Les derniers avis (39407 avis)

Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jours de sable
Jours de sable

Une véritable claque visuelle ! Dès les premières pages, nous sommes subjugués par des pleines planches magnifiques, puissantes et pleines d'émotions. On sent que rien n'a été fait au hasard. Les détails, les décors, les expressions des personnages, les couleurs,.. tout cela mis ensemble, forme un tout qui dégage un "je-ne-sais-quoi" indescriptible, mais en tout cas, très émouvant et prenant. Concernant le scénario, la aussi, l'auteur est épatant. Nous accompagnons un photographe envoyé faire un reportage photo sur le "Dust Bowl". D'un point de vue historique, l'album est très enrichissant. Ayant 26 ans, je n'avais pas spécialement connaissance de ce point de l'Histoire et j'en ai beaucoup appris. Cette BD m'a également donné envie d'en apprendre plus sur ce phénomène, elle a attisé ma curiosité. De plus, le personnage principal est agréable à suivre. Nous partageons ses questionnements et ses doutes. Nous nous remettons en question avec lui. Il y a une véritable évolution dans sa perception des choses, et la conclusion du héros m'a été très satisfaisante. Enfin, la bd est ponctuée de nombreuses "mini-histoires" grâce aux nombreux personnages secondaires. Cela m'a permis de mieux saisir les enjeux du "Dust Bowl". Je ne sais pas si cet album deviendra culte avec les années, mais dans tous les cas, visuellement c'est un chef d'œuvre. Gros coup de cœur 4,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

18/09/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Lonely Betty
Lonely Betty

Nous voici plongés dans l'ambiance d'une petite ville du Maine à la veille de Noël, c'est également la veille des cent ans de Betty Holmes une pensionnaire de l'hospice de la bourgade. Ancienne institutrice elle fut mise à pied il y a soixante ans suite à la disparition de trois enfants dont elle avait la charge. Depuis elle n'a pas prononcé un mot, seul le shériff entretient avec elle un lien ténu. A l'approche de l'anniversaire la sulfureuse et sexy adjointe au maire s'affaire pour que l'anniversaire de la vieille dame soit une réussite. Peu avant la fête Betty souhaite parler avec le shériff, elle met en cause un écrivain célèbre responsable selon elle de ce qui s'est passé. Au début du récit, il faut bien le dire tout cela est fort erratique et ce n'est que peu à peu que les éléments s'emboitent, parfois à l'aide de flashbacks qui peuvent aider à s'y retrouver. Si l'on y ajoute un dessin que j'ai du mal à qualifier autrement qu'en disant que je le trouve très moche avec des couleurs qui semblent faites au Crayola, vous comprendrez aisément la difficulté à rentrer dans cette histoire. Et puis au final non tout cela est bien huilé comme une bonne grosse mécanique comme celle dont sait user l'écrivain célèbre dont il est question vers la fin de l'histoire. Est-ce parce que j'apprécie beaucoup le dit écrivain? Est-ce parce que je suis touché par l'histoire de cette vieille dame qui pendant soixante ans ne peut dire l'indicible ? Au final si je fais abstraction du dessin, voilà une histoire hautement recommandable.

17/09/2021 (MAJ le 18/09/2021) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Peau d'Homme
Peau d'Homme

