H₃ School aurait pu ne pas me plaire du tout. De fait, le premier tome a été assez pénible à lire lors de certains passages bien trop romantiques à l’eau de rose édulcorée (mais avec double portion de sucre, adjonction de miel et usage de sirop de glucose au cas où). Car le thème de départ est on ne peut plus propice à quelques débordements nunuches. Une école de filles obligée de se fondre dans une école de garçons et voilà un troupeau d’adolescentes en pamoison à la vue d’un bel éphèbe imberbe (que si tu fais pas gaffe, tu en viens à te demander si, avec ses traits efféminés, il s’agit bien d’un représentant du sexe masculin mais, fort heureusement, quelques indices judicieux du genre il pend la gueule, il est grand et il fait du surf sont là pour t’aiguiller).
Donc voilà, ça s’annonçait mal et pourtant j’ai bien aimé cette courte série. La raison principale vient du caractère et du traitement graphique d'Hanabi, le personnage féminin principal : une adolescente gaffeuse, immature, fonceuse qui nous est présentée sous le prisme de la tendre dérision. Ce personnage porte vraiment toute la série, à mes yeux. Les autres ne sont souvent que des faire-valoir (même le premier rôle masculin) et c’est tant mieux ! Parce que, dès que l’auteure leur accorde un peu plus de place, on retombe dans le nunuche à deux balles.
Je parlais de traitement graphique, j’y reviens. C’est la première fois que je trouve l’emploi de ruptures de style (passage du trait manga classique à un trait plus caricatural et humoristique) réellement utile à la narration. Pourtant, d’ordinaire, ce procédé m’énerve plus qu’il ne m’amuse mais ici, ça marche ! L’héroïne en version courte sur patte/gamine/poussin traduit visuellement parfaitement l’immaturité, l’espièglerie ou le caractère explosif du personnage dans ces moments choisis.
Pour résumer ma pensée : le scénario est neuneu, l’intrigue est nunuche, les personnages masculins sont des caricatures du manga (ténébreux, grands, sportifs, artistes, ils ont tout pour eux), le dessin ne sort pas spécialement du lot mais je me suis souvent poilé avec cette héroïne au profil enfantin dont l’auteure, grâce à un traitement graphique adéquat, parvient à nous faire ressentir la fragilité dans ce tangage entre l’enfance et l’âge adulte. Et rien que pour elle, j’ai supporté les passages où le miel me coulait par les oreilles, où le sucre giclait de mes rétines incrédules. Bon, j’avoue, j’ai du rire à des moments où ce n’était sans doute pas vraiment prévu non plus, j’ai beau être un grand romantique, j’ai mes limites. Mais bon, voilà, rien que pour son humour, je ne peux que vous conseiller la lecture de cette courte série manga (5 tomes, c’est pas la mort de notre seigneur… mais faut supporter le premier tome qui ne donne pas encore vraiment le ton de la série).
C’est con de terminer sur un dernier chapitre à vous filer le diabète (ce qui m’a laissé sur une relative mauvaise impression finale, vite oubliée, heureusement) mais soit, j’avoue : j’ai bien aimé.
Je m’empresse de préciser que je suis loin d’être un fan de Bastien Vivès . Je dirais même qu’il y a dans sa bibliographie plus d’albums que je n’ai pas appréciés que l’inverse. En clair, la sortie d’un nouvel opus du petit chevelu ne fait pas briller des étoiles dans mon regard de velours.
Tout ceci pour vous dire… que j’ai vraiment, mais alors vraiment bien aimé cet album. Un album que je trouve extrêmement culotté dans sa forme, très juste dans le ton, servi par un dessin épuré et parfaitement maîtrisé, prenant et vivant.
Reprenons le bazar dans l’ordre.
- Culotté dans la forme : cet album parle de la découverte de l’amour et de la sexualité par un adolescent de 13 ans, initié par une adolescente de 16 ans. Ce genre de sujet peut soit tomber dans l’eau de rose gnangnan sans intérêt, soit verser dans le scabreux démonstratif gratuit. Bastien Vivès parvient à éviter ces deux écueils. Les scènes érotique sont explicites mais jamais gratuites ni exhibitionnistes. Rien n’est caché mais ce qui se dégage de ces scènes, c’est l’innocence des personnages. Franchement, moi je dis chapeau bas !!
- Juste dans le ton : les dialogues sonnent d’une manière très naturelle. J’ai vraiment eu l’impression de lire une biographie par moments, tant tout cela sent le vécu. C’est, je pense, très actuel dans l’image que le récit donne de la sexualité des jeunes adolescents d’aujourd’hui et universel par les sentiments qui traversent les différents protagonistes de l’histoire.
- Un dessin épuré parfaitement maîtrisé : c’est vrai que Bastien Vivès va à l’essentiel dans son style. L’amateur de planches fignolées avec moult détails en sera pour ses frais. Mais quelle justesse dans les expressions, dans les poses, dans les regards ! Déjà dans Polina, j’avais beaucoup apprécié l’art de Bastien Vivès à saisir un mouvement, ici ce sont les sentiments des personnages qui sont parfaitement retranscrits avec très peu de traits. Là aussi, je m’incline respectueusement.
