Même si tous ces courts récits n’ont pas le même niveau d’excellence, j’ai bien aimé ce gros recueil. Je trouve l’idée de départ très originale même si les deux thématiques qui composent ces étranges histoires ont bien souvent été associées.
En effet, pour prendre deux exemples connus de tous, Stephen King (Carrie, Christine, Shinning) a régulièrement construit ses romans d’une manière assez similaire, en associant une approche de type roman graphique et un twist à caractère fantastique. Et Steven Spielberg a fait de même au cinéma (Jaws, E.T. sont de bons exemples, je trouve).
Oui mais voilà, ici, c’est différent. L’accent est vraiment mis sur le côté « roman graphique » et l’élément fantastique en devient presque naturel. L’anormalité devient la norme. La différence provoque toujours l’incompréhension, voire le rejet mais pas tant parce qu’il s’agit d’un « super pouvoir » mais plutôt parce qu’il singularise l’individu par rapport au groupe (tu es différent, donc tu fais peur).
Les récits sont très courts et n’autorisent pas vraiment une progression lente dans le fantastique. Du coup, tout est très concentré. On rentre directement dans le quotidien des personnages -souvent déjà en crise- et l’élément fantastique fait rapidement son apparition. Je trouve cette formule extrêmement casse-gueule et pourtant, très souvent, l’humanité des personnages m’a explosé à la figure.
Un mot sur le dessin, en noir et blanc et excellent, de Becky Cloonan : impressionnant ! Elle change tellement souvent de style qu’il est difficile de croire que toutes ces histoires ont été illustrées par la même personne. Par ailleurs, chaque changement de style se justifie par le scénario, et chaque technique est joliment maîtrisée, conservant à l’ensemble de ces récits une parfaite lisibilité. On passe ainsi d’un style très proche de la ligne claire à une approche plus manga avant de bifurquer vers un trait plus haché pour se retrouver ensuite dans un récit où les jeux d’ombre et de lumière deviennent essentiels. Ce renouvellement incessant aura été pour une bonne part dans mon incapacité à stopper ma lecture. Alors que le concept reste identique le long de ces 460 pages, le renouvellement est constant.
Alors, oui, il y a bien une baisse de régime à un moment ou à un autre. Certains récits ne m’ont pas touché. Je suis passé totalement à côté d’autres, ne voyant pas trop ce qu’ils venaient faire là. Mais rien que pour les quelques récits qui me restent pleinement en tête, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Et la moyenne d’ensemble tire quand même vers le haut, pour moi.
Entre un « pas mal » que je trouve un peu réducteur (mais qui tiendrait compte des récits les plus faibles dans la moyenne d’ensemble) et un « franchement bien » flatteur mais plus en phase avec mon sentiment purement subjectif, mon cœur balance…
Et PS : Alix, ça devrait te plaire ;)
Génial, c'est presque au niveau d'un Berserk pour moi.
Je tiens à préciser que j'ai lu tout ce qui est sorti au Japon (et donc bien plus loin que les 2 tomes disponibles en France).
Oui, c'est cru et un peu gore mais ça fait justement un contraste avec tous les mangas un peu cucul qu'on a pu avoir récemment. Ici, une erreur peut coûter la vie voire la dignité...car les gobelins ne réfléchissent pas et sont de véritables bêtes sauvages.
Heureusement, le manga ne se résume pas à de la violence et des images crues. Les personnages se développent au fur et à mesure et l'on comprend les motivations du perso principal et pour quelle raison il est si focalisé sur les gobelins alors que ses talents pourraient être utiles à des combats contre des démons plus puissants.
Les dessins sont bons et très dynamiques et l'action est toujours lisible (contrairement à Berserk qui malgré des dessins superbes a parfois des planches un peu confuses).
Bref, un des meilleurs mangas récents.
J’adore certains romans de Verne (« Voyage au centre de la Terre » étant sans doute mon préféré), mais je n’ai jamais réussi à dépasser la moitié de « Vingt mille lieues sous les mers », que je trouve d’une lourdeur encyclopédique effroyable. Un format BD est a priori parfait pour adapter cette aventure… et bien le pari est réussi !
