Goossens, j'ai lu ses bandes pendant un an dans Fluide (il y a longtemps) avant de me dire "...mais... c'est génial en fait!". Le dessin réaliste, le rythme monocorde cachent et propulsent l'humour le plus fou de son époque haut la main. Assez logiquement, son lectorat est une poignée de disciples fanatiques (dont je suis, bien sûr), pendant que le reste du monde reste bienheureusement ignorant du potentiel de destruction massive de l'animal.
La Vie d'Einstein, je vois ici que certains passent à coté, est à mon sens un de ses chef d'oeuvre. (derrière tout de même L'Encyclopédie des Bébés et Route vers l'Enfer). Comme souvent chez l'auteur, c'est une parodie de beaucoup de choses, ce qui en ferait normalement la forme d'humour la plus facile et la plus faible, sauf qu'à force d'accumuler des strates de références il acquiert, un peu à la façon d'un Grand Détournement, son propre univers et sa propre folie sans âge.
Et puis attendez un peu de voir la comtesse resplendir, tel un joyau, dans son écrin!
Le phénomène des règles est un tabou dans de nombreuses sociétés. Au Japon comme ailleurs. Mais l'auteur Ken Koyama, qui s'est fait connaître d'abord sur internet, nous propose une série -essentiellement- humoristique sur celles-ci.
Il en résulte un manga au ton très libéré, qui représente les menstruations sous la forme d'un être à la forme floue mais de couleur rose, qui débarque le plus souvent sans prévenir, qui n'hésite pas à maltraiter physiquement les jeunes femmes qu'elle vient visiter. Sa "force" est représentée par la violence de ces coups (maux de ventre, ponction de sang, effet chloroforme), mais aussi par la taille de Ragnagna. Les conséquences sociales de ces "visites" sont également passées en revue : mauvaise humeur, fatigue extrême... Malgré ce mal qu'elle fait aux femmes, Ragnagna est prête à les défendre face à l'incompréhension, au mépris, voire à l'obscurantisme des hommes. Les traitements, la ménopause, sont aussi passés en revue dès ce premier tome, qui rassemble une petite dizaine de récits courts.
Ce qui caractérise le mieux ce webcomic devenu manga traditionnel, c'est sa simplicité. On ne peut s'empêcher de sourire, de grincer des dents, de serrer les dents face aux différentes actions de Ragnagna, mais surtout d'éprouver de la tendresse... Et de ressortir (je parle donc en tant qu'homme) de sa lecture avec une meilleure compréhension pour ce calvaire que doivent subir nos petites amies, nos soeurs, nos filles, nos épouses et compagnes.
Un petit mot sur le trait de Ken Koyama, que beaucoup qualifieront d'"enfantin". C'est vrai, mais il y a une efficacité indéniable dans ce dessin, auquel il ne faut pas attacher trop d'importance.
D'utilité publique.
La claque !
Non vraiment la claque !
Graphiquement, j'ai adoré.
Ça fait plaisir d'avoir le coloriste apparaissant au même titre que le dessinateur-scénariste sur la couverture. C'est justice. Il y a un travail du coloriste remarquable.
Alors certes, rapidement, on voit où nous emmène le scénario. Je me suis dit que c'était un énième lessivage des thèmes liés à l'univers de Batman. Et pourtant, comme graphiquement j'étais tellement dedans, je me suis aussi laissé embarquer par l'histoire qui, dans le fond, propose du super neuf avec du super vieux et c'est terriblement efficace.
La reprise graphique des méchants, des batmobiles et de l'ensemble de l'univers est géniale.
Je lis assez peu de comics, par méconnaissance principalement. S'il y a un tome 2, j'irai l'acheter sans sourciller.
Mille fois recommandé.
Ben non, y pas eu que le football pour faire les grandes heures de St Etienne ! Il y eut aussi la manufacture d'armes que souvent l'on confond avec Manufrance. Il y eut cette vie ouvrière à laquelle Baptiste Deyrail, jeune auteur jusqu'ici inconnu au bataillon, vient rendre un hommage appuyé.
D'abord, l'histoire, puisque c'est elle qui m'a attiré dans les bras de ce roman graphique en tous points remarquable : on suit un petit groupe d'ouvriers dont on perçoit une complicité de longue date, complicité muée en amitié au fil des années passées derrière les chaines d'assemblage et d'usinage. L'ouvrage présente un background dense que l'auteur parvient à nous faire saisir sans mot dire. Mais revenons à nos moutons : ces ouvriers pratiquent la "perruque", un art consistant à usiner des pièces pour un usage disons plus personnel... L'un d'eux laisse ainsi entendre qu'il construit chez lui un bateau, bateau que nul n'a jamais vu. Il s'attire ainsi les quolibets de ses collègues, jusqu'au jour où il leur annonce que ça y est, le moteur est enfin terminé ! En d'autres termes, il va falloir échafauder un plan pour le faire sortir discrètement de l'usine...
