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Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Servitude
Servitude

On a là une excellente bd médiéval-fantasy à la fois au niveau du dessin que du scénario. Ce premier tome pose les bases complexes d’un monde imaginaire passionnant (mise en place de personnages charismatiques et des lieux avec un grand souci de réalisme et de crédibilité) avec une carte des royaumes, une mythologie, une chanson de geste qui ouvre l'album... L’intrigue est d'emblée structurée et complexe. C’est l’élaboration d’un tel univers un peu au détriment de l’action qui m’a littéralement envoûté. Cette grande saga héroïque est prévue en 5 tomes. Il est question d'un univers où des Dieux, les fameuses Puissances, ont existé réellement et ont interagi avec l'homme tant pour son bien que pour leur propres aspirations. L'époque charnière mise en scène dans "Servitude" est celle où l'humanité devenue adulte est sur le point de se séparer définitivement de cette tutelle divine. Un nouvel âge s'annonce : est-ce la fin ou le début de la servitude ? Bref, Servitude est une excellente surprise car somptueux et passionnant. :) Que dire du dessin également ? Une qualité du graphisme extraordinaire réalisée par des couleurs directes monochromiques. On observera une parfaite sobriété des effets, une mise en couleur sépia inventive ainsi qu'une recherche esthétique permanente. Au final, nous avons une réussite esthétique des planches et de magnifiques couvertures également. La grande classe ! Le second tome va encore plus loin que le premier dans une approche totalement différente car le lecteur est véritablement infiltré dans le camp des ennemis à savoir celui des Drekkars. C'est un véritable coup de génie car on va au-delà de l'aspect bien contre le mal. On se rend compte que la réalité est bien plus complexe qu'il n'y paraît ... Le troisième tome va revenir sur l'intrigue laissée en suspend à la fin du premier tome. Le roi Garantiel doit mener une bataille décisive aux portes d'une cité affranchie. Le coup de génie est de voir les différents protagonistes rencontrés dans les deux précédents tomes qui vont s'affronter. On devine également qu'un mystérieux ennemi tire les ficelles de toutes ces intrigues. On commence enfin à percevoir les tenants. Je suis complètement abasourdi par tant de virtuosité au niveau du scénario et dans la complexité de l'univers ainsi crée. La qualité est réellement au rendez-vous même sur un plan graphique. On se met à se passionner par cette véritable mythologie digne des plus grandes légendes féodales. C'est tout simplement somptueux car intelligemment rythmé et impeccablement maîtrisé. La lecture du 4ème tome m'a fait légèrement changer d'avis (passage de 5 à 4 étoiles). Déjà, l'attente a été bien longue. On n'arrive plus à s'y retrouver tant l'univers de cette série semble complexe mais très riche. Je sais qu'il faut s'accrocher pour bien saisir tous les enjeux. Cependant, cela devrait se faire sans effort. Or, en l'occurrence, il faut en faire ce qui témoigne d'une lecture plutôt difficile. Le facteur plaisir en prend un coup. Cependant, cela reste une série d'une excellente qualité. La note culte est réservée à l'excellence absolue qui comprend certains critères. La fluidité du récit et l'harmonie en font partie. Il a fallu encore attendre des années pour la parution du 5ème tome. On pensait que c'était le dernier. Que nenni ! Les auteurs s'excusent d'ailleurs de ce contretemps pour produire un ultime volume. L'attente valait-elle le coup ? Cette lecture m'a légèrement déçue au vu du résultat. Où est passé mon enthousiasme sur les premiers volumes qui étaient alors révolutionnaires ? Elle s'est envolée. Il ne se passera pas grand chose dans cette longue bataille au milieu du désert. Reste le dessin qui est toujours aussi magnifique. Cependant, on se perd un peu à l'évocation des différents noms cités par les personnages qui reviennent sur les actions passées. C'est un scénario complexe et un peu frustrant. Espérons que le dernier tome nous délivre enfin de cette servitude. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.25/5

