Le thème historique choisi est celui des Croisades, mais ce n'est qu'un argument de fond qui sert à poser le décor de l'action, et qui donne une certaine crédibilité au sujet. Le vrai fil de l'histoire, c'est la série de meurtres et des enlèvements de gamines.
C'est un récit qui plonge à fond dans l'ésotérisme et l'enquête médiévale à tendance mystique, en s'appuyant sur une terrible révélation qui pourrait ébranler la foi chrétienne et la suprématie de l'Eglise de Rome. Le fond de l'histoire reprend un peu la thèse du Da Vinci Code qui défend l'idée que Jésus et Marie-Madeleine auraient eu un enfant. Comme Le Triangle Secret, cette Bd va assez loin dans son développement qui au contraire du Croisade de Dufaux et Xavier, ne donne pas dans une sorcellerie pleine d'esbroufe, mais au contraire, dans le mystère et l'indicible s'appuyant sur une réalité inouïe et surprenante. C'est sombre, tortueux, menaçant, la peur s'installe au sein de cette enquête menée par Guillaume de Tyr.
Le tome 1 est long et ne sert qu'à poser les personnages qui sont les mêmes que dans le film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven ; l'action ne décolle vraiment que dans le 2ème tiers du tome 2 lors de l'entrevue entre Guillaume de Tyr, le roi Baudoin et Saladin. Le cheminement pour arriver à captiver le lecteur est donc assez long, ça se construit lentement, plusieurs pistes sont lancées pour aboutir à un tome 3 passionnant et un final saisissant.
Le dessin de Montaigne donne une esthétique à cette Bd aux couvertures magnifiques, il réussit des pages superbes, surtout les vues d'ensemble de villes, avec un soin du détail ; son style graphique est très proche de celui d'Alice sur Le Troisième Testament, mais quelques détails lui permettent de s'en démarquer. La double page de Petra (et la scène de bataille qui suit) est très belle, le dessin est beaucoup plus fignolé dans le tome 2. Finalement, le changement de dessinateur au tome 3 n'est pas gênant dans la mesure où son style graphique est voisin de celui de Montaigne.
Voici donc un récit prenant, bien ficelé, au suspense bien tissé jusqu'au final apportant son lot de révélations. Une série de très haut niveau, développant une théorie sur Jésus-Christ tellement incroyable et sensationnelle qu'elle en devient parfaitement plausible. Bravo !
Décidément, j'aime ce que fait Darwyn Cooke sur Watchmen !
J'aime beaucoup le Spectre Soyeux et elle m'a beaucoup touché dans l'oeuvre originale. J'avais un peu peur lorsque j'ai lu l'avis d'Alix, craignant lire un truc gnan-gnan, mais en fait ce n'est pas du tout le cas ! On est certes dans la période du flower power, mais le scénario possède un méchant vraiment dégueulasse qui brise l'ambiance peace and love qu'aurait pu avoir le récit.
J'adore comment Cooke montre les problèmes des personnages. La relation que le Spectre Soyeux a avec sa mère est très crédible et j'aime comment il utilise le Comédien et le premier Hibou. En plus, le dessin est vraiment excellent.
Une nouvelle fois les Bordelais de Futuropolis font fort.
Cette fois-ci Christophe Dabitch nous propose de découvrir la colonisation française de l'Afrique équatoriale et occidentale par le petit bout de la lorgnette, avec cet évènement inconnu -mais authentique- tellement emblématique de ce qui fut fait à l'époque sur place... Mais afin de ne pas barber son lecteur -parce que des fois, l'Histoire, ça peut être chiant-, il choisit d'en faire une sorte d'opéra tragicomique, avec trois personnages principaux inoubliables.
Dès le premier tome le ton est donné ; on se moque, certes, mais on montre aussi la barbarie qu'engendre la bêtise. Lorsqu'une colonne de militaires recrutés dans les colonies traverse d'autres colonies et tue, pille, viole, brûle... Peut-être ce qu'il y a de plus noir -sans mauvais jeu de mots- dans l'âme humaine... Le deuxième tome apporte le fin mot de l'histoire, une histoire dont l'issue ne peut qu'être dramatique. Entre folie et colonialisme, c'est un récit marquant...
