Ça commence par un très joli titre. Une couverture intrigante (De loin, ça fait penser à de la SF tant elle s’apparente à une couverture de la collection dédié aux futurs de Liu Cixin)...
On ouvre ensuite l'album et on est surpris par un graphisme original servi par des couleurs directes très réussies. Au fil de la lecture, le dessin se montre très lisible et envoutant. Pour un premier album, je trouve la proposition graphique (cadrage inclus) d'une grande audace et maturité.
Le scénario n'est pas en reste, c'est du solide. Il se veut réaliste et ose à dépeindre une cité (française) qu’on croirait tout droit sorti de « the Wire ».
Fatoumata n’aurait jamais du accepter le deal initial. Mais en avait-elle réellement le choix?
Dès lors elle sera prise dans un engrenage dont il est difficile de se sortir indemne.
L'histoire se révèle très prenante, le suspense est total, on ne lâchera pas la BD avant de connaitre le fin mot de l’histoire.
Sur un environnement et des thématiques pas si fréquemment exploités dans la Bande Dessinée Française, précipitez vous sur une des très bonnes histoires sortie en ce début d'année 2024 qui mérite amplement toute votre attention.
Magnifique ! Soit c'est la mise en bd de vrais contes africains, pleins de bon sens et de malice, soit c'est de la fiction pure, et dans ce cas on ne peut qu'être admiratif de la capacité de l'auteur à se glisser dans la peau d'un griot (conteur) africain. Que du plaisir en tous cas.
En 1972 a eu lieu un procès dont le sujet, les débats et la conclusion ont eu un impact énorme sur la société française depuis cinq décennies.
Ce procès n'était pas seulement celui de Marie-Claire Chevalier, qui a avorté à la suite d'un viol, et de sa mère, pénalement responsable pour elle, mais aussi celui d'une loi inique, celle de 1920 condamnant toute femme ayant recours à l'avortement à une peine de prison. En 1971, lorsque Marie-Claire et sa mère sont arrêtées, 343 femmes, célèbres et anonymes, sont sortie du bois, pour affirmer qu'elles aussi ont dû avorter (plusieurs fois pour certaines), comme des milliers, des centaines de milliers de femmes (on parlait alors de 500 000 à UN MILLION d'avortements par an dans le pays). Sous l'impulsion de l'association Choisir (qui existe toujours) ces femmes et des milliers d'autres qui manifestent dans la rue refusent que cette situation perdure, que les hommes dictent leur volonté, prennent le contrôle de leur corps. Le procès de Marie-Claire et sa mère Michèle n'est pas le premier du genre, mais l'avocate Gisèle Halimi, co-fondatrice de Choisir, est déterminée à faire de ce procès, tellement exemplaire, celui qui fera basculer l'opinion publique et le législateur dans une nouvelle phase de leur histoire.
Marie Bardiaux-Vaïente, historienne et scénariste passionnée par toutes les questions liées à la liberté individuelle et elle-même personnellement concernée par le sujet, a donc décidé, cinquante ans après les faits, de raconter ce moment crucial de notre Histoire. Elle a consulté pour cela de nombreux documents et témoignages, et tenté de retranscrire au mieux les différentes phases de cette affaire. Ainsi, même si Marie-Claire, sa mère et Me Halimi sont au centre de l'histoire, de nombreuses autres personnalités, comme Delphine Seyrig, à l'aura incroyable, Simone Veil, qui a porté au Parlement la loi légalisant l'IVG en tant que Ministre de la Santé, ou encore Françoise Giroud, journaliste qui fait fi des demandes de confidentialité du président du tribunal, sont-elles présentes. On pourra citer également Michel Rocard, qui a porté le projet de loi, ou le prix Nobel de médecine, parmi les personnages masculins.
Le récit fait bien sûr la part belle aux interrogatoires et plaidoiries qui ont émaillé le procès, mais n'est pas avare de scènes intimistes, de scènes de mobilisations dans la rue, afin de retranscrire non seulement l'ambiance de l'époque, mais aussi de saisir à quel point les femmes -pauvres, de surcroît, une injustice supplémentaire soulevée par Gisèle Halimi durant le procès- ont pu souffrir physiquement, moralement, socialement, économiquement de tout ça.
Le résultat est tétanisant.
