A cette époque BD thèque était encore dans les limbes. S'il avait existé, nul doute que sur ce site chéri j'aurais mis la note maximale. Rappelons-nous qu'en ces années au niveau de la BD de SF il existait bien sur des choses mais pas au point de nous asséner cette claque visuelle et scénaristique. Récit futuriste mais aussi d'anticipation au sens que l'histoire décrit un monde qui n'est peut être pas si éloigné, hélas, de ce qu'il pourrait devenir un jour.
Dans un monde fascisant avec les nantis d'un côté et les rebuts de la société de l'autre, l'irruption soudaine d'une pyramide égyptienne dans laquelle les anciens dieux de l’Égypte voyagent, va dérégler une société gangrénée, sclérosée.
Dire qu'à l'époque de sa sortie j'ai scotché sur cette histoire n'est rien de le dire ! En pleine période Métal Hurlant, Rollerball viendrait ensuite Blade Runner, c'était le grand pied pour l'amateur lambda de SF qui visualisait enfin ses fantasmes sur papier.
C'est noir, c'est pessimiste, c'est glauque, sans espoir, mais quelle patate. Depuis Bilal est à mon sens parti dans un autre genre, plus pictural, plus peintre que véritable dessinateur de BD. C'est un grand illustrateur et cette trilogie restera pour moi son grand œuvre dans le genre. A lire bien sûr et sûrement à posséder.
Assez refroidi ou plutôt lassé par les BD de Tardi sur la période de la guerre 14/18, c'est avec un peu de méfiance mais en même temps l'espoir d'être surpris que je me suis lancé dans cette lecture. D'entrée de jeu,je me suis dit qu'il allait falloir que je prennes tout mon temps pour bien apprécier l'ensemble. Je n'ai pas été déçu.
D'autres avis l'ont dit avant moi, mais ce noir et blanc est franchement fabuleux, s'y ajoute quelques teintes sépia et des taches de couleurs qui renforcent le propos. La couverture n'est pas forcément de celles que l'on voudrait mettre dans son salon mais quelle accroche!
Passé la beauté du dessin il y a une histoire très forte qui s'aventure vers le fantastique et l'onirisme mais sans jamais partir en sucette. L'histoire est forte avec son lot de drames, d'absurdité et même d'humour. C'est bien sur une approche différente de ce que propose Tardi mais le propos n'est en rien atténué dans la dénonciation de la bêtise humaine et la propension de l'homme à se foutre sur la tronche. Je conseille vivement la lecture de cette bande et l'achat si vous y trouvez votre compte, ce qui ne saurais manquer d'être !
Mon dieu que j'adore ces albums ! Pour moi le 5/5 est amplement mérité. Margerin manie l'humour à merveille, que cela soit dans le visuel ou les dialogues. C'est exquis.
Son style de dessin, est compréhensible, fourmille de détails (enfin surtout quant il s'agit de gags d'arrière plans) et possède un petit coté chaleureux (même si il viendra plus avec le temps) rendant la lecture agréable.
Quand on allie ça à des gags vraiment bons cela donne des sketchs cultes.
Lucien est un (anti) héro vraiment attachant. En effet on s'identifie à lui, certaines des histoires nous font ressentir de la compassion pour lui. Et les personnages secondaires sont vraiment drôles et variés.
Les mini histoires où Lucien et sa bande n'apparaissent pas sont tout aussi plaisantes et elles permettent une diversité et d'éviter une redondance des personnages.
Ces quelques longs scénarios sont vraiment bons. Y'a très peu de temps morts (sauf peut être pour "toujours la banane"), les situations sont vraiment intéressantes à suivre et c'est très drôle.
L'idée de faire vieillir son personnage est une bonne idée, cela amène son lot de bonnes idées, et en plus la qualité n'as pas baissé (peut être pour "Tel père, tel fils") ce qui est gage de qualité.
Tout ça pour dire que pour moi Lucien est un personnage incontournable de la BD franco-belge au même titre que Gaston Lagaffe, et que pour passer un bon moment, décompressez ou je ne sais quoi d'autre pour se sentir bien lire un album Lucien est une bonne idée.
Je recommande fortement.
Ben oui ça dégouline de bons sentiments, oui c'est une histoire totalement absurde quant au fond. D'accord les morts ne reviennent pas. J'ai envie de dire : Putain de bordel de merde de pompe à clous de chiottes!!
