Un bon 3.4
Sympathique bd animalière bien construite, légère à lire, avec un côté très vintage années 30, dans un contexte mêlant compétition automobile entre 2 pilotes que tout oppose, corruption politique et montée du fascisme.
Plusieurs personnages bien campés, chacun ayant sa psychologie, sa personnalité, son histoire personnelle. Les bons et les méchants ne sont pas forcément ceux auxquels on pense de prime abord.
J’ai bien aimé le crayonné « dessin animé » rappelant un peu les premiers Walt Disney et comme les couleurs sont douces ainsi que dans une palette de beige restreinte, ça ne fait pas dessin animé plein de couleurs sur papier glacé justement, c’est bien vu, ça colle avec l’ambiance sociale sombre du récit.
J’ai aussi bien apprécié la chute de l’histoire.
Après lecture des 4 premiers tomes.
Le style narratif de l’auteur arrive à faire passer des émotions sur la famille, le couple, l’amour, la fratrie, la communauté, la solitude, l’asservissement, la cruauté, la perte d’êtres chers, la transmission, la nécessité d’apprendre à se battre dans un monde hostile, la souffrance, la tristesse, la mort etc.
Cette série est étonnante, parce que très prosaïque, bien écrite, même philosophique par moment pour une histoire à finalement 95% d’actions et de bastons.
Il s’agit de survivre dans monde apocalyptique rempli de prédateurs, hommes, animaux & monstres mutants ou génétiquement modifiés, qui essaient tous de se bouffer les uns les autres vu que les humains ont détruit la planète et qu’il n’y a plus de nourriture naturelle disponible.
C’est un univers qui m’a rappelé Mad Max mais en version animalière.
Les héros Solo (3 premiers tomes) et surtout Legatus (tome 4) très messianique, de par leur état d’esprit et leur comportement me font penser à des guerriers obéissant au code du bushido, un peu comme des maîtres en arts martiaux.
Dans sa première partie de vie, le parcours initiatique de Solo a des similitudes sympathiques avec celui de Conan le Cimmérien.
Le tome 4 Legatus a parfaitement renouvelé la série tout en conservant l'héritage du premier tryptique Solo.
J’aime bien le dessin leste, dynamique, tout en rondeur et les camaïeux de beige et gris.
Bref, agréablement surpris, je pensais que ce n’était qu’un comics de baston, au final c’est plus que ça et c’est plaisant à lire, les pages se tournent facilement, du coup même si ma note est plutôt 3.7, j’ai vraiment envie de lui mettre 4.
J’ai hâte de lire le tome 5.
Alex Alice a décidément beaucoup de talent.
J'avais vraiment adoré Siegfried qui partait sur une base mythologique mais ici, nous sommes en présence d'une uchronie digne de Jules Verne, entre réalité et fiction voire presque magique...
La bd est vraiment proche d'un 5/5 mais je regrette toutefois les réactions parfois un peu étranges des personnages (j'entends par là qu'elles ne sont pas toujours naturelles et on a parfois une sensation de deus ex machina).
Malgré cela, les dessins sont toujours aussi enchanteurs et l'univers est très bien représenté, les designs sont originaux et l'aventure est très agréable à suivre.
Je n'ai lu "que" les 4 premiers tomes mais j'entends bien lire le 5ème dès que possible.
Bref, une très bonne aventure, bien menée et intelligente!
4.5/5
Gros, gros, gros coup de cœur pour cet album ! Décidément, j’aime beaucoup le travail de ce petit éditeur (Sarbacane).
Le récit s’articule autour de deux idées qui me parlent énormément.
D’un part, une question existentialiste que les mathématiciens explorent avec le monde quantique. Et si la vie que nous vivons n’était qu’une possibilité de vie ? Et si notre destin avait été tout autre ? Et si d’autres réalités de nous coexistaient dans des mondes parallèles ? Qu’est-ce qui détermine ce que nous sommes ? La chance ? Le hasard ? Une ‘destinée’ immuable ?
N’allez pas croire qu’il s’agit d’un récit prise de tête ! Bien au contraire, sa lecture est très aisée mais les autrices posent de bonnes questions sur le sujet et nous permettent de nous interroger à notre tour sur cette idée : quelle aurait été notre vie si… ? La dimension fantastique en devient secondaire (d’ailleurs, y a t’il seulement une dimension fantastique ou est-ce là la simple réalité quantique de nos existences ?)