Certains passages, parmi les intimistes, m'ont serré le cœur. Parce qu'ils synthétisent parfaitement tout ça. Cette souffrance, cette injustice. Pendant le procès, ce sont quatre femmes (en plus de la mère et de la fille, sur le banc des accusées se trouvent également celle qui a pratiqué l'avortement et l'amie qui les a mises en relation) face à quatre hommes. Si le procureur fait preuve de veulerie, d'obscurantisme et de machisme, le juge principal a quant à lui, comme il se doit bien sûr, pris ses responsabilités et fait preuve de discernement et laissé l'avocate dérouler ses arguments, interrogé les accusées et les témoins, les experts. Bien sûr nous n'avons pas l'intégralité des débats, qui peuvent facilement se retrouver si on souhaite approfondir.
Le travail graphique de Carole Maurel est remarquable. Chaque case est ciselée, travaillée pour avoir un impact maximal sur le lectorat. Il y a des moments de silence, qui se passent de paroles, tant l'intensité des regards, des attitudes, est forte. Lors de scènes traumatisantes, les ambiances se font plus glaçantes, souvent en noir et blanc, avec quelques effets graphiques mais sans en faire trop.
Indispensable.
Une très étrange BD.
Je découvre l'auteur, EMG, avec cet album. Après un diplôme en architecture, il se tourne vers la bande dessinée et particulièrement la création numérique.
D'abord, étrange par son graphisme, c'est lui qui m'a poussé à me procurer cet album.
Une image par planche, un dessin aux formes géométriques où le cubisme est roi. Même les phylactères sont dans ce style.
Une grande inventivité pour les personnages et les décors avec des petites surprises.
Les couleurs, sans nuances, sont lumineuses et légèrement criardes.
Le rendu aseptisé m'a totalement conquis.
Ensuite, étrange dans sa narration/construction.
J'ai commencé ma lecture par la page une qui suit le parcours d'Hicham jusqu'à la page 46, puis j'ai continué ma lecture avec l'apparition de Wassila sans remarquer que la numérotation des pages était alors décroissante (de 46 à1). Ensuite j'ai relu cette deuxième partie dans le sens de la numérotation des pages pour se terminer à la page 46 en milieu d'album (le titre prend du sens). En conclusion, l'album propose plusieurs possibilités aux lecteurs suivant ses envies (lecture complète ou partielle de l'album en suivant ou non la pagination). Pour des conclusions évidemment différentes.
L'amour et l'immigration sont les thèmes principaux dans ce monde imaginaire très robotisé où une frontière sous haute surveillance sépare deux pays, elle pourra rappeler par certains aspects celle des deux Corée actuelles.
Peu de texte, un zeste d'humour pour un album déroutant.
Si vous aimez sortir de votre zone de confort, foncez sur ce titre.
Cette année à Angoulême je m’étais promis de faire preuve de retenu, de n’acheter que des BDs dont j’avais entendu parler. Je n’ai enfreint cette règle qu’une fois, et craqué pour cet album aux éditions Des bulles dans l'océan, grâce à sa couverture magnifique… et je ressors satisfait de ma lecture.
L’histoire est certes classique, et nous raconte un combat entre le Bien et le Mal, mettant en scène un Petit Peuple que seuls certains humains peuvent voir. L’intrigue est enjouée et bien racontée, les personnages sont attachants, à commencer par son protagoniste qui se retrouve emporté dans cette galère bien malgré lui.
Le dessin et les couleurs aquarelles de Adriano Fruch sont absolument magnifiques, ma lecture fut une véritable promenade champêtre, et un délice pour les yeux.
En tant qu’adulte, je trouvé ça vraiment pas mal, mais j’ai poussé la note à « franchement bien » pour un public ado, et je lirai très certainement le second tome, qui devrait conclure l’histoire.
Champion de l’autodérision magnifiant la banalité et l’ennui du quotidien, Bouzard est une sorte de génie qui parvient même à contrarier la mort, laquelle, visiblement, ne veut pas de lui. Provocation ultime adressée à la faucheuse, la couverture laisse apparaître en vernis sélectif doré une petite croix funéraire quelque peu difforme ! Si ce n’est encore pas le glas qui sonne pour le gars Bouzard, il semblerait que pour lui, ce soit plutôt l’heure de la consécration avec cet « Ultimate » ! Et les Requins Marteaux ont vu grand, en intégrant, s’il vous plaît, un ruban marque-page à l’ouvrage !
