J’ai hésité avant d’attribuer une note à cet album, car certains défauts peuvent gêner la lecture.
D’abord c’est parfois difficile à lire : une police de caractère un peu petite, une colorisation assez « effacée » (sorte d’aquarelle jouant sur les nuances de gris surtout, plutôt jolie, mais qui parfois rend trop ternes et obscurs certains passages).
De plus, on est un peu assommé de faits, de noms (j’ai parfois en plus eu du mal à reconnaitre certains personnages, que leurs traits animaliers ne suffisaient pas à distinguer).
Mais voilà, s’il faut réellement prévoir d’investir du temps pour cette lecture – n’espérez pas une lecture détente courte !, je dois reconnaitre que Giffone a rassemblé ici une impressionnante somme de connaissances sur la mafia sicilienne des années 1970-1980. On a l’impression de lire un recueil exhaustif des actions de la pieuvre, l’arbre généalogique très complet de ses ramifications, des diverses familles qui s’étripent, avec au milieu des magistrats, policiers voire hauts dirigeants politiques qui la servent, alors que d’autres la combattent (Nous suivons entre autre le travail de Falcone) – en y laissant toujours leur liberté de mouvement, et souvent leur vie.
Si le sujet vous intéresse, et si vous êtes prêts à y consacrer du temps, cet album vous conviendra. Sinon, les défauts pointés plus haut seront rédhibitoires.
Note réelle 3,5/5.
Nous retrouvons notre tueur dans une nouvelle « série », dans laquelle nous le découvrons presque « fonctionnaire », faisant les sales besognes de l’État – au lieu de le faire pour quelques riches rancuniers. La cause est « officielle », à défaut d’être bonne, mais elle reste cruelle et discrète.
Notre tueur passe encore un temps non négligeable à réfléchir sur sa condition, mais aussi et surtout à livrer sa vision – assez noire et cynique – de la société. Un intello qui s’ignore…
Le dessin de Jacamon est toujours efficace et fluide, même si je trouve que la colorisation est un peu plus passe partout ici, et que j’ai trouvé qu’il abusait parfois de l’effacement des traits (visages éloignés, décors).
Les deux premiers albums sont quand même agréables à lire, c’est relativement rythmé, pour peu qu’on ne soit pas allergique aux longs commentaires du tueur. L’intrigue surfe sur des thèmes actuels (une trame déjà vu dans la série de Canal « Engrenages » (immersion dans une petite ville où politicien local et loubards naviguent de concert)…
Note réelle 3,5/5.
Sans être un inconditionnel de Tezuka, j'ai appris à aimer son œuvre en rentrant petit à petit dedans par le biais de séries plus ciblées pour les adultes comme Barbara, Ayako ou encore L'Histoire des 3 Adolf. Pour autant je n'ai pas eu l'occasion de lire Dororo dont Atsushi Kaneko fait ici l'adaptation, mais après lecture de ce premier tome, j'ai très très envie de le lire pour comparer ! Car là, wow ! j'ai pris une belle claque comme il y avait bien longtemps avec un manga !
Fi de la version traditionnelle de Tezuka se déroulant dans un Japon médiéval, Atsushi Kaneko resitue l'intrigue dans un futur non daté, après une guerre civile dans la ville de Hachisuka. Les robots qui ont servi de chair à canon pullulent et hantent les bas fonds de la ville, devenus inutiles. Les problèmes avec la population locale se font de plus en plus nombreux et la tension monte. C'est dans ces bas fonds que Doro, jeune voleur de rue, se fait attraper en tentant de cambrioler un yakuza. Mauvaise pioche... C'est à ce moment que surgit une créature étonnante qui taille tout le monde en pièce...
Atsushi Kaneko s'était déjà fait remarquer en France avec sa série Soil (un thriller fantastique), sélectionnée à 2 reprise au Festival d'Angoulême et primée en 2012 par le Grand Prix de l'imaginaire. Il a su imposé son style en travaillant seul (et non pas avec moult assistants comme le veut la "tradition" de production de manga au Japon) et en s'inspirant de la BD indépendante américaine et japonaise et des affiches de concert de la scène punk. Il en résulte un graphisme tranché aux lignes puissantes et au noir et blanc très contrasté. Pour la narration, on sent également l'influence du cinéma et des influences de Lynch et de Tarantino (je suis comblé !). Bref, avec un tel curriculum vitae, je m'étonne d'être passé à côté de cette curiosité avant la sortie de cet album ! En tout cas, il nous gâte ici avec un manga nerveux et sans concession qui m'a scotché dès le premier chapitre ! J'ai trouvé certaines planches magnifiques (ce qui est quand même rare pour moi en manga) et la narration maîtrisée a fait que j'ai avalé ce premier tome de bout en bout. Je n'attends maintenant qu'une chose : la suite !!!
