Avec ce héros prodigieux crée dans le journal Tintin en 1967, Vance et Greg (qui signe Louis Albert) surfent sur la vague de bondomania qui soufflait alors à l'écran, à la TV et en BD où nombre de personnages vont s'engouffrer. Au début , les aventures de Bruno Brazil sont traditionnelles, de plus il évolue seul, dans une succession de récits complets ainsi que dans son premier récit long : Le Requin qui mourut deux fois, en 1968, qui s'ouvre par un crash tonitruant digne des James Bond. Durant cette période, Brazil est un agent secret très bondien (coupe clean, costume bien coupé, toujours élégant) qui évolue dans un contexte policier-espionnage.
Dès le second épisode, Commando Caïman, c'est le grand démarrage de la série, le ton va changer, et la série va prendre un aspect Mission impossible, grâce aux agents qu'il recrute pour composer son groupe d'élite, chacun a sa spécialité : Brazil, véritable playboy qui prépare tout au millimètre ; Gaucho Moralès, un Mexicain exubérant qui est le plus redoutable des Caïmans ; Texas Bronco, au look cowboy, casse-cou superbe et chimiste doué pour la fabrication de gadgets ; Billy Brazil, jeune frère de Bruno, le plus influençable mais as du sabotage ; la sublime Whip Rafale, une véritable Lara Croft avant l'heure qui manie le fouet avec dextérité ; et enfin Big Boy Lafayette, ancien jockey adroit par sa petite taille, spécialisé dans la pose des micros et manieur d'un yoyo en acier redoutable. Il sera le premier à être tué au cours d'une mission. Car c'est là le détail qui tranche résolument avec toutes les séries réalistes de la même époque, ce qui est aussi la patte de Greg : briser le cliché des héros immaculés à qui il n'arrive jamais rien. On verra qu'à la même époque, Greg malmenait aussi durement Bernard Prince et ses amis.
La série se transforme au fil des épisodes, Greg et Vance se complètent parfaitement, faisant de cette bande l'une des grandes séries du journal Tintin ; Vance atteint une qualité graphique, notamment sur l'épisode Sarabande à Sacramento, à l'aide d'un crayon aiguisé surtout sur les visages très carrés, en éclatant ses cases et en apportant un soin dans les décors (qui seront confiés à son beau-frère Coria), de même qu'il dessine toujours de très belles femmes. A la même époque, il a repris Bob Morane, et on se demande comment il pouvait alimenter avec autant de talent 2 séries importantes. De son côté, Greg laisse s'épanouir la personnalité de chacun des Caïmans, en insufflant toujours son ton ironique et son humour cynique, perceptible dans les répliques de Brazil, c'est sa marque de fabrique qu'on retrouve dans Bernard Prince et Comanche. Mais sans doute lassé ou occupé par ses autres activités, il décime durement l'équipe, Brazil vieillit, il est moralement brisé et se marie avec Gina Loudéac, une jolie Française, mais les missions sont terminées, l'embourgeoisement seyant mal avec les services secrets.
La série s'arrête en 1983 au grand désespoir des fans dont j'étais ; le choc des morts dans une série était totalement inhabituel à l'époque, contrairement à aujourd'hui, et je connais des gars qui ne s'en sont pas remis ; déja le premier, celui de Big Boy m'avait déconcerté. Mais tout ça reste une belle aventure, une très bonne série dont on peut acheter les albums car ils ne sont pas nombreux.
J'ai toujours adoré le graphisme de Tabary que ce soit dans Totoche ou Valentin le vagabond, et ici, c'est l'explosion, il se lache totalement dans la démesure des gags, de l'inventivité et du décor exotique, avec bien évidemment le délire verbal, les jeux de mots et les calembours de Goscinny ; tous deux ont dû beaucoup s'amuser, et moi aussi, je sautais sur cette bande à chaque parution du journal Pilote où je l'ai découverte dès 1968.
Ce grand Vizir qui tente par tous les moyens, y compris les plus tordus, de se débarrasser du calife Haroun el-Poussah, sorte de gros potentat fainéant et candide, perpétuellement somnolent sur les coussins profonds de son palais, est le letmotiv le plus simple qui existe, mais sur ce faible écheveau, les auteurs vont bâtir une succession de gags (répétitifs d'après certains avis), mais c'est justement cette exagération dans la répétition qui en devient drôle.
Malgré les tentatives multiples qui échouent toujours (objets enchantés, magiciens, potions, sortilèges, mouche tsé-tsé...), Iznogoud capte étrangement la sympathie du lecteur ; son dessein de "devenir calife à la place du calife" est tellement associé à cette Bd, que ça fait partie du langage courant. Les personnages aux trognes savoureuses, la vision loufoque de l'univers des Mille et une nuits, le dessin très expressif de Tabary dont les couleurs vives accentuent le côté somptueux d'un Orient de fantaisie, la perpétuelle agitation, les personnages secondaires tordants (comme ce magicien couvert de bosses qui n'arrive pas à traverser les murs) et les trouvailles de Goscinny sont parmi les nombreuses raisons du succès de cette bande qui pour moi est l'une des plus drôles dans le domaine humoristique.