Vingt ans après, l’humour est resté intact, indifférent à l’usure des ans et au wokisme en vogue. Humilié par sa compagne dès qu’il se risque à fanfaronner, Bouzard, allergique aux tâches ménagères, ne subira jamais les scuds de #metoo. Quand bien même il cherche à faire faire la peau de son « chien stupide », qui prend un malin plaisir à le ridiculiser, les associations de défense des animaux ne pourront rien contre lui. Ni la ligue contre l’alcoolisme, malgré sa consommation de pinard bien au-delà du raisonnable, ni les ligues catholiques à la vue de son chibre raide (quoique modeste). Bref, le ton va si loin dans l’absurde et l’autodérision qu’il rend inattaquable son auteur… et ne ferait que ridiculiser l’attaquant…
A l’avenant, le dessin volontairement mal fichu est un sommet de drôlerie. On l’oublie souvent, mais il faut un certain talent pour réussir à faire passer des émotions (ici en l’occurrence le rire) en deux coups de crayon, et Bouzard n’en manque pas. Dans la même catégorie, on pense d’abord à Reiser, dont le trait « moche et vulgaire », associé à une irrévérence féroce, a fait les beaux jours d’Hara-Kiri et du Charlie Hebdo des débuts. A la différence que Bouzard utilise pleinement les codes du neuvième art pour décupler les fous rires auprès de son lectorat. La mise en page en gaufrier, loin d’être une contrainte pour l’auteur, ne fait que renforcer le dynamisme narratif, en contrepoint d’anecdotes qui sans cet humour hypra décalé seraient désolantes de banalité. A cela vient s’ajouter un sens du mouvement très cartoonesque qui n’aurait pas tout à fait la même puissance comique sans ledit gaufrier. Il suffit pour s’en rendre compte de se reporter à la page 164, avec cette scène où notre (anti-)héros poursuit son clébard dans les arbres (volume 3 – « The Autobiography of me too free »), l’air de rien c’est du grand art. On n’oubliera pas de parler des expressions des visages hilarantes, dont certaines carrément « what the fuck », la plupart du temps empreintes de lassitude, de goguenardise ou de colère, c’est tout bonnement irrésistible !
En résumé, Bouzard, c’est la nonchalance désabusée alliée à du Tex Avery, la grosse fatigue alliée à du punch sur ressort. Pour des gags qui font mouche à tous les coups, sans forcer… parce que produire des gags sur commande, c’est assez fatigant au fond, et c’est pas non plus le genre de la maison… Bouzard, c’est du gag en hamac, un peu la même école que Boulet ou Fabcaro.
A la lecture de cette intégrale qui donne très envie d’avaler toute sa bibliographie, on serait disposé à faire confiance à son pote préfacier Winshluss, en espérant que la piquouze « reanimator » atteindra les neurones de notre homme fait zombie. Même si l’on sait, que de toute façon, Bouzard est éternel.
Un très très bon polar que ce Röd i Snön. Le titre signifie "Rouge sur la neige" en suédois. L'auteur est pourtant espagnol, il a une certaine renommée dans son pays et ce titre est sa première BD traduite en français.
Arne Gunnarsson est inspecteur d'assurance, il doit enquêter suite à un crime horrible qui s'est produit dans un petit village reculé de la Suède. C'est lui sur la couverture avec le renard à ses pieds. Alors, pourquoi deux Arne Gunnarsson sur la couverture ? Ben, y a le vrai, celui de chair et de sang et l'autre, celui dans sa tête, que seul lui peut voir (et donc nous aussi, c'est mieux pour comprendre l'histoire) et avec qui il discute régulièrement. Drôle de bonhomme n'est-ce pas ?
Un polar qui m'a séduit dès les premières pages, j'ai tout de suite accroché au ton employé, aux personnages, au contexte, au dessin, à tout !
Une BD avec un petit air de Fargo des frères Coen, déjà le contexte avec le froid et la neige comme décor, un humour qui joue sur les situations et le langage, de la violence (enfin peut-être) et surtout des protagonistes aux personnalités très très singulières. Le résultat donne un polar déjanté, très bien construit et captivant de la première à la dernière page. Je ne peux rien dire de plus, laissez-vous surprendre ou alors, juste que le renard n'est pas sur la couverture par hasard. Une pointe de fantastique bien amenée.
N'ayez pas peur, c'est vraiment très bien.
J'ai adoré la partie graphique dans un beau format à l'italienne qui joue sur la répétition de la mise en page. Un dessin au trait fin, lisible et glacial, aux lignes arrondies pour les personnages et géométriques pour les décors.
Des couleurs aux tons froids où juste un rouge/roux ressort pour le sang et les cheveux de certains personnages, ainsi que pour ce fameux renard.
Je recommande à tous les amateurs de polars.
