Les derniers avis (9705 avis)

Par kanibal
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Buddy Longway
Buddy Longway

Buddy Longway, tout a déjà été dit sur cette série, des critiques dithyrambiques etc.. etc.. , alors je ne serais pas long sur le sujet, je voyais ce titre à la bibliothèque mais quand j'ouvrais le livre le style graphique faisait vieillot et me rebutait , et là j'ai franchi le pas . . . je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds. ah lala damn!!! là je comprends pourquoi il y a tant d'éloges envers cette série . Buddy Longway c'est une ode à la nature et un hymne à l'humanisme mais c'est aussi une sacrée tragédie. Le dessin que je trouvais moche dans le tome 1 on n'y fait même plus attention et il s'améliore dans les tomes suivants. Cette fin tragique il fallait oser j'ai trouvé cela hyper couillu de la part de l'auteur et c'est ce qui rend cette série résolument mature et mythique. MAGISTRALE.

31/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Tango (Xavier/Matz)
Tango (Xavier/Matz)

Je lorgnais cette série dès le tome 1 en 2017, me demandant quand je pourrais la lire, en devinant que ça pouvait me plaire, j'ai une sorte de flair pour ça, et autant dire si je suis patient d'avoir attendu aujourd'hui, aidé aussi par des impondérables qui m'ont fait oublier un temps la série, mais cette fois ça y est, j'ai tout lu et je me suis régalé ! Matz et Xavier donnent vie à un nouveau héros aventurier au physique de beau gosse charismatique, dans une sorte de western contemporain ; c'est dans un style proche de Wayne Shelton, de Mexicana, de Tosca, de Largo Winch et avec un petit air de Bernard Prince aussi, bref un combo extra et très séduisant, avec un héros qui se planque dans plusieurs endroits de la planète parce qu'il est rattrapé par son passé, et qu'il a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et de se fourrer dans des embrouilles pas possibles. Les auteurs n'ont pas peur de marcher sur un terrain déjà très fréquenté, avec des situations archi vues, des ingrédients ultra éprouvés et en enquillant une tonne de clichés. Mais allez savoir pourquoi, c'est tellement bien torché, avec des scénarios bien ficelés, des personnages secondaires bien travaillés et qui ont la gueule de l'emploi, que malgré toutes ces conventions, je marche à fond dedans, je fonce même, je prend un vrai plaisir à me lancer dans cette série qui a l'énergie des meilleurs thrillers, qui avance vite, avec des séquences remuantes, des parties de flingues, de la castagne et du suspense. Faut dire que le tome 1 démarre en trombe et met de suite dans l'ambiance, on voit aussitôt à quoi on va être confronté, à une sorte de mélange de genres qu'on retrouve dans des bandes que j'ai citées plus haut, avec un ton de western pour la forme, une action moderne située de nos jours pour le fond, et une psychologie bien étudiée, juste ce qu'il faut pour pas alourdir la série qui vise avant tout à détendre. L'aspect cosmopolite des lieux où circulent Tango et son acolyte, dont chaque album se déroule dans un pays différent, apporte un plus indéniable et donne une touche exotique non négligeable ; les décors d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud sont très chouettes, ça change des Bd qui se situent toujours aux Etats-Unis, j'adore ce composant que je considère comme étant l'un des plus efficaces de la série qui est facile à lire, qui se lit assez vite et qui ne prend pas la tête. C'est classique et ça ne renouvelle rien mais c'est tellement prenant que j'ai lu les 5 albums d'affilée sans faiblir, et je me suis vraiment régalé. En plus ce sont des histoires complètes par albums, on ne voit plus guère ce procédé de nos jours, même s'il y a quand même un cheminement, une continuité ; mes préférés sont les 2 premiers albums, en Bolivie et aux Bahamas, le tome 3 m'ayant paru le moins intéressant... L'autre grand atout de cette Bd, c'est bien sûr son dessin, il est clair que s'il n'y avait pas un dessin du calibre de Xavier, ça serait sans doute plus ennuyeux ; c'est dessiné avec application et un grand soin, j'aime le beau trait fluide, sensuel et réaliste de Xavier qui livre des paysages superbes et des vues très cartes postales en utilisant une mise en page très aérée, avec de grands cadrages. Voila donc une bande qui possède toutes les recettes d'une bonne Bd populaire de qualité, et appelée à devenir une nouvelle référence de la BD d'aventure, si ce n'est déjà fait. Attention cependant à un truc qui pourrait la pénaliser : le système narratif et la trame de chaque album sont pratiquement identiques, il ne faudrait pas que ça devienne trop répétitif au point de couler la série, ça serait vraiment dommage.

