La lecture commence timidement. On se demande de quoi cela va parler avec ce dessin naïf aux couleurs pastel qui fait tout de suite penser à Chris Ware et son Jimmy Corrigan. Il s'agit d'une suite d'histoires qui semblent se passer dans une même ville américaine. On retrouve parfois des personnages d'une histoire à l'autre. La première est gentiment triste, on a de la peine pour cette personne qui perd son boulot de ramasseur de déchets alors que c'est le plus assidu de l'équipe.
Puis il y a une histoire qui porte sur une mère de famille très excitée car elle vient de recevoir en avant-première la cassette d'une nouvelle série télévisée pour donner son avis, enfin c'est ce qu'elle croit. Plusieurs pages décrivent la sitcom de manière hilarante. Puis la chute est à nouveau un peu triste, on ressent un manque de sens dans la vie de cette femme.
L'album est réalisé avec une mise en page gaufrier la plupart du temps, des lignes simples et épurées. Le dessin est minimaliste, on a pas mal de cases muettes aussi. Les proportions sont parfois étranges avec certains personnages dessinés de manière énorme. Contrastant avec ce dessin innocent, cela parle de sujets graves et tristes tels qu'inceste, avortement et racisme qui donnent un climat de malaise.
Voici une très bonne découverte d'un auteur au nom imprononçable chez un petit éditeur que je ne connaissais pas non plus qui s'avère être rennais. Quand on sait que l'auteur devait avoir seulement autour de 25 ans lors de la publication, c'est prometteur et augure de bonnes choses pour le futur que j'espère prolifique et aussi réussi.
Il y a un certain côté épique dans cette fable en bande dessinée. Epique par les aventures que son héroïne va être amenée à vivre par delà les contrées. Epique aussi par sa taille car, à l'image de cette fameuse héroïne gigantesque, le contenu de cet album est bien plus dense et long à lire que je m'y attendais. Ses près de 200 pages se divisent en douze chapitres et chacun est presque une histoire à part entière. Elles sont pleines d'originalité et de subtilité, et si prenantes que je n'ai pas su lâcher le livre avant d'arriver à sa fin, tard dans la nuit.
Nous y suivons la géante Céleste, élevée parmi les hommes avec un esprit humble mais plein d'intelligence. D'abord confinée dans son village natale, elle va finalement quitter sa famille pour parcourir le monde, avec plus ou moins de bonheur. Sa taille et sa force immense la protègeront de la plupart des dangers physiques, mais pas de la douleur morale et de possibles moments de tristesse. Elle gardera cependant l'optimisme aussi chevillé au corps que sa curiosité intellectuelle, et marquera son entourage par sa gentillesse, sa finesse d'esprit et la lumière qu'elle apporte dans un monde rude, surtout lorsqu'on est une femme.
Le graphisme est dans un style rond et légèrement naïf qui se révèle non seulement agréable à la lecture mais aussi bien souvent débordant de charme, notamment grâce à sa mise en scène et à la douceur de sa colorisation.
Les intrigues qui forment ce long récit abordent différentes thématiques allant de la peur de l'inconnu à l'utopie d'un monde meilleur, tout en s'attardant plus particulièrement sur la condition féminine dans un monde patriarcal. Ce sujet en particulier est appréhendé de différentes manières et par différents angles au fil des chapitres, évitant tout manichéisme en montrant les multiples faces d'une même pièce.
Le scénario empruntent à de nombreuses influences, qu'il s'agisse de Rabelais et de ses propres géants, de la mythologie grecque, de Venise et d'autres encore. Mais tout s'y fond avec harmonie dans un ensemble cohérent et réjouissant.
J'ai grandement aimé la diversité du cadre de chacun des chapitres qui donnent l'impression d'avoir droit à chaque fois à une nouvelle histoire. J'ai été transporté par ce récit et son attachante héroïne. Et j'ai sincèrement apprécié l'intelligence qui se dégage du scénario et du comportement des protagonistes.
J'ai parfois un peu tiqué sur l'inconstance de la réaction des gens à la présence de la géante parmi eux, quelques fois terrorisés mais aussi d'autres fois semblant à peine remarquer son existence ou trouvant ça presque normal. Cependant j'ai mis cela sur le compte de la licence poétique de cette fable qui n'a pas besoin d'être trop réaliste pour se laisser apprécier.
Je n'ai qu'un léger regret qui est la conclusion un peu trop utopique de l'album, mais après tout elle va dans le même sens que la liberté poétique que je cite ci-dessus, et c'est plutôt agréable d'avoir droit à une fin heureuse.
C'est en tous les cas un album que je conseillerais sans hésiter.
