Cet album est la transposition d'un roman, qu'elle m'a donné envie de lire une fois l'album refermé. Peut-être aurai-je le même coup de coeur qu'à la lecture de la BD, si celle-ci est fidèle à l'esprit du livre.
Le sujet pourrait pourtant être noir et désespérant, car c'est un portrait sans la moindre concession de la condition féminine au Maroc - mais qui pourrait se passer dans de nombreux autres pays: absences de droits, violence, prostitution, patriarcat rétrograde, religion oppressante...
Mais l'incroyable énergie de Jbara emporte tout: son récit raconté d'un ton direct, la simplicité sans fard de ses "confidences" qu'elle fait régulièrement à Allah, sa liberté et son optimisme font qu'elle arrive pourtant à tracer son destin sans fausse honte ou pudeur et que dans une vie où elle fait peu de belles rencontres, elle arrive à s'appuyer sur celles-ci pour se trouver elle-même. C'est une belle leçon de vie que donne cette jeune femme dont on pourrait penser si souvent qu'elle pourrait baisser les bras, mais refuse de se laisser briser ou enfermer.
Le trait de la dessinatrice est à la fois précis et vivant, expressif et tout sauf statique : elle fait très bien ressortir des sensations très différentes selon les moments entre colère et révolte mais aussi douceur, tendresse ou sensualité... La mise en page et les cadrages sont presque cinématographiques et la mise en couleur (également par Marie Avril, qui remercie Rozenn) sont très réussies.
Adaptation clairement réussie (lecture 1ère édition)
Le dessin tout d'abord. L'importance du soleil écrasant n'est pas mis de côté et la représentation est excellente. Plus particulièrement, il y a 2 scènes qui sont essentiellement attendues par le lecteur ayant lu le roman. La scène de la plage est une merveille de représentation : 4 planches muettes tabassent M. Meursault de coups de soleil, avec un découpage qui l'oppresse et le pousse jusqu'à l'acte. Cela peut tomber sous le sens, mais le fait de ne pas avoir écrit de narration descriptive était la meilleure solution. Autre scène que je trouvais importante dans le même thème est celle du corbillard. J'en suis moins friand, elle passe plus inaperçue par rapport à mon souvenir du roman. M. Meursault est très sensible à ce qui l'entoure, et l'auteur le traduit par une mise en image sous silence : quand il regarde les gens par la fenêtre, lorsqu'il est avec Marie, lorsqu'il entre dans la pièce de Raymond Sintès, les deux scènes décrites plus haut... C'est fabuleux de réussir à traduire les pensées écrites vers une mise en image. Pour moi, Jacques Ferrandez parvient à éviter le premier grand piège comme un chef.
Second piège, le texte. Si ma mémoire est bonne, tout le texte paraît reprendre mot pour mot celui du roman. C'était le meilleur choix à faire. Albert Camus a créé un nouveau genre littéraire, c'est quand même pas rien! Alors pas question de dénaturer le maître. Avec humilité bienvenue et salvatrice, Ferrandez rend à César ce qui est à César.
Troisième piège, M. Meursault. Il est sensuel je l'ai dit, mais bien étranger à plusieurs égards : français en Algérie, pas d'appartenance à un groupe social, il nous paraît comme un inconnu dont on ne connait même pas le prénom, indifférent dans toutes ses relations affectives. Et là encore, c'est la mise en image qui fait parfaitement bien le boulot pour tirer l'essence du roman. Ses émotions sont rarement exprimées. On voit bien quand il ne comprend pas le monde qui l'entoure. Inversement, on se tue en cherchant à le comprendre. Et boum, voilà la fin ! Si on ne le comprend toujours pas, lui peut scander ses propres convictions et faire triompher sa philosophie face à toutes ces péripéties.
Le culte est peut-être réservé par Camus, mais Jacques Ferrandez mérite tous les honneurs pour avoir réussi à adapter un récit sous haute surveillance, en ayant su utiliser les codes de la BD. Cette dernière sera une excellente alternative à celui ou celle qui ne serait pas tenté(e) par le bouquin originel. Si vous avez déjà lu le roman, allez-y quand même et voyez comme la BD sait apporter un nouveau souffle!
Qu’il est bon de fouiner sur ce site ! Le Désespoir du Singe est un drame romantique. Pas vraiment mon genre à la base sauf que la BD n’en finit pas de surprendre : le décor est parfaitement planté, le ton du récit m’attire beaucoup, le casting est très intéressant et le scénario nous emporte jusqu’à la fin !
Au départ, ce sont les dessins qui m’ont interpellé et cela m’a suffi pour emprunter le triptyque. Je trouvais les couleurs magnifiques, chaudes ou froides. Dès les premières pages, j’ai tout de suite accroché à l’ambiance. On se trouve dans la 1ère moitié du XXème siècle, au cœur d’une société russisante. L’ensemble dégage un soupçon de monde imaginaire, renforcée par les formes du trait et appuyée par cette milice de terreur aux origines inconnues. Le décor et le trait des maisons alambiquées me rappellent un peu Masbou, mais ma mémoire flanche peut-être. Les mouvements sont dynamiques, bref ça m’a été très agréable de parcourir cette histoire par l’image.
