Boum Boum Pan Pan ! Voici Tyler Cross !
Dargaud épaissit son catalogue d'oeuvres de qualité avec cette pure bombe signée Fabien Nury et Brüno (qui avaient déjà collaboré avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle), dont le premier tome paru en 2013 fit l'effet d'un séisme de magnitude 10 sur l'échelle de Richter, à tel point que les critiques s'époumonaient d'éloges et rangeaient déjà ce petit joyau classieux et bien énervé parmi les classiques.
Je rajouterais ma petite voix fluette à ce concert de dithyrambes, tellement on ne peut nier avoir là affaire à de la grande bande dessinée. Ce provisoire diptyque (Black Rock et Angola, en attendant les tomes suivants) se distingue d'emblée par son protagoniste. Une carrure de boxeur, une gueule carrée et anguleuse, ce bad boy coiffé d'un stetson et traînant son fusil à pompe rappelle immédiatement certains monstres sacrés du cinéma tels que Jack Palance, Clint Eastwood voire Humphrey Bogart.
Mais non content d'être pourvu d'un charisme insolent, notre anti-héros ne manque pas de répondant : cynique et caustique, ses prises de parole sont très souvent savoureuses. Le ton dur, le verbe haut, à travers lui on aperçoit tout le génie de Fabien Nury dans la construction des dialogues.
Mais Tyler Cross c'est aussi des intrigues et une atmosphère, très empreinte des films noirs d'après-guerre ; on peut considérer d'ailleurs cette BD comme une déclaration d'amour nostalgique au cinéma hollywoodien des années 50/60. En effet elle revisite certains grands classiques du 7ème art d'Outre-Atlantique, je pense aux films de gangsters dans le premier tome ( avec le narcotrafic, les braquages à main armée, les milieux mafieux...) et aux films de bagnards dans Angola. Derrière des scénarios que l'on peut considérer comme assez classiques se cachent en réalité une maîtrise impressionnante de son sujet, on sent des auteurs qui se sont exhaustivement documenté pour ne rien laisser au hasard. Dans cette série au dessin minimaliste qui renvoie à une esthétique expressionniste, tout se coordonne comme dans une machine parfaitement huilé, on est happé de la première à la dernière page dans les remugles de cet univers sordide où règne le vice et le crime.
Non, clairement, ce polar-thriller, truffé de références (des films hard boiled à la James Ellroy au western façon Sergio Leone sans oublier la petite touche pulp de Tarantino) est un merveilleux hommage rendu à Hollywood, et un charmant petit nouveau dans le monde la BD franco-belge. Pour tout dire il a frôlé la note maximale, mais je préfère d'abord attendre de voir comment la série évolue avant de m'emballer.
En tout cas , un peu comme Blacksad de Guarnido et Diaz Canalès (avec qui il partage le même cadre géographique et historique), le potentiel est là pour que le Petit Poucet devienne Gargantua.
Cette courte critique (que j'étofferai plus tard) repose sur la lecture de 15 tomes (les anglophones ont de l'avance sur nous).
En somme, voilà un très bon récit à la 'Walking Dead', mais sans les défauts de celui-ci.
Ici nous avons un fil conducteur et une évolution intéressante sur le long terme, des histoires parallèles qui finissent par converger, des créatures originales et mystérieuses qui se dévoilent petit à petit.
Comme d'habitude chez cet auteur, le personnage principal est un anti-héros réalistiquement dépeint qui se démène pour survivre et sortir de sa condition de looser. Il y a une grande part autobiographique dans l’œuvre de ce mangaka, d'où des personnages à la psychologie et aux réactions particulièrement réalistes.
EDIT : la série s'est terminée depuis peu et la fin... laisse sur sa faim. On aurait aimé en savoir plus sur ces mystérieux zombies, sur leur origine et leur devenir final (mais on a des indices). Je laisse quand même ma note d'origine car « l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même ».
A lire aussi du même auteur : l'excellent Ressentiment.
FA-BU-LEUX ! C'est certainement une de mes meilleures lectures de voyages dans le temps, à ce rythme là les auteurs peuvent bien publier cent tomes, je suis preneuse ! Non seulement l’histoire est captivante mais elle est aussi complète à tous les niveaux, c’est avant tout de la science fiction évidemment mais on est aussi bien servi en aventure, humour, originalité, histoire ainsi qu’en drame et légèreté, que demander de plus ? Les personnages sont hyper intéressants et attachants surtout Bloch le principal une tuerie à lui tout seul. Je ne trouve à cette série aucun défaut c’en est presque agaçant.
Le dessin est tout aussi parfait, au début j’aurais aimé moins de pages et plus de décors mais au final non c’est très bien comme ça. J’aime tout, le trait, les couleurs agréables et chaudes, les expressions des personnages, encore rien à redire.