Avec cette adaptation de Tezuka, Atsushi Kaneko signe ici le meilleur manga que j'ai lu depuis bien longtemps !
*** Tome 2 ***
Après un premier tome tonitruant, j'avais hâte de découvrir la suite des aventures de notre étrange héroïne.
Atsushi Kaneko garde le rythme soutenu du premier tome, et Hyaku continue de rechercher les personnalités qui lui ont dérobé des parties de son corps. Chaque partie donne lieu à des scènes d'action épique face à des personnages assez hallucinants ! Atsushi Kaneko a le don pour trouver des personnages originaux et aux particularités singulières !
Au delà de ce côté jouissif des scènes d'action qu'il propose, son propos n'en reste pas moins critique sur les travers de nos sociétés et plus particulièrement des "puissants". S'ajoute à cela toute sa réflexion sur la déshumanisation et la quête d'humanité qu'incarne Hyaku, et vous obtenez un savant mélange détonnant.
Côté graphisme, ce coup de patte si spécifique qui fait sa marque de fabrique reste toujours aussi efficace, d'autant que Atsushi Kaneko s'amuse par le biais des pouvoirs de ses personnages qui lui permettent de mettre en scène des décors et des situations grandioses où son noir et blanc très puissant sont véritablement bien exploités et mis en valeur.
Cette adaptation de TEzuka est donc pour l'instant une très grande réussite à mes yeux et je me languis de lire la suite !
J'ai découvert Axel avec Une femme fidèle parue très récemment.
A la lecture de ce dernier, j'ai eu envie de connaitre les autres livres d'Axel, un auteur assez surprenant. Certains m'ont conseillé La Tentation, et j'avoue de pas avoir été déçu par ce choix judicieux.
On a pour habitude d'associer la bd porno à des pochades (comme le tout récent "Clémentine à la plage" d'Igor et Boccère), ou encore à des histoires courtes humoristiques ( la série des "Giovanna"), voire des adaptions de romans ou nouvelles (La Pharmacienne d'Igor & Boccère, ou Les 110 Pilules de Magnus), mais là, Axel arrive à nous livrer une histoire plausible, avec des personnages qui sont très éloignés des bimbos ou des Apollons .
C'est ce côté réaliste qui donne à cette histoire le rang d'une véritable scène de la vie conjugale. Les personnages sont crédibles, on ressent même une certaine empathie avec ce couple de cinquantenaire, qui part à la dérive suite à des jeux érotiques dangereux.
Outre les scènes de sexe très crues et très explicites, mais nullement gratuites, Axel a un véritable don pour camper une atmosphère. On sent le soleil, la mer et la chaleur à travers les pages. Son dessin est vraiment lumineux sur cet opus.
J'ai lu ces 64 pages avec délectation, regrettant juste que la fin de l'album n'appelle pas un tome 2, tant le lecteur est plongé dans la vie de ce couple, Gérard et Françoise.
Une bande dessinée de cul émouvante, touchante, ce qui n'est pas donné à tous les livres du genre dite pour adultes.
Une des meilleures bd porno que j'ai lu depuis pas mal de temps
Le début de l'ère Jim Lee qui a énormément dépoussiéré les X-Men et a contribué à en faire les héros les plus populaires de leur époque.
La transition s'effectue en douceur car Claremont est au scénario des 3 premiers numéros (qui traitent de Magneto et de son retour du côté des "méchants" en quelque sorte).
Certains passages sont un peu compliqués à suivre car dépendant d'autres séries (les X-Men s'étant scindés en 2 équipes distinctes (et séries) par souci de lisibilité).
Toutefois, l'ensemble tient bien la route et c'est du X-Men pur jus, classique, des années 90.
