Les derniers avis (9697 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

"Méridien" est une très belle surprise, un album à contre-courant. La surprise vient du scénario original qui nous mène dans une Amérique du Sud encore sauvage à travers une expédition scientifique française au XVIII° siècle. Une expédition qui s'est réellement déroulée avec quelques savants de renom de l'époque. Charles-Marie de la Condamine (astronome et encyclopédiste), Pierre Bouguer (astronome et hydrographe), Louis Godin (astronome) et Joseph de Jussieu (botaniste et biologiste). Des personnages hauts en couleur et aux tempéraments bien différents, mais le mensonge, l'ambition et les enjeux vont créer des frictions dans ce petit groupe. Un récit emplit d'humanité, mais qui côtoie aussi la cruauté, les peuples autochtones subissent le joug des espagnols. Une narration poétique et singulière avec les passages où différents volatiles vont jauger les faits et gestes de nos scientifiques, et qui pose la question sur notre relation avec la nature. Tout n'est-il que calculs et équations ? Un récit historique qui fait la part belle à l'aventure avec un grand A. La surprise vient aussi du dessin, il s'en dégage une ambiance sombre, sauvage et étouffante. Un trait hachuré, brouillon par moments qui apporte du relief. Un style unique en son genre qui est sublimé par une explosion de couleurs dans de merveilleux tons délavés. Un rendu époustouflant ! Une lecture dépaysante, instructive et immersive. A ne pas louper. Coup de cœur.

03/01/2023 (modifier)
Couverture de la série Juliette - Les Fantômes reviennent au Printemps
Juliette - Les Fantômes reviennent au Printemps

Franchement bien principalement parce que j’ai été on ne peut plus réceptif à l’humour distillé dans cet album. Cette galerie de personnages à la fois farfelus et proches de nous est exploitée avec toute la dérision nécessaire par l’autrice. C’est vivant, humain et joyeux jusque dans les moments les plus sombres. Le dessin est en parfaite osmose avec le ton de l’album. Un côté naïf dans le trait, certains profils parfois franchement ratés, mais des couleurs vives et joyeuses. Le charme du graphisme vient de son imperfection au même titre que le charme des personnages vient de leurs imperfections. Osmose, donc… L’histoire en elle-même est des plus anodines, mais je me suis attaché à ces personnages, j’ai aimé le caractère saugrenu de certains passages, j’ai été touché par d’autres… En clair, même s’il ne s’y passe rien d’exceptionnel, j’ai beaucoup aimé cette lecture.

03/01/2023 (modifier)
Par Francis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Terre du Milieu mais un peu sur la gauche
La Terre du Milieu mais un peu sur la gauche

Incroyable si vous êtes un fan du Seigneur des Anneaux et que vous avec un humour varié ( c’est à dire vous comprenez bien la culture autour du seigneur des anneaux ça devrait le faire ). Le seul défaut c’est que c’est pas en anglais et qu’ils peuvent pas en profiter!!

31/12/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Pizzlys
Les Pizzlys

Wash ! Il est trop fort ce Jérémie Moreau ! Ça fait mine de rien des années qu'il enquille les chefs d'œuvre. C'est comme avec le gars Gomont, sauf qu'au lieu de travailler un style, Jérémie explore. Il est en mouvement permanent. Il le prouve une fois encore avec Les Pizzlys qui se trouve en même temps être sa meilleure Œuvre à ce jour. Punaise ! Que de bonnes choses parues cette année ! Que de "meilleures BD" ! Rochette a sorti cette année sa meilleure, tout comme Inker... Les Pizzlys est une œuvre en lien avec l'ambiance de fin de monde que nous connaissons actuellement. A travers les personnes d’Étienne et Zoé, frère et sœur tous deux incapables de lâcher leur téléphone portable, Moreau parle de notre civilisation qui s'oublie dans le numérique dont l'industrie est à ce jour le plus gros émetteur de CO2. Le propos est tragique, on-ne-peut-plus réaliste. Ça glace les sangs. Néanmoins, Moreau capte un truc, comme une possibilité, un espoir, une étincelle. On n'évitera rien, mais on peut s'y préparer, et préparer l'après qui est déjà là, en fait. Côté dessins, Moreau reprend grosso modo ce qui avait conféré tant de poésie au Discours de la panthère, son œuvre précédente, à savoir des couleurs très psychédéliques mais avec lesquelles il drape ici un scénario qui monte lentement vers une acmé paroxystique où la réalité des choses se confronte à une sagesse extrêmement mature. On sent des choses qui étaient en germe sur Penss et les plis du Monde mais que, sans doute, la maturité aidant, il est parvenu à déployer dans une histoire très accrocheuse qu'il fait fleurir avec la puissance du printemps. Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ça ; ça m'est venu tout seul. C'est ce que je ressens. Zou !

