Parler de la maladie avec humour est un exercice difficile, et beaucoup s'y sont essayé, pas toujours avec bonheur.
Patfawl, lui-même handicapé sévèrement, a décidé d'en parler avec son arme préférée, la dérision, qui peut devenir auto-dérision en un rien de temps. le résultat est d'une grande fraîcheur, débridée et sans tabous. Il faut dire qu'il est jeune, plein de sève et de talent. Certes, on pourra arguer que son style graphique est simple, presque enfantin, mais l'intérêt n'est pas là, plutôt dans les dialogues, les situations et les expressions, et sur ce plan Patfawl s'en sort plutôt bien. Il y a juste deux ou trois gags que je n'ai pas compris, mais l'ensemble est vraiment sympathique, et peut permettre à de nombreux lecteurs potentiels, malades et inquiets, de décompresser et dédramatiser un peu. Et c'est salvateur.
Merci, Patfawl.
Avis partagé sur cette série dont les deux premiers tomes m’avaient enthousiasmé à leur sortie. Dessin léché, scénario de sf classique (l’enfant rebelle envoyée en mission sur une planète éloignée par sa famille, histoire de s’aguerrir et de gagner en maturité – mais ce scénario ira en se complexifiant au fil des tomes), langage travaillé (expressions folkloriques mais aussi noms de famille à la structure originale), faune riche en profondeur, univers multiple et sensualité à fleur de peau.
Après deux tomes, j’étais donc conquis. Malheureusement, les tomes suivants allaient quelque peu me refroidir. Le troisième était encore agréable à lire quoique déjà bien plus simpliste (de prime abord) tandis que les deux suivants me donnaient le sentiment que l’auteur s’égarait dans un délire difficilement compréhensible.
Et puis vient le dernier tome. Un tome qui explique et donne tout son sens aux deux précédents, qui apporte un nouvel éclairage sur le tome 3 et qui est parfaitement cohérent avec les deux premiers. C’est vraiment du grand œuvre !
Il n’empêche qu’à la relecture, j’ai quand même dû me forcer sur les tomes 4 et 5. Ils ne me plaisent pas, même si ils permettent ce superbe final. C’est trop embrouillé, trop nébuleux sur le moment même. Et c’est la raison pour laquelle j’hésite tant dans ma cote entre le 4/5 et le 3/5.
J’opte pour le 3/5 avec coup de cœur (spécialement dédié aux deux premiers tomes et au tome conclusif) et je vous invite à lire cette série jusqu’à son terme même si, comme moi, vous éprouviez un sentiment de lassitude sur les tomes 4 et 5.
Planète Hulk est la meilleure histoire de Hulk que j'ai lue (avec Ultimate Wolverine Vs Hulk), je parle bien sûr de l'histoire entière en 2 tomes. Je trouve l'idée du scénario excellente, on ne s'ennuie pas une seconde, l'histoire est bourrée d'action et de rebondissements, avec plein de personnages attachants. En lisant Planète Hulk on a beaucoup de mal à ne pas penser à Spartacus tant les histoires se ressemblent, mais pour ceux qui ne sont pas fans des péplum je vous rassure moi non plus c'est pas ma tasse de thé.
Au niveau de la qualité des dessins c'est variable, il y a du bon, et du moins bon. La majeure partie du 1er tome est bien dessiné, par le dessinateur Carlo Pagulayan qui est excellent, avec l'aide de Jae Lee autre dessinateur de talent. Pour les dessins un peu moins bons ça ne gâche en rien le plaisir de lire le comic.
Pour le tome 2 au niveau du dessin il y a toujours le formidable Carlo Pagulayan qui dessine la majorité de l'histoire, avec un nouveau collègue car le reste des dessinateurs a changé, et c'est pas plus mal car c'est l'incroyable dessinateur Gary Frank qui a rejoint l'équipe, qui dessine quasiment le reste du run avec d'autres dessinateurs que je ne connais pas, mais visuellement le tome 2 est beaucoup mieux réussi que le 1er.
Donc si vous êtes fan de Hulk, Planète Hulk, tome 1 et 2, est à lire obligatoirement, et si vous êtes juste fan de comics, Planète Hulk est un comic incontournable.