Gary Gianni a fait un travail d’adaptation admirable. Il a eu le courage de couper les longs catalogages de poissons et autres crustacés qui avaient miné ma lecture du roman, et a su conserver l’intrigue, le monde sous-marin fascinant, et les personnages charismatiques, à commencer par Nemo. Certains enchaînements narratifs semblent un peu soudains, mais dans l’ensemble l’histoire se lit bien, malgré des textes parfois un poil trop présents.
La mise en image est magnifique. Le style « hachuré » colle parfaitement à l’histoire, ainsi que les couleurs. Certaines pleines pages sont à tomber par terre. Dommage que de nombreuses cases à l’intérieur du Nautilus soient dépourvues de décors (économie de temps j’imagine).
Mais je chipote. J’ai passé un excellent moment de lecture, et je jubile d’avoir enfin pu lire ce classique jusqu’à son dénouement. Miam !
(MAJ pour la sortie du tome 2)
Une série remarquable, et une histoire édifiante qui m’a fortement marqué – j’ai mis une bonne demi-heure à me calmer après ma lecture.
La situation politique en Centrafrique est instable depuis un certain temps, mais les choses ont « dérapé » en 2013, avec le renversement du président Bozizé. Didier Kassaï, jeune auteur africain, témoigne dans le premier tome des horreurs qui ont accompagné la transition vers un nouveau gouvernement : exécutions arbitraires, exterminations religieuses, destructions d’églises, humiliations, pillages, que d’horreurs, qui nous sont racontées ici justement, sans trop en faire, mais sans nous épargner non plus. L’auteur fait preuve d’une remarquable maturité, il ne se pose jamais en héros de son histoire, et nous relate les évènements de son mieux.
Le second tome s’intéresse à la période de transition très compliquée, orchestrée par le nouveau chef d'état autoproclamé Djotodia, avec au programmes des conflits inter-religieux terribles, et une intervention française pas forcément très utile.
Comme toujours dans ce genre de « révolution », la situation est compliquée, les différentes factions sont nombreuses, leurs motivations pas toujours claires, les noms et sigles fusent. Heureusement les notes de bas de pages nous permettent de ne pas décrocher. Le texte d’Amnesty en fin de premier tome enfonce le clou et renforce le propos de l’auteur.
La mise en image est exemplaire, les planches fourmillent de détails, et les couleurs retranscrivent parfaitement l’ambiance « locale ». De plus l’auteur trouve encore une fois l’équilibre parfait, il nous dépeint les horreurs commises, mais sans trop en faire, sans verser dans le lugubre (pourtant il y avait de quoi faire !)
Une série fortement recommandable, qui m’a profondément ému.
Wéééééééééééééééééééé !!!!!!!!!!!!!!!! Ça y est ! Ce coup-ci, Jeff Lemire me l’a vraiment mis dans les dents !!!
Bon, après cet emballement, je me calme et m’explique.
Ça fait quelques temps que je suis le travail de Jeff Lemire, trouvant ses différents projets intéressants, intrigants, engageants. Seulement, voilà, rarement j’ai eu le sentiment que la promesse avait été tenue. Mais j’y retourne à chaque fois… Sa narration, son dessin… rahhh, il y a une fragilité, une fêlure, une humanité qui m’interpellent. Et puis, à un moment, je me dis : « mais pourquoi il fait ça ? Pourquoi ça part en couille ? Pourquoi ça devient tout mou ? »
Et bien, avec Winter Road, c’est jamais devenu tout mou. Et le final de l’album ! Le final, Jésus, Marie, Joseph, le bœuf, l’âne, les moutons, l’encens, les centwafers… tout ce que vous voulez !!! Ce final !! Hein ? Quoi ? Ça fait vachement penser à un film célèbre ? Oui, je sais… mais je m’en fous parce que ce final est parfait pour ces personnages !