Et ça a contribué à amener certains grands actes de la saga des mutants (Onslaught notamment).
Au dessin, si Jim Lee a un style qui est parfois un peu trop uniforme, ici il y a tout de même de très belles planches et le design des personnages est très réussi... tout est bien lisible et c'est agréable à parcourir.
Bref, du tout bon, je valide!
Disons-le tout de suite : je n'aime pas le trait de Squarzoni. Son style correspond très bien au genre du documentaire, mais il est facilement possible de confondre les têtes de ses personnages, et l'ensemble est souvent assez froid et distant. C'est un genre qui arrive très bien à fonctionner pour le documentaire, mais qui est parfois lourd dans sa mise en place. Notamment ici avec quelques pages qui se lisent comme une seule page, les cases formant un tout continu entre la page de gauche et celle de droite, mais pas tout le temps. C'est perturbant, surtout dans les premiers volumes, mais on finit par s'y faire.
Si je souligne cela, c'est que c'est pratiquement le seul point de reproches que je peux faire à cette BD. Je ne connaissais ni le roman d'origine ni la série qui en a découlé, mais Squarzoni transporte très bien l'histoire sur papier. A travers les yeux de la police criminelle, c'est toute une ville de pauvreté, de misère et de drogues qui se déroule devant nous. Le tableau est saisissant, entrecoupés de nombreux moments d'explications sur la façon dont travail la police criminelle ainsi que tout les outils qu'elle a à sa disposition. Un constat accablant, entre manque de moyens humains et techniques, manque de temps, manque de preuves. C'est aussi un constat d'échec des pouvoirs publics sur une ville rongé par la drogue et la misère humaine. De nombreux moments font ressortir toute la noirceur que cette misère engendre, et plusieurs fois c'est pathétique sur le plan humain.
Parce que oui, il faut s'accrocher sur la lecture de cette BD. Déjà parce qu'il y a du texte, beaucoup de textes, et une flopée de personnages. Mais aussi parce que ça parle de crimes, et que c'est réellement dur parfois. L'humanité peut aller loin dans la connerie.
C'est une série réellement bien faite, que je recommanderais à la lecture. J'attends de découvrir le dernier volume avec impatience, mais je peux déjà dire que j'ai apprécié ce point de vue plus réaliste sur la conduite de la police criminelle. A ne pas lire n'importe quand, mais conseillée quand même !
Ce nouvel album de David Périmony fait écho à Billy symphony (également paru chez les Editions de la Gouttière) mais se lit indépendamment.
On retrouve le même genre d’aventure poétique teintée d’amour pour la musique. L’histoire peut être lue par les adultes, mais s’adresse surtout aux enfants : la narration est muette et linéaire, les déboires de notre oiseau aventurier sont relativement simples mais permettent cependant d’aborder des thèmes intéressants avec les plus jeunes (bienveillance, intolérance).
Et puis la mise en image est absolument somptueuse. Le trait tout en rondeur rappelle bien entendu les premier Disney, la colorisation (au fusain ?) est magnifique, et les pleines pages sont un délice pour les yeux. Certaines trouvailles graphiques (la chute de l’oiseau dans l’eau, la construction du nid) sont vraiment réussies.
Une véritable bouffée d’air frais, et un album que je vous invite à découvrir.
J'avais déjà lu Kersten, médecin d'Himmler chez Glénat, qui racontait déjà l'histoire d'un homme de l'ombre de la seconde guerre mondial. Un personnage qui a gravité dans l'entourage du 3e Reich, sans être lui-même accusé d'avoir collaboré avec le régime Nazi.
Il en va de même avec cette remarquable histoire en 2 tomes parus chez Glénat qui n'avait pas fait l'objet de critiques jusqu'à ce jour.
Après la première guerre mondiale, l'Allemagne est à genoux économiquement. Le traité de Versailles lui impose en effet de payer aux alliés des dommages de guerre conséquents, qui empêchent tout redémarrage économique.
Le régime Nazi, dont on connait aujourd'hui les funestes projets, souhaite desserrer ce carcan économique, sans trop alerter les puissances alliées sur son funeste projet. Pour ce faire, il va alors solliciter un de ses plus brillants économistes, Président de la Deutsche Bank, pour négocier avec les puissances alliées un allégement de ces contraintes. C'est ce qu'il parviendra à faire, sans éveiller les soupçons grâce à ses talents d'économistes et de négociateur.