Pour nous raconter cette histoire, je ne sais pas qui aurait été mieux placé que Nicolas Dumontheuil. Son trait si vivant, ses postures évocatrices et sa mise en scène dynamique renforcent l'atmosphère voulue par Dabitch. On rigolera un peu avec ses oublis graphiques qui feront le bonheur des pinailleurs (les épaulettes du fantôme, le cimier d'une casquette...), mais on n'oubliera pas l'essentiel, c'est très plaisant à voir.
Excellent manga qui reprend la vie d'un jeune garçon tout à fait normal et innocent obligé de tuer pour pouvoir survivre à cause du jeu qu'il a téléchargé sur son téléphone. De nombreux mystères tourneront autour de l'organisation de ce jeu et de certains détails durant les meurtres qui paraissent impossibles.
Ce manga de Yuki Takahata ressemble énormément à King's Game, une autre série déjà terminée, car elle reprend de nombreux concepts comme par exemple l'utilisation du portable. Et si vous avez aimé ou même que vous adorez King's Game vous ne devez pas passer à côté de cette nouvelle série.
C'est pourquoi je vous conseille ce manga ou cette future série.
Tout d'abord, que se passe-t-il ? Cet album est paru en 2008 et la suite n'est toujours pas là. Si j'en juge par les critiques et ma lecture nous n'avons là que du bon !
Ce récit d'aventure se place en des lieux et à une époque fort peu connus. 1920, la révolution russe n'est pas achevée, les blancs résistent encore, aux frontières de l'ex empire les chinois sont aux aguets et les tribus mongoles et sibériennes veulent défendre leurs intérêts.
C'est dans ce maelstrom d'alliances, de trahisons, de massacres, etc. que nous suivons un médecin pris malgré lui dans des aventures et des rencontres qu'il n'avait pas souhaitées.
Quelle tuerie cet album ! Dans une ambiance très sombre, mais non dénuée d'humour (l'apprentissage de l'équitation de notre héros), il se débat, plus ballotté par les événements, qu'acteur de son destin.
Moultes péripéties donc dans cette histoire passionnante et dynamique dont le trait ainsi que les couleurs collent juste comme il faut. Hâte qu'une suite voit le jour !
Que voila un one shot enthousiasment, il y avait longtemps que je n'avais lu une histoire comme celle là qui vous embarque jusqu'au bout. On n'a pas vu le temps passer car tout cela est construit d'une manière machiavélique avec des retournements de situations que l'on ne voit pas venir.
L'auteur prends le temps de nous présenter ses personnages évoluant dans un monde qui leur est familier et ainsi leur donne une épaisseur qui est un grand plus pour la suite. Après cette introduction nous basculons dans un autre univers, celui d'une île paradisiaque, (enfin pas tant que cela!) et la on change radicalement de ton . Ceci avait été amorcé par l'histoire du vrp et concepteur de jouets. Au final tout se rejoint et se termine en apothéose.
Les personnages sont typés et caractéristiques de leur milieu mais ils ne sont jamais caricaturaux, la aussi une force de ce récit.
Le dessin est simple, (c'est un compliment), mais extrêmement dynamique et arrive à faire passer quelque chose de frais dans cette histoire: quand même une chasse à l'homme qui occasionne des morts.
Cette BD est déjà ancienne mais elle n'a pas reçu beaucoup d'avis, ce que je trouve dommage.
En effet, tout d'abord du fait du thème abordé ; celui de la folie et de la manière de la traiter au XIXème siècle. Je ne sais si l'expérience décrite ici, forcément romancée, a réellement eu lieu, mais elle montre en tout cas bien tous les travers de ce qui pouvait se passer à l'époque alors que la psychiatrie n'en était qu'à ses débuts. Qui dit débuts, dit forcément expérimentations à l'arrache où tout et n'importe quoi pouvait être tenté. Il aura fallu attendre très longtemps, et sous certaines latitudes la situation n'a pas évolué, pour que l'on prenne en compte le fait que derrière la folie il y a des êtres humains.
Ici, en plus des aliénés, on croise la trajectoire d'un jésuite en aussi grande forme que ses coreligionnaires plus un policier très frappadingue.
Le récit est très bien mené sans trop d'excès, le curé est un peu caricatural et, au travers des yeux de trois enfants "sains", nous déambulons dans un milieu où les éléments sont à l'unisson de l'action. De jolies cases et une belle colorisation font de ce diptyque un très agréable moment de lecture. Ma note vaut donc pour le thème original, l'histoire maîtrisée et de belles images.
La série Freaks' Squeele se scinde pour moi en 2 parties.
