J'ai relu ces dernières semaines plusieurs tomes de la série et je me suis rendu compte que j'aimais autant les Schtroumpfs que dans ma jeunesse. Enfin, cela dépend des albums.
J'aime beaucoup les premiers tomes qui sont remplis d'imagination, de poésie et d'humour. Les personnages sont attachants et je ne trouve pas cela absolument gnan-gnan. Le dessin de Peyo est absolument superbe et il est un grand de la bande dessinée franco-belge à gros nez.
Malheureusement, cela se gâte un peu au fil des albums. Cela commence avec le tome 11 et le tome 12. Les histoires qui donnent leurs titres à ces deux albums sont bonnes, mais les histoires courtes qui viennent ensuite sont un peu oubliables. Après il y a un tome 13 qui se laisse lire, mais ensuite viennent les tomes 14-15 qui sont franchement horribles. J'ai entendu dire que Peyo avait fini par détester les Schtroumpfs vu que tout le monde voulait qu'il continue de faire des histoires de Schtroumpfs alors que sa série préférée était Johan et Pirlouit et donc ces deux tomes semblent avoir été réalisés sans aucune passion de la part de Peyo. En plus, je crois qu'il était trop débordé avec le succès des Schtroumpfs pour pouvoir avoir le temps d'imaginer des histoires incroyables.
Heureusement, après il passe au Lombard et il fait un tome 16 qui est vraiment bon, mais ensuite Peyo meurt et depuis c'est son fils aidé de co-scénaristes et de dessinateurs qui a pris la relève. Si les premiers tomes sont plutôt sympathiques, après le tome 22 je trouve que les histoires sont sans grand intérêt hormis celle qui se moque des vacances. Les autres ont quelques scènes pas mal, mais cela n'a pas la force des albums de Peyo. Le problème vient du fait que les repreneurs ne maitrisent pas autant la satire que Peyo et Delporte et aussi ils utilisent trop Gargamel qui apparait souvent inutilement.
Je conseille donc principalement les albums de Peyo aux enfants.
Je lorgne sur cet album depuis un moment – la VO est dans mon panier Amazon depuis plusieurs mois. La couverture magnifique (voir ici) avait retenu mon attention en librairie, mais le résumé un peu « space » m’avait fait craindre une histoire un peu trop onirique et loufoque. La parution chez Futuropolis est l’occasion de franchir le pas…
… et j’ai adoré ! L’histoire de fond est finalement très typée « roman graphique », avec cet homme paniquant un peu à l’idée de devenir papa, et qui a surtout des souvenirs douloureux enfouis au plus profond de lui, et qui vont refaire surface soudainement lors d’une découverte sous-marine à première vue anodine.
S’en suivent de longues déambulations teintées d’onirisme (virant parfois au cauchemar) montrant un homme qui perd les pédales et qui tente tant bien que mal de donner un sens à ce qui lui arrive. C’est touchant, bien écrit, intrigant au possible, et la fin est bien amenée et satisfaisante. La narration mêlant passages oniriques et sauts dans le temps est habile et ne perd jamais le lecteur (ou en tout cas jamais bien longtemps).
Le dessin en noir et blanc est magnifique, et parfaitement adapté pour représenter la petite ville côtière de Nouvelle Ecosse, cadre de cette histoire.
Un coup de cœur en ce qui me concerne.
C'est incroyable que je sois passé à côté de ce roman graphique malgré toutes les bonnes critiques. Je pense qu'il s'agit d'un incontournable qui est presque passé inaperçu. J'ai été véritablement séduit par cette histoire d'amour qui traverse tous les préjugés. Cela a l'air tellement personnel qu'on se demande si l'auteure serait bien Emma.
J'ai rarement lu une bd aussi bien réalisée tout en douceur, en harmonie et avec une telle sensibilité jusque dans le graphisme. J'avais peur du bleu notamment du bleu marine, de cet océan où l'on peut se noyer. Cependant, le bleu est également une couleur chaude qui prend tout ce sens en lisant cette magnifique œuvre. J'ai eu la gorge nouée à la fin de cet album.
L'amour qu'elles ont éveillé a permis de continuer le chemin, et sans doute de faire comprendre à la société qu'on devait légaliser le mariage gay. C'est une grosse avancée sociale qui se justifie pleinement. Cette œuvre prend une autre dimension dans ce débat.