Et puis, il y a les personnages. Voilà qui me convient, dans la forme comme dans le fond ! Les auteurs ont apporté chez eux comme une « psychologie littéraire russe ». Si j’essayais de dresser un portrait d’ensemble, le voici : des individus foncièrement vivants, empreints à la folie en raison d’une passion obsessionnelle, forts et prêts à tout pour aller jusqu’au bout de leurs idées, quitte à ne plus y voir la moindre morale. Toute l’ambiguïté et la nuance résident sur les relations amoureuses qui sont irrésistiblement mystérieuses, paradoxales, compliquées, impossibles.
Ah « foutre-merde » ! Voilà qui donne envie de découvrir la Russie pour déceler le vrai du faux !
L’histoire en elle-même est un vrai bonheur. Les auteurs commencent par nous présenter efficacement les protagonistes, le contexte et ce qui tisse le lien entre eux. Aussi on comprend vite que l’environnement gronde et risque de briser le fragile équilibre de paix, qu’il soit au niveau de la société comme au niveau des relations individuelles. Les différentes intrigues sont toutes bien dosées, interdépendantes et suivent le même rythme. Et puis le ton donné est multiple, il y a beaucoup de polyvalence : humour raffiné ou loufoque, romance (sans eau de rose), noirceur, violence, action pure (le train).
Je mets ma pierre à l’édifice pour mettre en avant cette série, dont je vous conseille clairement la lecture. La plupart des lecteurs s’habituera aux dessins.
Voilà une BD qu'il m'est difficile de noter...
J'ai pris grand plaisir à la lire, grâce à la qualité des dialogues, bien écrits, de la narration, parfaitement fluide, et du dessin. C'est peut-être ce dernier point qui m'a le plus séduite, l'aspect cartoon des personnages qui se détachent sur des décors représentés dans un style plus traditionnel. À cela s'ajoutent les couleurs assez sombres qui retranscrivent à merveille l'ambiance de la ville de New York de l'époque, tout du moins telle que je l'imagine. J'ai de plus énormément aimé le soin apporté aux scènes de rue qui fourmillent de personnages et apportent de la vie à l'ensemble.
Si la réalisation de l'album est impeccable, c'est l'histoire que j'ai plus de mal à juger. Je ne connaissais pas du tout cette nouvelle de Melville - pas même son existence -, j'ai donc découvert l'histoire en lisant l'album. J'ai bien aimé le principe de départ, l'arrivée du personnage de Bartleby dans le cabinet notarial, sorte de grain de sable qui vient enrayer un système bien huilé. En s'opposant aux ordres de manière aussi paisible qu'inattendue, il provoque l'étonnement de son supérieur qui, pris de court, ne sait pas comment réagir et ne parvient pas à imposer son autorité.
Si j'ai aimé ce point de départ, j'ai trouvé le personnage de Bartleby un peu trop apathique à mon goût. Dans sa représentation, il évoque moins le doux rêveur que je pensais rencontrer qu'un jeune homme vaguement dépressif. Son immobilisme, s'il a le mérite de s'élever contre l'ordre établi, parait finalement un peu vain, et n'inspire ni vraiment la sympathie, ni l'envie de suivre son exemple. Peut-être n'était-ce finalement pas le propos, mais ce qui m'embête justement c'est le sentiment d'avoir manqué une partie du message véhiculé par l'album.
En conclusion, c'est un album original, qui mérite d'être lu ne serait-ce que pour découvrir par ce biais la nouvelle de Melville (nouvelle que j'aimerais maintenant lire), qui amène à la réflexion mais dont j'ai le sentiment que la portée m'échappe. Pour la qualité générale de l'album, et parce que je le relirai sûrement avec plaisir, je lui accorde un 4, même si j'en attendais plus au niveau du questionnement qu'il pose (note réelle : 3,5).
C'est une histoire de gangsters et de troisième âge. Le héros éponyme, Vadim, est un retraité de la Légion Etrangère, un gars costaud qui a certes appris à se battre et à tuer mais qui est désormais arthritique, solitaire, et a l'esprit occupé par la seule pensée de faire en sorte que son petit-fils, orphelin de sa mère, puisse vivre heureux malgré un père que Vadim déteste. Jusqu'au jour où il se retrouve sans le sou suite à une escroquerie et où il doit remettre le pied à l'étrier. Ca rappelle un peu l'intrigue d'un film comme Red par exemple, sauf que là le vieux guerrier n'est pas forcément du côté du Bien puisqu'il accepte de bosser pour des malfrats en conflit avec une maffia plus puissante qu'eux. Et qu'il ne pourra compter sur aucun ancien associé mais uniquement sur son instinct de survie et ses articulations douloureuses.