Il y a d'abord les 3 premiers tomes qui se déroulent durant la première année d'études de notre trio de protagonistes dans notre université pour futurs super-héros. Puis à partir du 4e tome, les faits se déroulent durant la seconde année de leurs études.
Première partie, tome 1 à 3 et premier chapitre du tome 4 :
Malgré les avis positifs lus ici et là, j'étais méfiant vis-à-vis de cette série que je craignais un peu trop adolescente. Mais en fait, j'ai eu le coup de cœur très rapidement.
C'est un beau cocktail d'influences de la sous-culture pop et otaku : mangas, comics, films, dessins animés, jeux vidéos, les influences et les références sont innombrables mais très bien assimilés et combinés avec beaucoup d'humour et d'efficacité. Ça aurait pu être une parodie humoristique tant les clins d’œil et l'humour sont présents, mais c'est avant tout une chouette histoire d'aventure et de fantastique. On y retrouve d'ailleurs la structure narrative d'un shonen avec son cadre scolaire initial, sa grande galerie de personnages et son déroulement sur plusieurs mois puis plusieurs années nous permettant d'approfondir et de faire évoluer les relations entre protagonistes et les différentes intrigues parallèles.
Le graphisme est d'excellente qualité, et encore meilleur à mes yeux dans les planches en couleur. Personnages, décors, scènes d'actions, expressions des visages, design d'ensemble et des costumes, tout est nickel. Et quand on voit la capacité de production de l'auteur qui nous sort un album de plus de 100 pages du même niveau tous les ans, il y a de quoi être impressionné.
Je me suis très vite attaché aux personnages, principaux et secondaires. Ils sont variés, amusants et le plus souvent charismatiques ou au moins intéressants.
L'ambiance m'a vraiment plu. Très dynamique, elle combine intrigue mystérieuse, action mouvementée et gros délires, tout en restant cohérente et prenante. Il y a aussi une petite touche de romance puisqu'on se demande avec qui les personnages vont finir par sortir.
Et puis surtout, c'est drôle, un vrai plaisir de lecture.
Seconde partie, tome 4 à 7 :
A partir du second ou troisième chapitre du tome 4, il y a un petit saut chronologique amenant nos héros dans leur seconde année d'étude. Et j'ai trouvé que l'ambiance changeait un peu. Ce qui m'a déplu, c'était le sentiment que les trois héros se prenaient tout à coup plus au sérieux, notamment depuis qu'ils avaient dévoilé leurs dons respectifs et avaient acquis une nouvelle réputation. L'auteur semble leur avoir donné une soudaine maturité qui les rend un peu moins sympathiques à mes yeux et je trouve le changement un peu brusque après seulement quelques mois passés dans la chronologie de la série.
Les intrigues également gagnent soudain en complexité et en noirceur. Le tome 4 pourrait se résumer à une grosse course-poursuite avec des gentils et des méchants mais ensuite l'intrigue du tome 5 est nettement plus compliquée (et je n'ai pas aimé l'astuce narrative qui le compose et qui fait qu'on se fait au final raconter l'histoire au passé sans y avoir participé directement). Sa continuation dans le 6e tome est là encore assez sombre et complexe, et j'ai trouvé que la narration devenait vraiment embrouillée, donnant un récit trop dense où le lecteur se perd un peu, ou du moins qui m'a moins permis de savourer les moments d'action et d'humour.
Pourtant l'humour est toujours bien présent. Il y a beaucoup de moments où j'ai franchement rigolé, dans chacun des tomes en question. Les personnages sont toujours bons et les scénarios sont intéressants. Mais j'ai été moins captivé qu'auparavant, moins sous le charme. Certains moments m'ont même paru rébarbatifs, notamment l'enquête des héros pour retrouver leur mémoire dans le tome 5, la longue explication sur les origines des universités pour héros, puis la succession trop rapide des niveaux des enfers dans le tome 6.
Le 7e et dernier tome n'est pas mauvais et apporte une conclusion satisfaisante même si elle met un peu de temps à se mettre en place. Néanmoins, j'aurais aimé qu'elle conserve la simplicité et l'ambiance légère et sans prise de tête des premiers tomes.
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris.
Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit.
L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin.
Pas mal, donc.
Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses.
En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous.
Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc...
Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin.
Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état...
