Ecroulé ! A la lecture du premier tome, j’étais écroulé de rire ! Le deuxième tome s’est avéré un cran en deçà à ce niveau mais le troisième tome est à nouveau excellent, avec deux, trois séquences d’anthologie.
Le charme suprême de cette série réside à mes yeux dans la personnalité de Louca et dans la maîtrise de son auteur dans la décomposition du mouvement (s’il ne vient pas de l’animation, celui-là, c’est à n’y rien comprendre). Ce cocktail donne lieu à quelques passages hilarants. Mais ces maîtres atouts ne sont pas les seuls d’une série qui, par ailleurs, offre des dialogues vifs et enjoués, une intrigue bien construite, de nombreux seconds rôles moins primaires que ce qu’un simple coup d’œil pourrait laisser croire et une approche du football basée avant tout sur le plaisir du jeu. Ajoutez à cela une petite romance, une louchette de fantastique et un suspense policier et vous prendrez conscience de l’envergure d’une œuvre par ailleurs très facile d’accès, tellement évidente qu’elle en parait de prime abord quelconque.
Le dessin, qui assimile des influences diverses allant du dessin animé au manga en passant par le franco-belge à gros nez de tradition, est vif et enjoué. Le découpage est excellent (ahhh la magnifique tête plongeante de Louca !!!!).
Que des éloges, donc, pour une série qu’il ne faut surtout pas réserver aux seuls fans de football ! Ni même aux jeunes lecteurs ! Ou aux seuls garçons sous prétexte que ça parle de foot ! Non, Louca ravira un large spectre de lecteurs car ses qualités sont multiples et son humour redoutablement efficace.
J’attends la suite avec impatience.
Graphisme magnifique, encrage et coloration au poil, scénario efficace, et le personnage de Batman que l'on voit poussé dans ses derniers retranchements... Quelle lecture mes aïeux !!! en l'achetant je pensais que la Cour des Hiboux allait juste me permettre de tenir en attendant quelque chose de plus substantiel (genre Gotham Central) mais, en fait, j'avais ce quelque chose entre les mains.
Je trouve juste dommage ce passage où les ergots attaquent Batman dans son repère (qui est dans la Nuit des hiboux) gaché par le changement de dessinateur, le trait étant un peu trop gras et approximatif pour coller au reste de la série.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti Batman autant dans le pétrin, et honnêtement il y a de quoi, la Cour des Hiboux étant le croquemitaine de notre croquemitaine vengeur masqué. Et voir Batman en proie, c'est pas tous les jours que ça arrive et faut bien avouer que cette Cour des Hiboux est largement de taille contre batou.
Comme je l'ai dis en première ligne, pas grand chose à reprocher quand on aime le genre et des effets de mise en pages plutôt efficaces. Mon grand regret étant de ne pas avoir pu l'acheter en noir et blanc pour les 75 ans de mon croquemitaine préféré :(
Watchmen devait être l’oeuvre unique n’appelant à aucune suite. Cependant, près de 30 ans après, voici before Watchmen qui est par définition une préquelle. C’est un phénomène à la mode depuis Star War ou plus récemment le Seigneur des anneaux. Le but n’était certainement pas d’égaler le cultissimme Watchmen mais de nous proposer de découvrir les secrets des Gardiens à travers les débuts des Minutemen, puis de ceux du Comédien, du Hibou ou encore du Spectre Soyeux…
J’ai été très agréablement surpris de découvrir l’envers du décor de ces Minutemen qui faisait figure de justiciers masqués dans les années 40 précédant les fameux Watchmen. On retrouve des personnages secondaires de l’œuvre originale mais également des nouveaux qui sont habilement exploités. L’esprit général de la série-mère est respecté. Bon point par conséquent.
Ce groupe réunit 8 membres d'abord apparus de façon isolée:
- Captain Metropolis (Nelson Gardner, formé chez les Marines et qui est l’initiateur de ce projet)
- le Juge Masqué (historiquement le premier justicier en costume).
- la Silhouette (la sulfureuse Ursula Zandt)
- le Spectre Soyeux (Sally Juspeczyk, plus connue sous le nom de Sally Jupiter, une starlette devenue redresseuse de torts)
- le Comédien (Edward Morgan Blake, le cadet de la bande)
- le Hibou (Hollis Mason, qui publiera ensuite ses Mémoires, dont on retrouve des extraits dans le roman graphique)
- l’homme-insecte (Byron Lewis qui sombrera plus tard dans l’alcoolisme et la dépression)
- Dollar Bill (un athlète vedette de l'université du Kansas employé comme super-héros maison par une banque nationale).