Parce que Winter Road, c’est avant tout une histoire humaine, avec deux personnages brisés, qui vont se reconstruire en s’appuyant sur l’autre. Les silences sont nombreux et c’est tant mieux car ces personnages expriment bien plus en ne disant rien ! Rahhh, j’aime ces grandes gueules fêlées ! C’est classique, déjà-vu… mais chez moi, ça marche à tous les coups.
Et puis, il y a le décor aussi. Ce bled paumé du Canada, cette cabane isolée en pleine forêt, ces scènes de hockey sur glace. L’auteur est dans son élément et ça se sent !
La progression dramatique est parfaite à mes yeux. Les personnages se révèlent au détour de flash-backs (avec une utilisation intelligente de la couleur) tandis que le drame approche, petit à petit mais inexorablement.
Et puis, il y a ce final !
Putain de final !!
Tiens, je ne suis pas le seul à avoir préféré la première partie de ce récit : un conte noir, enfantin, et cruel (surtout sur la fin). Cette première partie aurait fait un chouette one-shot.
La deuxième partie est loin d’être mauvaise, et se déroule plusieurs années après les évènements du premier chapitre. A ce titre, il s’agit vraiment d’une suite, presque d’un tome 2. L’histoire reste belle, mais plus classique, voire un peu convenue. Les personnages sont un peu « clichés », même si je dois avouer que la toute fin a réussi à me toucher.
Cet album fut avant tout pour moi un coup de cœur graphique. La couverture m’a interpellé et un feuilletage rapide m’a convaincu d’investir, sans en savoir plus sur l’histoire. Et de ce côté-là je ne suis pas déçu : j’adore le style, le noir et blanc avec des touches de couleur, et les personnages, que je trouve très beaux.
Un chouette album, un peu plus classique sur la deuxième partie. A conseiller aux amateurs de contes un peu noirs.
PS : ceci est mon 1000ème avis :)
MAJ : Je baisse la note d'une étoile car la série est tout de même nettement mieux en anime qu'en manga (beaucoup de dialogues et une mise en page relativement peu dynamique).
Que dire?
LE manga du moment, incontournable, et vraiment très bien mené...
Le dessin est très bon, le design également et l'histoire est un quasi sans fautes (je dis quasi car il y a un ralentissement un peu gênant à un moment, mais ça repart ensuite de plus belle).
Bref, à lire absolument, et à acheter pour pouvoir le relire à loisir !
Et pour ceux qui douteraient de la longueur de la série : croyez-moi, vous n'avez encore rien vu ;)
Un des meilleurs shonen récents !
Alors oui, il faut aimer les shonen, mais c'est évident, non ? Rares sont les oeuvres qui transcendent les genres et celle-ci n'en fait pas partie.
Malgré tout, l'humour est bien présent, certaines critiques ci-dessous quant au côté "bourrin" de la série ne sont pas vraiment justifiées. Certes, il y a une bonne part de combats mais il s'agit tout de même de combats entre super héros et super vilains, donc c'est inévitable. Les combats, techniques, stratégies sont toujours très différentes et on est donc loin de quelque chose de bourrin.
Les dessins sont très bons et dynamiques et l'ensemble est agréable à lire.
Bref, du tout bon, pour peu que vous aimiez les shonen.
J'ai vraiment aimé ce Texas Jack, directeur de cirque catapulté dans l'Ouest sauvage où les grands propriétaires terriens règnent sans partage, où les bandits sont des crapules sans états d'âme. Dubois et Armand nous replongent dans une chevauchée sauvage où la route de Texas Jack croise celle du Marshal Sykes, le Marshal qui est toujours accompagné de ses deux acolytes O'Maley et Renard Gris, Texas Jack lui de ses 3 cascadeurs, Amy O'hara, Kwakengoo et Ryan Greed qui pour moi est un vrai pistolero pas juste un virtuose de la gâchette comme Texas Jack.
Le récit est égrainé de quelques saynètes cocasses qui donnent un ton léger à cette chasse à l'homme impitoyable.
