Les derniers avis (9618 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Block 109 - S.H.A.R.K.
Block 109 - S.H.A.R.K.

Voici donc le dernier-né de l'univers de Block 109, qui étend cette fois-ci ses méandres jusqu'à l'Australie, au sein d'un centre de détention de nazis. L'histoire est celle d'une infiltration, dans le but de... eh bien je n'en dirai rien, mais sachez que presque jusqu'au bout on se demande bien quel peut être le but de Worth, pour le compte de qui il agit, et pourquoi il se comporte ainsi. Mais Vincent Brugeas commence à avoir de la bouteille, et à bien maîtriser les rouages des récits manipulateurs, et tout se met finalement bien en place dans le dernier tiers. Ryan Lovelock, qui comme son nom ne l'indique pas, est italien, succède donc à Ronan Toulhoat dans l'univers de Block 109, et on sent bien l'influence du jeune maître dans la mise en scène de l'élève. Normal, il a réalisé le storyboard de ce one-shot. Cependant je trouve qu'il manque encore de maîtrise, ou hésite à se lâcher sur certaines scènes, notamment celles où l'action est forte. Peut-être que son prochain album (dans le même univers ?) lui permettra de prendre son envol. Un album plutôt bien foutu, qui se démarque pas mal des autres, à découvrir donc.

07/03/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Albin et Zélie
Albin et Zélie

J'ai fini cette BD hier, et pourtant je me sens encore habité par elle. C'est une agréable et étrange sensation, qui m'est familière mais que je ressent avec grand plaisir. C'est le signe indiscutable d'une BD qui m'a marquée. J'avoue que je me suis laissé tenté principalement sur les dessins de la galerie, qui m'ont plu par leur trait. J'ai commencé l'album tranquillement durant un voyage en train, et je n'ai pas vu le temps passer. J'étais complètement pris dedans ! Il faut avouer que l'auteur sait jouer des codes conventionnels d'une rencontre amoureuse pour nous pondre ... ça. L'histoire s'embarque dans des péripéties qui nous baladent bien loin dans l'espace, mais qui ont commencée de façon tout aussi peu banale sur Terre. Cette histoire nous entraine dans son délire sans qu'on ne lâche et a l'audace de retomber sur ses jambes pour une dernière partie encore plus belle et qui conclue avec exactement ce qu'il faut de touche poétique et superbe. Le tout est agrémenté de personnages tous mieux fait les uns que les autres. Entre Albin qui nous est vite sympathique et qui fait vraiment gros nounours, Zélie avec son peps et son mordant, sa dynamique et son sourire, mais aussi Élise, jeune mère qui se révèle aussi bien plus intéressante, jusqu'au poisson rouge, qui nous livre de jolis dialogues (oui, des dialogues avec le poisson rouge). Et bien sur, le dessin, que j'ai véritablement adoré, tout en noir et blanc mais avec une touche de je-ne-sais quoi qui m'a accroché jusqu'au bout. Les moments dans l'espace, les contrastes de noir et de blanc, les pleines pages et les découpages, tout m'a paru juste bien fait. C'est une lecture envoutante. De l'ensemble se dégage en sus beaucoup de douceur, de poésie. C'est un vrai petit régal à lire, jusqu'au bout. Un roman graphique qui m'a fait fondre, et que je ne peux que vous recommander si vous voulez lire une histoire de rencontre très peu ordinaire, complètement barré mais en même temps très belle, drôle et touchante. Une histoire d'amour comme on aimerait lire plus souvent quoi !

07/03/2014 (modifier)
Couverture de la série La Chanson de Sigale
La Chanson de Sigale

