Les derniers avis (9597 avis)

Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bouncer
Bouncer

Voilà une série western qui se dévore ! Bouncer est une série d’Alejandro Jodorowsky pour le scénario et de François Boucq pour le dessin. [À partir du tome 10, Alejandro abandonne la série et François va assurer comme un chef, le dessin et le scénario]. Le bouncer (traduction : le videur en anglais) est un manchot qui s’emploie à gérer la sécurité au saloon l’Infernio à Barro city. Ce saloon est le plus cradot de la ville ! Le repère des crapules de la pire espèce ! Ne vous fiez pas à son infirmité, c'est un redoutable tireur. Lorsque son neveu, devenu orphelin, lui demande son aide, cela l'amène à renouer avec un passé douloureux. Ses deux frères et lui sont les enfants bâtards d’une prostituée itinérante, avec laquelle ils ont commis nombre de méfaits. Le dernier a conduit à la dislocation de la famille : en se disputant un diamant, l'un s’est retrouvé borgne, l'autre manchot et la mère s'est suicidée. Sympa le tableau familial ! Depuis, l'aîné est devenu pasteur, le bouncer a trouvé protection auprès d'El Diablo, son mystérieux employeur, et le troisième est resté hors-la-loi. Les tribulations du bouncer l'amèneront à élucider la série d’assassinats de notables de la ville, tous tués par une morsure de serpent. Vous mettez en bande son du grand Ennio Morricone et vous allez être transportés dans un western spaghetti bien noir et violent avec les pires hors-la-loi du far West. Ce n’est pas très original je vous l’accorde, mais cela fonctionne. En tout cas, me concernant cela me plaît. Les décors sauvages à la sauce pimentée "Monument Valley" sont fantastiques et les personnages ont des sales gueules patibulaires vraiment terribles, burinées au soleil. Un délice pour les yeux. Les balles fusent de tous les côtés. Peu de repos dans la lecture. Il y a du rythme. Ca bouge dans tous les sens. La violence est là qui vous guette presque à chaque page. Avec cette série, à vous les grands espaces de l’ouest américain bien poussiéreux et les réglements de comptes. Nous sommes sur du très très grand Boucq assurément ! Vous ne pouvez pas être déçus.

30/12/2020 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

A mon tour de rajouter un énième avis sur cette série que je viens seulement de découvrir. Un chef d'oeuvre... Ma critique pourrait presque s'arrêter là. Dès les premières planches du premier tome j'ai été sidéré de la qualité des détails. Non seulement les planches sont belles et élégantes, mais même le décor, l'arrière-plan est incroyable et animé. Chaque tome mérite plusieurs relectures tant on passe à côté de détails succulents à notre première lecture. Passons au scénario : Rapidement on est embarqué dans un récit rocambolesque, plein de surprises et rebondissements. J'avais peur que la série s'essouffle à partir du 4e tome. Mais non, ils ont réussi à partir dans une "autre dimension" (pour ne pas spoil où exactement) et le récit a pris une toute autre tournure à ce moment. Nous avons également droit à un peu de tragédie et de combats épiques vers les tomes 8-9 et 10 pour un final grandiose digne des plus grands Marvel. Et que dire de ces personnages tous les plus attachants les uns que les autres. Nos deux compadres prêts à tout pour leur promise et pour la rime, le savant fou, les méchants qui deviennent gentils et les gentils qui deviennent méchants, le lapin, le LAPIN ! Eusebio le lapin est sans doute le personnage le plus intéressant de toute l'histoire (il a d'ailleurs droit à 2 tomes (le 11 et 12) pour narrer ses origines). Mon seul petit bémol dans les personnages est le grand méchant Mendoza qui est à mon goût trop méchant sans aucune nuance. Autre point fort de cette série : le nombre de références à la littérature, à la peinture, à la pop culture, aux comptines, à certains personnages historiques et j'en passe. J'ai lu 3 fois la série à ce jour, j'ai sûrement encore des centaines de références que je n'ai pas encore vues ou comprises. Je pourrai encore parler des heures de cette saga mais je vais terminer par un dernier point : la puissance des mots et des dialogues. Moi qui ai toujours détesté la poésie à l'école, je sors de cette série avec une envie d'alexandrins, de joutes verbales, de rixes et de rimes à n'en plus finir. Bref, 5 étoiles + un coup de coeur pour les 12 tomes de la série. MAUPERTUIS OSE ET RIT !