C’est rare mais même si la série n’est pas finie je lui accorde d’emblée le 5/5 ET le coup de coeur.
Vivement la suite.
Avec "Chaussette" voilà sans doute une de mes meilleures lecture jeunesse de cette année !
Ou comment concilier de façon intelligente et de très belle manière poésie, sentiments, fraicheur, mais pour traiter d'un sujet toujours difficile à aborder avec les enfants : la mort.
En effet, Loïc Clément a su trouver un angle parfait et subtil pour traiter ce sujet en lui redonnant toute l'humanité et la place qu'il mérite. Car s'il y a bien un truc qui m'énerve dans notre société toujours plus aseptisée c'est cette mise à l'écart grandissante d'un tel sujet... alors qu'il serait plus simple de poser les mots sur quelque chose d’inéluctable ou au moins quelques menus cailloux pour baliser un sentier trop souvent inconnu.
Et c'est très justement ce que réussissent Loïc Clément et Anne Montel avec cet album en trouvant un cadre et des personnages bien campés qui, je pense, parleront à tout le monde. Cette "Chaussette" (Josette "pour de vrai") avec son chien Dagobert sont infiniment attachants et son jeune voisin Merlin qui va faire office de narrateur va nous faire découvrir son quotidien. Ce petit côté "Amélie Poulain" peut-être du à cette narration en voix off une bonne partie de l'album (j'suis pas plus fan du film que ça, mais c'est du côté "savourer les petits bonheurs du quotidien" dont je veux parler), nous transporte tranquillement jusqu'à ce que ce train train quotidien si bien huilé déraille... Qu'est-ce qui a donc bien pu pousser Chaussette à se comporter de la sorte ??? C'est ce que compte bien découvrir Merlin en allant trouver sa voisine... mais je n'en dévoilerai pas plus de l'histoire pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous même...
En tout cas, voilà un album très réussi, où l'équilibre entre le récit et le dessin est juste, chacun mettant l'autre en valeur. En effet, le dessin simple mais très expressif de Anne Montel rehaussé d'une colorisation dans les tons pastel colle parfaitement à l'histoire que développe Loïc Clément. J'ai beaucoup apprécié le soucis du détail dans ses planches ; on y trouve toujours un petit détail qui fait au moins sourire ou qui vous rappelle quelque chose. Mais c'est ce genre de chose qui fait la différence et donne vraiment corps à une BD.
Alors oui, le fond de l'album n'est pas ce qui se fait de plus gai (et encore tout ça n'est que culturel), mais quand on réussit à parler de la mort d'une si belle manière, je ne peux que chaudement recommander la lecture de cet album, tant pour les grands que les petits ; moi je me suis régalé !
Les Editions Bliss Comics continuent leur travail de traduction et d'édition de qualité des oeuvres de chez Valiant.
Voici donc Faith, une jeune femme un peu timide et ronde, qui se transforme à son corps défendant en super-héroïne.
C'est plutôt frais, pas vraiment prétentieux, et on passe un bon moment de lecture avec cette anti-héroïne bien de son temps, avec ses soucis sentimentaux et professionnels, un peu à la sauce Peter Parker. Le personnage s'assume totalement, ce qui a fait le succès de la série, dont les premiers numéros ont été réimprimés 5 fois.
Au dessin l'Espagnol Francis Portela et la Française Marguerite Sauvage se partagent le travail, pour un résultat très propre, à la limite de la ligne claire parfois.
Curieux de lire la suite.
C'est la première fois que je lis un comics de Sam Keith et c'est assez spécial.
Son dessin est pas mal et il change tellement de style selon les scènes sans aucun problème que je n'ai aucune idée c'est quoi son style 'normal'. J'ai trouvé son trait dynamique et très expressif, mais ce n'est pas un dessin qui va plaire à tout le monde et j'ai lu sur des internet des commentaires qui trouvent le dessin moche.
Le scénario est prenant et c'est rempli de scènes touchantes et drôles. Il y a un bon équilibre entre les moments sérieux et les moments humoristiques. Le duo Wolverine-Hulk fonctionne bien (normal lorsqu'on sait que Wolverine a fait sa première apparition dans la série Hulk) et les dialogues entre-eux sont savoureux. La petite fille est attachante et l'histoire est prenante. Le récit est différent d'un comics Marvel ordinaire et c'est très bien fait.
Les auteurs espagnols sont manifestement assez marqués par la crise qui a touché violemment l’Espagne durant la décennie 2007-2017. Sur le même sujet, un auteur comme Miguelanxo Prado avec ses « Proies faciles » ne m’avait guère convaincu.