Et je prends les paris qu'on reparlera de cet album à Angoulême l'année prochaine. Perdu :-(
J'ai emprunté ce petit ouvrage qui ne paye pas de mine sans savoir où je mettais les pieds. C'est un des plaisirs de mes lacunes immenses dans le domaine de la BD : s'émerveiller ou râler sur des "vieilles" séries que tout le monde connait.
Dès les premières pages (la 2 ou 3) j'ai été intrigué puis déboussolé et enfin enchanté par l'exploitation à l'extrême de l'absurde des situations ou des dialogues que propose Fabcaro. C'est un humour d'une grande intelligence qui ne fait jamais appel à la vulgarité ni à la méchanceté pour sonner au plus juste. Derrière des situations qui renvoient à Alfred Jarry ou à Kafka cela reste une satire virulente de la société consumériste à outrance qui utilise un prêt-à-penser et des phrases toutes faites.
A travers la pertinence et l'insolence de ses gags, l'auteur demande de réfléchir à la banalisation de l'indicible (pédophilie, suicide des jeunes, ouverture de façade...) Dans cet exercice Fabcaro approche en quelques pages la maîtrise des maîtres de l'absurde d'il y a 60 ans.
Ces quelques pages sont bourrées d'un talent rare de grand alchimiste qui sait transformer la rouille qui nous entoure en or de l'esprit.
Le graphisme est en harmonie avec la petite musique du récit. Le trait va à l'essentiel de l'expression verbale ou gestuelle. C'est simple et dépouillé de tout artifice superflu mais c'est fluide et cristallin.
Une formidable découverte qui m'a fait passer un excellent moment de rire et de réflexion.
Coup de cœur pour cette bd que j’ai mis longtemps à lire après être allée la chercher à la bibliothèque quand on me l'a recommandée suite à la lecture de Dissident Club.
La raison : le dessin me rebutait, j’avais l’impression de voir un dessin animé satyrique pour adultes . Mais en fait on s’habitue à ce dessin plein de caractère dont j’ai aussi apprécié le côté « volumineux » des formes .
L’histoire est très intéressante, à travers l’autobiographie de l’auteur qui parle de pourquoi il a voulu faire du dessin depuis petit, on voit les intimidations des religieux sur sa famille, les angoisses de son père.
L’artiste est vraiment sympathique et courageux mais montre aussi ses mauvais côtés quand il fait le filou avec sa copine …lol
Je vais m’arrêter à ce tome 1 je crois car j’adore la fin.
J'ai beaucoup aimé l'adaptation du roman de Melville par Chabouté. Ce dernier n'a probablement pas voulu suivre une adaptation exhaustive du roman. Il y a tellement de voies et de styles différents utilisés par Melville que le risque de produire un récit sans âme qui copie l'original était grand.
L'auteur avait le choix entre les thématiques de l'aventure, du social, du documentaire. Chabouté semble avoir concentré sa vision de l'oeuvre sur le côté spéculatif et mystique des personnages. Les passages choisis renvoient presque tous à des interrogations métaphysiques (par exemple le sextant) et à une lutte entre le Bien et le Mal.
Les références à l'autorité divine ou du capitaine sont nombreuses. Chabouté choisit ainsi de favoriser le personnage de Starbuck au détriment de celui d'Ismaël dont le nom apparait très peu au cours du récit.
Le découpage du récit à partir d'une phrase issue du livre donne des points de repères comme des îlots qui nous accompagnent avec le Pequot à la sortie de Nantucket. Les dialogues sont assez rares comme souvent chez Chabouté jusqu'à l'apparition d'Achab qui va envahir l'espace d'où seul Starbuck saura se démarquer.
La tension dramatique est présente dès la première apparition du capitaine et augmente jusqu'au paroxysme d'un final mis en scène de façon éblouissante par l'auteur.
Le graphisme en N&B de Chabouté se prête magnifiquement à cette adaptation. Son dessin renvoie à l'intériorité des personnages qui évoluent au fil du charisme fou du capitaine. Dans un univers où la parole est rare (et sûrement pas pour contredire celle du capitaine), ce sont les postures gestuelles qu'insuffle le dessinateur qui font une grande part de la narration.
Chabouté réussit à mes yeux la prouesse de fondre l'image de ses personnages dans son choix des textes souvent ardus qu'il emprunte à l'oeuvre originale.
Même si je connais l'oeuvre originale, Chabouté m'a charmé avec l'ambiance spirituelle qu'il donne à son récit.
