Les derniers avis (9602 avis)

Couverture de la série Macaroni !
Macaroni !

Pas si courant en bd, le scénario est très bien construit, équilibré... Je dirais mature. Ce qui trouve son explication d'ailleurs par le petit texte en fin de bd, qui comporte un historique de la décantation du scénario. En général je ne suis pas un grand fana des textes "explicatifs" sur la construction du projet en fin bd, dans ce cas précis c'est particulièrement intéressant. Un dessin et une colorisation qui construisent l'histoire à merveille. Vivement recommandé.

05/01/2019 (modifier)
Couverture de la série Les Guerres silencieuses
Les Guerres silencieuses

J’ai beaucoup aimé cette lecture, sorte de mise en abîme dans laquelle l’auteur se met autant en scène qu’il illustre le service militaire de son père. Cette structure originale apporte une thématique supplémentaire à l’album puisqu’outre l’aspect historique, celui-ci traite finalement et également de l’angoisse de l’écrivain… et permet de comparer deux époques, l’une durant laquelle on n’avait pas vraiment l’occasion de se poser des questions et l’autre durant laquelle on finit par douter de tout. Enfin, le lecteur un tant soit peu attentif ne manquera pas de remarquer tout le travail de construction réalisé par Jaime Martin au cours de la réalisation de cet album. Ce dernier n’hésite pas à montrer les modifications qu’il apporte au récit suite à ses interrogations face à l’intérêt de la seule évocation du service militaire de son père. Rien que pour cet aspect, cet album est déjà intéressant… mais cet aspect seul ne justifie pas bien entendu l’épaisseur de l’objet. Car le coeur même du récit, c’est son champ historique avec l’évocation d’une guerre moderne oubliée. Ce récit est vivant, touchant par bien des aspects, édifiants par d’autres. Il montre tout le décalage qui peut exister entre une situation réelle et la manière dont les faits sont relayés que ce soit dans les médias ou au travers de nos cours d’histoire. Vient ensuite la relation père-fils. Une relation que j’ai senti évoluer au fil du récit. Au début, Jaime Martin semble prendre ce sujet de bd (le service militaire de son père, donc) en désespoir de cause, craignant de tomber sur une histoire sans intérêt. Mais, au fil des pages, j’ai senti son regard se changer, comme s’il découvrait un tout autre père que celui qu’il connaissait. En nait une forme de respect mais aussi une source de questionnements et un motif au dialogue. Et alors que son père semblait profondément le saouler en début de récit, Jaime Martin recherchera de plus en plus son contact au fil du récit. Enfin, le dessin, très propre, très lisible de Jaime Martin assure une lecture aisée et immersive. L’apport de photographies ancre encore un peu plus ce récit dans la réalité. A ma première lecture, je m’étais contenté d’un « pas mal ». Une récente relecture m’incite à pousser un cran de plus.

20/11/2013 (MAJ le 02/01/2019) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fêtes Himalayennes - Les derniers Kalash
Fêtes Himalayennes - Les derniers Kalash

Cet album, publié à l’occasion de l’exposition « Fêtes Himalayennes, les derniers Kalash » présentée au musée des Confluences à Lyon, raconte les multiples séjours de 2 ethnologues et 1 photographe français chez ce peuple méconnu dans les années 70 et 80. Les trois mille derniers Kalash de l'Himalaya tentent de préserver leur culture et leurs traditions ancestrales, menacées par l'islamisation de la société́ et le monde moderne. On y découvre un peuple simple, souvent illettré, dont la vie est rythmée par les récoltes, l’élevage, et surtout les multiples croyances et célébrations païennes qui ponctuent le calendrier. Il est fascinant d’y retrouver des similarités avec nos célébrations de Noël (les vraies, avant que les chrétiens ne décalent la date de naissance de Jésus pour coïncider avec le solstice d’hiver), la signification originale des cadeaux, de la bouffe, des lumières sur le sapin etc. A noter que l’adage « c’était mieux avant » montre ici ses limites. On retrouve avec fascination (mais aussi un peu de dégout) des traditions quand même bien arriérées (ségrégations des femmes, considérées impures, sacrifice de pauvres bêtes pour apaiser les dieux, chasses aux sorcières). Nos 3 aventuriers ne jugent pas (ou peu) pour autant, et font de leur mieux pour s’intégrer et apprendre la langue et les traditions indigènes. La mise en image d’Hubert Maury (auteur de l’excellent Le Pays des Purs, dans un genre similaire et toujours chez La Boîte à Bulles) est exemplaire. Le dessin est maitrisé et lisible, et agrémenté de superbe photographies et dessins fournis par l’équipe originale (Jean-Yves Loude, Viviane Lièvre et Hervé Nègre), un peu dans le style de la référence du genre photo-dessiné : Le Photographe. Les photos sont superbes, souvent en couleurs, et ajoutent vraiment une dimension émotionnelle au récit (je pense notamment aux portraits magnifiques). Un album fascinant.