- Prenant et vivant : et bien ce fut impossible pour moi d’abandonner ma lecture en cours de route. Il ne se passe peut-être pas grand-chose (on est dans du roman graphique pur jus) mais les personnages sont attachants et rapidement proches de nous. C’est simple mais touchant.
Donc voilà, j’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous inviter à découvrir cet album, surtout si vous n’êtes pas fan de l’auteur (les autres se jetteront dessus sans réfléchir, pas besoin de chercher à les convaincre).
Un sursaut d'énergie pour exhumer ce diptyque faramineux !
J'hésite à vous raconter la situation de départ, cela vous paraîtra si peu original ...
Le scénario est pourtant très bien ficelé, même s'il utilise les ressorts du polar en se sortant d'impossibilités logiques par un recours au fantastique, qui permet de retomber parfaitement sur ses pattes, mais aussi d'amener les images vers une grande beauté surnaturelle. Beaucoup de rebondissements et d'arroseurs arrosés, en tout cas...
L'image est d'une sensualité troublante, et réaliste à la fois. Une esthétique assez années 30, dans une ville imaginaire peuplée de gratte-ciels élégants, baignant dans une lumière de films noirs pluvieux, réchauffée par du rouge et du doré. Les visages ont tous un sex-appeal particulier, sans donner dans le déjà vu. Une sorte de séduction intime : des hard-boiled, des misfits, des garçonnes, des blacks et des ninjas qui vous fixent de leur regard perdu ou manipulateur, transparents ou sombres, tout neufs ou vieillissants.
Bref j'en redemande, et je note le nom de ces 3 enchanteurs qui réussissent à créer une parenthèse, attirante et inquiétante à la fois...
Un peu trop court mais très précis et juste et beau...
Le dessin noir et blanc un peu trash, sans demi-mesure de gris, ni traits fins, se confronte à un scénario très nuancé : par moment quotidien, par moment symbolique. La mort, la vieillesse, l'enfance y sont convoquées dans un univers villageois un peu suranné.
Comme dit Hervé c'est un album qui laisse des traces profondes, comme une sorte de non-dit qui restera à l'intérieur de nous quelles que soient les couches de vie qui recouvreront le moment de notre lecture...
Le titre n'est peut-être pas le bon, ce ne sont pas les funérailles DE Luce, mais celles qu'elle a vu. Et que les autres ne voient pas. Le grand-père, son voisin, le fils du voisin, et la voisine (personne n'a parlé de cette voisine, je pense que c'est une des choses qui est aussi marquante dans cet album : des vieux qui font l'amour, et la mort qui vient, juste après). Et puis le couple improbable qui représente la mort : étrange, mais pas malveillant, simplement muet.
Bonne lecture, ça vaut le coup !
Tout simplement drôle !
Le scénario est bien goupillé, l'époque du roi soleil bien traduite, dans sa démesure, son ridicule, son obséquiosité. Mais les deux principales qualités résident dans la langue utilisée et l'habileté du dessin.
Truculence des dialogues épicée par une langue du XVIIème siècle quelque peu imaginaire (comme la langue d'Agrippine imaginée par Claire Brétecher aujourd'hui, ou plus proche (aussi par le trait): celle du landais volant de Dumontheuil). Les noms des personnages rappellent l'humour d'Arleston dans ses trolls, c'est-à-dire pas bégueule, un peu gras mais ça glisse d'autant mieux !
Le contraste ménagé par le dessin entre les deux jeunes premiers (la belle et le grand costaud, pas très volubile) d'un coté et le reste de la cour de l'autre : ramassis de rondouillards emperruqués, et de damoiselles poudrées aux visages cadavériques, rappelle la caricature à la Uderzo, (dans le grand fossé par exemple) mais avec un souci plus juste des couleurs, et même des valeurs (ombres et lumières). Les excentricités de la cour sont mises en valeur dans un décors, certes simplifié, mais dans lequel on ressent très bien la richesse forcenée (cf les carrosses)
L'humour, la caricature mais aussi une certaine fidélité historique donnent à cet album un caractère franchement sympathique ; j'en conseille chaleureusement la lecture.
Un petit exemple de la langue du roi expliquant son souhait qu'on lui invente une chaise à porteur percée : "En cas de forte intempérie des entrailles, il doit être grisant de les soulager en pleine locomotion !"
Voilà un album relativement original quant à son sujet, que l’on devine avec cette couverture, réunissant un mineur et un Indien.
L’histoire se déroule essentiellement en 1905, dans le Nord de la France, près de la tranchée d’Arenberg (que personnellement je connais surtout à travers Paris-Roubaix…), autour de mineurs, et en particulier d’un gamin, Gervais, qui réussit bien à l’école, qui pourrait faire des études et devenir ingénieur, mais qui doit obéir à son père et descendre comme lui dans les boyaux de la mine.
L’univers de ces mineurs, la vie des corons, tout est bien rendu, on est proche de Les Mangeurs de Cailloux ou de Sang noir - La catastrophe de Courrières, deux belles séries de Loyer se déroulant dans le même cadre à la même époque.
Mais voilà, la richesse de cet album, c’est que Jean-Michel Dupont introduit dans ce cadre très noir, très « Germinal », et quelque peu rigide depuis un siècle, de multiples agents perturbateurs, qui propagent leurs secousses plus ou moins profondément dans l’intrigue et les personnages.
