Berserk

Note: 4/5
(4/5 pour 23 avis)

Vie et vengeance d'un Berserk, guerrier légendaire animé par la seule fureur qui "foule de sa sandale les tombeaux des rois..." Monstres gigantesques, démons cannibales, villes en flammes, compagnons mystérieux et combats démentiels, voici le quotidien de Guts, le Chevalier Noir.


Baston Dark Fantasy Glénat Hakusensha Le meilleur du Manga Manga : 1996/97, l'explosion Seinen

Guts est le Berserk, un chevalier noir presque invincible qui lutte contre les démons qui lui ont volé son humanité. Armé d'une épée plus grande que lui et d'un bras mécanique qui fait aussi bien arbalète que canon portatif (comme Cobra), il parcours la lande inculte et désolée à la poursuite des "Cinq de la main de Dieu", les 5 démons qui depuis toujours sont responsables du mal dans l'histoire de l'humanité. Guts fait très vite la rencontre de Puck, un elfe des bois minuscule qui va dès lors se cramponner aux basques du Berserk, qui n'a pas la compagnie facile. Puck tente de comprendre peu à peu le passé et les motivations de cet homme cruel et sans coeur. Guts est lié à la "marque du démon", un symbole gravé dans la chair de son cou qui ne peut cicatriser et qui attire à lui tous les démons. Sa vie n'est plus qu'une lutte permanente contre les monstres. Trop tôt pour le dire...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 1996
Statut histoire Série en cours (40 tomes au Japon, série en cours) 40 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Berserk
Les notes (23)
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L'avatar du posteur Le Grand A