J'ai aimé la densité et la bonne tenue de route de cette intrigue légèrement complexe mais accrocheuse. Le milieu criminel du Sud de la France est rendu de manière crédible et on se prend facilement à choisir son camp entre les moins pourris d'entre eux et d'espérer que le vieux lion solitaire puisse punir les pires des salauds. J'ai aussi aimé la complexité et la profondeur du héros et les quelques moments d'émotions qui se dégagent de ses souvenirs et de l'explication de sa situation actuelle. Ses moments de faiblesse physique ralentissent un peu le rythme et pourraient frustrer légèrement les lecteurs amateurs d'action sans faille mais ils sont réalistes. De manière générale, les personnages de l'intrigue sont bons et intéressants, même les pires d'entre eux. Et le graphisme est de très bonne facture lui aussi, doté d'une bonne dynamique et offrant à chaque protagoniste une vraie personnalité visuelle.
Bref, malgré quelques ralentissements, j'ai accroché et j'ai été très pris par ma lecture, appréciant son semi-réalisme et le côté inattendu et dense de son intrigue et de ses protagonistes.
Il n'y a que la toute fin du récit que j'ai trouvée un peu expédiée et pas forcément très claire. J'ai eu l'impression que les 4 dernières pages auraient pu être développées sur au moins le double pour être plus compréhensibles et plus marquantes. C'est un peu dommage car tout le reste de ce diptyque est très chouette.
Premier Chabouté.
Soyons spontané dans la critique, faisons jaillir notre nature profonde maintenant que Chabouté nous a filé un coup de main.
Qui n'a pas envie de tabasser soi-même Edouard Tolweck? Qui ne jubile pas de le voir prendre cher à répétition? Voilà les questions posées par Chabouté à ses lecteurs (ou peut-être a-t-il simplement voulu se lâcher comme un sauvage!). Et je pense sincèrement qu'il en a piégé plus d'un ! Si un aviseur d'ici explique ne pas avoir ressenti de dégoût ni de plaisir quant à suivre les péripéties de cet idiot exécrable, je ne le croirais pas. Piqué au vif, impossible de rester neutre. Chabouté exorcise notre nature profonde, on oublie notre conscience, on oublie la justice, on se veut héros des victimes, sauf que nous crions à la vengeance, et pourvu qu'elle lui fasse mal.
On ne ressort pas léger de cette lecture, et avec encore un peu de recul, on y repense en se disant que ce gars-là, l'auteur, bah il a réussi son coup. On culpabilise, on s'dit qu'on devrait pas... Mais bordel ça fait du bien !
Cette histoire c'est la bêtise humaine à son paroxysme, celle qui fout tout par terre. Et on n'hésite pas à sélectionner les clichés les plus courants et pousser le curseur à l'extrême pour donner ça : une vermine facho qui bosse à la Sécu, qui tire tout le monde vers le bas, s'embarque bien malgré lui dans l'une des nuits les plus interminables qui soient, face à des gens à l'esprit aussi dégueu que le sien, sinon autrement dégueu. Et si Chabouté laisse place à quelques espoirs sur certaines scènes et certains silences (et casse par cela-même les clichés...), ça n'est que pour confirmer que la violence n'amène à rien. Au contraire: par elle, le vice va plus loin et la connerie des individus s'entérine jusqu'à devenir in-cu-rable. Je meurs d'envie d'apporter plus de commentaires sur l'épilogue et ces quelques cases qui répondent à notre questionnement en offrant une cohérence d'équerre. Précisément, je retrouve tout ce que l'auteur a voulu dire à travers le dernier dessin.
Bouleversé. Emballé comme ça, je me suis forcément dit que le dessin y était pour quelque chose. Voilà une parfaite adéquation avec l'ambiance du récit. Quand l'auteur est scénariste ET dessinateur, ça se sent. Glauque, sale, noir, violent. Si les phylactères sont relativement peu présents, on reste marqué par les propos de cet individu détestable. Et il ne faut pas croire que l'histoire se parcoure si rapidement : et paf le chien, dès le départ j'étais scotché par ces premières planches. Elles ont une puissance et une profondeur. Paradoxalement au scénario (qui joue un peu avec notre répugnance consciente), on peut être amené à contempler ces planches, d'un noir et blanc absolument époustouflant.
Je m'arrêterai là. A travers un enchaînement de "simples" péripéties, Chabouté réussit un coup de maître en explorant de nombreux thèmes et en jouant avec nos émotions comme nul autre. Le noir et blanc de ce dessinateur est à classer parmi les meilleurs. En tout cas il m'a conquis ici. Et n'y voyez pas d'ondes négatives, lâchez vous et gardons en tête que personne n'est impassible, jamais. Devenez le Malin le temps d'une lecture. A posséder sans scrupule !
Je continue de découvrir l'univers de Toppi avec Sharaz-De. Une reprise du conte Les Mille et Une Nuits.
Ma lecture de l'intégrale fut très agréable.
