Les derniers avis (9616 avis)

Par Mitch
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Aigles de Rome
Les Aigles de Rome

Les Aigles de Rome est LA série de référence pour un passionné de l'Antiquité romaine comme moi. Précision dans les costumes et les uniformes, contexte historique respecté à la lettre, intrigue palpitante même si les grandes lignes de la fin de la série sont déjà connues: rien ne manque. Le tout servi par le dessin de Marini, à mes yeux le meilleur artiste de sa génération. Alix prend du coup un gros coup de vieux, même si cette série reste mythique à mes yeux car elle a eu le mérite de largement contribuer à installer le péplum dans le neuvième art.

02/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Viva pâtàmâch !
Viva pâtàmâch !

Capron et Killoffer nous livrent là une histoire assez originale, sur un thème qui l’est un peu moins. En effet, il est question ici d’une société totalitaire, dont la population s’en remet depuis pas mal de temps à un sauveur-guide suprême, qui s’entoure d’un culte de la personnalité efficace. Mais cet univers très noir se colore de rose, puisque les citoyens de cet Etat se doivent de mâcher, d’utiliser, de vivre chewing-gum, donc cette pâte à mâcher qui donne son titre à l’album et qui est omniprésente, dans une version immanquablement « rose bonbon ». Comme de bien entendu, une certaine révolte sourd, même si la fin de l’histoire n’est pas très optimiste (on passe du rose au vert…). Sur une esthétique guimauve et une ambiance de fête foraine permanente, les auteurs dressent un réquisitoire bien sombre des sociétés modernes (la série anglaise « Le prisonnier » usait déjà d’une esthétique équivalente pour sa critique d’une société oppressante et totalitaire). Le dessin de Killoffer est intéressant, généralement en Noir et Blanc (qui fait ressortir le rose de la Patamâch et le vert des sucettes). Certaines planches sont assez proches des tableaux de Fernand Léger. Je possède la version du Seuil, mais je pense que la réédition récente chez Cornélius est à l’identique. En tout cas c’est un album qui est vraiment à découvrir – et que la récente réédition rend moins difficile à rencontrer.

02/02/2015 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Lors de mes déambulations à Angoulême cette année beaucoup de BD ont attiré mon œil. Mais cet ouvrage est le seul à avoir provoqué un coup de coeur immédiat. La couverture sobre arbore un magnifique dessin bourré de détails et incitant immédiatement à l'ouverture. La suite n'est que découverte et recherche. Découverte car chaque page se laisse admirer et recherche car les planches regorgent de détails et plusieurs lectures sont nécessaires pour tous les découvrir. Le scénario n'est pas en reste puisque nous suivons les aventures d'une petite fille à la recherche de son père qui serait l'un des 5 capitaines pirates des mers d'Omerta. Mélange d'Alice au Pays des Merveilles et de romans d'aventure nous sommes happés dans l'histoire pour ne plus en décrocher. Seule frustration entre l'envie de dévorer l'histoire et le plaisir de s'attarder sur les planches il faut choisir. Bravo à Jérémy Bastian qui s'il continu sur les deux tomes restants méritera un statut de culte pour son oeuvre.

02/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Fond de l'Air est Fred
Le Fond de l'Air est Fred

C'est toujours un régal pour moi lorsque je tombe sur un vieil album de Fred rempli de ses histoires courtes. Elles sont pleines d'imagination et je suis décidément fan de sa poésie. Il y a deux-trois histoires plus faibles que les autres, mais globalement j'ai adoré ma lecture. C'est dommage que ces albums regroupant des histoires courtes semblent être tombés dans l'oubli car ils ne le méritent pas et j'aimerais bien qu'un éditeur les réédite ! Son dessin est du pur Fred. À la fois personnel et intéressant vu qu'il peut changer de technique selon les histoires.