Une chose est sûre, Berserk n’a pas usurpé sa réputation de Saint-Graal de la dark fantasy. Les autres séries ont des allures d’Au pays de Candy en comparaison avec les atrocités se déroulant dans le Midland de Berserk. Comme cela a été mainte fois répété, mais je vais m’y mettre moi aussi, l’œuvre exutoire de Kentaro Miura raconte grosso modo l’histoire de Guts, un mercenaire hanté par des monstres cauchemardesques et autres créatures démoniaques qui tentent presque chaque nuit de le bouffer ou le buter, et ceci à cause d’une marque maudite sur sa nuque. Comment a-t-il reçu ce stigmate ? Pourquoi ? Quelle est sa quête ? C’est ce que l’on découvre progressivement, lentement et de manière posé durant on va dire la première moitié de la série. Il y a énormément à dire sur la série, aussi j’essaierai d’aller à l’essentiel de ce que j’en ai retenu. Berserk est une façon d’explorée toute la noirceur de l’âme humaine à travers deux personnages antagonistes : Guts et Griffith. Griffith c’est le gars qui a toutes les apparences du héros de conte de fée, la vie facile et un talent naturel pour attirer les autres à sa cause, avec son charmant physique androgyne il est aimé et désiré aussi bien par la gente masculine que féminine ce qui renforce son côté unificateur. D’une certaine façon il est presque une sorte de prophète ou de Jésus Christ réincarné et c’est le visage que l’auteur nous montre de lui pendant une longue partie de l’intrigue. Mais sous le voile des apparences il y a un monstre tapis sous ce personnage dévoré par l’ambition et qui est prêt à tout les sacrifices pour arrivé à ses fins. Guts représente l’inverse, il a le corps scarifié, homme solitaire et plutôt inabordable, sans trop en révéler sur son passé on peut facilement dire qu’il en a bavé et qu’il a eu une jeunesse des plus merdique. Seulement ce n’est pas un type qui fait dans les faux-semblant, il vous emmerde et le monde entier avec lui, et lorsque tout le monde se met à genoux quand les ténèbres surgissent, lui se tient debout et n’a pas peur d’aller à la charcute. Là où Griffith cherche à changer le monde avec ses fausses utopies génocidaires, Guts se montre sans concession et c’est en cela qu’il est le plus susceptible d’atteindre l’illumination. Berserk n’est donc pas juste une histoire mettant en scène un personnage ultra bourrin, il y a un vrai propos derrière toute cette violence. Tout cela n’a pas bien l’air folichon mais raconté sur une dizaine de tomes (l’arc Golden Age), on finit par s’attacher aux personnages et la tragédie de fin de cycle apparaît d’autant plus cruelle alors. Une violence totalement décomplexée et exacerbée par le trait de Kentaro Miura qui place Berserk à la croisée des chemins de l’horreur et de la dark fantasy. Des batailles où on ne nous épargne rien des tripes à l’air et des giclées de sang à gros bouillon, le viol, l’infanticide, inceste, torture de l’inquisition chrétienne, aucune censure ou si peu, juste ce qu’il faut pour ne pas basculer dans le hentaï à tentacule car souvent (tout le temps ? ) c’est vraiment dégueulasse. Mais il aura fallu du temps à l'auteur pour enfin trouver sa vitesse de croisière et proposer sur la durée des compositions d’un réalisme effroyable. J’entends et je rejoins (en partie) les critiques des lecteurs sur les graphismes des premiers tomes qui ne sont pas super beaux ni bien conté il faut bien le confesser. C’est surtout dommage pour la série car on sait bien l’importance d’accrocher le lecteur dès le début. Surtout que l’on est bombardé dans cet univers froid sans tour de chauffe, bien que cela puisse s’expliquer par le rythme de publication différent au Japon et de l’importance d’aller directement à l’essentiel au début. Il faut bien attendre les tomes 4-5 pour que le dessin se stabilise sur quelques choses de très correct. Mais à mes yeux on commence vraiment à atteindre les sommets à peu prêt vers les tomes 9-10. Et le truc le plus dingue c’est que la qualité ne cesse de s’améliorer depuis. Toutes ces créatures tour à tour grotesques et gigantesques, ces plans sur la folie du berserk en action sorties de l’imagination de Kentaro Miura sont un nectar de perversité. Perversité dans son sens propre : une attirance, un plaisir presque coupable de regarder quelque chose de malsain. C’est juste génial. On regrettera par conséquent les défauts qui empêchent à mon sens Berserk de figurer comme roi incontesté et incontestable de la dark fantasy : - Le dessin je l’ai déjà mentionné qui tarde trop à se sublimer. Trois tomes sur trente-huit actuellement ce n’est pas énorme et loin d’être insurmontable certains rétorqueront, mais l’air de rien cela compte. Après je l’ai dit c’est divin. - Il est peut être temps aussi que la série se termine non ? Cela commence à faire long et je suis comme tout le monde, j’ai adoré le cycle Golden Age, à peu près du tome 4 au tome 15, un flashback qui revient sur la jeunesse de Guts et son parcours au sein de la compagnie des Faucons. Cycle expliquant le pourquoi du comment et tous les traumas du personnage. J’ai également adoré le cycle de l’inquisition qui va du tome 18 à 20 à peu près qui se boucle sur quelque chose d’apocalyptiquement barbare et sanglant. Après, je n’ai rien contre la suite qui est de bonne facture : il y a une évolution, même si l’ambiance demeure dark fantasy, petit à petit on se rapproche de la high fantasy. Guts formant peu à peu un cercle de compagnon l’aidant dans son combat. Ce changement ne me dérange pas trop (hormis l’humour qui devient lourdingue), déjà que le cycle Golden Age tendait vers l’heroic fantasy… Mais… je ne sais pas, j’ai cette impression qu’on commence sérieusement à tirer en longueur et qu’il est grand temps de boucler la boucle (d’autant plus qu’on pourrait très bien se passer de certains pans de la série) . Casca finira t-elle par enfin retrouver la raison ? (après le 1000ème viol on commence à se lasser). A quand l’ultime rencontre entre Guts et les God Hands et Griffith ? Vite ça urge ! (mais j’apprends qu’on en a encore pour 30 ans paraît-il. Aaaargh!) PS : une nouvelle adaptation animée est en cours. C’est le moment de se mettre à jour pour ceux qui ne connaissent pas encore le guerrier noir.

