Les derniers avis (9708 avis)

Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zaroff
Zaroff

Une bande dessinée dans la collection Signé est souvent gage de qualité et en l’occurrence, avec "Zaroff", le lecteur, que je suis , est une nouvelle fois comblé. J’avais repéré ce titre depuis quelques mois dans les prévisions de sorties, grâce à la superbe couverture qui cristallisait le crime, la moiteur d’une forêt vierge et un héros haut en couleur. A la lecture, je ne m’étais pas trompé. Certes Zaroff est le personnage ignoble et cynique que j’attendais, mais au-delà de la galerie des personnages présents, le rôle principal de ce récit reste à mes yeux cette île, je dirai presque cette île mystérieuse qui regorge de pièges, et d’une faune sauvage parfaitement mis en relief par François Miville-Deschênes, que j’avais découvert avec sa série Millénaire. Il faut avouer que son dessin est superbe et restitue l’atmosphère de cette forêt tropicale de manière magistrale. Passionné de cinéma, en particulier de la période 1927-1939, je connaissais l’existence du film de 1932 sur le comte Zaroff, et Sylvain Runberg s’en est habilement et intelligemment inspiré pour construire une chasse à l’homme qui tient en haleine sur près de 80 pages. Un dessin très soigné, un récit haletant, bref une bande dessinée que je recommande vivement

13/06/2019 (modifier)
Couverture de la série RIP
RIP

Il me semblait bien en avoir entendu du bon à sa sortie mais le pas n'avait pas été franchi ... erreur réparée suite à un emprunt à la médiathèque. Alors qu'en est il ? ... et bin c'est du très bon :) une très bonne surprise !! Je ne reviendrai pas sur l'univers glauque (mais pas tant), la couverture résume très bien. Mais j'ai pris un réel plaisir à m'y plonger, 1ère chose qui frappe c'est le dessin qui sert parfaitement le récit, pas particulièrement grandiose mais lisible, des cases détaillées, des tronches bien rendues ... bref du tout bon, ensuite viennent les couleurs ... encore du tout bon, elles installent parfaitement l'ambiance (dans un autre univers très proche du style de Grégory Parnicione à titre de comparaison). Puis vient l'histoire : emmenés de suite par la voix off de notre antihéros on se laisse conduire dans ce petit "écosystème" avec ces personnages hauts en couleurs, le tout dans une narration impeccable. Je ne connaissais pas les auteurs mais je vais m'y intéresser au vu de cet excellent 1er contact. Un mot sur l'éditeur (que je connais très peu) un grand merci ^^ Et pour ceux qui comme moi ont apprécié leur lecture ... sachez que d'autres tomes sont prévus mais point de vue d'autres personnages rencontrés dans l'aventure, même univers mais mentalité différente et il reste quelques zones d'ombres ;) Et moi si la réalisation continue sur ce niveau, je suis preneur :) J'encourage la découverte de cette série fort prometteuse et ne saurais que la conseiller aux fans de l'univers Ankamien (côté doggy hein pas wakfu et consort)

11/06/2019 (modifier)
Par BlueBlood
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Effaceur
L'Effaceur

Bon, soyons clair et concis : Après avoir tenté l'expérience avec le premier tome, que j'ai dévoré pratiquement d'une traite, je n'ai pas hésité à lire les quatre autres tomes. Comme celui de la série Pierre Tombal, le surprenant fossoyeur et gardien de son cher cimetière, j'apprécie cet humour noir. Je suis déçu que cette série, présentant et suivant cet attachant tueur, ait été arrêtée. Avec les avancées technologiques, médicales et les réseaux sociaux d'aujourd'hui + les prototypes en cours de développement, il y a là une belle matière pour imaginer et dessiner un beau lot de gags tout neufs et diablement accrocheurs. Je trouve que cette série bien méconnue, à tort d'ailleurs, mérite une très bonne place sur le podium des classiques. Néanmoins, je comprends que cet humour ne plaise pas à tout le monde, tant il est si particulier. Il est vrai qu'un nombre certain de gags de cette série sont prévisibles, tant le ton décalé spécial s'y prête, mais cela n'enlève en rien le charme qui compose cette série. Le mot de la fin : Comme vous devez vous en douter à ce niveau-là, je recommande bien évidemment la lecture de cette série.

