Coup de maîtres!!
Voila une première BD qui va sans doute faire date dans le petit monde du policier/thriller.
Dans une petite ville d'Italie tout le monde ne parle que d'une récente attaque sanglante sur l'agence postale du coin et du prochain match de boxe d'un jeune local.
Galerie de losers, de truands tous aux caractères bien trempés, tous les protagonistes de cette histoire avancent inéluctablement vers un destin tout tracé.
L'on croise Nica un jeune zonard qui deale un peu pour tuer l'ennui, son malheur est d'être amoureux d'une belle affublée de deux frères qui ne voient pas les choses de la même manière. Son but parvenir à s'enfuir de cette cité merdique.
Miché est un ancien boxeur devenu toxico toujours à la recherche de quelque chose à s'envoyer dans les poumons ou les veines, pour ce faire la manière douce n'est pas son fort.
Marcia lui est un ancien mafieux qui refuse la protection d'un gang, qui s'impatiente.
Le scénariste Stefano Nardella a travaillé pour le cinéma et le découpage de son histoire est très cinématographique. C'est un polar qui n'évite pas les clichés du genre mais le tout est baigné dans une telle ambiance qu'il scotche littéralement son lecteur avec ce pavé de 192 pages ou jamais l'on ne s'ennuie. L'ambiance poisseuse fait monter la tension de manière croissante jusqu'à un final peu banal mais qui laisse planer un peu d'espoir sur ce monde âpre et violent.
Le dessin de Vincenzo Bizzarri est particulier, assez caricatural, pour tout dire ce n'est même pas mon truc mais après avoir lu quelques pages je n'ai pas pu lâcher l'affaire tant j'étais pris par le récit et l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire est que les personnages ont des gueules. Je ne sais à quoi c'est dû mais comme je l'ai dit plus haut, nous sommes dans le truc.
Pour ce duo italien c'est donc un coup de maitre sur un scénario classique, extrêmement prenant que je n'ai pas lâché. Cette petite ville ne mérite sans doute pas qu'on aille y faire du tourisme, la BD par contre mérite toute notre attention, c'est excellent aussi n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
Cet album est à lire en miroir, ou en parallèle avec Je suis encore là-bas, de Samir Dahmani, chez Steinkis.
Nous trouvons cette fois-ci une jeune Coréenne qui débarque à Angoulême pour y finir ses études graphiques, et qui se heurte à la culture occidentale, tellement différente de la coréenne. Cette impression d'ostracisme est personnifiée par la transformation de sa tête en celle d'un chien, ce qui ajoute des cènes un peu cocasses à l'atmosphère de sidération que peut ressentir la jeune femme. Ajoutez à cela une petite histoire d'amour pas simple, et vous obtiendrez la formule d'un roman graphique plutôt réussi. Sur le plan de l'histoire, je l'ai trouvé cepandant un peu moins intéressant que l'ouvrage de Samir Dahmani, car un peu moins inattendu.
Sur le plan graphique j'ai rpéféré celui-ci, les influences franco-belges de Yunbo ayant pris l'ascendant sur ses racines coréennes et nous proposer un dessin d'une grande clarté, avec un trait plus encrée que celui de son compère. J'aime bien.
Une lecture franchement sympathique.
Pas mal, pas mal du tout même ! Et très curieux manga, mélange d’ésotérisme, de pratiques coutumières, de religions locales et de légendes, de superstitions. Avec un brin de considération sur les campagnes japonaises et l'arrivée brutale dans le monde moderne. Ou l'arrivée du monde moderne, selon les points de vue.
Ce manga m'a semblé aller avec d'autres mangas comme Initiation ou Underwater - le village immergé qui parlent de ce Japon rural et de ce qui a été profondément changé dans le passage à cette époque que nous connaissons aujourd'hui. Curieusement, il me semble que la collection dont fait partie Tajikarao compte plusieurs mangas sur cette période charnière.
Venant d'un village, j'ai été particulièrement touché dans la façon dont est représentée la communauté de villageois, qui vit loin du monde et selon ses propres règles. Certes, c'est là une vision assez simpliste et embellie d'un village (l'entente entre voisins est rarement aussi idyllique), mais ça donne envie d'y vivre, et c'est là tout le point de vue de l'auteur. Il veut redonner le goût de ces villages qui ont aujourd'hui disparu, de toutes ces traditions balayées en moins de cinquante ans, de tout ce qui s'est perdu comme histoires et comme légendes. Chaque lieu avait sa propre mémoire, et tout est effacé comme un rien.