Je me suis laissé dire que l'auteur a compilé ici plusieurs témoignages d'anciens employés de "la Manu". Et ça se sent. Chaque page semble empreinte d'une pâte pétrie jusqu'à l'intime, impression renforcée encore par des illustrations saisissantes, et pour cause : l'ensemble des planches a été réalisé avec une technique de gravure, le monotype sur zinc. On imagine le boulot, on admire le résultat ! Des pages charbonneuses aux gris profonds immergeant le lecteur dans une ambiance à la Clouzot. A ceci près que la fin est ici lumineuse, d'une poésie qui vous cueille sans crier gare.
Baptiste Deyrail vient de réaliser un petit chef d'œuvre, mine de rien. Son travail est total, en ce sens que le fond et la forme semblent étroitement liés. On sent une volonté de restituer les choses fidèlement, autant qu'un respect sincère pour ses personnages. Ce livre respire l'amour du travail bien fait, ce que je trouve, au risque de passer pour le réac de service, toujours extrêmement gratifiant pour l'auteur, bien entendu, mais aussi et surtout pour nous, les lecteurs !
J’ai beaucoup aimé cet album. On y retrouve les qualités habituelles de la série (qui exaspéreront certains lecteurs mais qui me ravissent à chaque fois) : humour, gentillesse et tendresse pour une tranche de vie du quotidien susceptible de parler à beaucoup d’entre nous.
A titre personnel, je suis particulièrement sensible aux albums qui nous montrent un Paul oscillant entre l’adolescence et l’âge adulte. Et c’est pleinement le cas du présent opus. Je me trouve beaucoup d’affinités avec lui, sa maladresse avec les femmes, son immaturité, son manque de confiance en lui. Même ses goûts musicaux me parlent et je n’ai pas pu résister à l’envie de ressortir Harmonium de ma cdthèque pour l’occasion.
Si au niveau du dessin, Michel Rabagliati a fait mieux depuis, je pense que cet album est celui qui m’a le plus touché. La thématique centrale qui tourne principalement autour de la prise de maturité, et des avantages et des contraintes que cela entraine, m’a particulièrement parlé. Alors, oui, bien sûr, certaines péripéties semblent trop faciles, certaines situations font un peu « cliché » mais il y a dans le ton et dans la forme une telle gentillesse, une telle sensibilité que je ne peux m’empêcher d’être ému par ce récit.
Et en sus, il y a ces expressions québécoises qui nous dépaysent…
J'ai longuement hésité entre le 4/5 et le 5/5 mais c'est clairement l'opus qui m'a le plus parlé depuis que j'ai découvert la série... Et comme j'ai déjà accordé 4/5 à d'autres récits, il me semble logique de monter encore ma cote d'un cran. Culte, donc :)
Dans une cabane au sud du Texas, Edmund va passer la nuit à fabriquer ses propres cartouches. Il se prépare car il sait, que dès l’aube la petite maison où il s’est retranché pour la nuit va être attaquée par ceux qui, la veille, ont tué une famille de migrants se rendant en Californie. Seule rescapée de ce carnage, Mary, une jeune fille traumatisée. Edmund sait qu’il ne doit pas s’endormir de peur d’être surpris par l’attaque ennemie. La nuit est longue et pour passer le temps, il commence à raconter son histoire. La jeune fille, d’abord peu attentive, finit par écouter le récit de ce Buffalo Runner qui a eu mille vies et surmonté plusieurs drames personnels. C’est très beau, très émouvant. J’ai lu il y a peu de temps « Après la nuit » et voilà une nouvelle histoire d’attente, de tension qui monte et de drame qui se prépare. Un vrai beau western magnifiquement dessiné. C’est bien construit, les personnages sont profonds et le récit pose de nombreuses questions sur la conquête des terres de l’ouest, le sort réservé aux Indiens, la violence de la guerre et les raisons de la faire. Un coup de cœur !
« Pilu des bois » est une histoire qui, sous des apparences enfantines, aborde des thèmes difficiles : la perte d’un parent vue par une petite fille, et la difficulté à (di)gérer tous les sentiments et les émotions qui découlent d’un tel drame.
L’aventure est teintée d’onirisme et de symbolisme, l’autrice ayant choisi de représenter les démons intérieurs de « Willow » par de véritable monstres, et l’interprétation personnelle fait partie intégrale de la lecture : qui est Pilu, finalement ? Que représente-elle ? Quoi qu’il en soit j’ai trouvé le ton juste et tendre, et la fin m’a presque fait lâcher une larme. L’ensemble baigne dans une ambiance forestière, avec une volonté évidente de l’autrice d’intéresser les enfants à la nature (l’album se conclut d’ailleurs sur un cahier d’activités sur cette thématique).