09/06/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zaroff
Zaroff

Quel bonheur anticipé quand il y a quelques temps j'ai vu que les éditions du Lombard s’apprêtait à publier "Zaroff". Pour moi ce nom faisait écho au film de 1932 de Irving Pichel et Ernest Schoedsack ( ce dernier plus connu pour avoir réalisé le premier "King Kong" ). Souvenir du cinéma de minuit.... A l'arrivée ce "Zaroff" se veut être une sorte de suite au film. Le général Zaroff ayant fui la Russie au moment de la révolution bolchevique est un homme cultivé qui cite Marc Aurèle. C'est également un homme passionné de chasse qui s'est construit un petit paradis sur une île au large du Venezuela ou il peut s'adonner à son sport favori. Sa forteresse est décorée de ses multiples trophées mais depuis quelques temps Zaroff apprécie de chasser une autre espèce, celle des bipèdes. Il y a peu il a tué le chef d'un des gangs irlandais de Boston. Son héritière Fiona Flanagazn ayant le sens de la famille, elle kidnappe la sœur de Zaroff et ses enfants et les place dans l'île au cœur de l'affrontement. Dans ce récit ce qui est particulièrement intéressant c'est l'inversion des rôles le chasseur devient chassé et le chassé devient chasseur, les protagonistes ne sont pas forcément ce qu'ils sont censés être, les uns et les autres se déchirant. Quand la nature s'en mêle peuplée de crocodiles, des jaguars qui rôdent et si en plus la tempête arrive tout concours à nous donner une histoire cruelle et violente ou chacun sort transformé de l'affrontement. A ce titre il faut rendre hommage au scénario de Sylvain Runberg que l'on ne présente plus. En ce qui concerne le dessin et la colorisation, là aussi c'est du tout bon avec François Miville-Deschênes déjà rencontré sur Millénaire et Reconquêtes. Sa représentation de la jungle et des animaux qui l'habite est tout simplement exceptionnelle. Et cette couverture ou le comte nous fixe avec cet air de cruauté et de grande classe. N'oublions pas la couleur qui joue un rôle d'importance dans le récit, ce fascinant parallèle entre la chevelure de Fiona et la robe de chambre du comte dans les sous-bois de la jungle est d'une grande pertinence. Personnellement j'ai bien du mal à rester objectif tant le travail de ces deux auteurs me plait, avec un petit zeste d'avantage au dessin de F. Miville-Deschênes. Forcément un coup de cœur et faites tourner.