C’est une bonne idée également que de partir du livre de Hollis Mason (alias le Hibou I) pour exploiter un récit qui se tient. Sous le masque décrit par conséquent les conflits au sein de ce groupe soi-disant uni. Nous allons avoir droit à de réelles révélations ! Il y aura quelques passages difficiles notamment concernant les enfants victimes d’atrocités sans nom de la part d’un super-héros pédophile. On découvre également les exploits fabriqués afin de construire la légende de ces super-héros. En fait, ce sont des personnes qui courent après la notoriété et l’argent hormis quelques exceptions comme la silhouette ou l’homme-insecte.
Before Watchmen n’apportera finalement pas grand-chose à l’œuvre originale et unique que constitue le monumental Watchmen. Cependant, c’est une lecture qui peut emmener les lecteurs à découvrir l’œuvre qui a révolutionné le regard sur les super héros. Bref, c’est un titre d’une rare maîtrise servi par un dessin de qualité.
Il faut dire que Minutemen montre la guerre des égo entre ces justiciers et que ce juge masqué avait une relation sadomasochiste avec le capitaine Métropolis. Sans compter que Bill Dollar était homophobe. On découvre véritablement la face cachée de ces personnages qui étaient assez secondaires dans l’œuvre phare. C’est intéressant que d’avoir cette approche sur les aspects sombres entre dépression, alcoolisme, sexualité et superficialité. Bref, un super-héros n’est pas forcément quelqu’un de bon.
J’ai été assez surpris du contraste entre un dessin assez cartoon et une œuvre plutôt sombre. Cependant, j’ai franchement bien aimé cette disposition qui est certes déstabilisante mais avec un charme fou.
Au final, Minutemen se révèle passionnant à souhait. C’est un premier titre qui augure que du meilleur pour la suite n’en déplaise à Alan Moore qui s’est désolidarisé de ce projet. En ce qui me concerne, il faut posséder la collection entière pour ceux qui ont réellement aimé Watchmen. Je retiens surtout un projet ambitieux allant plus loin que de combler les trous.
Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale: 4.25/5
Lorsque j’ai découvert Watchmen, j’ai été littéralement submergé par une émotion nouvelle que j’avais rarement ressentie à la lecture d’un comics. Je découvrais une véritable merveille sur le sens de la vie dans le chaos du monde.
Il faut dire que dès sa sortie en 1986, cette œuvre avait bouleversé le monde de la bande dessinée en remportant successivement la plupart des prix et récompenses. Le succès a été tout de suite au rendez-vous. Les critiques ont été élogieuses. Il faut comprendre que ce n’est pas une œuvre comme les autres. Elle a un côté innovateur et sophistiqué qui la place loin devant les autres. C’est une œuvre qui fait référence. Le monde du comics a changé après Watchmen en devenant un peu plus mature.
Tout d’abord, on observe un style narratif incomparable avec une lecture sur plusieurs niveaux ! Que dire également de ces cases d'une sidérante beauté visuelle! Et pour couronner le tout, nous avons droit à un scénario intelligent et maîtrisé! Cette BD révèle une véritable personnalité artistique. C'est un style hors du commun qui pousse la qualité de cette histoire à un très haut niveau. A côté de cette BD, l'autre Monument Amour du comics Batman - Dark Knight fait vraiment pâle figure.
Chaque case est à étudier avec parcimonie car il y a des détails qui paraissent insignifiants à première vue et qui se révèlent importants pour la compréhension de l'histoire. Une œuvre d'art sensorielle où l'auteur capture le secret des êtres au coin d'un regard. On pénètre dans l'intimité de ces supers héros avec un certain parti pris mais qui peut varier selon la perspective d'un personnage à l'autre. Les rapports entre eux sont complexes et évolutifs.
Cela plaît à un public qui va au-delà du super héros caricatural. Sur fond d'une actualité inquiétante à l'époque de la guerre froide, cette intrigue a un final tout à fait étonnant. Les auteurs ont imaginé une uchronie où Nixon aurait encore gardé le pouvoir car la guerre du Viêt-Nam aurait été gagnée par les Etats-Unis.
Cette fine équipe qui compose les gardiens est constituée des personnages suivants :
- Rorschach (Walter Kovacs, le justicier psychotique au masque évoquant les tâches d’encre du fameux test)
- Le Spectre soyeux II (Laurel Jane Juspeczyk, dite Jupiter, fille du premier Spectre et seconde compagne du Dr Manhattan).
- Le Hibou II (Dan Dreiberg, successeur "adoubé" par le premier Hibou, Hollis Mason).