La réalisation est exemplaire… la narration est fluide et maitrisée (on ne voit pas passer les 150 pages), et la mise en image est réussie, avec un style typé « Studio Ghibli » mignon au possible.
Un excellent moment de lecture, et un album je recommande aux « grands enfants » (disons 10 ans), ainsi qu’à leurs parents, bien sûr.
Voici une bande dessinée chinoise, dessinée et écrite par Tang Xiao diplômé de la Beijing Film Academy en 2011 et qui a sorti son premier livre Summer Vacation en 2014 à Hong Kong avant de remporter le Golden Award de la 12e Japan International Manga Award en 2019.
Dans une petite ville de la Chine des années 90, le jeune Yang Hao partage son temps entre l'école où il adore rédiger des rédactions, ses amis avec qui il joue aux jeux vidéos et sa famille, surtout composée de sa mère puisque son père est le grand absent. Mais cela change le jour où il se fait remarquer pour un de ses textes, qu'il se fait menacer par un autre écolier et que son père rentre. Tout alors se met en branle pour lui prouver que la vie n'est pas immuable mais au contraire qu'elle est très changeante.
C'est donc un récit "tranche de vie" assez bien mené. On suit la vie d'un petit écolier de ans, Yang Hao. Le récit est simple, réaliste. Aucun artifice ou grand rebondissement, juste des petits moments de vie. Et malgré cela, on est captivé par le récit.
En effet, le petit Yang Hao est adorable, très attachant. Il vit dans une famille qui d'un premier abord est assez banale, mais qui au final sera l'un des éléments majeurs de l'histoire. Son père est souvent absent parce qu'il doit partir loin pour pouvoir trouver du travail. Sa mère est femme au foyer et s'occupe donc de lui avec sa propre mère. Tout se passe bien sauf que quand son père revient, celui-ci est inéluctablement attiré par l'univers des parties de mah-jong de ses amis et ne peut s'empêcher d'y passer ses soirées. Cela crée des tensions dans le couple, ce que ressent et entend très bien le petit garçon. C'est déchirant de le voir assister à tout ça et on en vient vite à détester ce père qui ne saisit pas bien son rôle aussi bien de parent que d'époux. On a de la peine pour sa femme et son fils, qui va devoir apprendre à vivre dans cette famille loin du modèle parfait qu'il aimerait avoir.
Le récit est extrêmement riche. Il aborde aussi bien la vie d'un écolier chinois, son rapport aux jeux (vidéos et autres), ses relations avec ses aînés, la composition de la famille traditionnelle chinoise avec la place des anciens, les ravages de l'absence de travail à la campagne, les tensions dans les couples qui se répercutent sur les enfants, les répercussions d'un divorce, etc.
La culture chinoise est également un élément majeur ici. On parle de la vie à la campagne. On nous dépeint les transports rudimentaires à vélo, la place des aînés, les hommes qui doivent aller travailler au loin. On évoque aussi ces jeux traditionnels que sont le mah-jong et le xiangqi. Le décor est vraiment superbement retranscrit et cela rend le récit d'autant plus immersif.
Le dessin est également superbe. Il est rempli de poésie, de mélancolie. J'ai souvent eu le cœur au bord des lèvres en lisant ce texte.
Un excellent récit de vie, puissant, poétique et mélancolique.
4 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Si Batman - White Knight était pour moi aux comics Batman ce que The Dark Knight était aux films, cette suite est également à mes yeux exactement ce qu'est aux films The Dark Knight rises. Un épisode potentiellement plus clivant (même si la réception apparemment assez unanime du comics me fait pour l'instant mentir), un peu moins marquant car souffrant (très) légèrement de la comparaison avec son prédécesseur, mais pourtant presque aussi génial.
Ce que je note avant tout, c'est combien Sean Murphy opère des choix narratifs radicaux, bien plus encore que dans White Knight. Même si l'opus précédent était plus marquant au vu de son ambition extraordinaire, de sa maîtrise totale du personnage de Jack Napier/Joker et de sa réunion inédite de méchants, celui-ci a l'avantage de pousser les personnages encore plus loin dans leurs retranchements et d'offrir une évolution (voire une conclusion) à certains d'entre eux inattendue et extrêmement brillante. Là-dessus, Murphy assume ses choix extrêmes, et que ça plaise ou non, on ne peut pas ne pas lui reconnaître une très grande audace.
Les personnages sont toujours très intelligemment menés, et même s'il est dommage que le Joker/Jack Napier ne soit plus qu'un personnage secondaire (il déclenche tout de même l'intrigue, certes), il bénéficie de certaines scènes où il conserve toute sa superbe, tandis qu'Harleen Quinzel connaît encore une très belle évolution. Peut-être, toutefois, l'évolution de Batman est-elle un peu moins captivante que dans White Knight, alors même que certaines révélations qui lui sont faites devraient nous secouer bien davantage, parce que c'est du violent, là.