J’ai découvert Nadar en 2015 avec l’excellent Papier froissé. Je viens d’enchaîner sur cette œuvre que je qualifie d’excellente à tous les points de vue. Il a fait coup double. C’est un autre auteur espagnol plus jeune et très prometteur. Bref, au lieu de se pencher sur les vieux de la vieille qui nous ont laissé ce monde pourri, on ferait mieux de découvrir de jeunes porteurs d’espoir. Cela ne vaut pas que pour la bd.
Il faut dire que j’adhère totalement à ce discours de l’auteur. Par ailleurs, il développe une thématique qui m’est très cher pour l’avoir également connu à savoir le déclassement professionnel. Vous êtes hyper diplômés de type Bac+5 major de promotion en droit et vous vous retrouvez à servir du café pour des ignares, faute d’avoir de bonnes relations surtout lorsque vous venez d’un milieu défavorisé. C’est le lot de milliers de jeunes en Espagne mais je dirai également en France. L’avenir se situe dans le fait d’accepter des boulots à l’étranger et pourquoi pas à Tallin en Estonie où il fait -4 degrés.
D’ailleurs, cette œuvre se sépare en trois récits et trois jeunes ayant un parcours différents pour faire face à cette crise. Le premier Carlos doit partir en Estonie et émigrer dans un pays dont il ne parle même pas la langue en sacrifiant la personne qu’il aime et qui partageait sa vie. Le second à savoir David n’a pas d’autres choix que de se prostituer pour satisfaire des vieilles bourgeoises en manque de sexe tout en cachant cette lucrative activité à sa pauvre maman qui a placé beaucoup d’espoir en lui. La dernière à savoir Sarah, diplômée en histoire, s’apitoie sur son sort de vendeuse par téléphone sur des plateformes dédiées à l’assurance-vie.
C’est difficile d’entrer sur le monde du travail dans une société en crise et d’essayer de construire un couple et pourquoi pas une famille. J’ai bien aimé la façon dont Sarah remet à leur place ses parents qui font la morale dans une scène que je qualifierai d’anthologie. La génération Y est très souvent décriée. Cependant, c’est la génération précédente qui a eu droit à la retraite à 60 ans en bénéficiant des 30 Glorieuses et qui nous laisse à gérer les conséquences de leurs actes. La nouvelle génération a du mal à avoir le même niveau de vie que les parents et c’est quand même un problème.
L’auteur a su gérer tout cela à merveille en évitant le pathos. Il a su trouver l’équilibre exact dans sa réflexion sur l’Espagne contemporaine. Par ailleurs, il apporte des réponses ou des pistes. C’est clair que cela passera par des efforts et le sens du sacrifice.
H₃ School aurait pu ne pas me plaire du tout. De fait, le premier tome a été assez pénible à lire lors de certains passages bien trop romantiques à l’eau de rose édulcorée (mais avec double portion de sucre, adjonction de miel et usage de sirop de glucose au cas où). Car le thème de départ est on ne peut plus propice à quelques débordements nunuches. Une école de filles obligée de se fondre dans une école de garçons et voilà un troupeau d’adolescentes en pamoison à la vue d’un bel éphèbe imberbe (que si tu fais pas gaffe, tu en viens à te demander si, avec ses traits efféminés, il s’agit bien d’un représentant du sexe masculin mais, fort heureusement, quelques indices judicieux du genre il pend la gueule, il est grand et il fait du surf sont là pour t’aiguiller).
Donc voilà, ça s’annonçait mal et pourtant j’ai bien aimé cette courte série. La raison principale vient du caractère et du traitement graphique d'Hanabi, le personnage féminin principal : une adolescente gaffeuse, immature, fonceuse qui nous est présentée sous le prisme de la tendre dérision. Ce personnage porte vraiment toute la série, à mes yeux. Les autres ne sont souvent que des faire-valoir (même le premier rôle masculin) et c’est tant mieux ! Parce que, dès que l’auteure leur accorde un peu plus de place, on retombe dans le nunuche à deux balles.
Je parlais de traitement graphique, j’y reviens. C’est la première fois que je trouve l’emploi de ruptures de style (passage du trait manga classique à un trait plus caricatural et humoristique) réellement utile à la narration. Pourtant, d’ordinaire, ce procédé m’énerve plus qu’il ne m’amuse mais ici, ça marche ! L’héroïne en version courte sur patte/gamine/poussin traduit visuellement parfaitement l’immaturité, l’espièglerie ou le caractère explosif du personnage dans ces moments choisis.