Bien sûr, le manga oppose nettement (et de façon bien trop manichéenne pour être vraie) la ville et la campagne, avec les gentils qui savent respecter les traditions et les méchants qui les piétinent allègrement, sûr qu'ils sont de leurs bons droits de citadins. C'est simpliste, mais c'est l'idée de l'auteur, et il ne fait que servir son propos.
Et justement, le propos est beau : c'est un message d'amour et d'au revoir à toute cette culture disparue, et un bel hommage à ce que fut l'humanité pendant des siècles. J'ai beaucoup aimé la façon dont cela se déroule, progressivement, pour finir sur un final grandiose qui m'a bien plu.
J'ajouterai que le dessin a quelque chose qui m'a plu. Ce n'est ni le plus beau ni le plus précis, mais il sait faire passer l'émotion des paysages, et la beauté des lieux. C'est un manga qui repose beaucoup dessus, et ça fait plaisir de se plonger dedans.
Un manga que j'aime bien, que j'affectionne surtout, mais surtout parce que le sujet me parle beaucoup. C'est une petite gourmandise pour moi. Mais je genre de gourmandise que j'espère que vous aimerez autant que moi.
Que du bonheur! J'étais pourtant très réticent à lire cette bd, je ne sais pas pourquoi... Il est vrai que le dessin de cette Ecole simpliste ne m'attire guère. Mais quel talent dans la narration ! C'est un chef d'oeuvre ! Je comprends pourquoi cet auteur est si apprécié dans le milieu au point de se lancer également dans le cinéma. ::
Vous avez certainement dû remarquer que mes avis sur les bd d'humour sont souvent très négatifs (Ratafia, Les Bidochon, Le Chat ...) et pour cause, peu provoquent en moi le rire. Or ici, rien qu'en voyant ce chat, j'ai envie de me marrer. Ses réflexions sont intelligentes et subtiles. Voilà, j'ai trouvé ma référence en matière de bd d'humour. Je finissais par croire que j'étais blasé.
Nous suivons les tribulations d'un chat théologue au milieu de la communauté juive d'Alger au début du XXème siècle. Cet étrange animal est têtu, pas toujours avenant mais capable de tendresses renversantes notamment auprès de son maître le rabbin ou de sa fille Zlabya.
Et puis, il fallait avoir du cran pour aborder un sujet aussi sensible, presque tabou qu'est la religion. J'adhère totalement à la manière de voir les choses de l'auteur. Je trouve ses interrogations tout à fait légitimes. En tout cas, le message philosophique est passé. Le chat du rabbin est un véritable conte initiatique d'une force rare brassant philosophie et théologie dans un cocktail d'intelligence, d'humour et d'humanité!
Les 5 premiers tomes ont été réalisés au début des années 2000. Puis, pendant presque 10 ans: plus rien avant de revenir avec un 6ème tome plus marqué au niveau de la religion. Le 7ème tome est exceptionnellement plus long que les autres avec des réflexions toujours aussi savoureuses sur la religion et ce qui devrait rapprocher les hommes au lieu de les éloigner dans la haine et la violence.
Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5
Annoncé à grands renfort de publicités et vendu comme un scoop avec le stick un brin pompeux "Un trésor retrouvé", c'est entre le nouveau Astérix et Corto Maltese qu'on peut piocher cet album.
Après avoir déterré tout ce qui pouvait se trouver en histoires inédites sur le Petit Nicolas et ses réjouissantes histoires courtes sur l'enfance d'une France insouciante des défuntes 30 Glorieuses, voici la bd jamais publiée à ce jour, tiens donc...
Car malgré l'intérêt que je porte aux livres qui ont bercé ma jeunesse et se cachent encore fièrement dans ma collection, non je n'étais pas au courant que le projet initial avait vu le jour sous forme d'une bande dessinée publié dans le périodique Moustique, on en apprend donc encore tous les jours.
Goscinny de par ses multiples contrats utilise le pseudo "Agostini" durant cette petite trentaine de strips illustré par un Jean-Jacques Sempé encore débutant.
Le succès ne sera pas au rendez-vous, Sempé n'étant pas trop à l'aise pour la Bd et on oublia le Petit Nicolas avant de le réadapter dans les histoires que tout le monde connait.
Et la bd au final ? Et bien contre toutes attentes et sans aucune ironie de ma part, c'est une jolie Madeleine de Proust qui n'aurait comme seul défaut que de se lire bien trop rapidement. En effet, toutes les bases de la série illustrée sont déjà bien rodées par un Goscinny facétieux qui reprend le principe du gag en une page dont le dindon de la farce sera inévitablement le père de l'enfant.
