Une histoire bien sympathique avec des personnages attachants. Le dessin est simple et très agréable à lire. On rentre tout de suite dans l'histoire qui est souvent émouvante (le passage à l'hôpital notamment). La psychologie des personnages est bien décrite et est quelquefois complexe (le père).
J'aime bien l'amour d'adolescence entre Hiroshi et Tomoko même si on sait d'avance comment ça va finir. Ce sont des petits moments de bonheurs comme il y en a bien d'autres dans ce manga. Je n'ai pas autant aimé que d'autres, mais je le conseille car c'est une bonne lecture avec une histoire très intéressante et beaucoup d'émotion de la part des personnages.
En veillant à peser la note donnée à cet œuvre, je me permets de rappeler en guise d’introduction à mon avis une règle du webmaster quant au dépôt de telle cotation :
"Cette note doit être réservée pour les BDs absolument cultes, hors du commun, qui marquent de leur empreinte la culture BD."
Vous l’aurez compris, je considère cet ouvrage de Loisel comme une référence de la BD, culte quant à son histoire d’abord. Loin de la version Disney, l’auteur nous propose une approche de ce conte empreinte de tendresse, d’amour, d’amitié, mais aussi de violence, de haine, de meurtres, d’abus d’enfants et d’autres thèmes plus contrastés les uns que les autres.
Dans cette approche originale vient se mêler les origines d’un tueur prénommé Jack, sévissant dans le Londres victorien de 1888...
Quant aux dessins et couleurs, c’est un travail splendide qui nous est offert. Je remarque une intention graphique tantôt sombre à Londres, tantôt vive au Pays Imaginaire. Le lecteur est constamment transporté dans ces lieux féeriques et cruels à la fois.
Le récit, qui souffre d’un ou deux petits passages plus lents, évolue en partie avec des éléments inédits et inattendus, vers une fin qui ne l’est pas moins.
La culture BD, du moins la mienne, est bien marquée par la lecture de cette histoire hors du commun. Voilà pourquoi je la conseille vivement...
Béh c'est un bon début ça. L'histoire de cette jeune femme qui va reprendre, suite à la mort de son époux, le poumon de son village, à savoir le Magasin général, est touchante.
Touchante dans le dessin, Marie a un visage attendrissant, le genre d'expression qui donne envie de la prendre dans ses bras et dans la narration qui est fluide. J'ai été un peu dérangé par pas mal de mots qui étaient coupés d'une ligne à l'autre par un tiré mais c'est du détail.
L'ambiance du village est franchement réussie, il se passe un tas de petites choses qui, prisent séparément, seraient sans importance, voire futiles, mais une fois réunies elles sont le coeur et l'âme de cet album, elles lui donnent vie. Loisel et Tripp transforment des petits rien en une succession d'instant Kodak (comprendre des scènes où l'émotion est flagrante).
Un 1er tome qui se finit de manière frustrante, on veut vraiment savoir la suite. Aucun doute que si les auteurs continuent sur cette voix, cette série deviendra culte.
A lire sans modération !
- Suite à la lecture du second tome, je monte ma note. Tout ce que je trouvais bien est meilleur et j'ai encore plus envi de lire la suite. Cette Bd est une véritable réussite et il n'y a guère de doute que ma note finale soit "Culte" tellement je prends du plaisir à lire et relire Magasin General.
- Eh bien voilà, j'ai dévoré "Les Hommes". Tout ce confirme, tout prend forme. J'ai adoré, nul doute ce 1er cycle est culte. C'est une Bd sur la vie et elle lui est fidèle. Chapeau.
C'est un petit bijou d'originalité.
Un dessin tout en noir et blanc qui met en valeur des personnages étranges.
Une histoire déroutante, où un gamin à la volonté tenace lutte pour ne pas subir la cruauté du monde hostile dans lequel il se retrouve soudainement plongé.
Aura-t-il la force d'aller jusqu'au bout ? Qui sera vainqueur, lui ou l'étrange communauté du phalanstère ?