30/12/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Serpent et le Coyote
Le Serpent et le Coyote

Cette histoire m’a donné tout ce que la couverture m’avait promis : de l’aventure, de l’action et des grands espaces américains. Matz n’en est pas à son coup d’essai et a réalisé de nombreux polars (dont le mythique Le Tueur), et ce nouvel album ne déçoit pas. L’histoire (inspirée du programme de sécurité des témoins américain, Witsec) est certes classique au possible, mais bien construite et rondement menée. La narration en « voix off » est un peu lourde par moment, mais bien amenée (le narrateur parle à son coyote adopté) et permet au lecteur d’en apprendre plus sur la situation actuelle mais aussi sur le passé du personnage. Le procédé est efficace, et j’ai avalé les 140 pages d’une traite. Surtout que le dessin est magnifique. Il est fin et détaillé, très lisible, et les paysages américains sont parfaitement représentés… quel dépaysement ! Un polar de qualité, que je recommande vivement aux amateurs du genre.

30/12/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blacking out
Blacking out

Rhàà lovely ! glop glop ! mais que cet album est bon ! Cela devient extrêmement rare de trouver un excellent polar avec une fin que tu ne vois pas venir de loin. J’ai adoré me perdre ! Un ex-flic démis de ses fonctions traine péniblement sa carcasse à la recherche de la rédemption. Une occasion se présente à lui. Il va donc mettre toutes ses forces et toutes ses compétences pour dénouer un crime abominable. Ca sent le brulé ! C’est oppressant ! C’est glauque ! c’est violent ! Les pistes sont abondantes. Difficile de trouver qui est l’assassin ! Le scénario haletant tient la route. Le graphisme est nerveux et sombre. Le trait noir est épais. Peter Krause ne fait pas dans la fioriture et c’est tant mieux. Cela donne du rythme à cette histoire poisseuse autour d’un personnage à la dérive. A noter que l’album est complété par une galerie d’illustrations. Ce bonus est juste magnifique esthétiquement. Voilà donc un one shot brulant - dans la même veine que les comics US - vraiment agréable à lire que je recommande vivement. Et je vous l’annonce d’ores et déjà, vous serez surpris par le dénouement.

30/12/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Faits divers
Faits divers

Certains pourront trouver à cette BD un côté un peu gadget. Anouk Ricard s'appuie donc sur des titres d'articles de presse qu'elle extrapole pour en tirer une histoire invraisemblable. Et c'est réussi. Tantôt absurdes, tantôt ridicules, ces scénarios abracadabrantesques (qui tiennent parfois en un seul dessin) sont truculents. C'est vraiment très très drôle, tout à fait dans mon style d'humour. Elle a donné suite pour faire un tome 2 de Faits Divers, malheureusement moins réussi. Ce tome 1 est un régal à savourer comme un bonbon. Avec le même inconvénient : ça ne dure pas très longtemps mais qu'est-ce que c'est bonbon !

30/12/2022 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une rainette en automne (et plus encore...)
Une rainette en automne (et plus encore...)

