Les derniers avis (39871 avis)

Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Pacush Blues
Pacush Blues

Pas mal du tout le postulat : un immense dépotoir qui est une sorte de reflet de notre propre société ! Une sorte de "melting pot", aussi, de personnages qui (sur)vivent dans cet univers fait d'ordures : des intellos, des prédateurs, l'homosexuel, une rate "prêtresse"... Drôle d'univers ainsi créé par Ptiluc. Bourrée d'humour, sa vision est vraiment cynique et acerbe. Mais aussi tendre et drôle. Comme noir et blanc, chaud et froid. C'est lucide, et surtout sans concessions. Vraiment original. Une découverte que cet univers rempli de muridés qui, souvent, m'ont fait penser à des gens que je connais. Une série "animalière" ?... Oui, mais des pareilles j'en redemande !... Vraiment bien !

06/12/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Zig et Puce
Zig et Puce

1925... A la demande de Henry de Weindel et Camille Ducray, responsables d'éditions, Alain Saint-Ogan crée deux petits personnages chargés d'illustrer la dernière page du Dimanche-Illustré, supplément dominical au journal "Excelsior". Ainsi naissent Zig et Puce... Ils y font leurs débuts dans le n° 11 du 3 Mai 1925. Dans le n° 148 du 27 Décembre 1925, ces deux amis font la connaissance du pingouin Alfred ; lequel va leur devenir inséparable. Enorme succès : les lecteurs écrivent en masse et réclament leur présence plus régulière ; ce qui sera fait dès le n° 202 du 9 Janvier 1927. "Zig et Puce" ?... Au départ une succession de gags qui, au fur et à mesure, vont se transformer en récits plus denses, plus structurés. Le graphisme ?... Simple, clair, lisible. Révolution dans la lecture : Saint-Ogan va introduire ce que l'on appellera le "phylactère" de manière plus constante. La "BD" d'alors était plutôt "narrative", avec le textuel sous l'image. Le succès ?... La Grande Guerre est encore dans tous les esprits. Lire "Zig et Puce", s'est s'évader, rêver, vivre des aventures "exotiques" et -un peu- oublier la dure réalité de la vie d'alors. C'est aussi le début de ce qu'on nommera "les années folles". Des stars de l'époque vont "s'approprier" les personnages : Alfred deviendra la mascotte de Mistinguett, du président de la République, de Charles Lindbergh, ... Une véritable "explosion" avec -pour l'époque- un énorme merchandising. Zig et Puce, malgré leur retraite prise en 1956, sont encore dans beaucoup de mémoires -dont la mienne-. D'une certaine manière, je les ai retrouvés -d'une certaine façon- dans Quick et Flupke de Hergé. C'est tout simple, l'humour bon enfant, les situations cocasses ne tireraient même plus un sourire au lectorat actuel ; mais cela a un charme fou. Et c'est pour cela que je les apprécie franchement bien.

06/12/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Maus
Maus

Maus est une partie de la biographie de Vladek Spiegelman de confession juive et rescapé des atrocités de la seconde guerre mondiale. L’auteur, Art, fils de Vladek rend par la même occasion un touchant hommage à son père. Beaucoup ayant déjà été écrit sur l’histoire, je vais me contenter de dire que en refermant ce récit (une très belle intégrale d’ailleurs) on comprend que celui-ci a pu susciter autant d’engouement et être récompensé par le Pulitzer. Il se dégage de cette œuvre un je ne sais quoi indéfinissable un peu comme si celui-ci avait une âme. Au-delà de l’histoire, j’ai aimé la façon de traiter ce récit par l’utilisation de personnages animaliers qui tendent un peu à dédramatiser et qui amènent parfois le lecteur à sourire. Je n’ai pas trop aimé le dessin et je trouve que l’histoire est un peu trop souvent entrecoupée par les dialogues de Art avec son père ce qui engendre quelques longueurs, mais cela n’est que détails. En tout cas, l’achat et/ou la lecture est vivement conseillée.

05/12/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Blake et Mortimer
Blake et Mortimer

J’ai une affection toute particulière pour "Blake et Mortimer" car je me rappelle que lorsque l’on me reprochait de ne pas lire (mes classiques), je disais à mes parents : "mais regardez un peu tout le texte qu’il y a là-dedans !"... et ça passait toujours avec un petit sourire. En tout cas, pour l’époque, Jacobs était à la fois un dessinateur et un scénariste de grand talent bourré d’imagination et hormis "Le piège diabolique", j’aime beaucoup l’ensemble de la série. J’ai aimé aussi la reprise des personnages par d’autres dessinateurs qui dans l’ensemble ont su préserver l’esprit général avec notamment de bons volumes, tels "L’affaire Francis Blake" ou "L’étrange rendez-vous". Même si "Les sarcophages du 6ème continent" sont pour moi ratés, j’ai toujours plaisir à replonger dans une nouvelle histoire en espérant toujours une bonne surprise. Pour ceux que cela intéresse, je conseille vivement (si vous la trouvez encore…) l’édition spéciale du magazine Science et vie de 2003 intitulé "Blake et Mortimer face aux démons de la science", qui est vraiment très instructive et explique notamment comment Jacobs puisait toutes ses formidables idées.