Pour ce qui est du dessin, il correspond parfaitement à l'ambiance générale, la fusillade finale en est le parfait exemple : une seule grande scène en un seul plan en double page.
Texas Jack pour moi est une réussite.
Ahhhh ba voilà du bon Doggybag comme je les aime !!! Si j'avais apprécié les derniers opus sortis sous le label 619, il me manquait la petite fièvre et l'étincelle qui font la différence que je retrouve enfin avec délectation dans cet album ! 150 pages de bon gros délire chez les tarés de l’Amérique profonde, ça vaut son pesant de Mapple Square, ces caramels collants qui firent la richesse et la renommée de ce bled paumé américain.
Suite à de nombreuses disparitions, deux agents du FBI sont donc dépêchés sur place pour mener l'enquête. Commence alors un défilé de personnages tous plus hallucinants les uns que les autres ! Entre le garagiste à qui je ne confierais pas ma trottinette, le tenancier du bar qui doit être le cousin pas si éloigné de Jabba the Hutt, et son frère en cuisine dont je ne voudrais même pas serrer la main, on se demande qui est le plus inquiétant du lot ! Et encore je ne vous ai pas parlé du shériff...
Bref, notre duo de choc va rapidement tomber sur un os (voire plusieurs) et tout va rapidement partir en couille ! Mais de la couille maîtrisée môôôssieur ! On sent le doigté, on sent le savoir faire et le travail rondement mené de nos deux auteurs !
Que ce soit la trame narrative que nous pose sur des rails David Hasteda ou le dessin singulier et cartoonesque de Ludovic Chesnot, nous sommes comblés ! Dur de lâcher l'objet qu'on nous donne à ronger tel un os tant on est embarqué dans ce récit hypnotique et barré ! Alors oui, les références sont nombreuses et multiples, oui l'histoire pourrait ressembler à d'autres, mais ce petit grain de folie inhérent à cet album est juste jubilatoire ! Alors si vous êtes du genre adepte du Label 619, sachez que vous tenez là un de leurs meilleurs albums !
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Même si tous ces courts récits n’ont pas le même niveau d’excellence, j’ai bien aimé ce gros recueil. Je trouve l’idée de départ très originale même si les deux thématiques qui composent ces étranges histoires ont bien souvent été associées. En effet, pour prendre deux exemples connus de tous, Stephen King (Carrie, Christine, Shinning) a régulièrement construit ses romans d’une manière assez similaire, en associant une approche de type roman graphique et un twist à caractère fantastique. Et Steven Spielberg a fait de même au cinéma (Jaws, E.T. sont de bons exemples, je trouve). Oui mais voilà, ici, c’est différent. L’accent est vraiment mis sur le côté « roman graphique » et l’élément fantastique en devient presque naturel. L’anormalité devient la norme. La différence provoque toujours l’incompréhension, voire le rejet mais pas tant parce qu’il s’agit d’un « super pouvoir » mais plutôt parce qu’il singularise l’individu par rapport au groupe (tu es différent, donc tu fais peur). Les récits sont très courts et n’autorisent pas vraiment une progression lente dans le fantastique. Du coup, tout est très concentré. On rentre directement dans le quotidien des personnages -souvent déjà en crise- et l’élément fantastique fait rapidement son apparition. Je trouve cette formule extrêmement casse-gueule et pourtant, très souvent, l’humanité des personnages m’a explosé à la figure. Un mot sur le dessin, en noir et blanc et excellent, de Becky Cloonan : impressionnant ! Elle change tellement souvent de style qu’il est difficile de croire que toutes ces histoires ont été illustrées par la même personne. Par ailleurs, chaque changement de style se justifie par le scénario, et chaque technique est joliment maîtrisée, conservant à l’ensemble de ces récits une parfaite lisibilité. On passe ainsi d’un style très proche de la ligne claire à une approche plus manga avant de bifurquer vers un trait plus haché pour se retrouver ensuite dans un récit où les jeux d’ombre et de lumière deviennent essentiels. Ce renouvellement incessant aura été pour une bonne part dans mon incapacité à stopper ma lecture. Alors que le concept reste identique le long de ces 460 pages, le renouvellement est constant. Alors, oui, il y a bien une baisse de régime à un moment ou à un autre. Certains récits ne m’ont pas touché. Je suis passé totalement à côté d’autres, ne voyant pas trop ce qu’ils venaient faire là. Mais rien que pour les quelques récits qui me restent pleinement en tête, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Et la moyenne d’ensemble tire quand même vers le haut, pour moi. Entre un « pas mal » que je trouve un peu réducteur (mais qui tiendrait compte des récits les plus faibles dans la moyenne d’ensemble) et un « franchement bien » flatteur mais plus en phase avec mon sentiment purement subjectif, mon cœur balance… Et PS : Alix, ça devrait te plaire ;)