01/02/2015 (modifier)
Couverture de la série The Wake
The Wake

Un récit de science-fiction qui fera date ! Quoi ? Encore une histoire de bestiole cachée au fond des mers depuis la nuit des temps ? Il est vrai que le pitch peut paraître rebattu et qu'il fait penser à des films réussis comme Abyss, ou au démarrage d'un scénario de Christophe Bec – lequel s'avère presque immanquablement décevant sur la longueur –… Sauf que cette fois, Scott Snyder [à qui l'on doit l'excellent Batman (DC Renaissance)] tient les rennes du scénario, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait raconter les histoires, lui. Car The Wake ne se limite pas à la rencontre fracassante – mais classique – entre des humains repoussant toujours plus loin l'exploitation irraisonnée de la nature et une espèce intelligente qui n'est pas décidée à se laisser faire. Se déroulant sur deux époques distantes de deux siècles, le récit est interrompu par des flashbacks intenses qui ramènent dans le passé lointain de la Terre et du système solaire. Déroutant au début, le puzzle s'assemble peu à peu pour acquérir une dimension universelle très cohérente. Il y a longtemps que je n'avais pas lu un récit de science-fiction aussi efficace. Il est vrai qu'il fait penser à beaucoup d'autres œuvres de la littérature (j'ai pensé à Abysses de Frank Schätzing), du cinéma ou de la BD, et que les situations, les personnages, les monstres ou le dénouement de l'intrigue peuvent laisser une impression de déjà-vu. Mais cet album est parfaitement maîtrisé, mené à un rythme d'enfer et réussit tout de même à surprendre le lecteur. Cerise sur le gâteau, Snyder a l'intelligence et la politesse de dérouler et d'achever l'histoire en un seul album au lieu de la diluer en une série sans fin. Du très beau boulot ! Le trait de Sean Murphy est très bien maîtrisé, parfois foisonnant au point d'obliger le lecteur à s'attarder longuement sur certaines cases. La construction de l'action qui s'étale par moments sur deux planches en vis-à-vis donne une belle impression de dynamisme. La mise en couleurs de Matt Hollingsworth, vieux routier du Comics (il a travaillé entre autres sur Preacher et The Punisher), sublime les ambiances très sombres des grands fonds ou aveuglantes sur la banquise. Le graphisme de The Wake est digne des meilleurs albums européens, ce qui n'est pas si courant dans la production anglo-saxonne. Bref, j'ai pris un grand plaisir à la lecture de cet album, qui est bien parti pour être l'un des meilleurs comics de cette nouvelle année 2015. Je le recommande vivement aux amateurs de bonne SF.

31/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Une Plume pour Clovis
Une Plume pour Clovis

Je possède et n’ai lu que la première édition de cette album (je le précise, car la réédition chez L’Association ne reprend visiblement que la première histoire (et dans une version colorisée) – la plus longue et qui donne son nom à l’ensemble). J’ai justement bien aimé cette première histoire, sorte d’enquête loufoque à l’humour très personnel, à la fois simple et suranné. Clovis suit les pistes comme il remonte dans son passé, vieil homme bourru, obstiné, inaccessible au doute et au renoncement. Gébé nous livre ici une histoire naïve, mais rafraichissante, que j’ai appréciée. Cette histoire est la plus longue (elle occupe presque la moitié de l’album) et est suivie par sept autres assez inégales, et qui jouent sur différents registres. Je n’ai pas accroché à « 200 balançoires », et ai plus ou moins aimé les autres. A noter le délire de « menteur », et la petite histoire quasi surréaliste du « conte de luxe ». Les enquêtes de William Splatch sont totalement farfelues, loufoques… Un album inclassable, mais aussi incomparable. Qui n’intéressera pas tout le monde (je vous conseille de le feuilleter avant de l’acheter !), mais que j’ai trouvé franchement original et très créatif : une sorte de poésie hors du temps. Note réelle 3,5/5.