Voilà ce que j'appelle une claque scénaristique ! 60 épisodes répartis en 10 volumes chez Vertigo et quel plaisir ! Si un jour on m'avait dit que moi qui ai été biberonné à Lucky Luke et Astérix, j'en viendrais à autant apprécier un comics, je l'aurais pas cru.
C'est violent, c'est dur, c'est âpre, cru, cynique et finalement très sombre. Les auteurs ne font pas de concession et décrivent un monde finalement sans espoir. De retour dans sa réserve natale, Dash Bad Horse, est confronté au parrain local qui sous couvert de redonner du lustre à la tribu d'autrefois ne fait que la mettre sous sa coupe. Plus qu'un polar, c'est la description d'un monde qui se meurt et malgré les coups fourrés des uns et des autres l'on assiste à sa lente mais sûre agonie.
Scénariste, Jason Aaron ; ce type connait son affaire, les premiers tomes démarrent très fort et nous placent d'entrée dans cette réserve de Prairie Rose. Le décor est planté, pratiquement tous les personnages que nous verront dans l'histoire sont là et après ces trois tomes l'on sent bien toute l'intensité dramatique que la suite nous réserve. Puis l'auteur décide de prendre son temps, l'on suit plus particulièrement certains personnages. Ce procédé qui pourrait être lourd est ici habilement exploité et ne fait que renforcer l'intérêt pour l'intrigue. En mêlant astucieusement passé, présent et histoires multiples, l'auteur sait parfaitement retomber sur ses pieds pour que l'ensemble converge vers un final qui oublie toute mièvrerie ou happy-end grotesque.
A part le personnage de Mamie, tous sont pourris jusqu'à la moelle ou tout du moins sans espoir de rédemption et cela marche. Ces vilains sont tellement authentiques, si peu caricaturaux que l'on adhère à ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Attention cela ne veux pas dire pour autant que l'on soit d'accord mais nous sommes aider par ces forts caractères à comprendre pourquoi ils agissent de telle façon.
Le dessin de R.M. Guéra est particulier, tout en traits assez gras, il dégage une puissance plutôt phénoménale toute en tension qui colle parfaitement au propos. Sur certains épisodes d'autres dessinateurs officient mais cela ne gâte pas les choses.
Scénario impeccablement huilé, riche, complexe sans être illisible, cette implacable histoire de descente aux enfers mérite amplement le détour. Pour moi une découverte rare.
Ce récit s’est révélé pour moi une œuvre majeure de la bande dessinée d’investigation. Il relate de la manière la plus fidèle possible le voyage d’une journaliste belge et de son cameraman au cœur même de l’Afghanistan, dans le village d’un chef de guerre qui a combattu les Talibans.
Je crois sa lecture salutaire et je serais d’avis de l’imposer dans nos écoles pour permettre aux jeunes de comprendre toute la complexité de la situation dans les rapports Orient/Occident. En quelques pages, les auteurs nous font comprendre pourquoi nous sommes en train de perdre cette guerre face à la radicalisation… et principalement de la faute de nos propres dirigeants.
« Nous créons nos propres monstres » a été ma pensée première en refermant ce livre, et c’est vrai que ce que nous raconte Pascale Bourgaux est consternant, entre cette employée de l’Otan incapable de s’adapter aux us d’un pays musulman et ce directeur d’école afghan, maudissant les Américains et incapable d’en reconnaitre le drapeau sur la liste des donateurs qui ont financé son école. Il y a un tel gouffre d’incompréhension, un tel décalage entre les envies de tous de vivre simplement en paix et la manière dont les efforts de beaucoup sont détournés au profit de quelques-uns. Et cette difficulté si humaine de reconnaitre ses torts ! C’est rageant, c’est consternant, c’est déprimant, c’est révoltant… c’est tellement vrai !
Inutile d’en dire plus. Pour moi, c’est vraiment un récit à lire. Et même si le style graphique n’est pas à mon goût (trop proche de la peinture), et bien d’une part, je m’en fiche face à la force du propos et, d’autre part, il offre quand même un magnifique tableau sur une grande illustration d’un Afghan dansant, une mitraillette posée à ses pieds.