24/09/2016 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Sublime série de dark fantasy dans laquelle scénario et dessin sont virtuoses. Je déplore seulement la baisse flagrante de qualité depuis un trop grand nombre de volumes alors que jusqu'à présent on avait affaire à un chef d'oeuvre. Le public cible a clairement changé et l'univers devient presque enfantin et l'humour d'une lourdeur incroyable. Les nouveaux personnages introduits, en particulier la jeune sorcière, ne collent pas du tout à l'univers. Par ailleurs les combats deviennent de plus en plus lassants et répétitifs. Le dessin est superbe et les premiers tomes nous dépeignent une violence extrême rarement atteinte par d'autres œuvres. Ce manga sera quand même parvenu à créer l'un des personnages les plus fascinants que j'ai jamais rencontrés : Griffith. Androgyne, ambitieux, mystérieux et ambigu, il est impossible de lire dans ses pensées et nous ne connaissons jamais ses intentions et ses motivations. Impossible même de dire s'il est bon ou mauvais. Bref tout le flashback avec la compagnie du faucon est génialissime et passionnant, le point culminant étant ce que j'appelle la black sabbath, qui fait pas mal de dégats. Ca il faut absolument l'acheter. Le cycle suivant avec les inquisiteurs et les hérétiques est aussi très bon. Après ça ne fait que décliner et perdre de son intérêt. Le plus frustrant étant que les deux persos principaux, Guts et Griffith, s'éloignent l'un de l'autre alors que l'enjeu est justement leur affrontement. Bref les créateurs font volontairement durer la sauce pour vendre un maximum de tomes. J'espère qu'il va se passer une catastrophe et que beaucoup de nouveaux persos vont mourir et que la série retrouve sa maturité initiale.

22/05/2014 (modifier)