Le personnage d'Azraël, lui, est intéressant et apporte au récit un vrai souffle nouveau. Son rôle de nemesis de Batman est très clair, et la confrontation entre les deux donne quelques échanges intéressants, même si là encore, on est évidemment un cran en-dessous celles avec le Joker. Mais j'aime beaucoup l'éclairage historique et un peu religieux que Sean Murphy amène à son récit par le biais d'Azraël. C'est vraiment intéressant de connaître l'histoire de Gotham, sa fondation, ainsi que les vérités et mensonges qui ont été propagées à son sujet.
Sur le plan graphique, c'est toujours aussi phénoménal. Sean Murphy a décidément une patte bien à lui qui possède une force que j'ai rarement vu à un degré aussi concentré dans n'importe quel autre comics, voire dans toute autre bande dessinée que j'aurais pu lire. C'est magnifique, très soigné et totalement envoûtant.
La mise en scène d'Azraël est particulièrement réussie, là-dessus, vraiment rien à redire !
Au passage, je suis un peu déçu que l'épisode Von Freeze se trouve intégré à cet épisode, où il est clairement hors de propos, et non à White Knight où il devait initialement figurer. Cela dit, il reste très intéressant, et vient renforcer la tonalité très sombre de l'ensemble.
Hadès veut céder la main : il a lancé un appel à candidature pour savoir quel humain sera prêt à prendre sa relève en tant que Dieu des Enfers. La jeune Suzanne, peinée par la mort de son ami et souhaitant le voir revenir à la vie, décide de participer et de rejoindre les centaines de candidats ayant traversé le Styx pour postuler. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le monde sur lequel règne Hadès est le monde souterrain au sens propre du terme, à savoir le sol de la Terre et tout ce qu'il contient de vie et de minéraux. Et le dieu est bien décidé à le leur faire découvrir en détail.
Sous les allures d'une suite d'épreuves qui tourne à l'inquiétant jeu de massacre dont seuls les survivants pourront espérer atteindre l'objectif, cette BD se révèle un véritable documentaire particulièrement passionnant. Chaque étape de ce concours divin est l'occasion d'observer un domaine en particulier du sous-sol terrestre avec un grand soucis du réalisme scientifique et et une belle maîtrise de la vulgarisation grand public. Vie, matière organique, matière minérales, atmosphère, liquides, chaque élément s'imbrique pour faire découvrir aux lecteurs ce qui constitue le sol et en quoi il s'agit en réalité d'une des plus précieuses ressources de la Terre et du monde vivant, une ressource qu'il faut protéger à tout prix.
C'est passionnant !
Je me targue d'être un esprit scientifique doté d'une assez bonne culture générale, mais cet ouvrage m'a appris énormément de choses et m'a ouvert les yeux sur les richesses du sol et surtout sur l'impact de la civilisation humaine sur celui-ci et sur la Terre en général par extension. On vous parle d'ordinaire de protéger la couche d'ozone, de réduire la pollution ou encore de sauver les races en voie de disparition, mais c'est bien la première fois qu'on m'apprend à quel point la terre elle-même, la couche de sol de quelques mètres entre nos pieds et la roche-mère, est elle aussi une merveille de la nature qu'il faut absolument préserver. Je regarderai mon jardin et l'agriculture en général d'un autre oeil désormais.
Pour faire passer ce message, l'auteur évite le documentaire rébarbatif grâce à son astuce de nous faire suivre une grande épreuve divine. Celle-ci est sans pitié, avec la cruauté dont peut faire preuve un dieu des enfers. L'intrigue est prenante et on se prend facilement à s'attacher au couple de héros et à se demander comment ils vont s'en sortir, comment va se terminer cette fatale chasse au trésor et quel est l'objectif réel de tout cela. Les épreuves sont bien faites et intelligentes, faisant fonctionner les méninges des participants comme des lecteurs. Et puis, avec des protagonistes réduits à des tailles minuscules qu'on voit disparaitre les uns après les autres face à la rude réalité de la Nature elle-même, il y a le petit côté dérangeant de Jolies ténèbres dans ce récit.
Heureusement, le ton reste relativement léger, déjà grâce à un dessin au style léger et très agréable, mais aussi notamment avec la manière distanciée et décalée dont l'avatar d'Hadès commente les évènements et nous apprend tout ce qu'il faut savoir sur la structure et le fonctionnement du sol terrestre. Si j'ai cru à un moment donné être légèrement noyé sous les informations scientifiques un peu abstraites, c'était pour mieux clarifier la suite des explications et ramener toujours le lecteur à des sujets qu'il comprend bien et qui lui parlent facilement.
Un bijou de vulgarisation : une lecture captivante et formidablement instructive !
