Les derniers avis (9717 avis)

Couverture de la série Les Chasseurs d'écume
Les Chasseurs d'écume

Je ne sais pas quelle aurait été mon appréciation si je n’avais été charmé par cette région de Bretagne et si le sort des pécheurs du XXème n’avait pas un écho personnel chez moi (puisque je suis arrière-petit fils de pêcheur). Mais, voilà, me retrouver à Douarnenez en ce début du XXème siècle, en compagnie de ces chasseurs d’écume (et de sardines) ou au cœur de ces conserveries a été très agréable. Par ailleurs, et outre le cadre de cette histoire, il faut bien avouer que le récit est bien mené, construit sur une traditionnelle opposition entre deux familles et sur un amour impossible. De plus, chaque tome est séparé des autres par un nombre d’années non négligeable, ce qui permet d’évoquer l’évolution de la société mais aussi des personnages (en trois tomes, le jeune mousse du premier tome est devenu capitaine de bateau). Le dessin n’a rien d’exceptionnel mais cherche à retranscrire fidèlement les décors de cette histoire (qu’il s’agisse de bateau ou de bâtiments). Ce souci de véracité est louable et contribue au fait que je me suis senti plongé dans une autre époque. Par ailleurs, les personnages sont bien typés, le trait est expressif et dynamique au besoin. Rien de marquant à première vue, donc, mais ce genre de trait convient parfaitement au récit et ne souffre d’aucun gros point faible. Pas mal du tout, en résumé. Une série que je continuerai à suivre avec plaisir.

21/05/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Génial ! J’ai tout simplement adoré cette histoire racontant les années de lycée d’un des pires tueurs en série américains (lisez donc la page Wikipédia du charmant jeune homme). L’auteur était ami avec Dahmer au lycée, et j’avais peur que cet album sente le « claim to fame » comme on dit en anglais (vous savez, quand on se la pète parce qu’on a côtoyé quelqu’un de vaguement connu). Mais non, pas du tout, le ton est juste, et l’auteur présente les faits de manières très habile. Il s’intéresse surtout aux années précédant les meurtres, et on observe la lente détérioration sociale de Dahmer, et surtout le fait que personne ne s’en soucie, ado ou adulte. Il nous raconte le côté humain de ce qui restera l’un des pires monstres de l’Histoire (ses pulsions incontrôlables qu’il tentait de supprimer en se saoulant, sa vie de famille épouvantable, ses problèmes d’intégration). L’ouvrage se base bien entendu sur les souvenirs de l’auteur, mais ce dernier s’est quand même beaucoup documenté, a lu les rapports du FBI et des interviews du meurtrier, interviewé des tas de gens, bref, c’est du solide (voir notes en fin d’ouvrage). La lecture est vraiment aisée, la narration est maitrisée, et l’album s’engloutit rapidement malgré ses 222 pages. Le dessin est parfaitement adapté et typique des comics indépendants. Un album indispensable, et la plus grosse vente de cet éditeur en 2013 avec 7290 exemplaires vendus (source). C’est bien peu pour une telle pépite, et assez représentatif de la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux petits éditeurs de BD.

21/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Tartines de courant d'air
Tartines de courant d'air

Un vrai coup de coeur pour moi que cette bd… dans laquelle il ne se passe absolument rien. C’est de la vie quotidienne en plein avec ce jeune en recherche d’emploi, passionné de modélisme, mais les auteurs ont une telle tendresse pour leurs personnages que ceux-ci deviennent très attachants à mes yeux. Les passages amusants sont nombreux et le trait de Bibeur-Lu apporte à l’ensemble un supplément de candeur des plus adéquats. C’est frais, un brin naïf, sympathique, spontané et naturel. Une lecture très plaisante que je recommande aux amateurs du genre… mais il faut clairement apprécier ce type de récit du quotidien dans lequel il ne se passe rien.