De ce fait ce sympathisant du régime Nazi resté dans l'ombre va contribuer bien malgré lui au financement de l'effort de guerre Nazi, et donc à la mise en place de la "solution finale". Certes il ne cautionnera jamais les atrocités du régime et s'en écartera progressivement jusqu'à être démis de ses fonctions de grand argentier du Reich. Il n'en demeure pas moins qu'il sera malgré tout jugé et acquitté à Nuremberg.
Dans 2 tomes de plus de 100 pages, les auteurs nous retracent dans un récit de style très classique cette passionnante histoire qui ravira les amateurs du genre. Le dessin, très classique lui aussi, renvoie à un style très en vogue dans la BD Franco-Belge des années 50/60. Le trait est précis, mais un peu figé comme pouvait l'être celui d'un Jacques Martin ou d'un Gilles Chaillet.
Néanmoins, cela ne lui en rien au plaisir de la lecture de cette ouvre qui reste une vraie réussite.
Voilà une série qui change effectivement de l'ordinaire et qui allie un dessin de qualité à un scénario original.
L'histoire se déroule dans un cadre qui fait furieusement penser à l'ex RDA et RFA ; c'est dans ce contexte de "Guerre Froide" entre l'Ostania et Westalis que le meilleur espion de Westalis est chargé de se créer une nouvelle identité pour approcher Donovan Desmond, un politicien extrémiste de l'Ostania qui risque de conduire les deux pays à la guerre. Pour se faire, ce solitaire endurci va devoir se "fabriquer" une famille et ainsi pouvoir inscrire leur enfant à la prestigieuse école Eden que le fils de Desmond fréquente.
Les péripéties pour trouver les membres de cette famille fictive sont déjà drôles, mais quand on découvre que la parfaite jeune épouse qu'il s'est trouvée est en fait une tueuse à gage et qu'Anya, la petite fille modèle qu'ils ont adoptée est elle capable de lire les pensées des gens, on se dit que ça sent bon l'épique et l'humoristique.
Voilà donc déjà un trio atypique, mais le plus drôle dans l'histoire c'est que chacun pense avoir gardé ses petits secrets et ses missions pour lui. Sauf que bien sûr avec une petite fille capable de lire dans les pensées, ça se complique... Mais malgré ces "parents" un peu spéciaux, Anya compte bien vivre dans une famille "normale", même si elle sait très bien que sa mère est une tueuse et son père un espion. Les situations cocasses ne manquent pas, l'action non plus, et le dessin efficace de Tatsuya Endo nous assure une lecture des plus agréables.
Après 3 tomes engloutis rapidement, j'ai pris un réel plaisir à découvrir ces personnages originaux et j'attends la suite avec impatience !
J'ai commencé à l'envers par lire le hors série 'Le Bestiaire extraordinaire', un album au format à l'italienne. Avant cela je ne savais pas qu'il y avait une série principale et ne connaissais pas non plus la chaine YouTube. On découvre de petites histoires insolites sur différents animaux et notamment leurs façons de s'accoupler parfois extrêmes qui conduisent bien souvent les mâles à mourir une fois l'acte effectué. Il en va ainsi de la baudroie des abysses qui vit dans l'obscurité des profondeurs, du faux bourdon et d'autres. L'histoire sur la fourmi qui se fait coloniser le système nerveux par un champignon qui vient la téléguider est trop drôle. Globalement tout l'album est plein d'humour, le dessin de Salch est également de bon niveau. Bref on apprend des choses et on se marre bien.
J'ai poursuivi avec le premier tome de la série. Cette fois c'est un collectif d'auteurs et pas des moindres qui s'emparent tour à tour d'histoires extraordinaires et pas seulement orienté sur les animaux comme le hors série. Même s'il y a une histoire sur le poulet sans tête qui vivait encore et devint une attraction de foire, on a d'autres sujets tel que le turc mécanique. Globalement j'ai trouvé cela un peu moins drôle que le hors-série mais l'humour est bien présent, par exemple sur celle illustrée par Marion Montaigne. Enrichissant et agréable à lire.