27/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Yallah Bye
Yallah Bye

Cet album nous propose de suivre la guerre du Liban de 2006 sous un angle très humain puisque nous la subirons en compagnie d’une famille française retournée en vacances sur la terre du grand-père. Et s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une histoire vraie, ce que l’auteur nous relate est tout de même très proche de sa propre histoire, le cahier conclusif étant assez éloquent de ce point de vue. Nous sommes donc face à une fiction… bien réelle. Cette approche très humaine permet aux auteurs de donner à ce conflit une dimension fort empathique. Le lecteur se sent proche des personnages principaux et se dit que, finalement, à lui aussi, cela pourrait arriver. c'est l'atout et la force principale de cet album : avoir réussi à me rendre très proche une guerre du Moyen-Orient. Le scénario est bien construit dans le sens où l’un des enfants (l’ainé) est resté sur le territoire français. Cette particularité permet d’aborder d’autres aspects de ce type de drame. Entre le père, qui se sent coupable d’avoir « abandonné » son peuple pour émigrer en France et désireux de se racheter, la mère paniquée ne voulant qu’une chose : quitter ce territoire en guerre, le jeune fils enfermé dans sa bulle et la petite fille pas totalement consciente du drame qui l’entoure, tout un panel de sentiments nous est proposé. Et cela sans compter les autochtones ! Le résultat est plutôt convaincant. L’album est agréable à lire et aborde beaucoup de sujets graves tout en gardant une certaine bonne humeur. Le peuple libanais semble à la fois fataliste et convaincu que rien de grave ne peut lui arriver. En fait, la population de Tyr semble tellement habituée à ces bombardements qu’elle relativise énormément. Nous sommes alors totalement plongés dans le quotidien d’un peuple habitué à la guerre, et qui vit, coûte que coûte. Certains aspects géopolitiques sont abordés mais ce n’est vraiment pas le sujet principal du récit. Je regrette quelques passages plus hystériques (mais on le deviendrait à moins) mais je ne peux que conseiller la lecture. De plus, le dessin est vraiment agréable à lire, bien typé, vif et expressif dans une veine semi-réaliste très bien maîtrisée. Pas mal du tout, vraiment !

27/01/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shock Suspenstories
Shock Suspenstories

Tout comme Gaston et beaucoup d'autres personnes, je suis fan des histoires courtes style E.C. Comics. On cite souvent Tales from the Crypt et Crime Suspenstories comme les oeuvres charnières de cette collection unique publiés au début des années 50 dans une Amérique pudibonde et en pleine guerre froide mais on oublie peut-être cette collection lancée dans un second "jet". En effet, Shock Suspenstories en l'état ne semble être qu'un titre fourre-tout de plus pour E.C. Comics en compilant 4 histoires dans un numéro faisant office de carte de visite. Ici on trouvera à chaque fois une histoire d'horreur, une de science-fiction, une policière et une autre de guerre. Dès le second numéro (le présent recueil en compile 6 sur 4 gros bouquins prévus en tout), l'histoire de guerre est remplacée par une histoire que je qualifierais de fait divers ou de société. Outre la qualité de l'ensemble des histoires avec une chute foutrement culottée pour l'époque, mon attention s'est davantage portée pour une fois sur les histoires "classiques" pointant frontalement du doigt des problèmes hélas toujours d'actualité comme le racisme et l'intolérance. Les récits sont tout à fait surprenants, dénonçant une mutation des mentalités et utilisant l'ironie comme seule arme face à la bêtise du Maccarthysme et de l'American Way of Life. Considérés comme "immorales", l'équipe d'E.C. Comics prend des risques éditoriaux énormes pour l'époque en affichant au choix le Ku Klux Klan, l'antisémitisme et la ségrégation des minorités afro-américaines. C'est un coup de poing pacifique mais non dénué de réflexion encore tristement contemporaine dans l'air du vent en ce mois de janvier 2015.... Il est à mes yeux complètement évident que ce titre E.C. Comics est un monument à la fois de divertissement et d'avertissement dont le message traverse les décennies 60 ans plus tard. Les autres histoires sont également divertissantes, voire surprenantes ou frisonnantes et sont soutenues par des dessins en noir et blanc de toute beauté par les meilleurs artistes de l'époque. Plus que jamais, vivement la suite !

25/01/2015 (modifier)
Par AnG
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Paul Dini présente Batman
Paul Dini présente Batman

Du beau et grand Batman comme on l'aime. Des histoires courtes, bien écrites, bien illustrées. Les histoires sont prenantes et donnent envie de lire la suite à chaque fin de chapitre. Avec un scénariste tel que Paul Dini, on ne pouvait pas être déçu ! Cet opus était très attendu, quand on en voit la qualité on se dit que cela valait le coup d'attendre et qu'il a parfaitement sa place dans une collection de comics Batman. Bref, un must have qu'il faut posséder d'urgence ! Avis à tous les fans de Batman, dépêchez-vous de posséder ce livre !