05/12/2006 (modifier)
Par fonch001
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Larme Ultime
Larme Ultime

Nagasaki et Hiroshima sont des plaies béantes dans le coeur des japonais. L'auteur présente ici un plaidoyer anti-atomique en partant d'une question simple : Qu'arrivera-t-il à l'humanité, le jour où l'arme nucléaire perdra son effet de dissuasion ? La réponse de l'auteur est, vous l'aurez compris, pour le moins pessimiste. La présentation de ces arguments est pour le moins imagée puisque l'oeuvre est amenée comme un shojo manga dramatique où l'héroïne ne peut vivre pleinement son amour d'adolescente parce qu'elle est "l'arme ultime", une arme capable de rayer une ville de la surface du globe en quelques secondes. Oui mais voilà, Chise est une fille et elle ne fait donc pas peur... jusqu'à ce qu'il soit trop tard... Ce manga ressemble bien vite plus à "full metal jacket" de Kubrick qu'à Love Hina. Le dessin m'a déplu, c'est moche, minimaliste et vide. Nous avons des pages entières toutes blanches ou noires... Car l'objectif de l'auteur est de faire réfléchir plus que de montrer. De même, les questions incessantes des protagonistes montrent un malaise et tentent d'amener le lecteur à s'interroger. Mais tout cela ne plaira pas à tout le monde, répétitivité et pessimisme sont de rigueur. L'héroïne perpétuellement larmoyante est assez agaçante (encore plus en DVD car il y a le son en plus !), presque une parodie d'héroïne de shojo. Mais l'ensemble, plutôt réussi, montre bien le malheur des gens dépassés par les événements et solidaires dans l'immobilisme. L'auteur n'a aucune complaisance avec les autorités et la nature humaine. Malgré pas mal de défauts de forme, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre, ses propos et ces personnages. Ayant vu la série en DVD également, je vous conseille vivement cette dernière, qui reprend la totalité des 7 manga sans omission ni déformation de l'histoire mais avec une réalisation exceptionnelle (16/9, son 5.1, animation magnifique) qui tranche avec le minimalisme des manga.

05/12/2006 (modifier)
Couverture de la série Bob Marone
Bob Marone

J'ai bien aimé les deux tomes car les homosexuels sont présentés assez bien comme on est. Le petit côté mysogine est pas mal vu, lui non plus (notamment l'auto-stoppeuse éclaboussée, gnin gnin gnin !). C'est vraiment dans l'esprit des auteurs, décalé à souhait et foutrement moqueur de plein de choses. Il est vraiment dommage que Yann et Conrad aient abandonné cette série très prometteuse, et qui aurait pu faire un chouette pendant aux "Innommables".

05/12/2006 (modifier)
Par Pacman
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rex Mundi
Rex Mundi

La série est classée comme policier thriller, mais il s'agirait plutôt d'une uchronie. On part ici de l'hypothèse que la magie existe et que la séparation de l'église et de l'Etat n'a pas eu lieu. L'histoire se déroule dans les années 30. Ce qui est vraiment réussi dans cette fiction, c'est le background ; les personnages et la situation géopolitique semblent à la fois appartenir à deux époques : celle de la première croisade et celle du début du XXème siècle. Le volet magie est aussi très bien exploité, les auteurs n'en font pas trop et préservent bien le coté plausible. L'enquête aussi est traitée avec beaucoup de soin, mélangeant la recherche d'indices et les scènes d'action. Le dessin, bien que très typé comics, ce qui n'est pas vraiment mon dada, reste très agréable et original par certains côtés. Cerise sur le gâteau, un petit recueil de journaux "d'époque" en fin de tome, nous apporte quelques éclaircissements sur ce monde singulier, ainsi qu'une touche ambiance supplémentaire. Vous l'aurez compris, si la suite reste de ce niveau, c'est la note maximale qui se prépare. le 08/11/2010: enfin une suite aux enquêtes du Dr Saunière. On ne l'espérait plus après 5 ans d'attente! Je ne bouderais donc pas mon plaisir et conseillerais aux lecteurs potentiels de se lancer dans la lecture, la série devrait aboutir. Enfin, espérons...