Deuxième thématique : le processus de création (ici littéraire). Qu’est-ce qui rend une œuvre forte ? Le confort nuit-il à la création ? Faut-il souffrir pour créer ? Un thème déjà abordé dans « Bluesman (Ariño) » que j’ai lu il n’y a pas si longtemps et qui revient ici dans un autre contexte mais avec toujours autant de pertinence.
Ces deux thématiques entremêlées sont portée par un personnage au bord de la crise de nerf (voire au-delà), Iris, forte et fragile à la fois. Un très beau personnage féminin qu’un double éclairage humanise merveilleusement. Ce personnage m’a touché dans ses interrogations comme dans ses pétages de plomb.
J’ai dévoré ce récit même si je suis moins convaincu par la forme. En effet, le découpage est parfois excessif. Certains enchainements de cases auraient gagnés en rythme si au lieu de tenir en trois cases, ils avaient été concentrés en une seule. Le dessin est parfois un peu figé et ne dynamise pas ce récit… Mais en fait, je me fiche bien de ces petits détails techniques de pinailleur qui aime chercher la petite bête. La vérité est que j’ai été touché par cet album et que je l’ai dévoré sans pouvoir le lâcher.
Gros coup de cœur du moment et un 4/5 amplement mérité.
Je me joins aux multiples avis précédents. C'est de l'Histoire bien racontée vue de très près. A noter une alchimie réussie de politique monarchique, d'humour salvateur, d'horreur planifiée, d'amour contrarié et le tout en un one-shot! Merci aux auteurs pour ce concentré de talents.
En voilà une bonne surprise. Excellente même. Je ne m'y attendais pas.
On parle souvent de "roman-graphique" pour certaines bd alors qu'il s'agit généralement simplement d'une bd pavé (comprendre : avec beaucoup de pages); et qui généralement tourne autour d'un thème nombriliste/autobiographique/ou d'une histoire complète qui prend son temps.
Pour le coup, j'aimerais parler de roman graphique avec cette bd, car ça aurait pu être un roman.
Cette bd comporte donc pour moi une dimension romanesque, par son intrigue de départ, la structure du récit, habile et souple, les personnages construits, cohérents (notamment par leurs contradictions, comme tout un chacun) et leurs relations entre eux... Et bien sur le nombre de thèmes qui sont traités avec subtilités, sans s'imposer, et qui font une ossature au récit, le rendant plus profond, et sans démonstration.
Donc je trouve que cette bd est un vrai roman (graphique du coup). Cqfd, merci Kiki.
Il y a de l'intelligence qui ressort à la lecture, du récit et des thèmes traités. Le tout sans aucune prétention.
En fait je suis impressionné par la qualité de cette bd, qui se la raconte pas, et qui vole, je trouve, assez nettement aux dessus de bon nombre de nids de coucous.
Une relecture de Blacksad pour redécouvrir le superbe dessin, les ambiances, les détails et tous ces personnages que l'on finirait vraiment par confondre avec des humains tellement les postures et les expressions des visages sont naturelles. Cette série est une très belle réussite. Le scénario est très bon dans le premier tome et bon dans le second, même s'il est déjà moins intéressant et plus confus. Ensuite il s'affaiblit, perdant parfois en cohérence, avec des raccourcis étranges. Dans les deux derniers tomes, on se retrouve à la fin de l'histoire sans avoir bien suivi ce qui s'est passé. Dommage, car le dessin reste un vrai régal pour les yeux. Cette série fut une révélation à sa sortie, elle continue à bien tenir la route quand on la relit.
Amis orpailleurs j’ai une bonne nouvelle pour vous ! Vous pouvez lâcher votre pelle, votre batée et votre tamis. Vous êtes en quête d’une pépite ? Une grosse pépite ? et bien en voilà une étincelante avec « welcome to Hope ».
On a l’habitude de dire, tout est bon dans le cochon. Avec cet album, je dirais désormais c’est le summum avec cet album. Que c’est délicieux de découvrir de tel petit bijou. Clac ! Prend ça dans ta face !
Hope est au milieu de nul par. Ou plutôt au milieu des champs de maïs au fin fond du Kansas. Hope est un bled paumé.