L’arrivée du cirque de Buffalo Bill à Valenciennes va bouleverser Gervais, qui va se lier d’amitié avec deux Indiens, et les aider à se disculper d’une accusation de meurtre. C’est l’aventure, le rêve, la maturité qui bousculent Gervais, gueules noires et gueules rouges ayant tous affaire à la police et aux préjugés de classe et de race de la bonne société.
C’est qu’en plus l’histoire est bien ancrée dans son époque : on est en pleine discussion à propos de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui renforcera la laïcité, et Eglise et bouffeurs de curés se déchirent, alors que certains ouvriers sont sensibles à la propagande anarchiste (certains ouvriers sont eux-aussi des « gueules rouges » !) : le monde de Gervais se fissure, mais au travers de ces fissures il entrevoit la lumière.
L’épilogue, dans la boucherie des tranchées, laisse ouverte la conclusion qu’on peut tirer de cette histoire : la fin d’un monde, ou pas ?
Les seuls petits bémols concernant cet album n’occultent en rien sa qualité.
Le dessin d’Eddy Vaccaro, dans une sorte d’aquarelle, est parfois trop brouillon, même si la colorisation, sombre, rouille, colle elle très bien au sujet, au titre et aux idées développées.
La narration est parfois un peu ralentie par certaines explications (de termes ou dates), mais je le répète, ce n’est pas trop gênant.
Les personnages s’expriment dans le langage chti populaire, et j’ai eu aussi parfois du mal à m’y faire, mais il faut passer outre, car au final, j’ai plutôt bien aimé ce parti pris.
En tout cas, c’est une belle découverte que cet album, pas exempt de menus défauts, mais qui est très riche, et qui mérite à l’évidence qu’on s’y intéresse.
Cette série est formidable.
Bien sûr, ce n'est pas la première à parler du handicap, il vous suffit d'aller voir le thème consacré au sujet sur bdtheque pour vous en convaincre, ni même la première à l'aborder sous l'angle de l'humour. Mais c'est dans la manière de tourner cet humour qu'elle sort du lot.
D'abord dans la forme, puisque le premier tome, peut-être voué au départ à être unique, se présente comme une suite de gags où les bons mots et les situations typiques sont légion. Beaucoup d'aspects liés au handicap sont abordés : accessibilité des lieux, incommunicabilité, invisibilité médiatique, préjugés, moqueries (pour ne pas dire méchanceté pure et simple). Georges Grard, alias Geg, se joue des clichés avec une langue savoureuse, de nombreux jeux de mots et une connaissance énorme du secteur du handicap.
Probablement galvanisé par le succès de ce premier tome, il en enquille plusieurs autres, qui se présentent plutôt comme des histoires complètes à chaque fois, avec des situations gaguesques en fin de page (mais pas à tous les coups). Le tome 2 est ainsi l'occasion à la Bande à Ed de partir en vacances, tous frais payés par la mairie, et d'inaugurer un centre destiné aux personnes handicapées à la mer. Là encore, de nombreuses situations où nos amis handicapés rencontrent des obstacles, mais où leur bonne humeur, leur volontarisme et leur inventivité leur permet de s'en sortir haut la main. Au tome 3 notre groupe d'exclus décide de faire bouger sa cité, et d'organiser un évènement culturel.
Et le tome 4 est l'occasion pour notre petit groupe de chercher des stages en entreprise. Là encore les différents obstacles sont bien décrits, et comme dans les tomes précédents, la bienveillance des voisins et des soutiens inattendus vont leur permettre de réaliser leurs projets.
Le dessin de Jak est typique du "gros nez" franco-belge, mais il y a du boulot sur les décors, et l'ensemble est ma foi très agréable à l'oeil.
Positive attitude.
Aujourd'hui cela va faire 10 ans que je poste des avis (donc 10 ans que les pauvres modérateurs du sites corrigent mes 10 fautes d'orthographe par avis). Je vais fêter cela en postant un avis d'une des dernières séries qu'il me restait à lire d'un des mes scénaristes préférés: Yann.
On retrouve tout ce que j'aime chez cet auteur : une galerie de personnages mémorables, de l'humour très noir et politiquement incorrect et de l'imagination. Le premier tome est le meilleur avec un scénario assez original et j'aime bien le coté conte de l'histoire. Le dessin naïf de Frank Le Gall va très bien avec l'atmosphère du récit. C'est selon moi un des meilleurs albums de Yann.
Le deuxième tome est un peu moins bon. Le dessin et l'atmosphère sont un peu plus réalistes que le premier tome et j'ai moins apprécié quoique cela reste un bon album avec des bonnes scènes (j'aime particulièrement la fin que je trouve poétique). C'est juste que le niveau du premier tome est tellement élevé pour moi que 'juste' un bon album comme suite est une déception !
À lire si on aime les deux auteurs.
C'est de l'aventure historique contemporaine qui comme le signale l'avertissement en préambule, est une fiction se servant d'événements réels, et d'emblée je suis séduit par cette nouvelle Bd du tandem Vallée/Nury ; d'ailleurs ça démarre fort avec ce prologue sur Msiri, un peu long mais nécessaire et passionnant pour bien faire comprendre au lecteur la situation et le mettre dans l'ambiance, sans être trop didactique. Le procédé est remarquable sur ces 9 pages parfaitement illustrées par Vallée en cases étirées style format panoramique, sur un texte off.