J’ai décidé de commencer à combler mes lacunes en matière de mangas, avec l’œuvre culte que semblait être ‘Berserk’. Guts, le guerrier noir, passe le plus clair de son temps à pourfendre des démons à l’aide de sa gigantesque épée. Un héros brut, qui n’a pas pour habitude de verser dans le sentimentalisme. ‘Berserk’ met en scène de nombreux combats, mais ne pourrait se résumer à ça ! Mon plus grand reproche quant à cette série est – comme beaucoup d’autres ont pu le remarquer avant moi – son manque de constance. Si certains passages sont exceptionnels, d’autres par contre sont beaucoup plus moyens ! Sans doute aurait-il été opportun de réduire le nombre de tomes et de recentrer plus souvent le récit sur l’intrigue principale. Le dessin est très soigné et parfaitement adapté. Les scènes de combat sont parfois quelque peu confuses. L’on peut en effet avoir du mal à se représenter les mouvements que Guts effectue. En même temps, vu sa rapidité, je suis persuadé que mêmes ses adversaires ont des difficultés à décortiquer ses combos ;) ‘Berserk’ est une série relativement violente, certes, mais elle n’est pas gore pour autant. L’on verra notamment des hommes tranchés nets en deux, des yeux arrachés, mais, si vous votre seul désir est d’assister aux bains d’hémoglobine que semblent décrire certaines des critiques précédentes, vous risquez d’être déçus. Quant au caractère sexuellement explicite, ça ne va généralement – il y a quand même quelques exceptions (le tome 18, p. ex.) – pas plus loin qu’une poitrine dénudée. Personnellement, il n’y a finalement que la scène de viol sur mineur qui m’ait véritablement interpelé… 6 euros par tome, dans l’absolu, ce n’est pas cher payé. Mais sachant qu’il y en a quand même déjà une bonne trentaine et que la série n’est pas encore clôturée, c’est quand même un investissement… [SPOILER] Difficile de faire le point sur une saga de plus de trente tomes sans dévoiler les grandes lignes de l’intrigue. (Je n’ai plus l’ensemble de la série sous la main. Il est donc probable que la numérotation des tomes proposée soit approximative…) • Rencontre avec le guerrier noir (tomes 1 à 3) : 2,5/5 J’ai été surpris et, je l’avoue, déçu par le commencement des aventures de Guts. Suivre directement ce dernier dans sa chasse aux démons, apôtres, béhérits et godhands, sans rien connaître de son passé et de ses motivations, n’a pas grand intérêt. Les premiers tomes se résument finalement à des scènes de combats entrecoupées par les chamailleries de Guts et de son nouveau compagnon, l’elfe Puck. Mais, ayant lu la suite et disposant dès lors d’une vue d’ensemble, je suis à présent beaucoup moins critique. • La jeunesse de Guts, son incorporation dans la troupe du faucon et son départ de celle-ci (tomes 4 à 8 ) : 4,5/5 J’ai lu cette séquence quasiment d’une traite, tellement elle est passionnante ! Le caractère des personnages principaux est très fouillé et les relations qu’ils entretiennent sont souvent complexes (Guts-Gambino, Guts-Griffith, Guts-Casca, Casca-Griffith, etc.) • Le retour de Guts parmi la troupe du faucon, la libération de Griffith et l’ « avènement » (tomes 9 à 14) : 4/5 J’ai apprécié que Guts rejoigne la troupe du faucon et davantage encore que sa relation avec Casca évolue (moi aussi, j'avoue m’être attaché à cette petite :8 ) • Retour au guerrier noir et affrontement avec les elfes (tomes 14 à 17) : 2,5/5 J’ai été déçu d’abandonner Casca, Griffith et l’intrigue principale, pour en revenir à une quête beaucoup plus classique du guerrier noir. • Guts à la poursuite de Casca, au cœur de la chasse aux hérétiques (tomes 18 à 21) : 3,5/5 Un peu répétitif sur la fin. Guts est toujours sur le point de retrouver Casca, mais il y a inévitablement un nouvel ennemi qui apparaît au dernier moment pour la kidnapper. C’est là que j’en suis resté. Il me reste donc une bonne dizaine de tomes à lire. Je termine tout juste un cycle et je crains qu’après celui-ci, l’histoire n’évolue pas et se répète : Guts repartant guerroyer dans le cadre de quêtes secondaires, sans nouvelles de Griffith et des godhands… J’adapterai mon avis par la suite… [/SPOILER] -------- M.A.J. – 10.VII.2010 – après lecture des tomes 22 à 27 Comme la plupart des lecteurs précédents, je suis plutôt déçu par ce passage des aventures du guerrier noir. L’auteur semble assez vite reléguer au second plan ce qui me paraît pourtant être l’essentiel, à savoir les relations entre, d’une part, Guts et Casca et, d’autre part, Guts et Griffith. Sur ces deux points, les tomes 22 et 23 s’annonçaient relativement prometteurs mais les suivants ne sont malheureusement pas parvenus à maintenir le cap. Guts et sa bande (parce qu’en effet, lui qui avait franchement du mal à accepter la seule présence de l’elfe Puck au départ, a à présent une véritable petite troupe à ses côtés) se perdent dans une quête secondaire, en protégeant un village contre des trolls. Le personnage de Schierke, la petite sorcière (qui ne m’a pas vraiment convaincu), se révèle emblématique de l’ambiance générale de ce segment de ‘Berserk’ : sorts, magie et autres délires astraux. :O Bref, 4/5 pour les tomes 22 et 23 mais seulement 3/5 pour les tomes 24 à 26 de Berserk. Je ne me prononce pas encore sur le tome 27 qui introduit un nouveau cycle. -------- M.A.J. – 30.X.2010 – après lecture des tomes 27 à 32 Ça y est ! Je suis enfin à jour dans ‘Berserk’ ! Et j’ai le regret de constater que les derniers tomes de la série sont vraiment décevants et de confirmer les critiques de ma précédente mise à jour : - on perd de vue l’essentiel (la vengeance de Guts, les godhands, etc.), pour se concentrer sur des quêtes secondaires (j’ai vraiment dû me faire violence pour parvenir à lire la fin du combat dans le port du tome 31) ; - les meilleurs personnages (Casca, Griffith, etc.) sont relégués au second plan, pour se focaliser sur des protagonistes bien moins charismatiques (Schierke en tête). Je pense que Kentaro Miura aurait été bien mieux inspiré de s’arrêter au tome 14. En effet, autant le début de la série est merveilleux, voire franchement culte pour certains passages ::, autant la deuxième moitié est quelconque et redondante. :?) En conclusion, puisqu’il me faut attribuer une note pour l’ensemble de la série, je ne peux pas honnêtement maintenir mon 4/5. Et ça me désole. :((