21/05/2014 (modifier)
Couverture de la série L'Invention du Vide
L'Invention du Vide

Haaaa en voilà une bd rafraichissante ! Il faut quelques cases pour rentrer dans les dessins mais une fois qu'on y est on n'en ressort plus ! Cette bd m'a fait du bien. Ca fait plaisir quand on tombe sur une bd ou il y a un vrai travail qui a été fait (et qui fonctionne) mais qu'on ne le ressente que par le plaisir de la lecture. L'émotion est encore plus forte quand on aime se ballader en montagne, ce qui est mon cas, car dans cette bd on sent bien la force d'attraction que la montagne peut exercer. Je recommande vivement cette bd qui offre un peu de rêve du ciel, et c'est pas si courant. PS : en plus le titre est très bien trouvé.

19/05/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Thanatonautes
Les Thanatonautes

Bernard Werber semble être quelque peu passé de mode depuis son succès initial et inattendu des Fourmis. Pourtant il a écrit d'autres bons bouquins et l'un d'eux fait donc l'objet d'une adaptation en BD, sous la houlette de l'hyperactif Eric Corbeyran. Le pitch, qui rappelle un peu celui du film L'Expérience interdite (dont les deux seuls atouts se nomment Julia Roberts et Kevin Bacon), nous emmène donc, sur les pas de Michael Pinson (qu'est-ce que c'est encore que ce nom...) aux frontières de la mort... Je n'ai pas lu le roman original, mais l'utilisation qui en est faite ici est digne d'intérêt, Werber et Corbeyran parvenant à nous tenir pas mal en haleine, sans toutefois que ce soit vraiment passionnant. Dans un premier temps la construction est intrigante, on a envie de savoir où Michael et ses amis vont aller. Le second tome est une sorte de montée en charge, mais souvent avec Werber ça déconne et ça délire. On se retrouve avec une drôle d'histoire de guerre, qui se résout dans la réalité, et j'ai trouvé ça vraiment foutraque. Le troisième montre comment la société va être changé par la révolution thanatonautique. Pas mal vu, pour le coup. Au niveau de l'exécution graphique, c'est Pierre Taranzano qui officie. Son trait a évolué depuis Les Portes de Shamballah, il a modernisé son style pour coller presque parfaitement, à mon goût, au récit. Ses cadrages sont vraiment intéressants, même si j'aimerais que ses décors soient un peu plus fouillés par moments. Son style réaliste comporte cette étincelle d'humour qui sied au récit. Les couleurs de Ruby me semblent un peu sombres par moments par contre... Au final, un triptyque assez sympathique, malgré un tome 2 qui part dans tous les sens.

04/03/2012 (MAJ le 19/05/2014) (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série It's not a Piece of Cake
It's not a Piece of Cake

J'ai adoré Le Chat du kimono et Tea Party. C'est donc avec beaucoup d'attentes que je me suis lancé dans la lecture de ce troisième opus. Et le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu. It's not a piece of cake débute dans la continuité du volume précédent à savoir par un nouveau match culinaire entre deux lords anglais. On retrouve d'ailleurs avec plaisir Alice Barnes et Victor Neville, les deux héros de Tea Party. Autant dire qu'on a plus qu'une impression de déjà-vu. Et bien non ! Nancy Pena évite la tentation (ou le piège) du « remake » en nous proposant un nouveau récit plein de surprises. En effet, sans être occulter, le match culinaire passe au second plan et l'auteur développe le passé de la famille Neville et les relations entre Victor et son frère Percy. Et ça marche à fond. L'intrigue et les personnages gagnent en substance et l'intérêt de la série est littéralement relancé. Le scénario, plus dense et complexe que dans tomes précédents, est passionnant. L'auteure, tout en gardant l'univers de la série, fait évoluer son récit vers l'enquête policière. Du coup, le ton est plus grave, plus pesant mais Nancy Pena n'abandonne pas son humour si particulier. Les dessins gagnent encore en finesse et en audace. Le rendu graphique est une fois de plus magnifique et original. It's not a piece of cake est pour moi le volume le plus réussi de cette série de très grande qualité. Un très grand bravo à l'auteure et vivement la suite !

