Les derniers avis (9714 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Fantômes de Neptune
Les Fantômes de Neptune

Hey les gars et les filles ! vous avez aimé Le Château des étoiles, grande fresque, grosse baffe, hommage à la fois à Jules Vernes et Miyazaki avec des couleurs hallucinantes, dans des pastels de fous et avec des fulgurances de planches telles qu'Alex Alice sait nous en créer depuis longue date. Ici certains crierons au plagiat, à la petite panne de neurones qui fait qu'un auteur s'inspire d'un sujet pour en faire un succédané. Alors oui, Valp, cet auteur dont je n'avais jamais entendu causer, a lu "Le Château" sus nommé. Est-ce un hommage , une pâle copie, un crime de lèse majesté ? Non point, vilains que vous êtes et prompts à la critique, ce récit, premier d'une série qui s'annonce redoutable, est au-delà de cela, parce que oui on sent une patte, une personnalité derrière tout cela. Un trait sûr, un sens de l'intrigue digne d'un vieux routard. Le trait évidement n'est pas sans rappeler celui de Mister Alice mais un poil plus sombre, moins pastel. Je dirais que le dessin est un brin plus gras, mais sans que cette connotation soit péjorative. Certes il y a moins de grandes envolées graphiques, mais j'ai véritablement apprécié cette histoire, steampunk, oui mais sachant instiller une curieuse ambiance des vieux films hollywoodiens des années 40. Pour ce premier avis, vous résumerai-je l'histoire ? Non ! Sachez seulement qu'elle est tout sauf niaise, que les personnages possèdent l'épaisseur qui convient, qu'il n'y a pas de bêtes raccourcis scénaristiques, que c'est fluide et divertissant et que le fond qu nous appelons parfois background est parfaitement réussi. J'oubliais pour vous convaincre totalement que de vilains automates en veulent à notre charmante héroïne dont les pommettes rougeoyantes sont finalement assez jolies. Pour en revenir à notre Château dont les critiques dithyrambiques ne laissaient que peu de place à la critique, j'invite tous ceux qui ont apprécié l’œuvre d' A. Alice à jeter plus qu'un coup d’œil à celle-ci qui deviendra, je le parie, quelque chose de très fort, plus sombre, moins transgénérationnel peut être mais ô combien réjouissant. J'invite tous mes petits camarades à se ruer sur la chose et, cochon qui s'en dédit, j'épluche les patates à vie à Angoulême si vous n'aimez pas.

09/11/2015 (MAJ le 09/11/2015) (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les nuits de Saturne
Les nuits de Saturne

La seule chose ratée c'est la couverture : froide, floue avec un affreux encart noir qui encrasse le ciel et à l'intérieur une typographie merdique pour écrire ce titre que je ne saurais vous éclaircir. Pour le reste c'est du tout bon. Ça commence comme un film de gangster des années soixante-dix. Un type sort de taule la tête remplie de hargne pour ceux qui l'on fait plonger. On a dans la tête Ventura ou Gabin, mais ici ce serait plutôt Romain Duris : Loin les par-dessus beiges et les attaché-cases, à nous les blousons rouges et les sacs de sport. Il s'avère que Clovis est un ancien activiste gauchiste, pour ceux que ça intéresse. Clovis part donc, bille en tête, pour buter la balance... et il rencontre un ange gardien, dont l'identité sexuelle incertaine le dégoute et l'attire inexplicablement. Ce contre-temps inconfortable va enchevêtrer ses objectifs, les rapprocher, les dévier, les faire disparaître en même temps que lui d'ailleurs. Ce scénario est parfaitement troussé dans une roulade qui finit debout en extension sur les deux jambes dans une belle lumière désespérée. La lumière, parlons-en, c'est délicieux ! Que ce soient les paysages urbains de nuit, les campagnes paisibles, les visages, les voitures, tout est traité dans une aquarelle où les contours au trait sont très souvent effacés. Pourtant l'image reste vive, les quelques traits conservés prennent une acuité expressive et dynamique. Vraiment ne vous laissez-pas dérouter par la couverture terne et dépressive, je vous supplie à genoux de l'emprunter à la bibliothèque et je vous envie d'avoir à découvrir cette belle histoire où le cliché de départ se mue en exploration subtile de l'humain.