Le dessin a un charme fou (alors qu'on est encore loin du trait précis que l'on se fait de Sempé) et les histoires sont désuètes ? Et alors ? Goscinny maitrise parfaitement son sujet et expérimente timidement mais avec un bon sens du rythme ce qui fera la saveur de toutes ses créations cultes suivantes.
Le Petit Nicolas n'est donc pas un trésor retrouvé mais une bd légère à lire avec beaucoup de plaisir tout en assistant à la naissance de deux monstres sacrés en devenir. Goscinny est un génie et Sempé un dieu de l'illustration. La bd du Petit Nicolas est un formidable laboratoire expérimental mais avant tout une œuvre légère et amusante.
A noter la très belle édition au contenu sympathique malgré la brièveté de l’œuvre (moins de 30 gags) et une couverture pas des plus jolies.
Tome 1
Je ne peux qu'appuyer mes prédécesseurs, c'est on ne peut plus sympathique, et il faut absolument l'avoir sous la main pour se redonner la pêche si l'on en manque tout-à-coup.
On s'identifie tout de suite à ce Pistolin, berger lambda qui est violemment secoué par l'arbitraire de mages omnipotents et ignorants des destinées qu'ils anéantissent. On transpose facilement cette exaspération devant l'incurie des puissants à n'importe quelle époque et pourquoi pas la nôtre...
Les visages, les dialogues, les réflexions des personnages (premiers comme seconds couteaux) sont très attachants et proches de nous. Le rôle muet de la brebis Myrtille, avec ses mimiques et ses postures, les ressorts dramatiques qu'elle fait sauter, son dessin tout simplement, est très réussi. J'ai gardé les brebis avec ma grand-mère pendant toutes mes vacances auvergnates et le caractère extrêmement peureux et difficile à suivre de la race ovine convient parfaitement au rôle.
Un bémol : Le coté rural du vocabulaire ne m'a pas paru très réussi, (genre le parisien qui s'imagine la campagne) mais heureusement ce n'est qu'un tic au début de l'album qui s'estompe au fur et à mesure que les personnages sont happés par leurs mésaventures.
Tome 2
Enchantée aussi, même si, bien-sûr, on n'a plus la surprise devant le caractère du héros. Le Pistolin a finalement la chance de se trouver face-à-face avec un mage... et il manque de se faire retourner comme une crêpe, il s'attendrit devant les malheurs du méchant, l'ennemi lui fait miroiter monts et merveilles, bref, on est sur les dents : comment va-t-il pouvoir arriver à ses fins et ne pas se faire soudoyer bêtement ?
Grâce à la fée, bien-sûr, qui toute alcoolique qu'elle soit, garde de la suite dans les idées...
Comment allier merveilleux et syndicalisme, humour et sentiment, appelez Pistolin, il a de la ressource !
D’emblée un constat s’impose : avec Winshluss, on entre tout schuss dans un univers unique et quasi indescriptible.
Le dessin underground sert un scénario bien huilé malgré le délire apparent de l’auteur. L’histoire débute classiquement dans une famille américaine de classe moyenne avec Angelo, le cadet, qui présente toutefois une imagination débordante. Un imprévu va chambouler le train-train quotidien de cette famille et fait rapidement basculer le récit dans l’imaginaire le plus farfelu. La trame en elle-même me fait penser à Alice au pays des merveilles. Mais la grande force de l’auteur est de garder un fil conducteur (parfois tortueux il est vrai) car toutes les rencontres que fait Angelo dans ces mondes imaginaires ne sont pas fortuites. Je peux comprendre qu’on n’accroche pas au dessin (un peu crado par moment) mais l’histoire vaut vraiment la peine d’être découverte pour son délire structuré.
Winshluss, un auteur décidément à part …
Fabien Nury et Sylvain Vallée reviennent avec Katanga et ils reviennent fort.
Quand on ouvre Katanga, la première chose qui marque est le graphisme. Si le dessin et les décors sont fouillés, les personnages sont à la limite de la caricature. Les congolais sont représentés avec ces grosses lèvres, des oreilles décollées et des nez évasés ; on se croirait presque à une autre époque, où le consensuel et le politiquement correct n’étaient pas à l’ordre du jour. Celle du « Y’a bon Banania ».
Ça questionne un peu. Et puis, on regarde les personnages blancs, et on se dit qu’ils ne sont pas mieux lotis. Le trait de S. Vallée va finalement laisser paraître de premier abord une impression de légèreté dans le propos. Il n’en est rien.
Katanga est une bd, une histoire, qui prend cœur dans un contexte historique réel (mais librement romancé) lourd, violent, qui laisse libre cours à toutes les facettes de la nature humaine.
