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Skraeling

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Dans une société totalitaire et belliqueuse inspirée de l'idéologie nazie, le soldat Köstler fait l'expérience d'une inexplicable peur face à la mort lors d'une terrible bataille. Ce sentiment, inédit pour lui, l'amène peu à peu à remettre en cause son dévouement au régime. Or, Köstler est muté dans la plus cynique, la plus brutale et la plus fanatique de toutes les unités : celle des skraelings !


Racisme, fascisme

Dans une société totalitaire et belliqueuse inspirée de l'idéologie nazie, le soldat Köstler fait l'expérience d'une inexplicable peur face à la mort lors d'une terrible bataille. Ce sentiment, inédit pour lui, l'amène peu à peu à remettre en cause son dévouement au régime. Or, Köstler est muté dans la plus cynique, la plus brutale et la plus fanatique de toutes les unités : celle des skraelings !

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Février 2011
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Skraeling
Les notes (3)
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08/02/2011 | Miranda
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Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Voici pour moi la 1ère claque de l’année 2011, une œuvre sortie de nulle part mais qui ne méritera pas de finir brulée sur le bucher… Une œuvre qui ne risque pas de plaire au plus grand nombre par le sujet qu’elle traite et la mise en scène radicale qu’elle propose mais une œuvre nécessaire se voulant aussi divertissante qu’idéologiquement pertinente… Choisis ton camp camarade ! Imaginez un conte où le petit Chaperon Rouge est remplacé par un chien de combat, un homme dont on ne connaitra que peu de choses et dénommé Köstler face à une meute de loups assoiffés et abrutis de violence dans un monde rétro futuriste et totalitaire s’inspirant grandement de l’idéologie nazie et dont on reconnait facilement tous les codes, des uniformes aux symboles et surtout aux méthodes similaires. Voici en gros ce que Skraeling propose... Köstler aurait pu faire partie de l’élite si ses origines étaient « pures ». Élevé dès l’enfance pour être une machine de guerre, c’est un fantassin sans peur et au dévouement sans égal qui brave tous les dangers non pas pour s’illustrer mais simplement pour faire son boulot car il ne sait faire que cela. Il va être remarqué pour ses exploits et être amené à intégrer la prestigieuse division Skraelings qui recrute les meilleurs éléments. Son parcours ne va pas aller sans heurts car n’étant pas de « sang pur » il devient l’objet de toutes les railleries et humiliations possibles... Mais il y a autre chose : sa conscience se réveille et les Skraelings cachent un énorme secret… Pour une découverte en voilà une belle… Une uchronie qui pourra rappeler Block 109 mais ici on est bien dans un conte kafkaïen et pas seulement dans un roman d’aventures. Les dessins superbes ne laissent aucune lucarne d’espoir dans ce monde désolé et désolant. La violence est certes physique mais se veut bien plus morale. Seuls quelques flashbacks éclairant le passé de Köstler et habités de lueurs rouges peuvent redonner foi en l’espèce humaine puisqu’à de très rares exceptions, tout le monde est dévoué à l’idéal fasciste et pourri de l’intérieur. Cette œuvre a beau être 100% originale elle me rappelle le film Brazil pour ses décors et ses machines ainsi que la rébellion intérieure du principal protagoniste que le film d’animation Jin-Roh pour ces fameuses armures reprises dans bon nombres d’autres œuvres et qui servent également à illustrer la magnifique couverture. Du grand art malgré parfois une certaine confusion pour certains personnages aussi identiques qu’aseptisés… Mais là où un Starship Troopers menait le combat et le tableau du fascisme avec une certaine ironie, ici nulle place pour rire ou en sourire. Noir c’est noir il n’y a guère d’espoir. Les décors (dont certains très réussis et retravaillés avec une photo réelle) et les couleurs froides contribuent grandement à une compréhension visuelle. Skraelings c’est une œuvre unique en bande dessinée qui réussit de surcroit à divertir avec une intrigue montant crescendo et qui se conclut sur un diabolique cliffhanger… Prévue en 3 tomes cette histoire m’a réellement intrigué et tranche littéralement avec ce que l’on a l’habitude de lire ou de voir… Je n’osais espérer que mon roman de chevet, l’inégalable 1984 de George Orwell trouve une illustration en dessins et voici que ce bouquin débarque sans crier gare et en poursuit des voies distinctes mais parallèles… Un gros coup de cœur inhabituel dont j’espère lire rapidement la suite afin d’y voir tomber cet empire. Intelligent, percutant donc à ne louper sous aucun prétexte… La BD française a de beaux jours à voir devant elle. Chapeau bas. EDIT : après lecture des 2 tomes suivants. Le premier tome de Skraeling se terminait sur un gros cliffhanger dans la perception même de son histoire qu'il est impossible de raconter ici sans en déflorer la surprise. J'étais donc curieux et inquiet par la tournure du scénario de Thierry Lamy mais n'en ai pas été déçu. Il y a suffisamment d'indices (dans le nom du héros) pour pouvoir appréhender l'issue finale de cette jolie trilogie. Néanmoins je dois y faire quelques reproches. Le travail de Damien Venzi est absolument exemplaire lorsqu'il reproduit des architectectures et décors écrasant l'individu par sa noirceur. Il y a un tel souci du détail malgré ces couleurs volontairement ternes qu'on sort un peu sonné par la lecture graphique. Néanmoins les personnages sont parfois un peu trop figés et ressemblants ce qui amène une grande confusion dans la compréhension globale du tome 2 notamment qui développe beaucoup d'intrigues secondaires. Mais si on s'éloigne du personnage principal c'est aussi pour mieux le retrouver dans un troisième tome forcément explosif et bien mieux rythmé à la conclusion plus que satisfaisante. Je descends donc ma note de 4 à 3 étoiles simplement pour le léger passage à vide ressenti lors de ma lecture du tome 2 qui aurait pu être plus court malgré un travail énorme pour épaissir un univers hélas tout à fait crédible tant dans sa construction que le parallèle qu'il établit avec notre société actuelle. Il s'agira probablement également hélas du dernier travail de Damien Venzi dont le travail titanesque sur cette oeuvre aura eu raison de ses espoirs les plus fous (la série n'a pas remporté le succès escompté et c'est bien dommage) qui nous laisse un sacré héritage que je vous recommande vivement de lire dans tous les cas.