Goblin Slayer
Génial, c'est presque au niveau d'un Berserk pour moi. Je tiens à préciser que j'ai lu tout ce qui est sorti au Japon (et donc bien plus loin que les 2 tomes disponibles en France). Oui, c'est cru et un peu gore mais ça fait justement un contraste avec tous les mangas un peu cucul qu'on a pu avoir récemment. Ici, une erreur peut coûter la vie voire la dignité...car les gobelins ne réfléchissent pas et sont de véritables bêtes sauvages. Heureusement, le manga ne se résume pas à de la violence et des images crues. Les personnages se développent au fur et à mesure et l'on comprend les motivations du perso principal et pour quelle raison il est si focalisé sur les gobelins alors que ses talents pourraient être utiles à des combats contre des démons plus puissants. Les dessins sont bons et très dynamiques et l'action est toujours lisible (contrairement à Berserk qui malgré des dessins superbes a parfois des planches un peu confuses). Bref, un des meilleurs mangas récents.
20 000 lieues sous les mers
J’adore certains romans de Verne (« Voyage au centre de la Terre » étant sans doute mon préféré), mais je n’ai jamais réussi à dépasser la moitié de « Vingt mille lieues sous les mers », que je trouve d’une lourdeur encyclopédique effroyable. Un format BD est a priori parfait pour adapter cette aventure… et bien le pari est réussi ! Gary Gianni a fait un travail d’adaptation admirable. Il a eu le courage de couper les longs catalogages de poissons et autres crustacés qui avaient miné ma lecture du roman, et a su conserver l’intrigue, le monde sous-marin fascinant, et les personnages charismatiques, à commencer par Nemo. Certains enchaînements narratifs semblent un peu soudains, mais dans l’ensemble l’histoire se lit bien, malgré des textes parfois un poil trop présents. La mise en image est magnifique. Le style « hachuré » colle parfaitement à l’histoire, ainsi que les couleurs. Certaines pleines pages sont à tomber par terre. Dommage que de nombreuses cases à l’intérieur du Nautilus soient dépourvues de décors (économie de temps j’imagine). Mais je chipote. J’ai passé un excellent moment de lecture, et je jubile d’avoir enfin pu lire ce classique jusqu’à son dénouement. Miam !
Tempête sur Bangui
(MAJ pour la sortie du tome 2) Une série remarquable, et une histoire édifiante qui m’a fortement marqué – j’ai mis une bonne demi-heure à me calmer après ma lecture. La situation politique en Centrafrique est instable depuis un certain temps, mais les choses ont « dérapé » en 2013, avec le renversement du président Bozizé. Didier Kassaï, jeune auteur africain, témoigne dans le premier tome des horreurs qui ont accompagné la transition vers un nouveau gouvernement : exécutions arbitraires, exterminations religieuses, destructions d’églises, humiliations, pillages, que d’horreurs, qui nous sont racontées ici justement, sans trop en faire, mais sans nous épargner non plus. L’auteur fait preuve d’une remarquable maturité, il ne se pose jamais en héros de son histoire, et nous relate les évènements de son mieux. Le second tome s’intéresse à la période de transition très compliquée, orchestrée par le nouveau chef d'état autoproclamé Djotodia, avec au programmes des conflits inter-religieux terribles, et une intervention française pas forcément très utile. Comme toujours dans ce genre de « révolution », la situation est compliquée, les différentes factions sont nombreuses, leurs motivations pas toujours claires, les noms et sigles fusent. Heureusement les notes de bas de pages nous permettent de ne pas décrocher. Le texte d’Amnesty en fin de premier tome enfonce le clou et renforce le propos de l’auteur. La mise en image est exemplaire, les planches fourmillent de détails, et les couleurs retranscrivent parfaitement l’ambiance « locale ». De plus l’auteur trouve encore une fois l’équilibre parfait, il nous dépeint les horreurs commises, mais sans trop en faire, sans verser dans le lugubre (pourtant il y avait de quoi faire !) Une série fortement recommandable, qui m’a profondément ému.