L'utilisation de la couleur bleue tout au long de l'album est franchement ingénieuse. Et pour un premier album, c'est un coup de maître ! Le talent à l'état pur, oui cela existe. Je suis heureux d'avoir découvert ce one-shot puissant et tendre à la fois. Note maximale car un sans faute !
Petit ajout :
Voilà que je vois que mon dernier 5 étoiles a été repris par un film qui s’est vu décerné la palme d’or lors du Festival de Cannes 2013 par mon réalisateur préféré qui était président du jury à savoir Steven Spielberg. Je me disais bien qu’il y avait de la matière pour un faire un très bon film. C’est un pied de nez magistral à ceux qui manifestent actuellement contre une loi qui donne des droits aux couples de personnes de même sexe qui s’aiment. J’en suis heureux car cela va faire parler de cette bd qui était passée un peu inaperçu et que j’ai découvert récemment par hasard. Pour ma part, cela faisait des années que je n’avais plus qualifié une œuvre culte. Pour une fois, j’ai eu du flair. Et je ne suis pas visiblement le seul. Le film aurait fait l’unanimité. Il convient maintenant de faire découvrir la bd.
Note Dessin: 4.5/5 - Note scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Vu le beau temps de cet après-midi (La Lorraine c'est sympa souvent en septembre, fin de l'hiver chez nous), j'avais le choix en ce très joli lundi de pentecôte 2013 entre ranger mes bds ou lire ce Junk qui squatte ma table de chevet depuis une semaine ben ni une ni deux le choix était vite fait et sans regret car les deux tomes que regroupe cette intégrale ont été avalé d'un coup !
Alors Bruno j'ai toujours adoré son trait mais alors avec Pothier au scénario, je crois ni plus ni loin qu’il s’agit probablement de son meilleur bouquin !
L’ensemble est génial et prenant tout simplement pour qui apprécie les westerns crépusculaires !!!
Difficile de produire un scénario original, pourtant celui-ci propose une intrigue des plus simples mais des plus réjouissantes avec une intrigue à la clé dont seulement les toutes dernières pages proposeront une explication des plus surprenantes à mon sens : séparé depuis plus de 15 ans, un gang d’hors la loi se réunit pour retrouver le trésor d’un officier confédéré qui est à l’origine de leur séparation.
Seuls hics : ce trésor n’est qu’un leurre permettant de révéler un traitre et les « héros » au caractère bien embouché ont vieilli d’où leur surnom de « junk » qu’on peut qualifier ici péjorativement d’ « antiquités ».
Le premier tome base les retrouvailles d’une bande atypique qui n’aurait pas dépareillé dans la série « Sept » de David Chauvel à l’exception qu’ils ne correspondent pas à ce chiffre mais le graphisme élégant de Bruno assisté de couleurs froides mais inspirées de Laurence Croix sied particulièrement à recréer un cadre neigeux digne du « Grand Silence » de Corbucci.
Et c’est tout à fait réussi car cette ode au passé et à l’amitié contient tout ce qu’il faut d’intrigues et de parenthèses du quotidien pour entretenir la curiosité du lecteur.
L’ensemble prend un ton drastiquement dramatique dès la fin du premier tome pour recentrer l’action sur le supposé traitre et un autre gang perfide et avide du même butin. De larges scènes de gunfights comme il se doit achèvent de relier le tout avec cohérence et un plaisir jubilatoire constant sur toute la lecture.
Les dessins de Bruno changent radicalement avec le style pseudo-réaliste généralement adopté pour les westerns de bande dessinée et ce n’est pas pour me déplaire. Je connaissais l’auteur pour avoir su imprimer un ton afro-américain constant et juste sur ses œuvres précèdentes mais je reconnais qu’il a habilement relevé le défi sur Junk.
Ce ne serait rien sans le scénario de Nicolas Pothier suffisamment malin pour tenir en haleine le lecteur par des dialogues subtils rendant l’ensemble des desperados attachants et réalistes.
Et la fin est loin d'être décevante, tout juste un peu intrigante et boucle de façon satisfaisante ce joli diptyque dont l'édition au grand format est juste parfaite avec cette excellente idée que d'avoir repris les couvertures des 2 tomes (initiative qui se perd lors des intégrales hélas).
Bref un gros coup de coeur pour moi ! Et les couleurs de Laurence Croix sont toujours aussi belles !!! Dire que j'étais passé complètement à côté pour je ne sais quelle raison et que l'indisponibilité du tome 2 (tout du moins dans mes contrées) me privait du plaisir de cette oeuvre donc cette intégrale est tombée à point nommée !