02/01/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nana
Nana

Que dire sur ce manga ... Pris d'une impulsion, je me suis procuré l'intégralité des 21 tomes parus à ce jour, et je me les suis dévoré comme des bonbons, mais à petite dose. Je n'ai pas pu les engloutir comme j'aurais voulu. Trop dense, trop d'émotions. Mais j'ai finalement lu jusqu'au bout le dernier tome. Et je suis maintenant comme toutes ces personnes qui attendant depuis dix ans la sortie hypothétique d'une suite. Nana, c'est le manga Shojo par excellence. Et ce genre étant autant connoté, il est assez ardu d'arriver à passer outre les préjugés qu'on accorde aux œuvres s'y rattachant. Mais là, je suis désolé, il n'est pas possible de juger Nana simplement comme un Shojo. Même en considérant qu'il est le meilleur, ce que j'ai déjà entendu plusieurs fois. Non, Nana est bien plus que simplement le meilleur de son genre, si tant est que ce qualificatif n'est pas un poncif usé. Nana est un manga particulièrement excellent, avant tout. Je n'ai pas de souvenir d'avoir lu un autre manga qui m'ait fait pleurer au tome 8 et qui m'a pris ensuite aux tripes. J'ai dévoré l'histoire comme jamais, et pour la première fois j'ai découvert une BD où absolument tous les personnages m'ont plu. Je ne pensais pas dire ça au début, mais chacun des personnages principaux de ce manga est passionnant à suivre, avec tous ses travers et sa vie intime. C'est tout le cœur de l'histoire, entre les personnages et leurs relations. Bien campés, sensibles et humains, on est loin des clichés du genre romantique. Niveau dessin, il faut aimer le style de la dessinatrice, mais une fois qu'on s'y habitue elle sait nous prendre par les sentiments quand il le faut. Le dessin arrive à poser des ambiances noires et sombres, mais aussi légères et amusantes. C'est bien foutu d'un bout à l'autre (et je note que la dessinatrice a un excellent dessin dès le premier tome), et j'ai adoré les derniers tomes et leur ambiance noire. Un régal. Mais surtout, surtout, qu'est-ce que c'est beau ! Je ne saurais dire comment c'est possible, mais l'auteure à réussi à nous faire une histoire d'amour entre deux filles sans qu'on ne puisse parler d'histoire d'amour. Je ne sais ce que c'est, mais il y a entre les deux Nana une alchimie qui se noue et cimente toute l'histoire. Rien que cette histoire d'amitié/amour/fraternité vaut tout le manga. C'est le cœur de toute l'histoire, mais aussi une relation des plus sincères que j'ai lues en manga. Et curieusement réaliste, aussi. Ce manga m'a touché, m'a ému, m'a fait pleurer et m'a suffisamment plu pour que je crois moi aussi que ce manga sera fini un jour. Car une telle histoire ne peut rester inachevée ainsi. Et même si dix ans ont passé sans nouvelle, je continue de penser qu'il y aura une fin. Je l'espère de tout mon coeur.

29/12/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigu des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme ! En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courts récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants. A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance. Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes. *** tome 3 *** Et bien voilà ! L'attente fût longue mais en valait vraiment la peine ! Quelle claque encore mes amis ! Avec ce troisième tome "Le Grand Homme", Hubert et Gatignol confortent pour ma part l'immense talent qui est le leur. Construit sur le même principe que les deux tomes précédents en alternant des chapitres de planches introduits par quelques pages de texte à la façon d'un conte, ils nous emmènent cette fois sur traces de Lours, un personnage qui n'a pas été sans me rappeler sans trop savoir pourquoi le Grands-Pas du Seigneur des Anneaux. Coutelier itinérant à la tête d'un groupe de résistants, il s'impose par son abnégation et son sens de la stratégie. La chute de la dynastie des Ogres va bouleverser tout ce petit univers et obliger Lours à faire face aux démons de son passé et soumettre sa résilience à rude épreuve. J'ai littéralement été happé par cet album qui monte progressivement en puissance. A chaque chapitre l'intrigue révèle un nouveau pan de l'histoire qui prend une profondeur impressionnante et d'une rare richesse. Wow !!! Quel background ! Quelle claque ! Bertrand Gatignol est quant à lui au dessin de plus en plus à l'aise avec cet univers et nous régale de planches toujours aussi sublimes dans un noir et blanc d'une rare élégance. Voilà un duo qui maîtrise parfaitement son sujet et nous régale d'un troisième album des plus aboutit ! Une cinquième étoile des plus méritée ! Bravo messieurs ! (Et vivement la suite !!!)