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La Vie d'Einstein
Goossens, j'ai lu ses bandes pendant un an dans Fluide (il y a longtemps) avant de me dire "...mais... c'est génial en fait!". Le dessin réaliste, le rythme monocorde cachent et propulsent l'humour le plus fou de son époque haut la main. Assez logiquement, son lectorat est une poignée de disciples fanatiques (dont je suis, bien sûr), pendant que le reste du monde reste bienheureusement ignorant du potentiel de destruction massive de l'animal. La Vie d'Einstein, je vois ici que certains passent à coté, est à mon sens un de ses chef d'oeuvre. (derrière tout de même L'Encyclopédie des Bébés et Route vers l'Enfer). Comme souvent chez l'auteur, c'est une parodie de beaucoup de choses, ce qui en ferait normalement la forme d'humour la plus facile et la plus faible, sauf qu'à force d'accumuler des strates de références il acquiert, un peu à la façon d'un Grand Détournement, son propre univers et sa propre folie sans âge. Et puis attendez un peu de voir la comtesse resplendir, tel un joyau, dans son écrin!
Ragnagna & moi
Le phénomène des règles est un tabou dans de nombreuses sociétés. Au Japon comme ailleurs. Mais l'auteur Ken Koyama, qui s'est fait connaître d'abord sur internet, nous propose une série -essentiellement- humoristique sur celles-ci. Il en résulte un manga au ton très libéré, qui représente les menstruations sous la forme d'un être à la forme floue mais de couleur rose, qui débarque le plus souvent sans prévenir, qui n'hésite pas à maltraiter physiquement les jeunes femmes qu'elle vient visiter. Sa "force" est représentée par la violence de ces coups (maux de ventre, ponction de sang, effet chloroforme), mais aussi par la taille de Ragnagna. Les conséquences sociales de ces "visites" sont également passées en revue : mauvaise humeur, fatigue extrême... Malgré ce mal qu'elle fait aux femmes, Ragnagna est prête à les défendre face à l'incompréhension, au mépris, voire à l'obscurantisme des hommes. Les traitements, la ménopause, sont aussi passés en revue dès ce premier tome, qui rassemble une petite dizaine de récits courts. Ce qui caractérise le mieux ce webcomic devenu manga traditionnel, c'est sa simplicité. On ne peut s'empêcher de sourire, de grincer des dents, de serrer les dents face aux différentes actions de Ragnagna, mais surtout d'éprouver de la tendresse... Et de ressortir (je parle donc en tant qu'homme) de sa lecture avec une meilleure compréhension pour ce calvaire que doivent subir nos petites amies, nos soeurs, nos filles, nos épouses et compagnes. Un petit mot sur le trait de Ken Koyama, que beaucoup qualifieront d'"enfantin". C'est vrai, mais il y a une efficacité indéniable dans ce dessin, auquel il ne faut pas attacher trop d'importance. D'utilité publique.
Batman - White Knight
La claque ! Non vraiment la claque ! Graphiquement, j'ai adoré. Ça fait plaisir d'avoir le coloriste apparaissant au même titre que le dessinateur-scénariste sur la couverture. C'est justice. Il y a un travail du coloriste remarquable. Alors certes, rapidement, on voit où nous emmène le scénario. Je me suis dit que c'était un énième lessivage des thèmes liés à l'univers de Batman. Et pourtant, comme graphiquement j'étais tellement dedans, je me suis aussi laissé embarquer par l'histoire qui, dans le fond, propose du super neuf avec du super vieux et c'est terriblement efficace. La reprise graphique des méchants, des batmobiles et de l'ensemble de l'univers est géniale. Je lis assez peu de comics, par méconnaissance principalement. S'il y a un tome 2, j'irai l'acheter sans sourciller. Mille fois recommandé.