Probablement la lecture que je préfère pour le moment de cet auteur.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
À mourir entre les bras de ma nourrice
Ça commence par un très joli titre. Une couverture intrigante (De loin, ça fait penser à de la SF tant elle s’apparente à une couverture de la collection dédié aux futurs de Liu Cixin)... On ouvre ensuite l'album et on est surpris par un graphisme original servi par des couleurs directes très réussies. Au fil de la lecture, le dessin se montre très lisible et envoutant. Pour un premier album, je trouve la proposition graphique (cadrage inclus) d'une grande audace et maturité. Le scénario n'est pas en reste, c'est du solide. Il se veut réaliste et ose à dépeindre une cité (française) qu’on croirait tout droit sorti de « the Wire ». Fatoumata n’aurait jamais du accepter le deal initial. Mais en avait-elle réellement le choix? Dès lors elle sera prise dans un engrenage dont il est difficile de se sortir indemne. L'histoire se révèle très prenante, le suspense est total, on ne lâchera pas la BD avant de connaitre le fin mot de l’histoire. Sur un environnement et des thématiques pas si fréquemment exploités dans la Bande Dessinée Française, précipitez vous sur une des très bonnes histoires sortie en ce début d'année 2024 qui mérite amplement toute votre attention.
Dieu qui pue, Dieu qui pète
Magnifique ! Soit c'est la mise en bd de vrais contes africains, pleins de bon sens et de malice, soit c'est de la fiction pure, et dans ce cas on ne peut qu'être admiratif de la capacité de l'auteur à se glisser dans la peau d'un griot (conteur) africain. Que du plaisir en tous cas.
Bobigny 1972
En 1972 a eu lieu un procès dont le sujet, les débats et la conclusion ont eu un impact énorme sur la société française depuis cinq décennies. Ce procès n'était pas seulement celui de Marie-Claire Chevalier, qui a avorté à la suite d'un viol, et de sa mère, pénalement responsable pour elle, mais aussi celui d'une loi inique, celle de 1920 condamnant toute femme ayant recours à l'avortement à une peine de prison. En 1971, lorsque Marie-Claire et sa mère sont arrêtées, 343 femmes, célèbres et anonymes, sont sortie du bois, pour affirmer qu'elles aussi ont dû avorter (plusieurs fois pour certaines), comme des milliers, des centaines de milliers de femmes (on parlait alors de 500 000 à UN MILLION d'avortements par an dans le pays). Sous l'impulsion de l'association Choisir (qui existe toujours) ces femmes et des milliers d'autres qui manifestent dans la rue refusent que cette situation perdure, que les hommes dictent leur volonté, prennent le contrôle de leur corps. Le procès de Marie-Claire et sa mère Michèle n'est pas le premier du genre, mais l'avocate Gisèle Halimi, co-fondatrice de Choisir, est déterminée à faire de ce procès, tellement exemplaire, celui qui fera basculer l'opinion publique et le législateur dans une nouvelle phase de leur histoire. Marie Bardiaux-Vaïente, historienne et scénariste passionnée par toutes les questions liées à la liberté individuelle et elle-même personnellement concernée par le sujet, a donc décidé, cinquante ans après les faits, de raconter ce moment crucial de notre Histoire. Elle a consulté pour cela de nombreux documents et témoignages, et tenté de retranscrire au mieux les différentes phases de cette affaire. Ainsi, même si Marie-Claire, sa mère et Me Halimi sont au centre de l'histoire, de nombreuses autres personnalités, comme Delphine Seyrig, à l'aura incroyable, Simone Veil, qui a porté au Parlement la loi légalisant l'IVG en tant que Ministre de la Santé, ou encore Françoise Giroud, journaliste qui fait fi des demandes de confidentialité du président du tribunal, sont-elles présentes. On pourra citer également Michel Rocard, qui a porté le projet de loi, ou le prix Nobel de médecine, parmi les personnages masculins. Le récit fait bien sûr la part belle aux interrogatoires et plaidoiries qui ont émaillé le procès, mais n'est pas avare de scènes intimistes, de scènes de mobilisations dans la rue, afin de retranscrire non seulement l'ambiance de l'époque, mais aussi de saisir à quel point les femmes -pauvres, de surcroît, une injustice supplémentaire soulevée par Gisèle Halimi durant le procès- ont pu souffrir physiquement, moralement, socialement, économiquement de tout ça. Le résultat est tétanisant. Certains passages, parmi les intimistes, m'ont serré le cœur. Parce qu'ils synthétisent parfaitement tout ça. Cette souffrance, cette injustice. Pendant le procès, ce sont quatre femmes (en plus de la mère et de la fille, sur le banc des accusées se trouvent également celle qui a pratiqué l'avortement et l'amie qui les a mises en relation) face à quatre hommes. Si le procureur fait preuve de veulerie, d'obscurantisme et de machisme, le juge principal a quant à lui, comme il se doit bien sûr, pris ses responsabilités et fait preuve de discernement et laissé l'avocate dérouler ses arguments, interrogé les accusées et les témoins, les experts. Bien sûr nous n'avons pas l'intégralité des débats, qui peuvent facilement se retrouver si on souhaite approfondir. Le travail graphique de Carole Maurel est remarquable. Chaque case est ciselée, travaillée pour avoir un impact maximal sur le lectorat. Il y a des moments de silence, qui se passent de paroles, tant l'intensité des regards, des attitudes, est forte. Lors de scènes traumatisantes, les ambiances se font plus glaçantes, souvent en noir et blanc, avec quelques effets graphiques mais sans en faire trop. Indispensable.