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La Pieuvre - Quatorze ans de lutte contre la Mafia
J’ai hésité avant d’attribuer une note à cet album, car certains défauts peuvent gêner la lecture. D’abord c’est parfois difficile à lire : une police de caractère un peu petite, une colorisation assez « effacée » (sorte d’aquarelle jouant sur les nuances de gris surtout, plutôt jolie, mais qui parfois rend trop ternes et obscurs certains passages). De plus, on est un peu assommé de faits, de noms (j’ai parfois en plus eu du mal à reconnaitre certains personnages, que leurs traits animaliers ne suffisaient pas à distinguer). Mais voilà, s’il faut réellement prévoir d’investir du temps pour cette lecture – n’espérez pas une lecture détente courte !, je dois reconnaitre que Giffone a rassemblé ici une impressionnante somme de connaissances sur la mafia sicilienne des années 1970-1980. On a l’impression de lire un recueil exhaustif des actions de la pieuvre, l’arbre généalogique très complet de ses ramifications, des diverses familles qui s’étripent, avec au milieu des magistrats, policiers voire hauts dirigeants politiques qui la servent, alors que d’autres la combattent (Nous suivons entre autre le travail de Falcone) – en y laissant toujours leur liberté de mouvement, et souvent leur vie. Si le sujet vous intéresse, et si vous êtes prêts à y consacrer du temps, cet album vous conviendra. Sinon, les défauts pointés plus haut seront rédhibitoires. Note réelle 3,5/5.
Le Tueur - Affaires d'Etat
Nous retrouvons notre tueur dans une nouvelle « série », dans laquelle nous le découvrons presque « fonctionnaire », faisant les sales besognes de l’État – au lieu de le faire pour quelques riches rancuniers. La cause est « officielle », à défaut d’être bonne, mais elle reste cruelle et discrète. Notre tueur passe encore un temps non négligeable à réfléchir sur sa condition, mais aussi et surtout à livrer sa vision – assez noire et cynique – de la société. Un intello qui s’ignore… Le dessin de Jacamon est toujours efficace et fluide, même si je trouve que la colorisation est un peu plus passe partout ici, et que j’ai trouvé qu’il abusait parfois de l’effacement des traits (visages éloignés, décors). Les deux premiers albums sont quand même agréables à lire, c’est relativement rythmé, pour peu qu’on ne soit pas allergique aux longs commentaires du tueur. L’intrigue surfe sur des thèmes actuels (une trame déjà vu dans la série de Canal « Engrenages » (immersion dans une petite ville où politicien local et loubards naviguent de concert)… Note réelle 3,5/5.
Search and destroy
Sans être un inconditionnel de Tezuka, j'ai appris à aimer son œuvre en rentrant petit à petit dedans par le biais de séries plus ciblées pour les adultes comme Barbara, Ayako ou encore L'Histoire des 3 Adolf. Pour autant je n'ai pas eu l'occasion de lire Dororo dont Atsushi Kaneko fait ici l'adaptation, mais après lecture de ce premier tome, j'ai très très envie de le lire pour comparer ! Car là, wow ! j'ai pris une belle claque comme il y avait bien longtemps avec un manga ! Fi de la version traditionnelle de Tezuka se déroulant dans un Japon médiéval, Atsushi Kaneko resitue l'intrigue dans un futur non daté, après une guerre civile dans la ville de Hachisuka. Les robots qui ont servi de chair à canon pullulent et hantent les bas fonds de la ville, devenus inutiles. Les problèmes avec la population locale se font de plus en plus nombreux et la tension monte. C'est dans ces bas fonds que Doro, jeune voleur de rue, se fait attraper en tentant de cambrioler un yakuza. Mauvaise pioche... C'est à ce moment que surgit une créature étonnante qui taille tout le monde en pièce... Atsushi Kaneko s'était déjà fait remarquer en France avec sa série Soil (un thriller fantastique), sélectionnée à 2 reprise au Festival d'Angoulême et primée en 2012 par le Grand Prix de l'imaginaire. Il a su imposé son style en travaillant seul (et non pas avec moult assistants comme le veut la "tradition" de production de manga au Japon) et en s'inspirant de la BD indépendante américaine et japonaise et des affiches de concert de la scène punk. Il en résulte un graphisme tranché aux lignes puissantes et au noir et blanc très contrasté. Pour la narration, on sent également l'influence du cinéma et des influences de Lynch et de Tarantino (je suis comblé !). Bref, avec