14/02/2007 (MAJ le 27/11/2017) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ut
Ut

Ce n'est pas une formule que de dire que je suis vraiment embêté avec cette BD, du moins les deux premiers tomes de ce qui est annoncé comme une trilogie. C'est sur les étagères du sieur Paco que j'ai aperçu ces couvertures magnifiques autant qu'intriguantes et un feuilletage rapide m'a vite convaincu qu'il fallait que j'aille y voir de plus près. Chose faite. Un dessin en noir et blanc magnifique et je pèse mes mots, pas un trait appuyé tel qu'on peut le voir dans Le Rapport de Brodeck par exemple, mais quelque chose de plus étouffé, comme si réalisé à la pointe de charbon il avait été ensuite essuyé. Non vraiment des planches sublimes avec un décor puissant et envoûtant. Des architectures à la Lovecraft d'où suinte une angoisse sourde comme aurait dit le maître. Le problème vient en fait du scénario, ai-je tout compris ? Sans doute que non, mais ce n'est finalement peut être pas le plus important. Je crois qu'avec ce récit il faut accepter de se laisser prendre, mais vraiment (donc lieu calme et apaisé pour faire cette lecture). D’emblée nous sommes plongés dans un monde fantasmagorique. J'ai beaucoup pensé à l'univers de David Lynch, période "Eraserhead" . Un monde un peu glauque qui pour peu qu'on le veuille bien vous emporte très très loin où vous perdez vos repères, ce qui semble d'ailleurs être le cas de la plupart des personnages. Rarement une BD m'aura fait cet effet, habituellement je suis dans le petit classement tranquille : j'aime beaucoup, bien, moyen, pas du tout. Là depuis ma lecture, des images, de manière obsédante, me reviennent, en lien avec ma culture, littéraire, cinématographique, etc.... et sans fumer la moquette au final je dirais que cette histoire et sa mise en images sont tout bonnement fabuleuses. Attention je ne fais pas une expérience mystique mais tout simplement quand une histoire vous fait cet effet là et au vu de ce que j'ai pu vous dire jusqu'à maintenant je ne peux faire mieux que cette note qui avec la conclusion de cette trilogie ne demande qu'à s'élever encore. Tes étagères sont sympas Paco.

26/11/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reine d'Egypte
Reine d'Egypte

Voici donc la nouvelle série "historique" de Ki-oon, qui a fait fort avec les séries de Kaoru Mori. Le premier sentiment, s'il n'est pas teinté d'enthousiasme délirant, est empreint de curiosité et d'intérêt. Chie Inudoh est visiblement passionnée d'Egypte antique, et semble s'approcher de la réalité historique (enfin, celle qui nous est parvenue), et comble les trous avec son appréciation des choses. Ainsi l'inceste -qui n'était pas considéré comme tel chez les souverains antiques, rappelons-le- n'est pas consommé, Hatchepsout refusant l'accès de sa couche à son frère. Pas sûr que ce fût réel, mais finalement peu importe, cela permet à l'auteure de renforcer le caractère rebelle et unique de la Reine. Le tome 2 voit Chepsout prendre conscience de certaines choses qui entourent sa condition de reine : les ouvriers qui se tuent à la tâche, certains volontairement, pour sa grandeur et sa postérité. Parallèlement se nouent dans l'ombre de multiples manipulations et complots pour la chasser du pouvoir... Ou pour, au contraire, l'y pousser. Avec le tome 3 Chepsout change -bizarrement- de posture par rapport à Thoutmosis, avant que l'histoire de celui-ci prenne un détour décisif. J'avoue qu'on ne s'ennuie pas, et qu'on a envie de savoir la suite, même s'il suffit d'ouvrir un livre d'Histoire pour le savoir. Un manga qui ma foi permet d'en apprendre un peu plus sur un personnage dont j'avais seulement entendu parler. Chie Inudoh navigue entre le présent -l'arrivée au pouvoir de son frère et leurs épousailles- et le passé, pour bien saisir leur relation, pourtant pas ambiguë au départ... On apprend pas mal de choses sur l'Egypte antique, et en particulier sur l'exercice du pouvoir. Le trait de Chie Inudoh est plutôt agréable à l'oeil, assez maîtrisé et régulier. On reconnaît bien les personnages, même s'ils ne sont pas tout à fait réalistes en termes d'anatomie. Les décors et les vêtements sont dessinés avec soin, ce qui ajoute pour le plaisir de l'oeil. Je lirai la suite avec curiosité, intérêt et plaisir. Ma note est dans l'attente de cette suite.