29/12/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Talentless
Talentless

Je refais mon avis après avoir lu tous les chapitres parus à ce jour. C'est vraiment un des meilleurs thrillers que j'ai lus ces dernières années. Le scénario est prenant dès le premier chapitre et la qualité augmente au fil des tomes. Alors qu'après quelques chapitres je pensais deviner tout le déroulement de la série, le scénariste a réussi à me surprendre. J'aurais dû m'en douter vu que dès le premier chapitre on a un gros twist à la fin. Parlant de twist, il y a plusieurs retournements de situation à chaque volume et la plupart du temps c'est bien fait. Certes, au début 'Nana va essayer d'éliminer sa nouvelle cible' peut paraitre répétitif, mais heureusement son personnage va évoluer au fil du temps et il y a des nouveaux éléments qui sont ajoutés au scénario. Le dessin est très bon. Bref, à lire si on aime les thrillers.

06/06/2018 (MAJ le 28/12/2020) (modifier)
Couverture de la série Indélébiles
Indélébiles

Je ressens beaucoup de sympathie envers ce microcosme de dessinateurs provocateurs gauchistes anticonformistes... Ou alors d'adolescents attardés obsédés pour d'autres ! Déjà ce récit nous donne à voir le fonctionnement de cette institution qu'est Charlie Hebdo. Un reportage sur une organisation de reporters ! Toujours intéressant à savoir. Mais aussi, on découvre avec bonheur tous ces noms célèbres du dessin satirique se lancer des blagues de teub tout en voulant changer le monde avec de simples dessins et un verre de blanc à portée de main. Et surtout, le talent de Luz pour mener ce récit ! Sa sensibilité me touche à chaque fois. Son art de conteur me tient scotché au récit. La beauté de ses dessins et leurs découpages m'enchantent. Bravo !

26/12/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peau d'Homme
Peau d'Homme

Un excellent one-shot sur la condition des deux sexes, notamment l'inégalité entre homme et femme et le fait que chaque sexe doit 'jouer' un rôle parce que c'est comme ça et puis c'est tout. On parle aussi d'homosexualité et de l'hypocrisie dans la société. J'ai bien aimé que l'album ne tombe pas dans un féminisme facile qui se résume à 'toutes les femmes sont des victimes et tous les hommes sont des gros méchants'. Les personnages principaux sont humains et complexes, hormis le frère de l'héroïne, devenu prêtre, qui représente le fanatisme religieux. L'héroïne est terriblement attachante. J'ai trouvé que le scénario était prenant et je ne savais jamais où le scénariste allait m'emmener. C'est rempli de rebondissements, de retournements de situation et de réflexions savoureuses et intéressantes. Le dessin est très bon. Je le trouve élégant et dynamique. Un très beau conte.

