Les derniers avis (9612 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Vieil Homme et la Mer
Le Vieil Homme et la Mer

Une autre adaptation du célébrissime court roman d'Ernest Hemingway pour lequel lui fut décerné le prix Pulitzer en 1953 et le Nobel de littérature en 1954. A l'époque, Hemingway résidait à la Havane. Lui-même pêcheur, il s'est inspiré de ce qu'il avait observé au contact des "locaux"pour écrire cette histoire. La caractéristique de ce roman est qu'il plaît ou bien qu'on le déteste. Dans un sens ou dans l'autre les raisons sont complexes mais il faut bien avouer qu'il ne se passe finalement pas grand chose sur cette immensité qu'est l'océan Atlantique. Calme plat, toute la tension de l'histoire tient dans la relation entre l'homme et l'animal, dans l'incertitude où se trouve le lecteur de savoir ce qu'il va advenir de cette pêche. Et c'est bien la gageure des différentes adaptations, qu'elles soient cinématographiques, en dessins animés ou en BD. Comment rendre compte de l'ambiance, de l'attente de ce pêcheur, du temps qui passe entre le soleil implacable de la journée et le froid mordant de la nuit ? Comment insuffler un tant soit peu de suspense, d'intérêt pour quelque chose de finalement assez basique ? Comment ? Et bien lisez ce roman graphique et vous comprendrez tout le talent graphique mis en œuvre par le dessinateur Thierry Murat. Son dessin possède ce petit quelque chose qui fait que vous êtes transportés dans l'action ou l'inaction comme Santiago le pêcheur. Lumineux dans les scènes de jour, on sent vraiment le soleil nous taper sur le crâne. Quand à la nuit tropicale, les couleurs sont parfaitement rendues. Le combat contre cet immense marlin, (non ce n'est pas un espadon !), symbolise d'autres duels, d'aucuns y ont vu le combat de l'homme contre la nature. Qu'importe, l'important est que cette adaptation est tout bonnement magnifique, à lire forcément !!

28/07/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Toxic / La Ruche / Calavera
Toxic / La Ruche / Calavera