04/12/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Maus
Maus

Maus ?.. c'est la vie de Vladek Spiegelman, un Juif rescapé des camps nazis, et de son fils -Art- auteur de BD. Une vie qui se déroule en deux "saisons" ; celle des années 30 suivies des années 70. Maus ?... Les Juifs y sont des souris ; les nazis des félins. Ces "animaux", pourtant n'ont absolument rien à voir avec un quelconque univers "disneyen". Cette série, fortement autobiographique, explore la vie de ces deux existences. Elle est d'ailleurs sous-titrée "un survivant raconte". Le textuel ?... Intelligent, sensible ; le tout dans un dessin minimaliste -certes- mais fort novateur. Une grande oeuvre, difficile d'accès pour moi qui suis plutôt des "30 glorieuses", mais que j'ai apprécié -doucement- plan par plan ; oeuvre expérimentale mais que chacun devrait posséder, ou du moins avoir lu.

04/12/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Arthur
Arthur

D'origine bretonne, je suis attaché à tout ce qui touche au celtisme et j'apprécie d'y trouver une vraie authenticité. Du mythe arthurien, je connais un certain nombre de versions, des Dames du Lac de M.Z. Bradley à l'Enchanteur de Barjavel en passant par Chrétien de Troyes en matière de romans, d'Excalibur à Merlin l'Enchanteur en matière de films, et des Héros Cavaliers à... heu... Kaamelott en matière de BD. Toutes m'ont plu par certains aspects et m'ont appris de nombreuses choses très différentes sur les différentes légendes qui forgent le mythe du Roi Arthur. Mais cette série, Arthur, m'a ravi par à la fois sa quête d'authenticité et ce qu'elle m'a encore davantage appris. Ici, pas d'Uther Pendragon, pas d'Excalibur fichée dans la roche, pas de Viviane la Dame du Lac, pas non plus d'occupants Romains sur le déclin, mais juste les peuplades Kymyr (bretons) face aux Lloegriens (Saxons) et autres Pictes, Gaels et Scots. Et pourtant dans ce décor historique réside de la véritable magie avec dragons antiques, puissants magiciens et artefacts enchantés. Du médiéval-fantastique quasiment crédible aux yeux d'un historien. Je trouve l'aspect graphique de cette BD excellent. Sobre et beau à la fois, offrant des décors et scènes de toute beauté, il se situe quelque part entre le médiéval historique et la fantasy. Ses couleurs aussi font dans la sobriété et la beauté discrète. Je regrette juste quelques faciès aux dents carnassières un peu répétitifs, mais pour le reste je trouve les planches de cette BD très jolies et surtout très agréables à lire. Quant au scénario, il faut bien avouer qu'il peut paraître difficile d'accès. Le récit est tellement bavard et dense qu'il vaut vraiment mieux avoir une bonne heure de tranquillité devant soi pour lire chaque tome. L'utilisation des noms gaéliques ou bretons originels (quoique je ne puisse pas le certifier) est à la fois attirant car plus authentique, mais aussi un peu rebutant car hormis Arthur, il faut réussir à "traduire" les noms de tous les autres personnages pour retrouver ses marques dans le mythe Arthurien. Et ces noms sont tellement inhabituels et difficiles à prononcer pour un lectorat français moderne qu'on s'y perd un peu dans les personnages, même si une lecture attentive permet de s'y retrouver sans trop de soucis. Mais passé ces difficultés, nous obtenons donc des albums au récit très dense, qui rendent véritablement honneur au Roi Arthur, Merlin, Guenièvre et leurs compagnons d'arme. J'ai été véritablement passionné par ma lecture, me laissant bercer par ce récit qui m'avait effrayé par son ampleur avant de l'entamer. Action, réflexion, magie, tout y est pour me donner envie d'aller voir toujours plus loin, dans l'attente de retrouver ainsi transposés les moments que je connaissais déjà du mythe Arthurien. En outre, au récit linéaire de leur épopée puis leur déclin s'ajoutent aussi par-ci par-là le récit d'autres légendes celtiques qui, quoiqu'elles apportent peu à l'intrigue principale, ajoutent à l'ambiance authentique et à ce que cette série apprend à son lecteur. A réserver aux amateurs du mythe Arthurien soucieux d'authenticité et qui n'ont pas peur voire se réjouissent comme moi d'un récit vraiment dense, mais ceux-là seront ravis et transportés par leur lecture comme je l'ai été.

04/12/2006 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Monsieur Jean
Monsieur Jean

Que de bon moments passés lors de la lecture de cette série racontant les péripéties de ce trentenaire. Le ton humoristique est toujours plein de finesse, sans jamais rentrer dans le vulgaire, ce qui est assez rare dans ce genre de série tant il est difficile de se renouveler. Pourtant, j’ai été un peu déçu par les deux derniers volumes (T6 et T7) car le contenu est devenu moins drôle et trop mélancolique à mon goût. Mais bon, dans son genre, c’est tout de même une série incontournable que je ne peux que vous conseiller de lire.

04/12/2006 (modifier)