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Couverture de la série Le Petit Bleu de la Côte Ouest
Le Petit Bleu de la Côte Ouest

Décidément, à chaque fois, le même scénario avec ces polars tirés du duo Tardi-Manchette: je sais pas quoi prendre, allez, un polar de Tardi, pffffff, la couv est pas terrible, si ça se trouve, ça va être chiant.... ....et une fois dedans, pas moyen de décoller ! L'atmosphère de la France des années 70 est très bien rendue, et l'on vit vraiment cette histoire comme un spectateur intégré à l'action. Comme toujours dans ce type de production, le début est difficile à comprendre, on ne distingue pas où l'on va nous emmener, ce qui motive énormément la lecture, afin de connaite le dénouement. Graphiquement, du Tardi pur jus, noir et blanc, avec ses gueules sorties d'on ne sait où, toujours idéal pour raconter le style du néopolar noir de Manchette. Encore une belle réussite, au même titre que les autres opus du duo: Ô dingos, ô châteaux ! ou encore Le Der des ders de Daeninckx. (285)

13/03/2014 (modifier)
Par loudiere
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

Okko, c'est la série écrite par des européens qui a compris par excellence l'esprit de l'Asie. On y retrouve tous les personnages d'un manga habituel, le chef ronin respecté et habile, le guerrier surpuissant sorte de démon aux origines mystérieuses, le moine alcoolique donnant la touche d'humour sans entrer dans la pitrerie (du style jarjar binks de star wars) et le jeune apprenti fougueux. De très belles images et des histoires toujours fouillées donnent une excellente série à posséder sans hésitation

12/03/2014 (modifier)
Couverture de la série Gil Jourdan
Gil Jourdan

Je réserve mon cinquantième avis à Gil Jourdan, un des monuments encore mal connu de la bande dessinée. Je ne l'ai pas jamais lu "en direct" dans Spirou ; j'étais trop jeune quand Maurice Tillieux s'est tué dans un accident de voiture, bien trop jeune lui aussi. C'est à la médiathèque de la ville où j'allais au lycée, au milieu des années 1980, que j'ai emprunté presque par hasard le volume de l'intégrale regroupant les trois premiers albums de la série. Et ce fut un ravissement, qui s'est poursuivi à chacune de mes nombreuses relectures. Gil Jourdan est la série qui marque l'apogée du génie de Tillieux. Son imagination débordante, ses scénarios ciselés, son sens du rythme, son trait délié, ses ambiances inimitables de films noirs, ses personnages à la fois burlesques et réalistes, son humour oscillant entre le pince-sans-rire et le calembour débile font de lui un des virtuoses du neuvième art. Il fut un infatigable dessinateur et un scénariste prolixe. Durant les dix années passées à dessiner dans Heroïc-Albums à un rythme forcené, il a peaufiné son style, en particulier à partir des nombreux épisodes de la série Félix (Tillieux), le grand frère de Gilles Jourdan. Lorsqu'il se lance dans son grand œuvre pour le compte du magazine Spirou, il réussit d'emblée l'exploit de livrer une œuvre intemporelle. Certes les aventures de Gil Jourdan sont datées car le souci du détail de Tillieux le pousse à restituer précisément les décors et les voitures dans lesquels s'inscrivent ses histoires, entre les années 1950 et les années Pompidou. Mais la modernité du traitement graphique et la vivacité des dialogues les rendent indémodables. Et quelle originalité dans les intrigues ! Gil Jourdan reprend parfois le synopsis d'histoires courtes expérimentées dans Félix, en corrigeant leurs défauts pour les développer sur un album complet. Les trames narratives de Tillieux cachent un mécanisme implacable sous leur apparente simplicité. Un ravissement, vous dis-je ! J'ai souvent lu que le déficit de notoriété de cette magnifique série s'expliquait parce que Gil Jourdan se situe entre Tintin et Spirou, et Maurice Tillieux entre Hergé et Franquin, mais toujours un cran en-dessous. Je ne comprends pas ce jugement et je soutiens que les albums de Gil Jourdan ont leur place au "top ten" des plus grands classiques de la bande dessinée. J'envie sincèrement les lecteurs qui les découvrent et leur souhaite de ressentir le même emballement que celui qui fut le mien il y a trente ans.