Mosquito nous gratifie d'un bien bel objet, qui a trouvé une bonne place dans ma bibliothèque.
Cet album reprend de nombreuses petites histoires, celles que Sharaz-De conte tous les soirs à son roi pour ne pas finir entre les mains du bourreau au petit matin.
La faible pagination de chaque histoire est un frein, ici, pour y "rentrer" pleinement. Les sujets abordés sont souvent les mêmes : l'amour, le pouvoir, la richesse et la mort. Légèrement redondant.
Au fur et à mesure de ma lecture, je me demande même, qui domine qui.
Côté dessin, c'est une tuerie comme toujours avec Toppi. Un maître du noir et blanc. Son trait fin, précis et hachuré est une merveille.
Le découpage particulier et les nombreuses pleines pages rendent la narration fluide et dynamique. C'est féerique !
Deux histoires sont colorisées dans de très beaux tons mauves, verts et orangés.
Le point fort de cet album.
J'en conseille évidemment la lecture.
Par contre pour découvrir Toppi, je conseille plutôt Tanka.
L'aventurier suédois Harald Haarfager, après un accident d'hélicoptère perd l'usage de ses jambes. Ses deux prothèses métalliques lui interdisant désormais de partir à l'assaut des glaciers et des mers, il se tourne vers une autre forme d'aventure. Il met en commun les talents du physicien français Loïc Mellionnec et de l'informaticienne britannique Leia Lewis pour créer l'agence de recherche Imago Mundi, spécialisée dans la reconstitution en images de synthèse. Les informations rapportées par la sonde laser créée par le jeune Français et traitées à l'aide des programmes de la Britannique permettent de reconstituer la structure des sols afin de mener des recherches et/ou enquêtes à bien.
Un nouveau type d’aventures est désormais possible, une nouvelle forme d’investigation mêlant technologies de pointes, aux mystères les plus insondables de la planète ! Descendre au fond d’un volcan, sonder les abysses, sillonner des cavernes ou des terres inviolables, fouiller les pyramides pour en extraire les derniers secrets … voilà la genèse d’Imago Mundi ! Alors vous en dites quoi du pitch ?
Je suis adepte de la série depuis le début. Les scénarios sont originaux – bravo Monsieur Corbeyran – avec du rythme et du suspens. Il y a un bon équilibre entre les données scientifiques et l’action proprement dite. Cette dualité donne du relief aux histoires.
Le graphisme de Luc Brahy est précis et détaillé. On ne va pas passer par quatre chemins, c’est bien et mes petits yeux ont apprécié.
Une série plutôt palpitante que je recommande vivement. Aucune lassitude tout au long de ces 10 albums. J’ai même plongé avec le même plaisir dans la série dérivée « climax », série lancée en 2008 durant l’année polaire internationale.
Voilà une série très agréable à lire. Vous ne pouvez que vous attacher à James Healer, un blanc adopté par des indiens et devenu shaman. Il sillonne les Etats-Unis et il met ses pouvoirs à disposition de ceux qui le sollicitent.
Tous les ingrédients sont réunis pour que le succès soit au rendez-vous. Les scénarios sont captivants et rythmés avec de nombreux rebondissements, avec du suspens, avec un personnage principal charismatique et avec un graphisme maitrisé, soigné et détaillé. Pour couronner le tout, excellent travail de Sophie Swolfs qui officie aux couleurs. Il est donc dommage que la série se soit arrêtée en 2004. Je relis cette série aujourd’hui avec les mêmes ressentis positifs que ceux perçus il y a presque 20 ans.
Une série à découvrir ou à re découvrir.
Je me suis régalé avec les deux albums de cette série. Vous pouvez y aller sans problème. D’ailleurs je ne comprends pas trop pourquoi si peu d’avis sur les enquêtes de Sam & Twitch, car pour les amateurs de thrillers, franchement les enquêtes de ces deux policiers, ce sont de petits bonbons sucrés qui vous permettront de pourlécher vos babines.
Rien de bien original je l’avoue dans le scénario mais cela se laisse lire aisément. Politique, pots de vins, prostitution, vengeance, argent facile, meurtres, tueurs à gages … tous les ingrédients sont réunis pour que l’histoire soit nauséabonde et gluante. Hummmm.
Bien évidemment Sam et Twitch, les nouveaux Starsky et Hutch incorruptibles de la police de New York mènent l’enquête. Deux personnages attachants et sympathiques. Ce sont eux les gentils. Les autres se sont les méchants !
Le graphisme en noir et blanc est approprié. Cela colle bien aux bas-fonds poisseux de big apple. Ambiance noire et pourrie garantie. Un peu dommage cependant que Photoshop soit utilisé de manière systématique pour tous les décors. Ce coté reportage photo n est pas le plus heureux. Dommage mais pas rédhibitoire.
Quels défauts mais au global très satisfait et si une lecture me comble pleinement je ne peux pas mettre moins de 4 étoiles.