Toute l’habilité de S. Vallée et F. Nury (ré)apparaît alors pour trouver le juste rythme qui nous place dans un contexte d’une autre époque, avec des personnages justes et savamment construits. Ils prennent le temps au cours des quelques 70 pages du livre de poser leur intrigue, leurs acteurs, et chaque page est riche d’informations.
Les auteurs ont fait le choix d’aucune concession, graphiquement comme scénaristiquement. C’est brut, ça sonne juste et j’y vois pour ma part un instantané d’une époque révolue (vraiment ?...) où les relations entre les blancs colonisateurs et les peuples soumis, mais aussi des ethnies et tribus entre elles étaient basées sur la hiérarchisation humaine des peuples.
Sur ce fond historique, Katanga est aussi une intrigue prometteuse dont les rouages sont nombreux et les rapports entre les personnages complexes : amour, fidélité, argent et vénalité dans ce contexte instable font un cocktail explosif.
Un peu comme « Il était une fois en France » laisse à réfléchir sur la façon dont on aurait mené notre barque pour survivre à la seconde guerre mondiale, Katanga nous pousse à la réflexion sur un sujet aussi sensible : la colonisation et les rapports entre les peuples.
Grandiose! Pas très loin de l'excellence.
J'aime la mer, en Corse, au Pays Basque et en… Bretagne où elle possède une sauvagerie que pour l'instant je n'ai rencontré nulle part ailleurs. Certains d'entre vous habitent bien loin de là mais si l'occasion vous en est donnée, n'hésitez pas à venir faire un tour sur nos côtes. Après la côte de granit rose de Perros, pas besoin de GPS c'est tout droit vers le soleil couchant. Le Léon, les abers et enfin tel un Graal la pointe du raz et ses rochers magnifiques où la mer vient se fracasser.
Le phare de la Vieille, légèrement vers le nord celui de Tevennec, ensuite on aborde l'île de Sein, pas tous les jours!, encore un phare et la chaussée avec en point de mire notre Ar-Men. Quand on pense que cet édifice d'une trentaine de mètres de haut fut construit sur un caillou d'à peine 12m de long sur 11 de large.
Emmanuel Lepage est très fort, je ne m'appesantirai pas sur son graphisme, la qualité de sa colorisation. L'ensemble force le respect et avec un tout petit effort l'on sent presque les embruns, pour un peu on entendrait les mouettes.
Ici le scénario est diablement intelligent, car ce n'est pas le bête récit de la construction d'un phare auquel nous avons droit, c'est un album sur les racines profondes de la Bretagne avec une magnifique évocation de la légende de l'Ankou qui ne l'oublions pas sévissait aussi sur les mers à bord de son vaisseau le Bag Noz. En surplus E. Lepage ancre son récit dans une autre temporalité, celle d'un père racontant à sa fille la légende de la ville d'Ys qui pour une fois met chaque acteur à sa véritable place, ôtant ainsi à Guenolé le beau rôle qui lui est souvent attribué.
Alors que dire de plus; si vous avez un scénario intelligent accompagné de superbes planches, et dessiner la mer dans tous ses états n'est pas si simple. Ajoutez à cela un DVD pour la première édition, je répète, grandiose, coup de cœur et culte. Et puis tient venez donc faire un tour jusqu'à la pointe du continent ça mérite le détour.
Qui ne connaît pas le peintre Modigliani et son oeuvre ? La plupart reconnaissent son nom à défaut de reconnaître ses oeuvres. Certains savent qu'il a connu à la fin de sa vie une très grande passion destructrice mais peu se souviennent que Jeanne Hebuterne, car c'est bien d'elle dont nous parlons, était en passe de devenir une artiste à part entière.
Jeanne ou l'impétuosité de la jeunesse... Jeanne qui se donnera sans retenue et disparaîtra dans sa passion. J'ai beaucoup aimé le dessin noir et blanc crayonné. Les visages ne sont pas parfaits mais les regards ont quelque chose de pénétrant et je me suis perdue dans le regard de Jeanne. Bien que chronique d'une mort annoncée, j'ai plongé dans l'oeuvre et me suis attachée à cette toute jeune fille. Car Jeanne est encore une enfant, une petite fille espiègle et joueuse mais elle est aussi femme et deviendra mère. Qui sait si elle aurait pu devenir une artiste à part entière et se faire sa place et son nom si elle avait survécu à Modigliani ? Ce qui est sûre c'est qu'elle se donne entièrement à sa passion et perd toute identité personnelle.