Fans de westerns ou de Bruno, si vous ne connaissez pas ce joli bouquin, il n'y a plus d'excuses ! Chapeau bas aux auteurs !
Cette série est fidèle à l'esprit des autres BDs que j'ai lues de la collection Bayou dirigée par Joann Sfar (le génial Aya de Yopougon de la même scénariste, Chaque chose, Le Local, Princesse aime princesse, Le Rouge vous va si bien), c'est à dire des romans graphiques assez peu originaux, mais souvent loufoques et avec une ambiance sympa, accompagnés d'un graphisme un peu 'nouvelle BD'.
Comme je le disais, j'aime vraiment bien le graphisme (qui ressemble beaucoup à celui de Clément Oubrerie, qui a collaboré avec Marguerite Abouet sur Aya de Yopougon), c'est à dire joliment ombragé, assez clair, pas toujours super précis mais très efficace avec des couleurs claires.
Pour le scénario, on retrouve vraiment l'esprit de la série Aya, on suit une jeune étudiante en art, très altruiste (comme Aya), mais tout le monde ne s'en rend pas compte à cause de son cynisme (comme Aya) et à cause du fait que ça la rend des fois un peu agressive (comme Aya). Elle ne s'intéresse pas non plus aux hommes (comme Aya) mais est très travailleuse (vous avez saisi ?). Comme dans son autre série principale, la prolifération des personnages et la densité du récit sont aussi des éléments notables mais est-ce qu'ils rendent la série meilleure ? Comme pour Aya (désolé), chaque album se termine sur un fin ouverte, on ne sait pas si une suite sortira (mais est-ce que ça vaut le coup de sortir 6 tomes aussi ? Je ne pense pas, car déjà, au bout de 2 tomes je commence à me lasser).
Etant fan de la première heure de la série mère, et particulièrement emballée par les dessins de Florent Maudoux, je me suis jetée sur cette BD (quelle couverture aussi...).
Contrairement au spin off Rouge, du même auteur, mais pas du même dessinateur, Florent Maudoux reprend ici ses crayons, et nous offre une très belle BD.
On ne retrouve pas le même volume de pages que dans Freaks' Squeele, mais l'histoire est très dense et il n'y a aucun temps mort.
Tout en couleur cette fois, les dessins sont très beaux.
L'atmosphère est assez pesante, pleine de préjugés, de complots, de trahisons, de violence. J'ai bien aimé la cité inventée par Maudoux pour placer son histoire, espèce de cité décadente avec un système de classe fondé sur l'apparence physique des gens à leur naissance. Apparence déterminée par la force du foetus in utéro...
Le principe me plait bien, on reste dans un esprit un peu décalé par rapport au monde réel, tout en gardant des contacts avec celui-ci.
Funérailles et Scipio étant deux des personnages les plus intéressants de la série mère (on ne sait ni par quoi ils sont motivés, ni ce qu'ils veulent, on ne sait pas d'où il sortent..) je vais continuer à suivre cette série de près!
Ce spin off colle bien à l'esprit de la série, et j'ai hâte de voir le tome 2 sortir, au vu du dessin de couverture présenté à la fin du tome 1!!
La qualité de l'histoire me donne même envie de faire abstraction des dessins de la série Rouge...
Seul petit bémol pour moi, la mère de scipio et la copine de prétorius à la fin qui ont des petits airs de ressemblance avec Xiong Mao et sa mère...
Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien.
Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive.
Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère.
Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais…
Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes…
Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi.
Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.
Quel plaisir de lire une nouvelle série du duo Corbeyran / Chabbert dont le travail m'avait enthousiasmé dans Uchronie[s] - New Byzance. A nouveau je suis sous le charme du dessinateur dont le style est toujours aussi agréable. Finesse de trait, qualité des cadrages, multitude de détails dans les décors, les points forts du dessin sont nombreux. Dès les premières pages on est happé par cette histoire et son ambiance. On plonge dans ce Paris et ce Londres rétro avec bonheur.
