Grand fan des dessins de Munuera, je n'ai pas pu m'empêcher de découvrir ce premier tome où il est présent en tant que scénariste et dessinateur.
Le dessin est toujours aussi beau. Côté scénario j'ai aimé cette particularité de découper les parties de l'histoire en mini-histoires. Ça se lit très bien et je ne peux qu'encourager cette série. elle est prévue entre 3 et 5 tomes selon sa réussite auprès du public.
Je lui mets la note de 4/5 pour son dessin et son découpage de scénario que je trouve original pour une histoire de piraterie.
Je viens de relire mon avis après un puis deux tomes… Je vous le laisse ici dessous car ce que j’y écris me semble révélateur à plus d’un niveau. Cette série a grandi… Au fil des tomes, elle s’est affirmée et a fini par me conquérir complètement.
Si le dessin fait immédiatement penser à Bastien Vivès par sa spontanéité et son aspect jeté, presque brouillon, si le sujet quelque peu bateau de trois jeunes femmes devant sortir de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte fera fuir les allergiques aux romans graphiques, la justesse des mots, la qualité des silences, les nuances, les non-dits, l’émotion qui se dégage au fil des planches m’ont définitivement charmé.
Et si le thème a déjà souvent été exploré, la qualité première est ici de nous en offrir une vision actuelle, moderne et sensible. J’ai aimé voir ces trois jeunes femmes grandir, s’interroger dans leurs envies, mûrir, s’affirmer.
Et ce qui me semblait être autant de défauts au départ (couvertures hideuses, personnages multiples) se sont révélés n’être en aucune manière des obstacles à mon appréciation. J’en viens même à trouver la maquette des couvertures originale, c’est dire !
Non, franchement, je suis charmé, séduit, touché, ému. Le propos est simple et juste, bateau, sans doute… mais tellement bien tourné. Et puis cette idée de la randonnée dans le dernier tome, ce moment durant lequel ces filles peuvent se recentrer sur elles-mêmes… Je suis un grand partisan de la randonnée comme parenthèse vouée à la pensée et j’ai trouvé cet emploi tellement juste que ce passage est certainement pour beaucoup dans mon appréciation finale.
Je suis conquis et m'érige aujourd'hui en fervent défenseur de ce triptyque. Et si le premier tome ne vous convainc pas vraiment, je ne peux que vous inviter à continuer votre lecture car la série progresse constamment.
Un très beau roman graphique, simple et moderne.
Point très négatif : les couvertures ! Moins engageant que ça, je vois pas… Enfin, il y en a surement à qui ça plait, sinon ce projet aurait été refusé mais franchement, ces couleurs tranchées, ce découpage agressif et sans nuances, cette composition d’une froideur quasi clinique, ce n’est pas très heureux.
D’autant plus que le sujet, lui, relève du roman graphique doux amer pour adolescentes. Le contraste entre les couvertures et le sujet est donc énorme. Mais, bon, en général, le traitement graphique de l’œuvre m’a laissé quelque peu dubitatif. Non que ce soit mal dessiné… mais c’est un style… et ce style n’est pas le mien. L’auteur s’attarde principalement sur les regards ou les attitudes et se moque un peu du reste. Le trait est brut, les décors sont négligés…
Ceci dit, je me connais : si l’histoire m’intéresse, je suis capable de passer outre le dessin pourvu que celui-ci serve celle-là (je ne suis pas sûr que vous me suiviez, mais je me comprends).
L’histoire ? Le destin croisé de trois jeunes femmes. Rien ne les unit de prime abord et ce n’est qu’à la fin du premier tome que l’on comprend enfin quel type de relation elles sont amenées à entretenir.
La grosse difficulté que j’ai rencontrée dans ce premier tome est que, avec trois personnages principaux évoluant dans trois histoires initialement différentes, on a droit à trois fois des personnages secondaires… et quand on connait mon problème pour retenir les prénoms et le rôle de chaque personnage même dans une histoire assez simple, et bien ici, ce ne fut pas du gâteau. Mais j’ai rapidement senti le coup venir, donc je me suis focalisé sur ces fameux prénoms, n’ai pas hésité à faire des retours en arrière pour être sûr de ne pas me gourer… et m’en suis finalement sorti plus facilement que je ne le craignais.
Le deuxième tome a la bonne idée de limiter le nombre de personnages secondaire. L’histoire y gagne en clarté et permet au lecteur que je suis de mieux se centrer sur les relations entre les trois personnages centraux.
Chaque héroïne possède un profil propre mais le premier tome se résume finalement à une présentation de celles-ci. Et, à la fin dudit tome, on a un peu l’impression que l’histoire peut enfin commencer. Ceci dit, je ne me suis pas spécialement ennuyé durant ma lecture. La narration est fluide et ces tranches vie (avec trois cas d’espèce assez symboliques) sont quelque part assez intéressantes (mais elles toucheront sans doute plus un lectorat féminin que moi-même).
Le deuxième tome affine ces profils psychologiques et n’épargne pas ces jeunes filles. Les défauts sont autant mis en avant que les qualités, ce qui nous donne des profils crédibles. J’avoue être de plus en plus attaché aux personnages, même si l’envie de les baffer me démange parfois.