Et si au moins pour une fois, une toute petite fois, l'homme arrivait à se dire qu'effectivement ce n'est pas être une grosse pédale, une fiotte, un bisounours, que d'avoir un minimum d’empathie pour l'autre, de se dire une fois que si l'on fait un minimum d'effort, vraiment un minimum, même à notre petite échelle, les choses ne seraient pas forcément plus roses, mais au moins un peu moins grises.
Sur cette BD je ne parlerai même pas du dessin qui dans son style est même plutôt sympa mais je voudrais vraiment que l'on s'attache au fond. Car que nous dit-elle cette histoire ? Au départ une simple d'esprit voit revenir son enfant mort et jusqu'à la fin mime les gestes de la maternité puis de l'éducation. Ça veut dire quoi ? Qui est fou ? La mère qui souffle les bougies de l'anniversaire de sa fille morte ? Les habitants de la rue qui font des risettes à l'enfant ? Le curé qui baptise une fille morte née qu'il a enterrée il y a deux mois ?
Alors ben oui c'est une histoire extraordinaire, c'est pas en vrai, a priori ça n'existe pas, mais qu'importe ce qui compte surtout c'est cette formidable leçon de vie ou l'on tient compte de l'autre. Je ne voudrais pas faire mon philosophe de salon mais si ça c'est pas une leçon de vie dont il serait urgentissime de se faire une devise, ben j'ai rien compris. Attention, je ne dis pas que dans votre bled il faut commencer à accompagner une mamie morte et invisible pour aller chercher le pain, mais peut-être juste de regarder autour de soi et d'essayer de comprendre. Hautement recommandable, à lire.
Dès la première page, c'est une vraie splendeur ! la perfection du dessin emporte l'admiration ; les 2 premières pages ont une puissance évocatrice indéniable pour rappeler le souffle du Romantisme, avec le poète écrivant face aux flots chaotiques sous un ciel incertain, c'est une vision très parlante, que l'on retrouve sur la couverture d'album. J'avais pu admirer le dessin de Paturaud sur Les Passants du Clair de Lune, Succubes et Les Contes de l'Ankou, mais ici son trait confine à la pureté, j'aime beaucoup ce style graphique, il est idéal pour ce sujet ; les visages de femmes sont magnifiques, les visages célèbres bien reproduits, les décors aussi ne sont pas oubliés et sont parfaits, avec des pleine-pages. Le rendu est si beau et si bien documenté sur les costumes et les architectures que j'ai passé du temps à contempler les cases pour que rien n'échappe à mon oeil inquisiteur.. bref un véritable régal, une joie sans pareille.
Cette Bd m'a grandement attiré, non seulement par son traitement graphique, mais aussi à cause de mon attachement à Victor Hugo et son oeuvre. Il y a aussi une autre raison : en effet, c'est d'autant plus troublant que je me suis rendu 3 fois sur les lieux même du drame de Villequier, j'y ai vu les tombes du cimetière, la statue d'Hugo pleurant sur la rive de la Seine, avec à ses pieds cette simple plaque et ce vers "Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent, je le sais ô mon Dieu !". J'ai visité aussi le Musée Victor Hugo installé dans l'ancienne maison des Vacquerie, bien reproduite dans ces pages.
Le scénario développé par les auteurs, brode une histoire peut-être un peu fantaisiste au sujet de la mort de Léopoldine et de son mari, qui ne serait pas due au mascaret ; bon, c'est un parti-pris comme un autre, et après tout on peut l'accepter. J'ignore comment est le mascaret sur la Seine, mais je peux dire que vers chez moi, sur la Garonne, à une centaine de km de l'estuaire de la Gironde, c'est parfois si violent que les surfers se laissent glisser sur la vague sur une longue distance, ça peut donc faire chavirer une barque..
Ce qui est intéressant aussi dans cet album, c'est l'investigation de Victor Hugo qui, avide de vérité, cherchant à savoir les causes de la mort de sa fille chérie, plonge dans le Paris de la misère, il y rencontre des personnages pittoresques comme Thénard (qui deviendra le sinistre Thénardier), Vidocq (qui lui inspirera Javert) et Gavroche... tout ceci marquera sa mémoire tandis que germe l'idée des Misérables. Le rendu est donc excellent de ce côté, ajouté à un peu de spiritisme et une injustice judiciaire méconnue.