L'histoire n'est pas en reste. Elle prend place dans le milieu de la magie et de l'illusion. Tout commence par des petits tours de rues et des spectacles dans de petites salles sans envergure. C'est assez original et accrocheur. En tout cas l'alchimie est là. Car après l'introduction de rigueur qui permet de découvrir les personnages, il suffit d'un évènement mystérieux pour faire décoller l'intrigue. En l’occurrence il s'agit de l'étrange disparition d'un petit garçon durant un tour. L'atmosphère est volontairement ambigüe entre magie et fantastique. On ne sait pas où cette histoire va nous mener. On se laisse porter par l'ambiance, l'intrigue, le dessin, bref par tous ces éléments qui se mélangent à merveille.
Au final un premier tome prenant, l'histoire est efficace et se lit d'une traite. Vivement la suite.
tome 2
Le second tome est dans la parfaite continuité du premier. On retrouve la même ambiance qui donne tout son charme à cette série. Graphiquement j'aime toujours autant le travail D'Eric Chabbert.
L'histoire continue de nous promener entre magie et fantastique. Le mélange est hyper efficace et le récit est toujours agréable. Les questions posées par le tome 1 ne trouvent pas encore leurs réponses. Seulement quelques éléments, quelques début de pistes, juste ce qu'il faut pour donner envie de connaitre la suite. On à l'impression que le mystère s'intensifie autour de la disparition du petit garçon et de nouveaux éléments étranges viennent s'ajouter sur la fin de du tome. Ça se tient tout à fait, et c'est de plus en plus captivant.
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée.
Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable…
Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique.
Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle.
L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight.
Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque.
De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais.
Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement.
Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive.
L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence.
Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs.
J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire).
Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain.
Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ...
Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu.
Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.
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Les Schtroumpfs
J'ai relu ces dernières semaines plusieurs tomes de la série et je me suis rendu compte que j'aimais autant les Schtroumpfs que dans ma jeunesse. Enfin, cela dépend des albums. J'aime beaucoup les premiers tomes qui sont remplis d'imagination, de poésie et d'humour. Les personnages sont attachants et je ne trouve pas cela absolument gnan-gnan. Le dessin de Peyo est absolument superbe et il est un grand de la bande dessinée franco-belge à gros nez. Malheureusement, cela se gâte un peu au fil des albums. Cela commence avec le tome 11 et le tome 12. Les histoires qui donnent leurs titres à ces deux albums sont bonnes, mais les histoires courtes qui viennent ensuite sont un peu oubliables. Après il y a un tome 13 qui se laisse lire, mais ensuite viennent les tomes 14-15 qui sont franchement horribles. J'ai entendu dire que Peyo avait fini par détester les Schtroumpfs vu que tout le monde voulait qu'il continue de faire des histoires de Schtroumpfs alors que sa série préférée était Johan et Pirlouit et donc ces deux tomes semblent avoir été réalisés sans aucune passion de la part de Peyo. En plus, je crois qu'il était trop débordé avec le succès des Schtroumpfs pour pouvoir avoir le temps d'imaginer des histoires incroyables. Heureusement, après il passe au Lombard et il fait un tome 16 qui est vraiment bon, mais ensuite Peyo meurt et depuis c'est son fils aidé de co-scénaristes et de dessinateurs qui a pris la relève. Si les premiers tomes sont plutôt sympathiques, après le tome 22 je trouve que les histoires sont sans grand intérêt hormis celle qui se moque des vacances. Les autres ont quelques scènes pas mal, mais cela n'a pas la force des albums de Peyo. Le problème vient du fait que les repreneurs ne maitrisent pas autant la satire que Peyo et Delporte et aussi ils utilisent trop Gargamel qui apparait souvent inutilement. Je conseille donc principalement les albums de Peyo aux enfants.
Jack Joseph - Soudeur sous-marin
Je lorgne sur cet album depuis un moment – la VO est dans mon panier Amazon depuis plusieurs mois. La couverture magnifique (voir ici) avait retenu mon attention en librairie, mais le résumé un peu « space » m’avait fait craindre une histoire un peu trop onirique et loufoque. La parution chez Futuropolis est l’occasion de franchir le pas… … et j’ai adoré ! L’histoire de fond est finalement très typée « roman graphique », avec cet homme paniquant un peu à l’idée de devenir papa, et qui a surtout des souvenirs douloureux enfouis au plus profond de lui, et qui vont refaire surface soudainement lors d’une découverte sous-marine à première vue anodine. S’en suivent de longues déambulations teintées d’onirisme (virant parfois au cauchemar) montrant un homme qui perd les pédales et qui tente tant bien que mal de donner un sens à ce qui lui arrive. C’est touchant, bien écrit, intrigant au possible, et la fin est bien amenée et satisfaisante. La narration mêlant passages oniriques et sauts dans le temps est habile et ne perd jamais le lecteur (ou en tout cas jamais bien longtemps). Le dessin en noir et blanc est magnifique, et parfaitement adapté pour représenter la petite ville côtière de Nouvelle Ecosse, cadre de cette histoire. Un coup de cœur en ce qui me concerne.