06/02/2010 (MAJ le 30/10/2010) (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
L'avatar du posteur Gaendoul

Encore un manga culte qui avait échappé à ma notation... Berserk est un manga très prenant, il est certes très sombre et violent mais cela permet de bien situer la difficulté dans laquelle se trouve le héros, Guts. Le scénario est vraiment génial et j'ai rarement été aussi surpris par des événements se déroulant dans un manga ou une BD. Le dessin s'améliore de tome en tome comme souvent et on atteint des sommets dans les derniers tomes sortis. L'univers est plutôt réaliste et réussi dans le genre médiéval fantastique et les personnages sont assez développés pour que l'on s'y attache. Bref un manga à lire absolument que vous soyez fan ou non de ce genre d'aventures.

16/07/2009 (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5

De « Conan le Barbare » à « Ken le survivant », la BD populaire regorge de figures ultra-viriles bourrées de testostérone, que nous nommerons par la suite les « grosbourrins ». Outre sa force surhumaine (et la musculature à faire pâlir Schwarzenegger qui va avec), et sa tendance à massacrer à tout va, le grosbourrin possède généralement au moins l'une des caractéristiques suivantes : - il œuvre pour un monde plus juste (selon lui) et défend la veuve et l'orphelin, et le villageois opprimé, en défonçant la tête de toutes les brutes qu'il croise, - toutes les femmes sont folles de son corps et rêvent de s'accoupler avec lui, - il est grand, beau, fort, intelligent, résolument hétéro... et macho. Bref, le grosbourrin incarne une sorte d'idéal viril pour l'adolescent prépubère en manque de repères. A première vue, Guts, le héros de Berserk, a tout de ce grosbourrin-type. Sa ressemblance physique avec Ken le survivant saute d'ailleurs aux yeux : mêmes cheveux noirs courts en brosse, même tenue noire, même gueule qui tire la tronche à longueur de page. Et pourtant, la ressemblance s'arrête là. Car Berserk, c'est la BD de grosbourrin à l'age adulte. Et c'est du coup diablement plus intéressant... Car Guts n'a rien d'un justicier. S'il massacre à tour de bras, c'est parce que c'est à peu près la seule chose qu'il sache faire... ses motivations varient au cours de l'histoire, mais c'est toujours son instinct de survie surdéveloppé qui l'anime. En fait, Guts n'est pas loin d'être une bête sauvage, un animal violent animé par une rage inextinguible, et qui a besoin d'étriper du démon en guise d'exutoire. Un des aspects passionnant du manga est justement le combat entre l'animal et l'humain en lui, et qui le rend attachant malgré son aspect très primaire... Guts n'a rien non plus d'un grand séducteur. Son premier grand amour est avant tout sa gigantesque épée à deux mains avec laquelle il entretient une relation quasiment onaniste. Vient ensuite Casca, bien sûr, la seule femme qui ait réussi à susciter son intérêt, dont le destin est lié au sien, et qui n'a rien d'un simple faire-valoir. Et, enfin, Griffith, son antagoniste parfait, son parfait opposé tant sur le plan du physique que de la personnalité, avec qui il a une relation mêlée d'amour et de haine, non dénuée de sous-entendus homosexuels. Berserk n'a rien d'un manga macho non plus, ce qui, pour un manga de grosbourrin, est assez étonnant il faut avouer : les personnages féminins sont traités sur un strict plan d'égalité avec les hommes. Il y en a des intelligentes, des idiotes, des naïves, des courageuses, des lâches, des réalistes, des fortes et des faibles... de très beaux portraits de femme émaillent le manga tout du long. Bref, Berserk est en beaucoup de points un manga tout à fait passionnant, glauque et extrêmement violent, certes, mais adulte en même temps (et je ne parle pas que des scènes de cul qui jalonnent le manga...), avec des personnages fouillés, des histoires noires et passionnantes, et un fond psychanalytique tout à fait fascinant. J'aurais mis sans hésiter 5 étoiles s'il n'avait eu des défauts rédhibitoires à mes yeux : tout d'abord et avant tout, la complaisance crasse de certaines scènes, notamment de viol, à laquelle j'ai fini par m'habituer mais qui m'avaient franchement choquées en première lecture. Et, de façon plus anecdotique, l'intérêt très inégal des différentes phases du manga : les tomes 1 et 2 sont nullissimes, et à partir du tome 24 on tombe dans de l'AD&D de base, sans la moindre originalité, comme si son cœur de cible avait rajeuni de 10 ans. Mais, entre les tomes 3 et 23, il y a vraiment quelque chose qui fait que Berserk n'est pas un manga de grosbourrins comme les autres...