07/11/2016 (MAJ le 10/12/2018) (modifier)
Couverture de la série Un monde en pièces
Un monde en pièces

J’ai eu du mal au début à entrer dans cette histoire. La faute à un dessin, usant uniquement d’un Noir et Blanc très tranché, jouant sur les ombres, et imposant d’entrée une ambiance très froide à cette histoire. Qui elle aussi ne se laisse pas apprivoiser facilement, le départ m’a paru un chouia obscur. Mais si vous avez le même ressenti que moi, je vous encourage vraiment à passer outre vos réticences, car cela en vaut la peine. Un peu pour l’histoire. Mais celle-ci n’est pas forcément des plus originales, avec cette société sclérosée, parfois étouffante, dans laquelle les libertés sont menacées. Mais un grain de sable vient gripper la machine… Du déjà vu donc, mais le traitement fait plus que dynamiser le canevas de départ. D’abord le dessin d’Ulysse Gry, dont j’avais dit qu’il pouvait dérouter. Il se révèle rapidement très beau et surtout idéal pour habiller cette histoire. Car Gaspard Gry a choisi de traiter son thriller uniquement au travers du jeu d’échecs. Ainsi les noms des personnages font références à des emplacements sur l’échiquier, des Grands Maîtres irriguent de leurs citations les aventures, de nombreux jeux de mots font des clins d’œil à ce jeu et tous les personnages sont des pièces du jeu d’échecs. Tous sauf les « dames », jouant le rôle d’immigrées (elles viennent d’un « autre plateau »), rejetées par la société, boucs émissaires (avec les pions, sacrifiés par le jeu politique des leaders). Vous l’avez compris, le scénario fait de nombreux emprunts à l’actualité, aux questions de société, tout en gardant le tout centré sur les échecs. Je précise qu’il n’est pas nécessaire d’être un GMI pour apprécier cette histoire ! Mais je reconnais tout de même que pour l’apprécier entièrement (à la fois comprendre certaines allusions, et aussi mesurer le tour de force du récit), c’est quand même préférable d’avoir quelques notions de ce jeu, de ses règles et de son vocabulaire. On a en tous les cas ici une œuvre très originale, que je vous encourage à découvrir !

09/12/2018 (modifier)
Couverture de la série S'enfuir
S'enfuir

Après avoir pris note des différents avis sur le manque de rythme de cet album, c'est avec tout de même une certaine réserve que je démarre sa lecture. Et bien non, encore une fois, Mr Delisle est tout juste. Ce récit est aussi captivant que si vous aviez effectivement rencontré le héros. Qu'il ne vous épargnait rien de cette aventure immobile mais tellement hors norme. On y voit tant de choses inhabituelles entre l'inhumanité de cet enfermement, l'émerveillement du héros sur le moindre événement comme un enfant qui expérimente ses premières fois, l'humour rageur entremêlé de désespoir et de doutes. Et malgré ce cocktail détonnant, l'ensemble reste équilibré dans la narration. Plongez dedans, c'est un beau récit d'aventure humaine.

08/12/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Secret de Zara
Le Secret de Zara

Oh, un Benjamin Flao ! Pour la jeunesse ? Qu'à cela ne tienne ! Surtout avec un Fred Bernard au scénario, voilà de quoi éveiller ma curiosité de sale gosse ! Et c'est du tout bon ! Quelle fraicheur dans cet album, quelle énergie ! Que ce soit cette petite Zara que rien n'arrête dans son élan créateur ou le graphisme de Genjamin Flao, un vrai feu d'artifice ! Zara, très jeune demoiselle a les meilleurs parents du monde : ils tiennent un magasin de matériel pour artistes ! Quoi de mieux quand on adorrree dessiner et peinturlurer, surtout quand ça déborde ! Mais bon voilà, les bêtises créatrices et envahissantes de la miss font tourner ses parents en bouriques. Seule solution, remiser les pots de peinture sur des étagères hors de portée, en attendant qu'un semblant d'âge de raison prenne le pas sur cette imagination débordante... Mais bien sûr notre artiste en herbe ne l'entend pas de cette oreille... C'est frais, pétillant, une vraie ode à la créativité et à l'imagination, le tout servi par un dessin magnifique dont a le secret Benjamin Flao. Seul (gros) regret, que cette BD de seulement 24 pages (et oui, un court album jeunesse) ne soit pas plus longue pour nous entrainer dans l'imagination débridée de cette petite Zara.