un tel curriculum vitae, je m'étonne d'être passé à côté de cette curiosité avant la sortie de cet album ! En tout cas, il nous gâte ici avec un manga nerveux et sans concession qui m'a scotché dès le premier chapitre ! J'ai trouvé certaines planches magnifiques (ce qui est quand même rare pour moi en manga) et la narration maîtrisée a fait que j'ai avalé ce premier tome de bout en bout. Je n'attends maintenant qu'une chose : la suite !!! Avec cette adaptation de Tezuka, Atsushi Kaneko signe ici le meilleur manga que j'ai lu depuis bien longtemps ! *** Tome 2 *** Après un premier tome tonitruant, j'avais hâte de découvrir la suite des aventures de notre étrange héroïne. Atsushi Kaneko garde le rythme soutenu du premier tome, et Hyaku continue de rechercher les personnalités qui lui ont dérobé des parties de son corps. Chaque partie donne lieu à des scènes d'action épique face à des personnages assez hallucinants ! Atsushi Kaneko a le don pour trouver des personnages originaux et aux particularités singulières ! Au delà de ce côté jouissif des scènes d'action qu'il propose, son propos n'en reste pas moins critique sur les travers de nos sociétés et plus particulièrement des "puissants". S'ajoute à cela toute sa réflexion sur la déshumanisation et la quête d'humanité qu'incarne Hyaku, et vous obtenez un savant mélange détonnant. Côté graphisme, ce coup de patte si spécifique qui fait sa marque de fabrique reste toujours aussi efficace, d'autant que Atsushi Kaneko s'amuse par le biais des pouvoirs de ses personnages qui lui permettent de mettre en scène des décors et des situations grandioses où son noir et blanc très puissant sont véritablement bien exploités et mis en valeur. Cette adaptation de TEzuka est donc pour l'instant une très grande réussite à mes yeux et je me languis de lire la suite !
La Tentation (Dynamite)
J'ai découvert Axel avec Une femme fidèle parue très récemment. A la lecture de ce dernier, j'ai eu envie de connaitre les autres livres d'Axel, un auteur assez surprenant. Certains m'ont conseillé La Tentation, et j'avoue de pas avoir été déçu par ce choix judicieux. On a pour habitude d'associer la bd porno à des pochades (comme le tout récent "Clémentine à la plage" d'Igor et Boccère), ou encore à des histoires courtes humoristiques ( la série des "Giovanna"), voire des adaptions de romans ou nouvelles (La Pharmacienne d'Igor & Boccère, ou Les 110 Pilules de Magnus), mais là, Axel arrive à nous livrer une histoire plausible, avec des personnages qui sont très éloignés des bimbos ou des Apollons . C'est ce côté réaliste qui donne à cette histoire le rang d'une véritable scène de la vie conjugale. Les personnages sont crédibles, on ressent même une certaine empathie avec ce couple de cinquantenaire, qui part à la dérive suite à des jeux érotiques dangereux. Outre les scènes de sexe très crues et très explicites, mais nullement gratuites, Axel a un véritable don pour camper une atmosphère. On sent le soleil, la mer et la chaleur à travers les pages. Son dessin est vraiment lumineux sur cet opus. J'ai lu ces 64 pages avec délectation, regrettant juste que la fin de l'album n'appelle pas un tome 2, tant le lecteur est plongé dans la vie de ce couple, Gérard et Françoise. Une bande dessinée de cul émouvante, touchante, ce qui n'est pas donné à tous les livres du genre dite pour adultes. Une des meilleures bd porno que j'ai lu depuis pas mal de temps
X-Men - Genèse Mutante
Le début de l'ère Jim Lee qui a énormément dépoussiéré les X-Men et a contribué à en faire les héros les plus populaires de leur époque. La transition s'effectue en douceur car Claremont est au scénario des 3 premiers numéros (qui traitent de Magneto et de son retour du côté des "méchants" en quelque sorte). Certains passages sont un peu compliqués à suivre car dépendant d'autres séries (les X-Men s'étant scindés en 2 équipes distinctes (et séries) par souci de lisibilité). Toutefois, l'ensemble tient bien la route et c'est du X-Men pur jus, classique, des années 90. Et ça a contribué à amener certains grands actes de la saga des mutants (Onslaught notamment). Au dessin, si Jim Lee a un style qui est parfois un peu trop uniforme, ici il y a tout de même de très belles planches et le design des personnages est très réussi... tout est bien lisible et c'est agréable à parcourir. Bref, du tout bon, je valide!