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Le Cinquième évangile
Le thème historique choisi est celui des Croisades, mais ce n'est qu'un argument de fond qui sert à poser le décor de l'action, et qui donne une certaine crédibilité au sujet. Le vrai fil de l'histoire, c'est la série de meurtres et des enlèvements de gamines. C'est un récit qui plonge à fond dans l'ésotérisme et l'enquête médiévale à tendance mystique, en s'appuyant sur une terrible révélation qui pourrait ébranler la foi chrétienne et la suprématie de l'Eglise de Rome. Le fond de l'histoire reprend un peu la thèse du Da Vinci Code qui défend l'idée que Jésus et Marie-Madeleine auraient eu un enfant. Comme Le Triangle Secret, cette Bd va assez loin dans son développement qui au contraire du Croisade de Dufaux et Xavier, ne donne pas dans une sorcellerie pleine d'esbroufe, mais au contraire, dans le mystère et l'indicible s'appuyant sur une réalité inouïe et surprenante. C'est sombre, tortueux, menaçant, la peur s'installe au sein de cette enquête menée par Guillaume de Tyr. Le tome 1 est long et ne sert qu'à poser les personnages qui sont les mêmes que dans le film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven ; l'action ne décolle vraiment que dans le 2ème tiers du tome 2 lors de l'entrevue entre Guillaume de Tyr, le roi Baudoin et Saladin. Le cheminement pour arriver à captiver le lecteur est donc assez long, ça se construit lentement, plusieurs pistes sont lancées pour aboutir à un tome 3 passionnant et un final saisissant. Le dessin de Montaigne donne une esthétique à cette Bd aux couvertures magnifiques, il réussit des pages superbes, surtout les vues d'ensemble de villes, avec un soin du détail ; son style graphique est très proche de celui d'Alice sur Le Troisième Testament, mais quelques détails lui permettent de s'en démarquer. La double page de Petra (et la scène de bataille qui suit) est très belle, le dessin est beaucoup plus fignolé dans le tome 2. Finalement, le changement de dessinateur au tome 3 n'est pas gênant dans la mesure où son style graphique est voisin de celui de Montaigne. Voici donc un récit prenant, bien ficelé, au suspense bien tissé jusqu'au final apportant son lot de révélations. Une série de très haut niveau, développant une théorie sur Jésus-Christ tellement incroyable et sensationnelle qu'elle en devient parfaitement plausible. Bravo !
Before Watchmen - Le Spectre Soyeux
Décidément, j'aime ce que fait Darwyn Cooke sur Watchmen ! J'aime beaucoup le Spectre Soyeux et elle m'a beaucoup touché dans l'oeuvre originale. J'avais un peu peur lorsque j'ai lu l'avis d'Alix, craignant lire un truc gnan-gnan, mais en fait ce n'est pas du tout le cas ! On est certes dans la période du flower power, mais le scénario possède un méchant vraiment dégueulasse qui brise l'ambiance peace and love qu'aurait pu avoir le récit. J'adore comment Cooke montre les problèmes des personnages. La relation que le Spectre Soyeux a avec sa mère est très crédible et j'aime comment il utilise le Comédien et le premier Hibou. En plus, le dessin est vraiment excellent.
La Colonne
Une nouvelle fois les Bordelais de Futuropolis font fort. Cette fois-ci Christophe Dabitch nous propose de découvrir la colonisation française de l'Afrique équatoriale et occidentale par le petit bout de la lorgnette, avec cet évènement inconnu -mais authentique- tellement emblématique de ce qui fut fait à l'époque sur place... Mais afin de ne pas barber son lecteur -parce que des fois, l'Histoire, ça peut être chiant-, il choisit d'en faire une sorte d'opéra tragicomique, avec trois personnages principaux inoubliables. Dès le premier tome le ton est donné ; on se moque, certes, mais on montre aussi la barbarie qu'engendre la bêtise. Lorsqu'une colonne de militaires recrutés dans les colonies traverse d'autres colonies et tue, pille, viole, brûle... Peut-être ce qu'il y a de plus noir -sans mauvais jeu de mots- dans l'âme humaine... Le deuxième tome apporte le fin mot de l'histoire, une histoire dont l'issue ne peut qu'être dramatique. Entre folie et colonialisme, c'est un récit marquant... Pour nous raconter cette histoire, je ne sais pas qui aurait été mieux placé que Nicolas Dumontheuil. Son trait si vivant, ses postures évocatrices et sa mise en scène dynamique renforcent l'atmosphère voulue par Dabitch. On rigolera un peu avec ses oublis graphiques qui feront le bonheur des pinailleurs (les épaulettes du fantôme, le cimier d'une casquette...), mais on n'oubliera pas l'essentiel, c'est très plaisant à voir.