25/01/2015 (modifier)
Par sejy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

« Je me vengerai ! »… Les premières planches séduisantes crachent une vindicte improbable aux échos embarrassants : j’ai rattrapé, malgré moi, le souvenir grotesque (parodique ?) des œuvres de Hunebelle. Présumant d’emblée un vice rédhibitoire, je mollarde sans vergogne dans la soupe qui a nourri mon plus jeune âge. Cette mémoire est-elle si détestable ? Une filmographie somme toute égayante, avec ses pitres et son super vilain cabotin dont la face informe contribua à chamarrer quelques fonds de slips d’un bambin exagérément sensible. Mais au présent, chaque visionnage est devenu une revisite ingrate, confinant l’enthousiasme dans un rire dénaturé aux sarcasmes ; je me braque davantage. Quel hasard invraisemblable, quelles pirouettes ridicules légitimeront trois tomes soumis à ce chimérique présage ? Conjurer le talion, la bobine à un fil d’abdiquer sous l’assaut mécanique et tranchant du docteur Guillotin : permettez-moi de pouffer ! Je le connais ce Fantômas ! Par cœur, par trop… Et si mes caleçons n’étaient pas saufs ? Que la légende soufflait brutalement combien je me montre imprudent ; ne serait-ce qu’à évoquer son nom ? Celui-ci n’est pas l’autre. Celui-là prie un autre Dieu, taquine d’autres muses. En cet instant, en cet endroit, c’est une Némésis rouge qui s’éveille puis l’exhorte. Je la dénude ; captivé. Sillonnant les pages comme on égraine un chapelet diabolique ; effaré. Devant mes yeux, un siècle de frustrations, d’humiliations est englouti dans le sang et la rage pour reconquérir le mythe. Une silhouette ubiquiste immonde pille, broie obstinément parmi le feu et les tripes, incarnant des pulsions de barbarie foudroyantes qui fascinent les mœurs comme elles les assassinent. Génie démesuré, insaisissable, inflexible : Sa Majesté du Mal est absolue, de nouveau loyale à ses géniteurs. Charriés par le sillage contemporain de cette hubris charcutière, des prétendants insolents de charisme, des troisièmes couteaux étranges, feuilletonesques à ravir. Jetés en pâture, les uns et les autres s’agitent et s’égosillent, s’affolent, s'aventurent ou s’enfuient, s’invectivent, s’embrochent et s'entr'égorgent, s’illuminant fatalement dans l’ombre du fléau. Sa cavalcade dramatique consent quelquefois à brider les battements des tambours. Les angoisses cèdent alors la jubilation aux fantasmes ou à l’esprit. Lady Beltham paraît en belle du saigneur vaporeuse, ambiguë. La moustache primesautière de l’impétueux Juve émancipe les traits rafraîchissants d’un humour frigo disputant les sourires au cynisme impérieux de sa gouvernante. Acrobate, l’intrigue rend les hommages au genre et à ses figures Belle Époque en interprétant la valse espiègle des rebondissements, en distillant les clins d’œil historiques ou les coups de coude astucieux. Mais pas question de plier à la duperie du romanesque. Némésis poursuit ses desseins au cœur de l’effroi. La lutte échevelée sème toujours les macchabées, absout encore les amoralités. Et s’il faut un ultime rempart à la sauvagerie, ne confions pas tous nos espoirs au filtre des tableaux. La manière de relier les peurs d’un siècle aux névroses de notre quotidien moderne est sublime, mais éprouvante. Transbahutées dans une palette pourvoyeuse d’épouvante et son technicolor hématique aux rhésus orange mauvais, vert funèbre. Violence intuitive d’un esthétisme qui caresse le surréalisme dans les lignes incertaines et fiévreuses, dans la contorsion des corps ou les visages anguleux. Qui peint des ambiances irréelles, sourdes ou diaphanes, dissout le tangible dans les jeux de substances et de clair-obscur. Qui asservit le rythme en découpant, équarrissant le motif narratif pour faire convulser le temps à son souhait, dans un désordre expressionniste emprunté aux pinceaux luminescents de Macke ou à la sinistrose de Grosz. Poésie addictive du chaos qui vocifère : Fantômas est mort, vive Fantômas ! Maîtres adorés de la résurrection, utopistes vénérés du crime, bref, chers auteurs de talent, il y aura - c’est indispensable - un prolongement à ce triptyque. Que mes désirs impatients viennent à expirer, sacrifiés sur l’autel de votre bon vouloir, et… Je me vengerais !

24/01/2015 (modifier)