Un suspens prodigieux.
C'est une BD qui ne paye pas de mine, de par son petit format et sa simplicité trompeuse au moment où l'on feuillette les pages, c'est une immense surprise, un moment d'égarement dans un lieu fantastique.
A lire ABSOLUMENT.
Très beau livre de la collection long courrier de Dargaud, entièrement muet. Je déconseillerais, cependant, cet ouvrage à ceux qui sont habitués à un style plus académique de bande dessinée.
On louera donc l’éditeur Dargaud d’avoir osé publier ce livre totalement anti-commercial qui aurait pu trouver sa place chez les indépendants.
Il faut dire que ce livre fait plus penser à une œuvre d’art graphique. Le dessin de Shaun Tan est magnifiquement expressif, renforcé par une très belle teinte sépia.
Concernant le scénario, il est parfois difficile de rentrer dans cette oeuvre, tant ce livre est une histoire de sensations. On ressent, plus qu’on ne comprend les difficultés du migrant : l’incommunicabilité, la difficulté de langage, les problèmes de déboussolage culturel, l’intégration difficile.
Shaun Tan étant fils d’immigrant, il est parfaitement informé des problèmes qu’a connus son père et on ressent cette angoisse permanente, que l'auteur mêle à un onirisme constant.
Une œuvre déroutante certes, mais à ne pas manquer…
Je ne reviendrais pas sur la polémique qui a entouré la sortie de cet album et les affaires avec Casterman ; Vilebrequin fait parti des très bonnes surprises de l’année (à mon avis).
Tout d’abord, on sent l’hommage appuyé au gentleman cambrioleur : Arsène Lupin de Maurice Leblanc ; mais ici le héros semble un peu plus perturbé psychologiquement, ce qui le rend plus attachant. Le scénario est en fait assez anodin, alternant flash-back et retour au présent. Les auteurs s’amusent surtout avec les états d’âme du narrateur marqués par l’omniprésence de la voix off du voleur en latex. L’humour est de mise, les personnages très bien caractérisés et les situations très amusantes.
Toute l’histoire tient finalement sur une histoire d’éponge, objet d’un piège machiavélique, mais aussi signe d’un déséquilibre schizophrénique. Cet album est donc un très bon cru qui gagne toute sa force grâce à la dernière édition enfin corrigée.
Cyril Pedrosa, le dessinateur de Ring Circus, s’attaque cette fois au domaine du conte dans la collection Shampooing de Delcourt. Cette histoire lui a été inspirée par une histoire vécue par un couple d’amis qui avait du faire face à la mort d’un très jeune enfant.
Si ce livre paraît être un pavé de 300 pages ; la lecture n’est pas du tout fastidieuse, chaque page se tourne avec envie, bien servie par le dessin inspiré et épuré de Pedrosa.
Ce livre est fondé sur le REFUS. Refus de l’inéluctabilité de la mort d’un enfant liée sans doute à la maladie ; Refus désespéré d’un père luttant contre des ennemis métaphoriques représentés par des ombres qui veulent lui « enlever » son fils ; Refus de laisser s’échapper le bonheur du cadre familial.
L’auteur arrive magnifiquement à faire basculer son récit dans l’onirisme et la réflexion : multipliant les symboles : le passage du fleuve, le retour aux sources, le mensonge et la rédemption dans le bateau, la parabole du tricheur…
Ce récit est donc rempli de très beaux moments d’émotions et peut constituer un très beau cadeau pour les fêtes de fin d’année.
Moi aussi j'ai succombé au charme suave de cet album. Séduite d'abord par les teintes douces et chaudes des planches (auxquelles -soit-dit en passant- la couverture ne rend pas justice), et influencée par les avis qui précèdent le mien, je l'ai acheté et l'ai dégusté come un merveilleux cocktail d'exotisme, de douceur et de finesse. Ce 1er tome nous présente des persos attachants : Alim humble parmi les humbles, qui s'interroge et doute, sa fille, espiègle, et le grand-père, sorte de vieux sage malicieux et roublard. On attend la suite avec impatience !
