Les derniers avis (9612 avis)

Couverture de la série Emprise
Emprise

Excellent. J'ai découvert cette BD sur un salon à bordeaux sur le site de l'éditeur avec la présence bienvenue de l'auteur. Scénariste, dessinateur et coloriste, il signe ici sa toute première œuvre. Et c'est une réussite sur tous les plans. Scénario dense et bien amené, comportant une bonne distillation des informations par des article de journaux pour une immersion parfaite et une montée crescendo de la tension. Les personnages et les lieux fourmillent de détails ce qui les rend d'autant plus crédibles. Dessins tantôt réalistes dans les situation de calme, tantôt flous et déformés dans l'action. L'expression des visages est pour moi le point fort de l’œuvre. Enfin les couleurs. Elles suivent le dessin quelles soient fines ou débordantes telles des coup de pinceaux. Un ouvrage totale et cohérente à recommander absolument pour tous les amateur d'ésotérisme et de suspens. A ne pas mettre entre les mains des plus jeunes cependant.

28/06/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Transmetropolitan
Transmetropolitan

*Avis portant sur les trois premiers tomes de la réédition d'Urban Comics* Cette série faisait partie des nombreux comics que j'avais envie de lire depuis des années et je fus bien content de la voir finalement dans le catalogue de ma bibliothèque. Après lecture des trois premiers tomes, je ne suis pas déçu. Je trouve que le futur imaginé par Ellis est original même si le coup du méchant président qui veut tout contrôler est un peu cliché. Le scénario possède plusieurs qualités: il est prenant, bien rythmé, bien construit, le scénariste utilise parfaitement différents styles de narrations et surtout le scénario m'a souvent bien surpris. Le personnage de Spider Jerusalem est très marrant et je trouve la plupart de ses dialogues savoureux. Le dessin est pas mal. Un bon moment de lecture.

27/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Red Road
Red Road

Etrangement, moi qui suis fan de Derib et de ses séries indiennes, j'ai découvert celle-ci assez tard, en tout cas pas en 1988, date où il l'entreprend après Celui qui est né deux fois, prépubliée dans le journal Tintin. Si j'ai aimé très tôt Derib avec d'abord Buddy Longway, c'est parce qu'il a montré une autre image de l'homme rouge ; sa démonstration d'humanisme est délivrée avec intelligence par les Indiens. D'un seul coup, Derib ôtait le masque de l'Indien sauvage et sanguinaire colporté par une imagerie d'Epinal peu flatteuse, rendant hommage à sa grande sagesse, à son expérience mystique, à l'harmonie qu'il entretient avec la nature, à son combat légitime contre l'avidité de l'homme blanc, et à sa souffrance résultant de son injuste dépossession par un gouvernement qui n'a pas su ou voulu le comprendre et l'accepter. J'ai retrouvé tout ça dans Celui qui est né deux fois ainsi que dans son prolongement contemporain "Red Road", seconde époque et suite directe de ce récit, située 150 ans après. Ici, l'expansionnisme des Blancs a scellé le destin des Indiens ; refoulés dans des réserves en forme de bidonvilles, amputés de leurs vastes territoires et de leurs moyens de subsistance, ils végètent et meurent une seconde fois. Au 20ème siècle, un monde neuf a émergé sur les cendres de l'ancien, l'Amérique moderne a peu tendu la main aux Indiens contemporains, ils ont juste été bons à servir le pays pendant la guerre, à pratiquer des travaux pénibles ou à construire les gratte-ciels de New York car ils ignorent le vertige. La fracture sociale est donc énorme, plus que pour le Noir ou l'Asiatique dans un pays qui a toujours méprisé les ethnies tout en les utilisant. La violence, le racisme, l'alcoolisme, le chômage et la précarité touchent l'Indien des réserves, et d'ailleurs, le tome 1 s'ouvre sur une réalité dans laquelle se débat Amos le jeune héros de cette histoire ; l'album offre des premières pages laissant voir la misère de la réserve de Pine Ridge qui est le lot de beaucoup de réserves, et où l'Indien ne connait que le désespoir et le mépris des Blancs dès qu'il en sort. Mais grâce à l'héritage précieux de ses ancêtres qu'il ignorait et qu'il découvre, Amos peut faire renaitre l'esprit indien, c'est ce que démontre Derib à travers ces 4 albums qui forment un parcours initiatique pour son héros : dans le tome 1, le grand père raconte l'héritage du peuple Sioux et le bison, animal qui en est la sève nourricière. Dans le tome 2, c'est l'apprentissage de la vie avec le monde des rodeos ; dans le tome 3, c'est l'errance, Amos se cherche en découvrant des Indiens rebelles au gouvernement ; dans le tome 4, il retrouve son identité à travers la révélation qui le présente comme l'héritier spirituel de Celui qui est né deux fois.. Voici donc une très belle Bd, d'une très grande valeur humaine, un récit fort avec un peu de naïveté qu'on ne trouvait pas dans la première époque, mais qui a le mérite de montrer avec acuité les conditions de vie des Indiens en réserves, et comment ils sont perçus encore à notre époque par ces gros lourdauds d'Américains cowboys ou de petites villes de bouseux. Le dessin est toujours aussi somptueux, avec des mises en page aux grandes cases, aux cadrages éclatés et des pages grandioses (double pages des bisons, du Mont Rushmore, du cercle cérémoniel de Wounded Knee...). Un récit prenant à travers lequel Amos prend conscience de ses talents de guérisseur, de la noblesse de sa race et du rôle qu'il peut jouer ; il y a donc de l'espoir au bout de la route rouge.