J’ai beaucoup aimé cette série jeunesse, au point d’attendre avec impatience la sortie de chaque nouveau tome. Je la trouve fine, intelligente dans la manière dont elle aborde certains sujets (le phénomène de harcèlement à l’école, les problèmes de communication entre adultes et enfants, …), prenante dans son intrigue policière (c’est quand même le centre du récit, bien mené et tout à fait abordable pour un jeune public sans être simpliste) et extrêmement bien illustrée et mise en couleurs.
Cette mise en couleur et la singularité du trait de Léa Mazé constituent d’ailleurs le premier point d’accroche de la série. Des couleurs fauves, un trait à la fois vif et rond, dynamique et doux. C’est ultra-lisible (et en cela bien adapté aux jeunes lecteurs), élégant et différent du trait mainstream.
Viennent ensuite les personnages, à commencer par ces jumeaux moqués par leurs camarades de classe, bagarreurs et solidaires. J’ai beaucoup aimé ce lien fort qui unit Céline et Colin, cet aspect de leurs personnalités sonne de manière très juste et apporte un plus à la série. La relation qu’ils entretiennent avec leurs parents, débordés par leur travail et ne comprenant pas ces enfants turbulents, est elle aussi traitée avec justesse. Justesse et intelligence car elle n’est pas traitée du point de vue de l’adulte mais bien de celui de l’enfant, avec ce sentiment d’injustice qui le ronge devant des adultes qui ‘ne le comprennent pas’.
Enfin, l’intrigue policière, même si conçue pour être compréhensible d’un jeune public, ne nous prend pas pour des idiots. Il y a de fausses pistes, des déductions futées (qui plairont aux jeunes lecteurs) et des passages dramatiques. L’action est elle aussi régulièrement au rendez-vous, dynamisant agréablement l’ensemble du récit.
Pour moi, c’est clairement un sans-faute. Je viens de relire les trois tomes de la série qui se dévorent malgré la forte pagination (234 pages pour l’ensemble du triptyque, on en a pour notre argent) et j’en ressors séduit. C’est sans doute la série policière pour enfants que je sortirais en premier si quelqu’un me demandait conseil (avec « La Brigade des cauchemars », qui partage un peu la même approche graphique). Franchement, franchement, franchement bien !
Un délicieux bordel de symboles opposés et de fable initiatique actualisée, sur fond de trame psyké-western trash et doux à la fois. Plusieurs bons rebondissements "twistmind".
Je pense qu'avoir vu le film et lu des livres et romans de Jodorowsky permet de faire sens où il semble ne pas y en avoir. Et aussi de comprendre que parfois le sens nous échappe, alors il faut s'ouvrir à l' inconnu. Et rendu là, la psychomagie peut fonctionner pour qui veut bien se prêter au jeu. Car avec Jodo on est toujours en mode théâtre panique et initiatique.
Sans avoir réinventé le genre, j ai un grand plaisir à replonger dans cet univers de El topo. Tout y est. j'attends le final. Je vois le Topo arriver mais Jodo va réussir à me faire plaisir à mélanger la grande fable de l'humanité cruelle , naïve et douce avec coup de théâtre.
Le spirituel de Jodo agace plusieurs ; moi il me fait plaisir à reformuler des fables.
J'avais lu des bonnes critiques sur Chainshaw Man sur internet et je fus bien content lorsque je suis tombé sur les tomes en français à la librairie. J'ai fait le pari de les acheter d'un coup après les avoir feuilletés et je ne regrette pas mon achat.
C'est vraiment un manga bien barré et je ne veux pas trop dévoiler le scénario pour vous laisser la surprise de découvrir cet univers un peu spécial. Je spécifie qu'il faut aimer les scènes d'action gores et aussi un peu la vulgarité, parce qu'il y a des gags un peu limite (genre le héros se fait vomir dans la bouche lors de son premier baiser). On retrouve des principes de bases du shonen, comme le héros très fort, des combats et des thèmes du genre l'amitié c'est bien important vu qu'on va avoir droit à une demi-démone qui n'aime personne, mais qui commence à s'attacher à notre héros.
J'ai trouvé que le scénario était prenant et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Les personnages sont attachants (j'adore Power) et intriguants car certains sont ambiguës. L'humour fonctionne bien et on tombe dans le tragique sans que cela tombe dans du larmoyant facile. J'ai bien hâte de lire la suite et voir comment tout ça va se terminer. Un titre à suivre pour amateur de shonen atypique.
Ma meilleure lecture de 2021, et de loin ! Bon, après l'année ne fait que commencer, mais cette série risque bien de finir dans mon top 5 de 2021.
Je n'ai pas lu le livre d'Orwell. Je commençais donc ces deux tomes sans aucun a priori ou attente. J'en ressors bouche bée, j'ai lu 2 fois de suite les 2 albums.