- Ozymandias (Adrian Veidt, alias "homme le plus intelligent du monde" et athlète émérite)
- Le Comédien (Edward Morgan Blake alias le psychopathe désabusé de la bande)
- Docteur Manhattan (Jon Osterman alias « Dieu existe et il est américain »)
Un film en 2009 réalisé par Zack Snyder est venu couronnée l’adaptation de ce roman graphique hors norme. Il a bénéficié en règle générale de très bonnes critiques en provenance de la Presse. Cependant, le public qui s’attendait à voir de gentils super-héros à la façon 4 fantastiques a été plutôt dérouté. Le comédien qui est assassiné au début est un véritable salopard. Le Dr Manhattan alias l’homme bleu est plutôt froid… Un mauvais bouche à oreille a alors commencé à fonctionner. On pensait que les néophytes allaient s’intéresser à cette bd. C’est vrai que les fans n’ont pas été déçus car la version cinématographique est assez fidèle au comics. Et dire que les gardiens ont été réputé inadaptable au cinéma !
Le thème principal est la fin du monde. Il faut dire que l’horloge de l’apocalypse avance de minutes en minutes. Minuit sur l'horloge représentait une catastrophe mondiale, la fin de la civilisation telle qu'on la connaît. J’ai adoré cette référence à ce qui existe réellement. A noter que depuis le 22 janvier 2015, l'horloge affiche minuit moins trois (23:57).
Il faut bien avouer que cette œuvre n’est pas à la portée de tout le monde de par son approche. Il faut le savoir et l’accepter. Les lecteurs de la bd à papa ou à grand-papa peuvent oublier car ce n’est pas leur code ou leur registre à moins de transcender. Il faut «parvenir» à aimer en décortiquant certains critères purement objectifs. Cela ne sera pas facile pour le lecteur qui doit disposer de beaucoup de patience. Le nirvana est tout au bout du chemin ! Un plaisir total garanti pour ce que je qualifie de culte tant son apport a été riche pour un renouvellement de la BD. Si seulement toutes les BD procuraient un tant soit peu cette perfection !
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Un album magique! Ceux qui ont aimé des albums comme Dieu qui pue, Dieu qui pète ou Le Jardin armé et autres histoires ne doivent pas passer à côté. Au menu : un graphisme faussement naïf au service d'intrigues mythologiques d'une grande profondeur thématique. Malgré les nombreux récitatifs, les intrigues à tiroir, tout est léger, parfois carrément drôle. Un petit bijou.
Ca c'est de la BD noire, du roman graphique, des références aux films hollywoodiens des années 40 et 50. Il y a une tension qui court tout au long de l'histoire magnifiée par le coup de pinceau de V. Gravé. Ce mec est fabuleux, il arrive avec presque rien à vous mettre une atmosphère qui vous plonge dans l'ambiance? Au début on se dit que ce qu'il dessine est un peu brut de décoffrage, mais petit à petit on se rend compte que c'est, comment dire, immergeant?
D'accord je viens de le rencontrer à Angoulême, dispo, sympa et ouvert mais cela ne m'empêche de rester un brin objectif que ce qu'il fait est du grand art.
Certains diront que le scénario est convenu, et bien oui, nous sommes dans le polar avec ses codes, mais ne boudons pas notre plaisir et j'invite tout ceux qui liront cet avis à faire la démarche de tenter la lecture.
Et encore bravo à ce dessin qui paraît simple mais montre beaucoup plus qu'il ne semble;
Je suis un des auteurs de Grrrart édition mais je sais rester objectif !
J'ai vraiment aimé cette série car je la trouve intelligente dans le sens populaire du terme ! Bien faite, bien écrite, drôle, originale sur un thème large mais aussi qui s'adresse à tous, Geg ici nous fait passer un très bon moment en compagnie d'un héros hyper attachant et d'un génie vraiment marrant !
Et avec ce thème hyper universel qu'est le Prout, Geg nous emmène dans un monde où on parle d'écologie, de respect, d'enfant battue et tant de thèmes très difficiles à montrer aux enfants... L'ensemble est très bon ! Vraiment n'hésitez pas une seconde à l'acheter et en parler à tout le monde ! Vous allez rire ! Patfawl
Un croque-mort doit remplir un contrat avant même le décès de son client, qui n'est autre qu'un riche homme d'affaire ayant fait fortune sur le dos d'un village minier exploité jusqu'à la moëlle par ce sale type. Donc forcément la question de la succession fait des envieux, voilà comment rendre les aventures d'un croque-mort intéressantes.
Loin de l'image stéréotypée et comique donné par Lucky Luke, notre croque-mort est ici un homme que l'on sent ravagé par la vie, inhabituellement habile dans le maniement des armes et profondément plus humain que son homologue créé par Goscinny. Il est aussi beaucoup plus noir et badass, une vraie gueule cassée tout droit sorti des films de genre qui ont tant inspiré Dorison. Ce premier tome raconte une aventure palpitante et l'on n'a qu'un regret à la fin de la lecture : celui d'attendre la sortie du prochain tome.
Le dessin est lui aussi réussi, et sert parfaitement le récit.
Il un peu tôt pour passer cette série au rang de culte, mais quel album! Ma note sera plus élevée si les prochains tomes sont du même acabit, en tout cas rien à reprocher à ce premier opus.