31/05/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Le Loup des Mers mériterait de devenir un grand classique de la BD. Pour la seconde fois Riff Reb’s m’embarque complètement dans cette odyssée. Avec A Bord De l’Etoile Matutine, l’auteur propose de transmettre des histoires terriblement puissantes. L’écriture est incroyable. Les mises en scène sont pleines de vie. L’évolution des personnages est un vrai régal. Le Loup est d’un mystère sans fond et le raconteur gagne clairement son lot d’intérêts au fil de l’histoire. L’approche philosophique est concrète, franche. Riff Reb’s continue d'explorer le nihilisme, qui atteint ici son paroxysme. L'idée est personnifiée par un capitaine terrifiant et misanthrope qui se confronte aux moralistes, ceux-là qui n’ont jamais remis en cause ni questionné les valeurs qui les guident. Tout est fait de nuance, les dialogues dégagent des problématiques profondes et je trouve très intelligent d’avoir fait en sorte que le scénario soit une grande histoire faite de « mises en pratiques » philosophiques. Le décor maritime est grandiose, lugubre et mortifère avec ce doux parfum poétique. La bichromie me plonge dans l’ambiance et le dessin laisse sans voix. Même si c'est un one shot, je conseillerais de lire la trilogie maritime selon l'ordre de parution, dans le sens où le premier volet est basée sur l'ambiance générale, tandis que ce second récit se concentre sur la pensée de deux individus, essentiellement. J'ai bien aimé ce système d'entonnoir, on n'en finit pas de découvrir des choses. J’ai un profond respect pour le travail de Riff Rebb’s, qui mérite une place digne dans l’histoire de la bande dessinée. A posséder et à partager.

30/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

Malgré un graphisme qui ne m'attirait vraiment pas, j'ai adoré cet album. Un jour le personnage central, Lubin, développe une deuxième personnalité, qui prend sa place un jour sur deux avec une régularité de métronome. Ceci étant posé, si vous pensez que c'est la recherche de la cause de cette "affection" ou d'une solution médicale ou psychologique qui sera le sujet de cette histoire, alors vous faites fausse route. Lubin, un peu passif, accepte en effet de subir cette situation comme s'il n'y avait pas de solution, et c'est la cohabitation de ces deux personnalités et les problématiques qu'elle pose - organisation quotidienne, vie amicale, travail, famille, petites amies, etc. - qui occuperont une assez large première partie. Mais bientôt cette coexistence devient difficile, et le deuxième Lubin prend le pas sur l'original, et ce d'une manière croissante. Le jour sur deux d'existence devient un jour sur trois, quatre, cinq, et la vie du Lubin d'origine se réduit à peau de chagrin, et nous avons là la deuxième partie du récit. On pensera inévitablement à L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, mais ici, même s'il y a de la tension, on n'est absolument pas dans le même registre. Cette deuxième partie occupera tout le reste de la vie de Lubin. Le récit prend ici des allures de voyage dans le temps, puisque selon son point de vue le Lubin original revient en faisant des sauts dans le temps de plus en plus espacés. Du coup le monde change, ses relations vieillissent, le deuxième Lubin vit sa vie, et c'est l'original qui est devenu l'intrus, anomalie qu'il faut éliminer. Et la fin, que dire de la fin ? Ahlala, qu'elle est bien trouvée et mise en scène, cette fin ! Belle et sombre, désespérément belle, atrocement sombre... Une excellente surprise, donc que cette histoire qui mêle des thématiques diverses, et qui parvient - très bonne idée - à nous faire voyager dans le temps sous couvert de schizophrénie.