Comment raconter l’irracontable ? Tout commence dans une chambre quasiment vide, sans fenêtre, vaguement oppressante, où s’éveille une sorte de clone de Tintin, un mystérieux sparadrap scotché sur la tempe. Au fond de la chambre, un trou dans le mur, que quelqu’un semble avoir défoncé… Notre « Tintin » sera amené à le franchir afin d’y récupérer son chat noir censé être mort… Il ne se doute pas que derrière ce mur, se dissimule un univers parallèle particulièrement inquiétant, fangeux, peuplé de créatures aussi étranges qu’immondes… J’ai saisi l’occasion de la sortie de "Toxic" pour découvrir Charles Burns, que je ne connaissais qu’à travers la couverture de Black Hole et après avoir lu Le Roi des Mouches de Mezzo et Pirus, les deux styles étant très proches sur le plan de l’univers graphique. Sauf qu’ici le côté absurde et malsain y est encore plus prononcé. Une ligne claire pour un fond qui l’est beaucoup moins, et la plupart du temps très sombre. voilà à quoi pourrait se résumer le style « Burns ». La mise en couleur est par ailleurs agréable à l'oeil, dans des tons assez soft, peut-être afin de mieux compenser l'âpreté du propos. D’une richesse insensée, l’histoire fait penser à un cauchemar lynchien, où Burns semble avoir fait la part belle à son inconscient. Les références abondent et il faut sûrement plus d’une lecture pour en appréhender toutes les subtilités et les messages subliminaux. Par exemple, prenons la couverture : n’évoque-t-elle pas clairement « L’Etoile mystérieuse » version apocalypse, ce même apocalypse annoncé par le prophète de malheur au début de la BD d’Hergé ? S’agit-il bien du même champignon ? Car de celui de Tintin ne reste que le chapeau qui s’apparenterait davantage à un drôle d’œuf menaçant, l’amanite paraissant bien familière en comparaison… Tintin paraît médusé en contemplant le champignon, tandis que son "clone au pansement" a plutôt l’air d’avoir la nausée… Je n’ai pas la prétention d'analyser ce qu’a voulu exprimer l’auteur, mais c’est fou tout ce que l’on peut y voir, et encore, là, il ne s’agit que de la couverture, car le reste est à l’avenant : on y évoluera entre des portes dérobées et des brèches dans les murs, atterrissant à chaque fois dans une nouvelle dimension, jamais plus rassurante que la précédente… On finit par y perdre pas mal de repères, car bien évidemment on en ressort avec davantage de questions que de réponses. Folie, maladie, névrose, hallucinations y sont omniprésentes, toujours en embuscade. J’ignore si une telle description donnera envie de lire cet OVNI sous LSD, mais pour ma part, j’ai été successivement fasciné, scotché, et finalement frustré d’arriver au bout pour découvrir qu’il y avait une suite ! C’est donc avec impatience que j’attends le second tome, happé par ce mystère brûlant (ou plus exactement glaçant) dont seul l’auteur semble détenir les clés… Si le second tome (et les suivants ?) continuent sur cette lancée, on est en droit d’attendre un chef d’œuvre de l’ensemble. Bien évidemment, une telle lecture sera déconseillée aux âmes sensibles ou aux esprits trop rationnels … A noter que l’objet en lui-même est très soigné, tel un écrin royal abritant un joyau vénéneux (le « champignon » de la couverture ?)… ----------------------- Mise à jour du 27/07/15, après lecture des deux derniers tomes de la trilogie : Il serait prétentieux de faire l’exégèse de cette œuvre qui ne peut laisser indifférent, d’autant que l’iconographie burnsienne est aussi riche que déroutante et que son auteur ne fournit pas la fiche explicative de ses puissantes images subliminales, laissant à ses lecteurs le champ totalement libre à leurs propres analyses. Mais il est clair qu’une seule lecture de la série ne suffira pas pour en faire le recensement complet. D’ailleurs, il est possible qu’une bonne partie de ces derniers aient abandonné la série à la lecture du premier volet, rebutés par cette poésie torturée. Mais pour ceux dont la curiosité aura été titillée, ils constateront que cet étrange puzzle psychotique semble se mettre peu à peu en place dès la deuxième partie. Charles Burns parvient à nous scotcher au mur avec ses obsessions toxico-maniaques en forme de thérapie, sur une terre inconnue où le récit introspectif est poussé à l’extrême, sondant les profondeurs à l’aide d’un univers graphique halluciné qui semble directement inspiré par David Lynch ou William Burroughs. L’auteur nous entraîne ainsi dans le dédale de ses cauchemars, par le biais de ce personnage tourmenté, Doug, double de lui-même, dont on ne sait si l’empâtement physique au fil de l’histoire est dû à l’âge, à l’inactivité ou aux tranquillisants, vraisemblablement un peu des trois. Un drôle de périple où narrations et identités tour à tour fusionnent et se dédoublent, à coups de flashbacks, de mises en abyme et de basculements vers une dimension onirique et terrifiante. Il faudra avoir les nerfs bien accrochés pour suivre ce récit complexe sans haut-le-cœur, un récit à la poésie maladive où reviennent les mêmes leitmotiv : angoisse de la paternité, quête illusoire d’un père absent, dégoût de la procréation, crise identitaire, crainte de la rupture amoureuse, terreurs métaphysiques liées à notre humaine finitude, autant de thèmes qui se font écho les uns aux autres. Comme dans Black Hole, autre œuvre remarquable du même auteur, Charles Burns ausculte à sa manière l’envers du rêve américain, et par extension du "rêve occidental", avec sa ligne claire scalpellienne dévoilant l’âme de ses personnages, une ligne claire que l’on dirait conçue pour mieux faire avaler la pilule d’une vérité trop âpre, et qui dans la forme évoque plutôt l’univers avenant d’Hergé. Un véritable trompe-l’œil qui ne fait qu’accentuer le trouble. Il suffit de regarder les trois couvertures qui mettent en scène Doug (ou son double tintinesque pour le premier tome), dans une attitude de perplexité, de malaise ou d’angoisse face à ce que ses yeux viennent de lui révéler, qui un champignon géant, qui une créature mi-humaine mi-porcine, qui un squelette de fœtus également hybride, et toujours dans des lieux sinistres et mortifères, égouts, souterrains, ruines… Le dernier tome nous conduit vers une issue aussi déconcertante qu'effrayante, où en quelque sorte la fin rejoint le début, où une boucle se boucle sans se boucler, comme un cycle infernal qui se répèterait continuellement, un cauchemar dont on ne se réveillerait jamais… Si l’on devait établir une comparaison avec Black Hole, celui-ci était en noir et blanc avec une note d’espoir en conclusion, alors que la trilogie Toxic, agrémentée de couleurs neutres et vives, se termine paradoxalement de façon plus désespérée. Dans les deux cas, des œuvres hypnotisantes, dérangeantes, extraordinaires. Pour terminer, on ne manquera pas de saluer Cornélius pour le tirage soigné avec une bande de tissu recouvrant le dos de l’ouvrage, autre clin d’œil de l’éditeur aux premières éditions des "Aventures de Tintin".