Je trouve que les récits courts de 8 planches étaient les meilleurs, même si après la mort de Goscinny, Tabary a su conserver un bon niveau ; pour cela, il a sacrifié plus ou moins ses autres créations. J'étais à deux doigts de mettre 5 étoiles, mais cette note est réservée selon moi à des Bd vraiment exceptionnelles ; disons qu' "Iznogoud" n'en est pas loin.
J'ai enfin trouvé cette mythique bd de Vincent Hardy. Enfin juste le tome 2. J'avais lu ça enfant à la bibliothèque et j'avais adoré. Après re-lecture c'est effectivement assez barré. Jugez plutôt : des sortes de savants militaires font appel à Ash Barrett pour amorcer une douzaine d'espèces de gigantesques lance-missiles nucléaires. Ils lui fournissent une moto cross et un livre de recettes de cuisine d'amorçage. Le timing est assez serré : les 48 pages de l'album et à chaque fois il a une chance sur 2 pour que tout n'explose pas. Il ne réussira qu'à en amorcer 3 sur 12 et à chaque fois cela explose ! La bd est finie, la mission a donc échoué. Fin.
Mais qu'est ce que c'est que ce scénar !!! Ajoutez à cela un décor post apocalyptique de campagne française ou belge avec des pavillons autour de gigantesques infrastructures militaires. Il pleut, il y a de la boue et sur chaque lance-missiles se trouvent des pantins gonflables ( ??? ).
Cette logique dans l'absurde me fait penser au film "Dans la peau de John Malkovich" mais à la sauce SF franco belge. On est projeté sans explications préalables dans ce monde futuriste complètement inédit et loufoque et tout reste limpide, haletant et drôle. Mine de rien c'est vraiment une oeuvre unique de la bd.
Et puis je suis vraiment fan de ces dessins. Ces grosses machines type moissonneuses batteuses militaires avec un restaurant à l'intérieur du cockpit et ces gigantesques infrastructures plantées au beau milieu de campagnes boueuses (avec des maisons tout ce qu'il y a de plus normal !). J'ai rarement vu des trucs de SF aussi originaux. S'il y en a faites moi signe !
Un véritable choc cette bd. L'univers m'a fortement fait penser à la série carcérale "Oz" mais apparemment c'est un one-shot d'après le personnage de John Constantine. Je n'ai jamais lu de Constantine mais j'ai vu le film avec Keanu Reeves qui sans être mauvais n'a rien à voir avec cette bd "Hellblazer".
Le graphisme de Corben est très maitrisé malgré l'aspect déformé qui pourrait en rebuter certains. Cette déformation des visages et des corps ajoute à l'aspect violent et malsain. Le caractère bestial et vicieux des différents protagonistes est ainsi décuplé. Viol, domination, règlement de compte, trafic ... le tout raconté avec très grand talent. C'est dur, choquant et vraiment haletant, le personnage maléfique de Constantine prenant peu à peu le contrôle de la prison.
Pour conclure, une bd dure, sans concessions mais vraiment maitrisée et plutôt subtile dans l'écriture. Une oeuvre très noire à se procurer d'urgence.
C'est avec En garde Capitan! qu'apparaît en 1963 dans le journal Tintin le chevalier Capitan de Castaignac, le personnage le plus durable de Liliane et Fred Funcken. Cette magnifique création permet au couple de créateurs d'assouvir encore sa passion de l'Histoire avec un souci toujours poussé de la documentation. On y admire de somptueuses pages aux couleurs vives, un dessin vivant à quoi vient s'ajouter la précision du détail dans les costumes et certains éléments de décor.
"Capitan" est ainsi la Bd des Funcken qui connaîtra une longévité supérieure à celles de leurs autres créations. L'époque choisie est propice à une riche description du XVIIème siècle, avec ses acteurs comme d'Artagnan dont Capitan devient l'ami, et ses figures politiques comme Richelieu qui lui confie des missions. C'est une époque de mousquetaires, de complots, de ruses et d'escrimeurs, pleine de panache, où le héros est un décalque des personnages de roman d'Alexandre Dumas, le modèle du genre cape et d'épée, très en vogue sur les écrans français avec les films de Jean Marais ; d'où le succès plus important de cette bande en France qu'en Belgique. Ce genre est de nos jours renouvelé avec une série comme Le Scorpion, mais "Capitan" paraît hélas un peu vieillie et s'adresse surtout à des nostalgiques comme moi.
100ème avis sur le site, je me risque sur le petit reporter à la houppette.
Doit-on encore présenter Tintin ? Je vais essayer de ne pas être trop long.
