Comment passer à côté de cette Bd à la couverture divinement diabolique, fouteuse de merde au pays des cathos, si Dieu fornique avec le Diable je veux bien me convertir illico, je cours à l’église faire mes prières et les implorer d’exaucer mes vœux, qu’ils se vautrent encore et encore dans la luxure et le foutre. J’ai envie de placarder cette monstrueuse couverture sur les murs de ma ville, et voir le lendemain les gueules décomposées des porteurs de reliques au petit monstre crucifié. Les Dieux sont bons, réjouissons-nous, ils ont créé l’homme et ils ont créé Fretet, qui lui doit vénérer le Dieu Bite, car plus grand hommage à la chose ne pouvait être fait.
Passons sur le dessin juste sublime en accord parfait avec le genre, réaliste au poil près, au découpage céleste et aux couleurs marronnasses (…). On pourrait presque enlever le graphisme car la narration est tout aussi excitante que le visuel, directe et lubrique, elle n’a pas peur des mots et nous les sert tous crus, miam ! La jouissance, l’interdit et une certaine violence sont les bases de ces histoires toutes percutantes et parfois surprenantes, la troisième fait même l'exploit d‘un humour assez déculotté. On devient voyeur avec Odeur de mâles, tant on a la sensation de faire partie du décor, on se retrouve dans un coin de la pièce ou derrière un miroir sans tain, c'est une pure délectation.
Ah ! Les hommes ! je peux vous entendre d’ici dire que c’est pour les homos, et moi j’ai envie de vous dire : n’êtes-vous pas tentés par l’aventure ? Ne faut-il pas essayer pour porter un jugement juste ? Demandez à Satan de vous accorder un petit coup de folie et de vous risquer enfin à l’interdit social. Haut les cœurs mes chéris, ou plutôt devrais-je dire, haut les bites ! Car l’érection fait indéniablement partie des merveilles de ce monde et l’orgasme la chose la plus délicieuse qu’on ait jamais goûtée.
Bienvenue en – 40 000 avant JC pour y suivre les aventures de la famille Dotcom, Spam et Blog les parents, Url et Web les enfants.
Tome 1
Cet album est tout simplement un vrai régal. La façon dont notre société contemporaine est caricaturée et transposée en pleine préhistoire est une petite merveille d’ingéniosité. Le récit est bourré de références à l’actualité récente, toutes plus drôles les unes que les autres. Du cours de Préhistoire-Géo aux manifs alter Darwinistes, en passant par les caricatures de Mahomet, l’éventail est très large. Difficile de compter tous ces clins d’œil. Ce qui est sûr c’est qu’à chaque fois les gags font mouche.
Tout est prétexte à une bonne rigolade, qu’il s’agisse des jeux de mots, des dialogues, des détournements de nom commun, ou simplement de petits détails en arrière plan. Le dessin simple joue également bien son rôle et les quelques caricatures de personnalités qui viennent se glisser au milieu d’une galerie de personnages, déjà bien riche en couleurs, tombent à point.
En résumé, gros coup de cœur et fous rires à toutes les pages pour ce qui constitue sans doute le meilleur album de l’auteur.
Tome 2
Toujours autant de bon moments dans ce second opus. Une nouvelle fois il est rempli de jeux de mots mêlant pré-histoire et nouvelles technologies. Et il y a évidement le lot de situations cocasses faisant un parallèle avec l'actualité assez récente. Cela fonctionne toujours aussi bien.
Donc si vous avez aimé le premier tome, vous ne serez pas déçu. Et si vous n'aviez pas aimé, vous ne changerez sans doute pas d'avis.
Avant d’entamer l’album je me suis dit : « houlà, encore un recueil de blagues sur la droite, parfait pour lire sur les toilettes… ». Eh bien en fait non. Au travers de la personne de Charles Pasqua, c’est l’histoire d’un système, de l’immédiat après-guerre à nos jours, qui est passé au crible dans cet album. Les deux co-scénaristes prennent le temps de bien installer les personnages, de faire si besoin est des retours en arrière, sur la carrière du plus gaulliste des gaullistes. L’argument est le récit par Nicolas Sarkozy, fraîchement réélu (sic) à son fils Jean, neuneu désoeuvré avide d’écouter l’histoire de Tonton Charles. Au début je me suis dit que c’était très fantaisiste (les services rendus à la maison Ricard, par exemple), mais peu à peu dès qu’on a approché les années 1968 et suivantes, le récit se fait plus précis, en même temps que Pasqua affirme sa stature… Du coup c’en devient presque passionnant, on se retrouve dans les rouages du pouvoir, on scrute les mesquineries et les coups bas qui sont alors devenus monnaie courante –et presque légaux- au sein des appareils d’Etat…
Je ne suis pas forcément fan du trait de Pascal Gros, proche de celui de Tignous, mais pour une caricature politique, c’est parfait !
Informatif, drôle, impertinent, voilà un album qui est intéressant dans la nébuleuse politico-caricaturale.