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Confidences à Allah
Cet album est la transposition d'un roman, qu'elle m'a donné envie de lire une fois l'album refermé. Peut-être aurai-je le même coup de coeur qu'à la lecture de la BD, si celle-ci est fidèle à l'esprit du livre. Le sujet pourrait pourtant être noir et désespérant, car c'est un portrait sans la moindre concession de la condition féminine au Maroc - mais qui pourrait se passer dans de nombreux autres pays: absences de droits, violence, prostitution, patriarcat rétrograde, religion oppressante... Mais l'incroyable énergie de Jbara emporte tout: son récit raconté d'un ton direct, la simplicité sans fard de ses "confidences" qu'elle fait régulièrement à Allah, sa liberté et son optimisme font qu'elle arrive pourtant à tracer son destin sans fausse honte ou pudeur et que dans une vie où elle fait peu de belles rencontres, elle arrive à s'appuyer sur celles-ci pour se trouver elle-même. C'est une belle leçon de vie que donne cette jeune femme dont on pourrait penser si souvent qu'elle pourrait baisser les bras, mais refuse de se laisser briser ou enfermer. Le trait de la dessinatrice est à la fois précis et vivant, expressif et tout sauf statique : elle fait très bien ressortir des sensations très différentes selon les moments entre colère et révolte mais aussi douceur, tendresse ou sensualité... La mise en page et les cadrages sont presque cinématographiques et la mise en couleur (également par Marie Avril, qui remercie Rozenn) sont très réussies.
L'Etranger
Adaptation clairement réussie (lecture 1ère édition) Le dessin tout d'abord. L'importance du soleil écrasant n'est pas mis de côté et la représentation est excellente. Plus particulièrement, il y a 2 scènes qui sont essentiellement attendues par le lecteur ayant lu le roman. La scène de la plage est une merveille de représentation : 4 planches muettes tabassent M. Meursault de coups de soleil, avec un découpage qui l'oppresse et le pousse jusqu'à l'acte. Cela peut tomber sous le sens, mais le fait de ne pas avoir écrit de narration descriptive était la meilleure solution. Autre scène que je trouvais importante dans le même thème est celle du corbillard. J'en suis moins friand, elle passe plus inaperçue par rapport à mon souvenir du roman. M. Meursault est très sensible à ce qui l'entoure, et l'auteur le traduit par une mise en image sous silence : quand il regarde les gens par la fenêtre, lorsqu'il est avec Marie, lorsqu'il entre dans la pièce de Raymond Sintès, les deux scènes décrites plus haut... C'est fabuleux de réussir à traduire les pensées écrites vers une mise en image. Pour moi, Jacques Ferrandez parvient à éviter le premier grand piège comme un chef. Second piège, le texte. Si ma mémoire est bonne, tout le texte paraît reprendre mot pour mot celui du roman. C'était le meilleur choix à faire. Albert Camus a créé un nouveau genre littéraire, c'est quand même pas rien! Alors pas question de dénaturer le maître. Avec humilité bienvenue et salvatrice, Ferrandez rend à César ce qui est à César. Troisième piège, M. Meursault. Il est sensuel je l'ai dit, mais bien étranger à plusieurs égards : français en Algérie, pas d'appartenance à un groupe social, il nous paraît comme un inconnu dont on ne connait même pas le prénom, indifférent dans toutes ses relations affectives. Et là encore, c'est la mise en image qui fait parfaitement bien le boulot pour tirer l'essence du roman. Ses émotions sont rarement exprimées. On voit bien quand il ne comprend pas le monde qui l'entoure. Inversement, on se tue en cherchant à le comprendre. Et boum, voilà la fin ! Si on ne le comprend toujours pas, lui peut scander ses propres convictions et faire triompher sa philosophie face à toutes ces péripéties. Le culte est peut-être réservé par Camus, mais Jacques Ferrandez mérite tous les honneurs pour avoir réussi à adapter un récit sous haute surveillance, en ayant su utiliser les codes de la BD. Cette dernière sera une excellente alternative à celui ou celle qui ne serait pas tenté(e) par le bouquin originel. Si vous avez déjà lu le roman, allez-y quand même et voyez comme la BD sait apporter un nouveau souffle!