Tome 2 :
Première chose : la couverture ce coup-ci est réussie :D Par contre, ce qui me dérange un peu, c’est qu’elle m’évoque irrésistiblement le monastère tibétain de Lhassa. C’est dommage, je trouve, d’introduire cet ancrage dans le monde réel, au milieu d’une histoire qui paraissait jusque là typiquement prendre pied dans une Terre de Légende (;) ) totalement imaginaire. Mais passons.
Le récit semble nous être raconté à posteriori, alors, ou bien il va y avoir un rebondissement dans les prochains tomes, ou alors il y a une anomalie ; mais je n’en dirai pas plus. A voir. Toujours est-il que ce tome est beaucoup plus violent que le précédent ; violence incarnée en la personne de Torq Djihid. Ce climat de terreur alterne avec des scènes bucoliques, pleines de fraîcheur. La menace qui pèse sur les trois fugitifs est de plus en plus palpable, au fil des pages, et cette alternance, loin de dissiper le malaise, ne fait qu’accentuer la précarité de leur situation. Tout ça est servi par un dessin encore plus beau que dans le premier tome, mis en valeur par une subtile palette de teintes chaudes ou froides, en camaïeu ou en jeux de contrastes, mais toujours harmonieuses. J’en suis même venue à oublier que c’était du numérique, c’est dire ! :D
Bref, un second tome très recommandable. En plus, l’édition originale comporte un cahier réunissant les esquisses préparatoires et le résultat final de la couverture de ce tome ainsi que de la deuxième version de celle du premier.
Blacksad c'est d'abord un dessin magistral et un héros charismatique, dans la grande tradition du polar américain. Cette BD a fait, je crois, l'effet d'un coup de tonnerre parmi les bédéphiles, à sa sortie. Chaque personnage est représenté sous la forme de l'animal qui, dans la culture populaire, symbolise le mieux sa personnalité, son statut social ou son rôle dans l'histoire. C'est une idée géniale et, de surcroît, magnifiquement bien réalisée. Guarnido est un dessinateur extraordinairement talentueux et le succès de Blacksad est en grande partie le sien. Le scénario, quant à lui, un peu trop linéaire à mon goût pour le 1er tome, on sent qu'il a été beaucoup plus travaillé dans le second, à tout point de vue supérieur.
Tome 3
Le dessin est toujours aussi extraordinaire, même si je goûte assez peu les couleurs de la couverture. Le scénario est assez bon, mais il y a quand même 2 ou 3 ellipses un peu génantes, et qui nuisent à la crédibilité de l'histoire. Mais dans l'ensemble, c'est néanmoins un vrai plaisir de lecture, le personnage de Blacksad s'humanise (si l'on peut dire) et les seconds rôles, qui reviennent d'un tome à l'autre, contribuent à rendre la série attachante.
Excellent triptyque dans le genre policier / thriller !
L’histoire d’abord, assez classique mais noircie au maximum afin d’offrir au lecteur une ambiance lourde, malsaine, haineuse et dérangeante. L’auteur y parvient parfaitement. Le lecteur sombre grâce à cette série dans les travers les plus profonds de l’Être humain.
Les trois volumes racontent une seule et même histoire, mais abordée par les deux protagonistes principaux dans un premier temps, puis par un troisième intervenant, jusqu’à la conclusion finale qui relie l’ensemble de l’ouvrage.
Postulat original et parfaitement maîtrisé... Superbe !
Les dessins sont bien adaptés et réalistes, la palette des couleurs utilisées n’est pas très large; tant mieux, cela apporte le poids nécessaire à l’ambiance souhaitée sombre du récit.
En conclusion, série excellente, qui fait référence dans ce genre. Je la conseille ardemment !