30/05/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Danganronpa - Trigger Happy Havoc (The Animation)
Danganronpa - Trigger Happy Havoc (The Animation)

Je n'ai pas joué aux jeux vidéos Danganronpa, mais j'avais vu l'adaptation en animé et j'avais bien aimé. Lorsque j'ai vu l'adaptation en manga, je n'ai pas résisté à l'idée d'acheter le premier tome. Après l'avoir lu et adoré, je suis allé chercher le reste ! Donc un groupe d'élève se retrouve dans une école dirigée par un robot-ours bien méchant qui les force à jouer à un jeu de mort: pour sortir de l'établissement, vous devez tuer un camarade de classe et ne pas se faire prendre. Si durant le procès, les autres élèves se trompent de coupable, ils vont se faire exécuter et vous sortez, s'ils devinent que vous être le coupable, c'est vous qui vous faites exécuter ! C'est un bon thriller avec un coté délirant (Il faut pas s'attendre à un truc réaliste, mais il y a tout de même de la logique, c'est pas juste un gros délire), la plupart des personnages ont des personnalités exagérées et le robot-ours aime l'humour noir et foutre la pagaille. J'ai trouvé le scénario prenant et je ressentais de la tension alors que je savais ce qui allait se passer ! La plupart des personnages sont attachants, j'aime bien les moments où ils doivent réfléchir pour trouver ce qui s'est passé, coller les indices ensembles, discuter entre-eux avec des arguments et des contre-arguments, etc. Les seuls défauts sont que parfois ça va un peu vite et qu'il y a des scènes qui étaient mieux rendues en animation. Un bon thriller en ce qui me concerne.

30/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Roi Ours
Roi Ours

Les thèmes de la vengeance, de l'amour, de la nature, de l'apprentissage, de mondes différents qui cohabitent sont exposés simplement mais de manière redoutablement efficace. Une histoire bien écrite dans un bel album. Peut-être le monde des hommes semble un peu trop caricatural mais cela étant largement balancé par la complexité et la subtilité du monde animal...

29/05/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Une fois de plus, ce qu’écrit Fabien Nury me plaît beaucoup. Cette histoire de gangster froid, taillé à la serpe (au sens propre comme au figuré) nous tient en haleine du début à la fin de chaque album. Il y a du rythme, de la violence, pas mal de sang et des dialogues froids et bruts, eux-aussi. Personnellement, j’aime beaucoup le dessin de Brüno, brutal, carré, aux aplats de couleurs vraiment top ! D’une efficacité incroyable ! Le scénario n’a rien de terriblement original, mais l’ensemble est puissant, différent des histoires de gangsters classiques. Un très bon polar noir, bien maîtrisé, avec une très bonne alchimie entre le dessin et le récit. Encore du très bon Nury/Brüno…

29/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Catherine de Médicis - La Reine maudite
Catherine de Médicis - La Reine maudite