Le Désespoir du Singe
Qu’il est bon de fouiner sur ce site ! Le Désespoir du Singe est un drame romantique. Pas vraiment mon genre à la base sauf que la BD n’en finit pas de surprendre : le décor est parfaitement planté, le ton du récit m’attire beaucoup, le casting est très intéressant et le scénario nous emporte jusqu’à la fin ! Au départ, ce sont les dessins qui m’ont interpellé et cela m’a suffi pour emprunter le triptyque. Je trouvais les couleurs magnifiques, chaudes ou froides. Dès les premières pages, j’ai tout de suite accroché à l’ambiance. On se trouve dans la 1ère moitié du XXème siècle, au cœur d’une société russisante. L’ensemble dégage un soupçon de monde imaginaire, renforcée par les formes du trait et appuyée par cette milice de terreur aux origines inconnues. Le décor et le trait des maisons alambiquées me rappellent un peu Masbou, mais ma mémoire flanche peut-être. Les mouvements sont dynamiques, bref ça m’a été très agréable de parcourir cette histoire par l’image. Et puis, il y a les personnages. Voilà qui me convient, dans la forme comme dans le fond ! Les auteurs ont apporté chez eux comme une « psychologie littéraire russe ». Si j’essayais de dresser un portrait d’ensemble, le voici : des individus foncièrement vivants, empreints à la folie en raison d’une passion obsessionnelle, forts et prêts à tout pour aller jusqu’au bout de leurs idées, quitte à ne plus y voir la moindre morale. Toute l’ambiguïté et la nuance résident sur les relations amoureuses qui sont irrésistiblement mystérieuses, paradoxales, compliquées, impossibles. Ah « foutre-merde » ! Voilà qui donne envie de découvrir la Russie pour déceler le vrai du faux ! L’histoire en elle-même est un vrai bonheur. Les auteurs commencent par nous présenter efficacement les protagonistes, le contexte et ce qui tisse le lien entre eux. Aussi on comprend vite que l’environnement gronde et risque de briser le fragile équilibre de paix, qu’il soit au niveau de la société comme au niveau des relations individuelles. Les différentes intrigues sont toutes bien dosées, interdépendantes et suivent le même rythme. Et puis le ton donné est multiple, il y a beaucoup de polyvalence : humour raffiné ou loufoque, romance (sans eau de rose), noirceur, violence, action pure (le train). Je mets ma pierre à l’édifice pour mettre en avant cette série, dont je vous conseille clairement la lecture. La plupart des lecteurs s’habituera aux dessins.
Bartleby, le scribe
Voilà une BD qu'il m'est difficile de noter... J'ai pris grand plaisir à la lire, grâce à la qualité des dialogues, bien écrits, de la narration, parfaitement fluide, et du dessin. C'est peut-être ce dernier point qui m'a le plus séduite, l'aspect cartoon des personnages qui se détachent sur des décors représentés dans un style plus traditionnel. À cela s'ajoutent les couleurs assez sombres qui retranscrivent à merveille l'ambiance de la ville de New York de l'époque, tout du moins telle que je l'imagine. J'ai de plus énormément aimé le soin apporté aux scènes de rue qui fourmillent de personnages et apportent de la vie à l'ensemble. Si la réalisation de l'album est impeccable, c'est l'histoire que j'ai plus de mal à juger. Je ne connaissais pas du tout cette nouvelle de Melville - pas même son existence -, j'ai donc découvert l'histoire en lisant l'album. J'ai bien aimé le principe de départ, l'arrivée du personnage de Bartleby dans le cabinet notarial, sorte de grain de sable qui vient enrayer un système bien huilé. En s'opposant aux ordres de manière aussi paisible qu'inattendue, il provoque l'étonnement de son supérieur qui, pris de court, ne sait pas comment réagir et ne parvient pas à imposer son autorité. Si j'ai aimé ce point de départ, j'ai trouvé le personnage de Bartleby un peu trop apathique à mon goût. Dans sa représentation, il évoque moins le doux rêveur que je pensais rencontrer qu'un jeune homme vaguement dépressif. Son immobilisme, s'il a le mérite de s'élever contre l'ordre établi, parait finalement un peu vain, et n'inspire ni vraiment la sympathie, ni l'envie de suivre son exemple. Peut-être n'était-ce finalement pas le propos, mais ce qui m'embête justement c'est le sentiment d'avoir manqué une partie du message véhiculé par l'album. En conclusion, c'est un album original, qui mérite d'être lu ne serait-ce que pour découvrir par ce biais la nouvelle de Melville (nouvelle que j'aimerais maintenant lire), qui amène à la réflexion mais dont j'ai le sentiment que la portée m'échappe. Pour la qualité générale de l'album, et parce que je le relirai sûrement avec plaisir, je lui accorde un 4, même si j'en attendais plus au niveau du questionnement qu'il pose (note réelle : 3,5).