Dès les premières pages, je découvre des planches dures, remplies d'émotions et de terreurs. On assiste à une dictature vraiment terrifiante sur une population fragile et fatiguée. Cette dernière, menée par une chatte, va tenter de lancer une insurrection avec comme seule arme : la dérision.
Rapidement, le lecteur est tout aussi désespéré que la population. A chaque fois qu'un souffle d'espoir nous effleure, on est immédiatement balayé par la tempête de cette dictature implacable. On n'y croit plus, on abandonne...
Les dessins de Delep contribuent largement à cette ambiance. Les personnages sont remplis d'émotions (véritable prouesse pour des animaux anthropomorphes), les décors sont à la fois somptueux et grandioses, mais surtout froids et mélancoliques. Les couleurs sont subtilement choisies: elles accentuent la sévérité de l'album, tout en rendant la lecture fluide et naturelle.
Maintenant je vous rassure, tout n'est pas triste et morose dans le Château des Animaux. Nous avons même le droit de sourire grâce à la présence de la souris vagabonde, du lapin fornicateur et nounou et de diverses scènes où la basse cours se relâche, nous permettant nous aussi de souffler.
Cette histoire m'a profondément touché. Coup de maître de Dorison? Plagiat du roman d'Orwell? Ce qui est sûr, c'est que je vais rapidement me lancer dans la lecture de ce roman afin de répondre à mes interrogations.
5 étoiles et coup de cœur
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Il plane sur ce récit l’ombre de Steinbeck (« Des Souris et des hommes », « Les Raisins de la colère »). Même cadre, mêmes destins brisés, même constat amer… Si vous cherchez à vous remonter le moral, ne vous risquez pas à cette lecture : elle est déprimante au possible. Misère, malchance, racisme, absurdité et violence de l’univers carcéral, tout est mis en place pour enfoncer encore et encore Roscoe T. Martin, un gars pas parfait mais qui fait son possible pour s’en sortir alors que la crise économique fait rage.
J’ai adoré l’enchainement des événements qui finit par briser le personnage central. Ce personnage, qui est loin d’être parfait, m'a touché par delà ses défauts. Virginia Reeves ne lui épargne rien, et de ce fait nous révèle toute son humanité. Ce récit dénonce bien entendu le système carcéral de l’époque mais reste d’une grande actualité lorsqu’il aborde des sujets tels que la réinsertion ou la nécessité de pouvoir s’épanouir dans son travail.
Le traitement graphique d’Alex W. Inker est une fois de plus pleinement adéquat pour ce récit. Ses personnages caricaturés à la limite du grotesque sont un parfait écho à l’absurdité et à l'horreur de la situation dans laquelle ils se dépatouillent tant que faire se peut.
Certains passages sont prodigieux comme celui dans lequel le compagnon de cellule de Roscoe, menuisier de son état, se réjouit du travail que le pénitencier lui ordonne de réaliser : une nouvelle chaise électrique ! Enfin, il va pouvoir mettre son savoir-faire à l’œuvre… Et Roscoe de proposer ses services en sa qualité d’électricien, espérant ainsi une remise de peine…
Une œuvre dure et prenante, à vivement conseiller aux amateurs du genre… Et à ne pas lire un soir de déprime.
Wilfrid Lupano (Scénario) - Stéphane Fert (Dessin)
Souvent séduit par ces deux auteurs, j’avoue faire partie des lecteurs qui se seront rués sur l’album sans même s’inquiéter du thème de celui-ci. Mais si je considère ce livre comme une des plus belles perles de ce début d’année, il ne le doit pas spécialement au nom de ses auteurs, bien plus déjà au talent dont ils font montre pour nous narrer une page sombre et lumineuse de notre histoire, et énormément à Prudence Crandall, sans qui ce récit n’aurait jamais eu lieu d’être.
Blanc autour nous parle de la première école dédiée à des élèves noires dans l’Amérique de 1832. Et même si cette école s’est implantée dans le Connecticut (soit dans le nord des USA réputé moins raciste et plus progressiste que les états du Sud), le moins que l’on puisse dire est que cette innovation ne va pas être accueillie avec bonhomie.