Je viens de relire la chanson de Sigale et j'y ai trouvé le même plaisir qu'il y a 20 ans quand je l'ai découverte à sa sortie. Au premier abord, les deux albums qui constituent cette série peuvent sembler éminemment farfelus. L'action se situe au début des années 1950, dans un village provençal perché sur les contreforts des Alpilles, auquel on ne peut accéder que par un pont romain rappelant le pont du Gard. Le village surplombe l'abbaye des Fioupelans, célèbre pour son vin et pour les œuvres d'art de frère Pistou, genre de Facteur Cheval porté sur la bouteille et amateur de bonne chère. Aiguesieste est gouvernée par le débonnaire Augustin, édile érudit et bibliophile. On y rencontre divers personnages pittoresques, dont l'épicurisme n'a d'égal que la propension à se disputer afin de mieux se réconcilier autour d'un verre. Mais on n'est tranquille nulle part et le quotidien de ce petit monde est troublé par des casse pieds agressifs. Dans le premier album les habitants du village voisin de la Roche-Clairefont, menés par le maire Cruchol, s'emparent militairement d'Aiguesieste et y instaurent une insupportable dictature en forme de "régime végétarien". La résistance s'organise autour d'Augustin et de sa fille Sigale, involontairement responsable de ces événements tragiques. Dans le second volume, ce sont d'étranges "estivants", débarqués de courges volantes, qui sèment la panique en s’enivrant de tous les liquides qui leur tombent sous la main. Mais les Aiguesiestois peuvent compter sur Sigale, leur arme secrète partie chercher du secours à Paris. Peu de temps après que la série Les aventures d'Henri-Georges Midi ait été abandonnée, Christian Goux s'est lancé en solo dans la chanson de Sigale. Il invente un univers provençal truculent, qui lorgne vers Marcel Pagnol et Jean Giono. Il met en scène toute une galerie de personnages attachants et pittoresques, entourés d'une multitude de figurants bien typés, derrière lesquels on entrevoit les ombres de Fernandel, de Raimu, de Michel Simon ou de Louis Jouvet. Au cours de ses pérégrinations, la jeune Sigale croise également Georges Brassens et Boby Lapointe. Ces histoires loufoques et burlesques pourraient passer pour des pochades destinées à un public enfantin. Mais à y bien regarder, il y a dans cette approche du monde réel une dimension poétique qui dépasse la simple accumulation de péripéties extravagantes. L'invasion d'Aiguesieste par des fous furieux qui brûlent les livres et acclament un chef mégalomane est une allégorie de l'Occupation. La lutte des habitants pour préserver leur bonheur champêtre n'est pas sans rappeler le désir de retour à la terre dont rêvent nombre de contemporains. Et les cases en forme de rébus qui évoquent les chansons de Brassens dans Paris la douce amuseront assurément un public adulte. Ces thèmes sont abordés sans lourdeur, avec une grande gentillesse. Car dans la chanson de Sigale, les gentils sont très gentils et les méchants, tout hideux qu'ils soient, sont surtout bêtes et ridicules. Bien sûr, ils sont punis à la fin pendant que les bon triomphent. Le scénario est naïf, sans doute, mais pas simpliste, ni niais, ce qui demande un vrai talent. Et puis de temps à autres, c'est plaisant de lire des histoires gentilles avec des fins heureuses. Le style du dessin de Christian Goux s'inspire de la ligne claire, avec des décors très soignés. Mais pour les personnages, il n'essaie plus d'imiter Bob de Moor. C'est désormais vers Dubout qu'il se tourne pour trouver son inspiration, et ce choix contribue pour beaucoup à la réussite de ces deux albums. Les scènes de foule fourmillent de détails souvent comiques. L'accumulation de personnages dans les scènes de violence ou de liesse fait de chaque case un régal. Le regard s'attarde alors à traquer les détails saugrenus. Par moments, des dessins en pleine page d'une apparente simplicité cachent une extrême complexité digne du jeu où est Charlie ?. L'ensemble est très dynamique et l'auteur rend à merveille la confusion d'une bataille ou d'une procession où chacun des innombrables personnages semble vivre sa vie dans la plus grande fantaisie. En bref, la chanson de Sigale a pour moi comme un parfum d'enfance heureuse, entre la guerre des boutons et Robin des Bois, ce qui est étrange car je n'étais déjà plus un gamin lorsque je l'ai découverte. Il y des œuvres comme ça qui vous rajeunissent l'esprit… Le public n'a pas dû partager mes goûts et le troisième album annoncé n'est jamais paru. Je ne sais même pas si Christian Goux a continué la bande dessinée. Dommage… Je donne à cette série un 4/5, amplement mérité à mon sens. Et j'en fait mon coup de cœur du moment.

06/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)
Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)