Que voilà une bd rafraîchissante, ou comment adopter un ton léger pour aborder les horreurs de la première grande guerre. Certains y verront un ton irrespectueux, personnellement, ayant beaucoup voyagé et vu de mes propres yeux quelques atrocités, je vais le dire franchement, ça fait du bien de voir que l'on peut trouver à sourire et des bons mots dans l'ambiance des tranchées. Proche de la réalité sans pour autant retranscrire l'ambiance qui devait être pesante, odorante et franchement pas hygiénique pour ne pas dire plus, la série aborde la petite histoire dans la grande en s'attachant à ce groupe de poilus. Bichette et Salopiot sont la touche d'humour alors que les soldats tentent de préserver ce qu'il leur reste d'humanité au milieu de tant d'absurdité. J'augmenterai sans doute ma note à 4/5 si la série continue sur sa lancée. Négligeant le côté action, on ne s'ennuie pas pour autant à la lecture des différents opus qui bien que lisibles comme des one shot, s'inscrivent dans une continuité. Je recommanderai également cette série à un public plus jeune et moins mâture, question de leur faire découvrir en douceur la profondeur de la stupidité humaine.....Comme quoi on peut rire de tout et avec délicatesse. Bien pensé et dans la veine de Joyeux Noël, nous voilà devant des hommes confrontés à une situation inhumaine et absurde, d'où la possibilité du ton humoristique (selon moi). Un coup de coeur pour l'instant, reste à voir où l'h/Histoire va nous emmener.
Trio Grande avait habilement réutilisé certains codes du western pour lui insuffler une nouvelle vie. Une partie de la même équipe (Lamy, Vatine, Rabarot) permet quelques années après à Delcourt de publier une nouvelle grande réussite du genre. Mon seul regret est que ce tome était annoncé comme le premier d’une série, et n’est hélas resté qu’un one shot.
C’est que c’est vraiment encore une belle réussite. A la frontière mexicaine, durant la guerre civile entre Maximilien et les Juaristes, quelques coups tordus opposent un officier français (peintre et citant Victor Hugo à tire larigot !) à la tête d’un régiment, un chef juariste tentant de faire cavalier seul, un cowboy revanchard (Wayne Redlake donc), et une improbable beauté à la fragilité finalement pas si évidente que ça…
Comme pour Trio Grande, on est dans une ambiance spaghetti, violente (ça tire, ça saute et ça saigne de partout), avec des répliques où bons mots et humour font bon ménage. Le dessin de Lamy a évolué depuis l’album précédemment cité, il est ici plus réaliste. Mais tout aussi bon, voire même meilleur ! Les cadrages – très cinématographiques, sont parfaits.
C’est vraiment réussi et original (à comparer pour la même période et dans un genre de western différent avec le cycle mexicain de Blueberry, ou certains Mac Coy).
Vatine ratera la passe de trois avec le nettement plus faible Angela chez le même éditeur, mais il n’était qu’aux dessins. Delcourt a produit plus récemment une nouvelle série western très réussie avec L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu.
En tout cas, ce « 500 fusils » est un album qui ravira tous les amateurs du genre, même ceux qui croyaient être blasés !
Par rapport à sa date de sortie je suis très en retard pour émettre un avis sur cette BD, mais la valeur n'attendant pas le nombre des années c'est avec un réel plaisir que je donne ce "franchement bien".
J'ai vu que d'autres lecteurs cherchaient à savoir le lieu et l'époque où se déroulait ce récit. Est-ce vraiment important ? Ce qui s'offre à nous ici est intemporel, c'est un conte. Certes il n'est pas le plus original du monde, mais il dit ce que disent tous les autres ; il aide les plus jeunes à affronter leurs peurs, à se confronter à ce délicat passage qui nous fait abandonner l'enfance et tout son cortège de merveilleux, il aide à ne plus avoir peur du loup, ou en tout cas un peu moins.
Graphiquement c'est très beau, ces lavis en dégradés de noir et blanc sont parfaits. La petite note de rouge qui n'est pas placée n'importe où renforce les images où elle est utilisée et participe à la dramaturgie du récit. La forêt, élément important de l'histoire est magnifiquement rendue.
Voilà donc une BD visuellement très belle, qui possède un climat, une atmosphère réellement féerique, même si ici il n'en est pas question, que tous les amateurs de contes se doivent de posséder.