D'ailleurs, au départ je n'aurais peut-être pas mis le nez dans cette Bd, mais quand j'ai su que c'était dessiné par Vallée, j'ai voulu voir ça, j'avais grandement apprécié son travail sur Il était une fois en France, série au sujet un peu sombre que j'ai pu supporter en grande partie grâce à la partie graphique. Ici, son dessin au trait sûr et maitrisé fait merveille, il est à la fois souple et ferme, et sa mise en page hyper musclée donne une réelle dynamique à l'ensemble ; il a su aussi trouver des trognes bien cernées reflétant les caractères des personnages comme si c'était affiché sur leurs figures, notamment des mercenaires qui ont vraiment la gueule de l'emploi, au physique buriné de baroudeurs qui font penser un peu à des acteurs français des années 60 comme Lino Ventura, Robert Dalban, Michel Constantin ou J.P. Belmondo...
De son côté, Nury brosse un scénario bien troussé qui vole de rebondissements en scènes d'action violentes où aucun personnage ne se détache vraiment, c'est un ballet de politiciens africains véreux et vénaux, de barbouzes de l'Afrique coloniale et de mercenaires endurcis qui ne vivent que pour l'action. Tout ceci m'a grandement rappelé un film assez méconnu de 1968 réalisé par Jack Cardiff, le Dernier train du Katanga (titré en VO bien justement The Mercenaries) et qui voyait un groupe de mercenaires n'ayant pas froid aux yeux recevoir la mission de sauver des Européens isolés dans un dispensaire, et par la même occasion un trésor en diamants. L'action se passait exactement à la même période, pendant la sécession katangaise, et s'y bousculaient des politiciens cyniques, des civils idéalistes, des mercenaires racistes ou avides et des rebelles dépeints comme des sauvages, mais ce qui avait surpris à l'époque, c'était le réalisme très cru et l'extrême violence de certaines scènes. Ce que l'on voit dans la Bd n'est donc pas exagéré, et je ne serais pas surpris d'apprendre que Nury s'est inspiré de ce film.
En tout cas, la machine est lancée, c'est un thriller politique et d'action sur fond historique tout à fait captivant qui mérite une suite attendue.
Ce manga est étrange...
Sa base est historique, puisqu'il raconte l'histoire (à un moment donné) d'un col reliant ce qui deviendra le sud de la Suisse à la région du Tessin, en Italie. Une route dangereuse, ponctuée par une forteresse tenue par une garnison qui a pour ordre de ne pas laisser passer les personnes suspectes, c'est à dire susceptibles d'appartenir à la résistance locale, qui s'oppose à l'hégémonie des Habsbourg.
Pour obtenir des renseignement, l'Amman qui commande la garnison n'hésite pas à user de tous les moyens, même les plus abjects, comme dans le tome 2... Une scène dérangeante, qui place le manga dans la catégorie "à ne pas mettre entre toutes les mains", mais aussi dans le "se méfier". Car jusque-là on se contentait de nous narrer différentes tentatives de personnages souvent liés à la résistance de passer le col.
Le tome 3 continue dans cette direction, nous présentant une seule intrigue, avec un peu de flashes-backs. A présent que la cruauté de l'Amman est bien installée dans l'esprit du lecteur, on nous montre une révolte majeure ayant eu lieu en 1315 pour renverser la garnison qui tient le Saint-Gothard. Evolution bienvenue. Le mélange d'action et d'Histoire est vraiment prenant, j'ai hâte de lire la suite.
Dans le tome 4 et 5 l'assaut (final ?) est donné sur la barrière de l'octroi. On comprend bien ce qu'il se passe, et cet épisode est l'occasion de nous montrer des innovations techniques, en termes d'art de la guerre (si je puis m'exprimer ainsi, bien sûr, car je suis un pacifiste forcené), ce n'est pas inintéressant. Les scènes d'action, nombreuses, sont vraiment bien foutues, c'est fluide. Cela dure un peu longtemps, mais visiblement les assaillants ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Par contre je doute de la véracité de la présence d'éléments féminins parmi les belligérants... Idem avec le personnage de Walter qui devient une sorte de Superman capable de prouesses insensées...
Avec les tomes 6 et 7 on passe à une autre phase du récit, qui aurait pu s'arrêter là. Mais l'Histoire a d'autres ressorts, et l'auteur continue à nous la raoncter, sans avoir véritablement de personnage principal, hormis Walter, qui est en retrait sur une partie du tome, puis Heinz. Ce tome 7 est essentiellement composé de scènes de combat, et du coup se lit plutôt vite, avant le tome 8 qui devrait être conclusif...
Et ce tome 8 raconte la bataille de Morgarten, hallucinante et tellement symbolique de ce conflit qui a permis la première confédération helvétique de repousser les Habsbourg...
Sur le plan graphique, c'est un mélange surprenant, avec du seinen assez nerveux (témoin les scènes de combat), puis, lorsque des femmes se retrouvent dénudées, l'auteur semble s'inspirer de Tezuka, un style qui a tout de même un peu vieilli...
Un manga pas inintéressant, à ne pas mettre entre toutes les mains.