Il est clair que Tintin a marqué la planète BD en dépit de ses défauts, et qu'il a bercé l'enfance de plusieurs générations de tous âges depuis 1929, date de sa création. Des récits malhabiles dans le graphisme et l'esprit comme "les Soviets" ou "le Congo" jusqu'aux chefs d'oeuvres que sont le diptyque "Objectif Lune", "l'Affaire Tournesol", "les Bijoux" et "Coke en Stock", Hergé a réussi à donner à son héros une véritable aura, et ce dès le Lotus Bleu, qui plonge dans l'actualité. La série a gagné en puissance et en sérieux et crédibilité au fil des albums, dénonçant ça et là l'invasion japonaise en Chine, les dictatures sud-américaines, l'esclavage ou l'exclusion. Pourtant Tintin ne remet rien en cause, ne soulage pas les peuples et ne propose pas d'alternative aux inégalités, il affronte avec son âme de boy-scout héritée de son créateur la complexité du monde.
Tintin est la bonne conscience de la société qui incarne la générosité, la fraternité, l'amitié en défendant des valeurs saines. Reconnue comme étant une réussite majeure de la BD mondiale, l'oeuvre d'Hergé est devenue au gré de nouvelles générations de lecteurs, intemporelle et universelle, elle est rassurante pour l'enfant, réconfortante pour l'adulte. Tintin fait partie de la mémoire collective, surtout si on l'a lu enfant, on entretient avec lui un lien spécial qui dure toute une vie, même si certains s'en détachent. Pourquoi ce personnage fascine-t-il tant les sociologues, les observateurs et les autres ? Hergé lui-même avouait ne pas comprendre. Plusieurs raisons:
* Il a su créer un univers riche pouvant être abordé sur plusieurs plans, à la fois sérieux (grâce à sa documentation) et divertissant, mêlant adroitement le ludique à la réflexion. Ces aventures à l'exotisme souvent suranné ont forgé une vision et un imaginaire dont l'enfant a pu se faire une image de l'univers, basé sur le rêve et l'évasion.
* les continuelles améliorations et remises à jour d'albums ont joué un rôle important dans ce succès durable; grâce à sa maturité de trait, Hergé a totalement ou partiellement redessiné certains épisodes, ainsi les enfants des nouvelles générations sont à l'aise dans une série modernisée pourtant déja appréciée de leurs parents ou grands-parents.
* l'immense cortège de personnages secondaires constitué au fil des années, d'innombrables acteurs ou figurants tous très typés qui forment une sorte de "comédie humaine" et qui évoluent autour du personnage central de Tintin, héros un peu falot il faut l'avouer, et considérablement débordé par l'imposante personnalité du capitaine Haddock, au départ faire-valoir, qui a pris un énorme ascendant sur le héros s'étant retrouvé parfois en situation de faire-valoir à son tour. Source continuelle d'effets comiques, pourvoyeur de jurons célèbres (365 répertoriés je crois), détenteur de tous les vices que Tintin n'a pas.
En redessinant les albums qui techniquement avaient vieilli, Hergé n'a rien changé aux caractères : l'ivrogne au grand coeur, les 2 flics idiots, le prof distrait, la diva égocentrique, l'assureur casse-pied, le valet flegmatique, le ruffian mielleux, le marchand affable....
* Tintin n'a pas d'âge, pas de passé, pas de famille, pas de fiancée, même son nom n'est pas sérieux, il n'existe que pour l'aventure, et ainsi tout le monde de tous les pays peut s'identifier à lui.
* Autre élément important du succès, le souci d'authenticité a poussé Hergé à peaufiner son oeuvre, même si la bande est considérée comme étant semi-réaliste. Alors, on peut se plaindre de cette fameuse Ligne Claire et du côté figé des personnages, mais je trouve au contraire que ça donne un charme à cette Bd qui a séduit tous les publics. Je laisse de côté la xénophobie, le racisme et la cruauté (le nombre effarant d'animaux tués dans "le Congo") des premiers albums car lorsque j'étais enfant, je ne m'en rendais tout simplement pas compte, et Hergé n'a fait que retranscrire l'état d'esprit qui régnait dans son milieu social...
Enfin, une dernière précision, la technique hergéenne a influencé la BD francophone, à l'origine de l'école de Bruxelles, réussissant l'osmose entre le récit et l'image, mais il a aussi donné à la bande dessinée ses lettres de noblesse et au métier de dessinateur une certaine crédibilité à une époque où cette profession et ce mode d'expression étaient encore peu reconnus en Europe.
Le 3 mars 1983, Hergé a laissé derrière lui des millions d'orphelins, mais les mythes sont immortels, celui du petit reporter à la houppette, dont De Gaulle disait à Malraux qu'il était "son seul rival international", continuera à faire vibrer encore bien des générations.
Bonne découverte que ce Lord Baltimore. Avec Mike Mignola au scénario (aidé de Christopher Golden), on y retrouve bien son univers sombre et son style graphique où l'obscurité est omniprésente.