Monkey bizness est un livre plutôt sombre, avec toujours ce petit côté "Tarantino" que l'on retrouve dans certaines oeuvres du Label 619 tel que Mutafukaz. L'univers est des plus agréables et une suite ne serait vraiment pas de refus. Le design des personnages est des plus réussis, agréable, et reflète bien la personnalité des personnages (qui en passant est très forte). Les animaux sont mis à la place des hommes, dans une ville du nom de Los Animales, et sont confrontés à des situations identiques à ceux-ci. La narration est vraiment excellente, et le bouquin se lit (et relit) vraiment très facilement. Plusieurs pauses sont habilement marquées, pour permettre au lecteur de reprendre son souffle.
Le bouquin est de très grande qualité, mais on a l'habitude avec Ankama Édition, si bien qu'un prix plus cher ne m'aurait pas forcément étonné. Je ne peux que vous suggérer de vous laisser tenter par cette petite perle.
J'ai instant hésité à mettre 5/5, peut-être s'il y a une suite je monterais ma note. Mon coup de cœur du moment.
Phoenix nous laisse irrémédiablement songer à cet oiseau majestueux, renaissant de ses cendres. Au-delà de cette image mystique, le sujet abordé dans ce premier album est beaucoup plus dramatique. Il s’agit en tout autre chose de la science, non pas celle de tous les jours, plutôt la face plus sombre, une science dont le dessein serait de servir des intérêts moins philanthropiques. Un dérapage ? Des cobayes humains ? Le mystère reste entier, comme pour notre héros cherchant au plus profond de sa mémoire les réponses à toutes ces questions.
Récit intense et effrayant à la fois, ce premier tome s’avère d’une efficacité de taille, flirtant un brin avec cette fameuse série des années 60 : La Quatrième Dimension ! Jean-Charles Gaudin, le scénariste, nous en donne pour notre argent, si j’ose m’exprimer ainsi. Un scénario bien ficelé ne divulguant rien sur son issue, un découpage qui rebondit toujours où il faut, avant le moment fatidique, rien n’est laissé au hasard par Jean-Charles Gaudin qui prouve avec virtuosité qu’il est maître de son scénario !
Qui plus est, avec Peynet au dessin, « Phoenix » a des envergures de polar fantastique qui risque bien d’être un ouvrage en la matière. L’assurance du trait donne de la profondeur aux décors, mais plus encore, Peynet arrive avec brio à garder intacte l’ambiguïté des personnages. Il suffit pour comprendre cela de regarder les scènes où tout bascule pour Jonathan ! Ames sensibles, s’abstenir ! Amoureux de la peur et de l’étrange, eux, s’en donneront à cœur joie et garderont même une impression de frisson après lecture !
Autant le dire tout de suite : la série est très bonne à mon sens.
Le thème est délicieux entre U-29 et Sanctuaire, il mêle classiquement des nazis, de la technologie et une petite dose de surnaturel. Je ne suis pourtant pas fana des thèmes ésotériques mais je ne suis pas contre un dieu en colère à l'occasion.
L'histoire commence, le récit est varié et dense, la notion de l'écoulement du temps est très bien rendue : le temps de l'histoire, mais aussi le temps du récit, avec constamment des effets discrets qui dynamisent la lecture (jolie balade en Ecosse en six cases dans le village au début du tome 2, saisissante planche au moment de l'allocution de "Youss" en fin du tome 1).
L'histoire se lit dans les cases, mais les dessins eux même aussi sont porteur de sens (le mouchoir brodé du savant en est un exemple). La relecture est très plaisante.
Du très bon tout le long, mon coup de cœur du moment.
La trame de l'histoire relative à la mort de tous les enfants à l'âge de 6 ans est évidemment effroyable, la narration est surprenante et lourde de sous-entendus à venir.
Malgré les avis précédents je confirme mon intérêt pour cette série dont je ne manquerai pas les prochains épisodes.
J'ai été bluffé par ce récit très touchant.
La première chose qui marque chez cette BD est son titre, long et peu vendeur au demeurant.
Le dessin basé sur des crayonnés gris est réaliste et de toute beauté, l'image en galerie vous permettra de vous en faire une idée. J'ai été conquis par le rendu très détaillé.
Gwangjo a su parfaitement mettre en images ce scénario subtile de Corbeyran.
L'histoire se découpe en deux parties distinctes. La première permet de découvrir les 2 personnages principaux et ce qui les relie (voir la brève description). On reste incrédule devant ces pages qui défilent. La seconde partie donne alors toute sa valeur au récit. On passe dans le pur roman graphique où les personnages sont mis en avant et se dévoilent.
Je ne veux pas spoiler mais j'ai été surpris par la tournure de l'histoire. Malgré l'aspect dramatique de ce one shot, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour le traitement du scénario et sa richesse humaine.
Je retrouve avec ce titre le grand Corbeyran que j'appréciais.
A découvrir de toute urgence.
