Les derniers avis (9597 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Mécanique du sage
La Mécanique du sage

Il y a six ans, j’avais découvert Les Idées fixes et j’avoue être tombé sous le charme. Cette bande dessinée m’avait laissé une très bonne impression, malgré sa forme quelque peu déroutante, grâce à la merveilleuse poésie qui s’en dégageait… Gabrielle Piquet confirme avec ce nouvel opus son style très particulier, ainsi que son audace, très légitimement récompensée lors du dernier Festival d’Angoulême. Gabrielle Piquet réussit à nous immerger très vite dans son récit atypique en utilisant les codes de la fable. De nombreux qualificatifs viennent à l’esprit, mais ce que l’on retient pour définir au mieux l’objet, c’est sa liberté et son intemporalité. Les cases restent ici accessoires, et le dessin, empreint d’une délicate poésie rétro, s’apparente à une écriture en symbiose totale avec le texte, qui, sous une apparente simplicité, est très travaillé. L’autrice insuffle de la mélodie à ses mots, qu’elle conjugue à une discrète espièglerie qui imprègne également son trait, provoquant souvent un sourire amusé chez le lecteur. Ce trait en question, d'un violet pâle, semble être tracé à main levée, sans aucun effet ostentatoire. Il reste d’une parfaite lisibilité, avec moult détails qui viennent souvent compléter le texte ou les dialogues. On pense beaucoup à Will Eisner et ses fables new-yorkaises, autant pour ce qui est du dessin que de la narration. L’histoire, qui se situe dans l’Écosse des années 1920, raconte le parcours chaotique d’un homme de bonne famille, Charles Hamilton, qui pourtant a « tout pour être heureux ». Car cet oisif épicurien à l’âme d’artiste, apprécié de son entourage, ne se satisfait plus de sa vie de riche héritier enclin à la fête et à la débauche. Quelque chose lui manque, et l’ennui le gagne peu à peu. D’une liaison amoureuse qui battra vite de l’aile et prendra fin avec la mort de sa bien-aimée, naîtra une enfant, Sonia. Souffrant d’une maladie pulmonaire, celle-ci est par ailleurs en proie à de fortes colères qui laissent son père désemparé. Après l’avoir placé dans un établissement spécialisé, Hamilton va renouer pendant une courte période avec sa vie dissolue, avant de se lasser à nouveau. Hanté par son aïeul qu’il voit comme un sage, il va acheter les services d’un « ermite ornemental », dont le rôle sera de se promener dans son jardin et d’inviter son propriétaire « à s’imprégner de son modèle et à assimiler pour lui-même ces signes extérieurs de sagesse ». Peut-être une manière de chercher à reconnecter avec Sonia, qui elle-même est en deuil de son premier amour, un gros garçon joufflu et immobile, que cette maigre fillette vénérait de façon platonique et unilatérale. Celle-ci va alors sombrer dans un mutisme mélancolique… Impossible de révéler la fin, mais la réconciliation entre le père et sa fille prendra des chemins pour le moins inattendus et pour tout dire, aussi drôles que jubilatoires… « La Mécanique du sage » constitue une lecture très agréable par sa fluidité. On apprécie pleinement la poésie et l’humour qui se dégage de cette jolie fable sortant des sentiers battus, sous-tendue par une réflexion philosophique sur le sens de la vie et de cette fameuse sagesse que chacun d’entre nous cherche à atteindre. Déconstruisant l’image d’Epinal du vieux sage barbu et imperturbable, Gabrielle Piquet nous montre peut-être que la sagesse n’implique pas obligatoirement de se renier soi-même, et nécessite même de conserver un petit grain de folie. Bouddha le disait lui-même : « L’insensé reconnaissant sa folie est sage, mais l’insensé qui se croit sage est vraiment fou »…

27/03/2021 (modifier)
Couverture de la série Donjon Antipodes -
Donjon Antipodes -

Sans surprise, on reste dans la verve des Donjon. Le ton est à la fois drôle et décalé, tout en laissant la place à des questions vraiment pas si anecdotiques que ça. L'ensemble m'évoque, de façon certes lointaine mais néanmoins insistante, Le Chat du Rabbin ou Socrate le demi-chien. La narration est tellement fluide qu'elle coule de source, et ces albums se dévorent avec un grand plaisir. Mention spéciale pour le début du tome -10 000, avec son texte off et la petite surprise qu'elle nous réserve au bout de quelques pages. J'attends de voir comment ce bout de la série va se développer. Pour le moment, on a une nouvelle série de l'univers Donjon, avec très peu de contraintes liées à cet univers, et donc une grande liberté. J'espère que quand Sfar et Trondheim vont devoir raccrocher les wagons avec la suite, cette série ne perdra pas son ton actuel, qui est vraiment très agréable.

