Winter Road (Roughneck)

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Ancien hockeyeur connu pour ses excès de violence, Derek Ouelette part s'isoler au beau milieu des bois afin d'échapper à la prison et d'aider sa sœur à se sevrer. Un roman graphique intimiste et introspectif.


Auteurs Canadiens Canada Le Hockey

Pimitamon est une petite ville de l'Ontario au Canada. Derek Ouelette boit tranquillement un verre dans l'un des bars du coin lorsque deux types viennent le voir. Ils ont reconnu l'ancien joueur de hockey sur glace dont la carrière fut brutalement arrêtée en raison de ses excès de violence. Venus le saluer mais aussi le taquiner, les deux hommes sont maladroits. Derek, taciturne, répond très vite à leurs provocations par des coups. S'il peut craindre la cellule avec le casier judiciaire qu'il se trimbale, Derek peut néanmoins compter sur l'aide de Ray, son ami policier. L'ancien hockeyeur a repris depuis quelques temps le restaurant de sa défunte mère et loge dans une salle de la patinoire locale grâce à Al, un vieil ami. Le quotidien passe et les déboires sont toujours les mêmes pour Derek, jusqu'au jour où sa petite sœur Beth réapparaît. Partie à Toronto il y a quelques années, elle revient avec des marques de coups sur le corps et une addiction sévère aux drogues. À peine est-elle revenue qu'elle a de nouveau consommé des stupéfiants. Derek, de colère, fonce voir les deux dealers du coin et leur rentre dedans. Le temps que cela se tasse, Al propose à Beth et son frère de passer quelques semaines dans une maison isolée située dans les bois...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Septembre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Winter Road
Les notes (4)
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30/12/2016 | Erik
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Wéééééééééééééééééééé !!!!!!!!!!!!!!!! Ça y est ! Ce coup-ci, Jeff Lemire me l’a vraiment mis dans les dents !!! Bon, après cet emballement, je me calme et m’explique. Ça fait quelques temps que je suis le travail de Jeff Lemire, trouvant ses différents projets intéressants, intrigants, engageants. Seulement, voilà, rarement j’ai eu le sentiment que la promesse avait été tenue. Mais j’y retourne à chaque fois… Sa narration, son dessin… rahhh, il y a une fragilité, une fêlure, une humanité qui m’interpellent. Et puis, à un moment, je me dis : « mais pourquoi il fait ça ? Pourquoi ça part en couille ? Pourquoi ça devient tout mou ? » Et bien, avec Winter Road, c’est jamais devenu tout mou. Et le final de l’album ! Le final, Jésus, Marie, Joseph, le bœuf, l’âne, les moutons, l’encens, les centwafers… tout ce que vous voulez !!! Ce final !! Hein ? Quoi ? Ça fait vachement penser à un film célèbre ? Oui, je sais… mais je m’en fous parce que ce final est parfait pour ces personnages ! Parce que Winter Road, c’est avant tout une histoire humaine, avec deux personnages brisés, qui vont se reconstruire en s’appuyant sur l’autre. Les silences sont nombreux et c’est tant mieux car ces personnages expriment bien plus en ne disant rien ! Rahhh, j’aime ces grandes gueules fêlées ! C’est classique, déjà-vu… mais chez moi, ça marche à tous les coups. Et puis, il y a le décor aussi. Ce bled paumé du Canada, cette cabane isolée en pleine forêt, ces scènes de hockey sur glace. L’auteur est dans son élément et ça se sent ! La progression dramatique est parfaite à mes yeux. Les personnages se révèlent au détour de flash-backs (avec une utilisation intelligente de la couleur) tandis que le drame approche, petit à petit mais inexorablement. Et puis, il y a ce final ! Putain de final !!

