Les derniers avis (9623 avis)

Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Par quels mots commencer une critique d'une œuvre qui m'a autant marqué (comme beaucoup). Loisel étant un de mes 5 auteurs préférés et donc un des meilleurs auteurs de bd tous styles et toutes époques confondus. C'est une libre interprétation du mythe mais avec une bonne dose de violence en plus, psychologique et visuelle. Peter Pan est un gamin seul et malheureux des rues de Londres (mère alcoolique violente, environnement sombre et agressif...) qui s'évade littéralement dans ses rêves. A la différence du roman original (et du dessin animé de Walt Disney) le monde imaginaire n'est pas épargné par la violence. En particulier le territoire de "l'opikanoba". Cet album comporte quelques cases très gores (mais magnifiques) à la couleur directe. C'est superbe. Mon album préféré avec le 1er tome. Et puis les sirènes et autres fées sont assez particulières, typiques de Loisel. Des petits corps (ou pas) mais avec des formes très généreuses et de gros tétons. Ce qu'il y a de fort avec Loisel c'est qu'il arrive à rendre ce côté trivial, cru et paillard en totale osmose avec la féerie du monde de l'enfance. C'est assez osé mais c'est entré dans la culture populaire de la bande dessinée. La marque des grands. Les 3 premiers tomes sont mes albums préférés. Les autres se contentant à mon sens de "finir l'histoire", bien que restant de très grande qualité, ils n'ont pas la puissance des 3 premiers. Que dire de plus... j'ai lu dans certains commentaires que le dessin de Loisel est gras. Je suis totalement en désaccord avec ça. Gras peut-être mais son dessin (encrage + couleurs) c'est au contraire l'alliance parfaite entre la qualité graphique, la vivacité, la chaleur et une certaine générosité. C'est nerveux, agréable à l’œil, "Walt Disneyien" et en même temps sachant refléter une ambiance lourde, humide (la forêt), enfumée (la taverne) ou brumeuse (les plaines de l'opikanoba). Je suis tombé par hasard sur la page 58 du tome 3: tempête. Peter revient voir sa mère à Londres. C'est sublime. Je conseille également en option le magnifique ouvrage et story board sur la confection du tome 1. C'est passionnant tous ces crayonnés et petites annotations sur le côté. Un livre vraiment indispensable pour tout fan de Loisel.

11/05/2013 (modifier)
Par marine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série SerVamp
SerVamp

J'ai vraiment bien aimée ce manga, il se lit tout seul !! Une histoire pleine de rebondissements, avec beaucoup d'humour, les personnages ont un graphisme recherché et sont attachants (même les "méchants"), on ne devine pas la fin du manga juste avec les premières pages.

10/05/2013 (modifier)
Couverture de la série Lomm
Lomm

Me voici enfin reconcilié avec l'héroic fantasy en BD. Merci TBC. Après avoir dessiné (selon moi) le meilleur album de la série Le Décalogue (le 4), TBC revient à la BD en tant que dessinateur mais aussi scénariste. Le grand public sera peut être surpris et inquiet sur ce dernier point. C'est oublier que TBC est un scénariste accompli ayant déjà signé en autre "la cavale du lézard" superbe polar noir à la manière des frères Cohen. "L'arbre des volants" est une relecture habile de Tarzan. Ici, pas de gorilles ni de chimpanzés ni de léopards mais des monstres ailés (les volants), ou d'autres aussi horribles (les sauteurs) ou encore les charognards. Toute cette faune n'a qu'un objectif : survivre. Pour cela pas de pitié. Seuls les plus forts et les plus rusés y arriveront. Or le fils du plus puissant des volants est bien faible. C'est un humanoïde. Pourra-t-il résister à ce monde cruel ? Le point fort du scénario et ce qui en fait son originalité c'est la violence qui se dégage de cette histoire. On a parfois l'impression d'être face à un documentaire animalier. Mangé ou être mangé. Pas d'autres choix. Les personnages principaux, excepté le petit Lomm, sont tous monstrueux (physiquement mais aussi moralement). La mère chérit sa progéniture mais n'hésite cependant pas à les laisser s’entre tuer. Le père est comme le lion. Il se reproduit, assiste la femelle à l'accouchement puis l'abandonne pour une autre. LOMM vit dans l'arbre des volants, l'endroit le plus sûr (et encore c'est relatif) de ce monde. Mais quand on est un vilain petit canard a-t-on réellement sa place dans cette hiérarchie ? N'est-on pas condamné à chasser au sol où le danger est omniprésent ? Enfin un scénario de HF qui se prend au sérieux. Ceci n'est pas encore une énieme parodie de genre ou un clone de Lanfeust et autre. Non, le charme de cette BD vient que ce dépaysement qui nous est familier. On ne connait pas ce monde mais on comprend ses règles. C'est celles de la dure loi de la nature. Rien n'est fait pour qu'on s'attache aux personnages et pourtant progressivement malgré l'horreur qu'il provoque en nous on se surprend à éprouver de la sympathie pour ces monstres. Quant aux dessins de TBC, sans être magnifiques, (et encore, je pense que c'est les couleurs qui gâchent un peu), ils conviennent parfaitement à l'histoire. De plus, il surprend ses lecteurs en montrant qu'il sait dessiner autre chose que l'univers réel auquel il nous avait habitué (Fables de Bosnie). En conclusion, mon coup de coeur d'août et probablement de la rentrée. Vivement la suite. NDLM : a priori il s'agit d'août 2002 et l'avis semble ne porter que sur le tome 1