Le Bleu est une couleur chaude
C'est incroyable que je sois passé à côté de ce roman graphique malgré toutes les bonnes critiques. Je pense qu'il s'agit d'un incontournable qui est presque passé inaperçu. J'ai été véritablement séduit par cette histoire d'amour qui traverse tous les préjugés. Cela a l'air tellement personnel qu'on se demande si l'auteure serait bien Emma. J'ai rarement lu une bd aussi bien réalisée tout en douceur, en harmonie et avec une telle sensibilité jusque dans le graphisme. J'avais peur du bleu notamment du bleu marine, de cet océan où l'on peut se noyer. Cependant, le bleu est également une couleur chaude qui prend tout ce sens en lisant cette magnifique œuvre. J'ai eu la gorge nouée à la fin de cet album. L'amour qu'elles ont éveillé a permis de continuer le chemin, et sans doute de faire comprendre à la société qu'on devait légaliser le mariage gay. C'est une grosse avancée sociale qui se justifie pleinement. Cette œuvre prend une autre dimension dans ce débat. L'utilisation de la couleur bleue tout au long de l'album est franchement ingénieuse. Et pour un premier album, c'est un coup de maître ! Le talent à l'état pur, oui cela existe. Je suis heureux d'avoir découvert ce one-shot puissant et tendre à la fois. Note maximale car un sans faute ! Petit ajout : Voilà que je vois que mon dernier 5 étoiles a été repris par un film qui s’est vu décerné la palme d’or lors du Festival de Cannes 2013 par mon réalisateur préféré qui était président du jury à savoir Steven Spielberg. Je me disais bien qu’il y avait de la matière pour un faire un très bon film. C’est un pied de nez magistral à ceux qui manifestent actuellement contre une loi qui donne des droits aux couples de personnes de même sexe qui s’aiment. J’en suis heureux car cela va faire parler de cette bd qui était passée un peu inaperçu et que j’ai découvert récemment par hasard. Pour ma part, cela faisait des années que je n’avais plus qualifié une œuvre culte. Pour une fois, j’ai eu du flair. Et je ne suis pas visiblement le seul. Le film aurait fait l’unanimité. Il convient maintenant de faire découvrir la bd. Note Dessin: 4.5/5 - Note scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Junk
Vu le beau temps de cet après-midi (La Lorraine c'est sympa souvent en septembre, fin de l'hiver chez nous), j'avais le choix en ce très joli lundi de pentecôte 2013 entre ranger mes bds ou lire ce Junk qui squatte ma table de chevet depuis une semaine ben ni une ni deux le choix était vite fait et sans regret car les deux tomes que regroupe cette intégrale ont été avalé d'un coup ! Alors Bruno j'ai toujours adoré son trait mais alors avec Pothier au scénario, je crois ni plus ni loin qu’il s’agit probablement de son meilleur bouquin ! L’ensemble est génial et prenant tout simplement pour qui apprécie les westerns crépusculaires !!! Difficile de produire un scénario original, pourtant celui-ci propose une intrigue des plus simples mais des plus réjouissantes avec une intrigue à la clé dont seulement les toutes dernières pages proposeront une explication des plus surprenantes à mon sens : séparé depuis plus de 15 ans, un gang d’hors la loi se réunit pour retrouver le trésor d’un officier confédéré qui est à l’origine de leur séparation. Seuls hics : ce trésor n’est qu’un leurre permettant de révéler un traitre et les « héros » au caractère bien embouché ont vieilli d’où leur surnom de « junk » qu’on peut qualifier ici péjorativement d’ « antiquités ». Le premier tome base les retrouvailles d’une bande atypique qui n’aurait pas dépareillé dans la série « Sept » de David Chauvel à l’exception qu’ils ne correspondent pas à ce chiffre mais le graphisme élégant de Bruno assisté de couleurs froides mais inspirées de Laurence Croix sied particulièrement à recréer un cadre neigeux digne du « Grand Silence » de Corbucci. Et c’est tout à fait réussi car cette ode au passé et à l’amitié contient tout ce qu’il faut d’intrigues et de parenthèses du quotidien pour entretenir la curiosité du lecteur. L’ensemble prend un ton drastiquement dramatique dès la fin du premier tome pour recentrer l’action sur le supposé traitre et un autre gang perfide et avide du même butin. De larges scènes de gunfights comme il se doit achèvent de relier le tout avec cohérence et un plaisir jubilatoire constant sur toute la lecture. Les dessins de Bruno