Le Pas de la Manu
Ben non, y pas eu que le football pour faire les grandes heures de St Etienne ! Il y eut aussi la manufacture d'armes que souvent l'on confond avec Manufrance. Il y eut cette vie ouvrière à laquelle Baptiste Deyrail, jeune auteur jusqu'ici inconnu au bataillon, vient rendre un hommage appuyé. D'abord, l'histoire, puisque c'est elle qui m'a attiré dans les bras de ce roman graphique en tous points remarquable : on suit un petit groupe d'ouvriers dont on perçoit une complicité de longue date, complicité muée en amitié au fil des années passées derrière les chaines d'assemblage et d'usinage. L'ouvrage présente un background dense que l'auteur parvient à nous faire saisir sans mot dire. Mais revenons à nos moutons : ces ouvriers pratiquent la "perruque", un art consistant à usiner des pièces pour un usage disons plus personnel... L'un d'eux laisse ainsi entendre qu'il construit chez lui un bateau, bateau que nul n'a jamais vu. Il s'attire ainsi les quolibets de ses collègues, jusqu'au jour où il leur annonce que ça y est, le moteur est enfin terminé ! En d'autres termes, il va falloir échafauder un plan pour le faire sortir discrètement de l'usine... Je me suis laissé dire que l'auteur a compilé ici plusieurs témoignages d'anciens employés de "la Manu". Et ça se sent. Chaque page semble empreinte d'une pâte pétrie jusqu'à l'intime, impression renforcée encore par des illustrations saisissantes, et pour cause : l'ensemble des planches a été réalisé avec une technique de gravure, le monotype sur zinc. On imagine le boulot, on admire le résultat ! Des pages charbonneuses aux gris profonds immergeant le lecteur dans une ambiance à la Clouzot. A ceci près que la fin est ici lumineuse, d'une poésie qui vous cueille sans crier gare. Baptiste Deyrail vient de réaliser un petit chef d'œuvre, mine de rien. Son travail est total, en ce sens que le fond et la forme semblent étroitement liés. On sent une volonté de restituer les choses fidèlement, autant qu'un respect sincère pour ses personnages. Ce livre respire l'amour du travail bien fait, ce que je trouve, au risque de passer pour le réac de service, toujours extrêmement gratifiant pour l'auteur, bien entendu, mais aussi et surtout pour nous, les lecteurs !
Paul a un travail d'été
J’ai beaucoup aimé cet album. On y retrouve les qualités habituelles de la série (qui exaspéreront certains lecteurs mais qui me ravissent à chaque fois) : humour, gentillesse et tendresse pour une tranche de vie du quotidien susceptible de parler à beaucoup d’entre nous. A titre personnel, je suis particulièrement sensible aux albums qui nous montrent un Paul oscillant entre l’adolescence et l’âge adulte. Et c’est pleinement le cas du présent opus. Je me trouve beaucoup d’affinités avec lui, sa maladresse avec les femmes, son immaturité, son manque de confiance en lui. Même ses goûts musicaux me parlent et je n’ai pas pu résister à l’envie de ressortir Harmonium de ma cdthèque pour l’occasion. Si au niveau du dessin, Michel Rabagliati a fait mieux depuis, je pense que cet album est celui qui m’a le plus touché. La thématique centrale qui tourne principalement autour de la prise de maturité, et des avantages et des contraintes que cela entraine, m’a particulièrement parlé. Alors, oui, bien sûr, certaines péripéties semblent trop faciles, certaines situations font un peu « cliché » mais il y a dans le ton et dans la forme une telle gentillesse, une telle sensibilité que je ne peux m’empêcher d’être ému par ce récit. Et en sus, il y a ces expressions québécoises qui nous dépaysent… J'ai longuement hésité entre le 4/5 et le 5/5 mais c'est clairement l'opus qui m'a le plus parlé depuis que j'ai découvert la série... Et comme j'ai déjà accordé 4/5 à d'autres récits, il me semble logique de monter encore ma cote d'un cran. Culte, donc :)
Buffalo Runner
Dans une cabane au sud du Texas, Edmund va passer la nuit à fabriquer ses propres cartouches. Il se prépare car il sait, que dès l’aube la petite maison où il s’est retranché pour la nuit va être attaquée par ceux qui, la veille, ont tué une famille de migrants se rendant en Californie. Seule rescapée de ce carnage, Mary, une jeune fille traumatisée. Edmund sait qu’il ne doit pas s’endormir de peur d’être surpris par l’attaque ennemie. La nuit est longue et pour passer le temps, il commence à raconter son histoire. La jeune fille, d’abord peu attentive, finit par écouter le récit de ce Buffalo Runner qui a eu mille vies et surmonté plusieurs drames personnels. C’est très beau, très émouvant. J’ai lu il y a peu de temps « Après la nuit » et voilà une nouvelle histoire d’attente, de tension qui monte et de drame qui se prépare. Un vrai beau western magnifiquement dessiné. C’est bien construit, les personnages sont profonds et le récit pose de nombreuses questions sur la conquête des terres de l’ouest, le sort réservé aux Indiens, la violence de la guerre et les raisons de la faire. Un coup de cœur !
Pilu des bois
« Pilu des bois » est une histoire qui, sous des apparences enfantines, aborde des thèmes difficiles : la perte d’un parent vue par une petite fille, et la difficulté à (di)gérer tous les sentiments et les émotions qui découlent d’un tel drame. L’aventure est teintée d’onirisme et de symbolisme, l’autrice ayant choisi de représenter les démons intérieurs de « Willow » par de véritable monstres, et l’interprétation personnelle fait partie intégrale de la lecture : qui est Pilu, finalement ? Que représente-elle ? Quoi qu’il en soit j’ai trouvé le ton juste et tendre, et la fin m’a presque fait lâcher une larme. L’ensemble baigne dans une ambiance forestière, avec une volonté évidente de l’autrice d’intéresser les enfants à la nature (l’album se conclut d’ailleurs sur un cahier d’activités sur cette thématique). La réalisation est exemplaire… la narration est fluide et maitrisée (on ne voit pas passer les 150 pages), et la mise en image est réussie, avec un style typé « Studio Ghibli » mignon au possible. Un excellent moment de lecture, et un album je recommande aux « grands enfants » (disons 10 ans), ainsi qu’à leurs parents, bien sûr.