04/11/2010 (MAJ le 27/07/2015) (modifier)
Couverture de la série Momibilis
Momibilis

Momibilis, de Fred Martin au éditions Fugues en Bulles... Enfin, Fred se lance dans une petite histoire BD, pleine de poésie ! Et on sent le plaisir graphique ! BD entièrement muette, où un mystérieux bonhomme, au chapeau haut de forme, sort de sa valise, une momie... Heu mais pourquoi faire ? Sommes-nous les témoins d'un tueur en série, qui cherche à tuer son ennui ? Que peut-il bien faire avec cette foutue momie dans ce non moins mystérieux manoir ? C'est comme dans certains rêves, c'est drôle et décalé, où chaque situation entraîne une logique propre à l'inconscient. Le dessin est rond, nerveux, avec une mise en scène efficace ! Une petite poésie graphique qui présage sans doute un album dense, à venir... ? :)

24/07/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Caravage
Le Caravage

Je connaissais surtout de nom Le Caravage, ne m'intéressant que de loin à le peinture, j'avais vu quelques toiles dans des bouquins, ce style m'avait pas mal frappé car il rompait avec celui des peintres de son époque, attachés au maniérisme. Le Caravage a su très tôt capter le problème de la lumière et ses possibilités expressives. Toute son oeuvre sera donc basée sur l'exploitation de la fonction dramatique de la lumière qui lui fera produire des oeuvres religieuses violentes, qui seront jugées parfois indécentes par l'Eglise, en partie de par ses modèles recrutés au sein du peuple et des courtisanes. On le voit bien dans cette Bd qui constitue après Borgia une sorte d'apothéose graphique et narrative de Manara. Lorsqu'il décide de raconter la vie un peu chaotique de ce peintre exceptionnel, Manara produit probablement une de ses meilleures Bd ; sa narration n'est pas dénuée de sens ou biscornue comme dans certaines de ses autres oeuvres, on voit parfaitement que quand il possède un sujet fort, le grand artiste italien sait se montrer à la hauteur. Je ne connaissais pas les étapes de la vie du Caravage, et j'en ai appris réellement car Manara n'a rien transformé , j'ai vérifié ensuite dans une encyclopédie ; la plupart des grands personnages vus ici ont existé, et le grand peintre a bien connu une vie aventureuse qui lui valut plusieurs démêlées avec la justice. Cette vie hédoniste et cette passion de la plastique expressive sont bien montrées aussi. Après la narration, restait le dessin, et là c'est du grand art, du très haut niveau. Manara s'est vraiment appliqué en rendant au Caravage un fabuleux hommage appuyé et admiratif, on sent qu'il l'aime ce personnage, il se projette un peu en lui. Les décors romains fastueux sont véritablement sublimés par le crayon d'un dessinateur exceptionnel. Le décor urbain de la Renaissance italienne est prodigieux, magnifié par l'élégance du trait ; la sensualité aussi, domaine que connait bien Manara, elle n'est pas absente évidemment dans une telle époque historique où les moeurs étaient très libres, mais il n'en abuse pas tant que ça, rien n'est montré gratuitement comme ça peut l'être dans certaines autres de ses Bd à fort caractère érotique. Ses grandes cases sont souvent remplies de petits détails intéressants à scruter, la finesse de l'encrage (surtout sur les personnages) et la délicatesse des couleurs donnent à cette Bd une beauté à couper le souffle.