Après deux tomes, je suis donc suffisamment pris par le récit pour en conseiller l’achat. Je dirai même que si vous êtes fan du style « Vivès » et que les romans graphiques vous attirent, cette série pourrait bien se révéler être un maître-achat. Pour ma part, j’en reste à un 3/5 mais si je ne conseillais pas l’achat après le seul premier tome, ce deuxième tome m’a fait changer d’opinion.
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée.
Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne.
Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines.
En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence…
C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif.
Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances.
Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.
Tome 1 : 3,5/5
J’adore Lupano et jusqu’à présent je n’ai jamais été déçue par ces histoires, pourtant, au début de ma lecture de cette dernière production j’ai eu comme un doute… : serait-il en manque d’inspiration ? J’ai essayé de chasser cette pensée absurde, indigne de l’intérêt que je porte à cet auteur. A chaque page tournée j’attendais le rebondissement qui se faisait attendre… rien, j’étais face à un simple western, avec néanmoins quelques traits d’humour et de dérision. C’est arrivée grosso modo vers la moitié de l'ouvrage que les surprises arrivent ainsi que les fameux rebondissements, et bien qu’ils n’atteignent pas les hauts sommets sont infiniment plaisants et drôles. Ce n’est peut-être pas le western du siècle, mais il m’a comblée, léger et entraînant, il est accrocheur jusqu’à la dernière planche, et c’est là que j’aurais bien aimé avoir la suite sans devoir attendre plus longtemps.
On a droit à une honorable galerie de personnages, hauts en couleurs et en connerie pour certains, enfin non, pour tous, et surtout on s’attache immédiatement à tout ce petit monde, qui a bannit de son vocabulaire le mot « confiance ».
Le dessin est aussi sur un ton humoristique avec des trognes bien expressives. Les couleurs informatisées m’ont un peu surprise au début, bien qu’elles soient bien appliquées et suffisamment détaillées, mais cette impression bizarre est vite passée. Par ailleurs, je trouve la couverture particulièrement réussie.
Tome 2
J'ai décroché. Déjà la colorisation de ce tome m'a carrément déplu, moins nuancée que dans le premier tome et encore plus artificielle. Ensuite je trouve la suite de l'histoire plutôt convenue, avec des personnages pas forcément attachants, voire énervants comme la gonzesse, je n'ai plus les noms car j'ai revendu la série. Le seul à trouver grâce à mes yeux est le personnage principal, sinon pour le reste j'attendrai le prochain Lupano.
Incroyable ! Je n'avais jamais rédigé de critique sur cette série que je considère comme une des meilleures séries courtes de toute la bande dessinée. Le 5/5 n'est pas loin.
Joe Haldeman, ancien du Vietnam, a transposé dans un univers de science-fiction ses propres souvenirs de guerre et cette impression de revenir, après son service, dans un monde profondément changé, comme si des siècles s'étaient écoulés depuis son départ.
Dans cette histoire, c'est véritablement ce qui arrive aux deux héros, victimes, comme les autres soldats de cette guerre à très longue distance, de la relativité einsteinienne et de la différence d'écoulement du temps pour celui qui voyage à des vitesses très élevées.
Ces jeunes conscrits de la fin du 21e siècle se retrouveront vétérans 300 ans plus tard, après quelques campagnes seulement, sur une Terre qui n'a plus rien à voir avec celle qu'ils ont quitté.
Mais la guerre au fait ? Qui l'a déclenchée ? On ne sait pas très bien. Mais la rencontre soudaine entre deux civilisations intelligentes avait-elle une chance d'être amicale ? L'Autre est forcément un danger...
Et qui l'a gagnée ? Personne en réalité. Mais il aura fallu trois siècles d'affrontement sans pitié pour appprendre à se connaître, puis apprendre à se parler. Le premier échange diplomatique, qui met presque aussitôt fin au conflit, révèle l'ampleur du malentendu : "pourquoi nous avez vous attaqués ?" "Nous, mais c'est vous qui avez commencé...".
Le vrai coup de cœur de mes dernières lectures. J'en suis ressorti enchanté, et il faut avouer, il y a de quoi.
J'aime beaucoup ce que fait Clarke en général, même si je reconnais parfois une tendance à un humour simple. Mais son dessin est bon et j'aime beaucoup sa façon de faire. Du coup, lorsque je vois une BD plus intimiste sortir, je n'hésite pas une seconde et je fonce. Et j'ai bien fait.
Le trait de cette BD est entièrement en noir et blanc, avec le style si particulier de Clarke, qui pose une ambiance parfois étrange, sans nuances d'ombres, juste les contours qui se fondent parfois dans le bord de la case. C'est du coup très déroutant, surtout quand la BD se veut humoristique, mais personnellement j'adore.
Ensuite, et surtout, il y a l'histoire. Enfin, les histoires. Clarke nous croque sa vie en quelques coups de crayons, et franchement c'est génial. La vie de ce dessinateur, comme pourrait être la vie de n'importe qui aujourd'hui, entre le boulot, les enfants, le mariage et les autres tracas quotidiens. C'est un album de tranches de vie, clairement.