27/03/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un travail comme un autre
Un travail comme un autre

Je ne connaissais pas le roman de Virginia Reeves, mais cette adaptation m’a beaucoup plu. L’histoire nous raconte les déboires de Roscoe T Martin, un mec pas plus mauvais qu’un autre, qui tente de subvenir à sa famille pendant la grande dépression des années 30. Il fait preuve d’ingéniosité mais surtout de malchance, difficile de ne pas avoir de la peine en voyant sa vie s’effondrer, lui échapper petit à petit. Toute la fin (après sa libération de prison) m’a beaucoup touché, beaucoup ému. La lecture est fluide et prenante, et le style graphique particulier et un peu « vintage » est vraiment classieux. Un excellent moment de lecture, et un coup de cœur.

27/03/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ion Mud
Ion Mud

Je n’ai jamais lu Blame !, qui a apparemment beaucoup influencé « Ion Mud ». J’ai toutefois tout de suite flashé sur la couverture et les premières pages de cet album, avec achat immédiat dans la foulée… et je ressors satisfait de ma lecture. Le scénario est très flou et nébuleux pendant la majorité de l’album : on suit les péripéties souvent inexplicables du protagoniste, on est bombardé de termes étranges (les Toranas, le projet Janus, les errants, les Oeds, les Sombres) et de manière générale on patauge pas mal. La promenade est toutefois plaisante, grâce à un personnage à part entière époustouflant : le vaisseau gigantesque dans lequel erre tout ce beau monde. Sa mise en image est impressionnante, cette minutie dans les détails structurels, ces perspectives, ce vertige qu’on ressent presque quand Lupo se tient au bord du vide. La lecture est rapide et haletante, en partie grâce à une narration légère qui propose de nombreux passages muets… et puis le dénouement parvient à (presque) tout expliquer, de façon logique et satisfaisante. J’ai trouvé la dernière page très belle. Une promenade fascinante dans une architecture insondable et mystérieuse, et un excellent moment de lecture pour le fan de science-fiction que je suis… miam !

23/03/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Soleil mécanique
Soleil mécanique