23/07/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Skraeling
Skraeling

Comme Miranda, l'idéologie sous-jacente au monde décrit dans cette nouvelle série me fait vomir. Maintenant, la violence décrite ne m'a pas rebuté plus que ça, il s'agit clairement d'une représentation, pas du réel, même si de nombreux conflits du siècle passé ont pu ressembler, voire surpasser cette représentation dans la barbarie. Au contraire, et même si je suppose que Thierry Lamy n'a pas souhaité charger la mule pour éviter la caricature, je trouve qu'il n'est pas allé assez loin. En effet la description de cette idéologie s'arrête pour l'heure à ses aspects militaires, ce qui est tout de même réducteur. Le second tome nous laisse imaginer d'autres "couches" dans l'intrigue, mais j'avoue que le début du tome 2 m'a semblé un peu brouillon. Il est fort probable que la suite expliquera certaines situations un peu nébuleuses. la fin de ce deuxième tome repart sur de l'action assez forte, ça permet de se réveiller un peu. Et ce troisième tome se termine en apothéose, avec plusieurs scènes fortes, avec beaucoup d'adrénaline et de testostérone. Le cheminement de pensée de Köstler est intéressant, même si un peu chaotique par moments ; ceci dit nous ne sommes pas forcément toujours logiques dans nos pensées... C'est donc relativement cohérent et crédible. Le dessin de Damien Venzi n'est pas, à l'origine, ce que je préfère. Un style figé, des visages inexpressifs, j'aurais du mal, je pense, avec ses planches en noir et blanc. Mais le travail de peaufinage est tellement monstrueux que je ne peux que m'incliner face à cette qualité. Certaines planches, qui nous ramènent au style d'affiches de propagande nazies ou pro-nazies, sont d'une beauté à couper le souffle. Et quelle couverture ! Vraiment un beau travail, qu'Ankama réussit à rendre très attractif grâce à une maquette de qualité. La trilogie se termine par une galerie d'illustrations-hommages d'autres jeunes talents de la BD, mais aussi quelques pages de concept-designs. Une belle trilogie, intéressante et bien réalisée.

09/02/2011 (MAJ le 22/07/2015) (modifier)
Par Yannock
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

L'aventure a commencé début 2014 lorsqu'au salon de la bd d’Angoulême, au détour d'un stand, je suis tombé totalement amoureux d'une affiche, reprenant la couverture du premier tome de cette magnifique bd. Grand amateur de Jules Verne et du steampunk, cette affiche et le contenu hétéroclite du stand me renvoya mes lectures de 20.000 lieues sous les mers en pleine mémoire... Je savais déjà avant sa sortie que j'allais l'aimer, cette bd. Quelques mois plus tard, je n'ai pas été déçu, bien au contraire : la sortie originale au format gazette, donnant un petit plus à l'ambiance de l'histoire, permet de goûter aux fabuleuses images que nous offre Alex Alice en format XXL ! L'histoire est à l'image des romans de Verne, accessible à tous les âges, pleine d'aventure, même si la thématique fleure le déjà vu (notamment avec l'excellent De Cape et de Crocs et son voyage lunaire). Les personnages sont attachants, le soin apporté à la conception de l'Ethernef est tout bonnement génial, cet appareil est un mélange bien dosé du Nautilus de Nemo (le capitaine, pas le poisson !) et du Grand Condor d'Esteban, Tao et Zia, une vrai réussite. Visuellement, c'est superbe, avec certaines planches sortant vraiment du lot (la double page du feu d'artifice sur le château du Rocher du Cygne est magnifique). Je conseille l'achat non pas les yeux fermés car il serait dommage d'en rater une miette, mais au contraire les mirettes grandes ouvertes et l’âme aventureuse, vous ne serez pas déçus. Pour les plus réticents à l'achat et sur une note moins enchantée et plus matérielle, les 6 gazettes reprenant la totalité de l'histoire étalée sur 2 tomes "classiques", coûtent un peu moins de 3 euros l’unité, soit moins de 18 euros pour l'histoire complète dans son format le plus original et plaisant. Faites-vous une fleur, vous ne regretterez pas le voyage à bord de l'Ethernef ! Graphisme : 5/5 Scénario : 4/5 Bonus coup de cœur (pour l'Ambiance, le Format, et l'Ethernef) : 6/5 Le compte est bon, 5/5 !

20/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Temple flottant
Le Temple flottant

Carrément magnifique !! Visuellement ce truc est une tuerie. Je connaissais le dessin de Zhang Xiao-Yu pour en avoir déjà eu une bonne idée avec l'excellent Crusades. Au premier abord le trait peu paraître un peu grossier avec toutes ses hachures, mais en fait il se révèle d'une très grande efficacité et surtout d'une grande beauté. Certaines planches de cet album mériteraient d'être accrochées au mur. Au fil des pages la colorisation peut passer de quelque chose de très sombre à une ambiance lumineuse qui magnifie le récit. Celui-ci, bien qu'utilisant des éléments du fantastique s'oriente à mon sens plus du côté d'un onirisme en rapport avec les légendes asiatiques dont il est tiré. Personnellement dès les première pages j'ai été happé par l'histoire, comme les enfants à qui elle est contée, et le petit twist final est fort bien trouvé. Je recommande chaudement cette lecture, voir même l'achat, ce conte est tout sauf idiot, magnifiquement illustré et il pourra convenir à un vaste public.