Chouette découverte, les personnages animaliers m’ont tout de suite fait tilt, ça m’avait l’air de sentir bon l’humour décalé et c’est bien le cas. Eldiablo passe à la moulinette nos comportements humains plus proches de l’instinct animal que de la raison, des personnalités en prennent plein la tronche et c’est tant mieux, tant pis pour eux. Sublimement bien écrit et fatalement impoli, on a droit à un remake dans le genre gangsters enragés qu’il vaut mieux ne pas contrarier. A Los Animales ville de tous les vices, c’est la loi du plus fort et les flics n’ont qu’à bien se tenir. Les sans poil bipèdes existent et oui les auteurs ne nous ont pas oubliés, les pauvres humains que nous sommes sont parqués dans la forêt avoisinante, en une réserve de bêtes de combats. Les jeux de mots foisonnent et sont excellents, tous les travers - ou presque - de notre société y passent, c'est juste jouissif.
Concernant le graphisme, à première vue il paraît un peu brouillon et il l’est par moments, il faut faire un petit effort pour décrypter certaines cases, cela dit au fil des pages le dessin devient de plus en plus clair. J’aime beaucoup le style de Pozla mais un tout petit poil de lisibilité en plus et ce serait génial. Les couleurs sont vraiment sympas et pas criardes, avec un passage en noir et blanc qui expose le passé d’un des personnages. Le papier mat est le bienvenu et n’aveugle pas sous les reflets de la lampe.
Je pense que c’est un one shot, rien ne dit qu’il y aura une suite, mais franchement elle est la bienvenue.
Un petit plus inestimable : son prix on ne peut plus raisonnable pour 104 planches !
Une BD surprenante, mais captivante.
Une histoire sombre, mais une BD lumineuse.
Du début à la fin, l’histoire est maléfique, mystérieuse.
Julie, la jeune braconnière aux yeux si…étranges fera chavirer les corps dans l’amour, dans la haine ou dans le doute. Personne ne restera indifférent, dans cette histoire, aux charmes énigmatiques de cette fille sans morale et aux désirs si particuliers. Bernard succombera à son mystère, mais supportera-t-il cet amour inconditionnel, exigeant et dérangeant exigé par Julie ?
Sarah, la grande sœur de Bernard, acceptera cet amour ?
Quel est le mystère le plus lourd à porter ? Quelle est la plus folle des familles ? Quel passé tragique a agité les deux familles ? Quel futur dramatique les attend ?
On dirait du Stendal, on dirait de la grande littérature, mais cela reste une BD.
Elle n’est pas facile à lire, loin s’en faut. Le texte déjà est moitié littéraire, moitié poétique, 100% atypique.
Voici ce qui m’est venu après lecture du premier tome….
Et ce n’est que le début !
Le scénario est pesant du début à la fin, certaines scènes sont véritablement oppressantes.
Une fois de plus, la folie des hommes mène la danse. Une danse macabre.
Le tout baigne de plus dans l’ambiance électrique chargée de la révolution française de 1848. Le conflit latent, encore lointain se tramant dans la capitale, la police, les politiques…On sent l’ambiance moite de l’époque suinter à chaque page.
Yslaire réussit à poser une ambiance sombre et torturée à souhait.
Cette série est une vraie révolution. Révolution de 1848. Révolution dans la manière dont le dessin est manié. Révolution dans l'atmosphère qui s'impose avec une facilité déconcertante. Révolution dans le monde de la BD avec cette série très très loin des productions commerciales dont on nous surine le cerveau.
On s'attend au pire à chaque respiration. Le scénario loin de nous bercer, nous attrape et nous secoue les viscères, nous hypnotise et nous emporte dans ce monde où l'amour et la haine n'ont jamais été aussi proche de n'être qu'un.
Les personnages centraux de Bernard et de Julie sont magnifiques. Pourtant, l'aura de Julie dépasse tous les autres. Son charisme est impressionnant. Sa haine, sa passion, son mystère agisse comme un véritable aimant et la beauté physique de la belle en devient presque secondaire.
Le mystère des deux familles s'épaissit au fil des 2 premiers tomes, mais alors que dans d'autres bandes dessinées, nous nous serions plaints de ne pas avoir suffisamment de réponses, ici, nous nous régalons de tant d'ambiguïté.
Julie jusqu'au bout hantera cette série comme l’un des caractères féminins les plus extraordinaires du monde de la BD. Son aura, son charisme, sa beauté étrange, son caractère incontrôlable marqueront à jamais de leurs sceaux l’art de la Bande Dessinée.
Une histoire où la passion l’emporte de loin sur la raison.
Si seuls les talents de conteurs étaient à l’œuvre dans cette série…Mais une grande part du succès vient aussi du dessin.
Yslaire joue avec une maestria rare avec les couleurs, les formes, les cadrages et les mises en page. Tout transpire la grande inspiration à chaque page.
Le dessin monochrome sombre, avec ces tâches de rouge/roux qui éclabousse l’image tel le sang versé depuis des ans et qui ternit l’Histoire. Le rouge LA Couleur de la série. La couleur de l’amour mais aussi de la mort. Jamais le rouge n’avait été aussi lourd de signification. Un rouge tranchant comme une guillotine sur le reste du dessin.