La Guerre du Feu figure parmi les premiers grands romans que j'ai lu dans mon adolescence, avec Ivanhoë et quelques autres, aussi le lire en BD m'attirait beaucoup, au risque d'être déçu, mais sachant ensuite que c'était Roudier qui s'en chargeait, je n'avais plus aucun doute. J'avais déjà beaucoup apprécié Vo'Hounâ avec son approche sérieuse d'une saga préhistorique. Ce gars est un véritable passionné de paléontologie et d'archéologie, lui seul pouvait aborder ce roman culte de J.H. Rosny-Aîné qui pour beaucoup de passionnés de préhistoire, reste LE roman classique "préhistorique" par excellence.
Le résultat est formidable parce que Roudier n'a cherché qu'à rendre hommage au classique en faisant des concessions sur la vérité scientifique acquise par les découvertes contemporaines. D'où une adaptation scrupuleuse qui suit presque le texte à la lettre, notamment la première phrase : "les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable" qui reste dans la mémoire.. Roudier a repris aussi des pans entiers du texte original et des dialogues qui couplés à la force de l'écriture et à la puissance du récit, donnent une authenticité et un impact incroyables à cette Bd qui hésite entre la fresque darwinienne et la pure épopée.
Ce roman véhicule tant d'images fortes, sans compter celles apportées par le film de J.J. Annaud qu'il fallait une forte volonté pour adapter ce classique ; mais conforté par ses autres Bd préhistoriques, Roudier a pu relever le défi haut la main en étant extrêmement fidèle, mis à part quelques séquences condensées pour une meilleure linéarité.
Le début et certains passages sont assez bavards et peuvent surprendre les lecteurs néophytes au monde préhistorique, qui peuvent penser que ces hommes primitifs sont un peu trop érudits, mais dans le roman, Rosny-Aîné avait pris le parti de faire parler ses personnages en un langage idéalisé et poétique, contrairement au film d'Annaud ; Roudier opte aussi pour ce choix.
La partie graphique est tout aussi sensationnelle, Roudier a fait un bel effort d'amélioration depuis Vo'Hounâ, et livre de très belles pages, avec des combats d'animaux stupéfiants, tel celui des aurochs et des mammouths dans le tome 1.
Une splendide adaptation qui immerge en plein dans cette préhistoire fascinante, révélant avant tout une série de fantasmes et de réflexions sur ce lointain passé ; une lecture indispensable pour tout passionné d'aventure.
Le western est un de mes genres BD préférés. Et entre certains grands classiques réalistes (comme Blueberry) ou comiques (comme Lucky Luke) beaucoup d’auteurs ont eu du mal à trouver leur place et à renouveler un peu le genre.
Et bien dans les années 1990, Delcourt a accueilli quelques pépites du genre, dont ce plus que jouissif « Trio Grande ».
Dans cet album tout est exagéré, du dessin (Lamy allonge corps et trognes à l’envie) à l’intrigue de Vatine et Clément, qui part dans tous les sens (comme les coups de feu et les répliques d’ailleurs !).
On est dans un univers spaghetti. S’il y a eu des bons, ils ne le sont plus. Ne restent plus que des brutes et des truands. La gente féminine (une belle brune et une belle blonde, il y en a pour tous les goûts : mais elles sont toutes les deux réussies !) n’est pas en reste. Un peu de jalousie pimente les histoires de vengeance ou les hold-up. C’est donc assez violent (le très classique duel dans la grande rue voit s’opposer deux femmes – dont une armée d’une mitrailleuse !?).
C’est donc très vivant – les flash-backs relient entre eux les divers protagonistes (peu de temps avant qu’ils ne meurent, parfois par fratrie entière…), et parfois drôle.
La fin, en forme de happy-end, détourne quelque peu les codes machistes du western !
Une grande réussite que tout amoureux du western se doit de lire – et d’avoir dans sa BDthèque. A noter qu’une partie de l’équipe de « Trio Grande » va très brillamment récidiver quelques années plus tard avec Wayne Redlake, et un peu moins bien avec Angela chez le même éditeur.