Il faut saluer ici le travail d'édition remarquable des Editions de la Cerise. Cette petite BD au format italien et dos toilé est déjà très engageante. L'objet annonce la couleur (si je puis dire) : le lecteur sera immergé dans une ambiance des plus japonisantes. Et puis en feuilletant, on découvre le dessin absolument délicieux de Linnea Sterte, et là, c'est mon cœur qui fond. Après m'être renseigné sur l'autrice, je réalise qu'il y a quelques années, j'avais vu passer sa bande-dessinée précédente intitulée In-Humus qui n'avait alors pas plus retenu mon attention que cela. Il faut dire que son dessin a évolué, et moi aussi. Mais revenons à notre petite rainette. Graphiquement, c'est un pur coup de cœur. J'adore ce trait fin et ciselé, cette science du détail qui permet de déceler des raffinements jusque dans les fonds obscurs représentant des scènes nocturnes. J'aime le choix de ce monochrome bleuté qui redonne toute sa dimension au dessin. Je suis admiratif de cette ligne minimale qui souligne un relief, ouvrant la page sur l'immensité du paysage, et aère la tête ! On songe à ces dessins pariétaux où un trait unique évoque à la perfection et de manière évidente la silhouette d'un mammouth. Et bien entendu, on songe également aux maîtres du manga, les Tsuge, Mizuki et Cie... Il y a d'ailleurs dans cette histoire la même poésie. Tout est léger comme les flocons qui viendront conclure de manière ouverte cette histoire feutrée. En outre, il flotte dans l'air un humour tendre. L'histoire tient sur un confetti, et le résumé que l'on trouve un peu partout sur le net se suffit à lui-même. C'est un petit conte initiatique, genre malheureusement tombé un peu en désuétude. Mais ces histoires de trois fois rien (que j'affectionne tant) racontent souvent beaucoup. C'est par le peu qu'elles nourrissent l'esprit, avec une économie empruntée à l'art japonais. C'est le cas ici. Sans s'attarder, on y rencontre des esprits : celui d'un jeune arbre tordu sous les traits d'une petite fille en kimono, celui d'un vieil arbre dépeint comme un étrange humanoïde non genré, et bien sûr celui de la fleur de shungiku capturé par les crapauds (cf. résumé) que le lecteur ne verra d'ailleurs jamais. On rencontre des chiens, des chats, des souris, mais nul conflit. Tout ce petit monde cohabite le plus naturellement du monde, les chats conseillant par exemple à nos crapauds en vadrouille une excellente auberge tenue par la même famille de souris depuis 58 générations... Cette aventure à l'échelle de rainette et pleine de poésie m'a totalement conquis. Je suis à deux doigts de penser qu'on tient là un petit chef d'œuvre. Mais je ne voudrais surtout pas survendre la chose. Entendons-nous bien : par "petit chef d'œuvre", j'entends ici un "petit bijou", un trésor fragile rapporté de mes pérégrinations et objet de sentiments tout à fait personnels tel un coquillage trouvé sur la plage, une plume ramassée au détour d'une balade, un caillou de poucet aux couleurs irisées... Tous ces bidules appelés à rejoindre la boite aux secrets planquée derrière les rayonnages de la bibliothèques. Voilà ! une rainette en automne, c'est tout à fait ça ! Ce livre magnifique fait partie de la sélection pour Angoulême. Restons toutefois réalistes : ce ne sera pas le futur Fauve d'Or. Ce n'est pas suffisamment Grand Public. Elle recevra peut-être une distinction, ce qui serait bien entendu une juste reconnaissance, mais franchement, à la lecture, on est loin, bien loin de toutes ces considérations. La rainette n'est pas une bête de course. C'est une BD qui se savoure dans la solitude et le calme. Et c'est très bien ainsi !

30/12/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Silas Corey
Silas Corey

