Moby Dick (Chabouté)

Note: 3.13/5
(3.13/5 pour 8 avis)

Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Chabouté Moby Dick Vieux gréements

Le capitaine Achab est aveuglé par sa rage et sa folie de vengeance envers Moby Dick le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Janvier 2014
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Moby Dick (Chabouté)
Les notes (8)
Cliquez pour lire les avis

26/01/2014 | jurin
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

Je connaissais de nom Chabouté, mais je n'avais rien lu de cet auteur ; bon c'est peut-être pas le meilleur essai que j'ai tenté car il s'agit d'une adaptation d'un livre que je connais par coeur pour l'avoir lu dans mes jeunes années, relu une fois adulte, puis j'ai vu 4 ou 5 fois le film de Huston, bref c'est dire si je connais cette quête obsessionnelle de la baleine blanche par un capitaine Achab dévoré par la vengeance, et dressé de toute sa haine et sa folie contre un animal maudit. Son combat contre Moby Dick symbolise le combat de l'homme contre la nature. Au vu de ce diptyque, je m'aperçois que l'auteur a énormément compressé l'histoire, il est évident que pour retranscrire la richesse de ce récit et son dialogue inspiré , il aurait fallu 3 ou 4 albums ; de plus, je ne suis guère habitué à ce format d'album, préférant le grand format habituel ou celui des albums classiques du Lombard ou de Dargaud. Mais ceci n'est qu'un détail, je vois quand même que la progression dramatique est pas mal élaborée, la restitution du dialogue original se retrouve même en de nombreux endroits, on y retrouve sa richesse et la façon imagée de Melville pour décrire la narration d'Ismaël, le jeune garçon qui s'enrôle sur le Pequod. Je suis plutôt surpris qu'on le perde en cours de récit, il est vrai que dans la seconde partie, tout est vu sous l'angle d'Achab et de monsieur Starbuck. Mais même si je ne me suis pas véritablement ennuyé, je n'ai tiré aucun plaisir de cette lecture, ça vient sans doute du fait que je connais trop l'histoire et que rien ne pouvait me surprendre. En plus, je dois bien avouer que lire ce récit en prenant conscience qu'il y a plein de passages manquants, c'est assez frustrant pour moi, je préfère encore relire le bouquin qui possède une telle force évocatrice pour décrire cette époque de chasse à la baleine. Dans le film de Huston, ça allait mieux parce qu'au cinéma, même si on élague des passages, on en ajoute d'autres, et son film était fidèle au bouquin en cernant mieux sa narration, alors qu'ici, en BD, je sens qu'il manque quelque chose, ça amoindrit donc légèrement la force du récit. Ceci dit, c'est bien de l'avoir lu, si ça peut tenter les lecteurs curieux pour lire le roman, tant mieux, mais honnêtement, ce n'est pas un ouvrage que j'aurais envie de posséder pour les raisons que j'ai évoquées, je préfère le roman. Un mot quand même sur le dessin : c'est un beau noir & blanc, avec de belles compositions de pages, je m'attendais à un dessin à la Baru que je déteste, mais non, c'est bien, ça sert même parfaitement le récit qui est tragique au final.

30/05/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Premier point positif, le dessin de Chabouté que je trouve plutôt réussi. C'est agréable, efficace et ma foi certaines planches méritent le détour. Après, ben c'est Moby Dick quoi, c'est vrai que tout le monde connait peu ou prou l'histoire de cette obsession d'un capitaine qui n'hésite pas à sacrifier son équipage pour assouvir sa vengeance. La narration est fluide, elle sait par moment ménager des moments de calme. C'est finalement une bonne adaptation, fidèle mais point trop académique, qui ne peut que permettre à un public différent de celui du roman de connaître cette histoire. Avec un peu d'imagination il est possible d'entendre claquer les haubans et entendre siffler le vent dans le grand cacatois. A lire et à faire partager.

04/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Il n'y a pas moins de 5 séries au minimum consacrées au Capitaine Achab et à Moby Dick. Malgré tout son talent, Chabouté nous livre une version pas très originale. On a trop vu cette histoire de folie et de vengeance envers un cachalot albinos. On la connait par coeur. On appréciera par contre son dessin qui marque les esprits. Il arrive à donner une expression hors du commun à ses personnages. Il a également une excellente maîtrise du noir et blanc. Je le dis sans concession : c'est sans doute le meilleur dessinateur du moment au niveau de ce travail graphique. Bref, cette bd n'apportera rien au roman original. Cependant, Chabouté reste toujours à la hauteur.