changent radicalement avec le style pseudo-réaliste généralement adopté pour les westerns de bande dessinée et ce n’est pas pour me déplaire. Je connaissais l’auteur pour avoir su imprimer un ton afro-américain constant et juste sur ses œuvres précèdentes mais je reconnais qu’il a habilement relevé le défi sur Junk. Ce ne serait rien sans le scénario de Nicolas Pothier suffisamment malin pour tenir en haleine le lecteur par des dialogues subtils rendant l’ensemble des desperados attachants et réalistes. Et la fin est loin d'être décevante, tout juste un peu intrigante et boucle de façon satisfaisante ce joli diptyque dont l'édition au grand format est juste parfaite avec cette excellente idée que d'avoir repris les couvertures des 2 tomes (initiative qui se perd lors des intégrales hélas). Bref un gros coup de coeur pour moi ! Et les couleurs de Laurence Croix sont toujours aussi belles !!! Dire que j'étais passé complètement à côté pour je ne sais quelle raison et que l'indisponibilité du tome 2 (tout du moins dans mes contrées) me privait du plaisir de cette oeuvre donc cette intégrale est tombée à point nommée ! Fans de westerns ou de Bruno, si vous ne connaissez pas ce joli bouquin, il n'y a plus d'excuses ! Chapeau bas aux auteurs !
Bienvenue
Cette série est fidèle à l'esprit des autres BDs que j'ai lues de la collection Bayou dirigée par Joann Sfar (le génial Aya de Yopougon de la même scénariste, Chaque chose, Le Local, Princesse aime princesse, Le Rouge vous va si bien), c'est à dire des romans graphiques assez peu originaux, mais souvent loufoques et avec une ambiance sympa, accompagnés d'un graphisme un peu 'nouvelle BD'. Comme je le disais, j'aime vraiment bien le graphisme (qui ressemble beaucoup à celui de Clément Oubrerie, qui a collaboré avec Marguerite Abouet sur Aya de Yopougon), c'est à dire joliment ombragé, assez clair, pas toujours super précis mais très efficace avec des couleurs claires. Pour le scénario, on retrouve vraiment l'esprit de la série Aya, on suit une jeune étudiante en art, très altruiste (comme Aya), mais tout le monde ne s'en rend pas compte à cause de son cynisme (comme Aya) et à cause du fait que ça la rend des fois un peu agressive (comme Aya). Elle ne s'intéresse pas non plus aux hommes (comme Aya) mais est très travailleuse (vous avez saisi ?). Comme dans son autre série principale, la prolifération des personnages et la densité du récit sont aussi des éléments notables mais est-ce qu'ils rendent la série meilleure ? Comme pour Aya (désolé), chaque album se termine sur un fin ouverte, on ne sait pas si une suite sortira (mais est-ce que ça vaut le coup de sortir 6 tomes aussi ? Je ne pense pas, car déjà, au bout de 2 tomes je commence à me lasser).
Freaks' Squeele - Funérailles
Etant fan de la première heure de la série mère, et particulièrement emballée par les dessins de Florent Maudoux, je me suis jetée sur cette BD (quelle couverture aussi...). Contrairement au spin off Rouge, du même auteur, mais pas du même dessinateur, Florent Maudoux reprend ici ses crayons, et nous offre une très belle BD. On ne retrouve pas le même volume de pages que dans Freaks' Squeele, mais l'histoire est très dense et il n'y a aucun temps mort. Tout en couleur cette fois, les dessins sont très beaux. L'atmosphère est assez pesante, pleine de préjugés, de complots, de trahisons, de violence. J'ai bien aimé la cité inventée par Maudoux pour placer son histoire, espèce de cité décadente avec un système de classe fondé sur l'apparence physique des gens à leur naissance. Apparence déterminée par la force du foetus in utéro... Le principe me plait bien, on reste dans un esprit un peu décalé par rapport au monde réel, tout en gardant des contacts avec celui-ci. Funérailles et Scipio étant deux des personnages les plus intéressants de la série mère (on ne sait ni par quoi ils sont motivés, ni ce qu'ils veulent, on ne sait pas d'où il sortent..) je vais continuer à suivre cette série de près! Ce spin off colle bien à l'esprit de la série, et j'ai hâte de voir le tome 2 sortir, au vu du dessin de couverture présenté à la fin du tome 1!! La qualité de l'histoire me donne même envie de faire abstraction des dessins de la série Rouge... Seul petit bémol pour moi, la mère de scipio et la copine de prétorius à la fin qui ont des petits airs de ressemblance avec Xiong Mao et sa mère...