17/03/2017 (MAJ le 25/11/2017) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nerval l'inconsolé
Nerval l'inconsolé

Très réussie, la couverture résume assez bien à elle seule le personnage de Gérard de Nerval et la fantaisie de l’album. La BD historique ou biographique recourant plus souvent à un style de dessin académique (généralement très réaliste), il est toujours agréable de découvrir une œuvre sortant des canons habituels, et c’est complètement le cas ici. On pense plus aux Pieds Nickelés voire à certains moments aux caricatures de Daumier (contemporain de Nerval, né également en 1808 !), et d’emblée, on peut être déconcerté par le décalage entre le graphisme « cartoon » et le personnage évoqué : un auteur du mouvement romantique du XIXe, sujet au spleen et qui ne prêtait guère au burlesque. Et contre toute attente, on finit pas adhérer très vite. On découvre que Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, était un être fantasque, nerveux, toujours « intranquille » et aux abois, ce qui colle assez bien au trait enlevé et imprécis. Et que finalement, son côté lunaire en fait un parfait personnage de BD… La narration bénéficie d’un rythme enlevé. Les scènes sans paroles, souvent oniriques, constituent des respirations poétiques bienvenues alternant avec les passages textuels plus ordinaires. Chaque scène est introduite par des citations ou extraits épistolaires de Nerval ou de ses proches (son grand ami Théophile Gautier principalement). On suit donc avec intérêt la biographie de cet auteur, certes méconnu, mais qui se révèle attachant dans ses tourments existentiels – accrus par une grosse déception amoureuse avec la chanteuse Jenny Colon - auxquels il ne semblait y avoir aucun remède, aucune consolation… sauf peut-être celle, pour le moins étrange, de se suspendre par le cou aux poignées de porte afin d’atteindre l’ivresse sexuelle. « Nerval l’inconsolé » dégage un charme certain, avec une restitution historique crédible malgré la fantaisie qui parcourt l’histoire. Le lecteur ne peut qu’être séduit devant la magnifique évocation des voyages en Méditerranée de notre Gérard. Daniel Casanave semble décidément à l’aise dans les biographies de romanciers (Flaubert, Baudelaire, Verlaine…) ou adaptations de leurs œuvres (Shakespeare, Alfred Jarry). Ce n’est pas la première fois qu’il travaille avec le scénariste David Vandermeulen (Shelley, Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)), et au vu de ce bel ouvrage, on ne peut qu’espérer une longue et fructueuse collaboration. Un des meilleurs albums de l’année sans aucun doute.