Que voilà un beau personnage ! Après m'avoir fait découvrir Mary Shelley sous un angle nouveau, les deux Da (Daniel Casanave et David Vandermeulen) se proposent ici de m'emmener sur les pas d'Adalbert Von Chamisso, dont je dois bien l'avouer, j'ignorais jusqu'à l'existence... ... ou plus exactement, que j'ignorais connaître. En effet, quel amateur de bande dessinée n'a pas lu au détour d'une phrase le titre péjoratif de rascal ? Et bien, figurez-vous que Rascal est le nom d'un des personnages de Chamisso ! Cet album m'a donc permis d'être un peu moins con, et rien que pour ça, je ne peux que remercier les auteurs. A l'image de Shelley, le récit démarre sur des bases historiques solides mais bascule un moment dans la fantaisie littéraire, l'auteur dont on suit les pas fusionnant avec un de ses personnages. C'est déroutant, de prime abord mais aussi très astucieux pour mieux comprendre un auteur et son œuvre. Le dessin, simple et expressif, de David Casanave et la narration légère et spontanée de David Vandermeulen sont deux véhicules des plus agréables à emprunter pour visiter cet univers. Le livre, copieux de près de 250 pages, se lit comme un rien. Le récit amuse, divertit, instruit et séduit. Et me voilà sortant de cet album avec l'envie de découvrir "Peter Schlemihl", l'œuvre majeure de ce bien sympathique et atypique Chamisso. Sincèrement, quelqu'un qui écrivait il y a près de 200 ans "je saisit l'occasion pour élever ici une protestation solennelle contre l'appellation de "sauvages" appliquée aux insulaires de la mer du Sud..." mérite plus de reconnaissance. Merci donc aux auteurs de me l'avoir fait découvrir. Franchement bien est peut-être exagéré car le récit comporte tout de même de quelques longueurs (dans sa première partie, principalement) mais c'est bien ! Le coup de cœur, lui est attribué au vu de certaines planches d'une vivifiante simplicité et pour la découverte de ce beau personnage.

06/03/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Enfants de l'ombre
Les Enfants de l'ombre

Un album magnifique ! Voilà une vrai réussite pour un album qui (je ne sais pas si c'est le cas) ressemble quand même à un travail de commande pour une collection bien particulière : Géo BD. Tout y es, le contenu riche en informations, le dessin de Marko qui sied parfaitement à cette région de la Chine qu'on nous présente, et une osmose entre tout ça qui nous plonge dans un récit parfaitement aboutit. La maîtrise démographique de l'état chinois et ses conséquences dramatiques qu'on dénonce ici ne deviennent qu'un des éléments constituant de l'histoire pour laisser place à des personnages attachants, drôles où vient s'immiscer une petite touche de fantastique qui n'est pas pour me déplaire tout en cadrant toujours avec la tradition chinoise. Un peu d'aventure pour enrober le tout, et le lecteur se laisse vite embarquer ! Bref, vous m'aurez compris, je suis sous le charme de cet album jeunesse que je recommande vivement

06/03/2014 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Perico
Perico

Avec les noms de Berthet & d'Hautière, je ne pouvais passer à côté de cet album qui inaugure une nouvelle collection "Ligne noire", constituée de one shot de polar (sauf pour cet opus), chez Dargaud. Pari réussi, en tout cas. Avec son style très ligne claire, Berthet nous offre de splendides planches. En outre, les couleurs de Dominique David donnent à cette histoire un ton plus réaliste. (Sur la série Nico, les couleurs étaient plus flashies) Quant à Hautière, il nous a concocté un bon polar, sur fond de révolution cubaine et de rêve américain, avec une fausse garce qui mérite vraiment le détour. Cette rencontre, qui n'a rien d'explosif mais qui est assez maitrisée des deux côtés, entre Joaquim, modeste serveur, et Elena, arriviste avant tout, est très bien servie dans ce premier opus. Scénario et dessin sont en parfaire symbiose pour cet album. Classique mais efficace. A lire évidemment

04/03/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Come Prima
Come Prima

Ca alors, le prix du meilleur album à Angoulême ne semble pas déchainer les foules. Pourtant « Come Prima » est un excellent one-shot… Le concept du « road movie » n’est certes pas franchement original, mais l’intrigue est prenante et rondement menée, et la relation entre frères bien représentée. La présence de passages contemplatifs ajoute une certaine poésie à l’histoire, qui se lit relativement rapidement au vu du nombre de pages. La mise en image d’Alfred est remarquable, les trajets Alpins sont un véritable délice pour les yeux. Mon avis frise le 5/5, mais j’enlève un point pour le dénouement certes très joli mais un poil convenu. Un excellent moment de lecture, et un one-shot que je recommande chaudement !

03/03/2014 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Templiers
Templiers

Je ne suis pas fan des BD relatives à l’histoire des templiers, souvent elles sont ennuyantes, brouillonnes et assez compliquées. Templiers, la chute (tome 1) est hors catégorie, une BD très réussie, une véritable pépite. D’abord un scénario remarquablement fluide, je ne suis pratiquement jamais revenu en arrière dans l’histoire, pour une BD de 230 pages c’est pour moi un exploit. L’histoire est très prenante, avec un côté historique qui passe très bien, on s’instruit sans s’en rendre compte, un humour très présent, des personnages avec beaucoup de charisme, toutes ces pages se lisent avec intérêt et passion. Dans un premier temps c’est évidemment le dessin qui m’a décidé à me procurer ce livre, un dessin à l’image du récit, clair et précis, les dessinateurs sont parvenus à plonger le lecteur dans la France de XIVe siècle. Un excellent premier tome, la suite est prévue pour avril 2014 (Le Graal).