Pour résumer ma pensée : le scénario est neuneu, l’intrigue est nunuche, les personnages masculins sont des caricatures du manga (ténébreux, grands, sportifs, artistes, ils ont tout pour eux), le dessin ne sort pas spécialement du lot mais je me suis souvent poilé avec cette héroïne au profil enfantin dont l’auteure, grâce à un traitement graphique adéquat, parvient à nous faire ressentir la fragilité dans ce tangage entre l’enfance et l’âge adulte. Et rien que pour elle, j’ai supporté les passages où le miel me coulait par les oreilles, où le sucre giclait de mes rétines incrédules. Bon, j’avoue, j’ai du rire à des moments où ce n’était sans doute pas vraiment prévu non plus, j’ai beau être un grand romantique, j’ai mes limites. Mais bon, voilà, rien que pour son humour, je ne peux que vous conseiller la lecture de cette courte série manga (5 tomes, c’est pas la mort de notre seigneur… mais faut supporter le premier tome qui ne donne pas encore vraiment le ton de la série).
C’est con de terminer sur un dernier chapitre à vous filer le diabète (ce qui m’a laissé sur une relative mauvaise impression finale, vite oubliée, heureusement) mais soit, j’avoue : j’ai bien aimé.
Je m’empresse de préciser que je suis loin d’être un fan de Bastien Vivès . Je dirais même qu’il y a dans sa bibliographie plus d’albums que je n’ai pas appréciés que l’inverse. En clair, la sortie d’un nouvel opus du petit chevelu ne fait pas briller des étoiles dans mon regard de velours.
Tout ceci pour vous dire… que j’ai vraiment, mais alors vraiment bien aimé cet album. Un album que je trouve extrêmement culotté dans sa forme, très juste dans le ton, servi par un dessin épuré et parfaitement maîtrisé, prenant et vivant.
Reprenons le bazar dans l’ordre.
- Culotté dans la forme : cet album parle de la découverte de l’amour et de la sexualité par un adolescent de 13 ans, initié par une adolescente de 16 ans. Ce genre de sujet peut soit tomber dans l’eau de rose gnangnan sans intérêt, soit verser dans le scabreux démonstratif gratuit. Bastien Vivès parvient à éviter ces deux écueils. Les scènes érotique sont explicites mais jamais gratuites ni exhibitionnistes. Rien n’est caché mais ce qui se dégage de ces scènes, c’est l’innocence des personnages. Franchement, moi je dis chapeau bas !!
- Juste dans le ton : les dialogues sonnent d’une manière très naturelle. J’ai vraiment eu l’impression de lire une biographie par moments, tant tout cela sent le vécu. C’est, je pense, très actuel dans l’image que le récit donne de la sexualité des jeunes adolescents d’aujourd’hui et universel par les sentiments qui traversent les différents protagonistes de l’histoire.
- Un dessin épuré parfaitement maîtrisé : c’est vrai que Bastien Vivès va à l’essentiel dans son style. L’amateur de planches fignolées avec moult détails en sera pour ses frais. Mais quelle justesse dans les expressions, dans les poses, dans les regards ! Déjà dans Polina, j’avais beaucoup apprécié l’art de Bastien Vivès à saisir un mouvement, ici ce sont les sentiments des personnages qui sont parfaitement retranscrits avec très peu de traits. Là aussi, je m’incline respectueusement.
- Prenant et vivant : et bien ce fut impossible pour moi d’abandonner ma lecture en cours de route. Il ne se passe peut-être pas grand-chose (on est dans du roman graphique pur jus) mais les personnages sont attachants et rapidement proches de nous. C’est simple mais touchant.
Donc voilà, j’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous inviter à découvrir cet album, surtout si vous n’êtes pas fan de l’auteur (les autres se jetteront dessus sans réfléchir, pas besoin de chercher à les convaincre).
Un sursaut d'énergie pour exhumer ce diptyque faramineux !
J'hésite à vous raconter la situation de départ, cela vous paraîtra si peu original ...
Le scénario est pourtant très bien ficelé, même s'il utilise les ressorts du polar en se sortant d'impossibilités logiques par un recours au fantastique, qui permet de retomber parfaitement sur ses pattes, mais aussi d'amener les images vers une grande beauté surnaturelle. Beaucoup de rebondissements et d'arroseurs arrosés, en tout cas...
L'image est d'une sensualité troublante, et réaliste à la fois. Une esthétique assez années 30, dans une ville imaginaire peuplée de gratte-ciels élégants, baignant dans une lumière de films noirs pluvieux, réchauffée par du rouge et du doré. Les visages ont tous un sex-appeal particulier, sans donner dans le déjà vu. Une sorte de séduction intime : des hard-boiled, des misfits, des garçonnes, des blacks et des ninjas qui vous fixent de leur regard perdu ou manipulateur, transparents ou sombres, tout neufs ou vieillissants.
Bref j'en redemande, et je note le nom de ces 3 enchanteurs qui réussissent à créer une parenthèse, attirante et inquiétante à la fois...