J'ai découvert cet auteur avec le fantastique triptyque de L'Auberge du Bout du Monde, il y a quelques années, puis avec le lumineux mais néanmoins inachevé Ewen et ensuite Canoë Bay .
Avec cet album, Tiburce Oger, seul aux commandes, nous livre là une histoire formidable qui revisite toute l'épopée du far-west. Le scénario oscille sans cesse entre le film "Little big man" (avec une narration assez proche d'un vieillard qui se confie) et Buffalo Bill, véritable mythe américain.
Les premières pages de l'album donnent le ton à l'histoire, une histoire sans pitié et cruelle, comme celle de la conquête de l'Ouest, rapidement évoquée ici sous le prétexte de découvrir la vie d'Edmund Fisher. J'ai adoré la période avec le marquis de Morès, qui nous ramène à notre histoire à travers Pétain ou Maurras.
Ayant acheté l'album sous la format du tirage de luxe, grand format, je suis resté scotché par la beauté des planches. Les pleines pages sont formidables et les dessins, couleurs, et mouvements sont remarquables. Avant de me lancer littéralement dans la lecture de l'album, j'ai longuement feuilleté les pages pour y admirer le dessin élancé, les cadrages audacieux, et les couleurs de Tiburce Oger.
Je ne regrette pas ,au contraire, le choix vers le grand format qui offre à cet histoire l'espace qu'elle mérite.
Le western est à l'honneur en ce début d'année 2015 ,avec Hermann qui revient à ses classiques avec Sans Pardon (avec la complicité d'Yves H.) ou encore avec Ralph Meyer & Xavier Dorison qui rivalisent d'imagination pour rejoindre Giraud & Charlier sur Blueberry.
Un très bon album que je recommande.
Sur la couverture d'Undertaker, un sticker annonce : « Le plus grand western depuis Blueberry ». Je ne sais pas si c'est vrai, mais j'avoue que, pour une fois, la comparaison n'est pas usurpée !
Xavier Dorison choisit de mettre en scène Jonas Crow, un croque-mort du Far-West, comme ceux qui jalonnent les aventures de Lucky Luke en se frottant sinistrement les mains dès qu'un duel se prépare. Il reprend tous les clichés : le costume noir, l'air sinistre, le vautour… mais dote en plus son personnage d'un solide sens de l'humour (ses sermons improvisés valent leur pesant de whisky frelaté, exemple : « tu laisseras ton prochain faire ses conneries tant que c'est avec son blé et avec son cul ») et aussi d'une probité à toute épreuve (quand on le paye pour enterrer un mort, on peut lui faire confiance pour mener la mission à son terme quitte à en faire quelques autres).
L'histoire est a priori simple. Un tyranneau local décide de mettre fin à ses jours, mais auparavant, il boulotte son or pour emporter, au sens propre, sa fortune dans sa tombe. Crow, accompagné de la gouvernante coincée du défunt (dans le style Katharine Hepburn dans Une Bible et un Fusil), est chargé des funérailles… Mais bien sûr, rien ne va comme prévu, et toute la ville se met aux trousses du cercueil.
On quitte vite les références aux westerns policés de l'âge d'or hollywoodien pour lorgner vers l'inspiration spaghetti, dans un mode baroque et violent, du style Tire encore si tu peux.
Le rythme du récit est soutenu, et réserve de beaux rebondissements. Les dialogues sont vifs, émaillées de répliques hilarantes. Dorison est en très grande forme. Je pense que cet Undertaker restera une de ses meilleures séries. En tous cas, le premier opus donne clairement envie de lire la suite !
Au dessin, Dorison retrouve l'excellent Ralph Meyer, avec lequel il a déjà commis un Asgard de bonne facture (mais dont l'histoire en deux tomes n'avait à mon avis pas la même ampleur).
En tous cas, Meyer est tout à fait à l'aise dans l'ambiance western. Son trait est alerte pour donner vie aux personnages (belles galerie de trognes “sergioléonesques”), minutieux juste-ce-qu'il-faut pour les décors, inventif pour les cadrages, et il est rehaussé par une mise en couleur qui magnifie les ambiances. Je trouve que l'on est plus près du dessin de Michel Rouge quand il a repris Comanche que du Blueberry de Jean Giraud. Mais ce n'est pas grave, nul n'est tenu de tutoyer les dieux, et l'ensemble est digne des meilleurs albums du Bouncer de François Boucq, ou du Jerry Spring de Jijé… Voilà à quel haut niveau on se situe.
Annoncé à grand renfort de publicités dithyrambiques par l'éditeur, je l'attendais impatiemment, et l'envoi de cette nouvelle série tient finalement toutes ses promesses.
Longue vie à l'Undertaker !
