Ben oui les gars et les filles, elle est enfin là l'Adaptation BD que nous attendions tous nous les amateurs de BD qui en plus ont lu quelques uns des grands classiques de la SF.
A la base un héros pas si manichéen que cela ni aussi bourrin que son compère Conan. Quelqu'un a parlé de Shakespeare, mais il faudrait aussi évoquer Nietzsche. Bon d'accord pas besoin d'avoir fait philo pour lire ça mais c'est pour dire qu'il y a dans cette histoire plus que ce que l'on pourrait imaginer au premier abord.
Scénario très malin qui édulcore le côté emphatique qui pouvait exister dans les romans mais garde tout de même une puissance évidente.
Dessin, couleurs, mise en page et découpage ben pour moi c'est parfait, rien à ajouter.
Cerise sur le gâteau le tome 2 devrait voir le jour au printemps ou à l'été prochain.
Majoration après la sortie ce jour du tome 2 "STORMBRINGER"
Une claque visuelle, une claque scénaristique, une claque artistique. Une vraiment grosse baffe quoi!
Après un premier tome introductif qui nous présentait les différents protagonistes et l'univers dans lequel ils évoluaient les choses sérieuses ont commencé. Avant aussi c'était du sérieux, mais là Elric est véritablement parti en guerre, avec des pouvoirs décuplés, à la recherche de sa bien aimée.
Encore une fois je tire mon chapeau aux auteurs qui ont su magnifier l'oeuvre de Moorcock en lui donnant un corps véritablement tel qu'imaginé par cet auteur. Arrêtons également de dire que c'est une enième histoire déjà vue. Diantre non c'est l'ORIGINAL. C'est une oeuvre qui au même titre que le Seigneur des anneaux est au commencement de l'héroic fantasy. Ce sont tous les autres qui après se sont inspirés, qui ont parfois pompé.
Allez, je ne vais pas faire de long discours, la lecture se suffit à elle même.
Grandiose vous dis-je!
Je n'ai pu lire que les 2 premiers diptyques, j'espère pouvoir lire la suite dès que ma médiathèque aura les autres. Je m'intéresse moins aujourd'hui à la Seconde guerre mondiale en BD (beaucoup plus en ciné), peut-être à cause de toutes les anciennes séries populaires d'aviation ou de guerre que je lisais dans les pockets de mon adolescence. Mais ici, je crie bravo !
C'est une très belle histoire qui dégage une intensité et une grande profondeur. Le récit brasse beaucoup de sentiments, de la colère, de la douleur, du dégoût, de l'espoir aussi, mais surtout une grande émotion ; c'est bien simple, j'avais les yeux humides sur certains passages, j'ai pas honte à le dire. On y entrevoit le spectre hideux de la guerre, notamment la description des horreurs SS photographiées et narrées par Egon qui est un moment particulièrement pénible, mais sinistrement vrai.
Ce petit groupe de personnages planqués dans une ferme enneigée est très attachant, ils sont particulièrement bien travaillés, l'ensemble est d'une grande justesse et d'une très grande précision dans les détails, Jarbinet ayant fait un travail de fond et de recherche très poussé. Son dessin est absolument magnifique, j'aime le beau dessin quand il est comme ça, il est beaucoup plus fignolé, son style s'étant grandement amélioré depuis Mémoire de cendres, on dirait presque du Hermann. En tout cas, ça impose un visuel de toute beauté.
Le second diptyque est aussi bon en intensité dramatique, et la narration est très juste ; il souffre juste un peu de quelques détails, comme certaines "retrouvailles" un peu trop faciles. Sinon, l'image du bonheur du début si paisible entre la plage de Vierville et la pointe du Hoc (lieux que je connais et qui sont aujourd'hui très touristiques) contraste fortement avec les scènes du Débarquement d'une rare violence, qui renvoient à celles en ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan. Le point de vue allemand avec le jeune Markus et le vétéran Hans qui hait la guerre, est également intéressant, ils ne sont pas tellement différents des GI's américains, ce sont tous des soldats ordinaires qui subissent. Ce diptyque fait aussi bien comprendre l'absurdité et la vacuité de la guerre, la seule chose qui compte, c'est de survivre.
Au final, une Bd très forte, très prenante... des histoires comme ça, j'en redemande.