Darwin's Game
Excellent manga qui reprend la vie d'un jeune garçon tout à fait normal et innocent obligé de tuer pour pouvoir survivre à cause du jeu qu'il a téléchargé sur son téléphone. De nombreux mystères tourneront autour de l'organisation de ce jeu et de certains détails durant les meurtres qui paraissent impossibles. Ce manga de Yuki Takahata ressemble énormément à King's Game, une autre série déjà terminée, car elle reprend de nombreux concepts comme par exemple l'utilisation du portable. Et si vous avez aimé ou même que vous adorez King's Game vous ne devez pas passer à côté de cette nouvelle série. C'est pourquoi je vous conseille ce manga ou cette future série.
Taïga rouge
Tout d'abord, que se passe-t-il ? Cet album est paru en 2008 et la suite n'est toujours pas là. Si j'en juge par les critiques et ma lecture nous n'avons là que du bon ! Ce récit d'aventure se place en des lieux et à une époque fort peu connus. 1920, la révolution russe n'est pas achevée, les blancs résistent encore, aux frontières de l'ex empire les chinois sont aux aguets et les tribus mongoles et sibériennes veulent défendre leurs intérêts. C'est dans ce maelstrom d'alliances, de trahisons, de massacres, etc. que nous suivons un médecin pris malgré lui dans des aventures et des rencontres qu'il n'avait pas souhaitées. Quelle tuerie cet album ! Dans une ambiance très sombre, mais non dénuée d'humour (l'apprentissage de l'équitation de notre héros), il se débat, plus ballotté par les événements, qu'acteur de son destin. Moultes péripéties donc dans cette histoire passionnante et dynamique dont le trait ainsi que les couleurs collent juste comme il faut. Hâte qu'une suite voit le jour !
Tropique de l'agneau
Que voila un one shot enthousiasment, il y avait longtemps que je n'avais lu une histoire comme celle là qui vous embarque jusqu'au bout. On n'a pas vu le temps passer car tout cela est construit d'une manière machiavélique avec des retournements de situations que l'on ne voit pas venir. L'auteur prends le temps de nous présenter ses personnages évoluant dans un monde qui leur est familier et ainsi leur donne une épaisseur qui est un grand plus pour la suite. Après cette introduction nous basculons dans un autre univers, celui d'une île paradisiaque, (enfin pas tant que cela!) et la on change radicalement de ton . Ceci avait été amorcé par l'histoire du vrp et concepteur de jouets. Au final tout se rejoint et se termine en apothéose. Les personnages sont typés et caractéristiques de leur milieu mais ils ne sont jamais caricaturaux, la aussi une force de ce récit. Le dessin est simple, (c'est un compliment), mais extrêmement dynamique et arrive à faire passer quelque chose de frais dans cette histoire: quand même une chasse à l'homme qui occasionne des morts.
Les Démons de Marie
Cette BD est déjà ancienne mais elle n'a pas reçu beaucoup d'avis, ce que je trouve dommage. En effet, tout d'abord du fait du thème abordé ; celui de la folie et de la manière de la traiter au XIXème siècle. Je ne sais si l'expérience décrite ici, forcément romancée, a réellement eu lieu, mais elle montre en tout cas bien tous les travers de ce qui pouvait se passer à l'époque alors que la psychiatrie n'en était qu'à ses débuts. Qui dit débuts, dit forcément expérimentations à l'arrache où tout et n'importe quoi pouvait être tenté. Il aura fallu attendre très longtemps, et sous certaines latitudes la situation n'a pas évolué, pour que l'on prenne en compte le fait que derrière la folie il y a des êtres humains. Ici, en plus des aliénés, on croise la trajectoire d'un jésuite en aussi grande forme que ses coreligionnaires plus un policier très frappadingue. Le récit est très bien mené sans trop d'excès, le curé est un peu caricatural et, au travers des yeux de trois enfants "sains", nous déambulons dans un milieu où les éléments sont à l'unisson de l'action. De jolies cases et une belle colorisation font de ce diptyque un très agréable moment de lecture. Ma note vaut donc pour le thème original, l'histoire maîtrisée et de belles images.