C’est la rencontre de 2 loosers. L’un est un garagiste désoeuvré. L’autre va de ville en ville pour plumer les quidams au poker. Sa voiture tombe en panne. Evidemment ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Le cauchemar commence à plouc town !
Entre les combats de chiens, les secrètes liaisons entre les deux protagonistes et la gente féminine du bled , la violence latente, les espoirs de certains, les rancœurs et – c’est le pompon – deux frères dégénérés, les rebondissements sont nombreux. L’enjeu n’est pas de se faire un max de pognon sur ce coup là, c’est surtout s’en sortir vivant. Vous commencez, et vous ne pourrez pas lâcher l’album avant la fin je vous le dis. Je vous aurais prévenu.
Ambiance poisseuse et glauque mais que c’est bon. Je crois bien que j’ai fini avec la gorge sèche.
Le graphisme est typiquement celui que j’affectionne, très détaillé et délicat. Les personnages ont de ces gueules ! C’est terribeul !
Voilà un thriller à la Stephen King rythmé qui part progressivement en cacahuète pour notre plus grand plaisir. L’horreur est plus psychologique que visuel. Tout ou presque est suggéré. J’adore.
Vous voulez un bonus ? Il faut privilégier l’intégral. Pour le même prix vous avez un album et un roman.
J’ai lu les 4 tomes parus à ce jour avec mes deux fils de 9 et 11 ans, et nous avons passé un excellent moment de lecture.
Le ton des histoires est très poétique, et on retrouve l’humanité et les valeurs souvent présentes dans les albums de Renaud Dillies : l’amitié, l’amour, la nature, la musique… la poésie est retranscrite dans les textes, mais surtout par le dessin, absolument magnifique et sublimé par les belles couleurs de Christophe Bouchard. Ce choix narratif fait que la lecture est fluide et légère, un soulagement après notre lecture récente de l’adaptation du roman Le Vent dans les Saules, très lourde en textes.
Une chouette découverte, et un deuxième coup de cœur dans catalogue de cet éditeur, après le superbe Sous les arbres. Nous espérons que l’auteur va réaliser d’autres aventures de cet adorable épouvantail.
Une lecture que je n'attendais pas et que je n'avais pas prévue, et voila la bonne surprise ! L'auteur dont je ne connaissais aucune autre Bd, réussit un joli conte de médiéval fantastique plus que de fantasy (que je verrais mieux classé soit en conte ou en MF) en s'inspirant à la fois des contes de Perrault (à 70%), des contes de Grimm, du Roman de Renart (les 2 compères héros de ce récit sont comme par hasard un goupil et un loup), et même de Rabelais, avec en plus une petite touche disneyenne, le côté naïf en moins.
C'est un scénario de conte classique qui reprend des éléments communs à nombre de récits situés dans de petits royaumes d'opérette au coeur d'un Moyen Age fantastique avec un brin de sorcellerie, et avec 2 héros qui sont des individus roublards, de gentils filous qui ne pensent qu'à gagner quelques pièces, mais tout ceci est très bien élaboré, bien pensé, avec de bons personnages bien typés. Ce récit me fait beaucoup penser à L'Épée d'Ardenois, bande animalière qui m'avait vivement séduit et au dessin aussi joli. Malgré sa fausse allure enfantine, ce conte est donc encore une bande animalière, mais avec des tronches d'animaux anthropomorphes pittoresques, surtout celles des 2 héros et des gardes. Cependant, la caractérisation animale qui fonctionne de la même façon que chez Blacksad, n'utilise pas des expressions trop humaines contrairement à d'autres Bd animalières, même humoristiques comme Max et Nina par exemple, ici on a droit à des expressions plus animales, c'est très subtil.
Le dessin achève de me séduire complètement : c'est pas du dessin aquarelle classique comme dans les Bd de Tisselli ou Prugne, mais de l'aquarelle légère sur crayonné, c'est précis et soigné, riche en détails surtout dans les éléments de décors et les costumes ; je pense qu'il fallait ce style de graphisme sur un conte de ce type. Voila donc un joyeux mix de références littéraires, à l'univers bien décrit et avec 2 héros sympathiques qui ne demandent qu'à vivre d'autres aventures, pourquoi pas ?