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Quartier lointain
Une histoire bien sympathique avec des personnages attachants. Le dessin est simple et très agréable à lire. On rentre tout de suite dans l'histoire qui est souvent émouvante (le passage à l'hôpital notamment). La psychologie des personnages est bien décrite et est quelquefois complexe (le père). J'aime bien l'amour d'adolescence entre Hiroshi et Tomoko même si on sait d'avance comment ça va finir. Ce sont des petits moments de bonheurs comme il y en a bien d'autres dans ce manga. Je n'ai pas autant aimé que d'autres, mais je le conseille car c'est une bonne lecture avec une histoire très intéressante et beaucoup d'émotion de la part des personnages.
Peter Pan
En veillant à peser la note donnée à cet œuvre, je me permets de rappeler en guise d’introduction à mon avis une règle du webmaster quant au dépôt de telle cotation : "Cette note doit être réservée pour les BDs absolument cultes, hors du commun, qui marquent de leur empreinte la culture BD." Vous l’aurez compris, je considère cet ouvrage de Loisel comme une référence de la BD, culte quant à son histoire d’abord. Loin de la version Disney, l’auteur nous propose une approche de ce conte empreinte de tendresse, d’amour, d’amitié, mais aussi de violence, de haine, de meurtres, d’abus d’enfants et d’autres thèmes plus contrastés les uns que les autres. Dans cette approche originale vient se mêler les origines d’un tueur prénommé Jack, sévissant dans le Londres victorien de 1888... Quant aux dessins et couleurs, c’est un travail splendide qui nous est offert. Je remarque une intention graphique tantôt sombre à Londres, tantôt vive au Pays Imaginaire. Le lecteur est constamment transporté dans ces lieux féeriques et cruels à la fois. Le récit, qui souffre d’un ou deux petits passages plus lents, évolue en partie avec des éléments inédits et inattendus, vers une fin qui ne l’est pas moins. La culture BD, du moins la mienne, est bien marquée par la lecture de cette histoire hors du commun. Voilà pourquoi je la conseille vivement...
Magasin général
Béh c'est un bon début ça. L'histoire de cette jeune femme qui va reprendre, suite à la mort de son époux, le poumon de son village, à savoir le Magasin général, est touchante. Touchante dans le dessin, Marie a un visage attendrissant, le genre d'expression qui donne envie de la prendre dans ses bras et dans la narration qui est fluide. J'ai été un peu dérangé par pas mal de mots qui étaient coupés d'une ligne à l'autre par un tiré mais c'est du détail. L'ambiance du village est franchement réussie, il se passe un tas de petites choses qui, prisent séparément, seraient sans importance, voire futiles, mais une fois réunies elles sont le coeur et l'âme de cet album, elles lui donnent vie. Loisel et Tripp transforment des petits rien en une succession d'instant Kodak (comprendre des scènes où l'émotion est flagrante). Un 1er tome qui se finit de manière frustrante, on veut vraiment savoir la suite. Aucun doute que si les auteurs continuent sur cette voix, cette série deviendra culte. A lire sans modération ! - Suite à la lecture du second tome, je monte ma note. Tout ce que je trouvais bien est meilleur et j'ai encore plus envi de lire la suite. Cette Bd est une véritable réussite et il n'y a guère de doute que ma note finale soit "Culte" tellement je prends du plaisir à lire et relire Magasin General. - Eh bien voilà, j'ai dévoré "Les Hommes". Tout ce confirme, tout prend forme. J'ai adoré, nul doute ce 1er cycle est culte. C'est une Bd sur la vie et elle lui est fidèle. Chapeau.
Le phalanstère du bout du monde
C'est un petit bijou d'originalité. Un dessin tout en noir et blanc qui met en valeur des personnages étranges. Une histoire déroutante, où un gamin à la volonté tenace lutte pour ne pas subir la cruauté du monde hostile dans lequel il se retrouve soudainement plongé. Aura-t-il la force d'aller jusqu'au bout ? Qui sera vainqueur, lui ou l'étrange communauté du phalanstère ? Un suspens prodigieux. C'est une BD qui ne paye pas de mine, de par son petit format et sa simplicité trompeuse au moment où l'on feuillette les pages, c'est une immense surprise, un moment d'égarement dans un lieu fantastique. A lire ABSOLUMENT.