07/11/2015 (modifier)
Par jotaro91
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cassandra
Cassandra

L'adaptation du récit de Cataldo en BD/manga par Valeni et Caselli peut au premier abord étonner par son originalité. On s'attend à feuilleter un livre dont le thème principal est l'enquête policière menée par le héros dans une Rome en proie à la noirceur sociale. Mais, dès les premières pages, le dessin cru, presque agressif retient notre attention et nous éloigne du sujet principal. "Le pays est l'Italie, mais ce n'est pas l'Italie. La ville est Rome, mais ce n'est pas Rome". Il s'agit de la première phrase que nous lisons et l'ambiance est d'ores-et-déjà imposée au lecteur : sombre voire apocalyptique. Puis voilà que surgit le sourire taquin de cette superbe jeune femme répondant au prénom de Cassandra. Elle charmera l'enquêteur, lequel s'interrogera sur ses sentiments à son égard, lui qui fut traumatisé par la mort de son frère jumeau... Un goût d'amertume persiste entre les deux protagonistes sur fond de violence raciste et homophobe. La fin de ce manga est surprenante... Mi BD, mi manga, les dessins sont crus, le thème sur le racisme et l'homosexualité est traité avec justesse. Le scénario est prenant. Une oeuvre que je conseille de lire fortement tant par son originalité que par son esthétisme !

06/11/2015 (MAJ le 06/11/2015) (modifier)
Par jimbo86
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Alors, nous y voilà, que dire, ai-je assez d'adjectifs dans mon vocabulaire pour décrire et donner mon avis sur cet ouvrage de mon ami Backderf ? Dieu soit loué, le journaliste s'est mué en dessinateur et scénariste de grand grand talent. Est-ce vraiment une BD ? Moi j'ai plutôt eu l'impression de lire un dessin animé. Dès les premières images, dès les premières vignettes, on est conquis. Le scénario est accrocheur surtout que l'auteur a fréquenté ce futur monstre, qu'il rend humain et limite attachant. Cet opus m'a bien entendu donné envie de lire ses 2 autres ouvrages qui sont tout aussi cultes. Bref vous aurez compris, j'adore. Je vous conseille de claquer votre argent dans ce bouquin, plutôt que de faire plaisir à votre gosse, votre douce ou de le dépenser dans des clopes, mais ça c'est juste mon avis de "backderphile".

05/11/2015 (modifier)
Couverture de la série Griffe blanche
Griffe blanche

Taduc et Le Tendre se retrouvent après Chinaman et restent dans le Chinois si l'on peut dire, avec cette épopée bien construite aux allures de western asiatique. D'après Spooky, l'action se passe dans une Chine fantasmée, moi je veux bien, on est tellement mal informé sur la Chine médiévale que c'est sûrement le cas, et aussi l'aspect fantasy historique est assez marqué, et ce dès le début qui démarre en force avec l'épisode du dragon. Je m'attendais encore à un décor japonais, avec des rivalités entre tribus et seigneurs rythmées par des combats incessants et ennuyeux, et je suis agréablement surpris ; d'abord, ce n'est pas au Japon mais en Chine ancienne, et le récit exploite la lutte de clans contre un despote cruel et expansionniste. Pour égayer cet aspect politique, Le Tendre y mêle des dragons, des traîtres malfaisants, des héros au coeur pur, une pincée de vengeance, un zeste de fantastique et une pointe d'humour qui détend l'atmosphère. Un cocktail bien dosé et plaisant à lire, une aventure mouvementée avec beaucoup d'action, où Taduc produit un dessin soigné, avec de belles images de décors montagneux, de monastères et citadelles perdus, et quelques belles scènes de bataille (celle avec les singes étant assez réussie). Son trait est fin, superbe, proche des derniers Chinaman, j'ai beaucoup aimé.. Le Tendre réussit à construire un arrière-plan politique autour d'un trio de héros, tout en préservant un apport mythologique. Les rapports humains sont intéressants, même si dans les 2 premiers tomes, Griffe Blanche qui donne son nom à la série, n'a pas le statut d'héroïne à part entière, son rôle est un peu en retrait, presque égal à ceux du facétieux Tao et du lieutenant Foudre, sorte de beau gosse qui en pince pour la belle combattante. Mais dans le tome 3, Le Tendre met la jeune femme plus en avant, et donne certaines clés manquantes qui permettent d'apprécier vraiment cette série très distrayante, avec des personnages ayant une réelle épaisseur et des décors d'une grande richesse. Une belle série que j'ai envie de voir se continuer..