25/06/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kraa
Kraa

Je mets mon avis à jour suite à la lecture des 3 tomes. Bon sang quel plaisir de voir Benoît Sokal revenir à ses premiers amours, seul aux commandes d’une nouvelle série BD, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps (il avait délégué à Bingono le dessin de sa dernière série en date, Paradise). Et si je puis me permettre, il s’est vraiment surpassé ! L’histoire reprend certes un point de départ assez banal (des blancs qui bafouent une terre indienne et martyrisent son peuple, pour s’accaparer des ressources naturelles), mais l’auteur y ajoute des ingrédients bien à lui : les grands espaces sauvages, la nature, l’aventure, et un soupçon de fantastique. Le cocktail fonctionne à merveille, et j’ai littéralement avalé les 3 tomes. Et que dire du dessin, sinon que je l’adore. J’ai trouvé chaque planche magnifique, que ce soit au niveau des personnages ou des paysages. La mise en couleur est elle aussi superbe. Un vrai délice pour les yeux (je vous laisse découvrir des extraits dans la galerie). Bon certains regretteront peut-être un trait un peu gras sur certaines cases, mais moi, ça ne m’a pas du tout dérangé... tout est affaire de goût. Une valeur sûre, terminée en 3 tomes !

11/09/2010 (MAJ le 24/06/2015) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un Marron
Un Marron

J’ai trouvé cet album passionnant. Il est clairement basé sur une recherche historique pointue, mais n’est pas rébarbatif ou trop chargé pour autant. L’histoire est fluide et prenante, et pas manichéenne du tout malgré le sujet. Le contexte historique est lourd de sens et intéressant au possible. La mise en image est superbe (malgré une couverture il est vrai un peu terne), et me rappelle un peu le dessin de Simon Hureau (L'Empire des hauts murs, Le Massacre). On prend vraiment plaisir à explorer la jungle de l’ile de la Réunion en compagnie de nos deux échappés. Un album que les amateurs d’histoire et d’Histoire se doivent de découvrir. Vivement la suite !

