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Couverture de la série Les Incrustacés
Les Incrustacés

Le tout début de l’histoire pourrait être réaliste, avec de petits airs de Tati à la plage. Mais cela bascule rapidement – pour ne plus la quitter – dans une douce folie. C’est un récit loufoque, poétique et absurde, au point qu’en l’ayant terminé, on peut presque imaginer avoir lu un récit de rêve. Vous l’avez compris, c’est un album qui peut rebuter l’amateur de récits franco-belges linéaires – la gaufrier traditionnel fait lui aussi les frais des choix de Rita Mercedes (dont je découvre ici le travail avec ce qui semble être son premier album). Je me suis laissé embarquer dans cette aventure impossible à résumer, qui fait la part belle à un certain onirisme surréaliste. Il faut dire que le dessin n’est pas en reste, et que j’ai été autant conquis par celui-ci (et la colorisation) que par le récit lui-même. En effet, le dessin, très précis, comme tracé au crayon fin, use d’une sorte de bichromie vaguement sépia dont j’ai trouvé le rendu des plus esthétiques. Il y a un peu de Masse dans les personnages et certains de leurs dialogues, mais Mercedes développe ici un univers des plus singuliers et des plus originaux. On ne peut que remercier des éditeurs comme L’Association, pour publier ce genre de choses qui sortent des sentiers battus, et qui nous emmènent à leur suite dans les forêts épaisses qui nourrissent l’imagination.

19/12/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fuite du cerveau
La Fuite du cerveau

Gomont est décidément un auteur à suivre même si je n'ai pas adoré tous ses albums. Je le trouve très créatif et son œuvre diversifiée. Ici, il part sur une anecdote véridique (un médecin a effectivement enlevé le cerveau d'Albert Einstein) pour en faire une aventure incroyable. Le scénario est franchement prenant et je l'ai lu du début jusqu'à la fin sans m'arrêter tellement je voulais savoir ce qui allait se passer ensuite ! Au début, je trouvais juste l'intrigue sympathique et j'étais un peu curieux de savoir où l'auteur allait nous emmener et puis très vite j'ai commencé à trouver que c'était captivant. Les personnages principaux sont terriblement attachants, il y a des seconds rôles savoureux (je pense notamment au duo d'agents du FBI incompétents) et le personnage de Thomas va évoluer au fil du temps. La fin est particulièrement touchante. Le dessin de Gomont est une vraie œuvre d'art. C'est le style réaliste-comique que j'adore. C'est vivant et dynamique. Le découpage est parfait et on voit qu'au fil des albums il a perfectionné son style. Tout est maitrisé. Seul ombre au tableau: si l'humour m'a fait sourire plusieurs fois, je n'ai pas vraiment rigolé.

15/12/2020 (modifier)
Couverture de la série Une maison de Frank L. Wright
Une maison de Frank L. Wright

Les histoires de Cosey pourraient être des romans. Ici nous avons donc 4 nouvelles, tendres, poétiques... un coin de ciel bleu entre les nuages. Il se trouve qu'en plus Cosey dessine, très bien et de façon très élégante. Voilà des années que j'ai cette bd, et j'ai toujours autant de plaisir à la relire. Ps : je rejoins l'avis de Dut

15/12/2020 (modifier)
Couverture de la série Kogaratsu
Kogaratsu

Kogaratsu, comme le post de Chalybs le précise, est pour moi une bd assez intemporelle. Les tomes oscillent effectivement entre le très bon et le culte. Je conseillerai peut-être les tomes 8 et 9 pour entrer dans la série. Le tome 8 (Sous le regard de la lune) avec son intrigue habile, parfaitement orchestrée et son ambiance nocturne. Le tome 9 (la stratégie de la phalène) qui est extrêmement simple, léger et en même temps rempli de "tout"... il s'agirait presque d'un haïku du scénario ! Parfaitement. Je vous conseille cependant tous les tomes. Côté dessin plus on avance plus c'est beau et élégant. Et le scénario et le dessin. A mon sens c'est un classique de la BD mais sans l'aspect nostalgie ou pierre à l'édifice du 7ième art, dans le sens où c'est juste une très belle série. On en reparle dans 30 ans !

15/12/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Vous ne savez pas quelle bande dessinée offrir à vos proches pour Noel ?? En voilà une qui ravira les petits comme les grands. Les fréros Lepage frappent fort avec cet album composé de planches somptueuses mais aussi de nombreuses photographies magnifiques. Du grand art visuel. Une découverte merveilleuse à partager. Vous rajoutez une narration envoutante, qui vous transportera dans ce monde des extrêmes. Tout est réuni dans cette BD grandiose mi aventure humaine mi historique mi climatolo scientifique. Que c’est bon. Pas besoin d’être amoureux des pingouins pour tomber sous le charme de cette aventure poignante. Une seule envie … aller dans le Grand Sud sur la base Dumont d’Urville pour éprouver - pour de vrai - les émotions ressenties à la lecture de cet album. Ce qui est dingue, c’est qu’Emmanuel Lepage n’est pas à son coup d’essai. « Ar-men » ou encore « Voyage aux îles de la Désolation » sont au diapason. Magic Lepage ! Son graphisme si réaliste est éblouissant. Chaque planche est un tableau. Du grand art. Un fabuleux voyage vous attend. L’évasion est instantanée. Vous serez embarqués dans un monde presque inconnu. Je recommande vivement cet ouvrage familial hors norme. Il est remarquable. Plus qu’un livre, c’est un témoignage. Je crois bien que j’ai frissonné comme jamais sur une BD.