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Carnet de santé
Parler de la maladie avec humour est un exercice difficile, et beaucoup s'y sont essayé, pas toujours avec bonheur. Patfawl, lui-même handicapé sévèrement, a décidé d'en parler avec son arme préférée, la dérision, qui peut devenir auto-dérision en un rien de temps. le résultat est d'une grande fraîcheur, débridée et sans tabous. Il faut dire qu'il est jeune, plein de sève et de talent. Certes, on pourra arguer que son style graphique est simple, presque enfantin, mais l'intérêt n'est pas là, plutôt dans les dialogues, les situations et les expressions, et sur ce plan Patfawl s'en sort plutôt bien. Il y a juste deux ou trois gags que je n'ai pas compris, mais l'ensemble est vraiment sympathique, et peut permettre à de nombreux lecteurs potentiels, malades et inquiets, de décompresser et dédramatiser un peu. Et c'est salvateur. Merci, Patfawl.
Le Cycle de Cyann
Avis partagé sur cette série dont les deux premiers tomes m’avaient enthousiasmé à leur sortie. Dessin léché, scénario de sf classique (l’enfant rebelle envoyée en mission sur une planète éloignée par sa famille, histoire de s’aguerrir et de gagner en maturité – mais ce scénario ira en se complexifiant au fil des tomes), langage travaillé (expressions folkloriques mais aussi noms de famille à la structure originale), faune riche en profondeur, univers multiple et sensualité à fleur de peau. Après deux tomes, j’étais donc conquis. Malheureusement, les tomes suivants allaient quelque peu me refroidir. Le troisième était encore agréable à lire quoique déjà bien plus simpliste (de prime abord) tandis que les deux suivants me donnaient le sentiment que l’auteur s’égarait dans un délire difficilement compréhensible. Et puis vient le dernier tome. Un tome qui explique et donne tout son sens aux deux précédents, qui apporte un nouvel éclairage sur le tome 3 et qui est parfaitement cohérent avec les deux premiers. C’est vraiment du grand œuvre ! Il n’empêche qu’à la relecture, j’ai quand même dû me forcer sur les tomes 4 et 5. Ils ne me plaisent pas, même si ils permettent ce superbe final. C’est trop embrouillé, trop nébuleux sur le moment même. Et c’est la raison pour laquelle j’hésite tant dans ma cote entre le 4/5 et le 3/5. J’opte pour le 3/5 avec coup de cœur (spécialement dédié aux deux premiers tomes et au tome conclusif) et je vous invite à lire cette série jusqu’à son terme même si, comme moi, vous éprouviez un sentiment de lassitude sur les tomes 4 et 5.
Planète Hulk
Planète Hulk est la meilleure histoire de Hulk que j'ai lue (avec Ultimate Wolverine Vs Hulk), je parle bien sûr de l'histoire entière en 2 tomes. Je trouve l'idée du scénario excellente, on ne s'ennuie pas une seconde, l'histoire est bourrée d'action et de rebondissements, avec plein de personnages attachants. En lisant Planète Hulk on a beaucoup de mal à ne pas penser à Spartacus tant les histoires se ressemblent, mais pour ceux qui ne sont pas fans des péplum je vous rassure moi non plus c'est pas ma tasse de thé. Au niveau de la qualité des dessins c'est variable, il y a du bon, et du moins bon. La majeure partie du 1er tome est bien dessiné, par le dessinateur Carlo Pagulayan qui est excellent, avec l'aide de Jae Lee autre dessinateur de talent. Pour les dessins un peu moins bons ça ne gâche en rien le plaisir de lire le comic. Pour le tome 2 au niveau du dessin il y a toujours le formidable Carlo Pagulayan qui dessine la majorité de l'histoire, avec un nouveau collègue car le reste des dessinateurs a changé, et c'est pas plus mal car c'est l'incroyable dessinateur Gary Frank qui a rejoint l'équipe, qui dessine quasiment le reste du run avec d'autres dessinateurs que je ne connais pas, mais visuellement le tome 2 est beaucoup mieux réussi que le 1er. Donc si vous êtes fan de Hulk, Planète Hulk, tome 1 et 2, est à lire obligatoirement, et si vous êtes juste fan de comics, Planète Hulk est un comic incontournable.