L'album se termine par un passionnant dossier sur Hugo et son temps, au moment des faits, le drame de Villequier, l'exil à Jersey et Guernesey, le Paris populaire sous le Second Empire, Vidocq, Haussmann, Juliette Drouet et les autres personnages réels et importants vus dans cette Bd... Une lecture dont je suis sorti ébloui et ravi.
Alors là !!
BD coup de poing !!
Un récit poignant sans concession. À découvrir d'urgence.
Cette BD est autobiographique, on ne trouvera pas de nains magiques, pas de personnages imaginaires aux oreilles pointus, pas d'étoiles filantes ni feux d’artifices.
C'est brut, c'est dur et c'est ça qui rend la chose si intéressante.
C'est sans artifice et sans détour que l'auteur nous dévoile son histoire, celle de sa famille.
La vie telle qu'elle peut être ressentie à travers les yeux d'un petit garçon d’à peine 10 ans.
Son quotidien est d'apparence tranquille, sans remue-ménage particulier.
Petit à petit on s’immisce dans l'intimité de cette famille. Doucement, mais sûrement l'auteur nous montre comment quelques phrases, quelques non-dit peuvent faire glisser le château de cartes.
Sujet complexe et délicat, aborder l'alcoolisme de sa mère est une sacrée prouesse narrative.
Le dessin et la colorisation sont sobres, le découpage est classique, ce qui permet de mettre en valeur le récit et il est très bon. Il mérite cette mise en avant.
Tout en pudeur et sans jugement, mais sans aucune concession, le récit se déroule.
Il pose des questions qui restent sans réponse, du moins c'est à chacun de trouver sa réponse.
Comment en arrive-t-on là ?
Est-ce que l'on peut rejeter la faute sur quelqu'un ? D'ailleurs est-ce vraiment la faute de quelqu'un ?
Le regard sur ces événements, sur cette vie, est-il différent si l'on a dix ans ou trente ans ?
Lorsque l'on devient responsable d'un enfant à son tour, le brouillard épais se dissipe, des explications se profilent.
Mais cela ne peut pas être l'unique vérité.
Car elle n'existe pas.
Ouarfff ! Voilà un album qu’il est poilant !
La majeure partie de l’album est muette, et décrit par le menu les (més)aventures d’une sorte de petit singe, qui tente de survivre dans un monde préhistorique.
Son principal prédateur et adversaire est un tigre à dents de sabre malmené par les événements. Au passage, cela me rappelle le léopard qui tente désespérément de becqueter un Marsupilami et qui échoue lamentablement à chaque fois. Cette traque ratée est source de nombreux gags.
Cette partie muette se lit vite et bien, est vraiment réussie, drôle, le dessin de Winshluss, dans un Noir et Blanc un peu brouillon, étant parfait pour coller à l’intrigue.
Un long épilogue avec dialogues, situé au XIXème siècle, me paraissait incongru au début, mais finalement, il amène de manière judicieuse la chute, elle aussi très amusante et « édifiante ».
Quelques années avant son chef d’œuvre, « Pinocchio », Winshluss avait déjà réalisé un chouette album, peut-être un peu moins ambitieux, mais absolument à redécouvrir !
Une énième relecture me fait ajouter une étoile à ce petit bijou !
Quelques années après La Nouvelle aux pis, et dans la même veine (saignante ?), Stéphane Blanquet publie chez Cornélius cette Vénéneuse. L’album est encore plus noir – et plus épais ! C’est encore une fois un album muet, et qui peut laisser pantois…
On y retrouve, traités dans de superbes ombres chinoises, certains thèmes récurrents chez Blanquet : corps difformes, insectes, arbres sans feuille, plantes à épines (les décors donnent toujours plus dans le saillant que dans l’arrondi chez lui), connotation sexuelle souvent exacerbée, tout en restant « suggérée » par le jeu des ombres, humanité et animalité mal délimitées (et le « jeu » se complique avec l’utilisation de masques – ici de cochon).
Œuvre expressionniste – je pense à la petite fille/poupée démantibulée de « La Prager Strasse » d’Otto Dix, mais aussi et surtout œuvre expressive, de laquelle coule, suinte du sang noir. Mais il y a aussi des affinités avec certains artistes surréalistes – ou proches de leurs préoccupations, comme Hans Bellmer ou Pierre Molinier. Une œuvre proche aussi des préoccupations de Bataille.