A ce stade les mots sont un peu fades pour dire tout le bien que je pense de cette trilogie. En premier lieu une histoire digne de la Bretagne du XIXème siècle avec son cortège de figures imposées: le curé du village, le noble en son vieux château, un petit port de pêche et ses habitants qui découvrent la modernité mais dont l'esprit est encore empreint d'une culture millénaire habitée de vieilles légendes faisant intervenir des créatures merveilleuses pas toujours bienveillantes.
En deuxième une grande et belle histoire d'amour, une malédiction qui nous emmène jusqu'en Inde, des Korrigans et la mer avec ses créatures que tous marins qui se respectent ne moqueraient pour rien au monde.
C'est ici parfaitement retranscrit et bien sûr le dessin fluide et aérien de Prugne n'y est pas pour rien. On y est! et l'envoûtement fait son office. A lire ou relire au coin du feu, si l'on peut, avec une bouteille de chouchen à portée de la main.
Indéniablement nous sommes ici dans un roman noir dans la plus pure tradition, mais en même temps dans une sorte de chronique sociale comme aimait à en dépeindre Chabrol dans ses films. Au delà de l'histoire écrite par Manchette c'est toute la petite bourgeoisie minable d'une ville de province qu'il nous est donnée d'observer. Tout ce petit monde tourne en vase clos. Surtout ne nous occupons pas des pauvres sauf à les exploiter! Tout ces travers, ces veuleries, ces compromissions, ces petits arrangements entre amis ne demandent pas grand chose, juste une petite étincelle provoquée par l'héroine. Manchette dans son histoire nous amène doucement à prendre fait et cause pour elle et l'on en vient à trouver une justification presque morale à ses actes immoraux.
Dans son passage à la BD le scénario est particulièrement bien maitrisé, la tension monte peu à peu, avec quelques plages de tranquillité, et le final est assez réjouissant.
La mise en image est tout à fait a mon goût avec une colorisation particulièrement réussit même dans les ambiances de nuit. Celles ci restent très lisibles, certains devraient en prendre de la graine.
Achat très conseillé pour les amateurs de polars et de Chabrol, les autres pourrait y trouver leur compte.
Après la lecture des trois premiers tomes, je vais aller dans le sens des avis précédents, à savoir que nous avons là du très bon pour une série qui n'est pas tant de la SF, mais plutôt un récit d'anticipation. En effet, à y regarder de plus près, tout ce qui est décrit ici existe déjà, de manière larvée parfois, et c'est ce qui à mon sens est une des forces de cette histoire. Dans ce Las Vegas, ce Disneyland, les personnages se croisent, interagissent entre eux de manière magistrale grâce à un scénario très prenant et parfaitement maîtrisé. Et puis quel dessin! Mr Ricci nous gratifie de pages sublimes, très fouillées. A mon sens il est encore meilleur que sur Les Ames d'Hélios qui déjà atteignaient un niveau plus que bon. Beaucoup de trouvailles (j'aime beaucoup le clin d'oeil quand un personnage déguisé en Flash se fait prendre au piège du nettoyage des arrières cours, pas assez rapide petit scarabée!).
Si les deux tomes restant sont du même niveau, il faudra sans doute hausser la note. Déjà immanquable, peut être bientôt culte.
Solo est la bonne surprise de la rentrée, Oscar Martin dessinateur espagnol réalise seul une BD d’excellente facture.
L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique où les espèces animales survivantes possèdent des caractéristiques physiques parfois proches de celles des hommes.
Solo rat philosophe très habile et courageux tente de survivre dans ce monde effroyable et agressif, la règle essentielle de survie étant la méfiance. Solo a un charisme fou, un incroyable don pour gérer l’essentiel dans les situations difficiles, une intelligence très affûtée et une volonté de survivre sans faille.
Le scénario est prenant et bien rythmé. Solo, héros de haut vol, donne le cachet nécessaire pour placer cette BD dans les incontournables de cette rentrée (à mon humble avis).
Le dessin très bien travaillé est agréable et dynamique. Oscar Martin exprime ici tout son talent.