24/12/2020 (modifier)
Couverture de la série S'enfuir
S'enfuir

Guy Delisle est un auteur que je suis attentivement depuis plusieurs années. Lorsque j’ai découvert cet album, ma curiosité a été évidemment piquée. Pour la première fois (parmi mes lectures), Delisle ne parlait pas de lui, mais de quelqu’un d’autre. Cela s’est avéré être une bouffée d’oxygène. « S’enfuir » traite de l’enlèvement, de la vie en captivité et de l’évasion de Christophe André, responsable d’une ONG retenu par des Tchétchènes entre 1997 et 1998. 111 jours (!) de captivité durant lesquels l’otage va se battre contre lui-même pour tenir, gratter ici ou là des parcelles de liberté et… s’enfuir. Plusieurs lecteurs ont relevé des longueurs, pour ne pas dire un manque de rythme quasi rédhibitoire. Je ne partage pas du tout cet avis. En effet, à mes yeux, Delisle retranscrit parfaitement l’attente et le calvaire vécu par Christophe André. Malgré la répétition des événements et la routine de l’otage, il parvient à livrer une véritable prouesse. J’ai été captivité du début à la fin. J’ai tremblé et espéré avec Christophe André. Cette routine, cette attente, ce n’est pas le plus intéressant de la vie d’otage, certes. Cela constitue pourtant la majorité de cette vie si particulière. L’enlèvement et l’évasion / la libération sont plus trépidants, mais ne durent que quelques heures, au début et à la fin. Et que dire de cette évasion !? J’avais la boule au ventre… Malgré le sérieux du récit, le ton second degré habituel de l’auteur reste perceptible, ce qui contribue au plaisir de lecture. Graphiquement, Delisle a fait du Delisle. Cela me satisfait et je trouve que cela va bien avec l’histoire racontée. La simplicité et le dépouillement ont effectivement été le quotidien de notre otage. « S’enfuir » est pour moi une vraie bonne lecture et un coup de cœur. Cela ne va pas me dissuader de continuer à lire cet auteur, bien au contraire.

23/12/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Iznogoud
Iznogoud

Ce qui est incroyable, chez Goscinny, c'est son extrême polyvalence, cette capacité à s'adapter constamment à son dessinateur. Chez Morris, qui détestait les calembours, aucun jeu de mots. Chez Tabary, qui en raffolait, c'est un vrai festival ! Mais la capacité d'adaptation de Goscinny ne se trouve pas qu'au niveau des dialogues, quand bien même ceux-ci sont le principal coup de génie d'Iznogoud. Avec un dessinateur aussi fou que Tabary, Goscinny se plaît à créer un univers délirant à souhait. Et à ce niveau, c'est de la folie furieuse ! Démontrant une maîtrise totale de l'absurde, l'auteur se plaît à créer des situations et des gags rocambolesques particulièrement imprévisibles donc particulièrement géniaux. Pour donner corps à un univers aussi déjanté, Tabary apparaît donc logiquement comme l'homme de la situation. Son dessin foutraque, parfois presque brouillon, est le seul qui pouvait trouver une telle unité avec le ton unique de Goscinny. C'est cet accord parfait dans l'absurdité qui fait de chaque album d'Iznogoud une pépite dont on ne se lasse jamais et qui se relit sans modération. Sauf celle qui nous oblige à nous arrêter avant qu'une crise de fou rire ait raison de notre pauvre cœur.