Les auteurs, tout en nous décrivant les faits avec une certaine rigueur, s’appliquent à nous offrir un récit qui incite à la réflexion. D’historique, ce récit vire régulièrement au sociologique car la situation vécue hier par Prudence Crandall et ses élèves reste d’une cruelle actualité aujourd’hui. Pourquoi refuser le droit à l’instruction ? De quoi les opposants ont-ils si peur ? Ces deux questions sont au centre de nombreuses réflexions et tout le récit (du personnage de ‘Sauvage’ qui refuse l’instruction des blancs à celui de ‘la Sorcière’ qui apportera son expérience du rejet de la différence et du savoir aux jeunes élèves de miss Crandall) semble construit pour nous éclairer sur certaines peurs actuelles. Certains rejets d’aujourd’hui ressemblent tellement à ceux d’hier…
Le dessin de Stéphane Fert, fait d’a-plats et de réguliers jeux d’ombre et de lumière, apporte au récit une touche de fraicheur, de naïveté et de lisibilité, mais sans occulter le caractère dramatique de celui-ci. On retrouve donc les mêmes qualités que celles déjà vues dans ses adaptations de contes (« Morgane », « Peau de Mille Bêtes ») au service ici d’un récit historique.
La narration de Wilfrid Lupano est une fois de plus parfaite d’équilibre. C’est léger et instructif, cinglant à l’occasion et toujours agréable à lire.
Un récit sombre car le destin de cette école est dramatique.
Un récit lumineux car les combats juridiques menés par Prudence Crandall permirent en définitive quelques avancées majeures dans les droits civiques des Etats-Unis d’Amérique.
Une lecture qui ne laisse pas indifférent, ça c’est sûr.
Il faut dire que la vie de l’écrivaine Anaïs Nin fut bien remplie, et que sa personnalité complexe est abondamment documentée dans ses nombreux journaux intimes, publiés de son vivant. Léonie Bischoff a réussi la prouesse de synthétiser toute une vie en 190 pages de BD, sans qu’on ressente des omissions ou coupures (qui ont pourtant dû être nécessaires).
Les sujets abordés sont tellement humains, féminins voire féministes, et la vie a priori scandaleuse et choquante d’Anaïs nous est racontée tout naturellement « de l’intérieur ». En tant que lecteur masculin j’ai accepté et compris des actes pourtant souvent indécents (je pense notamment à la relation incestueuse avec son père – ce dernier l’ayant d’ailleurs violée à l’âge de 9 ans, avant de l’abandonner).
La réalisation de l’album est remarquable. On est d’abord charmé par le style graphique tellement particulier, mais c’est surtout la narration qui m’a impressionné : cet album raconte tellement de choses, fait passer tellement d’émotions… les planches sont pourtant aérées et légères en textes, les émotions sont transmises par les regards, les silences, les couleurs… Il aurait été tellement plus « facile » de réutiliser les textes des journaux originaux, mais l’autrice n’est pas tombée dans ce piège et démontre une maitrise du 9eme art qui force le respect.
Un portrait passionnant d’une femme incroyable. Un coup de cœur !
Thorgal doit être la toute première bande dessinée que j'ai lue de ma vie. Et grâce à elle, une passion est née. Je me vois encore il y a des années découvrir dans la bibliothèque de mon père une série de 15-20 BD, dont les couvertures ont jauni à cause du soleil et être dans l'incompréhension totale quand je voyais mon padre les lire et les relire. La première fois que j'ai ouvert le tome 1, je trouvais les dessins moches, je n'aimais pas les couleurs, je découvrais à quel point les vikings étaient des êtres rustres et sans aucune élégance, je ne comprenais rien aux noms et vocabulaires nordiques. Et là, je commis l'irréparable: je jetai le tome 1 sur le côté en disant à mon père que c'était nul et sans intérêt. Après m'être pris une bonne mandale, je fus attaché au canapé, des cures dents sous les yeux et mon père me fit la lecture (mes souvenirs sont peut être quelque peu romancés). Après la lecture des premiers tomes, j'ai moi aussi été contaminé, et pas uniquement par Thorgal, mais par tout le 9e art.
Vous l'avez compris, je ne vais pas me lancer dans une critique de la série, non seulement parce que le site en regorge des centaines mais surtout parce que mon avis ne serait en rien pertinent et impartial. J'attache à cette série des sentiments tout particuliers. Elle a en effet éveillé une immense passion, a attisé une certaine curiosité en moi tellement les références sont nombreuses, m'a montré les valeurs qu'un homme, un vrai, devait avoir. Que le courage ce n'est pas d'aller se battre et d'être le plus fort, mais d'oser dire qu'on aime nos proches et de tout faire pour défendre nos valeurs (y compris aller vivre seul sur une île déserte). C'est également un symbole qui me relie à mon père, une passion que je partage avec lui. Au fond de moi, je crois que j'ai toujours identifié Thorgal à mon père pour bien des raisons.
Alors oui, cette saga est sûrement truffée de défauts et d'imperfections, mais si elle a su éveiller autant de sentiments auprès de mon père et ensuite en moi, c'est sans doute la preuve qu'on tient là un chef d'œuvre.
5 étoiles et un coup de cœur évident.