Mais on peut aussi l’apprécier sans avoir en tête ces références : c’est un long poème fantastique et noir, de cette beauté qui touche mais qu’on n’explique pas. Envoûtant !
Je voudrais finir en rendant hommage à l’éditeur, Cornélius, à la fois courageux et inspiré, qui ose publier ce genre d’œuvre atypique. Et surtout qui le fait avec le talent et le goût sûr de celui qui « se » fait plaisir avant de nous contenter. Merci !
Allez hop! Comme mon précédent camarade je ne vais que vous louer ce petit bijou de délire, de coups de gun en pleine face mais qui néanmoins sait garder le cap et ne nous perd jamais. J'aurais pu faire un bête copier coller de l'avis de PAco. Sachez que cette histoire est hautement jubilatoire, le monde dans lequel les personnages évoluent réserve de bonnes et belles surprises: le brasier, les enroncets (sorte de plantes carnivores), les fleurs de quartz.
Hormis le côté je dégomme à tout va, il y a ici ou là, quelques réflexions bien senties sur le pouvoir des médias, l'abêtissement de foules et la manipulation qui sont plutôt pas mal. Mais attention pas de prise de tête, énormément de fun, de l'action, un récit bien construit et quelques cases plus qu'agréables à regarder.
Le bougre d'avant ayant perdu toutes ses ratiches, il a omis de vous engager à lire et acheter ce petit concentré d'action, d'humour qui mêle la SF et le western à la Tarantino. Courez y.
Carl Barks... j'ai ignoré ce nom presque toute ma vie. Je savais seulement que quelqu'un devrait être le génie créateur de ces histoires et aventures si différentes! L'humour, la folie, les sentiments et émotions (compétition et haine, passion, obsessions, vraie amitié et héroisme aussi...), l'action, le mouvement et l'expression des dessins! Les personnages, bons et mauvais (tant de vilains géniaux!). Vous avez en français l'opportunité de lire ou d'avoir toute son oeuvre, ou presque...environ 6000 pages entre 1942(?) et 1968(?)...je crois.
La morale de toute cette histoire: l'histoire n'a pas de morale!
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La Trilogie Nikopol
A cette époque BD thèque était encore dans les limbes. S'il avait existé, nul doute que sur ce site chéri j'aurais mis la note maximale. Rappelons-nous qu'en ces années au niveau de la BD de SF il existait bien sur des choses mais pas au point de nous asséner cette claque visuelle et scénaristique. Récit futuriste mais aussi d'anticipation au sens que l'histoire décrit un monde qui n'est peut être pas si éloigné, hélas, de ce qu'il pourrait devenir un jour. Dans un monde fascisant avec les nantis d'un côté et les rebuts de la société de l'autre, l'irruption soudaine d'une pyramide égyptienne dans laquelle les anciens dieux de l’Égypte voyagent, va dérégler une société gangrénée, sclérosée. Dire qu'à l'époque de sa sortie j'ai scotché sur cette histoire n'est rien de le dire ! En pleine période Métal Hurlant, Rollerball viendrait ensuite Blade Runner, c'était le grand pied pour l'amateur lambda de SF qui visualisait enfin ses fantasmes sur papier. C'est noir, c'est pessimiste, c'est glauque, sans espoir, mais quelle patate. Depuis Bilal est à mon sens parti dans un autre genre, plus pictural, plus peintre que véritable dessinateur de BD. C'est un grand illustrateur et cette trilogie restera pour moi son grand œuvre dans le genre. A lire bien sûr et sûrement à posséder.
Les Folies Bergère
Assez refroidi ou plutôt lassé par les BD de Tardi sur la période de la guerre 14/18, c'est avec un peu de méfiance mais en même temps l'espoir d'être surpris que je me suis lancé dans cette lecture. D'entrée de jeu,je me suis dit qu'il allait falloir que je prennes tout mon temps pour bien apprécier l'ensemble. Je n'ai pas été déçu. D'autres avis l'ont dit avant moi, mais ce noir et blanc est franchement fabuleux, s'y ajoute quelques teintes sépia et des taches de couleurs qui renforcent le propos. La couverture n'est pas forcément de celles que l'on voudrait mettre dans son salon mais quelle accroche! Passé la beauté du dessin il y a une histoire très forte qui s'aventure vers le fantastique et l'onirisme mais sans jamais partir en sucette. L'histoire est forte avec son lot de drames, d'absurdité et même d'humour. C'est bien sur une approche différente de ce que propose Tardi mais le propos n'est en rien atténué dans la dénonciation de la bêtise humaine et la propension de l'homme à se foutre sur la tronche. Je conseille vivement la lecture de cette bande et l'achat si vous y trouvez votre compte, ce qui ne saurais manquer d'être !