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H3 School
H₃ School aurait pu ne pas me plaire du tout. De fait, le premier tome a été assez pénible à lire lors de certains passages bien trop romantiques à l’eau de rose édulcorée (mais avec double portion de sucre, adjonction de miel et usage de sirop de glucose au cas où). Car le thème de départ est on ne peut plus propice à quelques débordements nunuches. Une école de filles obligée de se fondre dans une école de garçons et voilà un troupeau d’adolescentes en pamoison à la vue d’un bel éphèbe imberbe (que si tu fais pas gaffe, tu en viens à te demander si, avec ses traits efféminés, il s’agit bien d’un représentant du sexe masculin mais, fort heureusement, quelques indices judicieux du genre il pend la gueule, il est grand et il fait du surf sont là pour t’aiguiller). Donc voilà, ça s’annonçait mal et pourtant j’ai bien aimé cette courte série. La raison principale vient du caractère et du traitement graphique d'Hanabi, le personnage féminin principal : une adolescente gaffeuse, immature, fonceuse qui nous est présentée sous le prisme de la tendre dérision. Ce personnage porte vraiment toute la série, à mes yeux. Les autres ne sont souvent que des faire-valoir (même le premier rôle masculin) et c’est tant mieux ! Parce que, dès que l’auteure leur accorde un peu plus de place, on retombe dans le nunuche à deux balles. Je parlais de traitement graphique, j’y reviens. C’est la première fois que je trouve l’emploi de ruptures de style (passage du trait manga classique à un trait plus caricatural et humoristique) réellement utile à la narration. Pourtant, d’ordinaire, ce procédé m’énerve plus qu’il ne m’amuse mais ici, ça marche ! L’héroïne en version courte sur patte/gamine/poussin traduit visuellement parfaitement l’immaturité, l’espièglerie ou le caractère explosif du personnage dans ces moments choisis. Pour résumer ma pensée : le scénario est neuneu, l’intrigue est nunuche, les personnages masculins sont des caricatures du manga (ténébreux, grands, sportifs, artistes, ils ont tout pour eux), le dessin ne sort pas spécialement du lot mais je me suis souvent poilé avec cette héroïne au profil enfantin dont l’auteure, grâce à un traitement graphique adéquat, parvient à nous faire ressentir la fragilité dans ce tangage entre l’enfance et l’âge adulte. Et rien que pour elle, j’ai supporté les passages où le miel me coulait par les oreilles, où le sucre giclait de mes rétines incrédules. Bon, j’avoue, j’ai du rire à des moments où ce n’était sans doute pas vraiment prévu non plus, j’ai beau être un grand romantique, j’ai mes limites. Mais bon, voilà, rien que pour son humour, je ne peux que vous conseiller la lecture de cette courte série manga (5 tomes, c’est pas la mort de notre seigneur… mais faut supporter le premier tome qui ne donne pas encore vraiment le ton de la série). C’est con de terminer sur un dernier chapitre à vous filer le diabète (ce qui m’a laissé sur une relative mauvaise impression finale, vite oubliée, heureusement) mais soit, j’avoue : j’ai bien aimé.
Une Soeur
Je m’empresse de préciser que je suis loin d’être un fan de Bastien Vivès . Je dirais même qu’il y a dans sa bibliographie plus d’albums que je n’ai pas appréciés que l’inverse. En clair, la sortie d’un nouvel opus du petit chevelu ne fait pas briller des étoiles dans mon regard de velours. Tout ceci pour vous dire… que j’ai vraiment, mais alors vraiment bien aimé cet album. Un album que je trouve extrêmement culotté dans sa forme, très juste dans le ton, servi par un dessin épuré et parfaitement maîtrisé, prenant et vivant. Reprenons le bazar dans l’ordre. - Culotté dans la forme : cet album parle de la découverte de l’amour et de la sexualité par un adolescent de 13 ans, initié par une adolescente de 16 ans. Ce genre de sujet peut soit tomber dans l’eau de rose gnangnan sans intérêt, soit verser dans le scabreux démonstratif gratuit. Bastien Vivès parvient à éviter ces deux écueils. Les scènes érotique sont explicites mais jamais gratuites ni exhibitionnistes. Rien n’est caché mais ce qui se dégage de ces scènes, c’est l’innocence des personnages. Franchement, moi je dis chapeau bas !! - Juste dans le ton : les dialogues sonnent d’une manière très naturelle. J’ai vraiment eu l’impression de lire une biographie par moments, tant tout cela sent le vécu. C’est, je pense, très actuel dans l’image que le récit donne de la sexualité des jeunes adolescents d’aujourd’hui et universel par les sentiments qui traversent les différents protagonistes de l’histoire. - Un dessin épuré parfaitement maîtrisé : c’est vrai que Bastien Vivès va à l’essentiel dans son style. L’amateur de planches fignolées avec moult détails en sera pour ses frais. Mais quelle justesse dans les expressions, dans les poses, dans les regards ! Déjà dans Polina, j’avais beaucoup apprécié l’art de Bastien Vivès à saisir un mouvement, ici ce sont les sentiments des personnages qui sont parfaitement retranscrits avec très peu de traits. Là aussi, je m’incline respectueusement. - Prenant et vivant : et bien ce fut impossible pour moi d’abandonner ma lecture en cours de route. Il ne se passe peut-être pas grand-chose (on est dans du roman graphique pur jus) mais les personnages sont attachants et rapidement proches de nous. C’est simple mais touchant. Donc voilà, j’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous inviter à découvrir cet album, surtout si vous n’êtes pas fan de l’auteur (les autres se jetteront dessus sans réfléchir, pas besoin de chercher à les convaincre).