09/06/2019 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Comment décrire cette incroyable saga ? Je crois que c'est impossible avec de simples mots. En fait, on ne lit pas cette bande dessinée, on la voit. Et même plus, on la contemple. C'est du cinéma. Et du bon cinéma. De fait, Alex Alice pousse là son talent de narrateur et de dessinateur à un sommet. Le dessin, le montage, les dialogues, le scénario, et même la musique (parce qu'on a forcément Wagner en tête) : tout est là pour faire de cette bande dessinée un merveilleux film. C'est du blockbuster en BD, mais du grand blockbuster : Siegfried, c'est Le Seigneur des Anneaux d'Alex Alice. Et c'est aussi ample, épique et grandiose que les films de Peter Jackson... Son dessin est d'une finesse incomparable, chaque trait, même le plus petit, est porteur d'un sens trop grand pour être saisi dès la première lecture, écrasant le spectateur (et non plus le lecteur) comme le destin écrase les personnages de la saga. Ces immenses cases dans lequel on se plaît à perdre pied, à se noyer pour se laisser submerger par la grandeur des images, ces dessins qui se meuvent dans l'esprit émerveillé d'un spectateur égaré en plein rêve sont d'une magnificence que peu de bandes dessinées contemporaines peuvent se vanter d'égaler. Ne sombrant que (très) rarement dans le kitsch, tout est maîtrisé chez Alice : contrairement à beaucoup d'auteurs et de réalisateurs, il crée un art du grandiloquent. Son dessin toujours stylisé utilise toutes les ressources du medium qui est mis à sa disposition pour constamment dépasser le cadre limité de la page et nous ouvrir un monde. La narration choisie par Alex Alice est absolument brillante : d'habitude, je n'aime pas trop ce genre de récit qui raconte toute son histoire en flashbacks ou en flashforwards, donnant trop souvent l'impression qu'on n'assiste pas à la "vraie" histoire mais à une version qui nous en garde à distance. Ici, pas du tout : au contraire, c'est cette narration qui, en se jouant des temporalités comme le meilleur Christopher Nolan, donne tout son sens à l'oeuvre colossale d'Alex Alice, et nous offre une réflexion puissante sur la vie, la mort, l'éternité, l'Homme et le destin, tout autant qu'une mise en abyme de l'art narratif, et de la création artistique. Fort de son iconographie monumentale, Alex Alice crée donc une mythologie qui, bien que reprise des célèbres contes germaniques, s'en émancipe rapidement pour nous en proposer une nouvelle version, avec sa propre identité, ses propres personnages, ses propres questionnements et sa propre narration. Chaque choix visuel et narratif ouvre une multitude de portes au spectateur, qui ne sait plus laquelle choisir tant il sait que chacune va le mener vers des interprétations d'une richesse incommensurable. A ce titre, l'évolution des différents personnages est parfaitement réfléchie, et nous ramène aux grandes de la tragédie, antique ou moderne, tant Alice illustre à merveille les dilemmes qui animent chacun d'entre eux, au travers de dialogues somptueux, d'Odin lui-même au petit Mime, dont le traitement dans le tome final confine au sublime. A cette image, la manière donc chaque personnage est introduit, dont chaque retournement est amené, dont chaque dilemme est illustré est unique en son genre et bel et bien propre au génie alicien, dont on n'a pas fini d'entendre parler, soyons-en sûrs. Bref, si on écoute ça avec la musique de Wagner en fond, on ne peut qu'être envoûté par ce qui se révèle un monument incontournable de la bande dessinée française. Un chef-d'oeuvre instantané qu'on veut lire et relire, parce qu'on sait que l'éternité ne suffirait pas à nous en lasser...

07/06/2019 (modifier)
Couverture de la série Il fallait que je vous le dise
Il fallait que je vous le dise

S’il y a bien un point sur lequel le titre ne trompe pas, c’est ce « Il fallait » car, dès le début de ma lecture, j’ai senti ce besoin, cette nécessité pour l’autrice, Aude Mermilliod, de parler de son expérience, de son ressenti sur l’avortement. Avortement qu’elle a vécu dans sa chair, dans son âme. Alors, et même si en ma qualité d’homme je crains de ne pas pouvoir totalement partager le ressenti de l’autrice, je ne peux qu’être admiratif sur sa démarche. Une démarche honnête et sincère, un témoignage qui pourra sans doute aider d’autres personnes confrontées au même choix (car cela reste un choix et devrait pouvoir toujours et en toutes circonstances rester un choix individuel). Aude Mermilliod nous relate donc le long processus qui l’a menée depuis la découverte du fait qu’elle était enceinte jusqu’après son avortement. Ce choix individuel et douloureux, cette expérience de vie que personne ne souhaite devoir faire un jour mais face à laquelle elle n’a pas fui. La deuxième partie du récit nous permet de découvrir un médecin qui pratique l’avortement. Son parcours de vie, les motivations de ses choix, la manière dont il a évolué au fil de ses expériences : tout est à nouveau raconté avec beaucoup de naturel et de simplicité, mettant l’accent sur l’humain. La narration est fluide, le dessin sans fioritures recentre l’attention sur le sujet et sur les mots. Les sentiments, les questionnements sont le cœur même du récit et ces témoignages d’une grande sincérité ne sont ni larmoyants, ni sinistres, ni trop techniques. L’humain est ici mis en avant et ce livre pourra, je l’espère, aider d’autres femmes confrontées à ce choix et d’autres médecins amenés à les soutenir et à les aider. Un livre très certainement nécessaire pour son autrice, et utile pour oser sortir ce sujet des tabous qui l’entourent. A lire !