Le moins qu’on puisse dire, c’est que graphiquement, l’ouvrage n’est pas très engageant avec son trait géométrique hyper minimaliste. Et pourtant, quand on se donne le peine d’entamer la lecture, on est très vite fasciné par ce qui s’avère un parti pris radical et d’autant plus original quand on sait que le dessin a été entièrement réalisé à l’aide du logiciel Autocad. Seul un architecte aurait pu avoir une telle idée, et celui-ci se prénomme Lukasz Wojciechowski. Prof d’architecture et de design à la fac de Wroclaw, en Pologne, il publie ici sa seconde bande dessinée. Passé le temps de familiarisation avec cette forme narrative singulière qui requiert la participation active du lecteur, force est d’admettre que celle-ci fonctionne très bien, en partie grâce à une écriture fluide. Wojciechowski adopte le format du gaufrier, où les cases, dédiées autant à la partie graphique que textuelle, deviennent ainsi des phylactères à part entière. Pour l’architecte tchèque Bohumil Balda dont la carrière est en pleine ascension, ce soleil, élément récurrent du récit qui était au centre de ses créations, deviendra sa malédiction. La magnifique maison baignée de lumière où il demeure avec son épouse, d’une conception très avant-gardiste pour l’époque, reprend le concept des « toits-terrasse » cher à Le Corbusier. Les nazis, qui viennent d’envahir les Sudètes, vont faire appel à ses compétences, alors que curieusement ils exècrent le modernisme et préfèrent les toits en pente. Balda, par lâcheté ou par égocentrisme, peut-être un peu des deux, va céder bon gré mal gré aux sirènes hitlériennes de la gloire et abandonnera ses toits plats… Il est vrai qu’un refus équivaudrait à un suicide professionnel, réduisant alors sa carrière à néant. Mais bien vite, après une bouffée d’égo passagère, il sera rattrapé par sa mauvaise conscience, car pour être adoubé par ce régime, il y a forcément un prix à payer. Sous le diktat humiliant d’un sbire de Hitler, il sera chargé de concevoir le fameux « soleil mécanique », un projet titanesque et mégalo à la gloire du führer qui le conduira vers la folie puis la chute. Pour revenir sur l’aspect graphique, c’est la forme qui prime ici, bien au-delà d’une quelconque velléité esthétique. Toutes les choses visibles du monde réel sont ramenées à l’état de symbole, de logo, de courbes et de lignes épurées à l’extrême. De façon logique, les constructions sont un assemblage de carrés, de rectangles, parfois de triangles, puisqu’il s’agit du thème central du livre, mais les personnages également, masculins en particulier. Lida, l’épouse de Balda, intègre quant à elle des courbes plus féminines dans sa représentation. En contrepoint des angles et des traits rectilignes, évoquant la stabilité et la conception humaine, le cercle impose son mouvement naturel et son mystère obsédant, parfaitement souligné par l’auteur par un procédé itératif. Le cercle, symbole le plus répandu dans l’histoire de l’humanité, aux significations multiples selon les cultures. Ici, il symbolise avant tout l’astre suprême, et par extension la roue, la course du temps et l’éternité. Au fur et à mesure que l’histoire avance, le soleil si cher à Balda, va progressivement être remplacé par la svastika hitlérienne, terrible juggernaut qui finira par « désagréger » l’architecte, lui dont le travail était façonné par l’astre lumineux. Sa femme, qui le vénérait et voyait en lui un créateur de soleil, sera en quelque sorte une victime collatérale en perdant la vue, peut-être à force d’avoir trop contemplé l’astre depuis sa terrasse… Contre toute attente, « Soleil mécanique » est donc une excellente surprise. Cet ouvrage pseudo-historique nous laisse fascinés, comme si ce soleil avait imprimé durablement notre rétine, et nous trouble au point de se demander si tout cela n’est pas vraiment arrivé, sentiment renforcé par les photos qui jalonnent le récit. Mais surtout, il s’agit d’une double fable, d’une part celle d’un homme qui fut courtisé avant d’être annihilé dans son âme par un pouvoir politique monstrueux, d’autre part celle d’un régime qui fut englouti et périt par sa propre vanité. « Soleil mécanique » est une réécriture absolument percutante du mythe d’Icare.

22/03/2021 (modifier)
Par Ubrald
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Starve
Starve

J’ai bien aimé cette bd, je ne lui mets pas 4 mais un bon 3.6. Et pourtant, une histoire de téléréalité sur la cuisine… avec un dessin très sombre… bof rien pour me plaire au premier abord, mais on me l’a mise de force dans les mains ;-) et oui j’ai bien accroché, je l’ai quasiment lue d’une traite, c'est très rythmé, très original et on se fait vite au dessin sombre, ça colle bien à l’ambiance dramatique du scénario et du contexte social. De plus, je suis souvent déçu par les fins d’histoires, pas sur celle-ci.

22/03/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme qui marche
L'Homme qui marche

Ayant adoré Quartier lointain, j'ai décidé de lire d'autres oeuvres de Taniguchi, en commençant par celle-ci. L'histoire est très simple et se résume au titre de l'album: c'est un homme qui marche. Point. Pas d'aventures, d'actions ou de fantaisies, juste quelqu'un qui marche. Et c'est là tout l'intérêt de ce manga. En marchant, ce japonais va s'émerveiller devant les petites choses du quotidien: une mésange charbonnière, un cerisier en fleur, des enfants jouant au ballon, la sérénité d'un parc, un petit avion coincé dans un arbre,... Durant les 130 et quelques pages de ce manga, nous marchons avec cet homme et nous aussi nous nous émerveillons. D'une part, on s'émerveille des dessins qui sont toujours autant ancrés de poésie que dans Quartier lointain, qui nous dressent des paysages et décors à couper le souffle, et qui nous dépeignent la vie quotidienne d'un japonais. Et d'une autre part, on s'émerveille avec cet homme qui marche, de la poésie que nous offre la vie. Il n'y a presque pas de texte dans ce manga. Cela nous donne l'opportunité de nous créer notre propre texte, de penser, de réfléchir tout en marchant. J'ai lu dans un des avis qui précède le mien, qu'avec ce manga, Taniguchi nous donne du temps. C'est exactement le ressenti que j'ai eu durant ma lecture. Pendant que cet homme marchait, j'ai eu le temps de me rendre compte que je passais à côté de tout ce que la vie peut m'offrir. En pensant aller à l'essentiel dans mon quotidien, en réalité, je rate l'essentiel. Un manga rempli de poésie, qui va vous donner le temps de vous recentrer sur les petits bonheur du quotidien et surtout, qui va vous faire marcher. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