Une véritable Juliette moderne que Shakespeare n'aurait pas reniée !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Cité des Trois Saints
Coup de maîtres!! Voila une première BD qui va sans doute faire date dans le petit monde du policier/thriller. Dans une petite ville d'Italie tout le monde ne parle que d'une récente attaque sanglante sur l'agence postale du coin et du prochain match de boxe d'un jeune local. Galerie de losers, de truands tous aux caractères bien trempés, tous les protagonistes de cette histoire avancent inéluctablement vers un destin tout tracé. L'on croise Nica un jeune zonard qui deale un peu pour tuer l'ennui, son malheur est d'être amoureux d'une belle affublée de deux frères qui ne voient pas les choses de la même manière. Son but parvenir à s'enfuir de cette cité merdique. Miché est un ancien boxeur devenu toxico toujours à la recherche de quelque chose à s'envoyer dans les poumons ou les veines, pour ce faire la manière douce n'est pas son fort. Marcia lui est un ancien mafieux qui refuse la protection d'un gang, qui s'impatiente. Le scénariste Stefano Nardella a travaillé pour le cinéma et le découpage de son histoire est très cinématographique. C'est un polar qui n'évite pas les clichés du genre mais le tout est baigné dans une telle ambiance qu'il scotche littéralement son lecteur avec ce pavé de 192 pages ou jamais l'on ne s'ennuie. L'ambiance poisseuse fait monter la tension de manière croissante jusqu'à un final peu banal mais qui laisse planer un peu d'espoir sur ce monde âpre et violent. Le dessin de Vincenzo Bizzarri est particulier, assez caricatural, pour tout dire ce n'est même pas mon truc mais après avoir lu quelques pages je n'ai pas pu lâcher l'affaire tant j'étais pris par le récit et l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire est que les personnages ont des gueules. Je ne sais à quoi c'est dû mais comme je l'ai dit plus haut, nous sommes dans le truc. Pour ce duo italien c'est donc un coup de maitre sur un scénario classique, extrêmement prenant que je n'ai pas lâché. Cette petite ville ne mérite sans doute pas qu'on aille y faire du tourisme, la BD par contre mérite toute notre attention, c'est excellent aussi n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
Je ne suis pas d'ici
Cet album est à lire en miroir, ou en parallèle avec Je suis encore là-bas, de Samir Dahmani, chez Steinkis. Nous trouvons cette fois-ci une jeune Coréenne qui débarque à Angoulême pour y finir ses études graphiques, et qui se heurte à la culture occidentale, tellement différente de la coréenne. Cette impression d'ostracisme est personnifiée par la transformation de sa tête en celle d'un chien, ce qui ajoute des cènes un peu cocasses à l'atmosphère de sidération que peut ressentir la jeune femme. Ajoutez à cela une petite histoire d'amour pas simple, et vous obtiendrez la formule d'un roman graphique plutôt réussi. Sur le plan de l'histoire, je l'ai trouvé cepandant un peu moins intéressant que l'ouvrage de Samir Dahmani, car un peu moins inattendu. Sur le plan graphique j'ai rpéféré celui-ci, les influences franco-belges de Yunbo ayant pris l'ascendant sur ses racines coréennes et nous proposer un dessin d'une grande clarté, avec un trait plus encrée que celui de son compère. J'aime bien. Une lecture franchement sympathique.
Tajikarao, l'esprit de mon village
Pas mal, pas mal du tout même ! Et très curieux manga, mélange d’ésotérisme, de pratiques coutumières, de religions locales et de légendes, de superstitions. Avec un brin de considération sur les campagnes japonaises et l'arrivée brutale dans le monde moderne. Ou l'arrivée du monde moderne, selon les points de vue. Ce manga m'a semblé aller avec d'autres mangas comme Initiation ou Underwater - le village immergé qui parlent de ce Japon rural et de ce qui a été profondément changé dans le passage à cette époque que nous connaissons aujourd'hui. Curieusement, il me semble que la collection dont fait partie Tajikarao compte plusieurs mangas sur cette période charnière. Venant d'un village, j'ai été particulièrement touché dans la façon dont est représentée la communauté de villageois, qui vit loin du monde et selon ses propres règles. Certes, c'est là une vision assez simpliste et embellie d'un village (l'entente entre voisins est rarement aussi idyllique), mais ça donne envie d'y vivre, et c'est là tout le point de vue de l'auteur. Il veut redonner le goût de ces villages qui ont aujourd'hui disparu, de toutes ces traditions balayées en moins de cinquante ans, de tout ce qui s'est perdu comme histoires et comme légendes. Chaque lieu avait sa propre mémoire, et tout est effacé comme un rien. Bien sûr, le manga oppose nettement (et de façon bien trop manichéenne pour être vraie) la ville et la campagne, avec les gentils qui savent respecter les traditions et les méchants qui les piétinent allègrement, sûr qu'ils sont de leurs bons droits de citadins. C'est simpliste, mais c'est l'idée de l'auteur, et il ne fait que servir son propos. Et justement, le propos est beau : c'est un message d'amour et d'au revoir à toute cette culture disparue, et un bel hommage à ce que fut l'humanité pendant des siècles. J'ai beaucoup aimé la façon dont cela se déroule, progressivement, pour finir sur un final grandiose qui m'a bien plu. J'ajouterai que le dessin a quelque chose qui m'a plu. Ce n'est ni le plus beau ni le plus précis, mais il sait faire passer l'émotion des paysages, et la beauté des lieux. C'est un manga qui repose beaucoup dessus, et ça fait plaisir de se plonger dedans. Un manga que j'aime bien, que j'affectionne surtout, mais surtout parce que le sujet me parle beaucoup. C'est une petite gourmandise pour moi. Mais je genre de gourmandise que j'espère que vous aimerez autant que moi.