Ben Stenbeck rappelle dès le premier coup d'oeil le trait de Mignola, avec des contrastes très prononcés et un graphisme dépouillé mais diaboliquement efficace. Les ambiances qui s'en dégagent sont particulièrement glauques, renforcées par des couleurs macabres.
Le créateur d'Hellboy imagine ici un monde à forte tendance gothique peuplé de vampires redoutablement féroces, de nazis zombies, de sorcières et d'inquisiteurs (?). De nombreuses scènes d'action spectaculaires viennent ponctuer une histoire prenante et qui donne régulièrement le frisson. de nombreuses questions en suspend donne envie au lecteur de connaître la suite.
Le petit sketchbook à la fin et la galerie d'illustrations à la fin sont le petit bonus fort appréciable.
(3.5/5)
Je ne me suis pas ennuyé un instant avec cet album, très distrayant. Pourtant, j'ai toujours un peu peur, en ouvrant une BD sur la shoah, thème largement exploité, de ne pas être surpris.
Le dessin est excellent, type BD comique franco-belge, ce qui peut paraître discordant avec un récit sur le passé macabre du père, mais, justement, ce décalage apporte beaucoup de qualités et rend la lecture très plaisante.
Je me suis un peu plus ennuyé sur la fin, où j'ai trouvé les anecdotes moins savoureuses, moins intéressantes, car elles parlaient plus de la vie d'une famille au quotidien, que de la shoah et de ses conséquences sur le quotidien de la "deuxième génération".
Les faits relatés, apparemment authentiques, sont très personnels, et, si j'ai été heureux que Kichka me fasse partager son vécu via cet album, je ne compte cependant pas renouveler l'expérience, une seule fois suffit. Ca ne reste en effet qu'une tranche de vie.
(233)
(3.5/5)
Un petit one shot bien sympathique, original dans la construction du récit, entrecoupé de petits intermèdes divertissants, reprenant le passé de certains personnages comme le petit singe, par exemple.
L'histoire est originale et on ne sait jamais trop dans quelle direction l'auteur va nous faire virer.
La présentation initiale de l'ouvrage dans les premières pages est assez fidèle à ce que vous pourrez lire ici: pleins de personnages divers et variés, pleins de situations différentes à partir d'un même fil conducteur, à savoir le road trip de trois potes autour du testament d'un quatrième larron hélas décédé...
Le graphisme est assez naïf, pas très recherché, peu détaillé, mais ça ne m'a pas dérangé le moins du monde. Le papier est à grain, ce que j'adore, et les couleurs, pastelles. Certains aimeront sûrement, d'autres moins.
La lecture a été plaisante, mais ne restera pas incontournable, notamment du fait de la rapidité avec laquelle l'album est "avalé"... A découvrir, l'emprunt est suffisant à mon sens.
(232)
La lecture d'enfance par excellence. Je l'ai découverte avec 2 albums reçus en cadeau : le Serment des Vikings et La Flèche noire ; j'ai aussitôt adoré. C'est le genre de bande qui traverse les années, qu'on peut transmettre à ses enfants, et que l'on peut relire adulte sans honte, un peu comme Tif et Tondu, 2 Bd du journal Spirou qui m'ont vraiment procuré de belles heures de lecture.
Si l'on excepte les 2 premiers albums où Johan est un jeune page solitaire, où le dessin n'est pas encore au point et même assez moche, tous les autres sont d'égale qualité, ce qui est assez rare dans une série enfantine ; la série prend plus de corps dès l'arrivée de Pirlouit qui devient l'écuyer et ami de Johan ; ces deux compagnons se lancent dans des aventures passionnantes, dont les scénarios sont loin d'être puérils. Johan est vaillant et rusé, alors que Pirlouit compense par l'agilité et les éclats d'une voix tonitruante les inconvénients de sa petite taille ; tous deux forment un duo complémentaire comme il y en a tant en BD.
Le dessin fluide et propre de Peyo, typique de l'école belge, dite école de Marcinelle, convient parfaitement à ce Moyen Age de fantaisie, un peu féerique, où l'humour est attachant ; les décors ne sont pas négligés, les couleurs bien adaptées. Le seul ennui pour moi, c'est l'apparition des Schtroumpfs découverts par nos héros, qu'ils vont hélas éclipser, obligeant Peyo à se consacrer exclusivement à leur propre bande ; c'est dommage, car "Johan et Pirlouit" était de loin bien mieux que la bande des lutins bleus. Les récits excellents et bien structurés avec leur savant cocktail d'aventures pseudo-historiques et d'humour ont fait de cette Bd l'une des meilleures du journal Spirou de la grande époque. Ma note est donc guidée non seulement par la nostalgie, mais autant par la qualité des récits et du dessin.