Mais ce qui en fait toute la force et toute la saveur, c'est les différences de ton. Les histoires s'enchainent, et si une partie est clairement humoristique, surtout dans la chute, l'autre partie est franchement sérieuse et intimiste, sur des sujets graves. C'est une contemplation de la vie, simple et franche. Plusieurs histoires aussi contiennent du sérieux et quelques touches d'humour, principalement dans la dernière case, mais dans un ton sérieux le reste du temps. Clarke prend aussi son temps, et plusieurs histoires sont simplement muettes, beaucoup de moments de contemplation, de calme.
Ce que j'ai adoré, et qui en un sens m'a rappelé Le combat ordinaire, c'est que c'est simplement sa vie, mais vue au travers de la BD. Clarke se met en scène sans se cacher, et on découvre un auteur touchant et attendrissant. Un auteur qui nous est vite sympathique et qu'on suit avec un grand plaisir. Lorsque j'ai fermé la BD, j'en aurais eu une petite larme à l'oeil en quittant ce petit monde. Et puis, la BD contient des moments franchement drôles, des moments touchants, des moments graves, des instants philosophiques, des touches de tristesse ... C'est très complet, et on n'a jamais le temps de s'ennuyer. Jusqu'au bout j'ai été pris dedans. Et c'est vraiment plaisant. Sans compter que l'auteur joue avec le lecteur, notamment dans une histoire où l'on ne voit pas les personnages, se contentant de les entendre. A nous d'imaginer, de les voir. C'est bête comme chou, mais je trouve que c'est sympathique, glissé comme cela dans l'ensemble.
On pourra aussi noter le titre, très intéressant, qui concerne surtout deux histoires du recueil, mais qu'on peut aussi interpréter comme une volonté de Clarke de montrer qu'il ne faut pas résumer quelqu'un à des étiquettes, lui y compris. Ce n'est pas qu'un auteur, celui de Mélusine ou des Histoires à lunettes, c'est aussi quelqu'un. Et de nous présenter qui il est derrière tout ça. Là encore, j'aime beaucoup cette façon de faire, simple, qui nous fait aussi un peu réfléchir.
En résumé de ce pavé, j'ai tout simplement adoré ce petit moment d'intimité avec Clarke, un auteur que décidément j'apprécie de plus en plus, simplement pour son trait et sa façon de faire. La BD est franchement touchante, mais sait aussi être drôle et sérieuse, c'est pour tout les goûts. Si vous aimez les récits intimistes qui ne se centrent pas sur un seul sujet, allez-y les yeux fermés, je vous garantis que vous ne serez pas déçu. Moi c'est mon gros coup de cœur du moment.
L'histoire : Comme évoqué, on démarre sur un pitch classique de polar pour mettre le pied dans le fantastique. Tout comme le héros, nous sommes happés, traînés par les évènements. Pour ceux qui ont vu la mini-série "The Lost Room", il y a un certain parallèle avec "Sin Titulo" : M. Lambda est confronté malgré lui à une réalité différente de ce qu'il connaît et lutte pour retrouver le monde "normal"
Le dessin : Cameron Stewart dessine simplement et bien. Le trait qu'il a adopté sert parfaitement l'histoire. Pour ma part, j'aurai préféré un noir et blanc simple plutôt que ce noir et blanc et "sépia" (ou beige, ou je sais pas quelle couleur) ; ou alors plus de parcimonie dans cet ajout. Mais pour le reste, c'est tout bon. Le dessin des personnages colle à leur caractère, leur donne vie juste comme il faut.
Le plaisir : Impeccab'. Même fatigué en entamant l'ouvrage à 23h30 un soir en semaine, je l'ai lu d'une traite avec la tête qui tourne après et des rêves bien de travers qui ont suivis.
Le seul point négatif au final, c'est d'avoir loupé M. Stewart à Angoulême...
L'histoire de deux célèbres cambrioleurs qui tombent, lors d'un casse, sur un film compromettant un des plus grands magnats de la ville. Attirés par l'appat du gain, ils décident de le faire chanter ; mais bientot ce "client" s'avère être un trop gros poisson pour eux. Trés vite nos deux comparses deviendront le centre de toutes les attentions et vont vivre une véritable descente aux enfers.
L'action se déroule dans un Bordeaux version fin XIXe début XXe siècle mélangé à des éléments futuristes. Le récit développe une histoire des plus sordides, sombre et sans concession qui n'épargnera aucun des personnages et dans laquelle cruauté, violence, corruption, manipulation, magouille règnent en maitre.
Entre flahbacks, action, rebondissements et courses poursuites le scénario incroyable de maitrise et de justesse nous tient en haleine du début à la fin.
Ayant découvert cette série tardivement, je n'ai pas souffert comme certain de la longue attente entre le second et le dernier tome ; du coup pour moi la fin, quoi qu'un peu précipité, reste dans le même ton trés sombre ressenti depuis le début et ne m'a pas choquée plus que ça.
Bref, malgrés un dernier album trop attif voici une bonne série qui mérite vraiment le coup d'oeil.