20/07/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lupus
Lupus

Sanaa demande à Lupus pourquoi il cherche à se droguer tout le temps. Lupus lui répond qu’il n’a pas trouvé plus simple pour ne pas ressembler à tout le monde. Voilà, avec ce court passage essentiel, tout est dit ou presque dans le chef d’œuvre de Frederik Peeters. Ce que vous ne trouverez pas dans cette odyssée intergalactique ce sont des courses poursuites dans l’espace, des termes technologiques incompréhensibles et des batailles de l’univers. Non, par contre ce qu’on vous y garantit c’est un dépaysement total, un univers crédible et vivant, de jolies rencontres impromptues et pas mal de flottement, de questions pertinentes parfois sans réponse et de passer du rire aux larmes sans jamais s’y ennuyer. Peeters soigne ses décors et rend le tout aussi crédible que poétique dans un noir et blanc charbonneux des plus inspirés et complètement réussi. Que Lupus et Tony aillent pécher des poissons monstrueux pour tuer l’ennui ou que Sanaa, la jeune fille qu’ils recueillent et dont Lupus tombe amoureux, soit aussi charmante que mystérieuse, ne cherchez pas un dénouement heureux, logique mais une belle ouverture et une odyssée digne des meilleurs road trips. Lupus est un chef d’œuvre parfaitement achevé qui donne envie, une fois la lecture achevée, de sourire tout en regardant vers le ciel quelque part entre les étoiles...

20/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tsunami
Tsunami

Vraiment pas mal et tirant même vers la note supérieure. Voilà un récit qui réussit sur un thème pourtant difficile à ne jamais verser dans le pathos larmoyant. Au-delà de la recherche de sa sœur, le héros est confronté à une découverte, celle d'un pays et d'une culture, dans ce qui est également une quête initiatique. Presque un roman graphique, magnifié par des planches tout simplement sublimes où le sens du cadrage et de la colorisation font merveille. Sans tomber toutefois dans le dépliant publicitaire pour une agence de voyage, certaines cases paradisiaques viennent en contrepoint alléger le ton du récit. C'est pour moi une très belle découverte sur un sujet largement médiatisé qui va m'inciter à aller regarder de plus près le travail de ce dessinateur talentueux, notamment pour ce qui est des ambiances. A lire et à contempler.

19/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Petits Ruisseaux
Les Petits Ruisseaux

Découverte totale, j'avais entendu causer de l'auteur mais sans plus. Et quoi je découvre un petit bijou d'humour, de poésie, d'humanité. En lisant cette histoire je ne peux m'empêcher de penser aux Vieux fourneaux. Certes l'histoire est différente, le traitement itou, mais la manière dont est mis en scène la vieillesse avec ses petits moments de bonheur, ses instants de doute sur la vie qui passe, l'ennui, la routine, c'est juste... juste. Cela pourrait être lourd, plombant, misérabiliste et tout au contraire nous avons au final une ode à la vie. Émile décide de mettre fin à ses jours dans un moment de désespoir ou plus exactement parce qu'il croit que la vie ne peut plus rien lui apporter. Son arrivée dans une communauté de "babas cool", moment plus important qu'il n'y paraît, lui fera comprendre que des bonheurs simples sont possibles et qu'il ne faut pas passer à côté de l'essentiel. Cette BD est très subtile, elle procède par petites touches ; que se soit au café où les clients débitent des évidences universelles, dans les parties de pêche anec Edmond, dans la découverte du hobby si particulier du même Edmond, les petits instants de tension à l'heure du thé où Émile se retrouve tel un collégien face à un premier amour ; tout est juste. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu une BD de cette trempe, alors oui, le dessin n'est pas le meilleur du monde mais au final tout ça passe fort bien. Beaucoup de pudeur mais sans pudibonderie, n'est montré que ce qui doit l'être et c'est parfait comme ça. J'ai personnellement passé un moment de lecture plus qu'agréable. Sur d'autres avis j'ai employé cette expression mais je m'aperçois qu'ici elle prend tout son sens. Je ne saurais que trop conseiller cette histoire, lecture plus achat et un vrai coup de cœur.

18/07/2015 (MAJ le 18/07/2015) (modifier)