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
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Beverly
La lecture commence timidement. On se demande de quoi cela va parler avec ce dessin naïf aux couleurs pastel qui fait tout de suite penser à Chris Ware et son Jimmy Corrigan. Il s'agit d'une suite d'histoires qui semblent se passer dans une même ville américaine. On retrouve parfois des personnages d'une histoire à l'autre. La première est gentiment triste, on a de la peine pour cette personne qui perd son boulot de ramasseur de déchets alors que c'est le plus assidu de l'équipe. Puis il y a une histoire qui porte sur une mère de famille très excitée car elle vient de recevoir en avant-première la cassette d'une nouvelle série télévisée pour donner son avis, enfin c'est ce qu'elle croit. Plusieurs pages décrivent la sitcom de manière hilarante. Puis la chute est à nouveau un peu triste, on ressent un manque de sens dans la vie de cette femme. L'album est réalisé avec une mise en page gaufrier la plupart du temps, des lignes simples et épurées. Le dessin est minimaliste, on a pas mal de cases muettes aussi. Les proportions sont parfois étranges avec certains personnages dessinés de manière énorme. Contrastant avec ce dessin innocent, cela parle de sujets graves et tristes tels qu'inceste, avortement et racisme qui donnent un climat de malaise. Voici une très bonne découverte d'un auteur au nom imprononçable chez un petit éditeur que je ne connaissais pas non plus qui s'avère être rennais. Quand on sait que l'auteur devait avoir seulement autour de 25 ans lors de la publication, c'est prometteur et augure de bonnes choses pour le futur que j'espère prolifique et aussi réussi.
Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté
Il y a un certain côté épique dans cette fable en bande dessinée. Epique par les aventures que son héroïne va être amenée à vivre par delà les contrées. Epique aussi par sa taille car, à l'image de cette fameuse héroïne gigantesque, le contenu de cet album est bien plus dense et long à lire que je m'y attendais. Ses près de 200 pages se divisent en douze chapitres et chacun est presque une histoire à part entière. Elles sont pleines d'originalité et de subtilité, et si prenantes que je n'ai pas su lâcher le livre avant d'arriver à sa fin, tard dans la nuit. Nous y suivons la géante Céleste, élevée parmi les hommes avec un esprit humble mais plein d'intelligence. D'abord confinée dans son village natale, elle va finalement quitter sa famille pour parcourir le monde, avec plus ou moins de bonheur. Sa taille et sa force immense la protègeront de la plupart des dangers physiques, mais pas de la douleur morale et de possibles moments de tristesse. Elle gardera cependant l'optimisme aussi chevillé au corps que sa curiosité intellectuelle, et marquera son entourage par sa gentillesse, sa finesse d'esprit et la lumière qu'elle apporte dans un monde rude, surtout lorsqu'on est une femme. Le graphisme est dans un style rond et légèrement naïf qui se révèle non seulement agréable à la lecture mais aussi bien souvent débordant de charme, notamment grâce à sa mise en scène et à la douceur de sa colorisation. Les intrigues qui forment ce long récit abordent différentes thématiques allant de la peur de l'inconnu à l'utopie d'un monde meilleur, tout en s'attardant plus particulièrement sur la condition féminine dans un monde patriarcal. Ce sujet en particulier est appréhendé de différentes manières et par différents angles au fil des chapitres, évitant tout manichéisme en montrant les multiples faces d'une même pièce. Le scénario empruntent à de nombreuses influences, qu'il s'agisse de Rabelais et de ses propres géants, de la mythologie grecque, de Venise et d'autres encore. Mais tout s'y fond avec harmonie dans un ensemble cohérent et réjouissant. J'ai grandement aimé la diversité du cadre de chacun des chapitres qui donnent l'impression d'avoir droit à chaque fois à une nouvelle histoire. J'ai été transporté par ce récit et son attachante héroïne. Et j'ai sincèrement apprécié l'intelligence qui se dégage du scénario et du comportement des protagonistes. J'ai parfois un peu tiqué sur l'inconstance de la réaction des gens à la présence de la géante parmi eux, quelques fois terrorisés mais aussi d'autres fois semblant à peine remarquer son existence ou trouvant ça presque normal. Cependant j'ai mis cela sur le compte de la licence poétique de cette fable qui n'a pas besoin d'être trop réaliste pour se laisser apprécier. Je n'ai qu'un léger regret qui est la conclusion un peu trop utopique de l'album, mais après tout elle va dans le même sens que la liberté poétique que je cite ci-dessus, et c'est plutôt agréable d'avoir droit à une fin heureuse. C'est en tous les cas un album que je conseillerais sans hésiter.