Que voilà une belle surprise. En empruntant cet album je ne savais pas à quoi m'attendre. Lecture d'une seule traite. Un très joli conte qui nous fait découvrir Bianca une semaine avant son mariage. Mariage arrangé entre deux "bonnes" familles. Plusieurs thèmes sont abordés dont l'identité sexuelle, la condition féminine et la religion. Sujets toujours d'actualité. Bianca séjourne chez sa marraine avant son mariage et celle-ci va lui remettre une "peau d'homme" afin qu'elle puisse connaître la vie et les sensations de l'autre sexe. Elle va ainsi découvrir son futur mari sous des angles surprenant. Hubert fait défiler des personnages truculents, une Bianca assez dévergondée, un Giovanni arrogant et "mignon", Angelo le moine inquisiteur et une pléthore de seconds rôles attachants. Sans oublier le fameux Lorenzo ou plutôt Bianca sous sa peau d'homme. J'ai été embarqué dans cette folle histoire, Hubert distille avec malice les scènes osées et plus conventionnelles. Il trouve un juste équilibre et Il s'en dégage un souffle de liberté. Effectivement on voit de suite où veut en venir l'auteur avec ses gros sabots, mais cela n'a pas gêné ma lecture. Zanzim que je découvre réalise de magnifiques planches, son dessin est lisible et tout en mouvement. Ses scènes d'amour sont réalistes mais sages. Il apporte un ton léger au scénario. Bref, une belle ode à la liberté sexuelle. Forcément, à découvrir. Viva Lorenzo.

17/09/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Trap
Trap

Quel drôle d'objet que ce Trap sans paroles qui sous un aspect que d'aucuns pourraient qualifier de foutraque est une ode un brin déjanté au retour à des choses simples, primaires pour ne pas dire primales. Déjanté, amusant avec la légère pointe de fantastique, ou plutôt de chamanisme. L'ensemble se lit ou plutôt se regarde de manière très fluide, il n'y a pas de temps mort et finalement l'on se prend au jeu afin de savoir où tout cela va nous mener. L'histoire n'est pas si simple qu'il y paraît de prime abord avec un final qui est comme une sorte de passation qui nous montre que les choses continuent. Un petit album dont on n'est pas obligé de faire l'achat, mais fort sympathique la lecture en est chaudement recommandée.

17/09/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Yellow Cab
Yellow Cab

J'ai beaucoup apprécié le travail graphique de Chabouté sur l'adaptation d'un récit de Benoit Cohen que je ne connaissais pas. D'autres avis ont comparé son travail en noir et blanc à celui de Will Eisner et évidemment, immanquablement l'on pense au fil des pages à Scorsese. Autant j'ai bien aimé la première partie où l'on voit notre héros se battre pour obtenir sa licence de taxi, autant dans une deuxième partie, j'ai trouvé un peu vaines les interrogations de notre "taxman" qui se livre à une sorte d'introspection sur lui-même, sa future héroïne. J'aurais pu mettre la note de pas mal, mais ce qui fait gagner une étoile supplémentaire à cet album c'est comme je l'ai déjà dit le trait de Chabouté et cette galerie de personnages dont j'aurais aimé que certains soient plus fouillés. Moins la folie du personnage principal j'ai envie de revoir Taxi Driver.

17/09/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme qui tua Chris Kyle
L'Homme qui tua Chris Kyle

Après la lecture de cet ouvrage, le moins que je puisse dire est que je suis plutôt dubitatif. En fait quel est l'intérêt de la chose, nous sommes dans le documentaire pur et dur sur la trajectoire de vie et de mort d'un individu bien particulier. Un individu (sniper dans l'armée) encensé dans son pays pour le fait d'avoir en temps de guerre tué environ 160 personnes. Soit. Nous suivons de manière linéaire les évènements avec un côté appuyé sur l'après mort de Chris Kyle. Pour ma part j'ai bien aimé la façon de montrer sa veuve, femme de caractère et à mon sens assez ignoble, mais finalement très bien insérée dans cette société américaine qui sait faire fructifier ses affaires en s'appuyant sur la notoriété de son défunt mari, l'ancien vétéran qui utilise une sombre histoire de bagarre dans un bar pour lui aussi se faire un joli pécule. Accompagné de son complice Brûno, Fabien Nury nous concocte un récit au cordeau et avec le trait si particulier de son dessinateur. Un trait sans rondeur avec des cadrages très cinématographiques, j'aurais presque envie de dire que cette BD possède un aspect chirurgical jusque dans la manière dont les auteurs nous montrent l' Amérique; celle de Trump, Fox News, la NRA qui encense ses héros de manière fort étonnante pour nous autres vivant de ce côté de l'Atlantique. Album ô combien nécessaire après l'hagiographie qu'est le film de Clint Eastwood, républicain patenté, non vraiment chapeau bas à messieurs Nury et Brûno qui nous montrent si le besoin s'en faisait sentir que les choses ne sont ni noires ni blanches.