Le trio Mogavino-Delalande-Gomez se retrouve après Aliénor, la légende noire pour une nouvelle réussite de cette collection des Reines de sang. Ouah, je sais même pas par où commencer tellement il y a dire sur ce genre de Bd qui ne peut que me réjouir, et je me réjouis largement parce que j'ai apprécié le très grand respect des faits historiques, et bien sûr le dessin superbe de Gomez qui a déjà l'expérience acquise sur Aliénor, la légende noire ; quel énorme travail de recherche pour illustrer une période remplie de décors et de costumes chatoyants, d'armes et de châteaux, ce sont des détails que je scrute toujours avec attention, et ici il a reproduit des décors monumentaux célèbres comme Saint-Germain ou Blois avec une grande fidélité. La colorisation est également à saluer. Le découpage en 3 albums, ce n'était pas de trop pour conter le destin de la Médicis, là où l'album Glénat Catherine de Médicis compilait les événements de façon trop resserrée en sacrifiant énormément de faits, même si cet album était de qualité. Mais là, je crois que les auteurs ont réussi à raconter tout ce qu'il y avait à savoir sur cette reine, et pourtant la période est d'une richesse et d'une densité inouïes sur le plan historique. On peut classer les 3 albums en 3 parties bien définies : le tome 1 raconte l'enfance et la jeunesse chaotique de la petite Catherine à Florence et à Rome, alors que les provinces italiennes sont en guerre contre les Impériaux. Le tome 2 la voit devenue reine de France et explore majoritairement le règne d'Henri II avec la rivalité qui oppose Catherine à Diane de Poitiers, favorite royale. Le tome 3 se consacre au massacre de la Saint-Barthélémy et aux guerres de Religion dans l'ensemble, de même que Catherine est au château de Blois au bord de son trépas début 1589, elle se souvient de ses actions en cherchant sa rédemption car elle sait qu'elle a du sang sur les mains. Les auteurs parviennent tout en racontant la grande Histoire de France, à dresser un portrait de Catherine qui a hérité de la laideur physique de son aïeul Laurent le Magnifique, mais aussi de son éducation florentine ; au passage, le dessin de Gomez l'enjolive et lui donne des traits de jeunesse avantageux. Mariée au dauphin Henri qui succède à son père François Ier en 1547, elle devient reine de France alors qu'elle n'était pas destinée à cette place. Longtemps stérile, elle finira par donner à Henri 10 enfants en 12 ans dont 3 seront rois. C'est à travers ses fils qu'elle accède au pouvoir et à la puissance, surtout sous les règnes du chétif François II et du faible Charles IX, conservant son influence même sous le règne de Henri III, son fils le plus capable, et ce jusqu'à sa mort le 5 janvier 1589. J'ai appris un truc important : toute sa jeunesse chaotique en italie qui fait l'objet du premier album, j'ignorais complètement ce qu'elle avait vécu parce qu'on présente toujours Catherine de Médicis en apprenant l'Histoire de France, que lorsqu'elle arrive à la cour de France et qu'elle devient reine. C'est donc une excellente initiative d'avoir fouillé ce passé obscur et tragique, et ça a dû être ardu à dégoter comme infos. Tout ce qui suit dans les 2 albums suivants, je connais ça sur le bout des doigts, et je peux dire qu'il n'y a pas une erreur, tout est très précis, seuls les physiques de certains personnages sont arrangés, c'est tout. Les auteurs arrivent à livrer une foule d'informations de façon claire sans noyer le lecteur, à condition de faire un effort d'attention et d'être intéressé par le sujet. On y voit en vrac le sac de Rome, le mariage avec Henri II, le début des guerres de Religion avec le massacre de Wassy qui déclenche tout, la conjuration d'Amboise en 1560, la mort tragique du roi son époux dans le funeste tournoi des Tournelles, le mariage de Henri de Navarre avec sa fille Marguerite de Valois, le colloque de Poissy, l'attentat contre Coligny, la Saint-Barthélémy le 25 aout 1572, la Ligue qui s'empare de Paris, l'assassinat du duc de Guise (en une seule image mais très parlante)... bref ça fait beaucoup, et encore je n'ai cité que le plus important. Je regrette seulement que le règne de Henri III soit le plus sacrifié. La narration chronologique est d'une haute tenue, elle change au tome 3 et adopte un mode flashback, c'est rempli de faits et de détails, avec beaucoup de personnages (Coligny, Michel de L'Hospital, les Guise, Diane de Poitiers, Nostradamus, l'astrologue Ruggieri etc...), tout ça ressemble au même mode de narration vu dans Le Trône d'argile, on peut comparer les 2 séries sur le plan de la progression, c'est d'une densité incroyable, avec une tonne d'informations qu'il faut digérer et qui peut saturer les néophytes qui n'ont pas une connaissance parfaite de ces périodes, mais alors pour les fanas d'Histoire comme moi, c'est un régal absolu, l'enchainement est remarquable, le traitement est d'un grand brio, même si cette narration est un peu alourdie par endroits par trop de texte, mais honnêtement ça ne m'a pas dérangé, et il est difficile de balancer autant de faits et d'informations sur une période extrêmement riche sans bien les expliquer. En tentant de réhabiliter cette reine qui n'a pas su accomplir la conciliation malgré son grand sens de l'Etat, et en s'attaquant à une page d'Histoire aussi complexe et aussi tortueuse, les auteurs ont réussi un pari insensé : le tour de force de captiver par un récit passionnant de bout en bout, sans aucune once d'ennui, un grand bravo !

