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Les Derniers jours d'un immortel

Note: 3.56/5
(3.56/5 pour 18 avis)

Dans un monde où la mort n’existe quasiment plus, où la procréation est strictement limitée, que devient la vie, les sentiments? Dans un monde où de multiples et diverses civilisations sont amenées à cohabiter, comment arrive-t-on à vivre ensemble ?


Fabien Vehlmann Immortels Les clones Nouveau Futuropolis

Dans un futur lointain, l’univers a révélé de nombreuses autres civilisations, regroupées dans la « Communauté Universelle ». Ces espèces, très différentes les unes des autres, cohabitent tant bien que mal. Elijah fait partie de la Police Philosophique et doit, à ce titre, régler les conflits qui se produisent, dûs le plus souvent à une méconnaissance des habitudes de l’Autre. Un différend a d’ailleurs éclaté entre les Ganédons et les Aleph 345, un conflit ancien, souterrain, qui met en péril l’équilibre même de l’univers. Pourtant, Elijah est en proie au spleen depuis que son meilleur ami a mis fin à ses jours en décidant de ne plus transférer sa mémoire dans les corps clones qui permettent aux hommes d’être quasi immortels. Pourquoi mourir quand on peut vivre éternellement ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Mars 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Derniers jours d'un immortel
Les notes (18)
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12/03/2010 | Alix
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Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Dans un monde futuriste et progressiste, humains et races extraterrestres vivent leur immortalité en relative bonne intelligence au sein d’une union galactique. Elijah (le personnage principal) est membre de la police philosophique et doit régler les conflits et problèmes entre les différentes espèces de l’union. Et pourtant, on est très loin du space opera… Vehlman se sert des libertés que procure le genre pour développer une fable philosophique. Les sujets ne manquent pas (la mort, le temps, la mémoire, le rapport à l’autre, la différence…) et sont traités avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Le scénario, à la fois dense et passionnant, est une merveille du genre. L’univers graphique, assez singulier, n’est pas en reste. L’esthétique épurée est séduisante et colle parfaitement au récit. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce très bel album. Un grand bravo aux auteurs !

27/11/2013 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Sejy

Bonne nouvelle : on a euthanasié la Camarde. Sous la baguette utopiste de la fée Science-Fiction, à coups de pouce salutaires d’un photocopieur organique, l’espèce humaine s’est offert la prospérité. L’esprit sauvegardé, immuablement dupliqué dans des carcasses flambant neuves : la machina ex Deus enfante les « échos » providentiels (des clones, façonnables et multipliables, possédant la faculté de fusionner) au besoin ou à l’envie. Homo aeternam ! Et pour rien ou quasi. Chaque transmigration impose une unique concession. L'abandon modeste d'une parcelle de souvenirs, gommage des plus séculaires empreintes jalonnant les coulisses de l’hippocampe. Ce Karma séducteur est invoqué dans un futur hors d’atteinte, esquissant une quincaille scientifico-technologique absconse, invraisemblable, et des ethnogenèses à portée extragalactique. Les promesses d’un champ des possibles déconcertant, illimité, néanmoins corseté dans une S. F. diaphane et aporétique (ma préférée) qui consacre ses effets à l’investigation de son animal favori. L’auscultation subtile d’un drôle de mammifère à deux pattes au sein de l’expression ludique du « Et si ? ». Les planches, muées en éprouvettes de papier, transposent, conjecturent et expérimentent. De spéculation anthropo-ontologique en prospective éthique, elles illustrent avec astuce les concepts d’identité et d’altérité. Un laboratoire captivant à arpenter minutieusement, bulle à bulle, case par case, dans les pas et l’intimité du charismatique Elijah, membre éminent de la police philosophique (je sais, ça pique un peu les tympans la première fois) qui use les guêtres gémellaires de ses nombreuses doublures aux quatre coins du cosmos. Tant sollicité Lije (© Isaac A.) ! Psychologue finaud nanti d’une empathie universelle, il exploite ses compétences hors normes dans la résolution d’intrigues scabreuses, de bisbilles planétaires ou diverses contingences nées de l’incompréhension. L’apposition de tous ces aliens hétéroclites aux mœurs discordantes, d’exo-personnalités aux conceptions intrinsèquement différentes, étaye une approche maline, délicieusement fantaisiste, qui travestit le reflet et dissémine les métaphores ironiques d'un miroir exacerbant la réalité. La remise en question affine sa résonance au cœur d’un monde dématérialisé, aseptisé. En supprimant la constante mort de l’équation existentielle, Sapiens a exhorté un hédonisme gavé aux surenchères artificielles. Une dénaturation insidieuse de l’individu dramatisée par le lent sacrifice de sa mémoire. Glissando silencieux, dérive inéluctable du Je, qui ôte à Elijah le goût de l’amusement. L’homme, soudain conscient, épuisé par cet Infini ne servant qu’un perpétuel autre lui, accable, interroge son humanitude. En filigrane de sa quête fondamentale, s’instille une curieuse et douce poésie, la surprenante mélancolie de notre condition présente. Je suis ravi. Comblé par cette oeuvre qui rend magistralement honneur à un genre trop martyrisé par le neuvième art. Fabien Vehlmann éploie une heuristique lancinante et magnétique, intelligente, inventive, se conjuguant idéalement à la symbolique de Gwenn De Bonneval et son esthétisme épuré. Un théâtre tout en abstraction, quasiment contemplatif, dont les personnages bizarroïdes et l’iconographie, un chouia kitch, soufflent un air de psychédélisme Seventies. Regretterais-je, dans cet afflux de ruminations, l’absence de réponse tangible ? Car, sans revendiquer de juge, j’espérais déceler un parti plus marqué (humilité des auteurs ?). Broutille. Je les sais gré de tous ces élans cognitifs… et de mon léger malaise : nous sommes encore tous mortels, mais l’aube de la biogénétique, des nanotechnologies, et l’avènement du virtuel sèment les germes de transhommes, de posthommes, racines d’un futur qui, en préméditant l’exécution de La Faucheuse, augure le crépuscule du club humanité. Mauvaise nouvelle ?