Ce n'est pas franchement le type de dessin que je préfère mais il faut savoir aussi aller à la découverte de nouveaux horizons. Sur ce coup là bien m'en a pris et je ne regrette pas du tout ma lecture qui m'a fait découvrir un univers très particulier. Tout d'abord l'idée de base m'a bien séduit. Cette expédition qui recherche des traces d'un passé dont elle ne sait pratiquement rien et qui en suivant les indications de vieilles cartes tombe sur le musée du Louvre enseveli. Super ! mais c'est surtout la découverte des oeuvres exposées qui permet à l'auteur de montrer beaucoup d'humour, notamment avec les interprétations que les explorateurs font de notre monde passé. En se basant sur les tableaux et les sculptures ils en déduisent un mode de vie savoureux.
Je conseille vivement ce one shot qui est aussi une réflexion sur l'art, la manière dont nos sociétés le conçoivent, comment il faut l'aborder. Mais attention cela n'est pas un pensum pour intellos. C'est drôle, instructif, franchement bien quoi!
Je rejoins l’avis de mes prédécesseurs sur cet album aux multiples qualités amputé d’une véritable fin qui laisse sur notre faim.
Le récit, qui se base sur des faits historiques surprenants, est très agréable à lire. La narration est légère, enjouée, amusante sans que cela dénature les propos plutôt sombres. En effet, l’histoire relate l’intégration forcée de colosses au corps d’élite de Frédéric-Guillaume 1er de Prusse. On suit la destinée d’un géant irlandais arraché à sa terre natale pour servir l’empereur mégalomane. La lecture est prenante et on s’attache à cette armoire à glace irlandaise qui essaye de tirer avantage à cette situation contrainte. Mais le final est brutal et vient gâcher quelque peu une lecture qui éveillait jusque alors un intérêt rare. C’est dommage. On pourrait croire (espérer) à une suite mais rien ne le stipule nulle part. Côté dessin, le trait est rudimentaire mais d’une redoutable efficacité et sublimé par une colorisation aux teintes diluées.
Ce one shot a le mérite de s’attarder sur un fait méconnu de l’Histoire et sa lecture se révèle prenante. Mais le final abrupte laisse le lecteur dubitatif.
C'est sans aucun doute la meilleure série érotique que j'ai lue jusqu'à présent. Non seulement Annie et les autres filles dénudées (j'aime bien sa copine nympho) sont très sexy et donc le coté émoustillant est réussi, mais en plus j'aime le scénario !
Dans ses histoires courtes, Harvey Kurtzman se moque de la société américaine et il va parfois très loin (il y a notamment un groupe de suprématistes noirs qui se retrouvent avec un vieux matériel de guerre nazi) et personne ne semble échapper à la satire de ce grand scénariste ! Évidemment, il y a des références que les jeunes lecteurs ne pourraient pas comprendre et heureusement chaque tome se termine avec un dossier qui replace les histoires dans leur contexte. C'est très instinctif et c'est un excellent bonus.
Le dessin est élégant avec des filles sexy (le minimum que je demande pour une bande dessinée érotique) et des couleurs très belles.
Que dire qui n'ait été déjà dit ? Voilà une série mythique qui nous a offert le meilleur. Les premiers albums ont encore beaucoup de texte et peuvent rebuter un jeune lectorat aussi je conseillerais des cycles plus récents pour débuter. Il n'empêche, ce premier cycle de cinq albums, c'est quand même du tout bon. A ce propos je ne peux que penser aux soirées du ciné club ou à la dernière séance ou l'on voyait ces westerns de la belle époque. Nous étions chez Blueberry !
Les auteurs ont réussi a créer une véritable ambiance qui retranscrit cette époque. D'accord je n'y étais pas, mais ils arrivent pas un je-ne-sais-quoi de magique à nous faire rentrer dedans. On marche dans la neige avec les Indiens, on transpire dans les Mesas, on sent l'odeur du saloon, je pourrais dérouler les exemples à l'infini mais je crois que ça s'appelle juste le talent.
Alors que dire sinon que les scénarios sont parfaits, voir "La mine de l'allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or", en fait tous !
Et puis le dessin qui transcende les mots du scénariste. Les gueules sont géniales !
Je m'arrête là, et simplement un immense, véritable, grand et sincère merci pour toutes les heures fabuleuses que j'ai passées en vous lisant. Et je vous relirai !