L'ambiance que le dessinateur réussit à donner à la BD vaut pour une grande part dans la réussite de cette série.
Ce dessin tout en nuances de noir avec ces touches de rouge qui nous éclaboussent est vraiment, vraiment, de toute beauté. Pour le style du trait en lui-même, les choses sont plus difficiles à classifier. Le trait semble souple, presque élastique parfois, mais toujours droit, de temps à autre légèrement déformé ce qui rajoute au malaise déjà en place, les corps, les visages et les décors prenant alors des allures encore plus malsaines.
Nous pourrions craindre en regardant rapidement, en feuilletant les pages au hasard des bacs de notre libraire préféré que le dessin de soit fatiguant et monotone, tout en nuance de noirs et gris profonds. Pourtant, Yslaire en profite pour jouer avec la lumière et les ombres avec talent. Qui plus est seuls les rouges et autres couleurs approchantes percent dans ces tableaux livrés par Yslaire. La mort et le sang n'en ont ainsi qu'un goût plus prononcé.
Une force et une émotion insensées se dégagent à chaque page.
Une sensation extrêmement rare en BD.
L’association se prouve encore une fois éditeur des ces auteurs sans qualité graphique évidente, mais à l’idée narrative précise et intéressante.
Dans notre cas il s’agira pour deux candidates à l’intégration dans le monde playboy de découvrir la destinée de deux icônes de l’érotisme dans les années 50 et 70. Si les quelques dernières pages permettront d’avoir une histoire au récit par une pirouette scénaristique, il s’agit tout de même d’illustrer la vie de Betty Page, la célèbre pin-up, et Linda Lovelace, star de Gorge Profonde.
Niveau dessin, pas d’espoir, l’ensemble en noir et blanc parait sommairement s’occuper d’une notion de réalisme pictural, de perspectives et de proportions. Qu’à cela ne tienne le trait n’en demeurera pas moins incisif pour illustrer les propos. Si l’inesthétisme m’a tout de même gêné, les moments d’érotisme et de profonde détresse me paraissent en revanche bien rendus.
Le scénario nous narre avec de très courts passages à notre époque les épopées de ces deux femmes ayant marqué leur époque. Tout y passe, de l’arrivée dans le domaine érotique / pornographique à la fin et même après. Très bien documentée, l’auteur nous montre le destin hors du commun de deux femmes face à leur image dans la société. Il ne s’agit plus de l’envers du décor (quoiqu’il soit tout de même bien décrit) mais aussi de l’évolution de nos deux héroïnes après avoir été des icônes sexuelles. Présentées assez objectivement, ces destins m’on fait froid dans le dos tant le constat pour l’humain est implacable. Sur ce plan faire découvrir le côté obscur des paillettes par le grand producteur X me paraissait un très bon choix sortant de la dénonciation vaine. Le contexte étant : vous deux jeunes aujourd’hui souhaitez vous dénuder pour devenir des icônes, avant de vous faire signer je veux être sûr que vous soyez conscientes des enjeux annexes que ce choix vous imposera ?
Hélas viennent les dernières planches qui foutent tout en l’air. Dans une interview l’auteur raconte qu’elle souhaitait cette pirouette scénaristique pour ne pas donner l’impression de faire la morale. Ce choix fait basculer un bon récit biographique dans quelque chose que je n’aime pas du tout.
D’abord car cela revient à dire que tout ce qui est narré se fait dans un objectif pécuniaire sans aucun intérêt pour son prochain (les parents payent pour que leur fille ne deviennent pas playmate). En tant que tel à la limite on pourrait voir une vision complètement noire de la situation où finalement dans tous les cas tout le monde profite de tout le monde, mais cela arrive trop comme un cheveu sur la soupe pour que ce soit vraiment noir et crédible.