19/05/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici : « Les vieux fourneaux » est sans doute une de mes meilleures lectures depuis ce début d’année ! Moi qui ai jusqu’ici toujours apprécié les scénarios de Wilfrid Lupano, cet album ne fait que conforter à mes yeux son talent d’écriture, tant pour ce qui est de la trame du récit que des dialogues. Il a ce don pour nous camper des personnages au caractère ciselé, qu’ils soient attachants ou imbuvables ; impossible de rester de marbre face à ces « gueules » qui vont forger l’âme et illuminer les récits qu’il nous balance. Car avec lui ça jette ! Ca balance ! Ca pulvérise dirait tonton ! Et cerise sur le gâteau, tout cela s’inscrit dans un cadre réaliste et contemporain qui sait aller s’appuyer intelligemment sur l’actualité tout en la détournant. C’est fin, ça se mange sans faim. Et si ces trois vioques pas piqués des hannetons qui tiennent le haut de l’affiche de cette série ne sont pas des adeptes du flingue (quoi que…), ça ne les empêche pas de sabrer à tout va à coup de réparties cinglantes à pisser de rire. Car ce qui fait aussi la force de cet album c’est cet humour distillé sous les formes les plus variées. Que ce soit le ton décapant que peuvent prendre les dialogues, les jeux de mots qui viennent nourrir le scénario (cf. le coup du polichinelle) ou les détails nichés dans les cases et/ou les expressions que retranscrit Paul Cauuet par le biais de son dessin, on n'a vraiment pas le temps de s’ennuyer ! Mais ce n’est pas le tout d’amuser la galerie, encore faut-il avoir un comparse qui tienne la comparaison et le rythme au dessin pour porter bien haut ces tribulations épiques. Et pour une découverte, j’avoue avoir été servi ! Paul Cauuet que je ne connaissais pas du tout tient là un sacré coup de patte ! Son dessin a du style et autant de gueule que ses personnages ont de caractère. Sa narration est impeccable. Ses cadrages sont justes hallucinants par moments (j’ai scotché sur la même case que MacArthur, celle en contreplongée vu de l’intérieur de la camionnette). Sa colorisation est chaude et lumineuse et rend ses personnages encore plus vivants. Bref, j’arrête là avant que môssieur, un peu comme ces p’tits vieux qu’il croque si bien, ne se sente plus pisser. Vous l’aurez compris, ce premier tome, qui aurait par ailleurs comme l’ont fait remarquer certains pu se suffire à lui-même, est un vrai petit bijou, et comble de bonheur pour nous,il devrait se poursuivre dans un second tome. Vivement la suite ! Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici.

17/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Batman - Année Un (Year One)
Batman - Année Un (Year One)

Très bon album. Tenter de raconter avec talent les début de Batman était un pari risqué et Frank Miller s'en est tiré avec brio. J'ai beaucoup aimé le dessin old school qui colle parfaitement à l'ambiance, "vintage", mais pas vieillot. La façon dont le chevalier noir et le commissaire Gordon font connaissance et finissent par s'apprivoiser, avec force et faiblesse, est très bien amenée et narrée, dans ce petit album rapide à lire, mais qui va à l'essentiel. Du très bon boulot. (293)