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Louca
Ecroulé ! A la lecture du premier tome, j’étais écroulé de rire ! Le deuxième tome s’est avéré un cran en deçà à ce niveau mais le troisième tome est à nouveau excellent, avec deux, trois séquences d’anthologie. Le charme suprême de cette série réside à mes yeux dans la personnalité de Louca et dans la maîtrise de son auteur dans la décomposition du mouvement (s’il ne vient pas de l’animation, celui-là, c’est à n’y rien comprendre). Ce cocktail donne lieu à quelques passages hilarants. Mais ces maîtres atouts ne sont pas les seuls d’une série qui, par ailleurs, offre des dialogues vifs et enjoués, une intrigue bien construite, de nombreux seconds rôles moins primaires que ce qu’un simple coup d’œil pourrait laisser croire et une approche du football basée avant tout sur le plaisir du jeu. Ajoutez à cela une petite romance, une louchette de fantastique et un suspense policier et vous prendrez conscience de l’envergure d’une œuvre par ailleurs très facile d’accès, tellement évidente qu’elle en parait de prime abord quelconque. Le dessin, qui assimile des influences diverses allant du dessin animé au manga en passant par le franco-belge à gros nez de tradition, est vif et enjoué. Le découpage est excellent (ahhh la magnifique tête plongeante de Louca !!!!). Que des éloges, donc, pour une série qu’il ne faut surtout pas réserver aux seuls fans de football ! Ni même aux jeunes lecteurs ! Ou aux seuls garçons sous prétexte que ça parle de foot ! Non, Louca ravira un large spectre de lecteurs car ses qualités sont multiples et son humour redoutablement efficace. J’attends la suite avec impatience.
Batman (DC Renaissance)
Graphisme magnifique, encrage et coloration au poil, scénario efficace, et le personnage de Batman que l'on voit poussé dans ses derniers retranchements... Quelle lecture mes aïeux !!! en l'achetant je pensais que la Cour des Hiboux allait juste me permettre de tenir en attendant quelque chose de plus substantiel (genre Gotham Central) mais, en fait, j'avais ce quelque chose entre les mains. Je trouve juste dommage ce passage où les ergots attaquent Batman dans son repère (qui est dans la Nuit des hiboux) gaché par le changement de dessinateur, le trait étant un peu trop gras et approximatif pour coller au reste de la série. Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti Batman autant dans le pétrin, et honnêtement il y a de quoi, la Cour des Hiboux étant le croquemitaine de notre croquemitaine vengeur masqué. Et voir Batman en proie, c'est pas tous les jours que ça arrive et faut bien avouer que cette Cour des Hiboux est largement de taille contre batou. Comme je l'ai dis en première ligne, pas grand chose à reprocher quand on aime le genre et des effets de mise en pages plutôt efficaces. Mon grand regret étant de ne pas avoir pu l'acheter en noir et blanc pour les 75 ans de mon croquemitaine préféré :(
Before Watchmen - Minutemen
Watchmen devait être l’oeuvre unique n’appelant à aucune suite. Cependant, près de 30 ans après, voici before Watchmen qui est par définition une préquelle. C’est un phénomène à la mode depuis Star War ou plus récemment le Seigneur des anneaux. Le but n’était certainement pas d’égaler le cultissimme Watchmen mais de nous proposer de découvrir les secrets des Gardiens à travers les débuts des Minutemen, puis de ceux du Comédien, du Hibou ou encore du Spectre Soyeux… J’ai été très agréablement surpris de découvrir l’envers du décor de ces Minutemen qui faisait figure de justiciers masqués dans les années 40 précédant les fameux Watchmen. On retrouve des personnages secondaires de l’œuvre originale mais également des nouveaux qui sont habilement exploités. L’esprit général de la série-mère est respecté. Bon point par conséquent. Ce groupe réunit 8 membres d'abord apparus de façon isolée: - Captain Metropolis (Nelson Gardner, formé chez les Marines et qui est l’initiateur de ce projet) - le Juge Masqué (historiquement le premier justicier en costume). - la Silhouette (la sulfureuse Ursula Zandt) - le Spectre Soyeux (Sally Juspeczyk, plus connue sous le nom de Sally Jupiter, une starlette devenue redresseuse de torts) - le Comédien (Edward Morgan Blake, le cadet de la bande) - le Hibou (Hollis Mason, qui publiera ensuite ses Mémoires, dont on retrouve des extraits dans le roman graphique) - l’homme-insecte (Byron Lewis qui sombrera plus tard dans l’alcoolisme et la dépression) - Dollar Bill (un athlète vedette de l'université du Kansas employé comme super-héros maison par une banque nationale). C’est une bonne idée également que de partir du livre de Hollis Mason (alias le Hibou I) pour exploiter un récit qui se tient. Sous le masque décrit par conséquent les conflits au sein de ce groupe