Lucien
Mon dieu que j'adore ces albums ! Pour moi le 5/5 est amplement mérité. Margerin manie l'humour à merveille, que cela soit dans le visuel ou les dialogues. C'est exquis. Son style de dessin, est compréhensible, fourmille de détails (enfin surtout quant il s'agit de gags d'arrière plans) et possède un petit coté chaleureux (même si il viendra plus avec le temps) rendant la lecture agréable. Quand on allie ça à des gags vraiment bons cela donne des sketchs cultes. Lucien est un (anti) héro vraiment attachant. En effet on s'identifie à lui, certaines des histoires nous font ressentir de la compassion pour lui. Et les personnages secondaires sont vraiment drôles et variés. Les mini histoires où Lucien et sa bande n'apparaissent pas sont tout aussi plaisantes et elles permettent une diversité et d'éviter une redondance des personnages. Ces quelques longs scénarios sont vraiment bons. Y'a très peu de temps morts (sauf peut être pour "toujours la banane"), les situations sont vraiment intéressantes à suivre et c'est très drôle. L'idée de faire vieillir son personnage est une bonne idée, cela amène son lot de bonnes idées, et en plus la qualité n'as pas baissé (peut être pour "Tel père, tel fils") ce qui est gage de qualité. Tout ça pour dire que pour moi Lucien est un personnage incontournable de la BD franco-belge au même titre que Gaston Lagaffe, et que pour passer un bon moment, décompressez ou je ne sais quoi d'autre pour se sentir bien lire un album Lucien est une bonne idée. Je recommande fortement.
Lydie
Ben oui ça dégouline de bons sentiments, oui c'est une histoire totalement absurde quant au fond. D'accord les morts ne reviennent pas. J'ai envie de dire : Putain de bordel de merde de pompe à clous de chiottes!! Et si au moins pour une fois, une toute petite fois, l'homme arrivait à se dire qu'effectivement ce n'est pas être une grosse pédale, une fiotte, un bisounours, que d'avoir un minimum d’empathie pour l'autre, de se dire une fois que si l'on fait un minimum d'effort, vraiment un minimum, même à notre petite échelle, les choses ne seraient pas forcément plus roses, mais au moins un peu moins grises. Sur cette BD je ne parlerai même pas du dessin qui dans son style est même plutôt sympa mais je voudrais vraiment que l'on s'attache au fond. Car que nous dit-elle cette histoire ? Au départ une simple d'esprit voit revenir son enfant mort et jusqu'à la fin mime les gestes de la maternité puis de l'éducation. Ça veut dire quoi ? Qui est fou ? La mère qui souffle les bougies de l'anniversaire de sa fille morte ? Les habitants de la rue qui font des risettes à l'enfant ? Le curé qui baptise une fille morte née qu'il a enterrée il y a deux mois ? Alors ben oui c'est une histoire extraordinaire, c'est pas en vrai, a priori ça n'existe pas, mais qu'importe ce qui compte surtout c'est cette formidable leçon de vie ou l'on tient compte de l'autre. Je ne voudrais pas faire mon philosophe de salon mais si ça c'est pas une leçon de vie dont il serait urgentissime de se faire une devise, ben j'ai rien compris. Attention, je ne dis pas que dans votre bled il faut commencer à accompagner une mamie morte et invisible pour aller chercher le pain, mais peut-être juste de regarder autour de soi et d'essayer de comprendre. Hautement recommandable, à lire.
