Les derniers avis (39412 avis)

Par greg
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ames d'Hélios
Les Ames d'Hélios

Un très belle BD : dans un monde post-apocalyptique extrêmement hiérarchisé et structuré, une jeune fille provenant de la case la plus basse tente de s'élever dans la société en devenant dragon, une guerrière. Le monde décrit est poisseux, sinistre, mais extrêmement réaliste, les personnages creusés et tout sauf caricaturaux. En fait, malgré la violence qui règne dans ce monde, un thème central me paraît être l'amour, et les sacrifices pour ceux qu'on aime. La conclusion peut difficilement laisser indifférent, aussi belle que triste, qui donne tout son sens au titre de la série.

24/07/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série J'ai tué le soleil
J'ai tué le soleil

Diantre ! Mais que s’est-il donc passé dans le monde ? Que fait ce type qui a l’air d’un chasseur égaré dans la nature, obligé de tuer des chevaux sauvages pour se nourrir ? Pourquoi cette luxueuse villa d’architecte, dans laquelle il pénètre sans aucune difficulté, est-elle livrée aux rats et aux cafards ? Et pourquoi ce cadavre figé devant la télé du salon ne le choque-t-il pas le moindre du monde ? Winshluss nous livre un récit survivaliste sombre, entre folie, pandémie et terrorisme. Très progressivement, l’auteur va distiller ses indices dévoilant les causes de cette situation post-apocalyptique, à coups de flashbacks et avec très peu de texte. Karl, le « héros » de ce récit sous amphètes, se retrouve aussi seul que Rick Grimes dans un monde envahi de charognes humaines pourrissantes, à la différence près que celles-ci sont bel et bien mortes. Cela n’en reste pas moins terrifiant car ici, ce sont des meutes de chiens affamés qui veulent lui faire la peau ! Après s’en être débarrassé en allumant un barbecue géant façon puzzle, Karl tombera sur des salopards en train de torturer un type et sauvera ce dernier après les avoir tous dézingués. A bout de souffle après cette succession de péripéties ultra-violentes, il sera secouru et soigné par un groupe de survivants bienveillants en mode secte new-age. Jusque là, rien d’extraordinaire, le récit, plutôt bien mené, est de facture très classique, mais s’il s’était arrêté là, on aurait été bien déçu de la part d’un auteur tel que Winshluss. Cela serait trop vite oublier que notre homme n’a pas conçu cette histoire juste pour faire genre mais plutôt pour nous bousculer et nous interroger, sans pour autant nous faciliter la tâche. C’est du pur Winshluss, du féroce qui fait des trous dans le crâne. L’œuvre est traversée d’une folie trash et jusqu’au-boutiste, non dénuée de l’humour noir propre à l’auteur, qui nous laisse exsangue. Les réponses, il faudra les chercher soi-même. On pourra très bien se dire que c’est du n’importe quoi et que notre franc-tireur « ferrailleur » ne s’est pas foulé avec cette fin qui semble partir en couille. C’est possible. Et pourtant, l’ouvrage fait si forte impression qu’il pourrait bien s’accrocher dans les méandres de notre cerveau, voire nous obliger à le relire (c’est mon cas) pour être sûr d’avoir bien compris où l’auteur voulait en venir. Reprenons. Ce mec, Karl, est sauvé par un groupe de survivants se surnommant « les Graines », représentants de la « nouvelle humanité ». Et c’est à ce moment que le récit bascule vers tout autre chose, lorsqu’il va tenter de fouiller dans sa mémoire d’amnésique, pour faire ressurgir les origines de l’apocalypse et les bribes de sa vie d’avant. Karl, à ce moment-là, n’était pas encore le héros qu’il rêvait d’être. Un vrai loser, le type, boulot merdique, collègues et chef merdiques qu’il envisage de buter en inscrivant leur nom sur des post-its. Karl se voudrait rebelle, mais plus que le système, c’est les gens qu’il déteste. De là, naitra la spirale de la violence pour ce mec un brin parano qui n’a pas été gâté par la vie, père absent et mère dominatrice qu’il voudrait voir crever. Sa seule raison d’être : la rumination d’une vengeance radicale et aveugle pour tuer ses démons. Bien sûr, on ne révélera pas la fin car on ne veut pas spoiler, mais on s’en tape un peu puisqu’en elle-même la trame de l’histoire est plus que secondaire. Ce gros mytho de Karl va évidemment foirer son projet terroriste censé le « faire entrer dans l’Histoire » comme l’homme qui a… éliminé l’humanité ! Notre dingo absolu, profil parfait du fameux « loup solitaire », n’est donc pas un héros comme on aurait pu le croire au début, mais juste un débile survivaliste qui s’armera jusqu’aux dents tout en musclant sa pauvre carcasse, pour au final ne commettre qu’une action à la fois inutile et fortement symbolique, gouvernée par la folie pure : tirer sur le soleil, et à deux reprises ! Comme si dans son délire mégalo, il avait voulu provoquer l’astre divin ! Son imagination démente fera le reste, laissant le lecteur totalement dubitatif sur le cours des événements et leur réalité (d’où une relecture peut-être nécessaire), Mais Karl n’est-il pas juste victime d’hallucinations amphétaminiques, ou serait-il parvenu à faire exploser la « matrice » pour de bon ?… et c’est là que Winshluss frappe vraiment fort, en plongeant le lecteur dans la confusion, incapable par ailleurs de décider s’il peut avoir de l’empathie pour ce personnage profondément traumatisé dans son enfance par le suicide violent du père. L’auteur du grandiose « Pinocchio » va également ajouter au malaise en situant la « vie d’avant » de Karl dans le contexte de pandémie que nous connaissons depuis plus d’un an, « notre vie d’après », avec évocation des masques, des rues désertes et des drones de surveillance, mais une pandémie bien pire, tel un Covid puissance dix qui fait pourrir les gens sur place… Winshluss dessine à la hache, avec une urgence frénétique, pour mieux restituer la violence du propos. La folie hystérique se tapit à chaque coin de page, mais l’auteur a saucissonné l’histoire avec quelques aquarelles, de rares moments de respiration bienvenus où par contraste, ce monde post-apo semble presque apaisé. Au-delà de ces parenthèses colorées, l’ensemble est en noir et blanc, seul le soleil est représenté dans un jaune pâle et usé, peinant à diffuser sa lumière, conversant avec le regard fou d’un Karl noyé dans mille post-its de même couleur mentionnant le nom des personnes à trucider… « J’ai tué le soleil » n’est rien de moins qu’une expérience se poursuivant durablement même après la lecture. Un objet que l’on a envie de détester au départ et qui pourtant s’insinue en notre âme à la façon d’un virus. Un objet troublant et perturbant qui nous hantera longtemps, à l’image du visage diabolique de Karl à la fin du récit, un terrifiant visage de psychopathe, définitivement antisocial, habité par une démence bord de la fission. Un one-shot parfaitement taillé pour son époque et confirmant l’importance de son auteur dans le neuvième art.