Smoke City
Un sursaut d'énergie pour exhumer ce diptyque faramineux ! J'hésite à vous raconter la situation de départ, cela vous paraîtra si peu original ... Le scénario est pourtant très bien ficelé, même s'il utilise les ressorts du polar en se sortant d'impossibilités logiques par un recours au fantastique, qui permet de retomber parfaitement sur ses pattes, mais aussi d'amener les images vers une grande beauté surnaturelle. Beaucoup de rebondissements et d'arroseurs arrosés, en tout cas... L'image est d'une sensualité troublante, et réaliste à la fois. Une esthétique assez années 30, dans une ville imaginaire peuplée de gratte-ciels élégants, baignant dans une lumière de films noirs pluvieux, réchauffée par du rouge et du doré. Les visages ont tous un sex-appeal particulier, sans donner dans le déjà vu. Une sorte de séduction intime : des hard-boiled, des misfits, des garçonnes, des blacks et des ninjas qui vous fixent de leur regard perdu ou manipulateur, transparents ou sombres, tout neufs ou vieillissants. Bref j'en redemande, et je note le nom de ces 3 enchanteurs qui réussissent à créer une parenthèse, attirante et inquiétante à la fois...
Les Funérailles de Luce
Un peu trop court mais très précis et juste et beau... Le dessin noir et blanc un peu trash, sans demi-mesure de gris, ni traits fins, se confronte à un scénario très nuancé : par moment quotidien, par moment symbolique. La mort, la vieillesse, l'enfance y sont convoquées dans un univers villageois un peu suranné. Comme dit Hervé c'est un album qui laisse des traces profondes, comme une sorte de non-dit qui restera à l'intérieur de nous quelles que soient les couches de vie qui recouvreront le moment de notre lecture... Le titre n'est peut-être pas le bon, ce ne sont pas les funérailles DE Luce, mais celles qu'elle a vu. Et que les autres ne voient pas. Le grand-père, son voisin, le fils du voisin, et la voisine (personne n'a parlé de cette voisine, je pense que c'est une des choses qui est aussi marquante dans cet album : des vieux qui font l'amour, et la mort qui vient, juste après). Et puis le couple improbable qui représente la mort : étrange, mais pas malveillant, simplement muet. Bonne lecture, ça vaut le coup !
Cour royale
Tout simplement drôle ! Le scénario est bien goupillé, l'époque du roi soleil bien traduite, dans sa démesure, son ridicule, son obséquiosité. Mais les deux principales qualités résident dans la langue utilisée et l'habileté du dessin. Truculence des dialogues épicée par une langue du XVIIème siècle quelque peu imaginaire (comme la langue d'Agrippine imaginée par Claire Brétecher aujourd'hui, ou plus proche (aussi par le trait): celle du landais volant de Dumontheuil). Les noms des personnages rappellent l'humour d'Arleston dans ses trolls, c'est-à-dire pas bégueule, un peu gras mais ça glisse d'autant mieux ! Le contraste ménagé par le dessin entre les deux jeunes premiers (la belle et le grand costaud, pas très volubile) d'un coté et le reste de la cour de l'autre : ramassis de rondouillards emperruqués, et de damoiselles poudrées aux visages cadavériques, rappelle la caricature à la Uderzo, (dans le grand fossé par exemple) mais avec un souci plus juste des couleurs, et même des valeurs (ombres et lumières). Les excentricités de la cour sont mises en valeur dans un décors, certes simplifié, mais dans lequel on ressent très bien la richesse forcenée (cf les carrosses) L'humour, la caricature mais aussi une certaine fidélité historique donnent à cet album un caractère franchement sympathique ; j'en conseille chaleureusement la lecture. Un petit exemple de la langue du roi expliquant son souhait qu'on lui invente une chaise à porteur percée : "En cas de forte intempérie des entrailles, il doit être grisant de les soulager en pleine locomotion !"