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Tyler Cross
Boum Boum Pan Pan ! Voici Tyler Cross ! Dargaud épaissit son catalogue d'oeuvres de qualité avec cette pure bombe signée Fabien Nury et Brüno (qui avaient déjà collaboré avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle), dont le premier tome paru en 2013 fit l'effet d'un séisme de magnitude 10 sur l'échelle de Richter, à tel point que les critiques s'époumonaient d'éloges et rangeaient déjà ce petit joyau classieux et bien énervé parmi les classiques. Je rajouterais ma petite voix fluette à ce concert de dithyrambes, tellement on ne peut nier avoir là affaire à de la grande bande dessinée. Ce provisoire diptyque (Black Rock et Angola, en attendant les tomes suivants) se distingue d'emblée par son protagoniste. Une carrure de boxeur, une gueule carrée et anguleuse, ce bad boy coiffé d'un stetson et traînant son fusil à pompe rappelle immédiatement certains monstres sacrés du cinéma tels que Jack Palance, Clint Eastwood voire Humphrey Bogart. Mais non content d'être pourvu d'un charisme insolent, notre anti-héros ne manque pas de répondant : cynique et caustique, ses prises de parole sont très souvent savoureuses. Le ton dur, le verbe haut, à travers lui on aperçoit tout le génie de Fabien Nury dans la construction des dialogues. Mais Tyler Cross c'est aussi des intrigues et une atmosphère, très empreinte des films noirs d'après-guerre ; on peut considérer d'ailleurs cette BD comme une déclaration d'amour nostalgique au cinéma hollywoodien des années 50/60. En effet elle revisite certains grands classiques du 7ème art d'Outre-Atlantique, je pense aux films de gangsters dans le premier tome ( avec le narcotrafic, les braquages à main armée, les milieux mafieux...) et aux films de bagnards dans Angola. Derrière des scénarios que l'on peut considérer comme assez classiques se cachent en réalité une maîtrise impressionnante de son sujet, on sent des auteurs qui se sont exhaustivement documenté pour ne rien laisser au hasard. Dans cette série au dessin minimaliste qui renvoie à une esthétique expressionniste, tout se coordonne comme dans une machine parfaitement huilé, on est happé de la première à la dernière page dans les remugles de cet univers sordide où règne le vice et le crime. Non, clairement, ce polar-thriller, truffé de références (des films hard boiled à la James Ellroy au western façon Sergio Leone sans oublier la petite touche pulp de Tarantino) est un merveilleux hommage rendu à Hollywood, et un charmant petit nouveau dans le monde la BD franco-belge. Pour tout dire il a frôlé la note maximale, mais je préfère d'abord attendre de voir comment la série évolue avant de m'emballer. En tout cas , un peu comme Blacksad de Guarnido et Diaz Canalès (avec qui il partage le même cadre géographique et historique), le potentiel est là pour que le Petit Poucet devienne Gargantua.
I am a hero
Cette courte critique (que j'étofferai plus tard) repose sur la lecture de 15 tomes (les anglophones ont de l'avance sur nous). En somme, voilà un très bon récit à la 'Walking Dead', mais sans les défauts de celui-ci. Ici nous avons un fil conducteur et une évolution intéressante sur le long terme, des histoires parallèles qui finissent par converger, des créatures originales et mystérieuses qui se dévoilent petit à petit. Comme d'habitude chez cet auteur, le personnage principal est un anti-héros réalistiquement dépeint qui se démène pour survivre et sortir de sa condition de looser. Il y a une grande part autobiographique dans l’œuvre de ce mangaka, d'où des personnages à la psychologie et aux réactions particulièrement réalistes. EDIT : la série s'est terminée depuis peu et la fin... laisse sur sa faim. On aurait aimé en savoir plus sur ces mystérieux zombies, sur leur origine et leur devenir final (mais on a des indices). Je laisse quand même ma note d'origine car « l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même ». A lire aussi du même auteur : l'excellent Ressentiment.
Chronosquad
FA-BU-LEUX ! C'est certainement une de mes meilleures lectures de voyages dans le temps, à ce rythme là les auteurs peuvent bien publier cent tomes, je suis preneuse ! Non seulement l’histoire est captivante mais elle est aussi complète à tous les niveaux, c’est avant tout de la science fiction évidemment mais on est aussi bien servi en aventure, humour, originalité, histoire ainsi qu’en drame et légèreté, que demander de plus ? Les personnages sont hyper intéressants et attachants surtout Bloch le principal une tuerie à lui tout seul. Je ne trouve à cette série aucun défaut c’en est presque agaçant. Le dessin est tout aussi parfait, au début j’aurais aimé moins de pages et plus de décors mais au final non c’est très bien comme ça. J’aime tout, le trait, les couleurs agréables et chaudes, les expressions des personnages, encore rien à redire. C’est rare mais même si la série n’est pas finie je lui accorde d’emblée le 5/5 ET le coup de coeur. Vivement la suite.