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Curtiss Hill
Un bon 3.4 Sympathique bd animalière bien construite, légère à lire, avec un côté très vintage années 30, dans un contexte mêlant compétition automobile entre 2 pilotes que tout oppose, corruption politique et montée du fascisme. Plusieurs personnages bien campés, chacun ayant sa psychologie, sa personnalité, son histoire personnelle. Les bons et les méchants ne sont pas forcément ceux auxquels on pense de prime abord. J’ai bien aimé le crayonné « dessin animé » rappelant un peu les premiers Walt Disney et comme les couleurs sont douces ainsi que dans une palette de beige restreinte, ça ne fait pas dessin animé plein de couleurs sur papier glacé justement, c’est bien vu, ça colle avec l’ambiance sociale sombre du récit. J’ai aussi bien apprécié la chute de l’histoire.
Solo (Martin)
Après lecture des 4 premiers tomes. Le style narratif de l’auteur arrive à faire passer des émotions sur la famille, le couple, l’amour, la fratrie, la communauté, la solitude, l’asservissement, la cruauté, la perte d’êtres chers, la transmission, la nécessité d’apprendre à se battre dans un monde hostile, la souffrance, la tristesse, la mort etc. Cette série est étonnante, parce que très prosaïque, bien écrite, même philosophique par moment pour une histoire à finalement 95% d’actions et de bastons. Il s’agit de survivre dans monde apocalyptique rempli de prédateurs, hommes, animaux & monstres mutants ou génétiquement modifiés, qui essaient tous de se bouffer les uns les autres vu que les humains ont détruit la planète et qu’il n’y a plus de nourriture naturelle disponible. C’est un univers qui m’a rappelé Mad Max mais en version animalière. Les héros Solo (3 premiers tomes) et surtout Legatus (tome 4) très messianique, de par leur état d’esprit et leur comportement me font penser à des guerriers obéissant au code du bushido, un peu comme des maîtres en arts martiaux. Dans sa première partie de vie, le parcours initiatique de Solo a des similitudes sympathiques avec celui de Conan le Cimmérien. Le tome 4 Legatus a parfaitement renouvelé la série tout en conservant l'héritage du premier tryptique Solo. J’aime bien le dessin leste, dynamique, tout en rondeur et les camaïeux de beige et gris. Bref, agréablement surpris, je pensais que ce n’était qu’un comics de baston, au final c’est plus que ça et c’est plaisant à lire, les pages se tournent facilement, du coup même si ma note est plutôt 3.7, j’ai vraiment envie de lui mettre 4. J’ai hâte de lire le tome 5.
Le Château des étoiles
Alex Alice a décidément beaucoup de talent. J'avais vraiment adoré Siegfried qui partait sur une base mythologique mais ici, nous sommes en présence d'une uchronie digne de Jules Verne, entre réalité et fiction voire presque magique... La bd est vraiment proche d'un 5/5 mais je regrette toutefois les réactions parfois un peu étranges des personnages (j'entends par là qu'elles ne sont pas toujours naturelles et on a parfois une sensation de deus ex machina). Malgré cela, les dessins sont toujours aussi enchanteurs et l'univers est très bien représenté, les designs sont originaux et l'aventure est très agréable à suivre. Je n'ai lu "que" les 4 premiers tomes mais j'entends bien lire le 5ème dès que possible. Bref, une très bonne aventure, bien menée et intelligente! 4.5/5
Iris, deux fois