05/11/2015 (modifier)
Couverture de la série Greenwich Village
Greenwich Village

Dieu ! Que cette série fleure bon les comédies romantiques américaines des années ’50 ! On s’y croirait, nonobstant la couleur (absente des films de l’époque mais bien présente dans l’album ci-devant). Franchement, on s’attendrait presque à croiser au détour d’une page Gregory Peck, Audrey Hepburn ou Spencer Tracy tant le ton employé rappelle les comédies légères de cette époque, fraîches et sans prétention autre que de nous divertir. Et le style atome de Lapone convient on ne peut mieux au genre exploré. Ses gaufriers usent de la symétrie et des rondeurs pour apporter légèreté et clarté à ce récit. Son dessin, on ne peut plus ligne claire, offre élégance et lisibilité. Ses planches sont cependant moins époustouflantes que celles qu’il nous a proposées sur Adam Clarks, mais il n’empêche qu’Antonio Lapone est un grand artiste au style reconnaissable entre mille ! Côté scénario, si ce premier tome nous offre une histoire (complète, elle peut se lire comme un one-shot) agréable à suivre, il faut bien reconnaître qu’elle n’est guère originale. Deux personnes que tout oppose doivent cohabiter suite à un quiproquo digne de la comédie de boulevard et… adviendra ce que tout le monde soupçonnait avant même d’avoir tourné la première page de l’album. C’est cousu de fil blanc mais rythmé et sympathique, à l’image d’une comédie romantique. Parce que, soyons honnête, si un couple a tout pour s’aimer et être heureux au début d’une histoire et finit l’histoire séparé et déchiré, c’est que vous regardez un film des frères Dardenne et non une comédie romantique américaine. Donc voilà : prévisible mais rythmé et très joliment mis en image, cet album rend un bel hommage aux comédies du genre sans apporter quoi que ce soit de neuf. Mais était-ce le but ? Si vous cherchez quelque chose de léger, de frais, d’amusant, ne boudez pas votre plaisir. Sinon, passez votre chemin.

04/11/2015 (modifier)
Couverture de la série Notre Dame
Notre Dame

Je le confesse sans peine, je fais partie de ces français qui n’ont pas lu ce classique de Victor Hugo, et je ne peux même pas dire connaître l’histoire dans les grandes lignes. Malgré les comédies musicales et les nombreuses adaptations télé et ciné, je ne connais que quelques bribes de l’intrigue ainsi que certains noms. Pour commencer, je trouve cette adaptation graphiquement sublime. Je suis tombé sous le charme du dessin tout en rondeur de Jean Bastide que je connaissais déjà comme coloriste. Que ce soit dans les campagnes dont il parvient à donner un aspect bucolique enchanteur ou dans ce Paris moyenâgeux glauque mais sublimé par la cathédrale Notre Dame, c’est toujours techniquement très pointu et vachement détaillé. Et puis comme coloriste il assure, cette façon de travailler à la couleur directe Bastide le fait à merveille. En contrepartie cela a dû le retarder dans le délai de publication mais personnellement je préfère toujours qu’un auteur prenne son temps pour livrer le meilleur. J’aime bien aussi son idée, ou bien est-ce celle de Recht, de faire de Quasimodo un être presque fantastique, totalement démesuré dans sa monstruosité. C’est quelque part cohérent avec le projet des auteurs de représenter comme dans l’œuvre d’Hugo tout les spectres des émotions humaines, les personnages ont des têtes caractérisant leur personnalité, Pierre affiche une bonhommie rigolote, Esméralda est belle et ingénue, Phoebus une caricature du preux chevalier, Frollo un satyre psychopathe, et même Djali la chèvre anthropomorphe. Comme chez Hugo les apparences sont trompeuses. Un drame tragi-comique formidablement adapté en BD pour résumer. En tout cas moi ça m’a donné envie de lire le roman. Il est cependant regrettable que la série n’ait pas marché commercialement car elle était prévue à l’origine en trois tomes et on sent bien que le storyboard a dû être rajusté pour faire tenir la suite et conclusion dans le deuxième volume, un peu précipité. Mais quelle histoire !