Notre seul ami commun
Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien. Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive. Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère. Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais… Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes… Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi. Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.
Black Stone
Quel plaisir de lire une nouvelle série du duo Corbeyran / Chabbert dont le travail m'avait enthousiasmé dans Uchronie[s] - New Byzance. A nouveau je suis sous le charme du dessinateur dont le style est toujours aussi agréable. Finesse de trait, qualité des cadrages, multitude de détails dans les décors, les points forts du dessin sont nombreux. Dès les premières pages on est happé par cette histoire et son ambiance. On plonge dans ce Paris et ce Londres rétro avec bonheur. L'histoire n'est pas en reste. Elle prend place dans le milieu de la magie et de l'illusion. Tout commence par des petits tours de rues et des spectacles dans de petites salles sans envergure. C'est assez original et accrocheur. En tout cas l'alchimie est là. Car après l'introduction de rigueur qui permet de découvrir les personnages, il suffit d'un évènement mystérieux pour faire décoller l'intrigue. En l’occurrence il s'agit de l'étrange disparition d'un petit garçon durant un tour. L'atmosphère est volontairement ambigüe entre magie et fantastique. On ne sait pas où cette histoire va nous mener. On se laisse porter par l'ambiance, l'intrigue, le dessin, bref par tous ces éléments qui se mélangent à merveille. Au final un premier tome prenant, l'histoire est efficace et se lit d'une traite. Vivement la suite. tome 2 Le second tome est dans la parfaite continuité du premier. On retrouve la même ambiance qui donne tout son charme à cette série. Graphiquement j'aime toujours autant le travail D'Eric Chabbert. L'histoire continue de nous promener entre magie et fantastique. Le mélange est hyper efficace et le récit est toujours agréable. Les questions posées par le tome 1 ne trouvent pas encore leurs réponses. Seulement quelques éléments, quelques début de pistes, juste ce qu'il faut pour donner envie de connaitre la suite. On à l'impression que le mystère s'intensifie autour de la disparition du petit garçon et de nouveaux éléments étranges viennent s'ajouter sur la fin de du tome. Ça se tient tout à fait, et c'est de plus en plus captivant.
Batman - Un deuil dans la famille
S’il y en a bien un qui était ravi d’apprendre la réédition de cet épisode particulier de Batman au sein de la nouvelle et déjà bien longue collection de Urban Comics, c’était bien moi en dépit des nombreux avis négatifs sur cette œuvre décriée. Il faut dire que l’édition Panini « out of print » se négociait à prix d’or sur la toile et était devenue rapidement introuvable… Ce n’est un mystère pour personne ni même un scoop : on parle ici de la mort de Jason Todd qui va marquer durablement les esprits pour les épisodes à venir et marquer une tournure dans la série régulière qui reviendra régulièrement sur ce fait inédit à l’époque des années 90. D’ailleurs tout cet épisode suinte durablement l’actualité trouble du moment en incluant l’ayatollah Komeinih et la menace terroriste en envoyant Batman et son disciple au Moyen-Orient, l’un pour retrouver une menace terroriste concoctée par le Joker, l’autre pour retrouver sa véritable mère biologique. Ce qui est encore plus original est la méthode pour l’éditeur d’envoyer Jason Todd, le second Robin vers son funeste destin : il s’agissait alors pour le lecteur de voter via un simple appel téléphonique pour la mort ou la survie du Golden Boy tel les arènes antiques de Rome ou la télé réalité actuelle. L’idée était séduisante et a mobilisé les troupes car ce Robin-là était moins apprécié que le précèdent du coup pas de quartier et exit Jason Todd ce qui rend plutôt justice à la mélancolie et à la noirceur constant du Dark Knight. Si l’on fait abstraction des nombreux raccourcis scénaristiques faisant se rejoindre tous les personnages clés au même endroit comme par hasard, cet épisode se lit aussi addictivement que les Knightfall dont