Tremblez enfance Z46
Une très étrange BD. Je découvre l'auteur, EMG, avec cet album. Après un diplôme en architecture, il se tourne vers la bande dessinée et particulièrement la création numérique. D'abord, étrange par son graphisme, c'est lui qui m'a poussé à me procurer cet album. Une image par planche, un dessin aux formes géométriques où le cubisme est roi. Même les phylactères sont dans ce style. Une grande inventivité pour les personnages et les décors avec des petites surprises. Les couleurs, sans nuances, sont lumineuses et légèrement criardes. Le rendu aseptisé m'a totalement conquis. Ensuite, étrange dans sa narration/construction. J'ai commencé ma lecture par la page une qui suit le parcours d'Hicham jusqu'à la page 46, puis j'ai continué ma lecture avec l'apparition de Wassila sans remarquer que la numérotation des pages était alors décroissante (de 46 à1). Ensuite j'ai relu cette deuxième partie dans le sens de la numérotation des pages pour se terminer à la page 46 en milieu d'album (le titre prend du sens). En conclusion, l'album propose plusieurs possibilités aux lecteurs suivant ses envies (lecture complète ou partielle de l'album en suivant ou non la pagination). Pour des conclusions évidemment différentes. L'amour et l'immigration sont les thèmes principaux dans ce monde imaginaire très robotisé où une frontière sous haute surveillance sépare deux pays, elle pourra rappeler par certains aspects celle des deux Corée actuelles. Peu de texte, un zeste d'humour pour un album déroutant. Si vous aimez sortir de votre zone de confort, foncez sur ce titre.
Je suis un bienerrant
Cette année à Angoulême je m’étais promis de faire preuve de retenu, de n’acheter que des BDs dont j’avais entendu parler. Je n’ai enfreint cette règle qu’une fois, et craqué pour cet album aux éditions Des bulles dans l'océan, grâce à sa couverture magnifique… et je ressors satisfait de ma lecture. L’histoire est certes classique, et nous raconte un combat entre le Bien et le Mal, mettant en scène un Petit Peuple que seuls certains humains peuvent voir. L’intrigue est enjouée et bien racontée, les personnages sont attachants, à commencer par son protagoniste qui se retrouve emporté dans cette galère bien malgré lui. Le dessin et les couleurs aquarelles de Adriano Fruch sont absolument magnifiques, ma lecture fut une véritable promenade champêtre, et un délice pour les yeux. En tant qu’adulte, je trouvé ça vraiment pas mal, mais j’ai poussé la note à « franchement bien » pour un public ado, et je lirai très certainement le second tome, qui devrait conclure l’histoire.