Ensuite et surtout cela veut clairement dire je m’en lave les mains : je viens de décrire un truc factuel qui montre l’influence et les conséquences sur un être de ses choix, mais comme je ne veux pas distinguer de bon et de mauvais surtout je relativise tout de suite, quitte à sacrifier la crédibilité de mon récit. Un peu comme si un enquêteur venait prouver de la culpabilité de suspect sur un meurtre, qu’il montre tout au jury et juste après dise, qu’en fait il est fou et qu’il ne faut pas l’écouter…
Dommage, très dommage de suivre la dramatique croyance que tout se vaut, cela vient pourrir un bon récit biographique. A lire pour en apprendre un peu plus sur ces deux icônes sexuelles et coup de cœur pour cette recherche documentaire si riche et bien présentée. Nul doute que si vous êtes plus dans votre temps que moi vous pourrez adorer cet album. j'en conseille même l'achat car vraiment le contenu est intéressant propose un coup de coeur car sans ce discours final que j'ai détesté et qui pénalise tout le récit l'album aurait mérité un bon
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Odeur de Mâles
Comment passer à côté de cette Bd à la couverture divinement diabolique, fouteuse de merde au pays des cathos, si Dieu fornique avec le Diable je veux bien me convertir illico, je cours à l’église faire mes prières et les implorer d’exaucer mes vœux, qu’ils se vautrent encore et encore dans la luxure et le foutre. J’ai envie de placarder cette monstrueuse couverture sur les murs de ma ville, et voir le lendemain les gueules décomposées des porteurs de reliques au petit monstre crucifié. Les Dieux sont bons, réjouissons-nous, ils ont créé l’homme et ils ont créé Fretet, qui lui doit vénérer le Dieu Bite, car plus grand hommage à la chose ne pouvait être fait. Passons sur le dessin juste sublime en accord parfait avec le genre, réaliste au poil près, au découpage céleste et aux couleurs marronnasses (…). On pourrait presque enlever le graphisme car la narration est tout aussi excitante que le visuel, directe et lubrique, elle n’a pas peur des mots et nous les sert tous crus, miam ! La jouissance, l’interdit et une certaine violence sont les bases de ces histoires toutes percutantes et parfois surprenantes, la troisième fait même l'exploit d‘un humour assez déculotté. On devient voyeur avec Odeur de mâles, tant on a la sensation de faire partie du décor, on se retrouve dans un coin de la pièce ou derrière un miroir sans tain, c'est une pure délectation. Ah ! Les hommes ! je peux vous entendre d’ici dire que c’est pour les homos, et moi j’ai envie de vous dire : n’êtes-vous pas tentés par l’aventure ? Ne faut-il pas essayer pour porter un jugement juste ? Demandez à Satan de vous accorder un petit coup de folie et de vous risquer enfin à l’interdit social. Haut les cœurs mes chéris, ou plutôt devrais-je dire, haut les bites ! Car l’érection fait indéniablement partie des merveilles de ce monde et l’orgasme la chose la plus délicieuse qu’on ait jamais goûtée.
Silex and the city
Bienvenue en – 40 000 avant JC pour y suivre les aventures de la famille Dotcom, Spam et Blog les parents, Url et Web les enfants. Tome 1
Cet album est tout simplement un vrai régal. La façon dont notre société contemporaine est caricaturée et transposée en pleine préhistoire est une petite merveille d’ingéniosité. Le récit est bourré de références à l’actualité récente, toutes plus drôles les unes que les autres. Du cours de Préhistoire-Géo aux manifs alter Darwinistes, en passant par les caricatures de Mahomet, l’éventail est très large. Difficile de compter tous ces clins d’œil. Ce qui est sûr c’est qu’à chaque fois les gags font mouche.
Tout est prétexte à une bonne rigolade, qu’il s’agisse des jeux de mots, des dialogues, des détournements de nom commun, ou simplement de petits détails en arrière plan. Le dessin simple joue également bien son rôle et les quelques caricatures de personnalités qui viennent se glisser au milieu d’une galerie de personnages, déjà bien riche en couleurs, tombent à point.
En résumé, gros coup de cœur et fous rires à toutes les pages pour ce qui constitue sans doute le meilleur album de l’auteur.
Tome 2
Toujours autant de bon moments dans ce second opus. Une nouvelle fois il est rempli de jeux de mots mêlant pré-histoire et nouvelles technologies. Et il y a évidement le lot de situations cocasses faisant un parallèle avec l'actualité assez récente. Cela fonctionne toujours aussi bien.
Donc si vous avez aimé le premier tome, vous ne serez pas déçu. Et si vous n'aviez pas aimé, vous ne changerez sans doute pas d'avis.
La Droite !
Avant d’entamer l’album je me suis dit : « houlà, encore un recueil de blagues sur la droite, parfait pour lire sur les toilettes… ». Eh bien en fait non. Au travers de la personne de Charles Pasqua, c’est l’histoire d’un système, de l’immédiat après-guerre à nos jours, qui est passé au crible dans cet album. Les deux co-scénaristes prennent le temps de bien installer les personnages, de faire si besoin est des retours en arrière, sur la carrière du plus gaulliste des gaullistes. L’argument est le récit par Nicolas Sarkozy, fraîchement réélu (sic) à son fils Jean, neuneu désoeuvré avide d’écouter l’histoire de Tonton Charles. Au début je me suis dit que c’était très fantaisiste (les services rendus à la maison Ricard, par exemple), mais peu à peu dès qu’on a approché les années 1968 et suivantes, le récit se fait plus précis, en même temps que Pasqua affirme sa stature… Du coup c’en devient presque passionnant, on se retrouve dans les rouages du pouvoir, on scrute les mesquineries et les coups bas qui sont alors devenus monnaie courante –et presque légaux- au sein des appareils d’Etat… Je ne suis pas forcément fan du trait de Pascal Gros, proche de celui de Tignous, mais pour une caricature politique, c’est parfait ! Informatif, drôle, impertinent, voilà un album qui est intéressant dans la nébuleuse politico-caricaturale.