18/04/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Ce n’est pas dans ce registre que je préfère Chabouté (je le préfère lorsqu’il nous offre des œuvres intimistes et originales comme « Tout seul » ou « Un peu de bois et d'acier ») mais cette adaptation vaut quand même plus qu’un vague coup d’œil. Ce diptyque dispose de nombreuses qualités. Tout d’abord, le trait en noir et blanc de Chabouté s'adapte parfaitement à ce sombre récit. Le cadre maritime sied à l'auteur et je l’ai senti dans son élément. Ses personnages sont bien croqués, avec des visages torturés pour certains, des regards ébahis pour d’autres, toujours de circonstance. La progression narrative est très bonne aussi, avec un Achab obsédé jusqu’à la folie par ce sentiment d’injustice face à cette baleine trop puissante et rusée. A y réfléchir, ce thème est on ne peut plus actuel… Un Achab qui semble s’humaniser dans la seconde partie du récit, comme s’il prenait pleinement conscience de sa propre folie. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une adaptation, le récit demeure très fluide, avec de beaux passages lents, un découpage qui accentue le crescendo dans la tension et des temps forts bien mis en évidence. On retrouve l’âme du récit (et son squelette) sans avoir le sentiment de lire un résumé du livre. Petit reproche au niveau de la calligraphie. L’écriture manuscrite tremblante du journal du narrateur n’est pas toujours évidente à lire… C’est très à propos mais pas vraiment pratique. Quoiqu’il en soit, je ne peux que conseiller la lecture de cet album si vous voulez (re)découvrir l’histoire de Moby Dick et du capitaine Achab au travers d’une bande dessinée. L’auteur a mis l’accent sur l’ambiance, la tension et la psychologie des personnages plutôt que sur le grand spectacle et cette approche convient parfaitement au récit.

19/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai déjà lu l'histoire de Moby Dick et donc il n'y pas de surprise pour moi au niveau du scénario car je sais ce qui va se passer. J'ai tout de même lu cette histoire car j'aime bien le dessin et Chabouté et je ne me suis pas déçu. J'ai aimé l'ambiance qu'il a créée avec son fabuleux noir et blanc ! Le scénario est pas mal, mais pour le moment c'est un peu ennuyeux. La première partie reprend les scènes qui m'ont le moins intéressé lorsque j'ai lu le livre. Lire la vie quotidienne des marins ne m'a pas du tout passionné. Heureusement qu'il y a l'excellent capitaine Achab parce sinon je me serais ennuyé. J'ai bien envie de lire la suite, mais cela ne fait pas partie de mes priorités.

22/10/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Rien à redire en ce qui concerne le dessin, qui ne fait que confirmer le talent de son auteur, celui-ci démontrant une fois encore sa grande maîtrise du noir et blanc. Il y a de longues séquences muettes où l’on ne peut qu’admirer le travail graphique, et Chabouté n’a plus grand-chose à prouver en la matière. Les personnages dans leurs particularités semblent intéressants, d’un côté l’inquiétant maori Queequeg, de l’autre le capitaine Achab, totalement absorbé par le désir de vengeance envers la baleine qui lui a arraché la jambe. Cela étant dit, j’avoue m’être parfois ennuyé durant ma lecture, et le fait que les pages se tournent très vite par moments, notamment en raison de l’absence provisoire de texte, ne change rien à l’affaire. Les scènes de pêche ou de dépeçage en particulier ne sont pas si palpitantes voire un peu longuettes, du coup je ne suis pas vraiment certain que cette BD apporte quelque chose au roman original – que j’avoue n’avoir pas lu. Il me faudra donc attendre la suite pour me faire une idée plus précise, mais a priori je ne suis pas si emballé par rapport à d’autres albums du même auteur, à commencer par Tout seul , un petit bijou d’humour doux-amer et de poésie.

30/06/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Chabouté prend le temps dans ce premier tome pour mettre en place son récit, pour donner corps à ses personnages. On apprend à connaître les principaux acteurs de la tragédie qui s’annonce, des matelots aux harponneurs, en passant par le capitaine Achab. Sont présentés aussi le Pequod, mais aussi Moby Dick – qui n’apparait pas, mais dont le portrait est tiré par ceux qui l’ont rencontré, qui lui ont survécu. Et qui cherche à se venger, comme le capitaine Achab, qui ne vit que pour ça. Comme souvent – toujours ?! chez Chabouté, on a un dessin vraiment excellent ! Un superbe travail en Noir et Blanc, qui se suffit souvent à lui-même, puisque certaines pages sont exemptes de paroles, tout en restant très prolixes. Un travail qu'on avait déjà pu apprécier, sur le même thème, dans Terre-Neuvas. Un premier tome qui vaut le détour, et qui augure bien de la suite de la série. Chabouté est ici à la hauteur de l’œuvre de Melville.

21/06/2014 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5

Sans discréditer les œuvres précédentes, Christophe Chabouté, minutieux et talentueux, a le profil idéal pour adapter le roman de Herman Melville. J’ai souvent apprécié le climat juste qu’il parvient à installer dans la plupart de ses œuvres. Ce premier livre donne le ton. Le récit est, je pense plus ou moins en adéquation avec le roman original, pas si facile à réaliser sachant (tradition oblige) que le nombre de phylactères est assez réduit, et pourtant le lecteur est plongé dans ce rude 19ème siècle sur un baleinier où la vie n’est certainement pas une partie de plaisir. Un premier tome plein de promesses avec un dessin superbe, soigné et minutieusement réalisé. Chabouté prend son temps et soigne ses lecteurs, c’est sa marque de fabrique.

26/01/2014 (modifier)