19/11/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un one-shot qui se laisse lire à défaut d'être mémorable. L'histoire tourne autour d'un type alcoolique, violent et auto-destructeur qui voit sa sœur junkie débarquer un jour. J'ai bien aimé l'atmosphère de petit village canadien qui se dégage de l'album et l'auteur a assez de talent pour me faire lire un long album sans que je m'ennuie vraiment, mais à vrai dire je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions durant la lecture de cet album. L'histoire de Derek et de sa sœur ne m'a pas touché et je me foutais de leurs malheurs. Le dessin n'est pas mauvais. Je pense que cela va plaire à d'autres lecteurs que moi.

11/02/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Contrairement à ce que le titre laisserait supposer, « Winter Road » n’a rien d’un « road trip ». Cette « route d’hiver », ici, serait plutôt une métaphore sur la difficulté d’avancer quand tout semble se liguer contre vous. Et c’est bien ce qui arrive à ces personnages, le frère et la sœur, qui semblent tous deux avoir été marqués au fer rouge par une enfance sous la tyrannie d’un père alcoolique et adepte de la violence conjugale. Après une longue séparation, les retrouvailles de ces demi-orphelins (leur mère est morte sous leurs yeux dans un accident en voulant fuir son mari), marginaux et estropiés par la vie (lui alcoolo et irritable, elle, junkie et subissant la violence de son compagnon), vont provoquer une sorte de déclic, leur faisant prendre conscience qu’il est temps pour eux d’en finir avec cette malédiction familiale et de mettre un peu d’ordre dans leur vie. Comme par un étrange jeu de miroirs dans un cadre naturel, loin du tumulte des humains, c’est en quelque sorte en retournant vers leurs « racines » que ces descendants d’Indiens vont expérimenter cette quête intérieure. Pour la sœur de Derek, la confrontation avec le père sera le déclencheur. Une scène forte où elle le met face à sa lâcheté par des paroles bien senties, lui, ce père looser devenu simple employé dans une scierie du coin, cachant sa peur sous sa morgue de vieux macho fatigué. Cette histoire humaine et sans fioritures est extrêmement fluide d’un point de vue narratif. Il faut dire que Derek, le personnage central, est à classer dans les taiseux et ne donne guère lieu à des discussions philosophiques. L’intérêt se situe plutôt dans la profondeur psychologique des protagonistes et le dessin aux atours âpres, davantage caractérisé par le cadrage que par une abondance inutile de détails. Et comme évidemment cela se passe en hiver, les couleurs ne sont présentes que dans les souvenirs des protagonistes, ou lorsqu’il s’agit d’évoquer le sang. Car de la bagarre, il y en a, même si ce n’est pas le sujet central, mais après tout, « "Winter Road" is indeed a history of violence ». Jeff Lemire nous propose ici un roman graphique de bonne tenue, sans prétention et avec des personnages attachants. A travers ce récit, l’auteur tente de comprendre la cause de ces vies brisées dans nos sociétés dites civilisées, avec en filigrane l’importance des racines et d’une transmission sociale harmonieuse.

12/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Près de 270 pages pour une histoire fort simple. Encore une fois, l'auteur a tout misé sur la mise en scène assez cinématographique avec de grands cases et des plans larges. Le décors sera celui d'un petit village enneigé de l'Ontario où une ancienne gloire du hockey est venu se perdre dans tous les sens du terme. C'était sans compter la venue de sa junkie de soeur pour mettre un peu de piment à une existence bien morne entre deux cuvées dans le bar local ou une bagarre avec des gamins car notre héros est particulièrement violent. Vous aurez compris que ce n'est guère ma tasse de thé. Mais bon, les alcooliques et les junkies semblent faire recette dans le roman graphique. On n'y échappe pas. Sinon, c'est bien dessinée et le travail est tout à fait honnête. Cela se lit assez bien. Cependant, au ressortir de cette lecture, je n'ai guère été marqué par la grâce divine. Comme dit la célèbre tirade, winter is coming ! Certes mais by the road.

30/12/2016 (modifier)