03/01/2008 (MAJ le 18/05/2009) (modifier)
Par AqME
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Berserk. Un mot doux, qui évoque un paysage avec beaux horizons, des personnages féériques et acidulés et un univers idyllique. J'espère que vous vous rendez compte que je plaisante. Rien qu'avec ce titre, le ton est donné. Dans cette série, nous suivons la quête de Guts, le guerrier noir qui souhaite retrouver Griffith, un ancien partenaire d'arme pour le tuer. Mais entre temps, Griffith devient un dieu maléfique et marque Guts d'une cicatrice dans le cou qui attire tous les démons à lui. Bien entendu tout cela est bien plus complexe, il y a des trahisons, des coups montés, des stratèges dans différents royaumes mais il y a surtout un univers et un héros avec un historique de folie. Tout d'abord Guts : On suit ces frasques depuis son plus jeune âge, et tout ce qu'il a du endurer pendant se jeunesse (viol, meurtre, bannissement, etc.). Ensuite on le voit évoluer dans son adolescence puis en tant qu'adulte. Bref, un travail de taré pour un personnage violent, torturé et attachant à la fois. Ensuite, l'univers: plusieurs royaumes avec chacun un gouvernement différent à sa tête (monarchie, autonome, etc.) et bien entendu, à chaque peuple ses caractéristiques (chevalier, guerriers orientaux, etc.). Ça commence à faire beaucoup de etc. Le dessin quant à lui est sublime. Sombre, glauque et gore, mais les émotions des personnages sont à coupées au couteau. Kentaro Miura montre son talent dans les scènes de combat entre Guts et les démons qui sont tout simplement épiques ! Comme je l'ai dit auparavant le scénario est énorme avec beaucoup de détails et de travail. Le héros devient de plus en plus fort au fil des tomes et c'est tout ce que l'on demande. Pour les amateurs d'action, de monstres et démons, d'héroïc-fantasy et de fresques épiques, cette série est pour vous !