J'ai découvert Fabien Nury avec le premier diptyque de cette saga, mais j'ai attendu tout ce temps pour lire le deuxième diptyqe. Et BORDEL, QU'EST-CE QUE C'EST BON !!! Avec cette saga, Nury m'a totalement embarqué. J'aime beaucoup les récits d'espionnages, mais je suis toujours anxieux quand j'en découvre un, car il est très facile de s'y perdre et de faire n'importe quoi, quand on essaye d'en concevoir un. Or, ici, Fabien Nury réussit le prodige d'échapper à tous les écueils du genre, un par un ! Oui, le récit de Silas Corey est très dense, il articule une intrigue de complot entre au moins 3 camps et plusieurs électrons libres entre ces derniers. C'est dire qu'il serait facile de s'y égarer, et pourtant, le scénario reste d'une belle limpidité. On arrive franchement bien à suivre chacun des personnages (même si, dans l'action, le dessin est parfois un peu confus), tout d'abord grâce à une écriture très rigoureuse. Ils sont dotés d'une vraie personnalité, d'un caractère bien pensé et pas du tout simpliste, et on s'y attache facilement, tant à ceux dont on épouse les convictions qu'aux autres. Bref, beaucoup d'épaisseur et de nuances dans l'écriture des personnages, et ça suffit déjà à faire sortir Silas Corey du lot. Le scénario lui-même est assez complexe. Sans révéler les enjeux du premier diptyque, j'ai adoré le MacGuffin et ses implications, qui donnent un éclairage aussi nouveau que grave (quoiqu'historiquement un peu fantaisiste, bien sûr) sur la période de la Première Guerre mondiale en France. Le rapport de force entre les différents camps est parfaitement construit par un Fabien Nury dont on imagine à grand-peine les nuits d'angoisse que cela a dû lui donner. Vraiment, chaque péripétie est réfléchie, et s'intègre merveilleusement à un ensemble bâti sur des dialogues minutieusement écrits. Enfin, l'équilibre entre les scènes de dialogue et les scènes d'action est excellent. Il y a là un rythme fou, ni trop rapide ni trop lent, qui nous embarque de la première à la dernière page du dyptique. Mais si, déjà, Le Réseau Aquila est une merveille, alors que dire du Testament Zarkoff ? Les tomes 3 et 4 ne sont pas loin de former ce que Fabien Nury a fait de mieux dans sa (riche) carrière. Là où on avait un ton sombre mais encore éclairé par quelques pointes d'humour et une ironie salvatrice (certes ambiguë) dans les deux premiers tomes, Le Testament Zarkoff délaisse totalement les piques humoristiques et renforce l'ironie. Seulement, cette ironie n'est plus drôle, mais alors plus du tout. Au contraire, Nury la manie comme une arme terrible. Elle devient froide, cruelle, et nous fait entrer de plain-pied dans le registre du tragique. Le Réseau Aquila était un récit d'espionnage ; Le Testament Zarkoff est une tragédie, dans le sens le plus pur du mot. Plus encore que dans les deux premiers volets, Fabien Nury nous y promène à travers les pages de l'Histoire, et peut-être bien les plus sinistres... Il m'a fait découvrir un paquet d'éléments que j'ignorais (je ne crois pas avoir déjà entendu parler de cette Société Thulé, bien réelle, et de ce triste sire de Rudolf von Sebonttendorf, lui aussi tout-à-fait historique), et remonte aux racines d'événements bien trop connus du public pour nous montrer comment ils ont pu se développer. Le ton est d'une noirceur impressionnante, rien ne vient éclairer les rouages de cette machine infernale, qui broie l'humain pour faire émerger l'horreur, juste l'horreur. Le Testament Zarkoff déploie alors un pessimisme sans bornes, sans jamais se priver de ses spectaculaires scènes d'action, touchant un équilibre presque parfait. Rarement une bande dessinée m'aura fait tel effet, il vaut mieux ne pas être dépressif en l'ouvrant ! L'autre grande merveille de cette bande dessinée, c'est le dessin de Pierre Alary. En termes d'équilibre, il atteint lui aussi des sommets ! Expressif et élégant, le trait d'Alary est celui du juste milieu. Pas trop réaliste, mais pas trop stylisé non plus, il crée une atmosphère excellente, qui fonctionne aussi bien pour les quelques traits d'humour que pour les scènes plus sombres, pour les scènes de dialogue et pour les scènes d'action. Si je faisais la fine bouche, toutefois, je dois dire qu'à certains moments, le dessin rend l'action plus confuse, notamment à cause d'une succession de cases en trop gros plans pour bien comprendre ce qu'il s'y passe. Mais ça reste un détail. Peut-être que certains pourraient trouver que tout cela est trop classique (mais vues les notes sur cette série, visiblement, ça n'a pas trop été le cas), mais si le classicisme est effectivement bien présent, il l'est pour le mieux. Nury et Alary nous livrent ainsi un récit d'espionnage et d'aventures parfaitement ficelé autour de tous les éléments caractéristiques du genre. Les amateurs ne se sentiront pas perdus et pourtant, cela n'exclut pas toute surprise du récit. Bref, vraiment, j'ai beau chercher rien à redire. J'adore.

02/02/2021 (MAJ le 28/12/2022) (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hoka Hey !
Hoka Hey !

Excellent ! D'habitude je préfère la lecture sur papier mais pour celui-ci j'ai eu la chance de pouvoir le lire sur un grand écran et ce fut une agréable surprise ! Les cases sont très grandes, ce sont des petits chefs d'oeuvres chacune. J'ai eu l'impression de voir un film. Si je ne mets pas 5/5 c'est parce que malgré un scénario très bien maîtrisé, le scénario dans sa globalité n'apporte rien de nouveau pour quelqu'un qui a l'habitude de lire ou voir des films sur ce thème, les moments choc de la lecture sont assez prévisibles. Mais ça n'empêche pas de passer un très bon moment et de passer par pleins d'émotions ! Hoka hey !

28/12/2022 (modifier)