22/12/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fange
La Fange

Il n’est pas si courant d’avoir dans les mains une bande dessinée signée d’un auteur australien, et celle-ci constitue assurément une des belles surprises de cette fin d’année. Pat Grant signe là sa seconde bande dessinée (après « Blue », parue en 2012), et c’est une vraie réussite de la part de ce jeune auteur adoubé par Craig Thomson. Avec ce « western dystopique totalement hors-normes », tel que le qualifie très justement l’éditeur Ici Même, Grant nous emmène dans un pays qui pourrait bien être le sien, une Australie entre présent et futur qui nous fait revisiter le mythe de la ruée vers l’or à la sauce Mad Max light, avec de faux airs de « Triplettes de Belleville » et une pincée de Covid-19. Cette fable haute en couleurs, en apparence bien barrée si l’on ne se fie qu’au style graphique, sorte de croisement entre South Park et les Simpsons, se révèle beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît. Contre toute attente, le scénario reste fluide et bien construit, et malgré des dialogues parfois nonsensiques, la mayonnaise prend assez vite et parvient à captiver le lecteur jusqu’à la dernière page. Malgré la rondeur du trait, les personnages dégagent une hargne et une bêtise primaire, certains apparaissant même inquiétants. Dans cette jungle qu’est Falter City, cette ville surpeuplée, sale et puante où les escrocs sont légion, impossible de ne pas devenir parano… Les scènes de foule évoquent par moment les tableaux de James Ensor et ses visages difformes au rictus effrayant. Dès que les deux jeunes hommes, couvés par leur maman, poseront le pied dans la ville en décrépitude — où une « nouvelle peste » sévit dans les quartiers les plus pauvres, allusion à peine voilée à notre coronavirus —, on se doute que tout finira mal, surtout pour Lippy, d’une honnêteté qui tranche avec l’immoralité de sa mère, représentée telle une mère maquerelle obèse… De ces deux frères, que tout sépare sauf peut-être une certaine bêtise innée — Penn est un beau gosse enjôleur et Lippy apparaît gras et bouffi, constamment inquiet — on comprend vite que le second, le chouchou de maman qui l’a chargé de gérer la petite fortune familiale, se fera bouffer tout cru… « La Fange », récit tragi-comique sur la déchéance de ceux qui croient pouvoir s’offrir un lit de rose sans les épines, s’avère, sous ses airs de ne pas y toucher, une allégorie sordide et saisissante du capitalisme dans toute sa splendeur. Ce capitalisme qui, tout en prétendant défendre la liberté, précipite les âmes dans la fange de l’avidité et de l’individualisme et transforme l’environnement en cloaque nauséabond, capable de recycler à l’infini la pourriture en comprimant notre temps de cerveau disponible. Loin d’être mainstream, cette œuvre aussi grinçante qu’originale est chaudement recommandée pour prendre un peu de recul par rapport à cette ambiance de fin des temps que nous connaissons depuis bientôt un an…

21/12/2020 (modifier)
Par Yoyo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mes ruptures avec Laura Dean
Mes ruptures avec Laura Dean

Une bd vraiment sympa. Les dessins sont cool et l'ambiance aussi. En fait l'histoire est quand même vraiment réaliste et mérite d'être lue.

21/12/2020 (modifier)
Couverture de la série Adolphus Claar
Adolphus Claar

J'aime bien Chaland, j'aime son dessin et son style, et je me suis aperçu que je n'avais pas avisé cet album, voilà qui est fait. Ces 4 mini-récits ont paru d'abord dans Métal Hurlant en 1982, puis se sont continués étrangement dans Astrapi, c'est curieux parce que ce n'est pas le même lectorat, mais on y décèle quand même un ton léger qui peut s'assimiler à une lecture jeunesse. 4 récits donc, sur un thème de SF humoristique, de teneur forcément inégale mais très plaisante et drôle ; j'ai bien aimé Fouchtrax et Deville, variation sur le Rat des villes et le rat des champs de ce cher La Fontaine. Dans l'ensemble, ce sont des récits très marrants, avec un humour cynique, nourris de clins d'oeil, au ton complètement délirant, où les rebondissements s'enchainent, où les personnages sont projetés dans des situations loufoques, où les histoires de ce monde futuriste semblent mirifiques alors qu'elles ont l'air d'être tout à fait ordinaires, bref Chaland balade le lecteur dans un déferlement d'idées amusantes, c'est inventif et foisonnant, avec une loufoquerie complètement assumée, dommage que Chaland n'ait pas continué sur des récits plus longs, mais le destin ne l'a pas voulu. Le dessin est chouette, j'aime ce graphisme rond et épuré qui est un mélange de l'école franco-belge classique et de néo-Ligne Claire ou un peu atome, avec une fluidité très moderniste et surtout très marquée par les années 80, un style de dessin qu'on retrouve aussi chez des auteurs comme Serge Clerc, François Thomas ou Olivier Schwartz

20/12/2020 (modifier)