Winter Road
Wéééééééééééééééééééé !!!!!!!!!!!!!!!! Ça y est ! Ce coup-ci, Jeff Lemire me l’a vraiment mis dans les dents !!! Bon, après cet emballement, je me calme et m’explique. Ça fait quelques temps que je suis le travail de Jeff Lemire, trouvant ses différents projets intéressants, intrigants, engageants. Seulement, voilà, rarement j’ai eu le sentiment que la promesse avait été tenue. Mais j’y retourne à chaque fois… Sa narration, son dessin… rahhh, il y a une fragilité, une fêlure, une humanité qui m’interpellent. Et puis, à un moment, je me dis : « mais pourquoi il fait ça ? Pourquoi ça part en couille ? Pourquoi ça devient tout mou ? » Et bien, avec Winter Road, c’est jamais devenu tout mou. Et le final de l’album ! Le final, Jésus, Marie, Joseph, le bœuf, l’âne, les moutons, l’encens, les centwafers… tout ce que vous voulez !!! Ce final !! Hein ? Quoi ? Ça fait vachement penser à un film célèbre ? Oui, je sais… mais je m’en fous parce que ce final est parfait pour ces personnages ! Parce que Winter Road, c’est avant tout une histoire humaine, avec deux personnages brisés, qui vont se reconstruire en s’appuyant sur l’autre. Les silences sont nombreux et c’est tant mieux car ces personnages expriment bien plus en ne disant rien ! Rahhh, j’aime ces grandes gueules fêlées ! C’est classique, déjà-vu… mais chez moi, ça marche à tous les coups. Et puis, il y a le décor aussi. Ce bled paumé du Canada, cette cabane isolée en pleine forêt, ces scènes de hockey sur glace. L’auteur est dans son élément et ça se sent ! La progression dramatique est parfaite à mes yeux. Les personnages se révèlent au détour de flash-backs (avec une utilisation intelligente de la couleur) tandis que le drame approche, petit à petit mais inexorablement. Et puis, il y a ce final ! Putain de final !!
Le Signe de la Lune
Tiens, je ne suis pas le seul à avoir préféré la première partie de ce récit : un conte noir, enfantin, et cruel (surtout sur la fin). Cette première partie aurait fait un chouette one-shot. La deuxième partie est loin d’être mauvaise, et se déroule plusieurs années après les évènements du premier chapitre. A ce titre, il s’agit vraiment d’une suite, presque d’un tome 2. L’histoire reste belle, mais plus classique, voire un peu convenue. Les personnages sont un peu « clichés », même si je dois avouer que la toute fin a réussi à me toucher. Cet album fut avant tout pour moi un coup de cœur graphique. La couverture m’a interpellé et un feuilletage rapide m’a convaincu d’investir, sans en savoir plus sur l’histoire. Et de ce côté-là je ne suis pas déçu : j’adore le style, le noir et blanc avec des touches de couleur, et les personnages, que je trouve très beaux. Un chouette album, un peu plus classique sur la deuxième partie. A conseiller aux amateurs de contes un peu noirs. PS : ceci est mon 1000ème avis :)
Death Note
MAJ : Je baisse la note d'une étoile car la série est tout de même nettement mieux en anime qu'en manga (beaucoup de dialogues et une mise en page relativement peu dynamique). Que dire? LE manga du moment, incontournable, et vraiment très bien mené... Le dessin est très bon, le design également et l'histoire est un quasi sans fautes (je dis quasi car il y a un ralentissement un peu gênant à un moment, mais ça repart ensuite de plus belle). Bref, à lire absolument, et à acheter pour pouvoir le relire à loisir ! Et pour ceux qui douteraient de la longueur de la série : croyez-moi, vous n'avez encore rien vu ;)
My Hero Academia
Un des meilleurs shonen récents ! Alors oui, il faut aimer les shonen, mais c'est évident, non ? Rares sont les oeuvres qui transcendent les genres et celle-ci n'en fait pas partie. Malgré tout, l'humour est bien présent, certaines critiques ci-dessous quant au côté "bourrin" de la série ne sont pas vraiment justifiées. Certes, il y a une bonne part de combats mais il s'agit tout de même de combats entre super héros et super vilains, donc c'est inévitable. Les combats, techniques, stratégies sont toujours très différentes et on est donc loin de quelque chose de bourrin. Les dessins sont très bons et dynamiques et l'ensemble est agréable à lire. Bref, du tout bon, pour peu que vous aimiez les shonen.