01/11/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Equinoxes
Les Equinoxes

Plutôt adepte du travail de Cyril Pedrosa que je suis depuis ma découverte de « Trois ombres », j’étais curieux et assez impatient de voir ce qu’il nous avait concocté après le très réussi « Portugal » qui m’avait donné l’occasion de réaliser cette interview. Car avec « Portugal », Cyril Pedrosa avait à mon sens franchi un cap. Narration et surtout graphisme ont atteint une maturité qui font la marque de fabrique d’un auteur de talent : en ouvrant un de leurs albums on sait d’emblée à qui on a affaire. Avec « Les Equinoxes », pas de nouvelle rupture, mais encore un palier de franchi. On sent que l’auteur a su asseoir sa patte graphique en la poussant encore dans ses retranchements. Son travail sur la couleur est notamment assez exceptionnel. Il alterne au fil de sa narration des retranscriptions d’ambiances, de ressentis et de sentiments, uniquement par le biais de son graphisme. C’est juste impressionnant. Alternant une palette bigarrée et très contrastée et des planches de noir et blanc, tout en passant par des camaïeux de violets par exemple à certains moments, Pedrosa se joue de la couleur mais jamais gratuitement. Car tout cela est bougrement bien pensé et agencé pour servir une narration maîtrisée. Ce récit qui peut sembler très éclaté quand on attaque cette lecture, à cause des multiples personnages qui apparaissent successivement, trouve rapidement son rythme et impose ses jalons pour nous immerger dans ce bain de sensations et d’émotions subtiles. C’est même déconcertant comment tout ces quotidiens qui s’effleurent et se croisent parviennent à tisser une trame qui nous semble si familière. On se reconnait tous plus ou moins dans tel ou tel trait de caractère d’un des personnages. Même les intermèdes de noir et blanc enchaînés de texte brut n’arrivent pas à entamer le fil de notre lecture. Ces instantanés qui s’étirent sur quelques pages nous plongent encore plus profondément dans l’âme de ces personnages qui semblent apparaître par hasard, capturé par le regard de cette jeune photographe un peu paumée. Ils nous permettent d’apprécier encore davantage la plume de l’auteur qui nous régale déjà par les dialogues savoureux et souvent drôles qui éclaire ces tranches de vies conduites par un doute omniprésent. Bref, ce dernier album savamment dosé qui s’interroge sur nos fragilités et l’équilibre précaire de nos existences m’a enchanté par sa justesse et la qualité de la capacité de l’auteur à retranscrire en images sensations et sentiments, choses souvent impalpables et difficilement descriptibles. Voilà un album riche, d’une grande sensibilité et d’une qualité graphique qui confirme le talent de son auteur.

31/10/2015 (modifier)
Par Benoît
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

Cette série est la quintessence de l'ouvrage « de zombies ». Après ça, il devient difficile et peu utile d'écrire qui que ce soit dans le genre. Elle est interminable, et voulu comme telle, malgré tout je n'ai jamais eu l'impression que les auteurs faisaient durer artificiellement. La série, évidemment, va au-delà du simple dégommage de zombie à répétition, en s'intéressant à la façon dont de petits groupes d'être humains dans une situation de fin du monde réagissent, interagissent, évoluent. C'est donc beaucoup plus fin que ce qu'on peu imaginer à priori.

31/10/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Venezia
Venezia

Je peux encore remercier notre site marron pour avoir mis en évidence cette série méconnue de Trondheim que je pourrais à présent classifier de perle méconnue. Merci également à Dargaud de l’avoir réédité car pour une raison qui m’échappe, le tome 2 n’était visiblement plus disponible dans un budget raisonnable. Cette courte série de 2 tomes (et qui est bien achevée, lire à ce sujet l’émouvante postface de Fabrice Parme dans le présent recueil) dispose pourtant de plus d’une corde à son arc. D’un côté, on y trouve les fabuleux dessins cartoonesques du dessinateur qui rend chaque case aussi savoureuse que truculente (ça ne veut peut-être rien dire au final mais j’ai trouvé l’association de ces deux mots amusante) avec des personnages vifs et dynamiques et une représentation ludique d’une ville de Venise dont on observe les canaux, les toits mais également les pigeons ! De l’autre côté, ce sont les bons jeux de mots de Trondheim au service de joutes verbales dignes du film « Ridicule » de Patrice Leconte… Cette association de chic et de choc met en place l’affrontement de deux espions au temps de la Renaissance que tout oppose et qui se détestent cordialement. Mais sous leurs habits d’apparats et d’espions, on assiste à un jeu de la séduction digne de la romance entre Batman et Catwoman. Action, dérision sont au programme. On peut à la fois regretter que la série n’ait pas plus de tomes comme s’en réjouir paradoxalement : le filon aurait peut-être tourné à court sur du long terme et dans un sens, l’histoire est belle et bien achevée sans laisser de frustration donc oubliez donc les revivals mérités ou non d’Astérix et Corto Maltese et ruez vous vers ce petit livre qui vous extirpera bien plus de sourires !!!

30/10/2015 (modifier)