24/07/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série L'Assassin qu'elle mérite
L'Assassin qu'elle mérite

En ce début de XXe siècle, porteur de belles promesses et de progrès techniques, la société européenne se transforme et l’écart entre les classes sociales, entre ceux qui vivent dans l’opulence et ceux qui se débattent dans la misère, éclate au grand jour. Cette fracture sociale et ses conséquences personnelles et politiques sont à la base de cette courte série. L’ambiance de l’époque est vraiment bien restituée avec soin et détails. Les rues, les bâtiments, les vêtements des personnages, tout y est. Le scénario est intelligemment mené. Il ne s’égare pas et retombe parfaitement sur ses pieds à la fin. Malheureusement pour l’un des héros de ce récit, l’argent ne peut tout acheter et surtout pas l’amour. Alors comment faire quand on est très riche et malheureux ? Peut-on aller jusqu’à se servir d’un innocent pour assouvir sa passion et sa vengeance ? Si le personnage principal est manipulé par ce dandy sans scrupules, le lecteur qui suit l’affaire avec intérêt ne s’aperçoit pas que lui aussi est manipulé par l’auteur. Lupano a plus d’un tour dans son sac ! C’est original, plein de questionnements sur les comportements humains et les jugements hâtifs. Le dessin est très soigné et de qualité. A lire et relire avec beaucoup de plaisir.

23/07/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon. C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.