The autobiography of me too
Champion de l’autodérision magnifiant la banalité et l’ennui du quotidien, Bouzard est une sorte de génie qui parvient même à contrarier la mort, laquelle, visiblement, ne veut pas de lui. Provocation ultime adressée à la faucheuse, la couverture laisse apparaître en vernis sélectif doré une petite croix funéraire quelque peu difforme ! Si ce n’est encore pas le glas qui sonne pour le gars Bouzard, il semblerait que pour lui, ce soit plutôt l’heure de la consécration avec cet « Ultimate » ! Et les Requins Marteaux ont vu grand, en intégrant, s’il vous plaît, un ruban marque-page à l’ouvrage ! Vingt ans après, l’humour est resté intact, indifférent à l’usure des ans et au wokisme en vogue. Humilié par sa compagne dès qu’il se risque à fanfaronner, Bouzard, allergique aux tâches ménagères, ne subira jamais les scuds de #metoo. Quand bien même il cherche à faire faire la peau de son « chien stupide », qui prend un malin plaisir à le ridiculiser, les associations de défense des animaux ne pourront rien contre lui. Ni la ligue contre l’alcoolisme, malgré sa consommation de pinard bien au-delà du raisonnable, ni les ligues catholiques à la vue de son chibre raide (quoique modeste). Bref, le ton va si loin dans l’absurde et l’autodérision qu’il rend inattaquable son auteur… et ne ferait que ridiculiser l’attaquant… A l’avenant, le dessin volontairement mal fichu est un sommet de drôlerie. On l’oublie souvent, mais il faut un certain talent pour réussir à faire passer des émotions (ici en l’occurrence le rire) en deux coups de crayon, et Bouzard n’en manque pas. Dans la même catégorie, on pense d’abord à Reiser, dont le trait « moche et vulgaire », associé à une irrévérence féroce, a fait les beaux jours d’Hara-Kiri et du Charlie Hebdo des débuts. A la différence que Bouzard utilise pleinement les codes du neuvième art pour décupler les fous rires auprès de son lectorat. La mise en page en gaufrier, loin d’être une contrainte pour l’auteur, ne fait que renforcer le dynamisme narratif, en contrepoint d’anecdotes qui sans cet humour hypra décalé seraient désolantes de banalité. A cela vient s’ajouter un sens du mouvement très cartoonesque qui n’aurait pas tout à fait la même puissance comique sans ledit gaufrier. Il suffit pour s’en rendre compte de se reporter à la page 164, avec cette scène où notre (anti-)héros poursuit son clébard dans les arbres (volume 3 – « The Autobiography of me too free »), l’air de rien c’est du grand art. On n’oubliera pas de parler des expressions des visages hilarantes, dont certaines carrément « what the fuck », la plupart du temps empreintes de lassitude, de goguenardise ou de colère, c’est tout bonnement irrésistible ! En résumé, Bouzard, c’est la nonchalance désabusée alliée à du Tex Avery, la grosse fatigue alliée à du punch sur ressort. Pour des gags qui font mouche à tous les coups, sans forcer… parce que produire des gags sur commande, c’est assez fatigant au fond, et c’est pas non plus le genre de la maison… Bouzard, c’est du gag en hamac, un peu la même école que Boulet ou Fabcaro. A la lecture de cette intégrale qui donne très envie d’avaler toute sa bibliographie, on serait disposé à faire confiance à son pote préfacier Winshluss, en espérant que la piquouze « reanimator » atteindra les neurones de notre homme fait zombie. Même si l’on sait, que de toute façon, Bouzard est éternel.
Röd i Snön
Un très très bon polar que ce Röd i Snön. Le titre signifie "Rouge sur la neige" en suédois. L'auteur est pourtant espagnol, il a une certaine renommée dans son pays et ce titre est sa première BD traduite en français. Arne Gunnarsson est inspecteur d'assurance, il doit enquêter suite à un crime horrible qui s'est produit dans un petit village reculé de la Suède. C'est lui sur la couverture avec le renard à ses pieds. Alors, pourquoi deux Arne Gunnarsson sur la couverture ? Ben, y a le vrai, celui de chair et de sang et l'autre, celui dans sa tête, que seul lui peut voir (et donc nous aussi, c'est mieux pour comprendre l'histoire) et avec qui il discute régulièrement. Drôle de bonhomme n'est-ce pas ? Un polar qui m'a séduit dès les premières pages, j'ai tout de suite accroché au ton employé, aux personnages, au contexte, au dessin, à tout ! Une BD avec un petit air de Fargo des frères Coen, déjà le contexte avec le froid et la neige comme décor, un humour qui joue sur les situations et le langage, de la violence (enfin peut-être) et surtout des protagonistes aux personnalités très très singulières. Le résultat donne un polar déjanté, très bien construit et captivant de la première à la dernière page. Je ne peux rien dire de plus, laissez-vous surprendre ou alors, juste que le renard n'est pas sur la couverture par hasard. Une pointe de fantastique bien amenée. N'ayez pas peur, c'est vraiment très bien. J'ai adoré la partie graphique dans un beau format à l'italienne qui joue sur la répétition de la mise en page. Un dessin au trait fin, lisible et glacial, aux lignes arrondies pour les personnages et géométriques pour les décors. Des couleurs aux tons froids où juste un rouge/roux ressort pour le sang et les cheveux de certains personnages, ainsi que pour ce fameux renard. Je recommande à tous les amateurs de polars. Et je prends les paris qu'on reparlera de cet album à Angoulême l'année prochaine. Perdu :-(