Monkey Bizness
Monkey bizness est un livre plutôt sombre, avec toujours ce petit côté "Tarantino" que l'on retrouve dans certaines oeuvres du Label 619 tel que Mutafukaz. L'univers est des plus agréables et une suite ne serait vraiment pas de refus. Le design des personnages est des plus réussis, agréable, et reflète bien la personnalité des personnages (qui en passant est très forte). Les animaux sont mis à la place des hommes, dans une ville du nom de Los Animales, et sont confrontés à des situations identiques à ceux-ci. La narration est vraiment excellente, et le bouquin se lit (et relit) vraiment très facilement. Plusieurs pauses sont habilement marquées, pour permettre au lecteur de reprendre son souffle. Le bouquin est de très grande qualité, mais on a l'habitude avec Ankama Édition, si bien qu'un prix plus cher ne m'aurait pas forcément étonné. Je ne peux que vous suggérer de vous laisser tenter par cette petite perle. J'ai instant hésité à mettre 5/5, peut-être s'il y a une suite je monterais ma note. Mon coup de cœur du moment.
Phoenix
Phoenix nous laisse irrémédiablement songer à cet oiseau majestueux, renaissant de ses cendres. Au-delà de cette image mystique, le sujet abordé dans ce premier album est beaucoup plus dramatique. Il s’agit en tout autre chose de la science, non pas celle de tous les jours, plutôt la face plus sombre, une science dont le dessein serait de servir des intérêts moins philanthropiques. Un dérapage ? Des cobayes humains ? Le mystère reste entier, comme pour notre héros cherchant au plus profond de sa mémoire les réponses à toutes ces questions. Récit intense et effrayant à la fois, ce premier tome s’avère d’une efficacité de taille, flirtant un brin avec cette fameuse série des années 60 : La Quatrième Dimension ! Jean-Charles Gaudin, le scénariste, nous en donne pour notre argent, si j’ose m’exprimer ainsi. Un scénario bien ficelé ne divulguant rien sur son issue, un découpage qui rebondit toujours où il faut, avant le moment fatidique, rien n’est laissé au hasard par Jean-Charles Gaudin qui prouve avec virtuosité qu’il est maître de son scénario ! Qui plus est, avec Peynet au dessin, « Phoenix » a des envergures de polar fantastique qui risque bien d’être un ouvrage en la matière. L’assurance du trait donne de la profondeur aux décors, mais plus encore, Peynet arrive avec brio à garder intacte l’ambiguïté des personnages. Il suffit pour comprendre cela de regarder les scènes où tout bascule pour Jonathan ! Ames sensibles, s’abstenir ! Amoureux de la peur et de l’étrange, eux, s’en donneront à cœur joie et garderont même une impression de frisson après lecture !
L'Idole & le Fléau
Autant le dire tout de suite : la série est très bonne à mon sens. Le thème est délicieux entre U-29 et Sanctuaire, il mêle classiquement des nazis, de la technologie et une petite dose de surnaturel. Je ne suis pourtant pas fana des thèmes ésotériques mais je ne suis pas contre un dieu en colère à l'occasion. L'histoire commence, le récit est varié et dense, la notion de l'écoulement du temps est très bien rendue : le temps de l'histoire, mais aussi le temps du récit, avec constamment des effets discrets qui dynamisent la lecture (jolie balade en Ecosse en six cases dans le village au début du tome 2, saisissante planche au moment de l'allocution de "Youss" en fin du tome 1). L'histoire se lit dans les cases, mais les dessins eux même aussi sont porteur de sens (le mouchoir brodé du savant en est un exemple). La relecture est très plaisante. Du très bon tout le long, mon coup de cœur du moment. La trame de l'histoire relative à la mort de tous les enfants à l'âge de 6 ans est évidemment effroyable, la narration est surprenante et lourde de sous-entendus à venir. Malgré les avis précédents je confirme mon intérêt pour cette série dont je ne manquerai pas les prochains épisodes.
Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur
J'ai été bluffé par ce récit très touchant. La première chose qui marque chez cette BD est son titre, long et peu vendeur au demeurant. Le dessin basé sur des crayonnés gris est réaliste et de toute beauté, l'image en galerie vous permettra de vous en faire une idée. J'ai été conquis par le rendu très détaillé. Gwangjo a su parfaitement mettre en images ce scénario subtile de Corbeyran. L'histoire se découpe en deux parties distinctes. La première permet de découvrir les 2 personnages principaux et ce qui les relie (voir la brève description). On reste incrédule devant ces pages qui défilent. La seconde partie donne alors toute sa valeur au récit. On passe dans le pur roman graphique où les personnages sont mis en avant et se dévoilent. Je ne veux pas spoiler mais j'ai été surpris par la tournure de l'histoire. Malgré l'aspect dramatique de ce one shot, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour le traitement du scénario et sa richesse humaine. Je retrouve avec ce titre le grand Corbeyran que j'appréciais. A découvrir de toute urgence.