Scalped
Voilà ce que j'appelle une claque scénaristique ! 60 épisodes répartis en 10 volumes chez Vertigo et quel plaisir ! Si un jour on m'avait dit que moi qui ai été biberonné à Lucky Luke et Astérix, j'en viendrais à autant apprécier un comics, je l'aurais pas cru. C'est violent, c'est dur, c'est âpre, cru, cynique et finalement très sombre. Les auteurs ne font pas de concession et décrivent un monde finalement sans espoir. De retour dans sa réserve natale, Dash Bad Horse, est confronté au parrain local qui sous couvert de redonner du lustre à la tribu d'autrefois ne fait que la mettre sous sa coupe. Plus qu'un polar, c'est la description d'un monde qui se meurt et malgré les coups fourrés des uns et des autres l'on assiste à sa lente mais sûre agonie. Scénariste, Jason Aaron ; ce type connait son affaire, les premiers tomes démarrent très fort et nous placent d'entrée dans cette réserve de Prairie Rose. Le décor est planté, pratiquement tous les personnages que nous verront dans l'histoire sont là et après ces trois tomes l'on sent bien toute l'intensité dramatique que la suite nous réserve. Puis l'auteur décide de prendre son temps, l'on suit plus particulièrement certains personnages. Ce procédé qui pourrait être lourd est ici habilement exploité et ne fait que renforcer l'intérêt pour l'intrigue. En mêlant astucieusement passé, présent et histoires multiples, l'auteur sait parfaitement retomber sur ses pieds pour que l'ensemble converge vers un final qui oublie toute mièvrerie ou happy-end grotesque. A part le personnage de Mamie, tous sont pourris jusqu'à la moelle ou tout du moins sans espoir de rédemption et cela marche. Ces vilains sont tellement authentiques, si peu caricaturaux que l'on adhère à ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Attention cela ne veux pas dire pour autant que l'on soit d'accord mais nous sommes aider par ces forts caractères à comprendre pourquoi ils agissent de telle façon. Le dessin de R.M. Guéra est particulier, tout en traits assez gras, il dégage une puissance plutôt phénoménale toute en tension qui colle parfaitement au propos. Sur certains épisodes d'autres dessinateurs officient mais cela ne gâte pas les choses. Scénario impeccablement huilé, riche, complexe sans être illisible, cette implacable histoire de descente aux enfers mérite amplement le détour. Pour moi une découverte rare.
Les Larmes du Seigneur Afghan
Ce récit s’est révélé pour moi une œuvre majeure de la bande dessinée d’investigation. Il relate de la manière la plus fidèle possible le voyage d’une journaliste belge et de son cameraman au cœur même de l’Afghanistan, dans le village d’un chef de guerre qui a combattu les Talibans. Je crois sa lecture salutaire et je serais d’avis de l’imposer dans nos écoles pour permettre aux jeunes de comprendre toute la complexité de la situation dans les rapports Orient/Occident. En quelques pages, les auteurs nous font comprendre pourquoi nous sommes en train de perdre cette guerre face à la radicalisation… et principalement de la faute de nos propres dirigeants. « Nous créons nos propres monstres » a été ma pensée première en refermant ce livre, et c’est vrai que ce que nous raconte Pascale Bourgaux est consternant, entre cette employée de l’Otan incapable de s’adapter aux us d’un pays musulman et ce directeur d’école afghan, maudissant les Américains et incapable d’en reconnaitre le drapeau sur la liste des donateurs qui ont financé son école. Il y a un tel gouffre d’incompréhension, un tel décalage entre les envies de tous de vivre simplement en paix et la manière dont les efforts de beaucoup sont détournés au profit de quelques-uns. Et cette difficulté si humaine de reconnaitre ses torts ! C’est rageant, c’est consternant, c’est déprimant, c’est révoltant… c’est tellement vrai ! Inutile d’en dire plus. Pour moi, c’est vraiment un récit à lire. Et même si le style graphique n’est pas à mon goût (trop proche de la peinture), et bien d’une part, je m’en fiche face à la force du propos et, d’autre part, il offre quand même un magnifique tableau sur une grande illustration d’un Afghan dansant, une mitraillette posée à ses pieds.