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Bruno Brazil
Avec ce héros prodigieux crée dans le journal Tintin en 1967, Vance et Greg (qui signe Louis Albert) surfent sur la vague de bondomania qui soufflait alors à l'écran, à la TV et en BD où nombre de personnages vont s'engouffrer. Au début , les aventures de Bruno Brazil sont traditionnelles, de plus il évolue seul, dans une succession de récits complets ainsi que dans son premier récit long : Le Requin qui mourut deux fois, en 1968, qui s'ouvre par un crash tonitruant digne des James Bond. Durant cette période, Brazil est un agent secret très bondien (coupe clean, costume bien coupé, toujours élégant) qui évolue dans un contexte policier-espionnage. Dès le second épisode, Commando Caïman, c'est le grand démarrage de la série, le ton va changer, et la série va prendre un aspect Mission impossible, grâce aux agents qu'il recrute pour composer son groupe d'élite, chacun a sa spécialité : Brazil, véritable playboy qui prépare tout au millimètre ; Gaucho Moralès, un Mexicain exubérant qui est le plus redoutable des Caïmans ; Texas Bronco, au look cowboy, casse-cou superbe et chimiste doué pour la fabrication de gadgets ; Billy Brazil, jeune frère de Bruno, le plus influençable mais as du sabotage ; la sublime Whip Rafale, une véritable Lara Croft avant l'heure qui manie le fouet avec dextérité ; et enfin Big Boy Lafayette, ancien jockey adroit par sa petite taille, spécialisé dans la pose des micros et manieur d'un yoyo en acier redoutable. Il sera le premier à être tué au cours d'une mission. Car c'est là le détail qui tranche résolument avec toutes les séries réalistes de la même époque, ce qui est aussi la patte de Greg : briser le cliché des héros immaculés à qui il n'arrive jamais rien. On verra qu'à la même époque, Greg malmenait aussi durement Bernard Prince et ses amis. La série se transforme au fil des épisodes, Greg et Vance se complètent parfaitement, faisant de cette bande l'une des grandes séries du journal Tintin ; Vance atteint une qualité graphique, notamment sur l'épisode Sarabande à Sacramento, à l'aide d'un crayon aiguisé surtout sur les visages très carrés, en éclatant ses cases et en apportant un soin dans les décors (qui seront confiés à son beau-frère Coria), de même qu'il dessine toujours de très belles femmes. A la même époque, il a repris Bob Morane, et on se demande comment il pouvait alimenter avec autant de talent 2 séries importantes. De son côté, Greg laisse s'épanouir la personnalité de chacun des Caïmans, en insufflant toujours son ton ironique et son humour cynique, perceptible dans les répliques de Brazil, c'est sa marque de fabrique qu'on retrouve dans Bernard Prince et Comanche. Mais sans doute lassé ou occupé par ses autres activités, il décime durement l'équipe, Brazil vieillit, il est moralement brisé et se marie avec Gina Loudéac, une jolie Française, mais les missions sont terminées, l'embourgeoisement seyant mal avec les services secrets. La série s'arrête en 1983 au grand désespoir des fans dont j'étais ; le choc des morts dans une série était totalement inhabituel à l'époque, contrairement à aujourd'hui, et je connais des gars qui ne s'en sont pas remis ; déja le premier, celui de Big Boy m'avait déconcerté. Mais tout ça reste une belle aventure, une très bonne série dont on peut acheter les albums car ils ne sont pas nombreux.
Iznogoud
J'ai toujours adoré le graphisme de Tabary que ce soit dans Totoche ou Valentin le vagabond, et ici, c'est l'explosion, il se lache totalement dans la démesure des gags, de l'inventivité et du décor exotique, avec bien évidemment le délire verbal, les jeux de mots et les calembours de Goscinny ; tous deux ont dû beaucoup s'amuser, et moi aussi, je sautais sur cette bande à chaque parution du journal Pilote où je l'ai découverte dès 1968. Ce grand Vizir qui tente par tous les moyens, y compris les plus tordus, de se débarrasser du calife Haroun el-Poussah, sorte de gros potentat fainéant et candide, perpétuellement somnolent sur les coussins profonds de son palais, est le letmotiv le plus simple qui existe, mais sur ce faible écheveau, les auteurs vont bâtir une succession de gags (répétitifs d'après certains avis), mais c'est justement cette exagération dans la répétition qui en devient drôle. Malgré les tentatives multiples qui échouent toujours (objets enchantés, magiciens, potions, sortilèges, mouche tsé-tsé...), Iznogoud capte étrangement la sympathie du lecteur ; son dessein de "devenir calife à la place du calife" est tellement associé à cette Bd, que ça fait partie du langage courant. Les personnages aux trognes savoureuses, la vision loufoque de l'univers des Mille et une nuits, le dessin très expressif de Tabary dont les couleurs vives accentuent le côté somptueux d'un Orient de fantaisie, la perpétuelle agitation, les personnages secondaires tordants (comme ce magicien couvert de bosses qui n'arrive pas à traverser les murs) et les trouvailles de Goscinny sont parmi les nombreuses raisons du succès de cette bande qui pour moi est l'une des plus drôles dans le domaine humoristique. Je trouve que les récits courts de 8 planches étaient les meilleurs, même si après la mort de Goscinny, Tabary a su conserver un bon niveau ; pour cela, il a sacrifié plus ou moins ses autres créations. J'étais à deux doigts de mettre 5 étoiles, mais cette note est réservée selon moi à des Bd vraiment exceptionnelles ; disons qu' "Iznogoud" n'en est pas loin.