Monkey Bizness
Chouette découverte, les personnages animaliers m’ont tout de suite fait tilt, ça m’avait l’air de sentir bon l’humour décalé et c’est bien le cas. Eldiablo passe à la moulinette nos comportements humains plus proches de l’instinct animal que de la raison, des personnalités en prennent plein la tronche et c’est tant mieux, tant pis pour eux. Sublimement bien écrit et fatalement impoli, on a droit à un remake dans le genre gangsters enragés qu’il vaut mieux ne pas contrarier. A Los Animales ville de tous les vices, c’est la loi du plus fort et les flics n’ont qu’à bien se tenir. Les sans poil bipèdes existent et oui les auteurs ne nous ont pas oubliés, les pauvres humains que nous sommes sont parqués dans la forêt avoisinante, en une réserve de bêtes de combats. Les jeux de mots foisonnent et sont excellents, tous les travers - ou presque - de notre société y passent, c'est juste jouissif. Concernant le graphisme, à première vue il paraît un peu brouillon et il l’est par moments, il faut faire un petit effort pour décrypter certaines cases, cela dit au fil des pages le dessin devient de plus en plus clair. J’aime beaucoup le style de Pozla mais un tout petit poil de lisibilité en plus et ce serait génial. Les couleurs sont vraiment sympas et pas criardes, avec un passage en noir et blanc qui expose le passé d’un des personnages. Le papier mat est le bienvenu et n’aveugle pas sous les reflets de la lampe. Je pense que c’est un one shot, rien ne dit qu’il y aura une suite, mais franchement elle est la bienvenue. Un petit plus inestimable : son prix on ne peut plus raisonnable pour 104 planches !
Sambre
Une BD surprenante, mais captivante. Une histoire sombre, mais une BD lumineuse. Du début à la fin, l’histoire est maléfique, mystérieuse. Julie, la jeune braconnière aux yeux si…étranges fera chavirer les corps dans l’amour, dans la haine ou dans le doute. Personne ne restera indifférent, dans cette histoire, aux charmes énigmatiques de cette fille sans morale et aux désirs si particuliers. Bernard succombera à son mystère, mais supportera-t-il cet amour inconditionnel, exigeant et dérangeant exigé par Julie ? Sarah, la grande sœur de Bernard, acceptera cet amour ? Quel est le mystère le plus lourd à porter ? Quelle est la plus folle des familles ? Quel passé tragique a agité les deux familles ? Quel futur dramatique les attend ? On dirait du Stendal, on dirait de la grande littérature, mais cela reste une BD. Elle n’est pas facile à lire, loin s’en faut. Le texte déjà est moitié littéraire, moitié poétique, 100% atypique. Voici ce qui m’est venu après lecture du premier tome…. Et ce n’est que le début ! Le scénario est pesant du début à la fin, certaines scènes sont véritablement oppressantes. Une fois de plus, la folie des hommes mène la danse. Une danse macabre. Le tout baigne de plus dans l’ambiance électrique chargée de la révolution française de 1848. Le conflit latent, encore lointain se tramant dans la capitale, la police, les politiques…On sent l’ambiance moite de l’époque suinter à chaque page. Yslaire réussit à poser une ambiance sombre et torturée à souhait. Cette série est une vraie révolution. Révolution de 1848. Révolution dans la manière dont le dessin est manié. Révolution dans l'atmosphère qui s'impose avec une facilité déconcertante. Révolution dans le monde de la BD avec cette série très très loin des productions commerciales dont on nous surine le cerveau. On s'attend au pire à chaque respiration. Le scénario loin de nous bercer, nous attrape et nous secoue les viscères, nous hypnotise et nous emporte dans ce monde où l'amour et la haine n'ont jamais été aussi proche de n'être qu'un. Les personnages centraux de Bernard et de Julie sont magnifiques. Pourtant, l'aura de Julie dépasse tous les autres. Son charisme est impressionnant. Sa haine, sa passion, son mystère agisse comme un véritable aimant et la beauté physique de la belle en devient presque secondaire. Le mystère des deux familles s'épaissit au fil des 2 premiers tomes, mais alors que dans d'autres bandes dessinées, nous nous serions plaints de ne pas avoir suffisamment de réponses, ici, nous nous régalons de tant d'ambiguïté. Julie jusqu'au bout hantera cette série comme l’un des caractères féminins les plus extraordinaires du monde de la BD. Son aura, son charisme, sa beauté étrange, son caractère incontrôlable marqueront à jamais de leurs sceaux l’art de la Bande Dessinée. Une histoire où la passion l’emporte de loin sur la raison. Si seuls les talents de conteurs étaient à l’œuvre dans cette série…Mais une grande part du succès vient aussi du dessin. Yslaire joue avec une maestria rare avec les couleurs, les formes, les cadrages et les mises en page. Tout transpire la grande inspiration à chaque page. Le dessin monochrome sombre, avec ces tâches de rouge/roux qui éclabousse l’image tel le sang versé depuis des ans et qui ternit l’Histoire. Le rouge LA Couleur de la série. La couleur de l’amour mais aussi de la mort. Jamais le rouge n’avait été aussi lourd de signification. Un rouge tranchant comme une guillotine sur le reste du dessin. L'ambiance que le dessinateur réussit à donner à la BD vaut pour une grande part dans la réussite de cette série. Ce dessin tout en nuances de noir avec ces touches de rouge qui nous éclaboussent est vraiment, vraiment, de toute beauté. Pour le style du trait en lui-même, les choses sont plus difficiles à classifier. Le trait semble souple, presque élastique parfois, mais toujours droit, de temps à autre légèrement déformé ce qui rajoute au malaise déjà en place, les corps, les visages et les décors prenant alors des allures encore plus malsaines. Nous pourrions craindre en regardant rapidement, en feuilletant les pages au hasard des bacs de notre libraire préféré que le dessin de soit fatiguant et monotone, tout en nuance de noirs et gris profonds. Pourtant, Yslaire en profite pour jouer avec la lumière et les ombres avec talent. Qui plus est seuls les rouges et autres couleurs approchantes percent dans ces tableaux livrés par Yslaire. La mort et le sang n'en ont ainsi qu'un goût plus prononcé. Une force et une émotion insensées se dégagent à chaque page. Une sensation extrêmement rare en BD.