Gros, gros, gros coup de cœur pour cet album ! Décidément, j’aime beaucoup le travail de ce petit éditeur (Sarbacane). Le récit s’articule autour de deux idées qui me parlent énormément. D’un part, une question existentialiste que les mathématiciens explorent avec le monde quantique. Et si la vie que nous vivons n’était qu’une possibilité de vie ? Et si notre destin avait été tout autre ? Et si d’autres réalités de nous coexistaient dans des mondes parallèles ? Qu’est-ce qui détermine ce que nous sommes ? La chance ? Le hasard ? Une ‘destinée’ immuable ? N’allez pas croire qu’il s’agit d’un récit prise de tête ! Bien au contraire, sa lecture est très aisée mais les autrices posent de bonnes questions sur le sujet et nous permettent de nous interroger à notre tour sur cette idée : quelle aurait été notre vie si… ? La dimension fantastique en devient secondaire (d’ailleurs, y a t’il seulement une dimension fantastique ou est-ce là la simple réalité quantique de nos existences ?) Deuxième thématique : le processus de création (ici littéraire). Qu’est-ce qui rend une œuvre forte ? Le confort nuit-il à la création ? Faut-il souffrir pour créer ? Un thème déjà abordé dans « Bluesman (Ariño) » que j’ai lu il n’y a pas si longtemps et qui revient ici dans un autre contexte mais avec toujours autant de pertinence. Ces deux thématiques entremêlées sont portée par un personnage au bord de la crise de nerf (voire au-delà), Iris, forte et fragile à la fois. Un très beau personnage féminin qu’un double éclairage humanise merveilleusement. Ce personnage m’a touché dans ses interrogations comme dans ses pétages de plomb. J’ai dévoré ce récit même si je suis moins convaincu par la forme. En effet, le découpage est parfois excessif. Certains enchainements de cases auraient gagnés en rythme si au lieu de tenir en trois cases, ils avaient été concentrés en une seule. Le dessin est parfois un peu figé et ne dynamise pas ce récit… Mais en fait, je me fiche bien de ces petits détails techniques de pinailleur qui aime chercher la petite bête. La vérité est que j’ai été touché par cet album et que je l’ai dévoré sans pouvoir le lâcher. Gros coup de cœur du moment et un 4/5 amplement mérité.
Charly 9
Je me joins aux multiples avis précédents. C'est de l'Histoire bien racontée vue de très près. A noter une alchimie réussie de politique monarchique, d'humour salvateur, d'horreur planifiée, d'amour contrarié et le tout en un one-shot! Merci aux auteurs pour ce concentré de talents.
Le Retour
En voilà une bonne surprise. Excellente même. Je ne m'y attendais pas. On parle souvent de "roman-graphique" pour certaines bd alors qu'il s'agit généralement simplement d'une bd pavé (comprendre : avec beaucoup de pages); et qui généralement tourne autour d'un thème nombriliste/autobiographique/ou d'une histoire complète qui prend son temps. Pour le coup, j'aimerais parler de roman graphique avec cette bd, car ça aurait pu être un roman. Cette bd comporte donc pour moi une dimension romanesque, par son intrigue de départ, la structure du récit, habile et souple, les personnages construits, cohérents (notamment par leurs contradictions, comme tout un chacun) et leurs relations entre eux... Et bien sur le nombre de thèmes qui sont traités avec subtilités, sans s'imposer, et qui font une ossature au récit, le rendant plus profond, et sans démonstration. Donc je trouve que cette bd est un vrai roman (graphique du coup). Cqfd, merci Kiki. Il y a de l'intelligence qui ressort à la lecture, du récit et des thèmes traités. Le tout sans aucune prétention. En fait je suis impressionné par la qualité de cette bd, qui se la raconte pas, et qui vole, je trouve, assez nettement aux dessus de bon nombre de nids de coucous.
Blacksad
Une relecture de Blacksad pour redécouvrir le superbe dessin, les ambiances, les détails et tous ces personnages que l'on finirait vraiment par confondre avec des humains tellement les postures et les expressions des visages sont naturelles. Cette série est une très belle réussite. Le scénario est très bon dans le premier tome et bon dans le second, même s'il est déjà moins intéressant et plus confus. Ensuite il s'affaiblit, perdant parfois en cohérence, avec des raccourcis étranges. Dans les deux derniers tomes, on se retrouve à la fin de l'histoire sans avoir bien suivi ce qui s'est passé. Dommage, car le dessin reste un vrai régal pour les yeux. Cette série fut une révélation à sa sortie, elle continue à bien tenir la route quand on la relit.