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Dès la première page, c'est une vraie splendeur ! la perfection du dessin emporte l'admiration ; les 2 premières pages ont une puissance évocatrice indéniable pour rappeler le souffle du Romantisme, avec le poète écrivant face aux flots chaotiques sous un ciel incertain, c'est une vision très parlante, que l'on retrouve sur la couverture d'album. J'avais pu admirer le dessin de Paturaud sur Les Passants du Clair de Lune, Succubes et Les Contes de l'Ankou, mais ici son trait confine à la pureté, j'aime beaucoup ce style graphique, il est idéal pour ce sujet ; les visages de femmes sont magnifiques, les visages célèbres bien reproduits, les décors aussi ne sont pas oubliés et sont parfaits, avec des pleine-pages. Le rendu est si beau et si bien documenté sur les costumes et les architectures que j'ai passé du temps à contempler les cases pour que rien n'échappe à mon oeil inquisiteur.. bref un véritable régal, une joie sans pareille. Cette Bd m'a grandement attiré, non seulement par son traitement graphique, mais aussi à cause de mon attachement à Victor Hugo et son oeuvre. Il y a aussi une autre raison : en effet, c'est d'autant plus troublant que je me suis rendu 3 fois sur les lieux même du drame de Villequier, j'y ai vu les tombes du cimetière, la statue d'Hugo pleurant sur la rive de la Seine, avec à ses pieds cette simple plaque et ce vers "Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent, je le sais ô mon Dieu !". J'ai visité aussi le Musée Victor Hugo installé dans l'ancienne maison des Vacquerie, bien reproduite dans ces pages. Le scénario développé par les auteurs, brode une histoire peut-être un peu fantaisiste au sujet de la mort de Léopoldine et de son mari, qui ne serait pas due au mascaret ; bon, c'est un parti-pris comme un autre, et après tout on peut l'accepter. J'ignore comment est le mascaret sur la Seine, mais je peux dire que vers chez moi, sur la Garonne, à une centaine de km de l'estuaire de la Gironde, c'est parfois si violent que les surfers se laissent glisser sur la vague sur une longue distance, ça peut donc faire chavirer une barque.. Ce qui est intéressant aussi dans cet album, c'est l'investigation de Victor Hugo qui, avide de vérité, cherchant à savoir les causes de la mort de sa fille chérie, plonge dans le Paris de la misère, il y rencontre des personnages pittoresques comme Thénard (qui deviendra le sinistre Thénardier), Vidocq (qui lui inspirera Javert) et Gavroche... tout ceci marquera sa mémoire tandis que germe l'idée des Misérables. Le rendu est donc excellent de ce côté, ajouté à un peu de spiritisme et une injustice judiciaire méconnue. L'album se termine par un passionnant dossier sur Hugo et son temps, au moment des faits, le drame de Villequier, l'exil à Jersey et Guernesey, le Paris populaire sous le Second Empire, Vidocq, Haussmann, Juliette Drouet et les autres personnages réels et importants vus dans cette Bd... Une lecture dont je suis sorti ébloui et ravi.
Mal de mère
Alors là !! BD coup de poing !! Un récit poignant sans concession. À découvrir d'urgence. Cette BD est autobiographique, on ne trouvera pas de nains magiques, pas de personnages imaginaires aux oreilles pointus, pas d'étoiles filantes ni feux d’artifices. C'est brut, c'est dur et c'est ça qui rend la chose si intéressante. C'est sans artifice et sans détour que l'auteur nous dévoile son histoire, celle de sa famille. La vie telle qu'elle peut être ressentie à travers les yeux d'un petit garçon d’à peine 10 ans. Son quotidien est d'apparence tranquille, sans remue-ménage particulier. Petit à petit on s’immisce dans l'intimité de cette famille. Doucement, mais sûrement l'auteur nous montre comment quelques phrases, quelques non-dit peuvent faire glisser le château de cartes. Sujet complexe et délicat, aborder l'alcoolisme de sa mère est une sacrée prouesse narrative. Le dessin et la colorisation sont sobres, le découpage est classique, ce qui permet de mettre en valeur le récit et il est très bon. Il mérite cette mise en avant. Tout en pudeur et sans jugement, mais sans aucune concession, le récit se déroule. Il pose des questions qui restent sans réponse, du moins c'est à chacun de trouver sa réponse. Comment en arrive-t-on là ? Est-ce que l'on peut rejeter la faute sur quelqu'un ? D'ailleurs est-ce vraiment la faute de quelqu'un ? Le regard sur ces événements, sur cette vie, est-il différent si l'on a dix ans ou trente ans ? Lorsque l'on devient responsable d'un enfant à son tour, le brouillard épais se dissipe, des explications se profilent. Mais cela ne peut pas être l'unique vérité. Car elle n'existe pas.