Chaussette
Avec "Chaussette" voilà sans doute une de mes meilleures lecture jeunesse de cette année ! Ou comment concilier de façon intelligente et de très belle manière poésie, sentiments, fraicheur, mais pour traiter d'un sujet toujours difficile à aborder avec les enfants : la mort. En effet, Loïc Clément a su trouver un angle parfait et subtil pour traiter ce sujet en lui redonnant toute l'humanité et la place qu'il mérite. Car s'il y a bien un truc qui m'énerve dans notre société toujours plus aseptisée c'est cette mise à l'écart grandissante d'un tel sujet... alors qu'il serait plus simple de poser les mots sur quelque chose d’inéluctable ou au moins quelques menus cailloux pour baliser un sentier trop souvent inconnu. Et c'est très justement ce que réussissent Loïc Clément et Anne Montel avec cet album en trouvant un cadre et des personnages bien campés qui, je pense, parleront à tout le monde. Cette "Chaussette" (Josette "pour de vrai") avec son chien Dagobert sont infiniment attachants et son jeune voisin Merlin qui va faire office de narrateur va nous faire découvrir son quotidien. Ce petit côté "Amélie Poulain" peut-être du à cette narration en voix off une bonne partie de l'album (j'suis pas plus fan du film que ça, mais c'est du côté "savourer les petits bonheurs du quotidien" dont je veux parler), nous transporte tranquillement jusqu'à ce que ce train train quotidien si bien huilé déraille... Qu'est-ce qui a donc bien pu pousser Chaussette à se comporter de la sorte ??? C'est ce que compte bien découvrir Merlin en allant trouver sa voisine... mais je n'en dévoilerai pas plus de l'histoire pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous même... En tout cas, voilà un album très réussi, où l'équilibre entre le récit et le dessin est juste, chacun mettant l'autre en valeur. En effet, le dessin simple mais très expressif de Anne Montel rehaussé d'une colorisation dans les tons pastel colle parfaitement à l'histoire que développe Loïc Clément. J'ai beaucoup apprécié le soucis du détail dans ses planches ; on y trouve toujours un petit détail qui fait au moins sourire ou qui vous rappelle quelque chose. Mais c'est ce genre de chose qui fait la différence et donne vraiment corps à une BD. Alors oui, le fond de l'album n'est pas ce qui se fait de plus gai (et encore tout ça n'est que culturel), mais quand on réussit à parler de la mort d'une si belle manière, je ne peux que chaudement recommander la lecture de cet album, tant pour les grands que les petits ; moi je me suis régalé !
Faith
Les Editions Bliss Comics continuent leur travail de traduction et d'édition de qualité des oeuvres de chez Valiant. Voici donc Faith, une jeune femme un peu timide et ronde, qui se transforme à son corps défendant en super-héroïne. C'est plutôt frais, pas vraiment prétentieux, et on passe un bon moment de lecture avec cette anti-héroïne bien de son temps, avec ses soucis sentimentaux et professionnels, un peu à la sauce Peter Parker. Le personnage s'assume totalement, ce qui a fait le succès de la série, dont les premiers numéros ont été réimprimés 5 fois. Au dessin l'Espagnol Francis Portela et la Française Marguerite Sauvage se partagent le travail, pour un résultat très propre, à la limite de la ligne claire parfois. Curieux de lire la suite.
Wolverine Hulk - La Délivrance
C'est la première fois que je lis un comics de Sam Keith et c'est assez spécial. Son dessin est pas mal et il change tellement de style selon les scènes sans aucun problème que je n'ai aucune idée c'est quoi son style 'normal'. J'ai trouvé son trait dynamique et très expressif, mais ce n'est pas un dessin qui va plaire à tout le monde et j'ai lu sur des internet des commentaires qui trouvent le dessin moche. Le scénario est prenant et c'est rempli de scènes touchantes et drôles. Il y a un bon équilibre entre les moments sérieux et les moments humoristiques. Le duo Wolverine-Hulk fonctionne bien (normal lorsqu'on sait que Wolverine a fait sa première apparition dans la série Hulk) et les dialogues entre-eux sont savoureux. La petite fille est attachante et l'histoire est prenante. Le récit est différent d'un comics Marvel ordinaire et c'est très bien fait.