07/06/2019 (modifier)
Couverture de la série Sine qua non
Sine qua non

L’album a été classé dans la catégorie « humour », mais ne vous attendez pas à éclater de rire en le lisant, ce n’est pas un pastiche déconne (je l’aurais plutôt mis en « inclassable », mais bon). Même si je dois dire que les petits clins d’œil humoristiques disséminés tout au long de l’histoire sont plutôt sympas, et bien vus. C’est un album au petit format avec une importante pagination, et qui est très vite lu. D’abord parce qu’il n’y a que deux cases par page, mais aussi car c’est quasiment muet – seuls quelques mots (titres, interjection – jamais de dialogue, voire de phrase) s’invitent. Ensuite parce qu’il est intéressant. Pour ajouter à l’univers médiéval construit par l’auteur, tous les termes sont en latin (il y en a peu, et tout est traduit dans un lexique en fin d’album). C’est qu’on a là une histoire qui singe un peu l’univers médiéval, mais qui pour cela a bâti quelque chose de « crédible », avec une omniprésence de l’Eglise, de la religion, des peurs eschatologiques, de la crainte de l’enfer, de l’envie du paradis. Et surtout, la présence de créatures mythiques, qui côtoient des hommes, comme certains documents médiévaux nous le montrent, donnent de la crédibilité, tout en ajoutant une touche poétique non négligeable. En tout cas, les lecteurs curieux doivent jeter un coup d’œil à cet album, dont la lecture se révèle rafraichissante. Note réelle 3,5/5.

06/06/2019 (modifier)
Couverture de la série Enferme-moi si tu peux
Enferme-moi si tu peux

Cet album nous présente plusieurs artistes hors normes. De ces gens qui ont créé une œuvre personnelle, unique, impossible à relier à d’autres courants. Sortis de nulle part, et surtout pas des traditionnelles académies d’art, ils ont connu le succès un peu par hasard, parfois parce qu’ils ont été perçus comme des phénomènes de foire ou grâce à l’aura fantastique qui entourait leurs œuvres. Il s’agit donc de courtes biographies, animées par une voix off ou par une narration à la première personne puisque chaque artiste se présente par lui-même, encouragé par les autres à se dévoiler. Cette manière de faire permet d’apporter de la vie à ce récit, de le rendre plus simple, plus humain. les différents récits sont ainsi reliés les uns aux autres, de sorte que la structure se situe entre un assemblage de courts récits et un seul long récit composé de plusieurs chapitres. Le dessin, assez brut, va dans le même sens que la narration, préférant accentuer l’émotion, l’humanité des personnages plutôt que de chercher à reproduire avec une exactitude photographique leurs traits ou leurs œuvres. Hormis l’histoire du facteur Cheval, que je connaissais, les autres récits m’ont permis de découvrir des artistes dont j’ignorais tout. Des personnages toujours étonnants, dont on ne saurait dire s’ils étaient pleinement sincères ou s’il y avait derrière leurs dires une volonté d’embellir la vérité en l’emballant dans un nuage de mystère et d’ésotérisme. Qu’importe ! J’ai vraiment aimé cette lecture… sans être fasciné par les œuvres présentées (même si j’y trouve quelque chose de différent et par là même intéressant). Ces artistes, affranchis de toutes contraintes (de mode, de courant artistique, ou pour être plus vendeurs), dégagent une telle sincérité dans leurs démarches qu’ils deviennent immédiatement sympathiques à mes yeux. Des illuminés, des fous, des malades mentaux… sans doute, oui ! Mais ce qui les rendait différents des autres, ils l’ont mis au service de l’art. Un art unique que l’on peut trouver laid ou quelconque ou sans intérêt… mais de l’art quand même, venu de leur monde intérieur dans lequel ils pouvaient se réfugier, s’enfuir, vivre, s’exprimer, quand bien même certains d’entre eux étaient enfermés derrière des barreaux (d’où le titre de l’album). A lire par tous ceux que l’art intéresse et qui ne sont pas rebutés par les biographies (surtout que dans le cas présent, ces biographies sont tout sauf lourdes et académiques). Et j’invite chaleureusement les autres à y jeter un œil tant ces personnages valent la peine qu’on leur consacre quelques minutes de sa vie, rien que pour le simple plaisir de les rencontrer.