17/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Malet
Malet

Très agréable petit one shot ! L'histoire est très intéressante, et la postface, de grande qualité, vous apprendra s'il en est encore besoin, qu'il s'agit de faits authentiques. J'ai beaucoup apprécié la fluidité de cette histoire, le découpage et la mise en page sont bien maitrisés, et ce fut un vrai plaisir que de se plonger dans cet album. Je salue la performance de l'auteur qui, en dépit d'un scénario pas très gai, avec des coups, de la colère, et du sang, est arrivé avec brio à ajouter un bonne dose d'humour dans son travail. On a également droit à une sacrée flopée de personnages divers et variés tous très bien croqués. Ma principale critique vient du dessin, que j'ai eu un peu de mal à encaisser au début avec son trait très anguleux, son côté très épuré. Par contre, ce qui fait vraiment défaut, c'est la lisibilité de certaines cases. Heureusement, les cases ratées sont vraiment peu nombreuses (2-3), mais il y en a pour lesquelles j'ai vraiment pas du tout su interpréter ce que je voyais. Facilement trouvable à petit prix (je l'ai eu à 2€), le rapport qualité/coût est des plus avantageux, et je vous conseille de vous laisser tenter. (291)

17/05/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thermae Romae
Thermae Romae

La mangaka Mari Yamazaki, qui a vécu en Europe, a deux passions : la Rome antique et les bains. Un beau jour elle décide de concilier ses passions avec son métier d'auteur, et cela donne Thermae Romae. Lequel remporte le Grand prix du manga et le prix culturel Osamu Tezuka en 2010. Nous sommes donc dans les pas de Lucius Modestus, architecte romain spécialisés dans les bains thermaux, qui lorsqu'il se laisse submerger par un bain chaud, est catapulté dans le Japon des années 2000, "le pays des visages plats". Choc culturel, mais Lucius en ramène plein d'idées pour améliorer le principe des bains thermaux de son époque. C'est vraiment très sympathique. Lucius est bien sûr une personne humaniste, humble, même si son vernis culturel l'empêche de saisir toutes les subtilités du Japon moderne. Tout autre que lui aurait probablement perdu la raison... Le manga nous permet d'en apprendre plus sur les deux sociétés, très éloignées de nos canons européens du XXIème siècle. Et Mari Yamazaki n'oublie pas que derrière l'architecte visionnaire se cache un homme, qui a ses propres problèmes du quotidien (avec sa femme notamment). Le dessin de Mari Yamazaki n'est pas forcément maîtrisé partout -les jeunes Japonais sont par exemple bien moins travaillés que Lucius, avec son physique de statue gréco-romaine. Il y a toutefois une belle maîtrise de la mise en scène, une bonne gestion des moments comiques, et le suspense est ménagé... Le second tome nous montre d'autres aspects, d'autres idées -souvent inattendues- qui entourent les piscines ou les bains. Il y a des petits interludes où Mari Yamazaki raconte sa passion pour les bains publics, et la façon dont cette tradition est différenciée en Orient et en Occident. L'autre dimension qui à mon avis rajoute de l'intérêt au manga, est la description de la société romaine ; par ses incursions, toutes involontaires, Lucius découvre des pans de cette culture, avec ses yeux de Romain de l'époque classique. C'est vraiment intéressant, et le troisième tome nous emmène plus loin, dans les coulisses d'une crise politique envers l'empereur Hadrien. Mais, alors qu'on eût pu craindre une certaine répétition dans les histoires, entraînant la lassitude du lecteur, Mari Yamazaki fait prendre au tome 4 un virage à la fois surprenant et intrigant à son histoire. Exit en effet les aller-retour entre les deux époques et les deux lieux, place à une histoire beaucoup plus longue, qui s'étale d'ailleurs sur deux tomes, au cours desquels Lucius va vivre l'un des moments les plus importants de sa vie, tandis que la Rome qu'il a quittée va aussi basculer dans autre chose avec la fin prochaine d'Hadrien. Il y a des moments un peu too much avec la jument et le côté chevaleresque du Romain, mais ce segment relance l'intérêt de la série avant qu'il ne soit émoussé. Bien vu de la part de l'auteure et de son éditeur... Et le tome 6, qui conclue la série, permet de refermer tous ces arcs, ou presque, avec le renversement de l'intrigue. Une chouette découverte. Une série rafraîchissante et intéressante.

15/03/2012 (MAJ le 16/05/2014) (modifier)