23/07/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Je suis très content de ma lecture, même si je ne suis pas sûr d’être amené à relire cette série en retrouvant le même plaisir. Un scénario intense, qui m’a permis de vraiment entrer dans l'histoire crescendo. Cette BD est une fiction qui cherche à mettre en situation ce qui a pu (et certainement dû) exister au temps de l’Occupation et après la Libération. Je ne cherche pas à savoir le vrai du faux au niveau historique donc. Là où l’idée semble novatrice, c’est de mettre en avant les individus égoïstes, n’ayant cherché qu’à s’en mettre plein les poches et, si possible, à élever leur rang social par des actes affairistes et opportunistes. Que cette idée se place au cœur de la Seconde Guerre Mondiale est vraiment géniale, parce-que s’il y a bien un moment où on se dit que les individus devaient choisir un camp par obligation, c’était bien pendant cette période : résistants, armée régulière, collabos, gestapo, SS, armée nazie, etc. Je ne serai pas de ceux qui critiqueraient (en existent-ils ?) le scénario. Il est ultra chiadé, tout est bien mené et les transitions sont excellentes. Si on arrive à trouver le personnage fin calculateur et grand opportuniste, c’est grâce à un script aux petits oignons : tout est rôdé, les problèmes accumulés nous font pressentir une certaine complexité, mais la solution pour les résoudre ne laisse place à aucun doute et ne laisse aucune incompréhension. Et le storyboard qui va avec est impeccable : passage d’un endroit à un autre, du passé au présent, etc. C’est top ! Au niveau du dessin, ce n’est pas forcément mon style. J’ai toujours trouvé ce type de trait relativement neutre, je le considère comme un compromis qui permet d’englober un maximum de lecteurs potentiels... Avec un scénario pareil, je trouve que le dessin se place au second rang. C’est ce qui m’empêche principalement de placer cette série au rang de Culte. Après, l’ensemble est tout à fait correct, je trouve la colorisation top, le dynamisme est présent tout le temps, bref ça reste super propre ! Il y avait matière à créer quelques situations avec plus de silence, mais bon c’est mon péché mignon, faut pas que j’en abuse. Je rejoins le débat sur la psychologie du personnage principal. Il m’a été difficile d’avoir un intérêt empathique envers Joseph au début. Et puis, au fur et à mesure, on sent bien qu’il arrive à contrôler sa situation autant qu’il l’aggrave. Un problème réglé en amène un autre, continuellement. Joseph est pragmatique oui, sauf qu’il navigue à vue. Et quand il prend le recul nécessaire, vital, c’est trop tard ! On sait qu’on tend vers le drame (ou fin heureuse pour qui pense que ces crapules méritent leur sort). Et je trouve l’épilogue proche du grandiose. A lire, ça plaira forcément au plus grand nombre.

23/07/2021 (modifier)
Couverture de la série J'ai vu les soucoupes
J'ai vu les soucoupes

Pour son premier album, Sandrine Kerion revient sur une période de son adolescence un peu particulière : mal dans sa peau et perturbée par les conflits entre ses parents, elle commence à s'intéresser à des ouvrages et documentaires traitant d'ufologie. Fascinée par cet univers, elle finit par se persuader qu'elle a vu une soucoupe volante. Ce n'est que le point de départ d'un "délire" qui ira assez loin... L'album est très documenté, relatant de nombreuses interviews, mais également des documentaires, films ou séries sur le sujet. Elle a aujourd'hui pris beaucoup de recul par rapport à tout ça et tente de décrypter les mécanismes qui l'ont poussée à développer ces croyances aveugles. Le sujet, intéressant, est particulièrement d'actualité à l'heure où les thèses complotistes en tous genres fleurissent sur internet et semblent séduire de plus en plus de monde. Bien que cet album soit classé en roman graphique, je l'aurais plutôt qualifié de documentaire tant c'est cet aspect qui ressort. Il y a davantage de place laissée aux différents témoignages et explications qu'à la vie de l'auteure à proprement parler. À titre personnel, j'aurais d'ailleurs préféré un angle de vue encore plus personnel, que l'auteur creuse davantage son histoire. Cependant, je peux comprendre que par pudeur elle ait préféré se concentrer sur l'aspect documentaire, d'autant plus qu'elle évoque à plusieurs reprises le sentiment de honte qu'elle ressent par rapport à cette période de sa vie. Il lui a fallu une bonne dose de courage pour oser mettre cette histoire en images, et rien que pour ça je lui tire mon chapeau. Une lecture instructive sur un sujet que je ne connaissais pas vraiment, servie par un dessin que j'ai beaucoup apprécié.

22/07/2021 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5
Couverture de la série L'Étreinte
L'Étreinte

J'avoue avoir acheté ce one shot sur le seul nom de Jim, auteur que j'adore, sans avoir fait attention au nom du dessinateur, Laurent Bonneau que j'ai découvert à cette occasion, avec un certain plaisir. Dès les premières pages, j'ai tout de suite songé au film "Les choses de la vie", tant les similitudes se rapprochaient, jusqu'au prénom de Romy, héroïne malgré elle de cette très belle histoire. D'ailleurs les auteurs ne cachent pas cette référence dans le dossier de l'édition canalbd, édition superbe avec signet et limitée à 1200 exemplaires. Si le dessin de Laurent Bonneau peut déstabiliser certains comme moi, à la première approche, il s'avère d'une efficacité redoutable au fil de la lecture. Son dessin est certes très éloigné des albums que signe Jim en tant que scénariste, mais je suis resté scotché par son talent. Il faut dire que cette histoire est basée sur ce qu'on appelle le principe du ''cadavre exquis'' où, en l'espèce le scénariste s'inspire du dessin pour imaginer une histoire.. J'ai été assez séduit par cette recherche de cette inconnue prise en photo sur une plage, alors que la compagne de Benjamin, jeune sculpteur, est dans le coma. Le récit est très émouvant, sans fausse note, et au final nous prend aux tripes. Jim aborde ici ses thèmes de prédilection, la vie, la mort, le sens de la vie, l'envie sur des planches de Laurent Bonneau, qui subliment le scénario de Jim. Je vous invite à lire cet album de 300 pages, qui peut vous amener jusqu'aux larmes. Je regrette que cet album, qui pour moi s'avère un des meilleurs de ce premier semestre 2021, sorte à une période assez creuse voire reste inaperçu en cette fin de saison. Curieux choix de l'éditeur, alors que ce one shot méritait une meilleure exposition éditoriale.. En tout cas, cet album mérite toute votre attention, tant il est remarquable aussi bien sur le scénario que sur le dessin. A lire et à relire. Remarquable en tout point.