15/10/2011 (modifier)
Par cac
Note: 3/5

J'avoue que je m'attendais à un meilleur ressenti suite à cette lecture après tous les bons échos que j'avais eus sur ce récit de science-fiction. Nous sommes dans le futur où les hommes ont vaincu leur démon qu'est la mort avec des possibilités de clonage amenées par les progrès de la science. Certes il y a de bonnes idées mais à aucun moment je n'ai été absorbé ni me suis dit que c'était génial dévorant les pages avec envie. Pourtant contrairement à d'autres je n'ai rien à reprocher au dessin, ce style épuré peut correspondre tout à fait à un monde du futur qui semble froid, aseptisé où l'inutile a été éradiqué. Non c'est seulement que 2 semaines après l'avoir lu rien de spécial ni de marquant ne me reste en mémoire.

08/10/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

C'est une oeuvre fortement originale que voilà. J'ai retrouvé un mélange de science-fiction et de conte philosophique. C'est en tout cas une approche intéressante du genre. J'ai regretté le choix d'un dessin assez dépouillé et trop simple même si j'aime le trait de Gwenn de Bonneval. Le scénario de Vehlmann est par opposition très dense. Les auteurs ont tout de même sû donner une crédibilité à cet univers. Cela m'a fait penser un peu à la série Orbital par certain côté avec un héros dans le rôle d'un sage diplomate spécialisé dans les missions difficiles. Cependant, ici, on va plus loin dans la réflexion. On ne peut que féliciter les auteurs par tant de créativité. Il y a pourtant un côté figé dans le dessin qui a du mal à passer. Le découpage des scènes n'est pas évident de premier abord. Il faut se concentrer pour comprendre les codes qui composent cet univers. Sans doute, un one shot ne se prêtait pas à ce genre d'exercice. La lecture demeure tout de même souhaitable pour avoir une autre version des extra-terrestres qui n'ont pas forcément les mêmes conceptions que nous autres les humains.

05/06/2011 (modifier)

J'avais déjà adoré Les Cinq Conteurs de Bagdad, je n'ai pas du tout été déçu par cette nouvelle histoire de Fabien Vehlmann ; bien au contraire ! Niveau dessin, je ne sais pas trop quoi en penser. Ni vraiment du bien, ni vraiment du mal. Je me suis laissé porter en tout cas... ... Car la grande performance ici, c'est l'histoire. Ce récit brasse pas mal de thématiques différentes tout en gardant une unité, une logique et une parfaite fluidité dans la narration. À chaque page on se sent concerné. Même si les idées, chacune prise séparément, ne sont pas toutes inédites en science fiction, elles sont ici traitées avec beaucoup de personnalité et s'unissent pour former un ensemble nouveau et unique. Je n'ose pas en dire plus pour ne pas gâcher le plaisir... en tout cas, merci et bravo !