24/06/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Romanji (3)
Romanji (3)

Romanji/3 est une des toutes premières œuvres de Hugues Micol, un essai qui n’aurait surement jamais vu le jour sans l’engouement de l’éditeur Cornélius pour éditer des œuvres singulières et barrées. Considérée en son temps comme une œuvre d’apprentissage du dessin comme a pu l’être en son temps les Carottes de Patagonie pour Trondheim, cette histoire entièrement muette se veut un hommage de plusieurs influences dont la première pourrait être Blade Runner version Ridley Scott avec cette longue course poursuite dans une mégalopole aux symboles asiatiques commençant par l’absorption d’un poisson par le traqué et s’achevant par un combat d’ordre divin ! Entièrement dessiné au stylo bille, le dessin a de quoi surprendre par son absence d’encrage ou par certaines perspectives maladroites. Pourtant le découpage est juste exemplaire et ne laisse aucun répit au spectateur pour peu qu’on soit réceptif à de longues scènes d’action et de corps en suspens façon John Woo et Geoff Darrow. Découpé en 3 chapitres bien distincts, la narration éveille les sens jusqu’à faire abstraction de lignes parfois confuses mais on dénote une amélioration du trait, Micol construisant des décors de plus en plus vivants et structurés, la sensation de fun est bien réelle et éveille les sens… On ne saura jamais en l’état les motivations de cette police un peu particulière et l’acharnement d’un policier prêt à tout coûte que coûte ainsi que les objectifs de cette société secrète qui se mue au gré de poissons avalés crus mais le spectacle est total. La nouvelle édition ajoute une colorisation framboise et une couverture cartonnée mais pour peu que vous ayez un peu l’esprit ouvert, nulle déception à venir à la lecture de « 3 » ou de « Romanji »qui offre le même genre de sensations qu’un « Hard Boiled » de Darrow et Miller, la maîtrise graphique en moins mais la grâce des mouvements à pied d’égalité. PS : notez bien que Romanji est le nouveau titre de 3 dans l'édition 2015 mais que les deux oeuvres sont la même ! :)

24/06/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pretty Deadly
Pretty Deadly

Pour moi cet album fut avant tout un coup de cœur graphique, en particulier avec sa couverture enchanteresse. A ce titre je ne comprends pas ce changement de couverture sur la VF, les éditions Glénat avaient-elles peur que le rose rebute les mâles français ? (voir la couverture VO ici) La beauté du dessin se retrouve à l’intérieur de l’album, on en prend plein les mirettes : trait précis, compositions de toute beauté, et couleurs parfaitement adaptées au récit. Ce dessin dégage une poésie qui m’a vraiment enchanté. L’intrigue est originale (la Mort qui succombe aux charmes d’une humaine, qui se retrouve enceinte), et si le déroulement est globalement assez violent, les textes dégagent eux-aussi une poésie qu’on voit rarement dans ce genre d’histoire. Par contre je vois que je ne suis pas le seul à trouver que cette dernière est un poil difficile à suivre, surtout sur la deuxième moitié de l’album (qui se lit comme un one-shot, même si une suite est prévue). Un coup de cœur !

24/06/2015 (modifier)
Par Jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Cités obscures
Les Cités obscures