Smart monkey
Ouarfff ! Voilà un album qu’il est poilant ! La majeure partie de l’album est muette, et décrit par le menu les (més)aventures d’une sorte de petit singe, qui tente de survivre dans un monde préhistorique. Son principal prédateur et adversaire est un tigre à dents de sabre malmené par les événements. Au passage, cela me rappelle le léopard qui tente désespérément de becqueter un Marsupilami et qui échoue lamentablement à chaque fois. Cette traque ratée est source de nombreux gags. Cette partie muette se lit vite et bien, est vraiment réussie, drôle, le dessin de Winshluss, dans un Noir et Blanc un peu brouillon, étant parfait pour coller à l’intrigue. Un long épilogue avec dialogues, situé au XIXème siècle, me paraissait incongru au début, mais finalement, il amène de manière judicieuse la chute, elle aussi très amusante et « édifiante ». Quelques années avant son chef d’œuvre, « Pinocchio », Winshluss avait déjà réalisé un chouette album, peut-être un peu moins ambitieux, mais absolument à redécouvrir ! Une énième relecture me fait ajouter une étoile à ce petit bijou !
La Vénéneuse aux deux éperons
Quelques années après La Nouvelle aux pis, et dans la même veine (saignante ?), Stéphane Blanquet publie chez Cornélius cette Vénéneuse. L’album est encore plus noir – et plus épais ! C’est encore une fois un album muet, et qui peut laisser pantois… On y retrouve, traités dans de superbes ombres chinoises, certains thèmes récurrents chez Blanquet : corps difformes, insectes, arbres sans feuille, plantes à épines (les décors donnent toujours plus dans le saillant que dans l’arrondi chez lui), connotation sexuelle souvent exacerbée, tout en restant « suggérée » par le jeu des ombres, humanité et animalité mal délimitées (et le « jeu » se complique avec l’utilisation de masques – ici de cochon). Œuvre expressionniste – je pense à la petite fille/poupée démantibulée de « La Prager Strasse » d’Otto Dix, mais aussi et surtout œuvre expressive, de laquelle coule, suinte du sang noir. Mais il y a aussi des affinités avec certains artistes surréalistes – ou proches de leurs préoccupations, comme Hans Bellmer ou Pierre Molinier. Une œuvre proche aussi des préoccupations de Bataille. Mais on peut aussi l’apprécier sans avoir en tête ces références : c’est un long poème fantastique et noir, de cette beauté qui touche mais qu’on n’explique pas. Envoûtant ! Je voudrais finir en rendant hommage à l’éditeur, Cornélius, à la fois courageux et inspiré, qui ose publier ce genre d’œuvre atypique. Et surtout qui le fait avec le talent et le goût sûr de celui qui « se » fait plaisir avant de nous contenter. Merci !
Six-Gun Gorilla
Allez hop! Comme mon précédent camarade je ne vais que vous louer ce petit bijou de délire, de coups de gun en pleine face mais qui néanmoins sait garder le cap et ne nous perd jamais. J'aurais pu faire un bête copier coller de l'avis de PAco. Sachez que cette histoire est hautement jubilatoire, le monde dans lequel les personnages évoluent réserve de bonnes et belles surprises: le brasier, les enroncets (sorte de plantes carnivores), les fleurs de quartz. Hormis le côté je dégomme à tout va, il y a ici ou là, quelques réflexions bien senties sur le pouvoir des médias, l'abêtissement de foules et la manipulation qui sont plutôt pas mal. Mais attention pas de prise de tête, énormément de fun, de l'action, un récit bien construit et quelques cases plus qu'agréables à regarder. Le bougre d'avant ayant perdu toutes ses ratiches, il a omis de vous engager à lire et acheter ce petit concentré d'action, d'humour qui mêle la SF et le western à la Tarantino. Courez y.
La Dynastie Donald Duck
Carl Barks... j'ai ignoré ce nom presque toute ma vie. Je savais seulement que quelqu'un devrait être le génie créateur de ces histoires et aventures si différentes! L'humour, la folie, les sentiments et émotions (compétition et haine, passion, obsessions, vraie amitié et héroisme aussi...), l'action, le mouvement et l'expression des dessins! Les personnages, bons et mauvais (tant de vilains géniaux!). Vous avez en français l'opportunité de lire ou d'avoir toute son oeuvre, ou presque...environ 6000 pages entre 1942(?) et 1968(?)...je crois. La morale de toute cette histoire: l'histoire n'a pas de morale!