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Elric (Glénat)
Ben oui les gars et les filles, elle est enfin là l'Adaptation BD que nous attendions tous nous les amateurs de BD qui en plus ont lu quelques uns des grands classiques de la SF. A la base un héros pas si manichéen que cela ni aussi bourrin que son compère Conan. Quelqu'un a parlé de Shakespeare, mais il faudrait aussi évoquer Nietzsche. Bon d'accord pas besoin d'avoir fait philo pour lire ça mais c'est pour dire qu'il y a dans cette histoire plus que ce que l'on pourrait imaginer au premier abord. Scénario très malin qui édulcore le côté emphatique qui pouvait exister dans les romans mais garde tout de même une puissance évidente. Dessin, couleurs, mise en page et découpage ben pour moi c'est parfait, rien à ajouter. Cerise sur le gâteau le tome 2 devrait voir le jour au printemps ou à l'été prochain. Majoration après la sortie ce jour du tome 2 "STORMBRINGER" Une claque visuelle, une claque scénaristique, une claque artistique. Une vraiment grosse baffe quoi! Après un premier tome introductif qui nous présentait les différents protagonistes et l'univers dans lequel ils évoluaient les choses sérieuses ont commencé. Avant aussi c'était du sérieux, mais là Elric est véritablement parti en guerre, avec des pouvoirs décuplés, à la recherche de sa bien aimée. Encore une fois je tire mon chapeau aux auteurs qui ont su magnifier l'oeuvre de Moorcock en lui donnant un corps véritablement tel qu'imaginé par cet auteur. Arrêtons également de dire que c'est une enième histoire déjà vue. Diantre non c'est l'ORIGINAL. C'est une oeuvre qui au même titre que le Seigneur des anneaux est au commencement de l'héroic fantasy. Ce sont tous les autres qui après se sont inspirés, qui ont parfois pompé. Allez, je ne vais pas faire de long discours, la lecture se suffit à elle même. Grandiose vous dis-je!
Airborne 44
Je n'ai pu lire que les 2 premiers diptyques, j'espère pouvoir lire la suite dès que ma médiathèque aura les autres. Je m'intéresse moins aujourd'hui à la Seconde guerre mondiale en BD (beaucoup plus en ciné), peut-être à cause de toutes les anciennes séries populaires d'aviation ou de guerre que je lisais dans les pockets de mon adolescence. Mais ici, je crie bravo ! C'est une très belle histoire qui dégage une intensité et une grande profondeur. Le récit brasse beaucoup de sentiments, de la colère, de la douleur, du dégoût, de l'espoir aussi, mais surtout une grande émotion ; c'est bien simple, j'avais les yeux humides sur certains passages, j'ai pas honte à le dire. On y entrevoit le spectre hideux de la guerre, notamment la description des horreurs SS photographiées et narrées par Egon qui est un moment particulièrement pénible, mais sinistrement vrai. Ce petit groupe de personnages planqués dans une ferme enneigée est très attachant, ils sont particulièrement bien travaillés, l'ensemble est d'une grande justesse et d'une très grande précision dans les détails, Jarbinet ayant fait un travail de fond et de recherche très poussé. Son dessin est absolument magnifique, j'aime le beau dessin quand il est comme ça, il est beaucoup plus fignolé, son style s'étant grandement amélioré depuis Mémoire de cendres, on dirait presque du Hermann. En tout cas, ça impose un visuel de toute beauté. Le second diptyque est aussi bon en intensité dramatique, et la narration est très juste ; il souffre juste un peu de quelques détails, comme certaines "retrouvailles" un peu trop faciles. Sinon, l'image du bonheur du début si paisible entre la plage de Vierville et la pointe du Hoc (lieux que je connais et qui sont aujourd'hui très touristiques) contraste fortement avec les scènes du Débarquement d'une rare violence, qui renvoient à celles en ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan. Le point de vue allemand avec le jeune Markus et le vétéran Hans qui hait la guerre, est également intéressant, ils ne sont pas tellement différents des GI's américains, ce sont tous des soldats ordinaires qui subissent. Ce diptyque fait aussi bien comprendre l'absurdité et la vacuité de la guerre, la seule chose qui compte, c'est de survivre. Au final, une Bd très forte, très prenante... des histoires comme ça, j'en redemande.