S’il y a bien une des préquelles de l’univers Watchmen que j’attendais le plus parmi la ribambelle publiée et à venir, c’était bien celle mettant au premier plan le personnage de Rorschach à savoir celui par lequel tout arrive dans Watchmen après la mort du Comédien et qui introduit l’univers incroyable de Alan Moore et devient par ses méthodes radicales le personnage le plus emblématique avec son masque actif et son imperméable hérité de l’univers des polars noirs de l’acteur Humphrey Bogart.
Alors que Moore avait détaillé de façon structurée le passé du personnage le plus charismatique des Watchmen et qu’il n’y avait rien à ajouter, le risque de louper le coche était plutôt élevé mais le duo du fantastique Joker a su relever le défi avec brio mais sans trop de risques narratifs…
Impossible de ne pas tomber amoureux des dessins magnifiques de Bermejo qui s’est une fois de plus surpassé pour dépeindre un Times Square version seventies des plus sordides et saisissants.
Aidé par une colorisation mauve des plus adaptées pour une ambiance nocturne digne de l’ère disco, Bermejo était réellement le choix idéal pour mettre en scène de façon iconique Rorschach comme il l’avait déjà fait pour Batman et le Joker.
L’histoire relève de l’anecdotique par contre, Azzarello adapte un de ses fonds de tiroir qui auraient pu se lisser sur n’importe quel vigilante masqué ou pas ce qui constitue un peu le point faible de l’entreprise car l’ensemble n’est qu’un prétexte à des bastons homériques entre un Rorschach débutant mais déjà déterminé qui va s’en prendre plein la gueule et un gang de dealers sans foi ni loi mené par un boss défiguré aussi cruel que ludique et goguenard, son nemesis en puissance !
En parallèle de la vendetta lancée par Rorschach, un serial killer massacre en toute impunité de jeunes femmes et on distingue mal le lien entre cette enquête et les objectifs de Rorschach jusqu’aux toutes dernières pages qui précipitent l’histoire et en tissent le lien….
MAIS le plaisir est là, immédiat, certes artificiel et vain mais on est pris de suite dans cette histoire crasseuse mais limpide, porté par un Bermejo au sommet de son talent et dont l’art du découpage simple et direct offre un récit rapide et bref mais palpable…. La mégalopole évolue, vit, il y a un sens du détail incroyable dans les décors comme les expressions faciales (ce qui est ingénieux pour un héros sans visage) et Azzarello parsème son récit de quelques clins d’œil à la génération seventies avec l’apparition d’un célèbre chauffeur de taxi new yorkais ou d’autres plus discrêts mais réussis comme ces cols pelle à tarte et ces talons outranciers. La frustration c’est peut-être que le récit s’achève aussi rapidement alors qu’on est pris dans un maelstrom de bagarres, de violence dans une narration simple mais percutante…
Rorschach est un merveilleux livre d’images à lire comme une œuvre essentielle de Bermejo mais mineure pour Azzarello dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël et Rorschach auquelle elle ne ternira ni ne rehaussera l’impression qu’on se fait déjà… C’est également l’histoire la plus détachée de tout l’univers Watchmen et peut se lire parfaitement comme un one shot indépendant.
Si vous appréciez les polars noirs et simplistes servies sur un plateau par l’un des meilleurs dessinateurs actuels foncez sinon c’est très dispensable…. Mais pas à mes yeux merde quoi c’est Rorschach dessiné par Lee Bermejo dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël !!!!!
Riche idée que de faire des spin-offs de la série largement saluée qu'est Carthago, en attendant qu'Eric Henninot se remette à la suite. Bec s'y est donc collé, nous emmenant -a priori- sur les traces de nombre de créatures mythiques de par le monde.
Le premier tome nous propose donc le Bigfoot, ou Sasquatch, et c'est une expédition dans les forêts montagneuses de Californie du Nord qui ouvre le bal. Le récit, même s'il est finalement sans surprise, est suffisamment prenant pour qu'on ne lâche pas sa lecture avant la fin des 54 pages, avec son lot de péripéties et de personnages énigmatiques. Plus que le Bigfoot, c'est le Centenaire qui intrigue le plus. J'imagine qu'il va être un filigrane de l'ensemble des récits qui feront partie de cette série de one-shots.
Le deuxième tome nous emmène en Angola, sur les traces du Chipekwe, un saurien qui terrorise les populations locales mais reste très difficile à approcher. London Donovan et le Centenaire des Carpathes sont toujours sur le coup, et si l'on en apprend finalement peu sur leurs histoires personnelles, leurs personnalités sont suffisamment tranchées pour faire avancer le récit. Quant au monstre ici dépeint, il ne m'a pas vraiment convaincu, étant moins mystérieux, au final, que le Sasquatch.
Côté dessin, j'avais déjà repéré le talent de Jaouen Salaün sur Nova ; c'est une bonne pioche, son style réaliste faisant merveille dans un récit de ce genre une fois de plus. Tout au plus chipoterai-je au sujet de certaines textures (informatiques, je suppose) qui manquent d'épaisseur ou sont trop "lisses". Sur le second tome c'est Max von Fafner qui officie, et j'aime un peu moins son trait que celui de Salaün, surtout sur certains plans rapprochés de visages ou des créatures.