Là où vont nos pères
Très beau livre de la collection long courrier de Dargaud, entièrement muet. Je déconseillerais, cependant, cet ouvrage à ceux qui sont habitués à un style plus académique de bande dessinée. On louera donc l’éditeur Dargaud d’avoir osé publier ce livre totalement anti-commercial qui aurait pu trouver sa place chez les indépendants. Il faut dire que ce livre fait plus penser à une œuvre d’art graphique. Le dessin de Shaun Tan est magnifiquement expressif, renforcé par une très belle teinte sépia. Concernant le scénario, il est parfois difficile de rentrer dans cette oeuvre, tant ce livre est une histoire de sensations. On ressent, plus qu’on ne comprend les difficultés du migrant : l’incommunicabilité, la difficulté de langage, les problèmes de déboussolage culturel, l’intégration difficile. Shaun Tan étant fils d’immigrant, il est parfaitement informé des problèmes qu’a connus son père et on ressent cette angoisse permanente, que l'auteur mêle à un onirisme constant. Une œuvre déroutante certes, mais à ne pas manquer…
Vilebrequin
Je ne reviendrais pas sur la polémique qui a entouré la sortie de cet album et les affaires avec Casterman ; Vilebrequin fait parti des très bonnes surprises de l’année (à mon avis). Tout d’abord, on sent l’hommage appuyé au gentleman cambrioleur : Arsène Lupin de Maurice Leblanc ; mais ici le héros semble un peu plus perturbé psychologiquement, ce qui le rend plus attachant. Le scénario est en fait assez anodin, alternant flash-back et retour au présent. Les auteurs s’amusent surtout avec les états d’âme du narrateur marqués par l’omniprésence de la voix off du voleur en latex. L’humour est de mise, les personnages très bien caractérisés et les situations très amusantes. Toute l’histoire tient finalement sur une histoire d’éponge, objet d’un piège machiavélique, mais aussi signe d’un déséquilibre schizophrénique. Cet album est donc un très bon cru qui gagne toute sa force grâce à la dernière édition enfin corrigée.
Trois ombres
Cyril Pedrosa, le dessinateur de Ring Circus, s’attaque cette fois au domaine du conte dans la collection Shampooing de Delcourt. Cette histoire lui a été inspirée par une histoire vécue par un couple d’amis qui avait du faire face à la mort d’un très jeune enfant. Si ce livre paraît être un pavé de 300 pages ; la lecture n’est pas du tout fastidieuse, chaque page se tourne avec envie, bien servie par le dessin inspiré et épuré de Pedrosa. Ce livre est fondé sur le REFUS. Refus de l’inéluctabilité de la mort d’un enfant liée sans doute à la maladie ; Refus désespéré d’un père luttant contre des ennemis métaphoriques représentés par des ombres qui veulent lui « enlever » son fils ; Refus de laisser s’échapper le bonheur du cadre familial. L’auteur arrive magnifiquement à faire basculer son récit dans l’onirisme et la réflexion : multipliant les symboles : le passage du fleuve, le retour aux sources, le mensonge et la rédemption dans le bateau, la parabole du tricheur… Ce récit est donc rempli de très beaux moments d’émotions et peut constituer un très beau cadeau pour les fêtes de fin d’année.