Texas Jack
J'ai vraiment aimé ce Texas Jack, directeur de cirque catapulté dans l'Ouest sauvage où les grands propriétaires terriens règnent sans partage, où les bandits sont des crapules sans états d'âme. Dubois et Armand nous replongent dans une chevauchée sauvage où la route de Texas Jack croise celle du Marshal Sykes, le Marshal qui est toujours accompagné de ses deux acolytes O'Maley et Renard Gris, Texas Jack lui de ses 3 cascadeurs, Amy O'hara, Kwakengoo et Ryan Greed qui pour moi est un vrai pistolero pas juste un virtuose de la gâchette comme Texas Jack. Le récit est égrainé de quelques saynètes cocasses qui donnent un ton léger à cette chasse à l'homme impitoyable. Pour ce qui est du dessin, il correspond parfaitement à l'ambiance générale, la fusillade finale en est le parfait exemple : une seule grande scène en un seul plan en double page. Texas Jack pour moi est une réussite.
Doggybags - Mapple squares
Ahhhh ba voilà du bon Doggybag comme je les aime !!! Si j'avais apprécié les derniers opus sortis sous le label 619, il me manquait la petite fièvre et l'étincelle qui font la différence que je retrouve enfin avec délectation dans cet album ! 150 pages de bon gros délire chez les tarés de l’Amérique profonde, ça vaut son pesant de Mapple Square, ces caramels collants qui firent la richesse et la renommée de ce bled paumé américain. Suite à de nombreuses disparitions, deux agents du FBI sont donc dépêchés sur place pour mener l'enquête. Commence alors un défilé de personnages tous plus hallucinants les uns que les autres ! Entre le garagiste à qui je ne confierais pas ma trottinette, le tenancier du bar qui doit être le cousin pas si éloigné de Jabba the Hutt, et son frère en cuisine dont je ne voudrais même pas serrer la main, on se demande qui est le plus inquiétant du lot ! Et encore je ne vous ai pas parlé du shériff... Bref, notre duo de choc va rapidement tomber sur un os (voire plusieurs) et tout va rapidement partir en couille ! Mais de la couille maîtrisée môôôssieur ! On sent le doigté, on sent le savoir faire et le travail rondement mené de nos deux auteurs ! Que ce soit la trame narrative que nous pose sur des rails David Hasteda ou le dessin singulier et cartoonesque de Ludovic Chesnot, nous sommes comblés ! Dur de lâcher l'objet qu'on nous donne à ronger tel un os tant on est embarqué dans ce récit hypnotique et barré ! Alors oui, les références sont nombreuses et multiples, oui l'histoire pourrait ressembler à d'autres, mais ce petit grain de folie inhérent à cet album est juste jubilatoire ! Alors si vous êtes du genre adepte du Label 619, sachez que vous tenez là un de leurs meilleurs albums ! A lire !