de cet album quelque chose de très fort et de très étrange à la fois. Mon seul problème est que je ne connais absolument pas Pasolini, que je n’ai jamais vu aucun de ses films, et qu’il m’est par conséquent difficile de comprendre l’hommage qui lui est rendu, fut-il magnifique. Il ne me reste qu’à apprécier l’intérêt de la démarche et à me laisser hypnotiser par certains passages fantastiques.
Soupe Froide
Un clochard quitte une maison de convalescence parce qu’on lui avait servi une soupe froide. Il marche dans la neige, en se ressassant ses souvenirs, ses rancoeurs, ses derniers remparts de fierté dans un long monologue. Personne ne l’aime, tout le monde le traite comme un chien, il en veut à la terre entière. Les dessins ne m’ont pas trop accroché mais sont efficaces. L’histoire est poignante; elle frise parfois le misérabilisme mais évite d’y tomber grâce à une dose de « cynisme réaliste ». J’imagine que l’auteur, un médecin, a dû voir défiler plusieurs cas semblables et doit se demander ce qu’il peut faire pour y changer quelque chose. On ne trouvera pas la réponse dans l’album, mais néanmoins une sorte de « témoignage » sur la vision d’un sans abri - pour autant que l’auteur puisse se mettre dans les bottes d’un clochard. Je ne me souviens pas avoir vu un personnage de bande dessinée tomber si bas. A lire.
Le Roi blanc
Un gorille albinos fut pendant plus de 30 ans la vedette du zoo de Barcelone. Davide Toffolo, fasciné par l’histoire de ce roi blanc et par ce qu’il représente, souhaitait depuis longtemps faire un album sur lui. Balançant entre la réalité et la fiction, il nous raconte ce que l’on sait de « flocon de neige » et imagine le reste, tout en s’interrogeant sur la condition humaine et la condition d’animal de zoo. Il se dégage de l’album une triste mélancolie, qui aurait pu déboucher sur un superbe album, si son rythme n’avait pas été si décousu. La plupart du livre représente Toffolo en train de réfléchir sur comment faire son livre - artifice typique des auteurs n’ayant soit pas grand chose à dire, soit pas assez réfléchi sur la manière de le dire. On a le sentiment que les nombreuses bonnes idées ne sont pas assez abouties, ce qui est un peu dommage car cela aurait pu donner un livre extraordinaire.
Louis Riel - L'Insurgé
Le nombre conséquent de pages (plus de 250 !) et les dessins lilliputiens peuvent en rebuter plus d’un à entamer la lecture de cet album. Ce serait toutefois fort dommage car Chester Brown s’attarde sur une page d’histoire fort intéressante et sans doute trop méconnue du Canada : la rétrocession en 1870 des terres appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Le refus du Gouvernement Canadien à prendre en considération les doléances des métis vivant sur ces terres poussa ces derniers à ce rebeller. A leur tête, Louis Riel, métis francophone qui deviendra le "Père du Manitoba". Les exactions commises par les blancs sur les indiens d’Amérique sont connues de tous. Celles qui se sont passées à la même époque mais bien plus au Nord le sont moins. Pourtant, ces faits partagent bien des similitudes. La lecture est vraiment prenante à un point tel qu’on ne voit pas le temps passer. Le dessin microscopique est enfermé dans des cases disposées en gaufrier (6 cases par page). Malgré le côté dépouillé des dessins, la ressemblance des protagonistes avec les personnages historiques est assez frappante. L’oeuvre est complète, avec une liste des références consultées ainsi qu’un lexique reprenant toutes les libertés prises par l'auteur avec la justification de ses choix. Bref, une lecture instructive et captivante qui donne envie d’en découvrir davantage sur ce personnage qu’est "Louis Riel, l’insurgé". Néanmoins, c’est le genre de livre qu’il faut lire mais qu’on ne relira pas forcément une deuxième fois. L’achat est donc dispensable.
Les 3 petits cochons
"Les trois petits cochons", la véritable histoire… Tarek, nous raconte l’histoire des 3 petits cochons d’une façon décalée, drôle, déjanté et même un peu déroutante. Cette bd destinée aux enfants est tout de même assez raffinée et je ne suis pas sûr que les plus jeunes pourront tout apprécier. Il y a clairement plusieurs degrés de lecture. Au-delà de l’histoire et des jeux de mots, on trouve un message de tolérance et de respect des différences (qui colle à l’actualité). Ça peut paraître un peu trop moraliste mais pour faire passer le message à nos petits chérubins, il faut mettre en évidence un peu plus que nécessaire. Les dessins de Morinière sont très sympas. Ils sont simples et efficaces (exactement ce qu’il faut pour une BD jeunesse) mais aussi original dans un style démarqué des sentiers battus. Les couleurs de Svart collent bien aux illustrations. Elles sont quelques fois sombres mais pas glauques, ce qui accentue (je trouve) ce côté engagé de la BD. La forêt est magnifique.