La Véritable Histoire de Ashe Barrett
J'ai enfin trouvé cette mythique bd de Vincent Hardy. Enfin juste le tome 2. J'avais lu ça enfant à la bibliothèque et j'avais adoré. Après re-lecture c'est effectivement assez barré. Jugez plutôt : des sortes de savants militaires font appel à Ash Barrett pour amorcer une douzaine d'espèces de gigantesques lance-missiles nucléaires. Ils lui fournissent une moto cross et un livre de recettes de cuisine d'amorçage. Le timing est assez serré : les 48 pages de l'album et à chaque fois il a une chance sur 2 pour que tout n'explose pas. Il ne réussira qu'à en amorcer 3 sur 12 et à chaque fois cela explose ! La bd est finie, la mission a donc échoué. Fin. Mais qu'est ce que c'est que ce scénar !!! Ajoutez à cela un décor post apocalyptique de campagne française ou belge avec des pavillons autour de gigantesques infrastructures militaires. Il pleut, il y a de la boue et sur chaque lance-missiles se trouvent des pantins gonflables ( ??? ). Cette logique dans l'absurde me fait penser au film "Dans la peau de John Malkovich" mais à la sauce SF franco belge. On est projeté sans explications préalables dans ce monde futuriste complètement inédit et loufoque et tout reste limpide, haletant et drôle. Mine de rien c'est vraiment une oeuvre unique de la bd. Et puis je suis vraiment fan de ces dessins. Ces grosses machines type moissonneuses batteuses militaires avec un restaurant à l'intérieur du cockpit et ces gigantesques infrastructures plantées au beau milieu de campagnes boueuses (avec des maisons tout ce qu'il y a de plus normal !). J'ai rarement vu des trucs de SF aussi originaux. S'il y en a faites moi signe !
Brian Azzarello présente Hellblazer
Un véritable choc cette bd. L'univers m'a fortement fait penser à la série carcérale "Oz" mais apparemment c'est un one-shot d'après le personnage de John Constantine. Je n'ai jamais lu de Constantine mais j'ai vu le film avec Keanu Reeves qui sans être mauvais n'a rien à voir avec cette bd "Hellblazer". Le graphisme de Corben est très maitrisé malgré l'aspect déformé qui pourrait en rebuter certains. Cette déformation des visages et des corps ajoute à l'aspect violent et malsain. Le caractère bestial et vicieux des différents protagonistes est ainsi décuplé. Viol, domination, règlement de compte, trafic ... le tout raconté avec très grand talent. C'est dur, choquant et vraiment haletant, le personnage maléfique de Constantine prenant peu à peu le contrôle de la prison. Pour conclure, une bd dure, sans concessions mais vraiment maitrisée et plutôt subtile dans l'écriture. Une oeuvre très noire à se procurer d'urgence.
Capitan
C'est avec En garde Capitan! qu'apparaît en 1963 dans le journal Tintin le chevalier Capitan de Castaignac, le personnage le plus durable de Liliane et Fred Funcken. Cette magnifique création permet au couple de créateurs d'assouvir encore sa passion de l'Histoire avec un souci toujours poussé de la documentation. On y admire de somptueuses pages aux couleurs vives, un dessin vivant à quoi vient s'ajouter la précision du détail dans les costumes et certains éléments de décor. "Capitan" est ainsi la Bd des Funcken qui connaîtra une longévité supérieure à celles de leurs autres créations. L'époque choisie est propice à une riche description du XVIIème siècle, avec ses acteurs comme d'Artagnan dont Capitan devient l'ami, et ses figures politiques comme Richelieu qui lui confie des missions. C'est une époque de mousquetaires, de complots, de ruses et d'escrimeurs, pleine de panache, où le héros est un décalque des personnages de roman d'Alexandre Dumas, le modèle du genre cape et d'épée, très en vogue sur les écrans français avec les films de Jean Marais ; d'où le succès plus important de cette bande en France qu'en Belgique. Ce genre est de nos jours renouvelé avec une série comme Le Scorpion, mais "Capitan" paraît hélas un peu vieillie et s'adresse surtout à des nostalgiques comme moi.