soi-disant uni. Nous allons avoir droit à de réelles révélations ! Il y aura quelques passages difficiles notamment concernant les enfants victimes d’atrocités sans nom de la part d’un super-héros pédophile. On découvre également les exploits fabriqués afin de construire la légende de ces super-héros. En fait, ce sont des personnes qui courent après la notoriété et l’argent hormis quelques exceptions comme la silhouette ou l’homme-insecte. Before Watchmen n’apportera finalement pas grand-chose à l’œuvre originale et unique que constitue le monumental Watchmen. Cependant, c’est une lecture qui peut emmener les lecteurs à découvrir l’œuvre qui a révolutionné le regard sur les super héros. Bref, c’est un titre d’une rare maîtrise servi par un dessin de qualité. Il faut dire que Minutemen montre la guerre des égo entre ces justiciers et que ce juge masqué avait une relation sadomasochiste avec le capitaine Métropolis. Sans compter que Bill Dollar était homophobe. On découvre véritablement la face cachée de ces personnages qui étaient assez secondaires dans l’œuvre phare. C’est intéressant que d’avoir cette approche sur les aspects sombres entre dépression, alcoolisme, sexualité et superficialité. Bref, un super-héros n’est pas forcément quelqu’un de bon. J’ai été assez surpris du contraste entre un dessin assez cartoon et une œuvre plutôt sombre. Cependant, j’ai franchement bien aimé cette disposition qui est certes déstabilisante mais avec un charme fou. Au final, Minutemen se révèle passionnant à souhait. C’est un premier titre qui augure que du meilleur pour la suite n’en déplaise à Alan Moore qui s’est désolidarisé de ce projet. En ce qui me concerne, il faut posséder la collection entière pour ceux qui ont réellement aimé Watchmen. Je retiens surtout un projet ambitieux allant plus loin que de combler les trous. Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale: 4.25/5
Watchmen
Lorsque j’ai découvert Watchmen, j’ai été littéralement submergé par une émotion nouvelle que j’avais rarement ressentie à la lecture d’un comics. Je découvrais une véritable merveille sur le sens de la vie dans le chaos du monde. Il faut dire que dès sa sortie en 1986, cette œuvre avait bouleversé le monde de la bande dessinée en remportant successivement la plupart des prix et récompenses. Le succès a été tout de suite au rendez-vous. Les critiques ont été élogieuses. Il faut comprendre que ce n’est pas une œuvre comme les autres. Elle a un côté innovateur et sophistiqué qui la place loin devant les autres. C’est une œuvre qui fait référence. Le monde du comics a changé après Watchmen en devenant un peu plus mature. Tout d’abord, on observe un style narratif incomparable avec une lecture sur plusieurs niveaux ! Que dire également de ces cases d'une sidérante beauté visuelle! Et pour couronner le tout, nous avons droit à un scénario intelligent et maîtrisé! Cette BD révèle une véritable personnalité artistique. C'est un style hors du commun qui pousse la qualité de cette histoire à un très haut niveau. A côté de cette BD, l'autre Monument Amour du comics Batman - Dark Knight fait vraiment pâle figure. Chaque case est à étudier avec parcimonie car il y a des détails qui paraissent insignifiants à première vue et qui se révèlent importants pour la compréhension de l'histoire. Une œuvre d'art sensorielle où l'auteur capture le secret des êtres au coin d'un regard. On pénètre dans l'intimité de ces supers héros avec un certain parti pris mais qui peut varier selon la perspective d'un personnage à l'autre. Les rapports entre eux sont complexes et évolutifs. Cela plaît à un public qui va au-delà du super héros caricatural. Sur fond d'une actualité inquiétante à l'époque de la guerre froide, cette intrigue a un final tout à fait étonnant. Les auteurs ont imaginé une uchronie où Nixon aurait encore gardé le pouvoir car la guerre du Viêt-Nam aurait été gagnée par les Etats-Unis. Cette fine équipe qui compose les gardiens est constituée des personnages suivants : - Rorschach (Walter Kovacs, le justicier psychotique au masque évoquant les tâches d’encre du fameux test) - Le Spectre soyeux II (Laurel Jane Juspeczyk, dite Jupiter, fille du premier Spectre et seconde compagne du Dr Manhattan). - Le Hibou II (Dan Dreiberg, successeur "adoubé" par le premier Hibou, Hollis Mason). - Ozymandias (Adrian Veidt, alias "homme le plus intelligent du monde" et athlète émérite) - Le Comédien (Edward Morgan Blake alias le psychopathe désabusé de la bande) - Docteur Manhattan (Jon Osterman alias « Dieu existe et il est américain ») Un film en 2009 réalisé par Zack Snyder est venu couronnée l’adaptation de ce roman graphique hors norme. Il a bénéficié en règle générale de très bonnes critiques en provenance de la Presse. Cependant, le public