07/05/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Derniers Jours de Stefan Zweig
Les Derniers Jours de Stefan Zweig

C'était la meilleure bd du début d'année 2012 pour moi (il faut dire que l'actualité n'était pas très riche). Tout d'abord, j'adore le dessin de Sorel. J'apprécie de le voir quitter les récits lovecraftiens (bien que j'adore le fils du grimacier). Il signe des planches d'une grande beauté formelle accentuée par de splendides couleurs qui rendent justice au Brésil. Je n'avais pas lu le livre de Seksik dont cette bd est l'adaptation. Je ne peux donc que parler de mon plaisir de lecture et non émettre de jugement sur la qualité de cette adaptation. Toute l'histoire peut se résumer au titre. Je pense que si on n'apprécie pas l'œuvre de Stefan Zweig on ne pourra pas apprécier cet ouvrage (d'ailleurs aura t'on envie de le lire ?) Je trouve que le scénario fait bien ressentir le spleen si particulier de Zweig. L'ouvrage n'est pas particulièrement tendre avec lui. Son choix peut paraître d'une grande lâcheté. L'émotion vient du sort de cette jeune épouse qui par amour accepte de suivre son mari dans une voie où elle va à reculons. Nous avons donc une belle histoire d'amour mais aussi la description d'une période dure pour les juifs ayant fui l'Allemagne nazie. Ils ont survécu mais toutes les horribles nouvelles de l'Europe les affectent au plus haut point. Enfin, je n'avais qu'une envie à la fin de la lecture de cette bd : me replonger dans l'œuvre de Zweig. Je pense que c'était aussi le but des auteurs. Pari réussi. Bref 85 pages de très bonne lecture : 4,5/5. ps : Je pense cependant que cette bd pourra être un sommet d'ennui pour certains. On peut être hermétique à la beauté de cette œuvre. Il ne s'y passe pas grand chose, la fin est connue etc.

07/05/2013 (modifier)
Couverture de la série Ascension (Delcourt)
Ascension (Delcourt)

Je viens de m'enfiler les 11 tomes parus à ce jour du manga Ascension. Franchement c'est parmi mes lectures de ces derniers mois celle qui m'a le plus emballé. On a ici un manga parlant d'un sport particulier, l'alpinisme sous toutes ses formes (escalades, solo, ascension etc). Est-ce parce que je n'y connais rien dans ce domaine que cette lecture m'a tant enthousiasmé? J'avais certes déjà lu Le Sommet des dieux de Taniguchi et le roman Paroi de glace de Inoué. Le thème doit me plaire car je souffre d'un vertige assez conséquent. On a ici un seinen classique dans son déroulement : un novice au charisme d'huitre va se réveler dans l'escalade et devenir le meilleur. Rien de neuf. Mais ici tout est fait avec talent. Le graphisme et les couvertures sont splendides. L'histoire et les péripéties s'enchainent sans fausse note. J'apprécie grandement dans les mangas la capacité qu'ont les auteurs de faire des ruptures de tons, des cassures temporelles, des retours en arrière. Ici l'auteur ose d'un album à l'autre sauter de 48 heures dans le temps puis par des flashbacks revenir sur les événements passés. Cela est fait avec brio sans créer de difficulté de compréhension. J'adore. Ce manga est inspiré d'un roman l'homme impassible inconnu chez moi. C'est la lecture la plus addictive découverte ces temps ci. Elle vient à point combler le manque d'Ippo. 4/5 (car il y a une légère baisse de régime à partir du 9ème tome)