Les Aventures de Tintin
100ème avis sur le site, je me risque sur le petit reporter à la houppette. Doit-on encore présenter Tintin ? Je vais essayer de ne pas être trop long. Il est clair que Tintin a marqué la planète BD en dépit de ses défauts, et qu'il a bercé l'enfance de plusieurs générations de tous âges depuis 1929, date de sa création. Des récits malhabiles dans le graphisme et l'esprit comme "les Soviets" ou "le Congo" jusqu'aux chefs d'oeuvres que sont le diptyque "Objectif Lune", "l'Affaire Tournesol", "les Bijoux" et "Coke en Stock", Hergé a réussi à donner à son héros une véritable aura, et ce dès le Lotus Bleu, qui plonge dans l'actualité. La série a gagné en puissance et en sérieux et crédibilité au fil des albums, dénonçant ça et là l'invasion japonaise en Chine, les dictatures sud-américaines, l'esclavage ou l'exclusion. Pourtant Tintin ne remet rien en cause, ne soulage pas les peuples et ne propose pas d'alternative aux inégalités, il affronte avec son âme de boy-scout héritée de son créateur la complexité du monde. Tintin est la bonne conscience de la société qui incarne la générosité, la fraternité, l'amitié en défendant des valeurs saines. Reconnue comme étant une réussite majeure de la BD mondiale, l'oeuvre d'Hergé est devenue au gré de nouvelles générations de lecteurs, intemporelle et universelle, elle est rassurante pour l'enfant, réconfortante pour l'adulte. Tintin fait partie de la mémoire collective, surtout si on l'a lu enfant, on entretient avec lui un lien spécial qui dure toute une vie, même si certains s'en détachent. Pourquoi ce personnage fascine-t-il tant les sociologues, les observateurs et les autres ? Hergé lui-même avouait ne pas comprendre. Plusieurs raisons: * Il a su créer un univers riche pouvant être abordé sur plusieurs plans, à la fois sérieux (grâce à sa documentation) et divertissant, mêlant adroitement le ludique à la réflexion. Ces aventures à l'exotisme souvent suranné ont forgé une vision et un imaginaire dont l'enfant a pu se faire une image de l'univers, basé sur le rêve et l'évasion. * les continuelles améliorations et remises à jour d'albums ont joué un rôle important dans ce succès durable; grâce à sa maturité de trait, Hergé a totalement ou partiellement redessiné certains épisodes, ainsi les enfants des nouvelles générations sont à l'aise dans une série modernisée pourtant déja appréciée de leurs parents ou grands-parents. * l'immense cortège de personnages secondaires constitué au fil des années, d'innombrables acteurs ou figurants tous très typés qui forment une sorte de "comédie humaine" et qui évoluent autour du personnage central de Tintin, héros un peu falot il faut l'avouer, et considérablement débordé par l'imposante personnalité du capitaine Haddock, au départ faire-valoir, qui a pris un énorme ascendant sur le héros s'étant retrouvé parfois en situation de faire-valoir à son tour. Source continuelle d'effets comiques, pourvoyeur de jurons célèbres (365 répertoriés je crois), détenteur de tous les vices que Tintin n'a pas. En redessinant les albums qui techniquement avaient vieilli, Hergé n'a rien changé aux caractères : l'ivrogne au grand coeur, les 2 flics idiots, le prof distrait, la diva égocentrique, l'assureur casse-pied, le valet flegmatique, le ruffian mielleux, le marchand affable.... * Tintin n'a pas d'âge, pas de passé, pas de famille, pas de fiancée, même son nom n'est pas sérieux, il n'existe que pour l'aventure, et ainsi tout le monde de tous les pays peut s'identifier à lui. * Autre élément important du succès, le souci d'authenticité a poussé Hergé à peaufiner son oeuvre, même si la bande est considérée comme étant semi-réaliste. Alors, on peut se plaindre de cette fameuse Ligne Claire et du côté figé des personnages, mais je trouve au contraire que ça donne un charme à cette Bd qui a séduit tous les publics. Je laisse de côté la xénophobie, le racisme et la cruauté (le nombre effarant d'animaux tués dans "le Congo") des premiers albums car lorsque j'étais enfant, je ne m'en rendais tout simplement pas compte, et Hergé n'a fait que retranscrire l'état d'esprit qui régnait dans son milieu social... Enfin, une dernière précision, la technique hergéenne a influencé la BD francophone, à l'origine de l'école de Bruxelles, réussissant l'osmose entre le récit et l'image, mais il a aussi donné à la bande dessinée ses lettres de noblesse et au métier de dessinateur une certaine crédibilité à une époque où cette profession et ce mode d'expression étaient encore peu reconnus en Europe. Le 3 mars 1983, Hergé a laissé derrière lui des millions d'orphelins, mais les mythes sont immortels, celui du petit reporter à la houppette, dont De Gaulle disait à Malraux qu'il était "son seul rival international", continuera à faire vibrer encore bien des générations.