Welcome to Hope
Amis orpailleurs j’ai une bonne nouvelle pour vous ! Vous pouvez lâcher votre pelle, votre batée et votre tamis. Vous êtes en quête d’une pépite ? Une grosse pépite ? et bien en voilà une étincelante avec « welcome to Hope ». On a l’habitude de dire, tout est bon dans le cochon. Avec cet album, je dirais désormais c’est le summum avec cet album. Que c’est délicieux de découvrir de tel petit bijou. Clac ! Prend ça dans ta face ! Hope est au milieu de nul par. Ou plutôt au milieu des champs de maïs au fin fond du Kansas. Hope est un bled paumé. C’est la rencontre de 2 loosers. L’un est un garagiste désoeuvré. L’autre va de ville en ville pour plumer les quidams au poker. Sa voiture tombe en panne. Evidemment ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Le cauchemar commence à plouc town ! Entre les combats de chiens, les secrètes liaisons entre les deux protagonistes et la gente féminine du bled , la violence latente, les espoirs de certains, les rancœurs et – c’est le pompon – deux frères dégénérés, les rebondissements sont nombreux. L’enjeu n’est pas de se faire un max de pognon sur ce coup là, c’est surtout s’en sortir vivant. Vous commencez, et vous ne pourrez pas lâcher l’album avant la fin je vous le dis. Je vous aurais prévenu. Ambiance poisseuse et glauque mais que c’est bon. Je crois bien que j’ai fini avec la gorge sèche. Le graphisme est typiquement celui que j’affectionne, très détaillé et délicat. Les personnages ont de ces gueules ! C’est terribeul ! Voilà un thriller à la Stephen King rythmé qui part progressivement en cacahuète pour notre plus grand plaisir. L’horreur est plus psychologique que visuel. Tout ou presque est suggéré. J’adore. Vous voulez un bonus ? Il faut privilégier l’intégral. Pour le même prix vous avez un album et un roman.
L'Emouvantail
J’ai lu les 4 tomes parus à ce jour avec mes deux fils de 9 et 11 ans, et nous avons passé un excellent moment de lecture. Le ton des histoires est très poétique, et on retrouve l’humanité et les valeurs souvent présentes dans les albums de Renaud Dillies : l’amitié, l’amour, la nature, la musique… la poésie est retranscrite dans les textes, mais surtout par le dessin, absolument magnifique et sublimé par les belles couleurs de Christophe Bouchard. Ce choix narratif fait que la lecture est fluide et légère, un soulagement après notre lecture récente de l’adaptation du roman Le Vent dans les Saules, très lourde en textes. Une chouette découverte, et un deuxième coup de cœur dans catalogue de cet éditeur, après le superbe Sous les arbres. Nous espérons que l’auteur va réaliser d’autres aventures de cet adorable épouvantail.
Tracnar & Faribol
Une lecture que je n'attendais pas et que je n'avais pas prévue, et voila la bonne surprise ! L'auteur dont je ne connaissais aucune autre Bd, réussit un joli conte de médiéval fantastique plus que de fantasy (que je verrais mieux classé soit en conte ou en MF) en s'inspirant à la fois des contes de Perrault (à 70%), des contes de Grimm, du Roman de Renart (les 2 compères héros de ce récit sont comme par hasard un goupil et un loup), et même de Rabelais, avec en plus une petite touche disneyenne, le côté naïf en moins. C'est un scénario de conte classique qui reprend des éléments communs à nombre de récits situés dans de petits royaumes d'opérette au coeur d'un Moyen Age fantastique avec un brin de sorcellerie, et avec 2 héros qui sont des individus roublards, de gentils filous qui ne pensent qu'à gagner quelques pièces, mais tout ceci est très bien élaboré, bien pensé, avec de bons personnages bien typés. Ce récit me fait beaucoup penser à L'Épée d'Ardenois, bande animalière qui m'avait vivement séduit et au dessin aussi joli. Malgré sa fausse allure enfantine, ce conte est donc encore une bande animalière, mais avec des tronches d'animaux anthropomorphes pittoresques, surtout celles des 2 héros et des gardes. Cependant, la caractérisation animale qui fonctionne de la même façon que chez Blacksad, n'utilise pas des expressions trop humaines contrairement à d'autres Bd animalières, même humoristiques comme Max et Nina par exemple, ici on a droit à des expressions plus animales, c'est très subtil. Le dessin achève de me séduire complètement : c'est pas du dessin aquarelle classique comme dans les Bd de Tisselli ou Prugne, mais de l'aquarelle légère sur crayonné, c'est précis et soigné, riche en détails surtout dans les éléments de décors et les costumes ; je pense qu'il fallait ce style de graphisme sur un conte de ce type. Voila donc un joyeux mix de références littéraires, à l'univers bien décrit et avec 2 héros sympathiques qui ne demandent qu'à vivre d'autres aventures, pourquoi pas ?