Les Croques
J’ai beaucoup aimé cette série jeunesse, au point d’attendre avec impatience la sortie de chaque nouveau tome. Je la trouve fine, intelligente dans la manière dont elle aborde certains sujets (le phénomène de harcèlement à l’école, les problèmes de communication entre adultes et enfants, …), prenante dans son intrigue policière (c’est quand même le centre du récit, bien mené et tout à fait abordable pour un jeune public sans être simpliste) et extrêmement bien illustrée et mise en couleurs. Cette mise en couleur et la singularité du trait de Léa Mazé constituent d’ailleurs le premier point d’accroche de la série. Des couleurs fauves, un trait à la fois vif et rond, dynamique et doux. C’est ultra-lisible (et en cela bien adapté aux jeunes lecteurs), élégant et différent du trait mainstream. Viennent ensuite les personnages, à commencer par ces jumeaux moqués par leurs camarades de classe, bagarreurs et solidaires. J’ai beaucoup aimé ce lien fort qui unit Céline et Colin, cet aspect de leurs personnalités sonne de manière très juste et apporte un plus à la série. La relation qu’ils entretiennent avec leurs parents, débordés par leur travail et ne comprenant pas ces enfants turbulents, est elle aussi traitée avec justesse. Justesse et intelligence car elle n’est pas traitée du point de vue de l’adulte mais bien de celui de l’enfant, avec ce sentiment d’injustice qui le ronge devant des adultes qui ‘ne le comprennent pas’. Enfin, l’intrigue policière, même si conçue pour être compréhensible d’un jeune public, ne nous prend pas pour des idiots. Il y a de fausses pistes, des déductions futées (qui plairont aux jeunes lecteurs) et des passages dramatiques. L’action est elle aussi régulièrement au rendez-vous, dynamisant agréablement l’ensemble du récit. Pour moi, c’est clairement un sans-faute. Je viens de relire les trois tomes de la série qui se dévorent malgré la forte pagination (234 pages pour l’ensemble du triptyque, on en a pour notre argent) et j’en ressors séduit. C’est sans doute la série policière pour enfants que je sortirais en premier si quelqu’un me demandait conseil (avec « La Brigade des cauchemars », qui partage un peu la même approche graphique). Franchement, franchement, franchement bien !
Les Fils d'El Topo
Un délicieux bordel de symboles opposés et de fable initiatique actualisée, sur fond de trame psyké-western trash et doux à la fois. Plusieurs bons rebondissements "twistmind". Je pense qu'avoir vu le film et lu des livres et romans de Jodorowsky permet de faire sens où il semble ne pas y en avoir. Et aussi de comprendre que parfois le sens nous échappe, alors il faut s'ouvrir à l' inconnu. Et rendu là, la psychomagie peut fonctionner pour qui veut bien se prêter au jeu. Car avec Jodo on est toujours en mode théâtre panique et initiatique. Sans avoir réinventé le genre, j ai un grand plaisir à replonger dans cet univers de El topo. Tout y est. j'attends le final. Je vois le Topo arriver mais Jodo va réussir à me faire plaisir à mélanger la grande fable de l'humanité cruelle , naïve et douce avec coup de théâtre. Le spirituel de Jodo agace plusieurs ; moi il me fait plaisir à reformuler des fables.
Chainsaw Man
J'avais lu des bonnes critiques sur Chainshaw Man sur internet et je fus bien content lorsque je suis tombé sur les tomes en français à la librairie. J'ai fait le pari de les acheter d'un coup après les avoir feuilletés et je ne regrette pas mon achat. C'est vraiment un manga bien barré et je ne veux pas trop dévoiler le scénario pour vous laisser la surprise de découvrir cet univers un peu spécial. Je spécifie qu'il faut aimer les scènes d'action gores et aussi un peu la vulgarité, parce qu'il y a des gags un peu limite (genre le héros se fait vomir dans la bouche lors de son premier baiser). On retrouve des principes de bases du shonen, comme le héros très fort, des combats et des thèmes du genre l'amitié c'est bien important vu qu'on va avoir droit à une demi-démone qui n'aime personne, mais qui commence à s'attacher à notre héros. J'ai trouvé que le scénario était prenant et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Les personnages sont attachants (j'adore Power) et intriguants car certains sont ambiguës. L'humour fonctionne bien et on tombe dans le tragique sans que cela tombe dans du larmoyant facile. J'ai bien hâte de lire la suite et voir comment tout ça va se terminer. Un titre à suivre pour amateur de shonen atypique.