Les Godillots
Que voilà une bd rafraîchissante, ou comment adopter un ton léger pour aborder les horreurs de la première grande guerre. Certains y verront un ton irrespectueux, personnellement, ayant beaucoup voyagé et vu de mes propres yeux quelques atrocités, je vais le dire franchement, ça fait du bien de voir que l'on peut trouver à sourire et des bons mots dans l'ambiance des tranchées. Proche de la réalité sans pour autant retranscrire l'ambiance qui devait être pesante, odorante et franchement pas hygiénique pour ne pas dire plus, la série aborde la petite histoire dans la grande en s'attachant à ce groupe de poilus. Bichette et Salopiot sont la touche d'humour alors que les soldats tentent de préserver ce qu'il leur reste d'humanité au milieu de tant d'absurdité. J'augmenterai sans doute ma note à 4/5 si la série continue sur sa lancée. Négligeant le côté action, on ne s'ennuie pas pour autant à la lecture des différents opus qui bien que lisibles comme des one shot, s'inscrivent dans une continuité. Je recommanderai également cette série à un public plus jeune et moins mâture, question de leur faire découvrir en douceur la profondeur de la stupidité humaine.....Comme quoi on peut rire de tout et avec délicatesse. Bien pensé et dans la veine de Joyeux Noël, nous voilà devant des hommes confrontés à une situation inhumaine et absurde, d'où la possibilité du ton humoristique (selon moi). Un coup de coeur pour l'instant, reste à voir où l'h/Histoire va nous emmener.
Wayne Redlake - 500 Fusils
Trio Grande avait habilement réutilisé certains codes du western pour lui insuffler une nouvelle vie. Une partie de la même équipe (Lamy, Vatine, Rabarot) permet quelques années après à Delcourt de publier une nouvelle grande réussite du genre. Mon seul regret est que ce tome était annoncé comme le premier d’une série, et n’est hélas resté qu’un one shot. C’est que c’est vraiment encore une belle réussite. A la frontière mexicaine, durant la guerre civile entre Maximilien et les Juaristes, quelques coups tordus opposent un officier français (peintre et citant Victor Hugo à tire larigot !) à la tête d’un régiment, un chef juariste tentant de faire cavalier seul, un cowboy revanchard (Wayne Redlake donc), et une improbable beauté à la fragilité finalement pas si évidente que ça… Comme pour Trio Grande, on est dans une ambiance spaghetti, violente (ça tire, ça saute et ça saigne de partout), avec des répliques où bons mots et humour font bon ménage. Le dessin de Lamy a évolué depuis l’album précédemment cité, il est ici plus réaliste. Mais tout aussi bon, voire même meilleur ! Les cadrages – très cinématographiques, sont parfaits. C’est vraiment réussi et original (à comparer pour la même période et dans un genre de western différent avec le cycle mexicain de Blueberry, ou certains Mac Coy). Vatine ratera la passe de trois avec le nettement plus faible Angela chez le même éditeur, mais il n’était qu’aux dessins. Delcourt a produit plus récemment une nouvelle série western très réussie avec L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu. En tout cas, ce « 500 fusils » est un album qui ravira tous les amateurs du genre, même ceux qui croyaient être blasés !
Le Signe de la Lune
Par rapport à sa date de sortie je suis très en retard pour émettre un avis sur cette BD, mais la valeur n'attendant pas le nombre des années c'est avec un réel plaisir que je donne ce "franchement bien". J'ai vu que d'autres lecteurs cherchaient à savoir le lieu et l'époque où se déroulait ce récit. Est-ce vraiment important ? Ce qui s'offre à nous ici est intemporel, c'est un conte. Certes il n'est pas le plus original du monde, mais il dit ce que disent tous les autres ; il aide les plus jeunes à affronter leurs peurs, à se confronter à ce délicat passage qui nous fait abandonner l'enfance et tout son cortège de merveilleux, il aide à ne plus avoir peur du loup, ou en tout cas un peu moins. Graphiquement c'est très beau, ces lavis en dégradés de noir et blanc sont parfaits. La petite note de rouge qui n'est pas placée n'importe où renforce les images où elle est utilisée et participe à la dramaturgie du récit. La forêt, élément important de l'histoire est magnifiquement rendue. Voilà donc une BD visuellement très belle, qui possède un climat, une atmosphère réellement féerique, même si ici il n'en est pas question, que tous les amateurs de contes se doivent de posséder.