Le Monde à tes pieds
Les auteurs espagnols sont manifestement assez marqués par la crise qui a touché violemment l’Espagne durant la décennie 2007-2017. Sur le même sujet, un auteur comme Miguelanxo Prado avec ses « Proies faciles » ne m’avait guère convaincu. J’ai découvert Nadar en 2015 avec l’excellent Papier froissé. Je viens d’enchaîner sur cette œuvre que je qualifie d’excellente à tous les points de vue. Il a fait coup double. C’est un autre auteur espagnol plus jeune et très prometteur. Bref, au lieu de se pencher sur les vieux de la vieille qui nous ont laissé ce monde pourri, on ferait mieux de découvrir de jeunes porteurs d’espoir. Cela ne vaut pas que pour la bd. Il faut dire que j’adhère totalement à ce discours de l’auteur. Par ailleurs, il développe une thématique qui m’est très cher pour l’avoir également connu à savoir le déclassement professionnel. Vous êtes hyper diplômés de type Bac+5 major de promotion en droit et vous vous retrouvez à servir du café pour des ignares, faute d’avoir de bonnes relations surtout lorsque vous venez d’un milieu défavorisé. C’est le lot de milliers de jeunes en Espagne mais je dirai également en France. L’avenir se situe dans le fait d’accepter des boulots à l’étranger et pourquoi pas à Tallin en Estonie où il fait -4 degrés. D’ailleurs, cette œuvre se sépare en trois récits et trois jeunes ayant un parcours différents pour faire face à cette crise. Le premier Carlos doit partir en Estonie et émigrer dans un pays dont il ne parle même pas la langue en sacrifiant la personne qu’il aime et qui partageait sa vie. Le second à savoir David n’a pas d’autres choix que de se prostituer pour satisfaire des vieilles bourgeoises en manque de sexe tout en cachant cette lucrative activité à sa pauvre maman qui a placé beaucoup d’espoir en lui. La dernière à savoir Sarah, diplômée en histoire, s’apitoie sur son sort de vendeuse par téléphone sur des plateformes dédiées à l’assurance-vie. C’est difficile d’entrer sur le monde du travail dans une société en crise et d’essayer de construire un couple et pourquoi pas une famille. J’ai bien aimé la façon dont Sarah remet à leur place ses parents qui font la morale dans une scène que je qualifierai d’anthologie. La génération Y est très souvent décriée. Cependant, c’est la génération précédente qui a eu droit à la retraite à 60 ans en bénéficiant des 30 Glorieuses et qui nous laisse à gérer les conséquences de leurs actes. La nouvelle génération a du mal à avoir le même niveau de vie que les parents et c’est quand même un problème. L’auteur a su gérer tout cela à merveille en évitant le pathos. Il a su trouver l’équilibre exact dans sa réflexion sur l’Espagne contemporaine. Par ailleurs, il apporte des réponses ou des pistes. C’est clair que cela passera par des efforts et le sens du sacrifice.
H3 School
H₃ School aurait pu ne pas me plaire du tout. De fait, le premier tome a été assez pénible à lire lors de certains passages bien trop romantiques à l’eau de rose édulcorée (mais avec double portion de sucre, adjonction de miel et usage de sirop de glucose au cas où). Car le thème de départ est on ne peut plus propice à quelques débordements nunuches. Une école de filles obligée de se fondre dans une école de garçons et voilà un troupeau d’adolescentes en pamoison à la vue d’un bel éphèbe imberbe (que si tu fais pas gaffe, tu en viens à te demander si, avec ses traits efféminés, il s’agit bien d’un représentant du sexe masculin mais, fort heureusement, quelques indices judicieux du genre il pend la gueule, il est grand et il fait du surf sont là pour t’aiguiller). Donc voilà, ça s’annonçait mal et pourtant j’ai bien aimé cette courte série. La raison principale vient du caractère et du traitement graphique d'Hanabi, le personnage féminin principal : une adolescente gaffeuse, immature, fonceuse qui nous est présentée sous le prisme de la tendre dérision. Ce personnage porte vraiment toute la série, à mes yeux. Les autres ne sont souvent que des faire-valoir (même le premier rôle masculin) et c’est tant mieux ! Parce que, dès que l’auteure leur accorde un peu plus de place, on retombe dans le nunuche à deux balles. Je parlais de traitement graphique, j’y reviens. C’est la première fois que je trouve l’emploi de ruptures de style (passage du trait manga classique à un trait plus caricatural et humoristique) réellement utile à la narration. Pourtant, d’ordinaire, ce procédé m’énerve plus qu’il ne m’amuse mais ici, ça marche ! L’héroïne en version courte sur patte/gamine/poussin traduit visuellement parfaitement l’immaturité, l’espièglerie ou le caractère explosif du personnage dans ces moments choisis. Pour résumer ma pensée : le scénario est neuneu, l’intrigue est nunuche, les personnages masculins sont des caricatures du manga (ténébreux, grands, sportifs, artistes, ils ont tout pour eux), le dessin ne sort pas spécialement du lot mais je me suis souvent poilé avec cette héroïne au profil enfantin dont l’auteure, grâce à un traitement graphique adéquat, parvient à nous faire ressentir la fragilité dans ce tangage entre l’enfance et l’âge adulte. Et rien que pour elle, j’ai supporté les passages où le miel me coulait par les oreilles, où le sucre giclait de mes rétines incrédules. Bon, j’avoue, j’ai du rire à des moments où ce n’était sans doute pas vraiment prévu non plus, j’ai beau être un grand romantique, j’ai mes limites. Mais bon, voilà, rien que pour son humour, je ne peux que vous conseiller la lecture de cette courte série manga (5 tomes, c’est pas la mort de notre seigneur… mais faut supporter le premier tome qui ne donne pas encore vraiment le ton de la série). C’est con de terminer sur un dernier chapitre à vous filer le diabète (ce qui m’a laissé sur une relative mauvaise impression finale, vite oubliée, heureusement) mais soit, j’avoue : j’ai bien aimé.