L'Auberge du Bout du Monde
A ce stade les mots sont un peu fades pour dire tout le bien que je pense de cette trilogie. En premier lieu une histoire digne de la Bretagne du XIXème siècle avec son cortège de figures imposées: le curé du village, le noble en son vieux château, un petit port de pêche et ses habitants qui découvrent la modernité mais dont l'esprit est encore empreint d'une culture millénaire habitée de vieilles légendes faisant intervenir des créatures merveilleuses pas toujours bienveillantes. En deuxième une grande et belle histoire d'amour, une malédiction qui nous emmène jusqu'en Inde, des Korrigans et la mer avec ses créatures que tous marins qui se respectent ne moqueraient pour rien au monde. C'est ici parfaitement retranscrit et bien sûr le dessin fluide et aérien de Prugne n'y est pas pour rien. On y est! et l'envoûtement fait son office. A lire ou relire au coin du feu, si l'on peut, avec une bouteille de chouchen à portée de la main.
Fatale (Manchette/Cabanes)
Indéniablement nous sommes ici dans un roman noir dans la plus pure tradition, mais en même temps dans une sorte de chronique sociale comme aimait à en dépeindre Chabrol dans ses films. Au delà de l'histoire écrite par Manchette c'est toute la petite bourgeoisie minable d'une ville de province qu'il nous est donnée d'observer. Tout ce petit monde tourne en vase clos. Surtout ne nous occupons pas des pauvres sauf à les exploiter! Tout ces travers, ces veuleries, ces compromissions, ces petits arrangements entre amis ne demandent pas grand chose, juste une petite étincelle provoquée par l'héroine. Manchette dans son histoire nous amène doucement à prendre fait et cause pour elle et l'on en vient à trouver une justification presque morale à ses actes immoraux. Dans son passage à la BD le scénario est particulièrement bien maitrisé, la tension monte peu à peu, avec quelques plages de tranquillité, et le final est assez réjouissant. La mise en image est tout à fait a mon goût avec une colorisation particulièrement réussit même dans les ambiances de nuit. Celles ci restent très lisibles, certains devraient en prendre de la graine. Achat très conseillé pour les amateurs de polars et de Chabrol, les autres pourrait y trouver leur compte.
Urban
Après la lecture des trois premiers tomes, je vais aller dans le sens des avis précédents, à savoir que nous avons là du très bon pour une série qui n'est pas tant de la SF, mais plutôt un récit d'anticipation. En effet, à y regarder de plus près, tout ce qui est décrit ici existe déjà, de manière larvée parfois, et c'est ce qui à mon sens est une des forces de cette histoire. Dans ce Las Vegas, ce Disneyland, les personnages se croisent, interagissent entre eux de manière magistrale grâce à un scénario très prenant et parfaitement maîtrisé. Et puis quel dessin! Mr Ricci nous gratifie de pages sublimes, très fouillées. A mon sens il est encore meilleur que sur Les Ames d'Hélios qui déjà atteignaient un niveau plus que bon. Beaucoup de trouvailles (j'aime beaucoup le clin d'oeil quand un personnage déguisé en Flash se fait prendre au piège du nettoyage des arrières cours, pas assez rapide petit scarabée!). Si les deux tomes restant sont du même niveau, il faudra sans doute hausser la note. Déjà immanquable, peut être bientôt culte.
Solo (Martin)
Solo est la bonne surprise de la rentrée, Oscar Martin dessinateur espagnol réalise seul une BD d’excellente facture. L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique où les espèces animales survivantes possèdent des caractéristiques physiques parfois proches de celles des hommes. Solo rat philosophe très habile et courageux tente de survivre dans ce monde effroyable et agressif, la règle essentielle de survie étant la méfiance. Solo a un charisme fou, un incroyable don pour gérer l’essentiel dans les situations difficiles, une intelligence très affûtée et une volonté de survivre sans faille. Le scénario est prenant et bien rythmé. Solo, héros de haut vol, donne le cachet nécessaire pour placer cette BD dans les incontournables de cette rentrée (à mon humble avis). Le dessin très bien travaillé est agréable et dynamique. Oscar Martin exprime ici tout son talent.