10/03/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Abélard
Abélard

En attaquant les premières pages de cette BD « animalière », on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Un décor idyllique avec des personnages à tête d’animaux dans une mignonne petite cabane au bord de l’eau, le tout dans un style « cartoon », ça donne un côté enfantin, à la limite presque mièvre. Mais en même temps, ça tape la belote, ça sirote des « binouzes » et ça cause argot. Et puis il y a ces petits papiers contenant des citations qui mystérieusement sortent chaque jour du chapeau d’Abélard, une jolie trouvaille. Du coup, on est un peu titillé, ce décalage entre le dessin et le propos est pour le moins paradoxal, et on est pressé de voir de quoi il retourne… Abélard veut donc parcourir le monde pour retrouver sa belle, c’est ainsi qu’on va le suivre dans son périple où rien ne se passera comme prévu, mais je ne peux décidément pas en dire plus… L’histoire est à ranger dans la catégorie « quête initiatique », mais une quête étonnamment sombre avec une toute petite lueur au bout d’un tunnel peu rassurant, avec à la clé une réflexion grave et désabusée sur le voyage, la solitude, le racisme, l’intolérance, bref, le monde comme il va en somme... C’est aussi et surtout une magnifique - et je pèse mes mots - histoire d’amitié entre deux êtres (Abélard le moineau candide et Gaston l’ours grognon) qui n’ont a priori rien à faire ensemble… Quant au trait stylisé et empreint d’une belle poésie de Dillies, il confère idéalement un peu de légèreté à l’ensemble. « Abélard » s’est avéré être pour moi une énorme claque mais une claque d’une infinie tendresse qui m’a laissé chancelant, brisé par l’émotion, laissant chaque pore de ma peau, chaque fibre de mon âme, en totale empathie avec ce tout petit personnage de rien du tout qu’est Abélard. Mais attention, aucune sensiblerie de pacotille ici ! C’est juste incroyable à quel point l’alchimie d’un dessin « naïf » allié à des textes graves voire pessimistes fonctionne bien ici et peut produire quelque chose d’extrêmement bouleversant. Ceci n’est donc pas une BD pour enfants, vous l’aurez compris. Il s’agit plus exactement d’une BD qui parvient à nous rappeler, avec intelligence, qu’on a été un jour un enfant… Je ne peux ainsi qu’exprimer mon infinie reconnaissance à Régis Hautière et Renaud Dillies de nous avoir offert ce petit bijou à côté duquel il serait vraiment dommage de passer.

09/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt
Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt

Joli projet que ce "Dernier voyage d'Alexandre de Humboldt"... Etienne le Roux s'essaye pour la première fois à l'écriture pour un autre. C'est son compère d'atelier Vincent Froissard qui est l'heureux élu, lui qui a un style si particulier. Pour réaliser leur histoire, les deux auteurs se sont saisis de la méthode Stan Lee/Jack Kirby, dite "Marvel way" : le scénariste raconte à voix haute, avec minutie, la séquence, et le dessinateur jette sur le papier ce qu'il en a retenu. C'est donc un travail d'écriture mutuel, entre conception et interprétation, qui s'enrichissent mutuellement. Et cela permet à Vincent Froissard, qui oscille merveilleusement entre réalisme, onirisme et caricature, de livrer des images incroyables, à la puissance d'évocation quasi hypnotique par endroits. Le dessinateur prend tout le temps nécessaire pour construire son imaginaire et ses ambiances, du coup il y a de temps en temps des pleines pages et même des doubles pages magnifiques. Le Roux lui-même dit avoir été régulièrement scotché par les planches de son dessinateur. Il y a un petit côté Winsor Mc Cay aussi dans cette histoire, tant les atmosphères oniriques y sont présentes. Il faut dire que le récit s'y prête. A l'instar d'un Au Coeur des ténèbres de Conrad, c'est une sorte de périple initiatique dans des contrées sauvages, sombres, touffues... Mais pour enrichir ce récit, le Roux nous met dans la peau de trois narrateurs différents, chacun des discours étant identifié par une mise en scène différente. Cette subtilité ne se remarque pas tout de suite, mais au fil du récit elle permet de ne pas provoquer de rupture. Un ouvrage magnifique donc, à recommander totalement. Ce dernier voyage risque de me marquer durablement...

22/02/2010 (MAJ le 09/03/2014) (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Alors là chapeau bas l'artiste. Cet album est absolument magnifique. Rien que pour le dessin il mérite 4/5. Le cheminement est bien fait et n'est pas trop alourdi par le texte contenu entre chaque partie. Un réel plaisir de découvrir l'histoire de notre terre présentée comme cela. Seul bémol : j'aurais aimé à la fin de l'album que l'auteur liste toutes les allusions faites aux religions, cinéma BD... qui sont en nombre incalculable. J'attends la suite avec impatience pour faire passer cette oeuvre en culte. Mise à jour après lecture du tome 2 Jens Harder poursuit son travail avec talent. Quel plaisir pour les yeux de découvrir à chaque page les détails de chacune des cases. Si on pourrait rechigner en prétextant qu'il passe rapidement sur des pans et des pans de l'histoire on ne peut que saluer le travail titanesque accompli par l'auteur sur cette série et on excuse ce petit défaut car s'il voulait être précis et exhaustif il faudrait une bonne centaine de tomes et des dizaines d'années de travail pour y arriver. Pour répondre à Moke ci-dessous, je lui conseille de lire les postfaces des deux albums pour se rendre compte que l'auteur, loin de vouloir coupler sciences et religion, cherche juste à montrer qu'en tout temps on a construit des représentations (dessins, peintures rupestres, sculptures, cinéma, BD...) pour expliquer et montrer des phénomènes et des évolutions et qu'au travers de l'explication scientifique il nous montre des représentations de différentes époques sur ce qu'il explique et dessine. Il faut d'ailleurs souligner que l'ensemble des religions sont représentées même s'il y a une prédominance de la culture judéo-chrétienne car rappelons le l'auteur est allemand et donc issu de cette culture. Vivement le tome 3 qui devrait arriver avant 2020 paraît-il.