Alim le tanneur
Moi aussi j'ai succombé au charme suave de cet album. Séduite d'abord par les teintes douces et chaudes des planches (auxquelles -soit-dit en passant- la couverture ne rend pas justice), et influencée par les avis qui précèdent le mien, je l'ai acheté et l'ai dégusté come un merveilleux cocktail d'exotisme, de douceur et de finesse. Ce 1er tome nous présente des persos attachants : Alim humble parmi les humbles, qui s'interroge et doute, sa fille, espiègle, et le grand-père, sorte de vieux sage malicieux et roublard. On attend la suite avec impatience ! Tome 2 : Première chose : la couverture ce coup-ci est réussie :D Par contre, ce qui me dérange un peu, c’est qu’elle m’évoque irrésistiblement le monastère tibétain de Lhassa. C’est dommage, je trouve, d’introduire cet ancrage dans le monde réel, au milieu d’une histoire qui paraissait jusque là typiquement prendre pied dans une Terre de Légende (;) ) totalement imaginaire. Mais passons. Le récit semble nous être raconté à posteriori, alors, ou bien il va y avoir un rebondissement dans les prochains tomes, ou alors il y a une anomalie ; mais je n’en dirai pas plus. A voir. Toujours est-il que ce tome est beaucoup plus violent que le précédent ; violence incarnée en la personne de Torq Djihid. Ce climat de terreur alterne avec des scènes bucoliques, pleines de fraîcheur. La menace qui pèse sur les trois fugitifs est de plus en plus palpable, au fil des pages, et cette alternance, loin de dissiper le malaise, ne fait qu’accentuer la précarité de leur situation. Tout ça est servi par un dessin encore plus beau que dans le premier tome, mis en valeur par une subtile palette de teintes chaudes ou froides, en camaïeu ou en jeux de contrastes, mais toujours harmonieuses. J’en suis même venue à oublier que c’était du numérique, c’est dire ! :D Bref, un second tome très recommandable. En plus, l’édition originale comporte un cahier réunissant les esquisses préparatoires et le résultat final de la couverture de ce tome ainsi que de la deuxième version de celle du premier.
Blacksad
Blacksad c'est d'abord un dessin magistral et un héros charismatique, dans la grande tradition du polar américain. Cette BD a fait, je crois, l'effet d'un coup de tonnerre parmi les bédéphiles, à sa sortie. Chaque personnage est représenté sous la forme de l'animal qui, dans la culture populaire, symbolise le mieux sa personnalité, son statut social ou son rôle dans l'histoire. C'est une idée géniale et, de surcroît, magnifiquement bien réalisée. Guarnido est un dessinateur extraordinairement talentueux et le succès de Blacksad est en grande partie le sien. Le scénario, quant à lui, un peu trop linéaire à mon goût pour le 1er tome, on sent qu'il a été beaucoup plus travaillé dans le second, à tout point de vue supérieur. Tome 3 Le dessin est toujours aussi extraordinaire, même si je goûte assez peu les couleurs de la couverture. Le scénario est assez bon, mais il y a quand même 2 ou 3 ellipses un peu génantes, et qui nuisent à la crédibilité de l'histoire. Mais dans l'ensemble, c'est néanmoins un vrai plaisir de lecture, le personnage de Blacksad s'humanise (si l'on peut dire) et les seconds rôles, qui reviennent d'un tome à l'autre, contribuent à rendre la série attachante.
Berceuse assassine
Excellent triptyque dans le genre policier / thriller ! L’histoire d’abord, assez classique mais noircie au maximum afin d’offrir au lecteur une ambiance lourde, malsaine, haineuse et dérangeante. L’auteur y parvient parfaitement. Le lecteur sombre grâce à cette série dans les travers les plus profonds de l’Être humain. Les trois volumes racontent une seule et même histoire, mais abordée par les deux protagonistes principaux dans un premier temps, puis par un troisième intervenant, jusqu’à la conclusion finale qui relie l’ensemble de l’ouvrage. Postulat original et parfaitement maîtrisé... Superbe ! Les dessins sont bien adaptés et réalistes, la palette des couleurs utilisées n’est pas très large; tant mieux, cela apporte le poids nécessaire à l’ambiance souhaitée sombre du récit. En conclusion, série excellente, qui fait référence dans ce genre. Je la conseille ardemment !