Période Glaciaire
Ce n'est pas franchement le type de dessin que je préfère mais il faut savoir aussi aller à la découverte de nouveaux horizons. Sur ce coup là bien m'en a pris et je ne regrette pas du tout ma lecture qui m'a fait découvrir un univers très particulier. Tout d'abord l'idée de base m'a bien séduit. Cette expédition qui recherche des traces d'un passé dont elle ne sait pratiquement rien et qui en suivant les indications de vieilles cartes tombe sur le musée du Louvre enseveli. Super ! mais c'est surtout la découverte des oeuvres exposées qui permet à l'auteur de montrer beaucoup d'humour, notamment avec les interprétations que les explorateurs font de notre monde passé. En se basant sur les tableaux et les sculptures ils en déduisent un mode de vie savoureux. Je conseille vivement ce one shot qui est aussi une réflexion sur l'art, la manière dont nos sociétés le conçoivent, comment il faut l'aborder. Mais attention cela n'est pas un pensum pour intellos. C'est drôle, instructif, franchement bien quoi!
Les Grands Soldats
Je rejoins l’avis de mes prédécesseurs sur cet album aux multiples qualités amputé d’une véritable fin qui laisse sur notre faim. Le récit, qui se base sur des faits historiques surprenants, est très agréable à lire. La narration est légère, enjouée, amusante sans que cela dénature les propos plutôt sombres. En effet, l’histoire relate l’intégration forcée de colosses au corps d’élite de Frédéric-Guillaume 1er de Prusse. On suit la destinée d’un géant irlandais arraché à sa terre natale pour servir l’empereur mégalomane. La lecture est prenante et on s’attache à cette armoire à glace irlandaise qui essaye de tirer avantage à cette situation contrainte. Mais le final est brutal et vient gâcher quelque peu une lecture qui éveillait jusque alors un intérêt rare. C’est dommage. On pourrait croire (espérer) à une suite mais rien ne le stipule nulle part. Côté dessin, le trait est rudimentaire mais d’une redoutable efficacité et sublimé par une colorisation aux teintes diluées. Ce one shot a le mérite de s’attarder sur un fait méconnu de l’Histoire et sa lecture se révèle prenante. Mais le final abrupte laisse le lecteur dubitatif.
Little Annie Fanny
C'est sans aucun doute la meilleure série érotique que j'ai lue jusqu'à présent. Non seulement Annie et les autres filles dénudées (j'aime bien sa copine nympho) sont très sexy et donc le coté émoustillant est réussi, mais en plus j'aime le scénario ! Dans ses histoires courtes, Harvey Kurtzman se moque de la société américaine et il va parfois très loin (il y a notamment un groupe de suprématistes noirs qui se retrouvent avec un vieux matériel de guerre nazi) et personne ne semble échapper à la satire de ce grand scénariste ! Évidemment, il y a des références que les jeunes lecteurs ne pourraient pas comprendre et heureusement chaque tome se termine avec un dossier qui replace les histoires dans leur contexte. C'est très instinctif et c'est un excellent bonus. Le dessin est élégant avec des filles sexy (le minimum que je demande pour une bande dessinée érotique) et des couleurs très belles.
Blueberry
Que dire qui n'ait été déjà dit ? Voilà une série mythique qui nous a offert le meilleur. Les premiers albums ont encore beaucoup de texte et peuvent rebuter un jeune lectorat aussi je conseillerais des cycles plus récents pour débuter. Il n'empêche, ce premier cycle de cinq albums, c'est quand même du tout bon. A ce propos je ne peux que penser aux soirées du ciné club ou à la dernière séance ou l'on voyait ces westerns de la belle époque. Nous étions chez Blueberry ! Les auteurs ont réussi a créer une véritable ambiance qui retranscrit cette époque. D'accord je n'y étais pas, mais ils arrivent pas un je-ne-sais-quoi de magique à nous faire rentrer dedans. On marche dans la neige avec les Indiens, on transpire dans les Mesas, on sent l'odeur du saloon, je pourrais dérouler les exemples à l'infini mais je crois que ça s'appelle juste le talent. Alors que dire sinon que les scénarios sont parfaits, voir "La mine de l'allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or", en fait tous ! Et puis le dessin qui transcende les mots du scénariste. Les gueules sont géniales ! Je m'arrête là, et simplement un immense, véritable, grand et sincère merci pour toutes les heures fabuleuses que j'ai passées en vous lisant. Et je vous relirai !