29/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Nez de Cuir
Nez de Cuir

Il s'agit d'une adaptation du roman le plus célèbre de Jean de La Varende, publié en 1936 et qui fut un beau succès. Auteur peu connu, La Varende fut l'écrivain du terroir normand, un royaliste et un catholique qui passa toute sa vie dans ses propriétés normandes, celles du Pays d'Ouche (actuel département de l'Eure), racontant dans ses romans l'histoire de ses ancêtres, des gentilhommes à l'orgueil disparu, à la sensualité brutale et à l'intrépidité au service des souverains. Dufaux signe une très belle adaptation, d'une grande fidèlité dans le style et l'esprit, au point de reprendre des dialogues entiers et des passages dans un style un peu ampoulé et des tournures de phrases d'un autre temps, en respectant la qualité du texte, dans une narration joliment poétique, empreinte de mélancolie. Il y a pas mal de textes récitatifs, mais ça se lit avec plaisir, c'est une adaptation fidèle d'un univers romantico-historique où à travers le héros, Dufaux brosse un tableau sociétal très réussi du terroir normand et des nobles qui y vivaient autour des années 1815-1820. J'avais lu ce roman il y a bien longtemps, je m'y suis rapidement replongé dedans et j'y ai retrouvé l'atmosphère décrite fidèlement. Le personnage de Roger de Tainchebray n'est pas particulièrement sympathique, aucun personnage n'est attachant, mais on peut toutefois s'intéresser à son sort, car toute sa vie va être vouée à une longue souffrance intérieure, et pour oublier son traumatisme d'une guerre qui l'a défiguré, il va multiplier les conquêtes galantes. Sa prestance, son audace, son regard bleu intense resplendissent sur un fond de tristesse, il a de la classe. Son malheur va s'amplifier lorsqu'il tombe amoureux de Judith de Rieusses, seule femme qui lui résiste. A première vue, ça sent le mélo à plein nez me direz-vous ? mais c'est beaucoup plus subtil que ça, c'est une belle Bd, dont l'esprit à l'ancienne a été bien capté par les auteurs, cependant les personnages sont intemporels, ce genre d'histoire pourrait se produire aussi de nos jours suite à un accident. L'autre atout en plus d'une narration et d'une écriture de qualité, est graphique, et ici Terpant livre de très belles planches avec des images superbes de paysages campagnards, de chasse en forêt, de châteaux dans la nuit (notamment le château de Beaumesnil qui existe vraiment dans l'Eure), son dessin bien qu'un peu raide par endroits, est raffiné, élégant et enjolive le décor rustique et champêtre qui domine dans cette histoire qui voit l'union de deux grands auteurs de BD. A noter que La Varende s'est inspiré de son arrière grand-père qui a réellement été défiguré sur un champ de bataille de l'Empire, il s'est servi de ses lettres pour échafauder son roman ; celui-ci a fait l'objet d'un film romanesque en 1951 avec Jean Marais dans le rôle-titre.

29/05/2021 (modifier)
Couverture de la série Indeh - Une histoire des guerres Apaches
Indeh - Une histoire des guerres Apaches

Longtemps, le génocide dont ont été victimes les tribus amérindiennes a été nié, enseveli sous la propagande hollywoodienne au XXème siècle, après l’avoir été par la presse et les politiciens et autres militaires en mal d’exploits faciles au siècle précédent. Cet album a le mérite de rappeler les faits, qui sont aussi têtus qu’horribles, et surtout de le faire du point de vue apache, ce qui n’est pas courant. Alors, autour des figures connues des différents groupes (Cochise, Geronimo, Mangas Coloradas), nous suivons la rapide extermination de ce peuple, avec généralement un fil conducteur : la rapacité des « Blancs », et leur mauvaise foi. Le racisme, la soif de l’or ou de gloire, etc, et plus généralement la confrontation entre deux façons trop différentes de penser la terre, la propriété, de penser tout court, et l’écart immense des capacités militaires de chacun amènent l’inéluctable fin de ces groupes qui ne sont pourtant pas des enfants de cœur (rien de manichéen ici). C’est un récit triste (je connais bien le sujet, mais je ne peux m’empêcher de le « redécouvrir » avec douleur). C’est un récit triste, mais aussi traité avec beaucoup d’égard, d’une réelle beauté. En effet, le dessin, jouant sur des tons de cendres parfaitement adaptés à ce brasier qui s’éteint, est superbe (très bon techniquement en plus). On a l’impression de traverser un rêve/cauchemar, et de ne jamais sortir du brouillard. A noter que le livre s’arrête au moment de la reddition, de l’arrêt des « combats », et que l’ethnocide va se poursuivre, les réserves mouroirs s’accompagnant de la « rééducation » des enfants apaches dans des « écoles ». En tout cas, ceux que le sujet (relations entre Apaches et Blancs, histoire des guerres les opposant) intéresse et qui maitrisent la langue anglaise trouveront en fin de volume une imposante bibliographie.

28/05/2021 (modifier)