15/12/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ar-Men - L'Enfer des enfers
Ar-Men - L'Enfer des enfers

Avec cet album, vous plongez dans l’histoire du phare d’Ar-Men, ce phare majestueux construit entre 1867 et 1881 à l’extrémité de la chaussée de l’Ile de Sein, en mer d’Iroise, à la pointe ouest de la Bretagne. Il est surnommé par les gardiens de phare, l’enfer des enfers. Les coups de boutoir portés par la grande houle pendant les tempêtes pouvaient faire trembler tout l’édifice, rendant ces périodes particulièrement difficiles pour les gardiens. C’est dans cet endroit particulier, un phare accroché à un minuscule rocher au milieu des eaux qu’Emmanuel Lepage nous emmène. Dans son récit il entremêle, la vie des gardiens qui doivent contre vent et marée maintenir la lanterne allumée, la construction titanesque de cet édifice pendant presque quinze années et les légendes bretonnes. On vogue donc allégrement entre hier et aujourd’hui. L’histoire est envoûtante et attrayante. La mer est omniprésente. Les vagues sombres et violentes fracassent ce bout de terre perdu dans la mer d’Iroise. Chaque planche est magnifique. La colère de l’océan est magnifiée par le trait d’Emmanuel Lepage. Mais que c’est beau. Quel talent. Le rendu est magnifique. Cet album, hommage à l’océan en furie, à la Bretagne et aux gardiens de phare, est admirable. Pour le plaisir des yeux je vous recommande cet album sans équivoque. Vous serez assurément fascinés par cette histoire du phare d’Ar-Men. Si vous passez par Sein un de ces quatre, pour le reconnaitre dans la nuit … trois éclats toutes les vingt secondes.

13/12/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Voyage de Rameau
Le Grand Voyage de Rameau

Même si on commence à être habitué par le bon goût éditorial de la collection Métamorphose, on ne peut s’empêcher de s’extasier comme presque à chaque fois qu’une de ses nouveautés nous arrive dans les mains… Alors désolé si ça n’est pas très original, mais c’est encore une fois le cas ici… Et comme souvent, l’objet, de très belle facture, tient parfaitement ses promesses quant au contenu. « Le Grand Voyage de Rameau » est consistant (un peu plus de 200 pages) et cela tombe très bien car dès le départ, on est immédiatement en immersion et on ne voudrait déjà pas que cela finisse… Nous avons affaire ici à un conte, et comme dans tout conte, on y trouve une portée initiatique, laquelle concernera en premier lieu la jeune héroïne au nom étrange de Rameau. Envieuse des géantes de la cité, Rameau voudrait elle aussi porter une jolie robe, et non pas cette frusque insignifiante ! Pour elle, Londres est un paradis luxueux plein de promesses radieuses, une idée fixe qui poussera la fillette à braver l’interdit en franchissant l’orée du bois, et par voie de conséquence, la « condamnera » à l’exil vers la ville qu’elle admire tant… Phicil excelle littéralement avec ce conte aux charmes multiples, comme s’il était parvenu à trouver la combinaison idéale entre écriture et dessin. Tous deux s’allient pour produire une petite merveille bédéphilique, à tel point qu’on imagine mal pouvoir les dissocier l’un de l’autre. La fluidité de la narration propre au genre répond à l’authenticité d’un trait délicieux et unique dont on aperçoit les coutures, idéal pour représenter ces petits êtres aussi difformes qu’attachants, à commencer par Rameau et son physique impossible mais désopilant (une tête énorme, un nez surdimensionné surmonté de petits yeux et une bouche très large), assorti d’une forte personnalité. S’inscrivant dans une tradition littéraire victorienne oscillant entre Gaslamp et low fantasy, « Le Grand Voyage de Rameau » établit une sorte de pont entre un univers enfantin champêtre et enchanteur et un monde littéraire témoignant d’une période assez noire typique de l’Angleterre industrielle de la fin du XIXe siècle. Jouant sur ces contrastes, le récit va débuter dans une atmosphère idyllique de candeur verdoyante, évoluant progressivement vers l’immensité urbaine et tentaculaire de la « Ville Monstre », d’abord avec l’architecture imposante de Londres et ses salons « cosy », où l’on croisera notamment Oscar Wilde jeune (avec déjà une pointe d’inquiétude quant au contexte social dur et puritain), puis vers les bas-fonds sordides où l’ombre de Jack l’Eventreur est omniprésente. Mais au beau milieu de cette obscurité va scintiller la discrète lumière de nos farfadets par le biais de pierres magiques (les cornalines), qui guideront nos voyageurs vers plusieurs personnages-clés, notamment la Reine Victoria, telles des balises jalonnant le parcours initiatique de la jeune Rameau… En résumé, les nombreuses qualités de cet ouvrage, qui n’est pas sans rappeler « Peter Pan » ou « Pinocchio », nous plongent dans un émerveillement rare où notre part d’enfance est réactivée de façon prodigieuse. En nous faisant voir le monde des humains à travers les yeux de ces petites créatures, soucieuses de se tenir à distance de ces « géants au cœur malade », Phicil nous montre les aspects les moins reluisants de notre nature, tout en conservant une grande fraîcheur d’esprit conjuguée à un humour dépourvu de cynisme qui fera rire de bon cœur. Il ne faut pas passer à côté du « Grand Voyage de Rameau », une des pépites de l’année, et puisque c’est la période, un très très joli cadeau à déposer dans les souliers, petits ou grands…