Je n'ai lu que 3 tomes des cités obscures (+ le guide des cités). Mais j'éprouve vraiment une passion et une vraie attirance pour ce monde labyrinthique, froid et éthéré comme un univers parallèle. De plus la lecture de l’excellent guide des cités m'a fait connaitre, de loin, la géographie et l'historique (imaginaire) des autres régions de cet univers (et donc des autres bds), avec également ces passages entre ce monde et le nôtre (ça j'ai adoré). Je me sens donc un peu comme un touriste qui n'a pas encore tout visité: (Je mets les albums dans l'ordre où je les ai lus): - L'enfant penchée : **** . J'ai adoré. Extrêmement poétique, froid et mélancolique. De plus l'incrustation du roman photo est incroyablement bien gérée. C'était risqué comme idée mais ça marche. Les photos sont superbes et ce bâtiment vide au milieu des hauts plateaux de l'Aubrac est vraiment envoutant. Ce peintre qui repeint à sa manière toutes les salles puis qui disparait dans l'angle du mur et qui passe de l'autre côté ... sublime ! Dailleurs je crois reconnaitre la même bâtisse dans laquelle a été tourné la fin du film " C'est arrivé près de chez vous ". - Les murailles de Samaris - **** . Un des 1ers albums et c'est toujours aussi bon et magique. Toujours cette même ambiance vide et désolée d'architectures monumentales perdues en plein désert. Avec ces humains ressemblant plus à des fantômes errants qu'à des personnages de chair et de sang (même les héros). C'est peut-être rebutant pour certains mais moi c'est justement cette ambiance froide et inhumaine qui m'envoute. On est perdu et un peu désorienté, comme dans un rêve. L'histoire est vraiment passionnante et me fait un peu penser au film " Dark city ". Je n'en dis pas plus pour ceux qui ne l'ont pas lu. La tour - **** pour l'univers de cette espèce de tour de Babel sans fin. L'histoire perd un peu en intensité et en mystère au fur et à mesure mais c'est un monde vraiment énigmatique et encore une fois envoutant. J'use un peu toujours des mêmes adjectifs mais je manque un peu de vocabulaire désolé. Des couloirs sans fin, des précipices vertigineux, des zones abandonnées et oubliées, d'autres habitées et foisonnantes de vie (enfin foisonnantes n'exagérons rien nous sommes dans les cités obscures). Par contre les personnages sont à chaque fois assez vides et froids. Ce n'est pas le point fort de cette série. Non le personnage principal c'est vraiment ce monde et ses diverses régions. Les personnages sont comme écrasés et effacés derrière l’immensité de ces architectures. Même les histoires d'amour (pourtant présentes dans chaque tome que j'ai lu) sont assez fades comme vidées de leurs substances. Ce n'est ni sensuel ni sexuel. C'est froid. Comme si des fantômes essayaient de se réchauffer dans ce monde glacé balayé par le vent. Après lecture du 2ème tome " La fièvre d'Urbicande " je fais remonter cet avis que je fais passer de 4 à 5. Car chaque tome que je lis ne me déçoit jamais. Il ajoute à chaque fois un peu plus de profondeur à ce monde unique en son genre. J'ai donc adoré cet album. Peut être un peu plus froid et austère que les autres ( Samaris, la tour , l'enfant penché... ). Le dessin est très rigide tout en lignes droites dans les architectures. Mais cette histoire de forme géométrique qui grandit et fait "plier" en quelque sorte toute une population, qui n'a pas d'autre choix que de s'adapter à cette nouvelle architecture "virale" en constante évolution... Et bien ... c'est fort original ^^. On ne saura pas vraiment le pourquoi du comment mais là réside tout le mystère des cités obscures. Amis cartésiens au revoir ... ( alors que tout ça est dessiné dans un esprit d'architecte assez austère, tout le paradoxe). La magie froide des cités obscures (n'est pas obscure pour rien ...). C'est pourquoi je fais passer ma note de 4 à 5.

22/08/2013 (MAJ le 24/06/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série City Hall
City Hall