Freaks' Squeele
La série Freaks' Squeele se scinde pour moi en 2 parties. Il y a d'abord les 3 premiers tomes qui se déroulent durant la première année d'études de notre trio de protagonistes dans notre université pour futurs super-héros. Puis à partir du 4e tome, les faits se déroulent durant la seconde année de leurs études. Première partie, tome 1 à 3 et premier chapitre du tome 4 : Malgré les avis positifs lus ici et là, j'étais méfiant vis-à-vis de cette série que je craignais un peu trop adolescente. Mais en fait, j'ai eu le coup de cœur très rapidement. C'est un beau cocktail d'influences de la sous-culture pop et otaku : mangas, comics, films, dessins animés, jeux vidéos, les influences et les références sont innombrables mais très bien assimilés et combinés avec beaucoup d'humour et d'efficacité. Ça aurait pu être une parodie humoristique tant les clins d’œil et l'humour sont présents, mais c'est avant tout une chouette histoire d'aventure et de fantastique. On y retrouve d'ailleurs la structure narrative d'un shonen avec son cadre scolaire initial, sa grande galerie de personnages et son déroulement sur plusieurs mois puis plusieurs années nous permettant d'approfondir et de faire évoluer les relations entre protagonistes et les différentes intrigues parallèles. Le graphisme est d'excellente qualité, et encore meilleur à mes yeux dans les planches en couleur. Personnages, décors, scènes d'actions, expressions des visages, design d'ensemble et des costumes, tout est nickel. Et quand on voit la capacité de production de l'auteur qui nous sort un album de plus de 100 pages du même niveau tous les ans, il y a de quoi être impressionné. Je me suis très vite attaché aux personnages, principaux et secondaires. Ils sont variés, amusants et le plus souvent charismatiques ou au moins intéressants. L'ambiance m'a vraiment plu. Très dynamique, elle combine intrigue mystérieuse, action mouvementée et gros délires, tout en restant cohérente et prenante. Il y a aussi une petite touche de romance puisqu'on se demande avec qui les personnages vont finir par sortir. Et puis surtout, c'est drôle, un vrai plaisir de lecture. Seconde partie, tome 4 à 7 : A partir du second ou troisième chapitre du tome 4, il y a un petit saut chronologique amenant nos héros dans leur seconde année d'étude. Et j'ai trouvé que l'ambiance changeait un peu. Ce qui m'a déplu, c'était le sentiment que les trois héros se prenaient tout à coup plus au sérieux, notamment depuis qu'ils avaient dévoilé leurs dons respectifs et avaient acquis une nouvelle réputation. L'auteur semble leur avoir donné une soudaine maturité qui les rend un peu moins sympathiques à mes yeux et je trouve le changement un peu brusque après seulement quelques mois passés dans la chronologie de la série. Les intrigues également gagnent soudain en complexité et en noirceur. Le tome 4 pourrait se résumer à une grosse course-poursuite avec des gentils et des méchants mais ensuite l'intrigue du tome 5 est nettement plus compliquée (et je n'ai pas aimé l'astuce narrative qui le compose et qui fait qu'on se fait au final raconter l'histoire au passé sans y avoir participé directement). Sa continuation dans le 6e tome est là encore assez sombre et complexe, et j'ai trouvé que la narration devenait vraiment embrouillée, donnant un récit trop dense où le lecteur se perd un peu, ou du moins qui m'a moins permis de savourer les moments d'action et d'humour. Pourtant l'humour est toujours bien présent. Il y a beaucoup de moments où j'ai franchement rigolé, dans chacun des tomes en question. Les personnages sont toujours bons et les scénarios sont intéressants. Mais j'ai été moins captivé qu'auparavant, moins sous le charme. Certains moments m'ont même paru rébarbatifs, notamment l'enquête des héros pour retrouver leur mémoire dans le tome 5, la longue explication sur les origines des universités pour héros, puis la succession trop rapide des niveaux des enfers dans le tome 6. Le 7e et dernier tome n'est pas mauvais et apporte une conclusion satisfaisante même si elle met un peu de temps à se mettre en place. Néanmoins, j'aurais aimé qu'elle conserve la simplicité et l'ambiance légère et sans prise de tête des premiers tomes.
Silver Darling
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris. Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit. L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin. Pas mal, donc.
Terre mécanique
Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses. En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous. Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc... Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin. Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état... Vivement conseillable +++++