Cela dit la série est plus que divertissante, sur le thème de la cryptozoologie.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Campbell
Grand fan des dessins de Munuera, je n'ai pas pu m'empêcher de découvrir ce premier tome où il est présent en tant que scénariste et dessinateur. Le dessin est toujours aussi beau. Côté scénario j'ai aimé cette particularité de découper les parties de l'histoire en mini-histoires. Ça se lit très bien et je ne peux qu'encourager cette série. elle est prévue entre 3 et 5 tomes selon sa réussite auprès du public. Je lui mets la note de 4/5 pour son dessin et son découpage de scénario que je trouve original pour une histoire de piraterie.
Le Bel Âge
Je viens de relire mon avis après un puis deux tomes… Je vous le laisse ici dessous car ce que j’y écris me semble révélateur à plus d’un niveau. Cette série a grandi… Au fil des tomes, elle s’est affirmée et a fini par me conquérir complètement. Si le dessin fait immédiatement penser à Bastien Vivès par sa spontanéité et son aspect jeté, presque brouillon, si le sujet quelque peu bateau de trois jeunes femmes devant sortir de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte fera fuir les allergiques aux romans graphiques, la justesse des mots, la qualité des silences, les nuances, les non-dits, l’émotion qui se dégage au fil des planches m’ont définitivement charmé. Et si le thème a déjà souvent été exploré, la qualité première est ici de nous en offrir une vision actuelle, moderne et sensible. J’ai aimé voir ces trois jeunes femmes grandir, s’interroger dans leurs envies, mûrir, s’affirmer. Et ce qui me semblait être autant de défauts au départ (couvertures hideuses, personnages multiples) se sont révélés n’être en aucune manière des obstacles à mon appréciation. J’en viens même à trouver la maquette des couvertures originale, c’est dire ! Non, franchement, je suis charmé, séduit, touché, ému. Le propos est simple et juste, bateau, sans doute… mais tellement bien tourné. Et puis cette idée de la randonnée dans le dernier tome, ce moment durant lequel ces filles peuvent se recentrer sur elles-mêmes… Je suis un grand partisan de la randonnée comme parenthèse vouée à la pensée et j’ai trouvé cet emploi tellement juste que ce passage est certainement pour beaucoup dans mon appréciation finale. Je suis conquis et m'érige aujourd'hui en fervent défenseur de ce triptyque. Et si le premier tome ne vous convainc pas vraiment, je ne peux que vous inviter à continuer votre lecture car la série progresse constamment. Un très beau roman graphique, simple et moderne.
Point très négatif : les couvertures ! Moins engageant que ça, je vois pas… Enfin, il y en a surement à qui ça plait, sinon ce projet aurait été refusé mais franchement, ces couleurs tranchées, ce découpage agressif et sans nuances, cette composition d’une froideur quasi clinique, ce n’est pas très heureux. D’autant plus que le sujet, lui, relève du roman graphique doux amer pour adolescentes. Le contraste entre les couvertures et le sujet est donc énorme. Mais, bon, en général, le traitement graphique de l’œuvre m’a laissé quelque peu dubitatif. Non que ce soit mal dessiné… mais c’est un style… et ce style n’est pas le mien. L’auteur s’attarde principalement sur les regards ou les attitudes et se moque un peu du reste. Le trait est brut, les décors sont négligés… Ceci dit, je me connais : si l’histoire m’intéresse, je suis capable de passer outre le dessin pourvu que celui-ci serve celle-là (je ne suis pas sûr que vous me suiviez, mais je me comprends). L’histoire ? Le destin croisé de trois jeunes femmes. Rien ne les unit de prime abord et ce n’est qu’à la fin du premier tome que l’on comprend enfin quel type de relation elles sont amenées à entretenir. La grosse difficulté que j’ai rencontrée dans ce premier tome est que, avec trois personnages principaux évoluant dans trois histoires initialement différentes, on a droit à trois fois des personnages secondaires… et quand on connait mon problème pour retenir les prénoms et le rôle de chaque personnage même dans une histoire assez simple, et bien ici, ce ne fut pas du gâteau. Mais j’ai rapidement senti le coup venir, donc je me suis focalisé sur ces fameux prénoms, n’ai pas hésité à faire des retours en arrière pour être sûr de ne pas me gourer… et m’en suis finalement sorti plus facilement que je ne le craignais. Le deuxième tome a la bonne idée de limiter le nombre de personnages secondaire. L’histoire y gagne en clarté et permet au lecteur que je suis de mieux se centrer sur les relations entre les trois personnages centraux. Chaque héroïne possède un profil propre mais le premier tome se résume finalement à une présentation de celles-ci. Et, à la fin dudit tome, on a un peu l’impression que l’histoire peut enfin commencer. Ceci dit, je ne me suis pas spécialement ennuyé durant ma lecture. La narration est fluide et ces tranches vie (avec trois cas d’espèce assez symboliques) sont quelque part assez intéressantes (mais elles toucheront sans doute plus un lectorat féminin que moi-même). Le deuxième tome affine ces profils psychologiques et n’épargne pas ces jeunes filles. Les défauts sont autant mis en avant que les qualités, ce qui nous donne des profils crédibles. J’avoue être de plus en plus attaché aux personnages, même si l’envie de les baffer me démange parfois. Après deux tomes, je suis donc suffisamment pris par le récit pour en conseiller l’achat. Je dirai même que si vous êtes fan du style « Vivès » et que les romans graphiques vous attirent, cette série pourrait bien se révéler être un maître-achat. Pour ma part, j’en reste à un 3/5 mais si je ne conseillais pas l’achat après le seul premier tome, ce deuxième tome m’a fait changer d’opinion.