21/03/2009 (modifier)

Je vais avoir du mal à noter ce manga.... D'un côté nous avons une histoire plutôt bien construite, une tension palpable lors de la lecture, des personnages très charismatiques, et une violence sans concession, souvent assez justifiée... Pas tout le temps malheureusement et c'est le gros défaut de ce manga. Il est certes vendu pour un public adulte et averti mais tout de même, je ne vois pas trop l'intérêt de faire SYSTEMATIQUEMENT étalage de viol, démembrement, éventrage et autres réjouissances gores. Une surenchère un peu malsaine qui prend trop d'ampleur avec l'avancement de l'histoire. L'histoire, c'est la quête vengeresse d'un homme qui a tout perdu. Simple ? Pas tant que ça tant certains passages sont bien construits, notamment un long flashback sur les raisons de cette vendetta sanglante. Les rapports entre les différents protagonistes sont aussi beaucoup moins simples qu'il n'y paraît au premier abord. Guts, Griffith, Caska sont assez éloignés des clichés habituels du genre. Un commentaire sur le dessin que je trouve très bon pour un manga : fouillé, précis, très sombre (évidemment), il se démarque sans problème de la plupart des mangas habituels. Le rythme de parution des "Berserk" étant assez lent, ceci explique peut être cela. Un très bon manga, étonnamment profond, gâché par une violence beaucoup trop gratuite... Reste aussi à espérer que l'histoire ne s'éternise pas... 3,5/5. PS : comme beaucoup de personnes l'ont fait remarquer, les 3 premiers tomes sont sensiblement moins bons que les suivants (mais pas pour autant mauvais). Ils n'en restent pas moins assez représentatifs de l'ambiance générale ; si vous n'accrochez pas un minimum, il n'y a aucune raison que la suite vous passionne...

17/02/2009 (modifier)
Par popi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Envoûtant. Bien que cela retombe un peu dans les derniers tomes (on en est à plus de 30 !), Berserk c'est pour moi l'héroic fantasy poussée jusque dans ses retranchements, sans niaiseries ni tabous. Il en résulte un univers très sombre, où la mort se fait sentir à chaque page. C'est gore et cela provoque parfois des haut-le-cœur tellement certaines scènes sont "crades", mais cela s'intègre parfaitement à l'histoire et trouve sa justification dans la volonté de l'auteur de ne rien cacher. Je comprends que ça puisse en rebuter certains, et la lecture à déconseiller aux âmes sensibles et à interdire aux moins de 18 ans selon moi (voir le manga en supermarché en libre consultation parfois est une aberration). Il n'en reste pas moins que le souffle épique qui se dégage de cette aventure où l'on suit le héros depuis sa plus horrible enfance est tout simplement grandiose. Je déconseille l'achat car le manga n'est toujours pas fini, et je commence à redouter qu'il ne le soit jamais, bien que le scénario continue d'avancer gentiment. Enfin cela dit on pourrait découper la série en plusieurs grands épisodes, donc il est toujours possible de s'arrêter après l'un d'entre eux.

17/02/2009 (modifier)

Haaaa... Berserk... Beurk... On entend partout du bien de cette série. Alors j'ai fini par les lire en les empruntant. J'ai lu tout ce qui est sorti, et si certains passages sont "anthologiques", la plus grande partie de l'œuvre reste totalement anecdotique : l'histoire n'a que très peu évolué depuis le début (soit plus de 25 tomes et plus de 15 ans), notamment à cause d'un flashback de plusieurs tomes en tout début d'œuvre qui n'apporte pas grand chose, et d'historiettes sans grand intérêt par la suite. On a au final une histoire à la lenteur extrême, uniquement basée sur des affrontements horribles. Concernant le dessin, je n'adhère pas non plus : beaucoup trop surchargé, beaucoup trop sombre, et de gros problèmes de proportions. Par contre, l'auteur dessine très bien les membres arrachés, c'est un fait... Si je devais résumer Berserk en quelques mots, je dirais juste "violence et sexe", soit tout ce qui a donné il y a de nombreuses années une mauvaise image au manga. Tout n'est que fureur, combats sanglants et scènes de sexe (même s'il y en a vraiment moins sur la fin, c'est vrai). Bref, j'ai tout lu, parce que je n'ai pas payé, que je les avais sous la main facilement, et que ça a occupé un temps mon temps libre, mais jamais je ne pourrai conseiller cette lecture.