Le Chat du Rabbin
Que du bonheur! J'étais pourtant très réticent à lire cette bd, je ne sais pas pourquoi... Il est vrai que le dessin de cette Ecole simpliste ne m'attire guère. Mais quel talent dans la narration ! C'est un chef d'oeuvre ! Je comprends pourquoi cet auteur est si apprécié dans le milieu au point de se lancer également dans le cinéma. :: Vous avez certainement dû remarquer que mes avis sur les bd d'humour sont souvent très négatifs (Ratafia, Les Bidochon, Le Chat ...) et pour cause, peu provoquent en moi le rire. Or ici, rien qu'en voyant ce chat, j'ai envie de me marrer. Ses réflexions sont intelligentes et subtiles. Voilà, j'ai trouvé ma référence en matière de bd d'humour. Je finissais par croire que j'étais blasé. Nous suivons les tribulations d'un chat théologue au milieu de la communauté juive d'Alger au début du XXème siècle. Cet étrange animal est têtu, pas toujours avenant mais capable de tendresses renversantes notamment auprès de son maître le rabbin ou de sa fille Zlabya. Et puis, il fallait avoir du cran pour aborder un sujet aussi sensible, presque tabou qu'est la religion. J'adhère totalement à la manière de voir les choses de l'auteur. Je trouve ses interrogations tout à fait légitimes. En tout cas, le message philosophique est passé. Le chat du rabbin est un véritable conte initiatique d'une force rare brassant philosophie et théologie dans un cocktail d'intelligence, d'humour et d'humanité! Les 5 premiers tomes ont été réalisés au début des années 2000. Puis, pendant presque 10 ans: plus rien avant de revenir avec un 6ème tome plus marqué au niveau de la religion. Le 7ème tome est exceptionnellement plus long que les autres avec des réflexions toujours aussi savoureuses sur la religion et ce qui devrait rapprocher les hommes au lieu de les éloigner dans la haine et la violence. Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5
Le Petit Nicolas
Annoncé à grands renfort de publicités et vendu comme un scoop avec le stick un brin pompeux "Un trésor retrouvé", c'est entre le nouveau Astérix et Corto Maltese qu'on peut piocher cet album. Après avoir déterré tout ce qui pouvait se trouver en histoires inédites sur le Petit Nicolas et ses réjouissantes histoires courtes sur l'enfance d'une France insouciante des défuntes 30 Glorieuses, voici la bd jamais publiée à ce jour, tiens donc... Car malgré l'intérêt que je porte aux livres qui ont bercé ma jeunesse et se cachent encore fièrement dans ma collection, non je n'étais pas au courant que le projet initial avait vu le jour sous forme d'une bande dessinée publié dans le périodique Moustique, on en apprend donc encore tous les jours. Goscinny de par ses multiples contrats utilise le pseudo "Agostini" durant cette petite trentaine de strips illustré par un Jean-Jacques Sempé encore débutant. Le succès ne sera pas au rendez-vous, Sempé n'étant pas trop à l'aise pour la Bd et on oublia le Petit Nicolas avant de le réadapter dans les histoires que tout le monde connait. Et la bd au final ? Et bien contre toutes attentes et sans aucune ironie de ma part, c'est une jolie Madeleine de Proust qui n'aurait comme seul défaut que de se lire bien trop rapidement. En effet, toutes les bases de la série illustrée sont déjà bien rodées par un Goscinny facétieux qui reprend le principe du gag en une page dont le dindon de la farce sera inévitablement le père de l'enfant. Le dessin a un charme fou (alors qu'on est encore loin du trait précis que l'on se fait de Sempé) et les histoires sont désuètes ? Et alors ? Goscinny maitrise parfaitement son sujet et expérimente timidement mais avec un bon sens du rythme ce qui fera la saveur de toutes ses créations cultes suivantes. Le Petit Nicolas n'est donc pas un trésor retrouvé mais une bd légère à lire avec beaucoup de plaisir tout en assistant à la naissance de deux monstres sacrés en devenir. Goscinny est un génie et Sempé un dieu de l'illustration. La bd du Petit Nicolas est un formidable laboratoire expérimental mais avant tout une œuvre légère et amusante. A noter la très belle édition au contenu sympathique malgré la brièveté de l’œuvre (moins de 30 gags) et une couverture pas des plus jolies.