Monsieur Vadim
C'est une histoire de gangsters et de troisième âge. Le héros éponyme, Vadim, est un retraité de la Légion Etrangère, un gars costaud qui a certes appris à se battre et à tuer mais qui est désormais arthritique, solitaire, et a l'esprit occupé par la seule pensée de faire en sorte que son petit-fils, orphelin de sa mère, puisse vivre heureux malgré un père que Vadim déteste. Jusqu'au jour où il se retrouve sans le sou suite à une escroquerie et où il doit remettre le pied à l'étrier. Ca rappelle un peu l'intrigue d'un film comme Red par exemple, sauf que là le vieux guerrier n'est pas forcément du côté du Bien puisqu'il accepte de bosser pour des malfrats en conflit avec une maffia plus puissante qu'eux. Et qu'il ne pourra compter sur aucun ancien associé mais uniquement sur son instinct de survie et ses articulations douloureuses. J'ai aimé la densité et la bonne tenue de route de cette intrigue légèrement complexe mais accrocheuse. Le milieu criminel du Sud de la France est rendu de manière crédible et on se prend facilement à choisir son camp entre les moins pourris d'entre eux et d'espérer que le vieux lion solitaire puisse punir les pires des salauds. J'ai aussi aimé la complexité et la profondeur du héros et les quelques moments d'émotions qui se dégagent de ses souvenirs et de l'explication de sa situation actuelle. Ses moments de faiblesse physique ralentissent un peu le rythme et pourraient frustrer légèrement les lecteurs amateurs d'action sans faille mais ils sont réalistes. De manière générale, les personnages de l'intrigue sont bons et intéressants, même les pires d'entre eux. Et le graphisme est de très bonne facture lui aussi, doté d'une bonne dynamique et offrant à chaque protagoniste une vraie personnalité visuelle. Bref, malgré quelques ralentissements, j'ai accroché et j'ai été très pris par ma lecture, appréciant son semi-réalisme et le côté inattendu et dense de son intrigue et de ses protagonistes. Il n'y a que la toute fin du récit que j'ai trouvée un peu expédiée et pas forcément très claire. J'ai eu l'impression que les 4 dernières pages auraient pu être développées sur au moins le double pour être plus compréhensibles et plus marquantes. C'est un peu dommage car tout le reste de ce diptyque est très chouette.
Pleine lune
Premier Chabouté. Soyons spontané dans la critique, faisons jaillir notre nature profonde maintenant que Chabouté nous a filé un coup de main. Qui n'a pas envie de tabasser soi-même Edouard Tolweck? Qui ne jubile pas de le voir prendre cher à répétition? Voilà les questions posées par Chabouté à ses lecteurs (ou peut-être a-t-il simplement voulu se lâcher comme un sauvage!). Et je pense sincèrement qu'il en a piégé plus d'un ! Si un aviseur d'ici explique ne pas avoir ressenti de dégoût ni de plaisir quant à suivre les péripéties de cet idiot exécrable, je ne le croirais pas. Piqué au vif, impossible de rester neutre. Chabouté exorcise notre nature profonde, on oublie notre conscience, on oublie la justice, on se veut héros des victimes, sauf que nous crions à la vengeance, et pourvu qu'elle lui fasse mal. On ne ressort pas léger de cette lecture, et avec encore un peu de recul, on y repense en se disant que ce gars-là, l'auteur, bah il a réussi son coup. On culpabilise, on s'dit qu'on devrait pas... Mais bordel ça fait du bien ! Cette histoire c'est la bêtise humaine à son paroxysme, celle qui fout tout par terre. Et on n'hésite pas à sélectionner les clichés les plus courants et pousser le curseur à l'extrême pour donner ça : une vermine facho qui bosse à la Sécu, qui tire tout le monde vers le bas, s'embarque bien malgré lui dans l'une des nuits les plus interminables qui soient, face à des gens à l'esprit aussi dégueu que le sien, sinon autrement dégueu. Et si Chabouté laisse place à quelques espoirs sur certaines scènes et certains silences (et casse par cela-même les clichés...), ça n'est que pour confirmer que la violence n'amène à rien. Au contraire: par elle, le vice va plus loin et la connerie des individus s'entérine jusqu'à devenir in-cu-rable. Je meurs d'envie d'apporter plus de commentaires sur l'épilogue et ces quelques cases qui répondent à notre questionnement en offrant une cohérence d'équerre. Précisément, je retrouve tout ce que l'auteur a voulu dire à travers le dernier dessin. Bouleversé. Emballé comme ça, je me suis forcément dit que le dessin y était pour quelque chose. Voilà une parfaite adéquation avec l'ambiance du récit. Quand l'auteur est scénariste ET dessinateur, ça se sent. Glauque, sale, noir, violent. Si les phylactères sont relativement peu présents, on reste marqué par les propos de cet individu détestable. Et il ne faut pas croire que l'histoire se parcoure si rapidement : et paf le chien, dès le départ j'étais scotché par ces premières planches. Elles ont une puissance et une profondeur. Paradoxalement au scénario (qui joue un peu avec notre répugnance consciente), on peut être amené à contempler ces planches, d'un noir et blanc absolument époustouflant. Je m'arrêterai là. A travers un enchaînement de "simples" péripéties, Chabouté réussit un coup de maître en explorant de nombreux thèmes et en jouant avec nos émotions comme nul autre. Le noir et blanc de ce dessinateur est à classer parmi les meilleurs. En tout cas il m'a conquis ici. Et n'y voyez pas d'ondes négatives, lâchez vous et gardons en tête que personne n'est impassible, jamais. Devenez le Malin le temps d'une lecture. A posséder sans scrupule !