Douce, tiède et parfumée
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée. Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne. Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines. En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence… C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif. Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances. Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.
L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu
Tome 1 : 3,5/5 J’adore Lupano et jusqu’à présent je n’ai jamais été déçue par ces histoires, pourtant, au début de ma lecture de cette dernière production j’ai eu comme un doute… : serait-il en manque d’inspiration ? J’ai essayé de chasser cette pensée absurde, indigne de l’intérêt que je porte à cet auteur. A chaque page tournée j’attendais le rebondissement qui se faisait attendre… rien, j’étais face à un simple western, avec néanmoins quelques traits d’humour et de dérision. C’est arrivée grosso modo vers la moitié de l'ouvrage que les surprises arrivent ainsi que les fameux rebondissements, et bien qu’ils n’atteignent pas les hauts sommets sont infiniment plaisants et drôles. Ce n’est peut-être pas le western du siècle, mais il m’a comblée, léger et entraînant, il est accrocheur jusqu’à la dernière planche, et c’est là que j’aurais bien aimé avoir la suite sans devoir attendre plus longtemps. On a droit à une honorable galerie de personnages, hauts en couleurs et en connerie pour certains, enfin non, pour tous, et surtout on s’attache immédiatement à tout ce petit monde, qui a bannit de son vocabulaire le mot « confiance ». Le dessin est aussi sur un ton humoristique avec des trognes bien expressives. Les couleurs informatisées m’ont un peu surprise au début, bien qu’elles soient bien appliquées et suffisamment détaillées, mais cette impression bizarre est vite passée. Par ailleurs, je trouve la couverture particulièrement réussie. Tome 2 J'ai décroché. Déjà la colorisation de ce tome m'a carrément déplu, moins nuancée que dans le premier tome et encore plus artificielle. Ensuite je trouve la suite de l'histoire plutôt convenue, avec des personnages pas forcément attachants, voire énervants comme la gonzesse, je n'ai plus les noms car j'ai revendu la série. Le seul à trouver grâce à mes yeux est le personnage principal, sinon pour le reste j'attendrai le prochain Lupano.
La Guerre Eternelle
Incroyable ! Je n'avais jamais rédigé de critique sur cette série que je considère comme une des meilleures séries courtes de toute la bande dessinée. Le 5/5 n'est pas loin. Joe Haldeman, ancien du Vietnam, a transposé dans un univers de science-fiction ses propres souvenirs de guerre et cette impression de revenir, après son service, dans un monde profondément changé, comme si des siècles s'étaient écoulés depuis son départ. Dans cette histoire, c'est véritablement ce qui arrive aux deux héros, victimes, comme les autres soldats de cette guerre à très longue distance, de la relativité einsteinienne et de la différence d'écoulement du temps pour celui qui voyage à des vitesses très élevées. Ces jeunes conscrits de la fin du 21e siècle se retrouveront vétérans 300 ans plus tard, après quelques campagnes seulement, sur une Terre qui n'a plus rien à voir avec celle qu'ils ont quitté. Mais la guerre au fait ? Qui l'a déclenchée ? On ne sait pas très bien. Mais la rencontre soudaine entre deux civilisations intelligentes avait-elle une chance d'être amicale ? L'Autre est forcément un danger... Et qui l'a gagnée ? Personne en réalité. Mais il aura fallu trois siècles d'affrontement sans pitié pour appprendre à se connaître, puis apprendre à se parler. Le premier échange diplomatique, qui met presque aussitôt fin au conflit, révèle l'ampleur du malentendu : "pourquoi nous avez vous attaqués ?" "Nous, mais c'est vous qui avez commencé...".