Traquemage
Tome 1 Je ne peux qu'appuyer mes prédécesseurs, c'est on ne peut plus sympathique, et il faut absolument l'avoir sous la main pour se redonner la pêche si l'on en manque tout-à-coup. On s'identifie tout de suite à ce Pistolin, berger lambda qui est violemment secoué par l'arbitraire de mages omnipotents et ignorants des destinées qu'ils anéantissent. On transpose facilement cette exaspération devant l'incurie des puissants à n'importe quelle époque et pourquoi pas la nôtre... Les visages, les dialogues, les réflexions des personnages (premiers comme seconds couteaux) sont très attachants et proches de nous. Le rôle muet de la brebis Myrtille, avec ses mimiques et ses postures, les ressorts dramatiques qu'elle fait sauter, son dessin tout simplement, est très réussi. J'ai gardé les brebis avec ma grand-mère pendant toutes mes vacances auvergnates et le caractère extrêmement peureux et difficile à suivre de la race ovine convient parfaitement au rôle. Un bémol : Le coté rural du vocabulaire ne m'a pas paru très réussi, (genre le parisien qui s'imagine la campagne) mais heureusement ce n'est qu'un tic au début de l'album qui s'estompe au fur et à mesure que les personnages sont happés par leurs mésaventures. Tome 2 Enchantée aussi, même si, bien-sûr, on n'a plus la surprise devant le caractère du héros. Le Pistolin a finalement la chance de se trouver face-à-face avec un mage... et il manque de se faire retourner comme une crêpe, il s'attendrit devant les malheurs du méchant, l'ennemi lui fait miroiter monts et merveilles, bref, on est sur les dents : comment va-t-il pouvoir arriver à ses fins et ne pas se faire soudoyer bêtement ? Grâce à la fée, bien-sûr, qui toute alcoolique qu'elle soit, garde de la suite dans les idées... Comment allier merveilleux et syndicalisme, humour et sentiment, appelez Pistolin, il a de la ressource !
Dans la forêt sombre et mystérieuse
D’emblée un constat s’impose : avec Winshluss, on entre tout schuss dans un univers unique et quasi indescriptible. Le dessin underground sert un scénario bien huilé malgré le délire apparent de l’auteur. L’histoire débute classiquement dans une famille américaine de classe moyenne avec Angelo, le cadet, qui présente toutefois une imagination débordante. Un imprévu va chambouler le train-train quotidien de cette famille et fait rapidement basculer le récit dans l’imaginaire le plus farfelu. La trame en elle-même me fait penser à Alice au pays des merveilles. Mais la grande force de l’auteur est de garder un fil conducteur (parfois tortueux il est vrai) car toutes les rencontres que fait Angelo dans ces mondes imaginaires ne sont pas fortuites. Je peux comprendre qu’on n’accroche pas au dessin (un peu crado par moment) mais l’histoire vaut vraiment la peine d’être découverte pour son délire structuré. Winshluss, un auteur décidément à part …
Katanga
Fabien Nury et Sylvain Vallée reviennent avec Katanga et ils reviennent fort. Quand on ouvre Katanga, la première chose qui marque est le graphisme. Si le dessin et les décors sont fouillés, les personnages sont à la limite de la caricature. Les congolais sont représentés avec ces grosses lèvres, des oreilles décollées et des nez évasés ; on se croirait presque à une autre époque, où le consensuel et le politiquement correct n’étaient pas à l’ordre du jour. Celle du « Y’a bon Banania ». Ça questionne un peu. Et puis, on regarde les personnages blancs, et on se dit qu’ils ne sont pas mieux lotis. Le trait de S. Vallée va finalement laisser paraître de premier abord une impression de légèreté dans le propos. Il n’en est rien. Katanga est une bd, une histoire, qui prend cœur dans un contexte historique réel (mais librement romancé) lourd, violent, qui laisse libre cours à toutes les facettes de la nature humaine. Toute l’habilité de S. Vallée et F. Nury (ré)apparaît alors pour trouver le juste rythme qui nous place dans un contexte d’une autre époque, avec des personnages justes et savamment construits. Ils prennent le temps au cours des quelques 70 pages du livre de poser leur intrigue, leurs acteurs, et chaque page est riche d’informations. Les auteurs ont fait le choix d’aucune concession, graphiquement comme scénaristiquement. C’est brut, ça sonne juste et j’y vois pour ma part un instantané d’une époque révolue (vraiment ?...) où les relations entre les blancs colonisateurs et les peuples soumis, mais aussi des ethnies et tribus entre elles étaient basées sur la hiérarchisation humaine des peuples. Sur ce fond historique, Katanga est aussi une intrigue prometteuse dont les rouages sont nombreux et les rapports entre les personnages complexes : amour, fidélité, argent et vénalité dans ce contexte instable font un cocktail explosif. Un peu comme « Il était une fois en France » laisse à réfléchir sur la façon dont on aurait mené notre barque pour survivre à la seconde guerre mondiale, Katanga nous pousse à la réflexion sur un sujet aussi sensible : la colonisation et les rapports entre les peuples.