05/12/2018 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Au départ, j'avoue que je n'étais pas spécialement attiré. Les dessins sont sympathiques mais pas exceptionnels, l'histoire ne me paraissait pas incroyablement originale, bref, je préférais m'orienter vers d'autres titres. Et puis, à force de voir les albums exposés partout, je me suis laissé tenter. Et j'ai eu bien raison. Les aventures de ces papys ronchons et désabusés sont étonnamment rafraîchissantes, et je me suis plusieurs fois franchement fendu la poire. Le premier tome est vraiment génial. Si l'histoire se concentre sur un personnage (Antoine), le développement des autres protagonistes n'est absolument pas bâclé, et tous sont incroyablement attachants. J'ai véritablement dévoré ce tome et me suis donc logiquement pressé pour lire les autres. Je n'ai pas été déçu non plus. Si le tome 1 reste, à mon goût, le meilleur, les tomes 2 et 3, qui se concentrent chacun sur un personnage différent (Antoine pour le tome 1, Pierre pour le tome 2 et Mimile pour le tome 3), utilisent la même recette, et ça marche : une bonne dose d'humour, teintée d'une critique de la société et d'aspects plus personnels de la vie de nos héros. J'appréhendais le tome 4 (le fait que la bd ne porte pas sur un des personnages principaux comme c'était le cas pour les albums précédents me laissait craindre un scénario moins prenant), et j'ai été agréablement surpris : l'esprit de la bd est intact, et j'ai encore passé un bon moment à la lire. Cet album ne se focalise pus sur un de nos trois héros, mas sur l’héroïne, Sophie, et le résultat est très appréciable. Enfin, le 5e tome change encore de type de narration et tente de donner aux quatre héros une couverture identique, alors même qu'ils ne sont pas ensemble. Ca marche à peu près, même si le résultat est que certains personnages ont la part belle (Antoine ou Mimile) quand d'autres sont plus anecdotiques, comme Sophie qui avait pourtant une place de choix dans les précédents opus. Mais l'essentiel reste là : on rigole, on sourit, on se prend d'affection pour tout ce joli monde. Encore un album réussi. J'avoue avoir préféré les tomes 1, 2 et 3 aux deux derniers, mais je ne dirais pas que la série se dégrade. Elle évolue et a su garder son identité et sa fraicheur intacts. Une série à lire.

04/02/2018 (MAJ le 04/12/2018) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chroniques du Léopard
Chroniques du Léopard

Les Chroniques du Léopard, c'est l'histoire de deux lycéens sur l'île de la Réunion en pleine seconde guerre mondiale. Là-bas, le conflit est bien lointain et ressenti uniquement par le biais du pouvoir en place, fidèle au régime de Vichy. Les deux héros sont pensionnaires dans un lycée assez élitiste et strict. Entre la rébellion face à l'autorité lycéenne et le désir de résistance contre la collaboration, c'est le terreau idéal pour ces deux adolescents romantiques et désireux de s'engager. Il y a de tout dans cet album : aventures lycéennes, guerre et résistance en toile de fond, décor et culture exotique, amourettes adolescentes, et poésie aussi. C'est un récit beau, très rapidement prenant et offrant un cadre original et très intéressant. Le dessin m'a également beaucoup plu. Ayant lu l'album sans regarder les auteurs au préalable, je n'ai pas su reconnaître son style, croyant y voir un trait parfois proche de celui de Feroumont (Le Royaume) et parfois proche de celui de Zep dans sa veine plus réaliste, et notamment dans les choix de colorisation également. On est assez éloigné du style d'ordinaire humoristique de Tehem. J'ai accroché à cette lecture du début à la fin. J'y ai découvert la mixité des peuples et des décors de la Réunion. J'y ai découvert la situation politique et sociale complexe dans cette époque de guerre lointaine et alors que l'île était à quelques ans de passer du statut de colonie à celui de département. J'y ai découvert le quotidien des lycéens réunionnais dans un établissement où ils ont côtoyé de futurs noms célèbres tels que Jacques Vergés et Raymond Barre. J'y ai découvert un soupçon de l'ambiance du Cercle des Poètes Disparus. Et j'y ai découvert enfin l'amitié entre les deux héros, leur désir d'aventure et leurs quelques folles escapades culminant par les péripéties nettement plus sérieuses du dernier chapitre de l'album. Un très chouette album que je conseille sans hésiter !

30/11/2018 (modifier)