Le Château des Animaux
Ma meilleure lecture de 2021, et de loin ! Bon, après l'année ne fait que commencer, mais cette série risque bien de finir dans mon top 5 de 2021. Je n'ai pas lu le livre d'Orwell. Je commençais donc ces deux tomes sans aucun a priori ou attente. J'en ressors bouche bée, j'ai lu 2 fois de suite les 2 albums. Dès les premières pages, je découvre des planches dures, remplies d'émotions et de terreurs. On assiste à une dictature vraiment terrifiante sur une population fragile et fatiguée. Cette dernière, menée par une chatte, va tenter de lancer une insurrection avec comme seule arme : la dérision. Rapidement, le lecteur est tout aussi désespéré que la population. A chaque fois qu'un souffle d'espoir nous effleure, on est immédiatement balayé par la tempête de cette dictature implacable. On n'y croit plus, on abandonne... Les dessins de Delep contribuent largement à cette ambiance. Les personnages sont remplis d'émotions (véritable prouesse pour des animaux anthropomorphes), les décors sont à la fois somptueux et grandioses, mais surtout froids et mélancoliques. Les couleurs sont subtilement choisies: elles accentuent la sévérité de l'album, tout en rendant la lecture fluide et naturelle. Maintenant je vous rassure, tout n'est pas triste et morose dans le Château des Animaux. Nous avons même le droit de sourire grâce à la présence de la souris vagabonde, du lapin fornicateur et nounou et de diverses scènes où la basse cours se relâche, nous permettant nous aussi de souffler. Cette histoire m'a profondément touché. Coup de maître de Dorison? Plagiat du roman d'Orwell? Ce qui est sûr, c'est que je vais rapidement me lancer dans la lecture de ce roman afin de répondre à mes interrogations. 5 étoiles et coup de cœur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Un travail comme un autre
Il plane sur ce récit l’ombre de Steinbeck (« Des Souris et des hommes », « Les Raisins de la colère »). Même cadre, mêmes destins brisés, même constat amer… Si vous cherchez à vous remonter le moral, ne vous risquez pas à cette lecture : elle est déprimante au possible. Misère, malchance, racisme, absurdité et violence de l’univers carcéral, tout est mis en place pour enfoncer encore et encore Roscoe T. Martin, un gars pas parfait mais qui fait son possible pour s’en sortir alors que la crise économique fait rage. J’ai adoré l’enchainement des événements qui finit par briser le personnage central. Ce personnage, qui est loin d’être parfait, m'a touché par delà ses défauts. Virginia Reeves ne lui épargne rien, et de ce fait nous révèle toute son humanité. Ce récit dénonce bien entendu le système carcéral de l’époque mais reste d’une grande actualité lorsqu’il aborde des sujets tels que la réinsertion ou la nécessité de pouvoir s’épanouir dans son travail. Le traitement graphique d’Alex W. Inker est une fois de plus pleinement adéquat pour ce récit. Ses personnages caricaturés à la limite du grotesque sont un parfait écho à l’absurdité et à l'horreur de la situation dans laquelle ils se dépatouillent tant que faire se peut. Certains passages sont prodigieux comme celui dans lequel le compagnon de cellule de Roscoe, menuisier de son état, se réjouit du travail que le pénitencier lui ordonne de réaliser : une nouvelle chaise électrique ! Enfin, il va pouvoir mettre son savoir-faire à l’œuvre… Et Roscoe de proposer ses services en sa qualité d’électricien, espérant ainsi une remise de peine… Une œuvre dure et prenante, à vivement conseiller aux amateurs du genre… Et à ne pas lire un soir de déprime.
Blanc autour
Wilfrid Lupano (Scénario) - Stéphane Fert (Dessin) Souvent séduit par ces deux auteurs, j’avoue faire partie des lecteurs qui se seront rués sur l’album sans même s’inquiéter du thème de celui-ci. Mais si je considère ce livre comme une des plus belles perles de ce début d’année, il ne le doit pas spécialement au nom de ses auteurs, bien plus déjà au talent dont ils font montre pour nous narrer une page sombre et lumineuse de notre histoire, et énormément à Prudence Crandall, sans qui ce récit n’aurait jamais eu lieu d’être. Blanc autour nous parle de la première école dédiée à des élèves noires dans l’Amérique de 1832. Et même si cette école s’est implantée dans le Connecticut (soit dans le nord des USA réputé moins raciste et plus progressiste que les états du Sud), le moins que l’on puisse dire est que cette innovation ne va pas être accueillie avec bonhomie. Les auteurs, tout en nous décrivant les faits avec une certaine rigueur, s’appliquent à nous offrir un récit qui incite à la réflexion. D’historique, ce récit vire régulièrement au sociologique car la situation vécue hier par Prudence Crandall et ses élèves reste d’une cruelle actualité aujourd’hui. Pourquoi refuser le droit à l’instruction ? De quoi les opposants ont-ils si peur ? Ces deux questions sont au centre de nombreuses réflexions et tout le récit (du personnage de ‘Sauvage’ qui refuse l’instruction des blancs à celui de ‘la Sorcière’ qui apportera son expérience du rejet de la différence et du savoir aux jeunes élèves de miss Crandall) semble construit pour nous éclairer sur certaines peurs actuelles. Certains rejets d’aujourd’hui ressemblent tellement à ceux d’hier… Le dessin de Stéphane Fert, fait d’a-plats et de réguliers jeux d’ombre et de lumière, apporte au récit une touche de fraicheur, de naïveté et de lisibilité, mais sans occulter le caractère dramatique de celui-ci. On retrouve donc les mêmes qualités que celles déjà vues dans ses adaptations de contes (« Morgane », « Peau de Mille Bêtes ») au service ici d’un récit historique. La narration de Wilfrid Lupano est une fois de plus parfaite d’équilibre. C’est léger et instructif, cinglant à l’occasion et toujours agréable à lire. Un récit sombre car le destin de cette école est dramatique. Un récit lumineux car les combats juridiques menés par Prudence Crandall permirent en définitive quelques avancées majeures dans les droits civiques des Etats-Unis d’Amérique.
Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges
Une lecture qui ne laisse pas indifférent, ça c’est sûr. Il faut dire que la vie de l’écrivaine Anaïs Nin fut bien remplie, et que sa personnalité complexe est abondamment documentée dans ses nombreux journaux intimes, publiés de son vivant. Léonie Bischoff a réussi la prouesse de synthétiser toute une vie en 190 pages de BD, sans qu’on ressente des omissions ou coupures (qui ont pourtant dû être nécessaires). Les sujets abordés sont tellement humains, féminins voire féministes, et la vie a priori scandaleuse et choquante d’Anaïs nous est racontée tout naturellement « de l’intérieur ». En tant que lecteur masculin j’ai accepté et compris des actes pourtant souvent indécents (je pense notamment à la relation incestueuse avec son père – ce dernier l’ayant d’ailleurs violée à l’âge de 9 ans, avant de l’abandonner). La réalisation de l’album est remarquable. On est d’abord charmé par le style graphique tellement particulier, mais c’est surtout la narration qui m’a impressionné : cet album raconte tellement de choses, fait passer tellement d’émotions… les planches sont pourtant aérées et légères en textes, les émotions sont transmises par les regards, les silences, les couleurs… Il aurait été tellement plus « facile » de réutiliser les textes des journaux originaux, mais l’autrice n’est pas tombée dans ce piège et démontre une maitrise du 9eme art qui force le respect. Un portrait passionnant d’une femme incroyable. Un coup de cœur !
Thorgal
Thorgal doit être la toute première bande dessinée que j'ai lue de ma vie. Et grâce à elle, une passion est née. Je me vois encore il y a des années découvrir dans la bibliothèque de mon père une série de 15-20 BD, dont les couvertures ont jauni à cause du soleil et être dans l'incompréhension totale quand je voyais mon padre les lire et les relire. La première fois que j'ai ouvert le tome 1, je trouvais les dessins moches, je n'aimais pas les couleurs, je découvrais à quel point les vikings étaient des êtres rustres et sans aucune élégance, je ne comprenais rien aux noms et vocabulaires nordiques. Et là, je commis l'irréparable: je jetai le tome 1 sur le côté en disant à mon père que c'était nul et sans intérêt. Après m'être pris une bonne mandale, je fus attaché au canapé, des cures dents sous les yeux et mon père me fit la lecture (mes souvenirs sont peut être quelque peu romancés). Après la lecture des premiers tomes, j'ai moi aussi été contaminé, et pas uniquement par Thorgal, mais par tout le 9e art. Vous l'avez compris, je ne vais pas me lancer dans une critique de la série, non seulement parce que le site en regorge des centaines mais surtout parce que mon avis ne serait en rien pertinent et impartial. J'attache à cette série des sentiments tout particuliers. Elle a en effet éveillé une immense passion, a attisé une certaine curiosité en moi tellement les références sont nombreuses, m'a montré les valeurs qu'un homme, un vrai, devait avoir. Que le courage ce n'est pas d'aller se battre et d'être le plus fort, mais d'oser dire qu'on aime nos proches et de tout faire pour défendre nos valeurs (y compris aller vivre seul sur une île déserte). C'est également un symbole qui me relie à mon père, une passion que je partage avec lui. Au fond de moi, je crois que j'ai toujours identifié Thorgal à mon père pour bien des raisons. Alors oui, cette saga est sûrement truffée de défauts et d'imperfections, mais si elle a su éveiller autant de sentiments auprès de mon père et ensuite en moi, c'est sans doute la preuve qu'on tient là un chef d'œuvre. 5 étoiles et un coup de cœur évident. MAUPERTUIS, OSE ET RIT !