25/11/2017 (modifier)
Couverture de la série Paracuellos
Paracuellos

Même si cette série est classée en Humour, ne vous attendez pas en la lisant à pleurer de rire ! C’est plutôt la tristesse et la rage qui risquent de vous arracher des larmes. En effet, le sujet est des plus glauques, porte en lui un vent de révolte contre toute vision rigoriste de la société, et en particulier contre la morale et l’action castratrice de l’Eglise, surtout l’Eglise catholique espagnole (des années 1920 à la fin du régime de Franco en 1975). De nombreux scandales ont depuis éclaté à propos de la violence de cette Eglise (enfants volés à leur mère par des institutions religieuses…), sans bien sûr que personne ne soit renvoyé devant les tribunaux… La force des albums de Gimenez – qui se met en scène, car ayant lui-même vécu ce calvaire – est de ne pas faire d’attaque brutale, frontale. Bien au contraire, les petites historiettes (deux pages généralement chacune) sont toutes en nuance, usant d’une douceur froide, d’un réalisme glacial, d’une ironie mordante, avec des chutes à la fois simples et terribles. Qui peuvent parfois ressembler à de l’humour, certes. Mais un humour noir, tranchant, un rire jaune. Toutes ces histoires sont en tout cas émouvantes, prenantes. Le dessin de Gimenez est très bon, le Noir et Blanc convient parfaitement à ce qui s’apparente souvent à une chronique de la haine ordinaire, les institutions religieuses/orphelinats/pensionnats (il est vrai au cœur d’une société franquiste fasciste et castratrice par essence) ressemblant pas mal à des camps de concentration pour gamins. Quelle horreur ! (au nom de l’ordre, de Dieu ou de je ne sais quoi de bien-pensant évidemment). Un autre auteur de chez Fluide Glacial a aussi décrit, dans une vision finalement presque aussi noire, même s’il y a des différences (un peu plus de « vrai » humour), cet univers affreux des pensionnats catholiques : n’hésitez pas à lire L'Institution de Binet, pour compléter avec un exemple français le témoignage espagnol de Gimenez. Edifiant. Note réelle 4,5/5.

25/11/2017 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Spectaculaires
Les Spectaculaires

Une troupe de saltimbanques parisiens du début du siècle dernier est contactée par le professeur Pipolet afin de remplir des missions d’investigations de haute volée. Supers justiciers revisités. Mais attention ici, pas de super pouvoir. On est à la mode des gadgets, des costumes, des masques, des armures, … qui fonctionnent plus ou moins ! Le tout créé par un savant docteur Pipolet doucement allumé et à la mémoire courte. Ce qui marque d’abord à la lecture des deux tomes déjà parus, c’est l’objet : Le livre est beau et la couverture, avec ses effets de matières, est une invitation pour la suite. Graphiquement, Arnaud Poitevin maitrise ses personnages, avec un style dynamique, tant par son sens du cadre que par la mise en scène de ses cases. Les personnages pourraient presque sortir des meilleurs Tex Avery tant par leurs expressivités parfois exagérées, que par leurs mises en actions, qui nous posent rapidement un sourire sur les lèvres. Sourire que Régis Hautière entretient tout au long de ses histoires en alliant finesse et rocambolesque dans les situations auxquelles seront confrontées nos apprentis justiciers. Un humour qui fait mouche. Les –mes-aventures de nos Spectaculaires sont enlevées, pleines de rebondissement et forces de suspens pour nous amener au dénouement final. Le tout avec un second degrés affiché auquel j’adhère totalement. Envie d’aventures, de grands spectacles et de rebondissements ? Les spectaculaires sont là pour vous servir.

23/11/2017 (modifier)
Couverture de la série Buckson
Buckson

Le principal point fort de cette série tient dans ce fameux buckson, création graphique et anticipation malicieuse de la médecine du futur. Ce buckson apporte toute son originalité à un récit qui, par ailleurs, n’est finalement qu’un polar violent (bien fait mais prévisible). Le deuxième point fort du récit est esthétique. J’ai, de fait, beaucoup aimé le trait de Victor Araque. Ce semi-réalisme est singulier, très lisible, expressif et dynamique. Ce style donne une identité propre à l’album. Je regrette juste l’excès de rouge dans la colorisation. Un peu plus de nuance dans les scènes sanglantes aurait, je pense, permis d’en augmenter l’impact sans perdre de force visuelle. Le récit policier en lui-même n’est pas vraiment original. On retrouve en guise de personnage central un simple quidam pris dans un engrenage qui le dépasse, les seconds rôles vont du mafieux ambitieux et cruel au traitre cupide. Des images d’Epinal qui, si elles ne renouvellent pas le genre, permettent au lecteur de nager dans des eaux certes troubles mais qu’il connait bien. Alors oui, il y a quelques longueurs par ci par là et l’excès de violence démonstrative de certaines scènes a finalement un effet inverse à celui escompté mais, dans l’ensemble, j’avoue avoir pris plaisir à lire cet album. Et puis chapeau pour l’excellente idée du buckson, pas si fantaisiste que cela lorsqu’on connait l’usage de certains insectes et autres larves dans la médecine moderne. Une lecture que je recommanderai avec plaisir aux amateurs de récits policiers sanglants et disposant d’une touche de singularité.