Une Soeur
Je m’empresse de préciser que je suis loin d’être un fan de Bastien Vivès . Je dirais même qu’il y a dans sa bibliographie plus d’albums que je n’ai pas appréciés que l’inverse. En clair, la sortie d’un nouvel opus du petit chevelu ne fait pas briller des étoiles dans mon regard de velours. Tout ceci pour vous dire… que j’ai vraiment, mais alors vraiment bien aimé cet album. Un album que je trouve extrêmement culotté dans sa forme, très juste dans le ton, servi par un dessin épuré et parfaitement maîtrisé, prenant et vivant. Reprenons le bazar dans l’ordre. - Culotté dans la forme : cet album parle de la découverte de l’amour et de la sexualité par un adolescent de 13 ans, initié par une adolescente de 16 ans. Ce genre de sujet peut soit tomber dans l’eau de rose gnangnan sans intérêt, soit verser dans le scabreux démonstratif gratuit. Bastien Vivès parvient à éviter ces deux écueils. Les scènes érotique sont explicites mais jamais gratuites ni exhibitionnistes. Rien n’est caché mais ce qui se dégage de ces scènes, c’est l’innocence des personnages. Franchement, moi je dis chapeau bas !! - Juste dans le ton : les dialogues sonnent d’une manière très naturelle. J’ai vraiment eu l’impression de lire une biographie par moments, tant tout cela sent le vécu. C’est, je pense, très actuel dans l’image que le récit donne de la sexualité des jeunes adolescents d’aujourd’hui et universel par les sentiments qui traversent les différents protagonistes de l’histoire. - Un dessin épuré parfaitement maîtrisé : c’est vrai que Bastien Vivès va à l’essentiel dans son style. L’amateur de planches fignolées avec moult détails en sera pour ses frais. Mais quelle justesse dans les expressions, dans les poses, dans les regards ! Déjà dans Polina, j’avais beaucoup apprécié l’art de Bastien Vivès à saisir un mouvement, ici ce sont les sentiments des personnages qui sont parfaitement retranscrits avec très peu de traits. Là aussi, je m’incline respectueusement. - Prenant et vivant : et bien ce fut impossible pour moi d’abandonner ma lecture en cours de route. Il ne se passe peut-être pas grand-chose (on est dans du roman graphique pur jus) mais les personnages sont attachants et rapidement proches de nous. C’est simple mais touchant. Donc voilà, j’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous inviter à découvrir cet album, surtout si vous n’êtes pas fan de l’auteur (les autres se jetteront dessus sans réfléchir, pas besoin de chercher à les convaincre).
Smoke City
Un sursaut d'énergie pour exhumer ce diptyque faramineux ! J'hésite à vous raconter la situation de départ, cela vous paraîtra si peu original ... Le scénario est pourtant très bien ficelé, même s'il utilise les ressorts du polar en se sortant d'impossibilités logiques par un recours au fantastique, qui permet de retomber parfaitement sur ses pattes, mais aussi d'amener les images vers une grande beauté surnaturelle. Beaucoup de rebondissements et d'arroseurs arrosés, en tout cas... L'image est d'une sensualité troublante, et réaliste à la fois. Une esthétique assez années 30, dans une ville imaginaire peuplée de gratte-ciels élégants, baignant dans une lumière de films noirs pluvieux, réchauffée par du rouge et du doré. Les visages ont tous un sex-appeal particulier, sans donner dans le déjà vu. Une sorte de séduction intime : des hard-boiled, des misfits, des garçonnes, des blacks et des ninjas qui vous fixent de leur regard perdu ou manipulateur, transparents ou sombres, tout neufs ou vieillissants. Bref j'en redemande, et je note le nom de ces 3 enchanteurs qui réussissent à créer une parenthèse, attirante et inquiétante à la fois...