Cette série est bien dans l'air du temps. Elle mêle en effet plusieurs genres, du fantastique essentiellement dans un decorum steampunk. On y retrouve des personnages typiques de l'époque victorienne (qui ne feraient pas tache dans la collection 1800 de chez Soleil), avec des biographies fantaisistes (Verne serait ainsi bien plus âgé en 1902, date de l'intrigue). En fait, si on regarde bien, le steampunk le dispute à la dystopie, presque plus rien n'est logique en termes de placement chronologique, mais c'est assumé, donc ce n'est pas un problème :). Le principe de la création par l'écriture est intéressant, mais je trouve qu'il n'est pas encore très bien utilisé, ou pas assez. Dans le second tome non plus, du reste, cela n'est utilisé qu'à la fin. A noter que cela place "City Hall" dans une parenté avec Death Note. Dans le second tome de nouveaux personnages célèbres font leur apparition, sans toutefois apparemment rester dans l'entourage de nos trois jeunes enquêteurs... Tout ceci dans le but, j'imagine, de brouiller les pistes concernant la véritable identité de Lord Black Fowl. La révélation survient dans le tome 3, et ma foi c'est pas mal amené, et une dimension supplémentaire s'ouvre, légitimant un second cycle dont le début nous est donné en bonus à la fin de ce tome. Les deux auteurs sont désormais attendus au tournant. Devant la demande pressante des fans, un deuxième cycle a été initié. Et il s'avère au moins aussi punchy que le premier. Rémi Guérin emmène ses héros sur d'autres terres, leur faisant rencontrer d'autres figures de l'époque victorienne, tout cela dans une intrigue bien liée à la première. Il y a en plus l'aspect compte à rebours qui amène une nouvelle dimension. De plus les auteurs ont encore de la ressource en termes de clins d'oeil aux univers geek, puisqu'on va croiser Le Visiteur du Futur, le Dernier Bar avant la fin du monde (lieu hype et geek sur Paris)... Ça rigole bien :) Le tome 5, le second du deuxième cycle, me semble être un tome de transition, il ne s'y passe pas grand-chose ; par contre plusieurs personnages au potentiel fort intéressant font leur apparition, tandis que le pauvre Harry se trouve dans une situation de plus en plus difficile... Dans le tome 6, certains masques tombent, et d'autres personnages -encore- apparaissent. La sauce est donc rallongée, même si je ne comprends pas trop pourquoi ces robots interviennent... Le tome 7, conclusif, permet un final de grande envergure, avec une révélation en toute fin d'histoire qui m'a un poil déçu, je l'ai sentie assez vite à vrai dire... Mais les pages et le récit restent denses, on n'a pas le temps de souffler, une qualité qui court tout le long de ces 7 tomes. Ainsi Rémi Guérin a-t-il vous lu faire un "manga", et cette série y ressemble fortement, du fait de la pagination élevée, du style de dessin (Guillaume Lapeyre étant l'un des plus dignes représentants de cette mouvance -mais je vais y revenir), de ce côté un peu foutraque dans les éléments historiques. Par contre c'est publié (et probablement réalisé) dans le sens "occidental" de lecture. Guillaume Lapeyre donc, en plus d'être beau (private joke), prouve ici qu'il est arrivé presque à maturité dans son style shônen, je trouve même qu'il a plus de maîtrise que nombre d'auteurs japonais qui émargent dans le genre. En tous les cas il me semble avoir plus de caractère ; c'est peut-être dû au métissage, car outre une mise en scène qui revient de temps en temps à la franco-belge, j'ai aussi discerné un poil de comics. Vous me direz qu'il y a plus de poils dans le comics que dans le manga, mais c'est un autre débat. Un vrai plaisir de lire ce "manga à la française". :)

15/06/2012 (MAJ le 22/06/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série MangeCoeur
MangeCoeur

Prenons les choses dans l'ordre : Les couvertures de ces trois tomes sont une tuerie, avec une mention spéciale pour le trois. Le dessin ensuite, bon ! et dire qu'Andréae en était à ses débuts ! Une claque visuelle, qu'il s'agisse des cadrages, de la richesse du décor, des trognes, de la couleur, de l'inventivité des situations, du dynamisme du trait, c'est limite énervant tellement c'est bien foutu, beau et tutti quanti ! Après il y a bien sur un scénario qui est plus qu'à la hauteur, c'est vraiment très fort ! Les thèmes qui sont abordés tout au long de cette histoire sont prenants mais sans jamais être larmoyants. Là ou d'autres auraient pu tomber dans le pathos de bas étage, M. Gallié sait mener sa barque pour évoquer des choses forts sombres, douloureuses ; grâce à quelques pirouettes, et je ne dit pas raccourcis faciles, il aide et amène le lecteur à se réinterroger sur des angoisses, des peurs d'enfants, voire d'adultes. Récit plombé, triste, mortifère ? En aucun cas car les auteurs ont choisi de situer leur action au sein d'une gigantesque fête foraine où finalement la joie de vivre et de s'amuser n'est pas si évidente que cela. Par le biais de moult informations l'on sait que le clown n'est pas si comique que cela, et je défie quiconque d'apprécier vraiment ce clown gardien ou le Mangecoeur, ici parfaite illustrations de nos peurs les plus primaires. Dans le genre du conte cette trilogie est pour moi un must, un incontournable, aussi si vous ne connaissez pas, et bien foncez !

21/06/2015 (modifier)