26/02/2011 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
L'avatar du posteur PAco

Étrange déception que cette lecture ! Moi qui m'étais mis dans l'idée de m'attaquer à une "grande lecture" au vu des avis, critiques et Prix que cet album a reçu, j'avoue ne pas avoir eu de réel plaisir à sa lecture... Autant les questions et réflexions soulevées par Fabien Vehlmann sont pertinentes et intéressantes, autant le scénario en lui même ne m'a pas franchement transcendé... C'est d'un linéaire ! Heureusement que l'écriture est bonne et que certaines trouvailles et certains principes imaginés autour du quotidien des protagonistes ravivent notre attention. C'est pourtant pas faute d'être un grand amateur de SF ! Mais là, est-ce la distance que garde le personnage principal et sa froideur ? Peut-être. En tout cas j'ai trouvé ça longuet. En fait, je pense surtout que c'est le dessin de Gwen de Bonneval qui m'a le plus dérangé. Je n'ai pas d'a priori sur ce qui sort des sentiers battus, mais là j'ai trouvé ça trop froid et minimaliste. Je dirais même assez inégal suivant les planches. J'ai vraiment scotché sur certaines cases de paysages ou d'architecture très design, mais la plupart sont très (trop ?) simples. Plus de détails, ou de couleurs auraient peut-être apporté autre chose à cette BD. Mais bon, je suis d'accord, ça ne serait pas la même BD non plus... Alors oui, de bonnes idées sourdent de cet album, mais cela n'est pas suffisant pour motiver son achat à mon avis. Sur un autre registre, ça m'a fait le même effet que le film "Des hommes et des Dieux" : plein de pistes de réflexions, mais qu'est-ce que c'est long et chiant dans le traitement !

02/02/2011 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Une bande dessinée philosophique qui apporte des réflexions intéressantes. L'univers futuriste créé par Vehlmann est très bien imaginé. Il y a plusieurs bonnes idées et j'ai pris du plaisir à lire la vie quotidienne de Elijah, un policier philosophique. Il y a toutefois certaines choses que je n'ai pas aimées. Le dessin est trop minimaliste avec peu de décors. J'aurais préféré que l'environnement de ce futur et des planètes soient mieux décrites. Ça aurait pu donner des images très belles. De plus, si certains passages sont savoureux et captivants, d'autres m'ont semblé sans intérêt et parfois un peu inutile. Pour finir, je trouve que le héros manque un peu de charisme et il est un peu ennuyeux.

16/01/2011 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5

Une des œuvres les plus abouties du scénariste Fabien Vehlmann, un des auteurs les plus créatifs du moment. Le scénariste se tourne vers la science-fiction, mais celle-ci prend une tournure pleinement philosophique. Vehlmann s’interroge sur l’immortalité, se basant sur un des thèmes privilégiés de la SF : le clonage. Si l’histoire commence comme un roman policier, elle se poursuit comme un conte philosophique. Le personnage d’Elijah fait partie de la police philosophique. Dans un monde où cohabitent humains et extra-terrestres, cette police est chargée de résoudre les différents conflits. Elijah est en plein doute existentiel car il se révèle incapable de parler avec ses échos (ses clones) ainsi qu’avec sa femme avec qui il maintient des relations sexuelles (acte qui a quasiment disparu par rapport aux plaisirs artificiels). Il est également troublé dans sa relation avec Matthias son ami de 400 ans. Le dessin de Bonneval, influencé par le style des années 60 bien que beaucoup plus sobre qu’à l’époque, joue du noir et du blanc accentué par des crayonnés grisés et sert parfaitement mais sans fioritures le récit de Vehlmann.