Zaï Zaï Zaï Zaï
J'ai emprunté ce petit ouvrage qui ne paye pas de mine sans savoir où je mettais les pieds. C'est un des plaisirs de mes lacunes immenses dans le domaine de la BD : s'émerveiller ou râler sur des "vieilles" séries que tout le monde connait. Dès les premières pages (la 2 ou 3) j'ai été intrigué puis déboussolé et enfin enchanté par l'exploitation à l'extrême de l'absurde des situations ou des dialogues que propose Fabcaro. C'est un humour d'une grande intelligence qui ne fait jamais appel à la vulgarité ni à la méchanceté pour sonner au plus juste. Derrière des situations qui renvoient à Alfred Jarry ou à Kafka cela reste une satire virulente de la société consumériste à outrance qui utilise un prêt-à-penser et des phrases toutes faites. A travers la pertinence et l'insolence de ses gags, l'auteur demande de réfléchir à la banalisation de l'indicible (pédophilie, suicide des jeunes, ouverture de façade...) Dans cet exercice Fabcaro approche en quelques pages la maîtrise des maîtres de l'absurde d'il y a 60 ans. Ces quelques pages sont bourrées d'un talent rare de grand alchimiste qui sait transformer la rouille qui nous entoure en or de l'esprit. Le graphisme est en harmonie avec la petite musique du récit. Le trait va à l'essentiel de l'expression verbale ou gestuelle. C'est simple et dépouillé de tout artifice superflu mais c'est fluide et cristallin. Une formidable découverte qui m'a fait passer un excellent moment de rire et de réflexion.
Journal inquiet d'Istanbul
Coup de cœur pour cette bd que j’ai mis longtemps à lire après être allée la chercher à la bibliothèque quand on me l'a recommandée suite à la lecture de Dissident Club. La raison : le dessin me rebutait, j’avais l’impression de voir un dessin animé satyrique pour adultes . Mais en fait on s’habitue à ce dessin plein de caractère dont j’ai aussi apprécié le côté « volumineux » des formes . L’histoire est très intéressante, à travers l’autobiographie de l’auteur qui parle de pourquoi il a voulu faire du dessin depuis petit, on voit les intimidations des religieux sur sa famille, les angoisses de son père. L’artiste est vraiment sympathique et courageux mais montre aussi ses mauvais côtés quand il fait le filou avec sa copine …lol Je vais m’arrêter à ce tome 1 je crois car j’adore la fin.
Moby Dick (Chabouté)
J'ai beaucoup aimé l'adaptation du roman de Melville par Chabouté. Ce dernier n'a probablement pas voulu suivre une adaptation exhaustive du roman. Il y a tellement de voies et de styles différents utilisés par Melville que le risque de produire un récit sans âme qui copie l'original était grand. L'auteur avait le choix entre les thématiques de l'aventure, du social, du documentaire. Chabouté semble avoir concentré sa vision de l'oeuvre sur le côté spéculatif et mystique des personnages. Les passages choisis renvoient presque tous à des interrogations métaphysiques (par exemple le sextant) et à une lutte entre le Bien et le Mal. Les références à l'autorité divine ou du capitaine sont nombreuses. Chabouté choisit ainsi de favoriser le personnage de Starbuck au détriment de celui d'Ismaël dont le nom apparait très peu au cours du récit. Le découpage du récit à partir d'une phrase issue du livre donne des points de repères comme des îlots qui nous accompagnent avec le Pequot à la sortie de Nantucket. Les dialogues sont assez rares comme souvent chez Chabouté jusqu'à l'apparition d'Achab qui va envahir l'espace d'où seul Starbuck saura se démarquer. La tension dramatique est présente dès la première apparition du capitaine et augmente jusqu'au paroxysme d'un final mis en scène de façon éblouissante par l'auteur. Le graphisme en N&B de Chabouté se prête magnifiquement à cette adaptation. Son dessin renvoie à l'intériorité des personnages qui évoluent au fil du charisme fou du capitaine. Dans un univers où la parole est rare (et sûrement pas pour contredire celle du capitaine), ce sont les postures gestuelles qu'insuffle le dessinateur qui font une grande part de la narration. Chabouté réussit à mes yeux la prouesse de fondre l'image de ses personnages dans son choix des textes souvent ardus qu'il emprunte à l'oeuvre originale. Même si je connais l'oeuvre originale, Chabouté m'a charmé avec l'ambiance spirituelle qu'il donne à son récit. Probablement la lecture que je préfère pour le moment de cet auteur.