Coney Island Baby
L’association se prouve encore une fois éditeur des ces auteurs sans qualité graphique évidente, mais à l’idée narrative précise et intéressante. Dans notre cas il s’agira pour deux candidates à l’intégration dans le monde playboy de découvrir la destinée de deux icônes de l’érotisme dans les années 50 et 70. Si les quelques dernières pages permettront d’avoir une histoire au récit par une pirouette scénaristique, il s’agit tout de même d’illustrer la vie de Betty Page, la célèbre pin-up, et Linda Lovelace, star de Gorge Profonde. Niveau dessin, pas d’espoir, l’ensemble en noir et blanc parait sommairement s’occuper d’une notion de réalisme pictural, de perspectives et de proportions. Qu’à cela ne tienne le trait n’en demeurera pas moins incisif pour illustrer les propos. Si l’inesthétisme m’a tout de même gêné, les moments d’érotisme et de profonde détresse me paraissent en revanche bien rendus. Le scénario nous narre avec de très courts passages à notre époque les épopées de ces deux femmes ayant marqué leur époque. Tout y passe, de l’arrivée dans le domaine érotique / pornographique à la fin et même après. Très bien documentée, l’auteur nous montre le destin hors du commun de deux femmes face à leur image dans la société. Il ne s’agit plus de l’envers du décor (quoiqu’il soit tout de même bien décrit) mais aussi de l’évolution de nos deux héroïnes après avoir été des icônes sexuelles. Présentées assez objectivement, ces destins m’on fait froid dans le dos tant le constat pour l’humain est implacable. Sur ce plan faire découvrir le côté obscur des paillettes par le grand producteur X me paraissait un très bon choix sortant de la dénonciation vaine. Le contexte étant : vous deux jeunes aujourd’hui souhaitez vous dénuder pour devenir des icônes, avant de vous faire signer je veux être sûr que vous soyez conscientes des enjeux annexes que ce choix vous imposera ? Hélas viennent les dernières planches qui foutent tout en l’air. Dans une interview l’auteur raconte qu’elle souhaitait cette pirouette scénaristique pour ne pas donner l’impression de faire la morale. Ce choix fait basculer un bon récit biographique dans quelque chose que je n’aime pas du tout. D’abord car cela revient à dire que tout ce qui est narré se fait dans un objectif pécuniaire sans aucun intérêt pour son prochain (les parents payent pour que leur fille ne deviennent pas playmate). En tant que tel à la limite on pourrait voir une vision complètement noire de la situation où finalement dans tous les cas tout le monde profite de tout le monde, mais cela arrive trop comme un cheveu sur la soupe pour que ce soit vraiment noir et crédible. Ensuite et surtout cela veut clairement dire je m’en lave les mains : je viens de décrire un truc factuel qui montre l’influence et les conséquences sur un être de ses choix, mais comme je ne veux pas distinguer de bon et de mauvais surtout je relativise tout de suite, quitte à sacrifier la crédibilité de mon récit. Un peu comme si un enquêteur venait prouver de la culpabilité de suspect sur un meurtre, qu’il montre tout au jury et juste après dise, qu’en fait il est fou et qu’il ne faut pas l’écouter… Dommage, très dommage de suivre la dramatique croyance que tout se vaut, cela vient pourrir un bon récit biographique. A lire pour en apprendre un peu plus sur ces deux icônes sexuelles et coup de cœur pour cette recherche documentaire si riche et bien présentée. Nul doute que si vous êtes plus dans votre temps que moi vous pourrez adorer cet album. j'en conseille même l'achat car vraiment le contenu est intéressant propose un coup de coeur car sans ce discours final que j'ai détesté et qui pénalise tout le récit l'album aurait mérité un bon