22/03/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur Mardi-Gras Descendres
Monsieur Mardi-Gras Descendres

En résumé : 4/5. Une belle surprise pour un récit macabre, atypique et absurde, que j'ai eu plaisir à lire du début à la fin. Pauvre Monsieur Mardi-Gras Descendres qui, comme ses homologues, reçoit sans prévenir l'information qu'il se trouve dorénavant dans ce drôle de monde d'hommes squelettiques, après une mort accidentelle. D'entrée, la différence entre les causes de sa mort et l'endroit dans lequel il est jeté nous annonce le style absurde, que j'apprécie particulièrement. Le récit est très bien monté, on s'y plonge facilement. A priori, je pensais lire une aventure abracadabrantesque après lecture du résumé. Et puis non, c'est une approche à la fois sage et drôle de parler de : la mort, la religion, la condition humaine et notre motivation à exister et s'accrocher à la vie. L'auteur a dû injecter pas mal de pensées philosophiques, plutôt habilement puisqu'elles se touchent et se confrontent tout du long. L'aventure est faite de péripéties mais les objectifs sont assez clairs, rendant l'ensemble linéaire. Je n'aurais pas autant aimé s'il n'y avait pas eu toute cette ambiance absurde qui donne de la légèreté au récit et des personnages dont j'ai eu plaisir à suivre les aventures (notre héros curieux et convaincu, son compagnon qui cause l'argot comme personne, le mystérieux facteur moustachu). Mais il y a son lot de moments noirs, avec la lourde conscience de son être, pouvant amener à la dépression, la fatalité et le défaitisme. C'est un univers tellement riche! Et puis ce dessin, qui m'a plus dès le départ, a été magnifié sur le T.2 avec une mise en couleur discrète et efficace. La couleur du T.3 vient appuyer le récit. Et celle du T.4 redevient comme le T.2 mais avec des couleurs plus ternes. Les squelettes sont très beaux et leur visage dégage de l'expression. J'ai aussi beaucoup aimé ce pointillisme qui vient agrémenter le décor galactique. Les planches sont homogènes, quelques découpages sympas mais il n'y a pas grande prise de risque à ce sujet, j'aurais aimé avoir plus de plans larges pour contempler l'univers avec ce style. Je me perdais un peu pour reconnaître les personnages secondaires je l'avoue, mais ça n'aura pas bloqué ma lecture. Ah oui, et la fin quand même... C'est un magnifique final, qui dégage toute la poésie de cette histoire. Gros coup de coeur pour une série que j'aimerais posséder.

22/03/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bathtub Brothers
Bathtub Brothers

Ce qui est bien avec les mangas est que même si on trouve des genres très codifiés, il y a aussi plein d'auteurs qui n'ont pas peur de trouver des idées dingues. Ici, on a droit à un héros loser qui a un frère asocial qui sort jamais de sa chambre et ils vont être obligés de s'entraider et de survivre à la montée du niveau de la mer dans leur baignoire ! J'ai trouvé ce manga prenant et j'ai bien hâte de lire la fin. L'idée de départ semble un peu tirée par les cheveux et le fait qu'il y a plein de requins mangeurs d'hommes donne l'impression qu'on va lire une série Z déconnade, mais l'auteur mélange l'humour et le drame et ça fonctionne ! J'ai été captivé par le scénario et je tournais les pages en voulant savoir comment les frères allaient survivre et si les personnages secondaires qu'ils croisent vont survivre ou non. Un autre point fort du scénario est les personnages. Les deux héros ont plein de défauts, mais ils restent humains. L'auteur a réussi à ne pas les rendre odieux à mes yeux. Ils sont attachants malgré tout. La relation entre les deux frères est intéressante. Et en prime la série n'a que 4 tomes, donc on évite le manga qui s'allonge inutilement pendant des tomes et des tomes. Le dessin est un peu moche (l'auteur semble prendre plaisir à dessiner des personnages moches), mais c'est pas grave. À lire si on est fan de manga qui sort de l'ordinaire !