07/12/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Les derniers jours d’un immortel » est une production à part, finalement assez caractéristique du catalogue de Futuropolis. L’album pose de vraies questions philosophiques sur les rapports humains, la vie, la mort, la mémoire… Voilà une lecture intelligente et enrichissante. L’univers dans lequel évolue Elijah, notre immortel et membre éminent de la police philosophique, est un monde froid et mécanique. Les rapports humains sont contrôlés, les rapports sexuels banni pour des paradis artificiels mille fois plus intenses, la procréation est contrôlée et la mort a été vaincue par la création des échos : au prix de l’oubli de souvenirs lointains, chaque être peut créer une ou plusieurs copies de lui-même, un écho. S’il vient à mourir, sa mémoire et son âme se voit récupérée et implantée dans l’écho. L’homme a ainsi vaincu la mort au prix de sa mémoire. Le dessin est à l’image du monde qu’il décrit : froid et rigide. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé mais je dois bien admettre qu’il illustre à merveille le récit, lui donnant l’atmosphère futuriste et aseptisée nécessaire. Pour moi, le principal bémol est finalement le rythme de narration trop lent qui m’a empêché de rentrer véritablement dans l’histoire. Une certaine monotonie s’installe à la lecture jusqu’à la fin de l’album et à son dénouement qui m’a, de plus, laissé sur ma faim. J’attendais plus de ce one shot : une prise de position plus marquée, un rythme plus soutenu et une narration plus dynamique. Je recommande toutefois la lecture de cet album qui change radicalement de la majorité des productions habituelles que l’on peut trouver en rayon.

07/07/2010 (modifier)

Sorti avec moult coups de projecteurs, cet album fait tache dans la production générale. En revanche pas chez Futuropolis, maison capable de publier des œuvres hors des critères commerciaux dans le pur esprit de qualité et de diversité. Car honnêtement une BD au dessin très sommaire en noir et nuances de gris parlant de la relation à la mort dans une société futuriste ou le clonage est légion, c’est comment dire, pas vendeur ?... Fans d’actions surtout passez votre chemin, vous aurez ici la réflexion d’un individu prenant du recul sur son existence et comprenant les choix qu’implique son style de vie. Ces choix que d’autres font sans le savoir vont être remis en cause par notre individu qui de fait prend une épaisseur dans son existence puisqu’elle devient volontaire et non subie. L’environnement social se fait discret mais pesant, l’existence de clone et la téléportation créent de nouvelles dynamiques de groupe et de relation à autrui. Comme souvent la société du futur tout en devenant propice au développement technologique individuel devient par là même hyper réglementatrice et tue la notion de libre arbitre en obligeant l’individu à rentrer dans un modèle pour le bien potentiel d’une communauté. Se posent alors les multiples questions du choix d’un individu face à son destin, choix impliquant réflexion, réflexion impliquant mémoire du passé. Là se situe le problème de notre société virtuelle, la mémoire se limite, et la concession à l’éternité que propose le clonage doit en contrepartie limiter la mémoire des individus. Si l’humanité semble avoir accepté sans se poser la question sur ce choix difficile (ou comme la femme en l’acceptant comme condition nécessaire à un bénéfice tiré de cette privation), ce n’est pas le cas de notre héros que l’on voit brillant en société et à l’aise dans cet élément. Toutefois la question de l’existence prendra le dessus, et une fois le choix fait la conclusion courageuse du choix de vie qui implique la mort possible se fait complètement philosophique. Au-delà de cette illustration du thème de l’immortalité sur la mémoire, on trouve également dans l’environnement professionnel de notre héros une jolie analyse de la différence au sein de cultures différentes et de la perception de concepts dans des cultures aux ryhtmes et repères différents. Cela se rapporte à la question du langage et s’illustre de façon agréable même si le propos reste convenu d’un point de vue philosophique. Graphiquement, il ne faut pas chercher une prouesse, l’environnement très vide associé à une stylisation extrême des personnages donne un rendu naïf. La question devient : cette pauvreté vient-elle d’une critique de la société évoluée décrite qui a perdu d’une certaine façon la mémoire et se traduit par une approche nihiliste de l’environnement (aussi bien architectural que décoratif que vestimentaire…), dans ce cas le trait illustre avec adresse le propos ; ou bien n’est-ce qu’une faiblesse graphique d’un auteur ayant nettement choisi d’axer l’ouvrage sur le fond et non la forme ? Sans trancher, je dirai que le dessin se fait parfois trop simpliste pour accompagner les propos tenus, l’apparence ne vient pas perturber le fond ce qui me parait essentiel. Au final joli exercice que cet album, vraiment intéressant. Toutefois il me manque un peu de contenu et de graphisme pour en faire un très bon récit. La première lecture sur la notion de vie et de mémoire dans un contexte d’éternité présente un intérêt, la seconde lecture sur les différence de langage dans la communication entre cultures aux repères différents manque un peu de relief. De même que certaines scènes sont longues d’autres passent un peu vite à regret. Ovni donc que cet album, agréable pour ceux qui aiment la philo, pour les autres je crains qu’il vaille mieux passer voter chemin.

05/07/2010 (modifier)