Les Étiquettes
Le vrai coup de cœur de mes dernières lectures. J'en suis ressorti enchanté, et il faut avouer, il y a de quoi. J'aime beaucoup ce que fait Clarke en général, même si je reconnais parfois une tendance à un humour simple. Mais son dessin est bon et j'aime beaucoup sa façon de faire. Du coup, lorsque je vois une BD plus intimiste sortir, je n'hésite pas une seconde et je fonce. Et j'ai bien fait. Le trait de cette BD est entièrement en noir et blanc, avec le style si particulier de Clarke, qui pose une ambiance parfois étrange, sans nuances d'ombres, juste les contours qui se fondent parfois dans le bord de la case. C'est du coup très déroutant, surtout quand la BD se veut humoristique, mais personnellement j'adore. Ensuite, et surtout, il y a l'histoire. Enfin, les histoires. Clarke nous croque sa vie en quelques coups de crayons, et franchement c'est génial. La vie de ce dessinateur, comme pourrait être la vie de n'importe qui aujourd'hui, entre le boulot, les enfants, le mariage et les autres tracas quotidiens. C'est un album de tranches de vie, clairement. Mais ce qui en fait toute la force et toute la saveur, c'est les différences de ton. Les histoires s'enchainent, et si une partie est clairement humoristique, surtout dans la chute, l'autre partie est franchement sérieuse et intimiste, sur des sujets graves. C'est une contemplation de la vie, simple et franche. Plusieurs histoires aussi contiennent du sérieux et quelques touches d'humour, principalement dans la dernière case, mais dans un ton sérieux le reste du temps. Clarke prend aussi son temps, et plusieurs histoires sont simplement muettes, beaucoup de moments de contemplation, de calme. Ce que j'ai adoré, et qui en un sens m'a rappelé Le combat ordinaire, c'est que c'est simplement sa vie, mais vue au travers de la BD. Clarke se met en scène sans se cacher, et on découvre un auteur touchant et attendrissant. Un auteur qui nous est vite sympathique et qu'on suit avec un grand plaisir. Lorsque j'ai fermé la BD, j'en aurais eu une petite larme à l'oeil en quittant ce petit monde. Et puis, la BD contient des moments franchement drôles, des moments touchants, des moments graves, des instants philosophiques, des touches de tristesse ... C'est très complet, et on n'a jamais le temps de s'ennuyer. Jusqu'au bout j'ai été pris dedans. Et c'est vraiment plaisant. Sans compter que l'auteur joue avec le lecteur, notamment dans une histoire où l'on ne voit pas les personnages, se contentant de les entendre. A nous d'imaginer, de les voir. C'est bête comme chou, mais je trouve que c'est sympathique, glissé comme cela dans l'ensemble. On pourra aussi noter le titre, très intéressant, qui concerne surtout deux histoires du recueil, mais qu'on peut aussi interpréter comme une volonté de Clarke de montrer qu'il ne faut pas résumer quelqu'un à des étiquettes, lui y compris. Ce n'est pas qu'un auteur, celui de Mélusine ou des Histoires à lunettes, c'est aussi quelqu'un. Et de nous présenter qui il est derrière tout ça. Là encore, j'aime beaucoup cette façon de faire, simple, qui nous fait aussi un peu réfléchir. En résumé de ce pavé, j'ai tout simplement adoré ce petit moment d'intimité avec Clarke, un auteur que décidément j'apprécie de plus en plus, simplement pour son trait et sa façon de faire. La BD est franchement touchante, mais sait aussi être drôle et sérieuse, c'est pour tout les goûts. Si vous aimez les récits intimistes qui ne se centrent pas sur un seul sujet, allez-y les yeux fermés, je vous garantis que vous ne serez pas déçu. Moi c'est mon gros coup de cœur du moment.
Sin Titulo
L'histoire : Comme évoqué, on démarre sur un pitch classique de polar pour mettre le pied dans le fantastique. Tout comme le héros, nous sommes happés, traînés par les évènements. Pour ceux qui ont vu la mini-série "The Lost Room", il y a un certain parallèle avec "Sin Titulo" : M. Lambda est confronté malgré lui à une réalité différente de ce qu'il connaît et lutte pour retrouver le monde "normal" Le dessin : Cameron Stewart dessine simplement et bien. Le trait qu'il a adopté sert parfaitement l'histoire. Pour ma part, j'aurai préféré un noir et blanc simple plutôt que ce noir et blanc et "sépia" (ou beige, ou je sais pas quelle couleur) ; ou alors plus de parcimonie dans cet ajout. Mais pour le reste, c'est tout bon. Le dessin des personnages colle à leur caractère, leur donne vie juste comme il faut. Le plaisir : Impeccab'. Même fatigué en entamant l'ouvrage à 23h30 un soir en semaine, je l'ai lu d'une traite avec la tête qui tourne après et des rêves bien de travers qui ont suivis. Le seul point négatif au final, c'est d'avoir loupé M. Stewart à Angoulême...
Le Réseau Bombyce
L'histoire de deux célèbres cambrioleurs qui tombent, lors d'un casse, sur un film compromettant un des plus grands magnats de la ville. Attirés par l'appat du gain, ils décident de le faire chanter ; mais bientot ce "client" s'avère être un trop gros poisson pour eux. Trés vite nos deux comparses deviendront le centre de toutes les attentions et vont vivre une véritable descente aux enfers. L'action se déroule dans un Bordeaux version fin XIXe début XXe siècle mélangé à des éléments futuristes. Le récit développe une histoire des plus sordides, sombre et sans concession qui n'épargnera aucun des personnages et dans laquelle cruauté, violence, corruption, manipulation, magouille règnent en maitre. Entre flahbacks, action, rebondissements et courses poursuites le scénario incroyable de maitrise et de justesse nous tient en haleine du début à la fin. Ayant découvert cette série tardivement, je n'ai pas souffert comme certain de la longue attente entre le second et le dernier tome ; du coup pour moi la fin, quoi qu'un peu précipité, reste dans le même ton trés sombre ressenti depuis le début et ne m'a pas choquée plus que ça. Bref, malgrés un dernier album trop attif voici une bonne série qui mérite vraiment le coup d'oeil.