07/01/2009 (modifier)

Plutôt bon comme manga... Le début est très (trop?) classique, faisant évoluer le héros (Guts) dans un monde médiéval fantastique ultra-violent, où s'accumulent des scènes gratuites de boucherie et où est distillé un semblant de sensiblerie (à travers l'elfe Puck notamment)... pas très original. Mais le récit bascule sur le passé du héros, et là, ça devient intéressant : certes, c'est toujours aussi gore mais à la place d'un sadique qui découpe ses adversaires en petits morceaux sans la moindre hésitation, on a un pauvre type, perdu au possible, qui erre sur les champs de bataille à la recherche de sa vraie place dans ce monde, épaulé par ses compagnons d'armes... Quand l'auteur a commencé à s'attacher au passé du héros, je n'avais qu'une hâte, que ça retourne au récit principal, que la charcle reprenne de plus belle, sans se poser de questions, nan mais passqu'on avait bien compris que le Guts, c'était en fait un type tout sensible, et qu'il massacrait pas ses adversaires par goût du sang, qu'il cachait une part d'ombre, qu'il avait plein de blessures dans son coeur de petit garçon à lui... mais bon, force est de constater que la mayo prend bien, et que finalement, c'est pas si mal que ça, des histoires de gars bien torturé à la personnalité non monolithique. C'est vrai que c'est toujours aussi violent, mais bon, ça en devient presque secondaire. Les perso deviennent intéressants, surtout Griffith, l'androgyne et charismatique chef de la troupe des faucons, devenu un des cinq "God hand", de plus en plus consistant au fur et à mesure des tomes (mais bon dieu que sa coupe est moche). Et pis surtout, on a envie de savoir ce qui s'est passé: pourquoi Guts est-il mutilé à ce point, pourquoi Griffith est-il justement devenu un démon, un des cinq "God hand", qu'est devenue Caska dans tout ça (et le reste de la troupe des faucons) ? Quant au dessin, c'est vrai qu'il est pas gégé au début, notamment les tronches des perso, mais ça va en s'améliorant, les planches sont un peu moins chargées, plus aérées... j'en suis rendu au tome 9 et ça commence à être pas trop dégueu. J'attends la suite, ça risque d'être vraiment intéressant, mais bon, paraît qu'il y a au moins 29 tomes, et que c'est point fini... Une bonne série ("Award for Excellence" à l'Osamu Tezuka Culture Award 2002, juste après Vagabond, ça promet, quand même). Update après lecture du tome 29: Décidément, de mieux en mieux, avec un dessin qui s'améliore énormément. Question boucherie, on atteint des sommets... jamais vu ça. Un bestiaire qui s'étoffe, de nouveaux protagonistes, "gentils" z'et "méchants". Des personnalités développées (même si certains personnages ne semblent pas vraiment très utiles... enfin, un peu trop présents). La place de plus en plus importante du féerique comme pour contrebalancer la noirceur du récit, mais aussi peut-être comme clé de salut des héros... Les 3 premiers tomes sont très médiocres à côté, d'ailleurs, ils peuvent être rangés au placard, quant à la dizaine de tomes suivants, elle en devient relativement fade... en fait, ça prend vraiment une bonne tournure après le massacre de la troupe des faucons (donc après beaucoup de tomes). Encore! (venant de me procurer les tomes en Français, je m'aperçois que la traduction est, comment dire... j'veux pas dire, mais celle du premier tome est innommable! c'est pas possible, des dialogues pareils!)

24/03/2005 (MAJ le 31/03/2008) (modifier)