qui s’attendait à voir de gentils super-héros à la façon 4 fantastiques a été plutôt dérouté. Le comédien qui est assassiné au début est un véritable salopard. Le Dr Manhattan alias l’homme bleu est plutôt froid… Un mauvais bouche à oreille a alors commencé à fonctionner. On pensait que les néophytes allaient s’intéresser à cette bd. C’est vrai que les fans n’ont pas été déçus car la version cinématographique est assez fidèle au comics. Et dire que les gardiens ont été réputé inadaptable au cinéma ! Le thème principal est la fin du monde. Il faut dire que l’horloge de l’apocalypse avance de minutes en minutes. Minuit sur l'horloge représentait une catastrophe mondiale, la fin de la civilisation telle qu'on la connaît. J’ai adoré cette référence à ce qui existe réellement. A noter que depuis le 22 janvier 2015, l'horloge affiche minuit moins trois (23:57). Il faut bien avouer que cette œuvre n’est pas à la portée de tout le monde de par son approche. Il faut le savoir et l’accepter. Les lecteurs de la bd à papa ou à grand-papa peuvent oublier car ce n’est pas leur code ou leur registre à moins de transcender. Il faut «parvenir» à aimer en décortiquant certains critères purement objectifs. Cela ne sera pas facile pour le lecteur qui doit disposer de beaucoup de patience. Le nirvana est tout au bout du chemin ! Un plaisir total garanti pour ce que je qualifie de culte tant son apport a été riche pour un renouvellement de la BD. Si seulement toutes les BD procuraient un tant soit peu cette perfection ! Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
L'Encyclopédie des débuts de la Terre
Un album magique! Ceux qui ont aimé des albums comme Dieu qui pue, Dieu qui pète ou Le Jardin armé et autres histoires ne doivent pas passer à côté. Au menu : un graphisme faussement naïf au service d'intrigues mythologiques d'une grande profondeur thématique. Malgré les nombreux récitatifs, les intrigues à tiroir, tout est léger, parfois carrément drôle. Un petit bijou.
Fausse Route
Ca c'est de la BD noire, du roman graphique, des références aux films hollywoodiens des années 40 et 50. Il y a une tension qui court tout au long de l'histoire magnifiée par le coup de pinceau de V. Gravé. Ce mec est fabuleux, il arrive avec presque rien à vous mettre une atmosphère qui vous plonge dans l'ambiance? Au début on se dit que ce qu'il dessine est un peu brut de décoffrage, mais petit à petit on se rend compte que c'est, comment dire, immergeant? D'accord je viens de le rencontrer à Angoulême, dispo, sympa et ouvert mais cela ne m'empêche de rester un brin objectif que ce qu'il fait est du grand art. Certains diront que le scénario est convenu, et bien oui, nous sommes dans le polar avec ses codes, mais ne boudons pas notre plaisir et j'invite tout ceux qui liront cet avis à faire la démarche de tenter la lecture. Et encore bravo à ce dessin qui paraît simple mais montre beaucoup plus qu'il ne semble;
Les Aventures de Proutman
Je suis un des auteurs de Grrrart édition mais je sais rester objectif ! J'ai vraiment aimé cette série car je la trouve intelligente dans le sens populaire du terme ! Bien faite, bien écrite, drôle, originale sur un thème large mais aussi qui s'adresse à tous, Geg ici nous fait passer un très bon moment en compagnie d'un héros hyper attachant et d'un génie vraiment marrant ! Et avec ce thème hyper universel qu'est le Prout, Geg nous emmène dans un monde où on parle d'écologie, de respect, d'enfant battue et tant de thèmes très difficiles à montrer aux enfants... L'ensemble est très bon ! Vraiment n'hésitez pas une seconde à l'acheter et en parler à tout le monde ! Vous allez rire ! Patfawl
Undertaker
Un croque-mort doit remplir un contrat avant même le décès de son client, qui n'est autre qu'un riche homme d'affaire ayant fait fortune sur le dos d'un village minier exploité jusqu'à la moëlle par ce sale type. Donc forcément la question de la succession fait des envieux, voilà comment rendre les aventures d'un croque-mort intéressantes. Loin de l'image stéréotypée et comique donné par Lucky Luke, notre croque-mort est ici un homme que l'on sent ravagé par la vie, inhabituellement habile dans le maniement des armes et profondément plus humain que son homologue créé par Goscinny. Il est aussi beaucoup plus noir et badass, une vraie gueule cassée tout droit sorti des films de genre qui ont tant inspiré Dorison. Ce premier tome raconte une aventure palpitante et l'on n'a qu'un regret à la fin de la lecture : celui d'attendre la sortie du prochain tome. Le dessin est lui aussi réussi, et sert parfaitement le récit. Il un peu tôt pour passer cette série au rang de culte, mais quel album! Ma note sera plus élevée si les prochains tomes sont du même acabit, en tout cas rien à reprocher à ce premier opus.