17/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Brelan de Dames
Brelan de Dames

J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir et lire cette petite série de sept opus datant des années 80. En fait il existe un tome 8 " Les louves de Han" paru en 2018 difficile à trouver (et cher). C'est touchant de découvrir une œuvre de jeunesse du dessinateur Renaud qui laisse deviner son attachement à l'action et aux jolies filles sexy bien décidées à prendre leur destin en mains sans tutelle masculine. C'est aussi l'occasion de rendre un hommage de lecteur à feu J.L Vernal décédé en 2017. Journaliste de politique étrangère on retrouve cette orientation dans les scenarii de notre très sensuel trio. La pollution des océans (marée noire), des groupes terroristes avec drapeau noir, l'Amazonie qui part en fumée et ses habitants liquidés loin des regards, une exfiltration en avion d'Afghanistan, le fanatisme religieux ou les manipulations génétiques sont les thèmes abordés. Je les trouve très modernes voire prophétiques. Bien sûr ces thèmes sont traités d'une façon un peu naïve à la mode de l'Occident sauveur du monde et redresseur de torts, une Américaine, une Anglaise et une Parisienne Eurasienne c 'est un peu cliché . Mais bon c'était le temps de la bipolarité du monde libre contre l'étoile du Mig ou du Sukhoi de la couverture du T4. Le bon temps ?

17/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Cinq branches de coton noir
Cinq branches de coton noir

J'eus aimé mettre cinq étoiles comme les cinq branches de coton noir mais pour mon deuxième avis je ne puis transgresser immédiatement l'article 1 de la constitution bdthèque, mais c'est à contrecœur ! C'est peut-être grâce à la documentation sur le Mayflower (XIII) et l'histoire des premières années des USA que Y. Sente nous offre un scénario engagé aussi original que bien ficelé à mon goût. Quand on y ajoute les excellents dessins de S. Cuzor et les très belles couleurs de M. Versaevel, on obtient un ouvrage de première qualité. D'autant plus que par sa présentation luxueuse cet œuvre ne déparera aucune bonne (et moins bonne) bibliothèque. En 1944, deux jeunes afro-américains, Johanna, par ses études, et son frère Lincoln, au front, rêvent comme beaucoup dans leur communauté de rétablir leur juste place, passée et présente, dans l'histoire des USA. Un document familial datant de la guerre d'Indépendance en 1776 va leur en donner l'occasion. Lincoln, Tom(portrait craché de Samy Davis Jr) et Aaron sont considérés comme soldats de deuxième catégorie puisque la ségrégation existe encore en 1944 au sein de l'armée US. C'est en 1948 que le Président Truman l'abolira en signant l'Executive order 9981. C'est aussi le premier Corps fédéral à le faire, les autres suivront petit à petit. Cela explique pourquoi nos trois soldats ne peuvent pas assister au show des girls venues distraire la troupe. Ils n'en ont pas encore le droit !!!! Mais le sang noir ressemble au sang blanc au pire moment de l'action. Catapultés dans les Ardennes Belges, nos Boys vont prendre en pleine face la contre-offensive allemande face à un ennemi remonté comme une pendule, très supérieur en nombre et bien décidé à reprendre le port d'Anvers et de refaire le coup de 1940 pour négocier une paix séparée avec les américains. On comprend pourquoi Schlupf n'a nulle envie de reculer ou de laisser partir des américains qu'il doit anéantir. D'autant plus que le drapeau envié est une pièce de très grande valeur qui pourrait être bien utile comme monnaie d'échange en cas de coup dur. Pour moi dans cette œuvre, il n'y a aucune fausse note.... ni blanche ni noire ( sauf la mienne).