Les Gueules rouges
Voilà un album relativement original quant à son sujet, que l’on devine avec cette couverture, réunissant un mineur et un Indien. L’histoire se déroule essentiellement en 1905, dans le Nord de la France, près de la tranchée d’Arenberg (que personnellement je connais surtout à travers Paris-Roubaix…), autour de mineurs, et en particulier d’un gamin, Gervais, qui réussit bien à l’école, qui pourrait faire des études et devenir ingénieur, mais qui doit obéir à son père et descendre comme lui dans les boyaux de la mine. L’univers de ces mineurs, la vie des corons, tout est bien rendu, on est proche de Les Mangeurs de Cailloux ou de Sang noir - La catastrophe de Courrières, deux belles séries de Loyer se déroulant dans le même cadre à la même époque. Mais voilà, la richesse de cet album, c’est que Jean-Michel Dupont introduit dans ce cadre très noir, très « Germinal », et quelque peu rigide depuis un siècle, de multiples agents perturbateurs, qui propagent leurs secousses plus ou moins profondément dans l’intrigue et les personnages. L’arrivée du cirque de Buffalo Bill à Valenciennes va bouleverser Gervais, qui va se lier d’amitié avec deux Indiens, et les aider à se disculper d’une accusation de meurtre. C’est l’aventure, le rêve, la maturité qui bousculent Gervais, gueules noires et gueules rouges ayant tous affaire à la police et aux préjugés de classe et de race de la bonne société. C’est qu’en plus l’histoire est bien ancrée dans son époque : on est en pleine discussion à propos de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui renforcera la laïcité, et Eglise et bouffeurs de curés se déchirent, alors que certains ouvriers sont sensibles à la propagande anarchiste (certains ouvriers sont eux-aussi des « gueules rouges » !) : le monde de Gervais se fissure, mais au travers de ces fissures il entrevoit la lumière. L’épilogue, dans la boucherie des tranchées, laisse ouverte la conclusion qu’on peut tirer de cette histoire : la fin d’un monde, ou pas ? Les seuls petits bémols concernant cet album n’occultent en rien sa qualité. Le dessin d’Eddy Vaccaro, dans une sorte d’aquarelle, est parfois trop brouillon, même si la colorisation, sombre, rouille, colle elle très bien au sujet, au titre et aux idées développées. La narration est parfois un peu ralentie par certaines explications (de termes ou dates), mais je le répète, ce n’est pas trop gênant. Les personnages s’expriment dans le langage chti populaire, et j’ai eu aussi parfois du mal à m’y faire, mais il faut passer outre, car au final, j’ai plutôt bien aimé ce parti pris. En tout cas, c’est une belle découverte que cet album, pas exempt de menus défauts, mais qui est très riche, et qui mérite à l’évidence qu’on s’y intéresse.
La Bande à Ed
Cette série est formidable. Bien sûr, ce n'est pas la première à parler du handicap, il vous suffit d'aller voir le thème consacré au sujet sur bdtheque pour vous en convaincre, ni même la première à l'aborder sous l'angle de l'humour. Mais c'est dans la manière de tourner cet humour qu'elle sort du lot. D'abord dans la forme, puisque le premier tome, peut-être voué au départ à être unique, se présente comme une suite de gags où les bons mots et les situations typiques sont légion. Beaucoup d'aspects liés au handicap sont abordés : accessibilité des lieux, incommunicabilité, invisibilité médiatique, préjugés, moqueries (pour ne pas dire méchanceté pure et simple). Georges Grard, alias Geg, se joue des clichés avec une langue savoureuse, de nombreux jeux de mots et une connaissance énorme du secteur du handicap. Probablement galvanisé par le succès de ce premier tome, il en enquille plusieurs autres, qui se présentent plutôt comme des histoires complètes à chaque fois, avec des situations gaguesques en fin de page (mais pas à tous les coups). Le tome 2 est ainsi l'occasion à la Bande à Ed de partir en vacances, tous frais payés par la mairie, et d'inaugurer un centre destiné aux personnes handicapées à la mer. Là encore, de nombreuses situations où nos amis handicapés rencontrent des obstacles, mais où leur bonne humeur, leur volontarisme et leur inventivité leur permet de s'en sortir haut la main. Au tome 3 notre groupe d'exclus décide de faire bouger sa cité, et d'organiser un évènement culturel. Et le tome 4 est l'occasion pour notre petit groupe de chercher des stages en entreprise. Là encore les différents obstacles sont bien décrits, et comme dans les tomes précédents, la bienveillance des voisins et des soutiens inattendus vont leur permettre de réaliser leurs projets. Le dessin de Jak est typique du "gros nez" franco-belge, mais il y a du boulot sur les décors, et l'ensemble est ma foi très agréable à l'oeil. Positive attitude.
Les Exploits de Yoyo
Aujourd'hui cela va faire 10 ans que je poste des avis (donc 10 ans que les pauvres modérateurs du sites corrigent mes 10 fautes d'orthographe par avis). Je vais fêter cela en postant un avis d'une des dernières séries qu'il me restait à lire d'un des mes scénaristes préférés: Yann. On retrouve tout ce que j'aime chez cet auteur : une galerie de personnages mémorables, de l'humour très noir et politiquement incorrect et de l'imagination. Le premier tome est le meilleur avec un scénario assez original et j'aime bien le coté conte de l'histoire. Le dessin naïf de Frank Le Gall va très bien avec l'atmosphère du récit. C'est selon moi un des meilleurs albums de Yann. Le deuxième tome est un peu moins bon. Le dessin et l'atmosphère sont un peu plus réalistes que le premier tome et j'ai moins apprécié quoique cela reste un bon album avec des bonnes scènes (j'aime particulièrement la fin que je trouve poétique). C'est juste que le niveau du premier tome est tellement élevé pour moi que 'juste' un bon album comme suite est une déception ! À lire si on aime les deux auteurs.