Ar-Men - L'Enfer des enfers
Grandiose! Pas très loin de l'excellence. J'aime la mer, en Corse, au Pays Basque et en… Bretagne où elle possède une sauvagerie que pour l'instant je n'ai rencontré nulle part ailleurs. Certains d'entre vous habitent bien loin de là mais si l'occasion vous en est donnée, n'hésitez pas à venir faire un tour sur nos côtes. Après la côte de granit rose de Perros, pas besoin de GPS c'est tout droit vers le soleil couchant. Le Léon, les abers et enfin tel un Graal la pointe du raz et ses rochers magnifiques où la mer vient se fracasser. Le phare de la Vieille, légèrement vers le nord celui de Tevennec, ensuite on aborde l'île de Sein, pas tous les jours!, encore un phare et la chaussée avec en point de mire notre Ar-Men. Quand on pense que cet édifice d'une trentaine de mètres de haut fut construit sur un caillou d'à peine 12m de long sur 11 de large. Emmanuel Lepage est très fort, je ne m'appesantirai pas sur son graphisme, la qualité de sa colorisation. L'ensemble force le respect et avec un tout petit effort l'on sent presque les embruns, pour un peu on entendrait les mouettes. Ici le scénario est diablement intelligent, car ce n'est pas le bête récit de la construction d'un phare auquel nous avons droit, c'est un album sur les racines profondes de la Bretagne avec une magnifique évocation de la légende de l'Ankou qui ne l'oublions pas sévissait aussi sur les mers à bord de son vaisseau le Bag Noz. En surplus E. Lepage ancre son récit dans une autre temporalité, celle d'un père racontant à sa fille la légende de la ville d'Ys qui pour une fois met chaque acteur à sa véritable place, ôtant ainsi à Guenolé le beau rôle qui lui est souvent attribué. Alors que dire de plus; si vous avez un scénario intelligent accompagné de superbes planches, et dessiner la mer dans tous ses états n'est pas si simple. Ajoutez à cela un DVD pour la première édition, je répète, grandiose, coup de cœur et culte. Et puis tient venez donc faire un tour jusqu'à la pointe du continent ça mérite le détour.
Jeanne Hébuterne
Qui ne connaît pas le peintre Modigliani et son oeuvre ? La plupart reconnaissent son nom à défaut de reconnaître ses oeuvres. Certains savent qu'il a connu à la fin de sa vie une très grande passion destructrice mais peu se souviennent que Jeanne Hebuterne, car c'est bien d'elle dont nous parlons, était en passe de devenir une artiste à part entière. Jeanne ou l'impétuosité de la jeunesse... Jeanne qui se donnera sans retenue et disparaîtra dans sa passion. J'ai beaucoup aimé le dessin noir et blanc crayonné. Les visages ne sont pas parfaits mais les regards ont quelque chose de pénétrant et je me suis perdue dans le regard de Jeanne. Bien que chronique d'une mort annoncée, j'ai plongé dans l'oeuvre et me suis attachée à cette toute jeune fille. Car Jeanne est encore une enfant, une petite fille espiègle et joueuse mais elle est aussi femme et deviendra mère. Qui sait si elle aurait pu devenir une artiste à part entière et se faire sa place et son nom si elle avait survécu à Modigliani ? Ce qui est sûre c'est qu'elle se donne entièrement à sa passion et perd toute identité personnelle. Une véritable Juliette moderne que Shakespeare n'aurait pas reniée !