L'Enfant ébranlé
Voici une bande dessinée chinoise, dessinée et écrite par Tang Xiao diplômé de la Beijing Film Academy en 2011 et qui a sorti son premier livre Summer Vacation en 2014 à Hong Kong avant de remporter le Golden Award de la 12e Japan International Manga Award en 2019. Dans une petite ville de la Chine des années 90, le jeune Yang Hao partage son temps entre l'école où il adore rédiger des rédactions, ses amis avec qui il joue aux jeux vidéos et sa famille, surtout composée de sa mère puisque son père est le grand absent. Mais cela change le jour où il se fait remarquer pour un de ses textes, qu'il se fait menacer par un autre écolier et que son père rentre. Tout alors se met en branle pour lui prouver que la vie n'est pas immuable mais au contraire qu'elle est très changeante. C'est donc un récit "tranche de vie" assez bien mené. On suit la vie d'un petit écolier de ans, Yang Hao. Le récit est simple, réaliste. Aucun artifice ou grand rebondissement, juste des petits moments de vie. Et malgré cela, on est captivé par le récit. En effet, le petit Yang Hao est adorable, très attachant. Il vit dans une famille qui d'un premier abord est assez banale, mais qui au final sera l'un des éléments majeurs de l'histoire. Son père est souvent absent parce qu'il doit partir loin pour pouvoir trouver du travail. Sa mère est femme au foyer et s'occupe donc de lui avec sa propre mère. Tout se passe bien sauf que quand son père revient, celui-ci est inéluctablement attiré par l'univers des parties de mah-jong de ses amis et ne peut s'empêcher d'y passer ses soirées. Cela crée des tensions dans le couple, ce que ressent et entend très bien le petit garçon. C'est déchirant de le voir assister à tout ça et on en vient vite à détester ce père qui ne saisit pas bien son rôle aussi bien de parent que d'époux. On a de la peine pour sa femme et son fils, qui va devoir apprendre à vivre dans cette famille loin du modèle parfait qu'il aimerait avoir. Le récit est extrêmement riche. Il aborde aussi bien la vie d'un écolier chinois, son rapport aux jeux (vidéos et autres), ses relations avec ses aînés, la composition de la famille traditionnelle chinoise avec la place des anciens, les ravages de l'absence de travail à la campagne, les tensions dans les couples qui se répercutent sur les enfants, les répercussions d'un divorce, etc. La culture chinoise est également un élément majeur ici. On parle de la vie à la campagne. On nous dépeint les transports rudimentaires à vélo, la place des aînés, les hommes qui doivent aller travailler au loin. On évoque aussi ces jeux traditionnels que sont le mah-jong et le xiangqi. Le décor est vraiment superbement retranscrit et cela rend le récit d'autant plus immersif. Le dessin est également superbe. Il est rempli de poésie, de mélancolie. J'ai souvent eu le cœur au bord des lèvres en lisant ce texte. Un excellent récit de vie, puissant, poétique et mélancolique. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Batman - Curse of the White Knight
Si Batman - White Knight était pour moi aux comics Batman ce que The Dark Knight était aux films, cette suite est également à mes yeux exactement ce qu'est aux films The Dark Knight rises. Un épisode potentiellement plus clivant (même si la réception apparemment assez unanime du comics me fait pour l'instant mentir), un peu moins marquant car souffrant (très) légèrement de la comparaison avec son prédécesseur, mais pourtant presque aussi génial. Ce que je note avant tout, c'est combien Sean Murphy opère des choix narratifs radicaux, bien plus encore que dans White Knight. Même si l'opus précédent était plus marquant au vu de son ambition extraordinaire, de sa maîtrise totale du personnage de Jack Napier/Joker et de sa réunion inédite de méchants, celui-ci a l'avantage de pousser les personnages encore plus loin dans leurs retranchements et d'offrir une évolution (voire une conclusion) à certains d'entre eux inattendue et extrêmement brillante. Là-dessus, Murphy assume ses choix extrêmes, et que ça plaise ou non, on ne peut pas ne pas lui reconnaître une très grande audace. Les personnages sont toujours très intelligemment menés, et même s'il est dommage que le Joker/Jack Napier ne soit plus qu'un personnage secondaire (il déclenche tout de même l'intrigue, certes), il bénéficie de certaines scènes où il conserve toute sa superbe, tandis qu'Harleen Quinzel connaît encore une très belle évolution. Peut-être, toutefois, l'évolution de Batman est-elle un peu moins captivante que dans White Knight, alors même que certaines révélations qui lui sont faites devraient nous secouer bien davantage, parce que c'est du violent, là. Le personnage d'Azraël, lui, est intéressant et apporte au récit un vrai souffle nouveau. Son rôle de nemesis de Batman est très clair, et la confrontation entre les deux donne quelques échanges intéressants, même si là encore, on est évidemment un cran en-dessous celles avec le Joker. Mais j'aime beaucoup l'éclairage historique et un peu religieux que Sean Murphy amène à son récit par le biais d'Azraël. C'est vraiment intéressant de connaître l'histoire de Gotham, sa fondation, ainsi que les vérités et mensonges qui ont été propagées à son sujet. Sur le plan graphique, c'est toujours aussi phénoménal. Sean Murphy a décidément une patte bien à lui qui possède une force que j'ai rarement vu à un degré aussi concentré dans n'importe quel autre comics, voire dans toute autre bande dessinée que j'aurais pu lire. C'est magnifique, très soigné et totalement envoûtant. La mise en scène d'Azraël est particulièrement réussie, là-dessus, vraiment rien à redire ! Au passage, je suis un peu déçu que l'épisode Von Freeze se trouve intégré à cet épisode, où il est clairement hors de propos, et non à White Knight où il devait initialement figurer. Cela dit, il reste très intéressant, et vient renforcer la tonalité très sombre de l'ensemble.