14/02/2011 (MAJ le 18/01/2017) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Comme Miranda, l'idéologie sous-jacente au monde décrit dans cette nouvelle série me fait vomir. Maintenant, la violence décrite ne m'a pas rebuté plus que ça, il s'agit clairement d'une représentation, pas du réel, même si de nombreux conflits du siècle passé ont pu ressembler, voire surpasser cette représentation dans la barbarie. Au contraire, et même si je suppose que Thierry Lamy n'a pas souhaité charger la mule pour éviter la caricature, je trouve qu'il n'est pas allé assez loin. En effet la description de cette idéologie s'arrête pour l'heure à ses aspects militaires, ce qui est tout de même réducteur. Le second tome nous laisse imaginer d'autres "couches" dans l'intrigue, mais j'avoue que le début du tome 2 m'a semblé un peu brouillon. Il est fort probable que la suite expliquera certaines situations un peu nébuleuses. la fin de ce deuxième tome repart sur de l'action assez forte, ça permet de se réveiller un peu. Et ce troisième tome se termine en apothéose, avec plusieurs scènes fortes, avec beaucoup d'adrénaline et de testostérone. Le cheminement de pensée de Köstler est intéressant, même si un peu chaotique par moments ; ceci dit nous ne sommes pas forcément toujours logiques dans nos pensées... C'est donc relativement cohérent et crédible. Le dessin de Damien Venzi n'est pas, à l'origine, ce que je préfère. Un style figé, des visages inexpressifs, j'aurais du mal, je pense, avec ses planches en noir et blanc. Mais le travail de peaufinage est tellement monstrueux que je ne peux que m'incliner face à cette qualité. Certaines planches, qui nous ramènent au style d'affiches de propagande nazies ou pro-nazies, sont d'une beauté à couper le souffle. Et quelle couverture ! Vraiment un beau travail, qu'Ankama réussit à rendre très attractif grâce à une maquette de qualité. La trilogie se termine par une galerie d'illustrations-hommages d'autres jeunes talents de la BD, mais aussi quelques pages de concept-designs. Une belle trilogie, intéressante et bien réalisée.

09/02/2011 (MAJ le 22/07/2015) (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5
L'avatar du posteur Miranda

Décidément le nazisme a le vent en poupe en ce moment avec toutes les productions qui le prennent comme base uchronique, ou comme ici, en tant que source d’inspiration adaptée à un récit futuriste. J’avoue que j’ai failli arrêter ma lecture au bout de quelques planches tant c’est violent, voir même abject, mais cette idéologie ne l’est-elle pas ? Ce premier opus n’est pas très riche en évènements et se contente surtout de poser son univers et de présenter le personnage principal, le soldat Kölster. Sa psychologie est bien développée et très intéressante car on a accès à ses pensées intimes et à son cheminement moral et intellectuel qui lui permettent d'évoluer dans ce monde à la violence extrême. Paradoxalement j’ai trouvé le tout un peu superficiel et artificiel, je ne suis pas rentrée pleinement dans l’histoire, certainement car la violence et l’avilissement de l’autre y sont trop présents et cela m’a un peu rebutée ; par contre les amateurs de guerre seront ravis. Je n’achèterai pas cette bd car je n’ai pas envie de me replonger dans ce monde ultra agressif, par contre je lirai la suite car je suis quand même curieuse de savoir ce que deviendra Kölster, en espérant aussi qu'au final se régime nauséabond s'effondrera. Graphiquement c’est assez beau, bien que j’aie moyennement apprécié les quelques « rares » planches où est utilisé un support photographique, c’est un procédé que j’ai encore beaucoup de mal à accepter, même si ce n’est pas trop gênant vu qu’il y a très peu de cases dans ce genre-là. Le dessin rend bien cet univers très glauque, les couleurs sombres aux teintes grises et rouges, opposant la froideur du métal à la chaleur du sang en font un support idéal pour ce récit. La couverture est elle aussi foutrement bien réussie, les éditions Ankama nous offrent souvent de très beaux objets et c’est un réel plaisir.

08/02/2011 (modifier)