04/06/2019 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blake et Mortimer - Le Dernier Pharaon
Blake et Mortimer - Le Dernier Pharaon

Avant toutes choses, je dois dire que j’ai aimé cette aventure de « Blake et Mortimer » ou de plutôt celle de Mortimer tant le capitaine (non, le colonel, l’agent du l’intelligent service ayant pris du galon) Blake ne joue qu’un rôle assez minime ici. Je ne suis pas un spécialiste de Schuiten et de ses « Cités obscures » (j’ai seulement un très bon souvenir de "la fièvre d’Urbicande" ) mais j’ai vraiment apprécié son style de dessin hachuré appliqué aux héros imaginés par Jacobs. D’ailleurs, je n’ai de cesse d’admirer les cases dans le format à l’italienne (8000 exemplaires) qui rend parfaitement hommage à son travail, et j’attends donc avec impatience l’édition en noir et blanc prévue en fin d’année. Collectionneur dans l’âme, je n’ai pas résisté non plus à l’achat de l’édition canalbd, limitée à 2000 exemplaires. Il faut souligner le travail remarquable de Laurent Durieux sur les couleurs qui sont plus que réussies sur cet album. C’est d’ailleurs ce qui frappe, outre de dessin, dans cet opus : la qualité des couleurs ! Si graphiquement l’ouvrage dépasse mes attentes, le scénario est plus proche de l’univers des «Cités obscures» que de celui de Jacobs, à mon avis, même si, parait-il que le créateur de Blake et Mortimer avait songé à une aventure se déroulant au palais de justice de Bruxelles. Schuiten se paye même le luxe de placer sa fameuse locomotive "12, la douce" dans cet album. Avec ces rayonnements mystérieux menaçants la survie de l’univers, Schuiten, Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig nous entraînent dans une aventure qui oscille sans cesse entre ésotérisme et fantastique, le tout en faisant le lien avec « Le Mystère de la Grande Pyramide ». Bref je pense qu’EP Jacobs n’aurait pas renié complétement ce scénario. Certes, on s’éloigne parfois des codes jacobiens comme l’épisode de Mortimer en parachute, Mortimer avec un chien et enfin l’éloignement de Blake et Mortimer, vivant à présent leur vie bien séparément et ayant parfois des dialogues à fleuret moucheté, mais dans l’ensemble, le récit tient en haleine le lecteur. Depuis l’achat de cet album, je l’ai lu deux fois, dont l’une dans le format à l’italienne qui est un régal pour les yeux. Grand admirateur de Blake et Mortimer canal historique, je suis séduit par ce one shot de Schuiten qui signe là le dernier album de sa longue carrière, et qui ne trahit en rien l’esprit de Jacobs, bref une réussite. Monsieur Schuiten tire sa révérence avec un excellent album.