Buffalo Runner
J'ai découvert cet auteur avec le fantastique triptyque de L'Auberge du Bout du Monde, il y a quelques années, puis avec le lumineux mais néanmoins inachevé Ewen et ensuite Canoë Bay . Avec cet album, Tiburce Oger, seul aux commandes, nous livre là une histoire formidable qui revisite toute l'épopée du far-west. Le scénario oscille sans cesse entre le film "Little big man" (avec une narration assez proche d'un vieillard qui se confie) et Buffalo Bill, véritable mythe américain. Les premières pages de l'album donnent le ton à l'histoire, une histoire sans pitié et cruelle, comme celle de la conquête de l'Ouest, rapidement évoquée ici sous le prétexte de découvrir la vie d'Edmund Fisher. J'ai adoré la période avec le marquis de Morès, qui nous ramène à notre histoire à travers Pétain ou Maurras. Ayant acheté l'album sous la format du tirage de luxe, grand format, je suis resté scotché par la beauté des planches. Les pleines pages sont formidables et les dessins, couleurs, et mouvements sont remarquables. Avant de me lancer littéralement dans la lecture de l'album, j'ai longuement feuilleté les pages pour y admirer le dessin élancé, les cadrages audacieux, et les couleurs de Tiburce Oger. Je ne regrette pas ,au contraire, le choix vers le grand format qui offre à cet histoire l'espace qu'elle mérite. Le western est à l'honneur en ce début d'année 2015 ,avec Hermann qui revient à ses classiques avec Sans Pardon (avec la complicité d'Yves H.) ou encore avec Ralph Meyer & Xavier Dorison qui rivalisent d'imagination pour rejoindre Giraud & Charlier sur Blueberry. Un très bon album que je recommande.
Undertaker
Sur la couverture d'Undertaker, un sticker annonce : « Le plus grand western depuis Blueberry ». Je ne sais pas si c'est vrai, mais j'avoue que, pour une fois, la comparaison n'est pas usurpée ! Xavier Dorison choisit de mettre en scène Jonas Crow, un croque-mort du Far-West, comme ceux qui jalonnent les aventures de Lucky Luke en se frottant sinistrement les mains dès qu'un duel se prépare. Il reprend tous les clichés : le costume noir, l'air sinistre, le vautour… mais dote en plus son personnage d'un solide sens de l'humour (ses sermons improvisés valent leur pesant de whisky frelaté, exemple : « tu laisseras ton prochain faire ses conneries tant que c'est avec son blé et avec son cul ») et aussi d'une probité à toute épreuve (quand on le paye pour enterrer un mort, on peut lui faire confiance pour mener la mission à son terme quitte à en faire quelques autres). L'histoire est a priori simple. Un tyranneau local décide de mettre fin à ses jours, mais auparavant, il boulotte son or pour emporter, au sens propre, sa fortune dans sa tombe. Crow, accompagné de la gouvernante coincée du défunt (dans le style Katharine Hepburn dans Une Bible et un Fusil), est chargé des funérailles… Mais bien sûr, rien ne va comme prévu, et toute la ville se met aux trousses du cercueil. On quitte vite les références aux westerns policés de l'âge d'or hollywoodien pour lorgner vers l'inspiration spaghetti, dans un mode baroque et violent, du style Tire encore si tu peux. Le rythme du récit est soutenu, et réserve de beaux rebondissements. Les dialogues sont vifs, émaillées de répliques hilarantes. Dorison est en très grande forme. Je pense que cet Undertaker restera une de ses meilleures séries. En tous cas, le premier opus donne clairement envie de lire la suite ! Au dessin, Dorison retrouve l'excellent Ralph Meyer, avec lequel il a déjà commis un Asgard de bonne facture (mais dont l'histoire en deux tomes n'avait à mon avis pas la même ampleur). En tous cas, Meyer est tout à fait à l'aise dans l'ambiance western. Son trait est alerte pour donner vie aux personnages (belles galerie de trognes “sergioléonesques”), minutieux juste-ce-qu'il-faut pour les décors, inventif pour les cadrages, et il est rehaussé par une mise en couleur qui magnifie les ambiances. Je trouve que l'on est plus près du dessin de Michel Rouge quand il a repris Comanche que du Blueberry de Jean Giraud. Mais ce n'est pas grave, nul n'est tenu de tutoyer les dieux, et l'ensemble est digne des meilleurs albums du Bouncer de François Boucq, ou du Jerry Spring de Jijé… Voilà à quel haut niveau on se situe. Annoncé à grand renfort de publicités dithyrambiques par l'éditeur, je l'attendais impatiemment, et l'envoi de cette nouvelle série tient finalement toutes ses promesses. Longue vie à l'Undertaker !