La Guerre du Feu (Delcourt)
La Guerre du Feu figure parmi les premiers grands romans que j'ai lu dans mon adolescence, avec Ivanhoë et quelques autres, aussi le lire en BD m'attirait beaucoup, au risque d'être déçu, mais sachant ensuite que c'était Roudier qui s'en chargeait, je n'avais plus aucun doute. J'avais déjà beaucoup apprécié Vo'Hounâ avec son approche sérieuse d'une saga préhistorique. Ce gars est un véritable passionné de paléontologie et d'archéologie, lui seul pouvait aborder ce roman culte de J.H. Rosny-Aîné qui pour beaucoup de passionnés de préhistoire, reste LE roman classique "préhistorique" par excellence. Le résultat est formidable parce que Roudier n'a cherché qu'à rendre hommage au classique en faisant des concessions sur la vérité scientifique acquise par les découvertes contemporaines. D'où une adaptation scrupuleuse qui suit presque le texte à la lettre, notamment la première phrase : "les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable" qui reste dans la mémoire.. Roudier a repris aussi des pans entiers du texte original et des dialogues qui couplés à la force de l'écriture et à la puissance du récit, donnent une authenticité et un impact incroyables à cette Bd qui hésite entre la fresque darwinienne et la pure épopée. Ce roman véhicule tant d'images fortes, sans compter celles apportées par le film de J.J. Annaud qu'il fallait une forte volonté pour adapter ce classique ; mais conforté par ses autres Bd préhistoriques, Roudier a pu relever le défi haut la main en étant extrêmement fidèle, mis à part quelques séquences condensées pour une meilleure linéarité. Le début et certains passages sont assez bavards et peuvent surprendre les lecteurs néophytes au monde préhistorique, qui peuvent penser que ces hommes primitifs sont un peu trop érudits, mais dans le roman, Rosny-Aîné avait pris le parti de faire parler ses personnages en un langage idéalisé et poétique, contrairement au film d'Annaud ; Roudier opte aussi pour ce choix. La partie graphique est tout aussi sensationnelle, Roudier a fait un bel effort d'amélioration depuis Vo'Hounâ, et livre de très belles pages, avec des combats d'animaux stupéfiants, tel celui des aurochs et des mammouths dans le tome 1. Une splendide adaptation qui immerge en plein dans cette préhistoire fascinante, révélant avant tout une série de fantasmes et de réflexions sur ce lointain passé ; une lecture indispensable pour tout passionné d'aventure.
Trio Grande - Adios Palomita
Le western est un de mes genres BD préférés. Et entre certains grands classiques réalistes (comme Blueberry) ou comiques (comme Lucky Luke) beaucoup d’auteurs ont eu du mal à trouver leur place et à renouveler un peu le genre. Et bien dans les années 1990, Delcourt a accueilli quelques pépites du genre, dont ce plus que jouissif « Trio Grande ». Dans cet album tout est exagéré, du dessin (Lamy allonge corps et trognes à l’envie) à l’intrigue de Vatine et Clément, qui part dans tous les sens (comme les coups de feu et les répliques d’ailleurs !). On est dans un univers spaghetti. S’il y a eu des bons, ils ne le sont plus. Ne restent plus que des brutes et des truands. La gente féminine (une belle brune et une belle blonde, il y en a pour tous les goûts : mais elles sont toutes les deux réussies !) n’est pas en reste. Un peu de jalousie pimente les histoires de vengeance ou les hold-up. C’est donc assez violent (le très classique duel dans la grande rue voit s’opposer deux femmes – dont une armée d’une mitrailleuse !?). C’est donc très vivant – les flash-backs relient entre eux les divers protagonistes (peu de temps avant qu’ils ne meurent, parfois par fratrie entière…), et parfois drôle. La fin, en forme de happy-end, détourne quelque peu les codes machistes du western ! Une grande réussite que tout amoureux du western se doit de lire – et d’avoir dans sa BDthèque. A noter qu’une partie de l’équipe de « Trio Grande » va très brillamment récidiver quelques années plus tard avec Wayne Redlake, et un peu moins bien avec Angela chez le même éditeur.