07/05/2013 (modifier)
Couverture de la série Cinder & Ashe
Cinder & Ashe

Dans le flot des nombreuses sorties comics tous éditeurs confondus, il est assez étonnant que Delcourt choisisse de sortir une "vieillerie" de 1990 inconnue même d'un gros amateur de bd comme moi. Suicide commercial ou bon feeling ? En tout cas pour moi, c'est une très très bonne surprise que ce Cinder et Ashe. Graphiquement j'ai trouvé cela génial. Je ne sais pas pourquoi, cela m'a fait penser à du Mazzucchelli période Daredevil. Alors c'est sûr que si vous êtes allergique à la colorisation toute en couleurs très particulière typique des comics des années 90, passez votre chemin. Moi j'aime. Cela agit sur moi comme une madeleine de Proust. J'apprécie aussi l'audace des cadrages, la fluidité du découpage etc. Je ne connaissais pas José Luis Garcia Lopez. C'est une belle découverte. Le scénario n'est pas en reste. Il est dense et réussit un mélange de polar, de guerre du Vietnam, de thriller politique, d'histoire de vengeance sans oublier d'amour. Ce gloubiboulga fonctionne pourtant. On sent à la fois le caractère poisseux de la Nouvelle-Orléans mais aussi l'horreur du conflit vietnamien même post-guerre. C'est certainement la relation très particulière entre Cinder et Ashe qui est le plus réussie. Subtil. Pas manichéen pour deux sous. Cette lecture m'a évoqué les héros Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les héros emblématiques de certains romans de Dennis Lehane. Bref, jetez-y un oeil.

07/05/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans l'atelier de Fournier
Dans l'atelier de Fournier

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu une bande dessinée avec autant de plaisir. J'attendais cet album avec impatience car je suis un grand fan de Fournier, un auteur sous-estimé à mes yeux et qui a signé plusieurs de mes Spirou préférés. Il faut dire aussi qu'il est le seul auteur avec Trondheim dont j'ai une dédicace donc cela le rend encore plus spécial à mes yeux. L'album est totalement passionnant à lire même si je connaissais le parcours de Fournier (notamment pourquoi il a arrêté Spirou) et il y a deux raisons à cela. La première est que Fournier raconte des anecdotes que je ne connaissais pas (sa rencontre avec Rob-Vel qui est un des meilleurs moments de l'album) et la deuxième raison est que Fournier est vraiment chaleureux et lorsqu'il parlait j'étais complètement captivé comme s'il était en face de moi alors que c'est sa représentation en bande dessinée qui raconte sa vie. Le dessin est réussi et je ne sais pas comment l'expliquer, mais juste en le regardant je deviens de bonne humeur et j'oublie tous mes soucis durant un instant. Les bonus à la fin sont vraiment intéressants et je regrette encore plus que Fournier n'ait pu faire plus de Spirou.

06/05/2013 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Complot
Le Complot

Une oeuvre visant à démystifier l'un des plus gros mensonges de l'histoire ne pouvait que m'attirer. Pour moi si l'oeuvre n'est pas exempt de défauts, elle atteint son but : montrer aux gens que le protocole des sages de Sion est une vaste fumisterie. Le dessin est réussie et si le scénario était du même acabit j'aurais mis culte. Mais il y a un petit côté fastidieux lors de la lecture qui m'empêche de mettre culte. Pas que je me sois ennuyé mais il faut néanmoins passé certains passages qui sont moins prenants. Peut-être que le support BD n'est pas l'idéal comme le suggérait l'avis précédent ? Pour moi il se justifie car les lecteurs de BD ne lisent pas forcément de manuels et vice versa. Une oeuvre magnifique qui frôle le culte mais qui doit être lu afin de connaître le vrai visage de ce protocole.