16/09/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Voilà un bel et bon documentaire historique ! C'est le récit d'une expédition maritime militaire dans la première moitié du 18e siècle. La première partie de son trajet rappellera celle du Beagle de Charles Darwin, ou encore celle du navire du film Master & Commander, à savoir partir de l'Atlantique Nord et contourner le Cap Horn pour rejoindre la côté Pacifique de l'Amérique et ses îles. Mais un siècle sépare ces deux là du voyage du Commodore Anson et cela change beaucoup de choses. Car au début du 18e siècle, on ne savait pas encore calculer parfaitement la longitude d'un bateau, on ne savait pas comme lutter contre le scorbut, et quand à cela s'ajoute un contexte militaire dangereux, une flotte ennemie à votre poursuite et d'innombrables soucis logistiques, cela donne à cette expédition au bout du monde des allures de projet irréalisable. D'autant plus quand la consigne est, une fois arrivés sur place, d'attaquer militairement des navires et ports ennemis. J'ai beaucoup aimé la manière dont tout cela est raconté. C'est fait d'une part de manière très pragmatique, comme un véritable organisation de projet, et d'autre part de manière très humaine et assez moderne, en affichant clairement les pensées et états d'âme des personnages et notamment du Commodore. Cela permet de se sentir proche de lui dès les premières pages et évite de faire de lui un objet documentaire froid et distant. Moi qui suis un peu marin, j'ai été captivé par la difficile organisation précédant le départ, puis les contraintes de navigation qui sont clairement mises en scène et qui diffèrent tant de la voile moderne. L'histoire est très longue, et l'album est dense et épais. Je l'ai lu d'une traite et ça a bien dû me prendre un peu plus de deux heures. Il y a certes eu quelques passages où le rythme retombait un peu et où je suis légèrement sorti du récit, mais globalement, j'ai été très pris par l'aventure et fortement intéressé par son contenu. Le graphisme est également très plaisant. Il ne me convainc pas toujours totalement, car je trouve son encrage parfois un peu brouillon et pas parfaitement lisible, mais j'aime l'âme et les couleurs qui s'en dégagent, et je note aussi quelques très belles planches, comme notamment la double page du sloop pris en pleine tempête. Mon seul véritable regret vient du lettrage. Cela ressemble à un courrier manuscrit, peu soigné, et souvent difficile à déchiffrer. Cela m'a plusieurs fois gêné et cela a impacté la fluidité de ma lecture. Face à la qualité d'un tel ouvrage, j'aurais nettement préféré un lettrage plus lisible quitte à ce qu'il soit moins original.

16/09/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête
La Bête

Pas spécialement convaincu par Zoé, carrément sur le cul avec Pleine lune, me voilà entre les deux avec La Bête. En fait, c'est juste dommage que la fin soit autant inattendue. Elle contrecarre beaucoup trop l'intrigue développée depuis le début. La montée en puissance faisait effet sur moi et c'est quand la vérité éclate que je suis un peu frustré. Par contre, Chabouté arrive encore et toujours à offrir une dernière planche poétique qui donne un sens à plein de choses. Pour la troisième fois, c'est encore un coup de maître quand il s'agit de démarrer une histoire et de conclure sur la dernière case. Et puis l'ambiance est folle. Le genre thriller nourrit par les déchiquetages d'une bestiole mystérieuse m'a beaucoup, beaucoup attiré. Le casting est assez classique mais les personnages sont intéressants et assurent leur rôle. On suit essentiellement l'inspecteur, désabusé au possible au début et qui évoluera parallèlement à l'intrigue. Et puis l'ambiance vient évidement de ce coup de crayon somptueux, c'est un noir et blanc magnifique. Les premières planches, comme toujours avec cet auteur, me scotche direct ! C'est magique de réussir à faire plonger le lecteur dans l'ambiance comme ça, pouf, dès la première planche. Pas de phylactère, une scène muette qui prend plusieurs pages... Ce genre d'introduction avec ce genre d'ambiance, pour moi c'est le pied ! A lire ou à posséder, c'est clair. Avec Riff Reb's, Chabouté est la plus belle découverte de cette année. Merci !

16/09/2021 (modifier)