Homicide - Une année dans les rues de Baltimore
Disons-le tout de suite : je n'aime pas le trait de Squarzoni. Son style correspond très bien au genre du documentaire, mais il est facilement possible de confondre les têtes de ses personnages, et l'ensemble est souvent assez froid et distant. C'est un genre qui arrive très bien à fonctionner pour le documentaire, mais qui est parfois lourd dans sa mise en place. Notamment ici avec quelques pages qui se lisent comme une seule page, les cases formant un tout continu entre la page de gauche et celle de droite, mais pas tout le temps. C'est perturbant, surtout dans les premiers volumes, mais on finit par s'y faire. Si je souligne cela, c'est que c'est pratiquement le seul point de reproches que je peux faire à cette BD. Je ne connaissais ni le roman d'origine ni la série qui en a découlé, mais Squarzoni transporte très bien l'histoire sur papier. A travers les yeux de la police criminelle, c'est toute une ville de pauvreté, de misère et de drogues qui se déroule devant nous. Le tableau est saisissant, entrecoupés de nombreux moments d'explications sur la façon dont travail la police criminelle ainsi que tout les outils qu'elle a à sa disposition. Un constat accablant, entre manque de moyens humains et techniques, manque de temps, manque de preuves. C'est aussi un constat d'échec des pouvoirs publics sur une ville rongé par la drogue et la misère humaine. De nombreux moments font ressortir toute la noirceur que cette misère engendre, et plusieurs fois c'est pathétique sur le plan humain. Parce que oui, il faut s'accrocher sur la lecture de cette BD. Déjà parce qu'il y a du texte, beaucoup de textes, et une flopée de personnages. Mais aussi parce que ça parle de crimes, et que c'est réellement dur parfois. L'humanité peut aller loin dans la connerie. C'est une série réellement bien faite, que je recommanderais à la lecture. J'attends de découvrir le dernier volume avec impatience, mais je peux déjà dire que j'ai apprécié ce point de vue plus réaliste sur la conduite de la police criminelle. A ne pas lire n'importe quand, mais conseillée quand même !
Birdy Melody
Ce nouvel album de David Périmony fait écho à Billy symphony (également paru chez les Editions de la Gouttière) mais se lit indépendamment. On retrouve le même genre d’aventure poétique teintée d’amour pour la musique. L’histoire peut être lue par les adultes, mais s’adresse surtout aux enfants : la narration est muette et linéaire, les déboires de notre oiseau aventurier sont relativement simples mais permettent cependant d’aborder des thèmes intéressants avec les plus jeunes (bienveillance, intolérance). Et puis la mise en image est absolument somptueuse. Le trait tout en rondeur rappelle bien entendu les premier Disney, la colorisation (au fusain ?) est magnifique, et les pleines pages sont un délice pour les yeux. Certaines trouvailles graphiques (la chute de l’oiseau dans l’eau, la construction du nid) sont vraiment réussies. Une véritable bouffée d’air frais, et un album que je vous invite à découvrir.