20/03/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Persepolis
Persepolis

Longtemps j'ai hésité avant d'enfin lire Persepolis. Le dessin me rebutait. Je le trouvais trop simpliste, brouillon. Et encore maintenant, mon avis sur le dessin reste inchangé. Je ne l'aime vraiment pas, j'ai l'impression qu'il a été bâclé, fait à la "va vite". Voilà le seul et unique défaut de cette série à mes yeux. Nous avons là une autobiographie exceptionnelle. Je ne sais pas si tout est véridique mais j'en ai bien l'impression. Marjane Satrapi est une iranienne qui a grandi durant la révolution iranienne, suivi de la guerre Iran-Irak et de tous les autres événements dont j'avoue avoir pris connaissance durant ma lecture. Avant ma lecture, certes je savais qu'il y avait eu des conflits Là-bas, mais ce n'était que là-bas, donc pourquoi m'en serais-je soucié et intéressé? J'ai donc découvert, à travers les yeux d'une gamine, le quotidien d'une famille iranienne durant les années 70-80 en Iran, et plus particulièrement, le quotidien des femmes. J'ai souvent été choqué, parfois même effaré. Mais j'ai également été impressionné par le courage, la détermination et l'amour dont peuvent faire preuve les familles iraniennes. Prenons comme exemple les parents de notre héroïne (oui on peut l'a qualifié de héros, au sens premier du terme), qui prennent un grand risque en ramenant d'un voyage un poster d'un groupe de musique à leur fille. Ce poster sera caché dans les coutures d'une veste afin de ne pas le plier. Ils ont risqué jusqu'à leur vie pour un simple poster. Bien entendu, ce simple poster à mes yeux, est en fait tout un symbole de liberté pour eux. En effet, ces familles n'ont aucun droit. Et encore moins les femmes. Ensuite, Marjane Satrapi, à 16 ans, ira en Autriche poursuivre ses études dans une société civilisé et ouverte d'esprit. Et là encore j'ai pris une belle claque dans la g*****. Je me suis rendu compte, au fil des pages, à quel point nous, occidentaux privilégié, pouvions être encore plus fermé d'esprit et égoïste que le pire des extrémistes. Satrapi va être confronté au rejet et racisme que rencontre beaucoup d'immigrés et cela m'a dégouté. Au bout de quelques années des plus sympathiques passé en Europe (comprenez l'ironie s'il vous plait), Satrapi va décider de rentrer chez elle, malgré les lois liberticides. C'est pour vous dire à quel point elle en a bavé. La différence étant qu'elle n'est plus une gamine, mais une adulte. Nous avons donc encore un nouveau point de vue sur cette société. Et encore une fois, cette partie ne sera pas des plus joyeuses. Ce récit de vie est sans conteste, un ouvrage à lire. Véritable récit historique, où la petite histoire raconte la grande. Qui a l'audace de dénoncer. Qui nous dépeint une société liberticide au travers les yeux d'un enfant, puis d'une ado et enfin d'une femme. Qui instruit et donne envie d'en apprendre plus sur cette culture et période de l'Histoire. Qui bouleverse de nombreuses idées reçues. Qui, excusez mon langage, met une bonne mandale dans la gueule aux occidentaux et à tous leurs privilèges. Vous l'aurez compris, j'ai réellement été impressionné et bouleversé par la vie de Satrapi. Malgré le fait que je n'ai pas du tout apprécié les dessins, rapidement ces derniers n'ont plus aucune importance, tellement l'histoire est prenante et grave. A lire absolument. 4,5 étoiles et un coup de coeur (un meilleur dessin aurait rendu la série culte et aurait valu un 5 étoiles) MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

19/03/2021 (modifier)