Sharaz-De
Je continue de découvrir l'univers de Toppi avec Sharaz-De. Une reprise du conte Les Mille et Une Nuits. Ma lecture de l'intégrale fut très agréable. Mosquito nous gratifie d'un bien bel objet, qui a trouvé une bonne place dans ma bibliothèque. Cet album reprend de nombreuses petites histoires, celles que Sharaz-De conte tous les soirs à son roi pour ne pas finir entre les mains du bourreau au petit matin. La faible pagination de chaque histoire est un frein, ici, pour y "rentrer" pleinement. Les sujets abordés sont souvent les mêmes : l'amour, le pouvoir, la richesse et la mort. Légèrement redondant. Au fur et à mesure de ma lecture, je me demande même, qui domine qui. Côté dessin, c'est une tuerie comme toujours avec Toppi. Un maître du noir et blanc. Son trait fin, précis et hachuré est une merveille. Le découpage particulier et les nombreuses pleines pages rendent la narration fluide et dynamique. C'est féerique ! Deux histoires sont colorisées dans de très beaux tons mauves, verts et orangés. Le point fort de cet album. J'en conseille évidemment la lecture. Par contre pour découvrir Toppi, je conseille plutôt Tanka.
Imago Mundi
L'aventurier suédois Harald Haarfager, après un accident d'hélicoptère perd l'usage de ses jambes. Ses deux prothèses métalliques lui interdisant désormais de partir à l'assaut des glaciers et des mers, il se tourne vers une autre forme d'aventure. Il met en commun les talents du physicien français Loïc Mellionnec et de l'informaticienne britannique Leia Lewis pour créer l'agence de recherche Imago Mundi, spécialisée dans la reconstitution en images de synthèse. Les informations rapportées par la sonde laser créée par le jeune Français et traitées à l'aide des programmes de la Britannique permettent de reconstituer la structure des sols afin de mener des recherches et/ou enquêtes à bien. Un nouveau type d’aventures est désormais possible, une nouvelle forme d’investigation mêlant technologies de pointes, aux mystères les plus insondables de la planète ! Descendre au fond d’un volcan, sonder les abysses, sillonner des cavernes ou des terres inviolables, fouiller les pyramides pour en extraire les derniers secrets … voilà la genèse d’Imago Mundi ! Alors vous en dites quoi du pitch ? Je suis adepte de la série depuis le début. Les scénarios sont originaux – bravo Monsieur Corbeyran – avec du rythme et du suspens. Il y a un bon équilibre entre les données scientifiques et l’action proprement dite. Cette dualité donne du relief aux histoires. Le graphisme de Luc Brahy est précis et détaillé. On ne va pas passer par quatre chemins, c’est bien et mes petits yeux ont apprécié. Une série plutôt palpitante que je recommande vivement. Aucune lassitude tout au long de ces 10 albums. J’ai même plongé avec le même plaisir dans la série dérivée « climax », série lancée en 2008 durant l’année polaire internationale.
James Healer
Voilà une série très agréable à lire. Vous ne pouvez que vous attacher à James Healer, un blanc adopté par des indiens et devenu shaman. Il sillonne les Etats-Unis et il met ses pouvoirs à disposition de ceux qui le sollicitent. Tous les ingrédients sont réunis pour que le succès soit au rendez-vous. Les scénarios sont captivants et rythmés avec de nombreux rebondissements, avec du suspens, avec un personnage principal charismatique et avec un graphisme maitrisé, soigné et détaillé. Pour couronner le tout, excellent travail de Sophie Swolfs qui officie aux couleurs. Il est donc dommage que la série se soit arrêtée en 2004. Je relis cette série aujourd’hui avec les mêmes ressentis positifs que ceux perçus il y a presque 20 ans. Une série à découvrir ou à re découvrir.
Les Enquêtes de Sam & Twitch
Je me suis régalé avec les deux albums de cette série. Vous pouvez y aller sans problème. D’ailleurs je ne comprends pas trop pourquoi si peu d’avis sur les enquêtes de Sam & Twitch, car pour les amateurs de thrillers, franchement les enquêtes de ces deux policiers, ce sont de petits bonbons sucrés qui vous permettront de pourlécher vos babines. Rien de bien original je l’avoue dans le scénario mais cela se laisse lire aisément. Politique, pots de vins, prostitution, vengeance, argent facile, meurtres, tueurs à gages … tous les ingrédients sont réunis pour que l’histoire soit nauséabonde et gluante. Hummmm. Bien évidemment Sam et Twitch, les nouveaux Starsky et Hutch incorruptibles de la police de New York mènent l’enquête. Deux personnages attachants et sympathiques. Ce sont eux les gentils. Les autres se sont les méchants ! Le graphisme en noir et blanc est approprié. Cela colle bien aux bas-fonds poisseux de big apple. Ambiance noire et pourrie garantie. Un peu dommage cependant que Photoshop soit utilisé de manière systématique pour tous les décors. Ce coté reportage photo n est pas le plus heureux. Dommage mais pas rédhibitoire. Quels défauts mais au global très satisfait et si une lecture me comble pleinement je ne peux pas mettre moins de 4 étoiles.