Le Banquier du Reich
J'avais déjà lu Kersten, médecin d'Himmler chez Glénat, qui racontait déjà l'histoire d'un homme de l'ombre de la seconde guerre mondial. Un personnage qui a gravité dans l'entourage du 3e Reich, sans être lui-même accusé d'avoir collaboré avec le régime Nazi. Il en va de même avec cette remarquable histoire en 2 tomes parus chez Glénat qui n'avait pas fait l'objet de critiques jusqu'à ce jour. Après la première guerre mondiale, l'Allemagne est à genoux économiquement. Le traité de Versailles lui impose en effet de payer aux alliés des dommages de guerre conséquents, qui empêchent tout redémarrage économique. Le régime Nazi, dont on connait aujourd'hui les funestes projets, souhaite desserrer ce carcan économique, sans trop alerter les puissances alliées sur son funeste projet. Pour ce faire, il va alors solliciter un de ses plus brillants économistes, Président de la Deutsche Bank, pour négocier avec les puissances alliées un allégement de ces contraintes. C'est ce qu'il parviendra à faire, sans éveiller les soupçons grâce à ses talents d'économistes et de négociateur. De ce fait ce sympathisant du régime Nazi resté dans l'ombre va contribuer bien malgré lui au financement de l'effort de guerre Nazi, et donc à la mise en place de la "solution finale". Certes il ne cautionnera jamais les atrocités du régime et s'en écartera progressivement jusqu'à être démis de ses fonctions de grand argentier du Reich. Il n'en demeure pas moins qu'il sera malgré tout jugé et acquitté à Nuremberg. Dans 2 tomes de plus de 100 pages, les auteurs nous retracent dans un récit de style très classique cette passionnante histoire qui ravira les amateurs du genre. Le dessin, très classique lui aussi, renvoie à un style très en vogue dans la BD Franco-Belge des années 50/60. Le trait est précis, mais un peu figé comme pouvait l'être celui d'un Jacques Martin ou d'un Gilles Chaillet. Néanmoins, cela ne lui en rien au plaisir de la lecture de cette ouvre qui reste une vraie réussite.
Spy x Family
Voilà une série qui change effectivement de l'ordinaire et qui allie un dessin de qualité à un scénario original. L'histoire se déroule dans un cadre qui fait furieusement penser à l'ex RDA et RFA ; c'est dans ce contexte de "Guerre Froide" entre l'Ostania et Westalis que le meilleur espion de Westalis est chargé de se créer une nouvelle identité pour approcher Donovan Desmond, un politicien extrémiste de l'Ostania qui risque de conduire les deux pays à la guerre. Pour se faire, ce solitaire endurci va devoir se "fabriquer" une famille et ainsi pouvoir inscrire leur enfant à la prestigieuse école Eden que le fils de Desmond fréquente. Les péripéties pour trouver les membres de cette famille fictive sont déjà drôles, mais quand on découvre que la parfaite jeune épouse qu'il s'est trouvée est en fait une tueuse à gage et qu'Anya, la petite fille modèle qu'ils ont adoptée est elle capable de lire les pensées des gens, on se dit que ça sent bon l'épique et l'humoristique. Voilà donc déjà un trio atypique, mais le plus drôle dans l'histoire c'est que chacun pense avoir gardé ses petits secrets et ses missions pour lui. Sauf que bien sûr avec une petite fille capable de lire dans les pensées, ça se complique... Mais malgré ces "parents" un peu spéciaux, Anya compte bien vivre dans une famille "normale", même si elle sait très bien que sa mère est une tueuse et son père un espion. Les situations cocasses ne manquent pas, l'action non plus, et le dessin efficace de Tatsuya Endo nous assure une lecture des plus agréables. Après 3 tomes engloutis rapidement, j'ai pris un réel plaisir à découvrir ces personnages originaux et j'attends la suite avec impatience !
Axolot
J'ai commencé à l'envers par lire le hors série 'Le Bestiaire extraordinaire', un album au format à l'italienne. Avant cela je ne savais pas qu'il y avait une série principale et ne connaissais pas non plus la chaine YouTube. On découvre de petites histoires insolites sur différents animaux et notamment leurs façons de s'accoupler parfois extrêmes qui conduisent bien souvent les mâles à mourir une fois l'acte effectué. Il en va ainsi de la baudroie des abysses qui vit dans l'obscurité des profondeurs, du faux bourdon et d'autres. L'histoire sur la fourmi qui se fait coloniser le système nerveux par un champignon qui vient la téléguider est trop drôle. Globalement tout l'album est plein d'humour, le dessin de Salch est également de bon niveau. Bref on apprend des choses et on se marre bien. J'ai poursuivi avec le premier tome de la série. Cette fois c'est un collectif d'auteurs et pas des moindres qui s'emparent tour à tour d'histoires extraordinaires et pas seulement orienté sur les animaux comme le hors série. Même s'il y a une histoire sur le poulet sans tête qui vivait encore et devint une attraction de foire, on a d'autres sujets tel que le turc mécanique. Globalement j'ai trouvé cela un peu moins drôle que le hors-série mais l'humour est bien présent, par exemple sur celle illustrée par Marion Montaigne. Enrichissant et agréable à lire.