12/12/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peau d'Homme
Peau d'Homme

C'est avec La Sirène des pompiers que j'avais découvert ce duo d'auteurs qui m'avait déjà fort inspiré. J'avais beaucoup apprécié le traitement de leur récit qui mêlait malicieusement l'histoire de l'art et le conte. Le conte, forme narrative qui aura décidément plus qu'inspiré Hubert, que ce soit avec l'excellente série "Les Ogres Dieux" ou encore cet excellent album : "Peau d'Homme". C'est en effet sous la forme d'un conte moderne qu'Hubert et Zanzim nous proposent d'interroger notre société et l'évolution de ses mœurs. Si l'histoire de notre belle Bianca, fille de bonne famille, se déroule à l'époque de la Renaissance italienne, on pourrait la retranscrire dans bien d'autres périodes ou d'autres lieux de notre planète. La condition des femmes, la place de la religion et le statut des hommes y sont tous trois interrogés et passés au grill de nos deux auteurs de façon remarquable et subtile. Le trait et la colorisation de Zanzim font merveille en adoptant un style faussement naïf qui colle parfaitement au ton et à la période qui accueille nos protagonistes. S'il peut surprendre au premier abord, on est rapidement happé par l'histoire et cette narration des plus réussie ; ce graphisme singulier qui évolue d'ailleurs au fil des pages finit alors par s'imposer tout seul et se révéler de toute beauté et même d'une belle inventivité sur certaines planches en pleine page. Encore une fois, Hubert nous éblouit par son talent de conteur émérite, servi dans un écrin des plus réussi par le non moins talentueux Zanzim. Un album qui affiche déjà 4 prix au compteur largement mérités. Bravo !

11/12/2020 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hitler est mort
Hitler est mort

J'avais déjà eu l'occasion de lire "La Mort d'Hitler dans les dossiers secrets du KGB" du même auteur. Dans cet essai, aidé de Lana Parshina, Jean-Christophe Brisard avait enquêté sur ce que savaient les Russes en 1945 de la mort d'Hitler et sur ce que serait devenu son corps. Cette enquête était déjà passionnante, j'étais donc ravi de me plonger dans l'adaptation en BD par le journaliste lui-même. Nous suivons donc deux équipes et deux enquêtes sur la mort d'Hitler menées par deux organisations d'espionnage de l'URSS : le Smersh (contre-espionnage) et le NKVD qui deviendra plus tard le KGB. Loin de s'entraider c'est une lutte fratricide qui se déroule sous nos yeux où tous les coups sont permis. L'objectif de chaque organisation est d'accomplir sa mission pour que son chef puisse briller auprès de Staline et que la gloire rejaillisse sur eux par écoulement. Le contexte de la fin de la guerre est bien dépeint également avec les exactions commises par les soldats russes ou les échanges d'informations parcellaires entre les alliés. Le dessin de Pagliaro colle bien à l'histoire. Certains de ses personnages ont des "gueules" et on se prend de sympathie ou d'antipathie instantanément pour certains d'entre eux. Hâte de découvrir la suite de l'histoire de cette BD qui, contrairement au livre qui s'adresse plus aux passionnés, ravira tous les amateurs de BD historique ou d'enquêtes policières.

09/12/2020 (modifier)
Par Lamat
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes

Vous n'aimez pas la BD américaine remplie de poncifs et de gags réutilisés jusqu'à essorage ? Vous haïssez les strips de 3 cases au format trop réducteur ? Vous détestez les dessins en noir et blanc alors que depuis 1960 le monde est en couleur ? Moi c'est pareil... Mais je me suis soigné en lisant Calvin et Hobbes ! Tout a déjà été dit dans les commentaires précédents donc je ne vais pas en rajouter. Cet horrible gamin (même lui dit qu'il n'aimerait pas être le père d'un gosse tel que lui) et son doudou sont indispensables. Carrément ! Naviguant entre aventures réelles épiques et voyages fantasmés avec son tigre (en peluche... ou pas) Calvin vous emmènera en voyage parfois très loin de la Terre. Une BD que l'on peut la lire de 6 à 106 ans (et à 2 c'est encore mieux). Idéal également pour apprendre l'américain "tel qu'on le cause" en achetant les versions américaines qui présentent une mise en page différente des versions françaises. J'adore !

08/12/2020 (modifier)