Katanga
C'est de l'aventure historique contemporaine qui comme le signale l'avertissement en préambule, est une fiction se servant d'événements réels, et d'emblée je suis séduit par cette nouvelle Bd du tandem Vallée/Nury ; d'ailleurs ça démarre fort avec ce prologue sur Msiri, un peu long mais nécessaire et passionnant pour bien faire comprendre au lecteur la situation et le mettre dans l'ambiance, sans être trop didactique. Le procédé est remarquable sur ces 9 pages parfaitement illustrées par Vallée en cases étirées style format panoramique, sur un texte off. D'ailleurs, au départ je n'aurais peut-être pas mis le nez dans cette Bd, mais quand j'ai su que c'était dessiné par Vallée, j'ai voulu voir ça, j'avais grandement apprécié son travail sur Il était une fois en France, série au sujet un peu sombre que j'ai pu supporter en grande partie grâce à la partie graphique. Ici, son dessin au trait sûr et maitrisé fait merveille, il est à la fois souple et ferme, et sa mise en page hyper musclée donne une réelle dynamique à l'ensemble ; il a su aussi trouver des trognes bien cernées reflétant les caractères des personnages comme si c'était affiché sur leurs figures, notamment des mercenaires qui ont vraiment la gueule de l'emploi, au physique buriné de baroudeurs qui font penser un peu à des acteurs français des années 60 comme Lino Ventura, Robert Dalban, Michel Constantin ou J.P. Belmondo... De son côté, Nury brosse un scénario bien troussé qui vole de rebondissements en scènes d'action violentes où aucun personnage ne se détache vraiment, c'est un ballet de politiciens africains véreux et vénaux, de barbouzes de l'Afrique coloniale et de mercenaires endurcis qui ne vivent que pour l'action. Tout ceci m'a grandement rappelé un film assez méconnu de 1968 réalisé par Jack Cardiff, le Dernier train du Katanga (titré en VO bien justement The Mercenaries) et qui voyait un groupe de mercenaires n'ayant pas froid aux yeux recevoir la mission de sauver des Européens isolés dans un dispensaire, et par la même occasion un trésor en diamants. L'action se passait exactement à la même période, pendant la sécession katangaise, et s'y bousculaient des politiciens cyniques, des civils idéalistes, des mercenaires racistes ou avides et des rebelles dépeints comme des sauvages, mais ce qui avait surpris à l'époque, c'était le réalisme très cru et l'extrême violence de certaines scènes. Ce que l'on voit dans la Bd n'est donc pas exagéré, et je ne serais pas surpris d'apprendre que Nury s'est inspiré de ce film. En tout cas, la machine est lancée, c'est un thriller politique et d'action sur fond historique tout à fait captivant qui mérite une suite attendue.
Wolfsmund
Ce manga est étrange... Sa base est historique, puisqu'il raconte l'histoire (à un moment donné) d'un col reliant ce qui deviendra le sud de la Suisse à la région du Tessin, en Italie. Une route dangereuse, ponctuée par une forteresse tenue par une garnison qui a pour ordre de ne pas laisser passer les personnes suspectes, c'est à dire susceptibles d'appartenir à la résistance locale, qui s'oppose à l'hégémonie des Habsbourg. Pour obtenir des renseignement, l'Amman qui commande la garnison n'hésite pas à user de tous les moyens, même les plus abjects, comme dans le tome 2... Une scène dérangeante, qui place le manga dans la catégorie "à ne pas mettre entre toutes les mains", mais aussi dans le "se méfier". Car jusque-là on se contentait de nous narrer différentes tentatives de personnages souvent liés à la résistance de passer le col. Le tome 3 continue dans cette direction, nous présentant une seule intrigue, avec un peu de flashes-backs. A présent que la cruauté de l'Amman est bien installée dans l'esprit du lecteur, on nous montre une révolte majeure ayant eu lieu en 1315 pour renverser la garnison qui tient le Saint-Gothard. Evolution bienvenue. Le mélange d'action et d'Histoire est vraiment prenant, j'ai hâte de lire la suite. Dans le tome 4 et 5 l'assaut (final ?) est donné sur la barrière de l'octroi. On comprend bien ce qu'il se passe, et cet épisode est l'occasion de nous montrer des innovations techniques, en termes d'art de la guerre (si je puis m'exprimer ainsi, bien sûr, car je suis un pacifiste forcené), ce n'est pas inintéressant. Les scènes d'action, nombreuses, sont vraiment bien foutues, c'est fluide. Cela dure un peu longtemps, mais visiblement les assaillants ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Par contre je doute de la véracité de la présence d'éléments féminins parmi les belligérants... Idem avec le personnage de Walter qui devient une sorte de Superman capable de prouesses insensées... Avec les tomes 6 et 7 on passe à une autre phase du récit, qui aurait pu s'arrêter là. Mais l'Histoire a d'autres ressorts, et l'auteur continue à nous la raoncter, sans avoir véritablement de personnage principal, hormis Walter, qui est en retrait sur une partie du tome, puis Heinz. Ce tome 7 est essentiellement composé de scènes de combat, et du coup se lit plutôt vite, avant le tome 8 qui devrait être conclusif... Et ce tome 8 raconte la bataille de Morgarten, hallucinante et tellement symbolique de ce conflit qui a permis la première confédération helvétique de repousser les Habsbourg... Sur le plan graphique, c'est un mélange surprenant, avec du seinen assez nerveux (témoin les scènes de combat), puis, lorsque des femmes se retrouvent dénudées, l'auteur semble s'inspirer de Tezuka, un style qui a tout de même un peu vieilli... Un manga pas inintéressant, à ne pas mettre entre toutes les mains.