Lord Baltimore
Bonne découverte que ce Lord Baltimore. Avec Mike Mignola au scénario (aidé de Christopher Golden), on y retrouve bien son univers sombre et son style graphique où l'obscurité est omniprésente. Ben Stenbeck rappelle dès le premier coup d'oeil le trait de Mignola, avec des contrastes très prononcés et un graphisme dépouillé mais diaboliquement efficace. Les ambiances qui s'en dégagent sont particulièrement glauques, renforcées par des couleurs macabres. Le créateur d'Hellboy imagine ici un monde à forte tendance gothique peuplé de vampires redoutablement féroces, de nazis zombies, de sorcières et d'inquisiteurs (?). De nombreuses scènes d'action spectaculaires viennent ponctuer une histoire prenante et qui donne régulièrement le frisson. de nombreuses questions en suspend donne envie au lecteur de connaître la suite. Le petit sketchbook à la fin et la galerie d'illustrations à la fin sont le petit bonus fort appréciable.
Deuxième génération
(3.5/5) Je ne me suis pas ennuyé un instant avec cet album, très distrayant. Pourtant, j'ai toujours un peu peur, en ouvrant une BD sur la shoah, thème largement exploité, de ne pas être surpris. Le dessin est excellent, type BD comique franco-belge, ce qui peut paraître discordant avec un récit sur le passé macabre du père, mais, justement, ce décalage apporte beaucoup de qualités et rend la lecture très plaisante. Je me suis un peu plus ennuyé sur la fin, où j'ai trouvé les anecdotes moins savoureuses, moins intéressantes, car elles parlaient plus de la vie d'une famille au quotidien, que de la shoah et de ses conséquences sur le quotidien de la "deuxième génération". Les faits relatés, apparemment authentiques, sont très personnels, et, si j'ai été heureux que Kichka me fasse partager son vécu via cet album, je ne compte cependant pas renouveler l'expérience, une seule fois suffit. Ca ne reste en effet qu'une tranche de vie. (233)
Cendres
(3.5/5) Un petit one shot bien sympathique, original dans la construction du récit, entrecoupé de petits intermèdes divertissants, reprenant le passé de certains personnages comme le petit singe, par exemple. L'histoire est originale et on ne sait jamais trop dans quelle direction l'auteur va nous faire virer. La présentation initiale de l'ouvrage dans les premières pages est assez fidèle à ce que vous pourrez lire ici: pleins de personnages divers et variés, pleins de situations différentes à partir d'un même fil conducteur, à savoir le road trip de trois potes autour du testament d'un quatrième larron hélas décédé... Le graphisme est assez naïf, pas très recherché, peu détaillé, mais ça ne m'a pas dérangé le moins du monde. Le papier est à grain, ce que j'adore, et les couleurs, pastelles. Certains aimeront sûrement, d'autres moins. La lecture a été plaisante, mais ne restera pas incontournable, notamment du fait de la rapidité avec laquelle l'album est "avalé"... A découvrir, l'emprunt est suffisant à mon sens. (232)
Johan et Pirlouit
La lecture d'enfance par excellence. Je l'ai découverte avec 2 albums reçus en cadeau : le Serment des Vikings et La Flèche noire ; j'ai aussitôt adoré. C'est le genre de bande qui traverse les années, qu'on peut transmettre à ses enfants, et que l'on peut relire adulte sans honte, un peu comme Tif et Tondu, 2 Bd du journal Spirou qui m'ont vraiment procuré de belles heures de lecture. Si l'on excepte les 2 premiers albums où Johan est un jeune page solitaire, où le dessin n'est pas encore au point et même assez moche, tous les autres sont d'égale qualité, ce qui est assez rare dans une série enfantine ; la série prend plus de corps dès l'arrivée de Pirlouit qui devient l'écuyer et ami de Johan ; ces deux compagnons se lancent dans des aventures passionnantes, dont les scénarios sont loin d'être puérils. Johan est vaillant et rusé, alors que Pirlouit compense par l'agilité et les éclats d'une voix tonitruante les inconvénients de sa petite taille ; tous deux forment un duo complémentaire comme il y en a tant en BD. Le dessin fluide et propre de Peyo, typique de l'école belge, dite école de Marcinelle, convient parfaitement à ce Moyen Age de fantaisie, un peu féerique, où l'humour est attachant ; les décors ne sont pas négligés, les couleurs bien adaptées. Le seul ennui pour moi, c'est l'apparition des Schtroumpfs découverts par nos héros, qu'ils vont hélas éclipser, obligeant Peyo à se consacrer exclusivement à leur propre bande ; c'est dommage, car "Johan et Pirlouit" était de loin bien mieux que la bande des lutins bleus. Les récits excellents et bien structurés avec leur savant cocktail d'aventures pseudo-historiques et d'humour ont fait de cette Bd l'une des meilleures du journal Spirou de la grande époque. Ma note est donc guidée non seulement par la nostalgie, mais autant par la qualité des récits et du dessin.