22/11/2017 (modifier)
Couverture de la série La Guerre des Lulus
La Guerre des Lulus

A la fin de ce que je ne peux m'empêcher de ne considérer que comme un premier cycle, la Guerre des Lulus est à mes yeux ni plus ni moins que la meilleure série tous publics dédiée à la première guerre mondiale. Et pour ce faire, elle dispose de solides arguments ! Tout d’abord, l’aspect visuel accroche d’emblée. Franc, net, direct, expressif et dynamique en diable, ce type de trait convient parfaitement au ton de la bande dessinée. Les différents personnages ont tous une identité propre et bien marquée, les décors sont soignés sans étouffer l’aspect « aventure » du récit, la colorisation est nette et sans bavure. C’est vraiment du très beau travail qui permet à un large public de rentrer dans l’histoire sans rencontrer d’obstacles visuels. Ensuite vient la galerie des personnages. Ces Lulus deviennent rapidement extrêmement attachants. Régis Hautière use de ficelles bien connues mais diantrement solides pour nous offrir un panel de personnalités aussi complémentaires que familières. Là encore, le public se retrouve en pays de connaissance et l’envie de se plonger dans ces aventures est d’autant plus grande que les personnages qui nous serviront de guide nous rappellent nos lectures d’enfance. Enfin, le cadre historique est loin d’être oublié. La série nous parle de la première guerre mondiale et, même si elle le fait au travers d’un prisme d’aspect enfantin, les années défilant la perte d’innocence s’accentue au fur et à mesure des tomes, nous rappelant toute la gravité du contexte. Les différents lieux traversés sont l’objet de choix judicieux qui nous permettent de découvrir diverses régions sans que cela ne nous paraisse étrange tout en apportant régulièrement une certaine originalité au récit. Seul bémol : au terme de ces cinq tomes, il m'est difficile d'affirmer que la série est terminée. J'ai bien plus le sentiment d'avoir refermé un chapitre plutôt qu'un livre en bonne et due forme. Tout d'abord, une suite en deux tomes est annoncée, qui reviendra sur un fait marquant peu développé dans la série. Ensuite, et surtout, une après-guerre des Lulus s'annonce. Honnêtement, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je trouve qu'à un moment, il faut laisser les personnages vivre leur vie, il faut pouvoir les oublier et passer à autre chose. C'est la raison pour laquelle j'aurais aimé une conclusion plus... conclusive. Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir alors que la série est vraiment agréable à lire. Un série que je vous recommande vivement donc, quel que soit votre âge.

08/11/2016 (MAJ le 22/11/2017) (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dr. Slump
Dr. Slump