06/05/2013 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blackest Night
Blackest Night

J'ai découvert l'univers des Green Lantern avec les News 52 de DC. Suivant la série en kiosque je commence à lire des épisodes se déroulant avant le relaunch et expliquant un certain nombre d'évènement. La série Blackest Night s'inscrit dans cette démarche. Après la lecture du premier tome, je dois dire que j'ai très bien accroché à l'histoire. L'univers DC est secoué par la résurrection sous forme de mort-vivants de quelques uns de ses héros disparus. Les protagonistes font face à leurs anciens amis ayant fait l'ultime sacrifice au nom du bien. Cette antagonisme est intéressant car il interpelle sur l'engagement et le rôle des super-héros. L'histoire se lit bien mais pour les gens qui lisent peu de comics il y aura des soucis car certaines références ou certains morts sont rapidement évoqués et les néophytes auront des difficultés. Saluons l'initiative d'Urban qui en bonus évoque rapidement ses personnages, leur mort et les différents corps de lantern rendant la lecture et la compréhension plus simple tout de même bien qu'un peu trop rapide. Niveau dessin c'est très beau. J'ai adoré le graphisme et les détails des deux dessinateurs qui ont vraiment fait un travail remarquable. Là encore coup de chapeau d'Urban qui nous gratifie d'un making-of en fin d'album ou rapidement les différents auteurs expliquent certains choix et leur travail. Au final une histoire prenante mais qui peut être un peu opaque (3.5/5), des dessins remarquables (5/5) et une édition de qualité (une nouvelle fois) proposée par Urban (4/5). Mise à jour après lecture du tome 2 : Suite et fin de cette saga (en attendant la suite dans Brightest Day à paraître en juin). Geoff Johns confirme son talent et continue d'explorer la psychologie de ses personnages en les mettant face à leurs amis décédés et donc à leurs échecs. L'histoire est prenante mais il manque un petit truc qui rendrait l'ouvrage culte. Le dessin est toujours aussi excellent même si un des chapitres est à mon goût un peu moins réussi mais c'est histoire de chipoter. Une très belle édition encore une fois de la part d'Urban. J'ai hâte de lire la suite et triste de savoir que Geoff Johns quitte la série Green Lantern ce mois-ci (avril 2013) aux USA.

28/03/2013 (MAJ le 06/05/2013) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Subjuguant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cette œuvre très originale. Tout d’abord par la beauté du dessin extrêmement soigné dans des tons monochromes allant du gris sale à un sépia très lumineux. L’imagination et les trouvailles de l’auteur font le reste. Celui-ci confère une portée universelle au mythe de la terre promise, avec une dimension onirique tout à fait étonnante qui peut dérouter à la première lecture. L’histoire commence en effet de manière plutôt sombre et réaliste (la patrie) pour évoluer dans un univers merveilleux et quasi surréaliste (la terre d’accueil), truffé d’objets et de créatures extraordinaires, ainsi que de symboles mystérieux. De cette façon, l’auteur a parfaitement su représenter comment un monde nouveau pouvait être d’une étrangeté absolue aux yeux d’un immigrant. L’absence de textes n’est absolument pas gênante, au contraire, cela aurait presque paru redondant dans cette histoire avant tout visuelle. Elle comporte d’ailleurs une telle richesse qu’à mon avis on peut la relire plusieurs fois sans problème et y découvrir de nouveaux éléments qui n’auraient pas sauté aux yeux à la première lecture. D’une certaine façon, ce magnifique ouvrage redonne de la dignité à tous les expatriés de la Terre, ceux qui ont quitté leur pays par nécessité, avec peut-être un sentiment diffus de honte (laisser ses proches derrière soi n’est certainement pas chose facile). Certes, la représentation de la Terre promise est très idéalisée, mais le but ici n’a pas été de produire une histoire réaliste. D’après moi, l’auteur a voulu d’abord montrer les raisons qui conduisaient à quitter son pays natal, en mettant en scène la vision rêvée, si déformée soit-elle, de ces hommes rêvant d’un ailleurs où la vie serait plus douce.

05/05/2013 (modifier)