03/06/2019 (modifier)
Par Salèn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 7 Seeds
7 Seeds

La plupart des auteurs de mangas réputés n’ont qu’un seul chef d’œuvre dans leur carrière, l’histoire qui est vue comme étant la meilleure de leur travail. Yumi Tamura peut de son côté se targuer d’en avoir deux. Après la fin de son autre succès Basara, l’autrice passe quelques années à produire des histoires courtes, dont Chicago, une histoire en 2 tomes. En 2002, 7 Seeds a commencé à être publiée dans le Betsucomi (de Shogakukan), avant de passer dans le magazine Flowers quelques mois plus tard ; la publication de la série s’est achevée en 2017 et est compilée en 35 tomes plus un tome bonus sorti en janvier 2018 au Japon. Si vous n’avez pas aimé Basara, vous pouvez quand même tenter de lire cette série, car elles n'ont aucun rapport entre elles, certaines personnes n’ayant pas aimé Basara adorent 7 Seeds et inversement ; ici il s'agit un survival-horror dans un monde post-apocalyptique où la civilisation a disparu. Dans les premiers tomes nous sont présentés les différentes équipes (au nombre de cinq), qui se réveillent de leur cryogénisation pour faire face au nouveau monde habitable (ou presque habitable). Mais les équipes ne sont pas réveillées en même temps, certaines le sont trois ans ou même quinze ans avant les autres, et la cryogénisation ne se passe pas bien pour tout le monde ; certains personnages restent dans le coma alors que d’autres n’ont simplement pas survécu au processus. Par exemple on ne sait même pas si Arashi et Hana se sont réveillés à la même époque ; si ce n’est pas le cas cela pourrait donner des moments déchirants par la suite. Un travail colossal est effectué sur la psychologie des différents personnages et leur manière d’appréhender ce nouveau monde, et le scénario en lui-même est très mystérieux et ambitieux. A la lecture du tome 1 on ne sait pas vraiment vers quoi l’histoire se dirige, et c’est appréciable, cela change des récits qui nous offre toute l’intrigue sur un plateau dès le début. Il y a également des moments surprenants, effrayants, des morts, des larmes. Trois flashbacks parsèment les 10 premiers tomes de la série et ils sont tous très tristes, préparez vous à verser des larmes. 7 Seeds est une aventure colossale qui vous prend aux tripes et vous écrase par sa grandeur. On peut presque sentir le monde meurtri grondant à travers les pages. Concernant la publication en France, elle est chaotique : Pika a publié les 10 premiers tomes entre 2008 et fin 2010, sans faire la moindre publicité, puis a mis la publication en sommeil pendant des mois avant d’annoncer l’arrêt de publication de la série en mai 2012, rendant les lecteurs de la série très mécontents. Honteux de la part d’un éditeur qui possède des mastodontes du marché comme Fairy Tail et qui avait donc largement les moyens de poursuivre une série aux ventes pas assez élevées à leur goût. De plus même si la traduction est bonne, le reste de l’édition de la série est exécrable, avec un papier de mauvaise qualité très fin et qui jaunit à la vitesse de l’éclair. L’autre erreur de l’éditeur a été de travestir la série en seinen alors qu’il s’agit d’un shojo, soit-disant pour augmenter les ventes, mais cela n’a contribué qu’à rendre la série invisible en librairie (et perpétuer le cliché selon lequel les shojos parlent uniquement d’amour ou d’histoires de lycéens). De son côté au Japon la série a eu un grand succès et s’est terminée avec 35 tomes plus un tome bonus contenant des histoires annexes (mais si vous connaissez Yumi Tamura, vous savez que ses histoires annexes ne sont jamais du remplissage et sont d’aussi bonne qualité que l’histoire principale). La série est de nouveau dans l’actualité car une adaptation animée du manga va sortir sur Netflix le 28 Juin 2019. Espérons que cette adaptation donne envie à un éditeur français de reprendre la série, et d’enfin lui réserver le traitement qu’elle mérite. En tout cas, si vous tombez par hasard sur ces dix tomes, prenez-les et lisez-les, vous ne le regretterez pas. Ils forment en fait une introduction à la série en présentant les vies, les psychologies et les drames de ceux qui seront les différents acteurs de l’histoire. C’est une expérience qu’il faut vivre, même si elle est incomplète dans nos contrées.

02/06/2019 (modifier)