Yiu
Je ne sais pas si je dois conseiller l'achat de cette série, car bien que le dessin soit réellement superbe et les cadrages parfaitement maîtrisés, l'histoire reste assez banale. Le monde futuriste dans lequel cela se passe est assez travaillé, bien que parfois assez fouillis. L'architecture tout comme les divers vaisseaux vont bien dans le style, mais il semble manquer une cohérence globale dans l'histoire. On a du mal à bien entrer et croire à cette histoire. Malgré tous ces défauts, j'avoue que j'ai pris pas mal de plaisir à découvrir cette tueuse et qu'au bout du compte je profite gentiment de chaque nouveau tome.
C'est du sport
Miguelanxo Prado a véritablement un dessin que j'adore : son trait, ses angles de vue, ses couleurs, j'aime vraiment énormément et trouve qu'il a un talent énorme. Ses BDs sont belles et agréables à lire à la fois. Pour le reste, ses histoires courtes jouent toutes la carte de l'absurde avec un bon zeste d'humour noir et de cynisme. Avec un tel dessin, j'aimerais dire que ces histoires sont vraiment bonnes et hilarantes, mais hélas, elles peinent à attirer vraiment le rire en ce qui me concerne. Je les lis avec plaisir, avec le sourire, amusé par les idées parfois originales de l'auteur, mais sans jamais les trouver vraiment très drôles, vraiment très accrocheuses. J'aime bien, je trouve le dessin et surtout les couleurs excellents, mais ce n'est pas une lecture indispensable. A noter qu'une partie de ces gags ont été repris dans la série plus récente de Prado Chroniques absurdes.
Ghost World
J'ai un avis assez mitigé sur cette série mais ce qui ressort surtout c'est que je me suis franchement ennuyé à sa lecture. Il ne se passe rien, le rythme est plat, il n'y a rien de vraiment accrocheur dans le récit, les dessins sont très moyens, l'ambiance un tout petit peu malsaine avec cette passion de nos deux jeunes rebelles pour tout ce qui est bizarre (creep, weird). Mais à côté de ça, je dois reconnaître que le traitement des affres de l'adolescence et la psychologie des personnages est assez réussi. Les dialogues, même s'ils sont sans intérêt dans leur contenu, sont suffisamment réalistes et bien réalisés pour vraiment représenter cet âge troublé où on se cherche, on a des certitudes qui se brisent, on se pose des questions, etc. Bref, le portrait psychologique de Rebecca et Enid, ces deux adolescentes dans une ville paumée, est assez réussi. Mais à côté de ça, ben, ce n'est vraiment pas le genre de BD que je lis pour le plaisir et j'ai franchement dû me retenir pour ne pas zapper certains passages ennuyeux.
Victor Lalouz
Alors là je dis bravo M. Aranega ! Voilà une série qui va vite se tailler une belle réputation. Car "Victor Lalouz" est un condensé de l'humour beauf contemporain. Marchant sur les traces d'Elie Semoun et ses petites annonces, mais en nettement mieux, Aranega livre là un petit bijou avec ces strips d'humour ravageur, à la chute irrésistible. C'est bien simple, j'ai éclaté de rire au moins 10 fois. Ce qui doit être un gage de qualité, car je suis plutôt difficile en matière d'humour. J'ai même hésité à mettre la note maximale. Mais nul doute que d'autres le feront, dès qu'ils se seront jetés sur cet album à ne pas manquer.
Les Coeurs solitaires
La première chose que je constate c'est que la collection Expresso n'est vraiment pas à négliger. Un ton et une couleur artistique sont bien présent, ici et ce n'est pas cet album qui me démentira. Cyril Pedrosa nous offre un récit tout en douceur où se mélange poésie, intelligence et subtilité. L'auteur nous conte les mésaventures de Jean-Paul, un célibataire qui, étant étouffé par sa mère et ses amis, décide de prendre le large. J'ai été très touché par cette histoire. Le personnage principal est vraiment attachant et Pedrosa réussi parfaitement à nous faire ressentir la solitude et les doutes de notre héros. En plus de cela, nous avons droit à une galerie de personnages haut en couleur. Les Coeurs Solitaires est un one shot où réalisme et justesse ne sont pas des moindres mots mais aussi où l'humour n'est pas oublié. Le graphisme de l'auteur est vraiment réussi, j'aime beaucoup son coup de crayon qui met bien en valeur les moments de déprimes ainsi que les notes positives du récit. Ce savoir-faire donne beaucoup de crédibilité à cette histoire, ce qui n'est pas pour me déplaire. Cet album est un one-shot de toute beauté et c'est bien évidement à conseiller de toute urgence ! Mon coup de coeur du moment !