Sous Terre
Hadès veut céder la main : il a lancé un appel à candidature pour savoir quel humain sera prêt à prendre sa relève en tant que Dieu des Enfers. La jeune Suzanne, peinée par la mort de son ami et souhaitant le voir revenir à la vie, décide de participer et de rejoindre les centaines de candidats ayant traversé le Styx pour postuler. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le monde sur lequel règne Hadès est le monde souterrain au sens propre du terme, à savoir le sol de la Terre et tout ce qu'il contient de vie et de minéraux. Et le dieu est bien décidé à le leur faire découvrir en détail. Sous les allures d'une suite d'épreuves qui tourne à l'inquiétant jeu de massacre dont seuls les survivants pourront espérer atteindre l'objectif, cette BD se révèle un véritable documentaire particulièrement passionnant. Chaque étape de ce concours divin est l'occasion d'observer un domaine en particulier du sous-sol terrestre avec un grand soucis du réalisme scientifique et et une belle maîtrise de la vulgarisation grand public. Vie, matière organique, matière minérales, atmosphère, liquides, chaque élément s'imbrique pour faire découvrir aux lecteurs ce qui constitue le sol et en quoi il s'agit en réalité d'une des plus précieuses ressources de la Terre et du monde vivant, une ressource qu'il faut protéger à tout prix. C'est passionnant ! Je me targue d'être un esprit scientifique doté d'une assez bonne culture générale, mais cet ouvrage m'a appris énormément de choses et m'a ouvert les yeux sur les richesses du sol et surtout sur l'impact de la civilisation humaine sur celui-ci et sur la Terre en général par extension. On vous parle d'ordinaire de protéger la couche d'ozone, de réduire la pollution ou encore de sauver les races en voie de disparition, mais c'est bien la première fois qu'on m'apprend à quel point la terre elle-même, la couche de sol de quelques mètres entre nos pieds et la roche-mère, est elle aussi une merveille de la nature qu'il faut absolument préserver. Je regarderai mon jardin et l'agriculture en général d'un autre oeil désormais. Pour faire passer ce message, l'auteur évite le documentaire rébarbatif grâce à son astuce de nous faire suivre une grande épreuve divine. Celle-ci est sans pitié, avec la cruauté dont peut faire preuve un dieu des enfers. L'intrigue est prenante et on se prend facilement à s'attacher au couple de héros et à se demander comment ils vont s'en sortir, comment va se terminer cette fatale chasse au trésor et quel est l'objectif réel de tout cela. Les épreuves sont bien faites et intelligentes, faisant fonctionner les méninges des participants comme des lecteurs. Et puis, avec des protagonistes réduits à des tailles minuscules qu'on voit disparaitre les uns après les autres face à la rude réalité de la Nature elle-même, il y a le petit côté dérangeant de Jolies ténèbres dans ce récit. Heureusement, le ton reste relativement léger, déjà grâce à un dessin au style léger et très agréable, mais aussi notamment avec la manière distanciée et décalée dont l'avatar d'Hadès commente les évènements et nous apprend tout ce qu'il faut savoir sur la structure et le fonctionnement du sol terrestre. Si j'ai cru à un moment donné être légèrement noyé sous les informations scientifiques un peu abstraites, c'était pour mieux clarifier la suite des explications et ramener toujours le lecteur à des sujets qu'il comprend bien et qui lui parlent facilement. Un bijou de vulgarisation : une lecture captivante et formidablement instructive !