Difficile de croire qu'une telle série comme Dr. Slump ait réussi à tenir sur 15 tomes (dans son édtion dite Ultimate) tant le pitch d'origine tient sur un ticket de métro. Et pourtant... En 1980, Toriyama n'est pas encore l'auteur confirmé (et milliardaire) que tout le monde connait par Dragonball. Non c'est un jeune auteur qui publie de petites histoires de 6 à 8 pages environ dans Shonen Jump de façon hebdomadaire sur un Savant pervers et génial qui crée un robot autonome parfait par pur ennui. Ainsi nait Arale, androide féminin de 13 ans à la fois candide et myope mais dotée d'une force surhumaine que le fameux Docteur fait passer pour sa fille et qui va enchainer les gaffes et les bévues en tout genre. Et ? Et c'est tout ! Toriyama profite de ce postulat à la Léonard (de Turk et de Groot) pour imaginer un village rempli de personnages les plus dingues possibles et d'un humour nonsensique propre à Gotlieb ou aux bouffonneries des Monty Python. S'il est difficile de comprendre le but réel de toute cette histoire, Toriyama en fait le laboratoire idéal pour ses nombreux délires... Sur base d'humour scato (Aralé a une fascination pour le Caca), pervers (Dr. Slump ne pense qu'à mater des petites culottes) et idiot (tout le reste), Dr. Slump est un sacré mélange d'écriture automatique où tout peut basculer d'une case à une autre. Brisant régulièrement le 4ème mur entre ses personnages de papier conscients d'être dans un manga et son lectorat, l'auteur se met aussi régulièrement en scène en n'hésitant jamais à fustiger son manque d'imagination ou ses limites graphiques (il confesse ne pas savoir dessiner les demoiselles de façon disctincte et variée d'où un gag récurrent où les personnages échangent leurs rôles). Jamais méchant et constamment inventif en faisant évoluer ses personnages dans la durée et en créant de nouveaux mémorables qui interviennent régulièrement dans ce beau bordel de village Pingouin, Dr. Slump a rapidement acquis un statut culte mérité rafraichissant pour qui sait abandonner ses préjugés sur ce genre d'ouvrages vendu pour adolescent décérébré mais taillé pour divertir et surprendre. Le style bien caractéristique de Toriyama avec ses arrondis cartoon rend l'ensemble hautement fréquentable et la série ne souffre pas trop d’essoufflement en cours de route même s'il est préférable de lire par doses homéopathiques l'ensemble comme tout récit humoristique prépublié dans un hebdomadaire. Le seul reproche à l'ensemble serait pour ma part certains conclusions bien trop hâtives (dont l'auteur a souvent conscience, en rappelant parfois au lecteur qu'il ne lui reste plus qu'une case ou deux pour conclure ;) ) mais pour une œuvre aussi inclassable et irracontable, il aurait été dommage de rester dans la normalité ! King Nikochan forever !

20/11/2017 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ar-Men - L'Enfer des enfers
Ar-Men - L'Enfer des enfers

Cela finit par devenir une habitude, celle d'acheter "le dernier Lepage" les yeux fermés. Et bien, encore une fois, je n'ai nullement été déçu par son nouveau one-shot dédié au célèbre phare au large de l'île de Sein, Ar-Men, justement surnommée "l'Enfer des enfers". Emmanuel Lepage ne se contente pas ici de retracer l'histoire de la construction difficile du phare, à travers l'histoire du jeune Fouquet Moizez, mais il nous relate aussi la vie de gardien de phare avec Gabriel. Avec lui, nous retrouvons les grandes légendes de la Bretagne avec l'Ankou mais aussi celle de la ville d'Ys (pour aller plus loin, écoutez " Gwerz Kêr-Is" de Yann-Fanch Kemeneur, c’est une merveille) qui nous hantent toujours (ah ! J’oubliais de dire que j’étais breton). Outre le scénario où se mêlent histoires, légendes, documentaire et destin des hommes, ce qui fait la force de ce récit c’est évidemment le dessin d’Emmanuel Lepage qui prend toute sa démesure dans les planches de tempêtes nocturnes. Après l’Antarctique, et Tchernobyl, j’ai l’impression que Lepage fait partager aux lecteurs des éléments encore plus déchainés, au large des pointes bretonnes. Il faut noter qu’on peut prolonger le voyage avec le DVD (" les Gardiens de nos côtes ", documentaire de Herlé Jouon, avec Emmanuel Lepage ) qui est présent avec la première édition de cet album. Un très bel album qui mérite d’être lu et relu. Un régal pour les yeux, une très belle histoire d’hommes.

19/11/2017 (modifier)