21/07/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Inanna Djoun
Inanna Djoun

3.5 Je connaissais pas cet auteur avant de lire cet album et maintenant j'ai envie de connaitre le reste de son œuvre ! C'est un album bien délirant sur un concept simple: on renverse les rôles des récits d'aventures classiques et on a droit à une archéologue du Moyen-Orient qui s'en vient piller la France. J'avais un peu peur de lire un album moyen vu que juste avant j'avais lu un autre album de Fluide Glacial avec un concept étiré pendant tout un album et j'appréhendais un résultat similaire, mais non le concept fonctionne du début jusqu'à la fin. Il faut dire que l'auteur se moque aussi des récits d'aventures exotiques classiques (il y a de nombreuses références à Tintin, notamment) alors il avait assez de manière pour faire tout un album sans finir par tourner en rond. Bref, l'humour fonctionne bien et j'ai bien rigolé devant l'absurdité des personnages et des situations. Le dessin est dynamique et bien sympa à regarder. Un bon album humoristique quoique j'espère qu'il y aura pas de suite parce que j'ai pas envie de voir le concept étiré jusqu'à ce que cela soit plus marrant.

21/07/2021 (modifier)
Par greg
Note: 5/5
Couverture de la série Burton & Cyb
Burton & Cyb

Burton & cyb sont deux escrocs notoires dans le futur tentant de trouver à chaque fois la meilleure combine possible. Cette série a connu son heure de gloire dans les années 80, lors de sa publication dans le défunt "USA Magazine". Pour moi c'est un bel hommage aux mythiques pieds nickelés de Pellos. Mais plus réalistes : d'abord contrairement au trio français, Burton et Cyb réussissent assez souvent leurs coups et partent avec la mise. Ensuite, c'est très souvent amoral assorti d'un humour parfois noir, ce qui n'est pas pour me déplaire. Enfin, leurs victimes sont tout sauf complètement idiots, autrement dit l'escroquerie est souvent relativement crédible (chez les pieds nickelés, la stupidité totale de leurs "poires" atteint des firmaments. On va être honnête : parfois cela peut paraître simpliste. Mais la lecture de Burton & Cyb reste un gros plaisir coupable, un bel instant de détente, et rien que pour cela note maxi!

21/07/2021 (modifier)
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

J'aime beaucoup ce que fait Marion Montaigne, ça remonte à la découverte de son blog Tu mourras moins bête. A l'époque, le stégosaure était germanopratin et parcourait donc encore nos prés en parlant allemand. Depuis une météorite un peu grosse a changé la donne, un peu d'eau a coulé sous les ponts, et Marion Montaigne est devenue un peu célèbre. On retrouve ici tout ce qui a fait son succès : dessin rapidement jeté au style très reconnaissable, souci de précision scientifique quasi documentaire portant souvent - mais pas que - sur des aspects rarement mis en valeur (on en parle, du dégazage lors des EVA ?), et humour décalé et parfois complètement absurde. Dans ce volumineux album, on aura donc toute l'histoire de Thomas Pesquet, présentée de façon plutôt réaliste (par opposition aux légendes qu'on accepte volontiers sur ces héros qui ont certes de l'étoffe, mais qui restent très romancées), et en même temps parsemée d'une multitude de gags et blagues. Toutes ne feront évidemment pas rire tout le monde. Pour ma part, mention spatiale - pardon, spéciale - à la simulation d'arrimage de Soyouz à l'ISS avec un moulin à poivre lors d'un repas de famille, et au high five avec Youri Gagarine. Les deux m'ont littéralement fait pleurer de rire. Alors oui, le tout est tout de même un peu long, et la deuxième moitié m'a sans doute bien moins fait rire. Toujours est-il que non seulement cet album présente clairement tout ce qui tourne autour du choix des candidats astronautes, des préparatifs pour "aller là-haut" et de la vie dans l'ISS, mais il offre en plus de nombreux détails et anecdotes originaux et souvent décalés, et suscite de véritables tranches de fou rire. Au final l'ensemble a un bon équilibre et est un vrai plaisir à lire.

21/07/2021 (modifier)