02/03/2014 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Riche, pourquoi pas toi ?
Riche, pourquoi pas toi ?

Très chère Marion, C’est en groupie de la première heure, tout acquis à votre cause (vous permettez que je vous vouvoie ?), que je saisis la plume et mon indignation : mais qu’est-ce que c’est que ce binz !? Quelle est cette dernière lubie ? En ces temps allègres, dispensant les chaussettes où noyer notre moral au rythme des jours de pluie et des périodes de crise, oser titiller ce sacro-saint tabou français : l’argent ? Et plus précisément, dans un pseudo plaidoyer de l’opulence, s’autoriser une visite guidée des ghettos du gotha, humaniser les grands bourgeois ou s’amuser des enjeux et des rites de la gente épicière, légitimant le self-made-man, à coeur d’apprivoiser les loups de Wall Street. Allons, allons Marion ! Si je vous sais gré de votre talentueuse et bidonnante démystification de l’empire des sciences, si votre patronyme suppose des prédispositions aux réflexions abstraites et compliquées, l’économie, la sociologie, on laisse ça aux gens sérieux ! À moins que… Bien sûr, vous ne faites jamais rien comme tout le monde. Théoriser, terroriser par la bulle n’est pas votre rayon ! Loin du discours, vous préférez la méthode : illustrer par l’exemple, conjecturer par l’expérimentation en dénichant la bénédiction de sommités authentiques qui octroient le recul, la légitimité pour claquer les planches en autant de tubes à essai, réalistes, impayables, pertinentes et impertinentes. Deux sociologues reconnus donc, caricaturés en hilarants faire-valoir tendance monomaniaques et pendus aux basques empiriques d’un gugusse (Philippe pour les intimes) emprunté à la vie courante (et au rayon bd de la fnouc). Un petit tour de passe-passe pour influencer les voies hasardeuses du jeu ; vous faites plonger le héros dans un océan de fortune. Frais batelier sur les cours tumultueux de l’élite monétaire et découvreur explorant les finitudes de la richesse, apprenti corsaire initié aux joies décadentes du kidnappage de l’art puis aux traumatismes de la violence symbolique, armateur novice cultivant la disposition à spéculer sur le malheur ou sous-marinier hagard brutalement immergé dans les eaux sourdes d’un décorum auto protecteur, le culte de l’entre-soi… Le rêve dénaturé en cauchemar charrie un flot d’interrogations existentielles, essentielles pour notre néo rupin qui va apprendre ce qu’il en coûte. Un farfouillage de tous les champs du possible, préoccupant, néanmoins très drôle, délicieusement illustré et habile jusqu’à ne plus faire douter que les moins nantis ignorent assurément leur bonheur (les pauvres !) ; remise en question rafraîchissante de la méritocratie ponctuée de grincements de dents et d’une conclusion politiques qui laisseront trahir un engagement, une certaine orientation idéologique. Mais chut, Marion, je crois bien que l’on nous observe… L’exposé est séduisant. Et il n’est pas déraisonnable que l’on se questionne : alors riche, pourquoi pas moi ? Dans un élan hypocrite, je rétorquerais : pour ne pas risquer de devenir ce sombre connard qui méprisera le monde. Si j’aspire à plus d’honnêteté, les voies s’ouvrant à moi se révèlent peu viables : se découvrir un subit et tendre penchant pour l'aristocratie helvète la plus agée restant à fiancer, faire cavalièrement joujou avec son pilou pilou, juste le temps imposé pour se voir olographié sur testament, et, ipso facto valider l’usufruit en préméditant un accident de vieillesse définitif, assurément regrettable, mais pécuniairement lénifiant. Non. Inconcevable (… de vivre en Suisse j’entends). Ou, peut-être, à l’instar de sieur Philippe, tenter de décrocher la timbale au Loto, au Keno ou à l’Eurocouillon, enfin n’importe quel vendeur d’espoir folklorique à la mode présumant le bonheur dans votre sagacité à coller le nombre adéquat de petites croix dans de trop nombreuses cases. J’ai testé : les boules !… Il ne resterait plus alors qu’à m’extraire les appendices palmaires du fondement pour turbiner plus, accessoirement palper plus, et (mais c’est hors de question !), dans cette naïveté collégiale grotesque, m’abaisser ainsi à sucer la couleuvre d’un intérimaire du 55 Faubourg-Saint-Honoré (je dérape…). Bof… En définitive Marion, je m’en bats le découvert. Riche, je le suis tant. De fous rires, de la bonne humeur, du génie rare de clown pédagogue dont tu uses (finalement on se dit « tu » hein ?) pour me faire cogiter, me peindre en travers du visage cette drôle de grimace exhibant impudiquement mes plombages. Avant, pendant et après. Captivé par tes réflexions, régalé de mon nouveau kit « S.O.S. Socio pour les nuls » décapant, soudain contenté de ma classe sociale et prêt à tout avaler dans cette dure lutte (déjà je n’ai plus honte de prêter si sobrement l’esgourde aux tristesses de Chopin, en slip espadrilles, vautré comme un mollusque sur le canapé tout en me grattouillant mélodieusement les - tuuuuuut -, ou, lors des jours fêtards prodiguant le foie gras, à déployer cette noblesse, labélisée gros babouin, pour me bâfrer l'équivalent de trois plaques de marbre bourrées entre deux pitoyables tartines de pain rassis…). Serait-ce l’effet miraculeux de ton trait lâché, éloquent dans ses griffonnages mâtinés d’un je-m’en-foutisme si désopilant ?... Euh, sinon, tu as déjà pris des cours ? Je châtie gentiment (mais si ! Je le kiffe ton dessin !), car j’aime. Vraiment ! Du fond du cœur, des sens (du fond de la bourse aussi), je te remercie pour ces instants de plaisirs persistants. À jouer ainsi, virtuose, le pamphlet raisonnable, l’étude vulgarisée épargnée du vulgaire, distillée par la diablerie, l’ubiquité d’un humour ravageur, tu entres définitivement dans le panthéon de mes auteurs chéris. Et, par cette déclaration d’amour mal déguisée, pourrais-je me dédouaner de cette compulsion cafouilleuse à transcrire mon enthousiasme ? Pardonneras-tu les nombreuses bêtises d’un blabla claudiquant qui, je l’espère, ne fera pas sourire que moi ? (au cas où, je te joins une demande en épousailles et les copies de mes derniers bulletins de salaire…) Bises P.-S. Quand tu la croiseras, embrasse aussi la prof Moustache pour moi.