Before Watchmen - Rorschach
S’il y a bien une des préquelles de l’univers Watchmen que j’attendais le plus parmi la ribambelle publiée et à venir, c’était bien celle mettant au premier plan le personnage de Rorschach à savoir celui par lequel tout arrive dans Watchmen après la mort du Comédien et qui introduit l’univers incroyable de Alan Moore et devient par ses méthodes radicales le personnage le plus emblématique avec son masque actif et son imperméable hérité de l’univers des polars noirs de l’acteur Humphrey Bogart. Alors que Moore avait détaillé de façon structurée le passé du personnage le plus charismatique des Watchmen et qu’il n’y avait rien à ajouter, le risque de louper le coche était plutôt élevé mais le duo du fantastique Joker a su relever le défi avec brio mais sans trop de risques narratifs… Impossible de ne pas tomber amoureux des dessins magnifiques de Bermejo qui s’est une fois de plus surpassé pour dépeindre un Times Square version seventies des plus sordides et saisissants. Aidé par une colorisation mauve des plus adaptées pour une ambiance nocturne digne de l’ère disco, Bermejo était réellement le choix idéal pour mettre en scène de façon iconique Rorschach comme il l’avait déjà fait pour Batman et le Joker. L’histoire relève de l’anecdotique par contre, Azzarello adapte un de ses fonds de tiroir qui auraient pu se lisser sur n’importe quel vigilante masqué ou pas ce qui constitue un peu le point faible de l’entreprise car l’ensemble n’est qu’un prétexte à des bastons homériques entre un Rorschach débutant mais déjà déterminé qui va s’en prendre plein la gueule et un gang de dealers sans foi ni loi mené par un boss défiguré aussi cruel que ludique et goguenard, son nemesis en puissance ! En parallèle de la vendetta lancée par Rorschach, un serial killer massacre en toute impunité de jeunes femmes et on distingue mal le lien entre cette enquête et les objectifs de Rorschach jusqu’aux toutes dernières pages qui précipitent l’histoire et en tissent le lien…. MAIS le plaisir est là, immédiat, certes artificiel et vain mais on est pris de suite dans cette histoire crasseuse mais limpide, porté par un Bermejo au sommet de son talent et dont l’art du découpage simple et direct offre un récit rapide et bref mais palpable…. La mégalopole évolue, vit, il y a un sens du détail incroyable dans les décors comme les expressions faciales (ce qui est ingénieux pour un héros sans visage) et Azzarello parsème son récit de quelques clins d’œil à la génération seventies avec l’apparition d’un célèbre chauffeur de taxi new yorkais ou d’autres plus discrêts mais réussis comme ces cols pelle à tarte et ces talons outranciers. La frustration c’est peut-être que le récit s’achève aussi rapidement alors qu’on est pris dans un maelstrom de bagarres, de violence dans une narration simple mais percutante… Rorschach est un merveilleux livre d’images à lire comme une œuvre essentielle de Bermejo mais mineure pour Azzarello dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël et Rorschach auquelle elle ne ternira ni ne rehaussera l’impression qu’on se fait déjà… C’est également l’histoire la plus détachée de tout l’univers Watchmen et peut se lire parfaitement comme un one shot indépendant. Si vous appréciez les polars noirs et simplistes servies sur un plateau par l’un des meilleurs dessinateurs actuels foncez sinon c’est très dispensable…. Mais pas à mes yeux merde quoi c’est Rorschach dessiné par Lee Bermejo dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël !!!!!
Carthago Adventures
Riche idée que de faire des spin-offs de la série largement saluée qu'est Carthago, en attendant qu'Eric Henninot se remette à la suite. Bec s'y est donc collé, nous emmenant -a priori- sur les traces de nombre de créatures mythiques de par le monde. Le premier tome nous propose donc le Bigfoot, ou Sasquatch, et c'est une expédition dans les forêts montagneuses de Californie du Nord qui ouvre le bal. Le récit, même s'il est finalement sans surprise, est suffisamment prenant pour qu'on ne lâche pas sa lecture avant la fin des 54 pages, avec son lot de péripéties et de personnages énigmatiques. Plus que le Bigfoot, c'est le Centenaire qui intrigue le plus. J'imagine qu'il va être un filigrane de l'ensemble des récits qui feront partie de cette série de one-shots. Le deuxième tome nous emmène en Angola, sur les traces du Chipekwe, un saurien qui terrorise les populations locales mais reste très difficile à approcher. London Donovan et le Centenaire des Carpathes sont toujours sur le coup, et si l'on en apprend finalement peu sur leurs histoires personnelles, leurs personnalités sont suffisamment tranchées pour faire avancer le récit. Quant au monstre ici dépeint, il ne m'a pas vraiment convaincu, étant moins mystérieux, au final, que le Sasquatch. Côté dessin, j'avais déjà repéré le talent de Jaouen Salaün sur Nova ; c'est une bonne pioche, son style réaliste faisant merveille dans un récit de ce genre une fois de plus. Tout au plus chipoterai-je au sujet de certaines textures (informatiques, je suppose) qui manquent d'épaisseur ou sont trop "lisses". Sur le second tome c'est Max von Fafner qui officie, et j'aime un peu moins son trait que celui de Salaün, surtout sur certains plans rapprochés de visages ou des créatures. Cela dit la série est plus que divertissante, sur le thème de la cryptozoologie.