28/08/2012 (MAJ le 08/03/2014) (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charly 9
Charly 9

J'aime beaucoup les romans de Jean Teulé et celui sur Charles IX fait partie de ceux que j'ai le plus appréciés. Je me suis donc plongé avec plaisir dans cet ouvrage. Guérineau réalise là une magnifique adaptation de l'oeuvre du romancier et la met en images de manière remarquable. C'est une lecture indispensable pour les amateurs d'histoire et notamment d'histoire politique.

08/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charly 9
Charly 9

Un coup de poignard. Sans mauvais jeu de mots, cet album, qui raconte la Saint-Barthélémy et ses conséquences, est tout simplement une oeuvre de très haut niveau. Adaptant l'oeuvre de Jean Teulé, Richard Guérineau est arrivé au sommet de sa carrière, avec cet album en tous points remarquable. Il nous propose ainsi un récit qui prend très vite à la gorge, avec cette scène d'ouverture où Charles IX, alors jeune roi, subit la pression de son entourage pour autoriser un massacre de grande ampleur dans les rangs des Protestants de France... Au début réticent, on le voit, à la fin de l'entretien, basculer dans une certaine démence, laquelle ne le quittera plus et s'aggravera tout en évoluant en une affection physique qui finit par l'emporter, à même pas 24 ans. Durant son court règne, alors que la France ne va pas bien, ce massacre de la Saint-Barthélémy marquera à tout jamais cet adepte de chasse à courre et de poésie. Teulé et Guérineau parsèment leur récit principal d'anecdotes sur des traditions qui perdurent encore, relâchant un peu la tension, mais le destin du Roi est en marche, et il est implacable et cruel. Guérineau est tout simplement parfait. On connaissait déjà son perfectionnisme sur les architectures, il y rajoute une précision des costumes et de l'étiquette assez bluffants. Le traitement des couleurs, déjà relevé par mes camarades, est un plus qui confirme encore cette recherche. On frôle la note maximale de très près.

08/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Idées fixes
Les Idées fixes

J'avais découvert Gabrielle Piquet avec Trois fois un, il y a (déjà) plus de six ans. Après deux albums chez Casterman, la revoici chez Futuro, avec un projet personnel, qui raconte une étrange histoire de fratrie, de fantômes et de mer... J'ai l'impression qu'il y a toute la genèse de l'oeuvre de la jeune auteure dans cet album : une poésie décalée, une envie d'universalité, un récit simple, des envolées lyriques et du soleil dans le noir et blanc (il faut le faire !). Car derrière le récit de prime abord très verbeux, se cache une histoire avec des thèmes essentiels : la fratrie, les relations entre les gens, la jeunesse et la perception du temps qui passe. Le pot aux roses est tellement évident, qu'on s'en veut de ne pas l'avoir découvert plus tôt ; il y avait pourtant des signes qui... Malgré ce quasi-envoûtement, je ne peux donner la note maximale à cet album ; car il risque de passer très au-dessus de nombreux lecteurs. La faute à une couverture à mon sens pas trop réussie, à un style graphique qui ressemble à du croquis mais est en fait extrêmement travaillé pour peu qu'on le regarde de plus près, la faute aussi, sans doute, à un rythme narratif languissant, onirique, aux portes de la perception, même si Gabrielle Piquet n'abuse pas des figures graphiques étranges. A découvrir cependant.

07/03/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt
Le Dernier Voyage d'Alexandre de Humboldt

Après lecture des deux tomes, Ouaah!! Alors là on tient vraiment du grandiose. Tout y est, une aventure onirique qui nous entraîne dans des mondes de l'autre côté du miroir ou chaque protagoniste, ( Louise, le professeur et le chevalier) va vivre une expérience si intense qu'elle changera le reste de leurs existences. Respect à Etienne Leroux qui au scénario nous balade, nous perds, mais sait retrouver le chemin (cette mine, allégorie de l'âme humaine?). L'histoire est fluide mais pas si simple (on ne nous prends pas pour des benêts) mais est en fait astucieuse, nous tenant en haleine pour poursuivre notre lecture. Du coté du dessin, j'avoue avoir été assez bluffé; des parties assez classiques et puis d'autres ou on a l'impression de se trouver face ces vignettes de vieux muséum. Enfin des doubles pages qui donnent de l'ampleur au récit, tout cela avec des couleurs en demi teintes qui renvoient à l'ambiance du récit ou l'état d'esprit des personnages. Donc oui j'ai parfois eu l'impression d'être avec Stevenson, Conrad et Jules Verne. Un grand et beau voyage ou les grands et petits horizons se côtoient au sein de nos désirs, nos lâchetés, nos forces, bref ce qui nous rends humains, parfois..

07/03/2014 (modifier)