02/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Sept voleurs
Sept voleurs

J'ai tout de suite marché dans cette aventure, c'est bien construit, l'ambiance est fascinante, les personnages sont intéressants, même si Igür disparaît trop vite, c'est dommage. Les auteurs exploitent les codes d'une fantasy très approchante de l'univers décrit par Tolkien dans le Seigneur des Anneaux, donc n'innovent en rien, si bien que la réussite et le plaisir que procure cet album tiennent presque essentiellement au dessin de Lereculey qui a fait de beaux progrès depuis Arthur. En effet, le début dans la taverne est très inspiré de La Communauté de l'Anneau, de même que le pont de la croisée de Krimmh ressemble comme un petit frère à celui de Khazad Dum ; quant au dragon, c'est un cousin de Smaug dans Bilbon le Hobbit. La mise en page est remarquable, les successions d'images impriment un style semblable à des plans cinématographiques, le traitement des couleurs est magistral, ce qui donne un visuel de toute beauté avec des images fortes et belles : l'ouverture en première page (présentée en galerie) avec la cité de Marmaëkard en vision nocturne (avec un château improbable truffé de tours qu'on ne voit qu'en fantasy) ; également l'entrée du nain Hrym dans la taverne des Orcs ; l'assemblée des nains ; la montagne Verskann ; la cascade... Lereculey a acquis un trait assez maîtrisé pour accuser les expressions de visages...bref, j'admire beaucoup son dessin. La seule chose qui me dérange, c'est la fin ; le recrutement qui prend beaucoup de pages n'est pas superflu, il fallait du temps pour que ces 7 personnages soient cernés et réunis, mais malheureusement ça coince avec la fin vraiment trop banale et trop décevante à la dernière page qui est envoyée à la va-vite. Après une si riche aventure, ça retombe trop platement. Est-ce le format d'album qui limite cette finition ? , ou est-ce que les auteurs emportés par leur élan se sont aperçus trop tard qu'ils étaient arrivés au terme de leur récit ? Malgré ou à cause de ce défaut, ma note reste à 4/5.

28/02/2014 (modifier)