la plupart des dessinateurs voire scénaristes sont les mêmes, à savoir beaucoup d’action et l’envie furieuse de tourner la page au plus vite sans ennui telle un sérial de la bonne vieille époque. De rapides flashbacks sur les origines de Jason Todd parsèment la lecture sous la bienveillance de Bruce Wayne s’exprimant en voix off et comptabilisant ses erreurs. Certains passages dont une mise à tabac de Robin par le Joker en pleine possession de son aura maléfique sont assez violents et inhabituels et le cadre exotique hors de Gotham même s’il n’est pas très réaliste apporte beaucoup de tension et de charme à un environnement habituellement plus sombre et urbain. On ne perd pas trop de temps à se larmoyer pour mieux poursuivre l’ascension du Joker plus malfaisant et manipulateur que jamais. Car ce qui m’a effectivement le plus plu c’est la « vengeance » de Batman face à un Joker dans un rôle inhabituel vraiment original et osé et dont je ne peux vous en donner les clés ici sans en dévoiler la surprise. Il faut simplement observer que l’utilisation de Superman en guest star et du cadre de l’ONU apportent beaucoup de plaisir à la lecture dont je m’en suis amusé réellement. Le bouquin aurait pu se clore sur une conclusion pessimiste mais Urban a eu la bonne initiative de poursuivre cet album par la suite directe mettant en scène Nightwing et un clairvoyant Tim Drake qui deviendra le futur Robin… L’histoire est bien plus « classique » avec un affrontement contre Two-Face et l’apparitions de Teen Titans me laissant un peu de marbre mais reste éminemment sympathique et permet au récit de se conclure sur une note positive. L’album est de surcroit bourré d’anecdotes passionnantes sur la conception de cet épisode, une page alternative dessinée « si les lecteurs avaient sauvé Jason Todd » et pas mal d’autres petits plus qui en font un livre de référence. Après graphiquement on reste dans les tons de Jim Apparo un peu rétro et surtout une colorisation criarde qui pique un peu l’œil surtout si l’on pense que l’ensemble a été réalisé bien après Dark Knight Returns par Frank Miller ou même un Killing Joke dont ce « Deuil dans la famille » peut constituer la suite directe mais le découpage simple et percutant aussi bien que l’histoire connue mais haletante en font un épisode de choix dont je ne m’explique toujours pas pourquoi il existe tant de détracteurs. J’ai beaucoup apprécié et en recommande vivement l’acquisition dans cette réédition augmentée la rendant quasiment indispensable. Après il ne s’agit pas d’un épisode aussi définitif que les Long Halloween ou autres arcs précités plus haut mais surement bien plus que les à prioris négatifs évoqués par mes camarades plus bas.
Nuit Noire
Une des nombreuses bds que j'ai perdues je ne sais comment (mille milliards de mille sabords ... pour rester poli). Je possédais l'intégrale en noir et blanc petit format (1ère édition avec une superbe couverture, pas comme celle là assez horrible il faut bien le dire). Un des meilleurs polars en bd que j'ai lus. En même temps je n'en ai pas lu beaucoup c'est vrai. Mais "Nuit noire" c'est vraiment très bon. Un petit côté Baru dans le style de chronique sociale mais beaucoup plus réaliste et urbain. Le scénario de Chauvel est vraiment fort. C'est haletant et bouleversant. L'amitié des 2 potes, le dérapage de l'un puis le road movie avec les flics au cul... Cela m'avait scotché. L'ambiance d'autoroute, la liaison avec la jeune femme en chaise roulante ... Le dessin de Lerecluey est remarquable à plus d'un titre. C'est nerveux, sec, très beau. Les visages sont presque déformés, trop droits, mais cela participe vraiment à l'ambiance nerveuse, claustro, anxiogène... Les grandes cases du 1er tome ou Joël braque (puis tue) le flic avec le pistolet dans le paquet de corn flakes sont littéralement scotchantes. Du grand art ! J'adore vraiment ses dessins. Supérieur à mon avis, à son travail sur Arthur (série un peu décevante comparé à des chefs d'oeuvre comme "Nuit noire" ou même "Cairn"). Je trouvais son graphisme plus noir, tourmenté et tordu. Donc un grand 4 à la limite du 5 et je recherche activement les 3 tomes (éditions originales) de ce chef d'oeuvre du polar social.